Prier avec une oeuvre d’art

Prenez le temps de contempler avant de recevoir le texte d’accompagnement !

Oeuvres de Bénédicte de Dinechin, exposées à la Maison de la Parole jusqu’au 16 octobre. Entrée libre tous les jours de 15h00 à 18h00.

Texte proposé par Bénédicte de Dinechin lors du vernissage de l’exposition à Bourges

L’Eglise propose sept sacrements : le baptême, l’eucharistie, la pénitence, la confirmation, le sacrement des malades, l’ordre et le mariage.

Ils sont tous gratuits. A mon sens, il en existe un huitième, encore plus gratuit que les autres, puisqu’il n’est même pas nécessaire d’être baptisé pour en bénéficier.

 C’est le sacrement de la Beauté.

Dieu est infinie beauté, au point que les séraphins, premiers dans l’ordre de la hiérarchie céleste, doivent être munis de trois paires d’ailes ignifugées pour contempler sa présence : une paire pour protéger le visage, une pour voler, la troisième pour protéger les pieds.

Pour qui veut bien la voir, la beauté de l’univers est le reflet,le murmure de la beauté de Dieu. Elle a pour fonction et pour effet d’élever l’âme des humains, créés à l’image de Dieu et appelés à sa ressemblance.

Il est dit des anachorètes, des pères du désert, qu’ils inhalaient la Parole et exhalaient la prière. C’est ce que fait chaque artiste, à sa façon, croyant ou non ;

ça n’a aucune importance qu’il soit croyant. Dieu se fout qu’on croie en lui. Il est Personne, pas concept. Il a tendance à préférer qu’on le croie.

L’artiste inspire, inhale la beauté du monde…plutôt un tout petit morceau d’elle, et l’expire, l’exhale par la réalisation de son oeuvre. Dieu étant source et destination de tout amour et de toute beauté, chaque artiste lui rend hommage, même à son insu. C’est lui le ministre du huitième sacrement, tout aussi médiocre qu’il soit à titre personnel, ce qu’il partage avec tous les ministres de tous les cultes…

Etre artiste ne se décide pas. Ce n’est pas du registre du développement personnel. On ne se met pas à la peinture ou à la sculpture, on est pris, attrapé par elle.

Francois Varry, sculpteur

(écrit à l’occasion de la bénédiction d’une petite vierge, et transmis par facebook par un autre sculpteur Nicolas Bouriot )

Prier avec un chant

L’eau vive de ton puits, où la trouverai-je? Ce qui manque à ma vie, donne-le moi.    Bis

Pour la trouver, je vais creuser
Le grand désir au fond de moi.
Tout un désert à traverser
Le silence à chaque pas.

Pour la trouver, je vais laisser
Ce qui me gêne pour aimer.
Mauvais regards et préjugés,
Un défi à relever.

Pour la trouver, je vais offrir
Mes pauvretés et mes talents.
Un univers à découvrir,
Une vie comme un présent.

Pour la trouver, je vais partir
Quitter les chemins balisés.
Changer de cap pour accueillir
Un marcheur à mes côtés.

Je me mets en présence du Seigneur

Comme le psalmiste, je peux redire au Seigneur : « Mon âme a soif de toi » (ps 62)

Je peux me remémorer aussi la rencontre de Jésus avec la Samaritaine au puits de Jacob (Jean 4) et entendre la parole de Jésus : « Si tu connaissais… qui est celui qui te demande à boire, c’est toi qui aurais demandé et il t’aurait donné de l’eau vive ».

Quelle est cette recherche d’ « eau vive » qui habite l’être humain et qui le laisse sans repos ?

Le chant parle d’actions à mener pour trouver cette eau vive.

Je les relève : creuser le désir – traverser le désert et marcher en silence – laisser ce qui me gêne pour aimer – offrir mes pauvretés et mes talents, accueillir la vie comme un présent– partir, quitter, changer de cap.

Qu’est-ce qui résonne pour moi aujourd’hui ? Qu’est-ce qui rejoint ce dont j’ai besoin ?

A la fin le chant parle d’« Accueillir un marcheur à mes côtés ».

Jésus est Celui qui est venu marcher à nos côtés. Vivant, il continue d’être avec nous. 

Comment je vis cette foi en sa présence ? Comment j’entretiens ma relation avec Lui ?

Je peux lui parler comme à un ami et Lui dire ce que je cherche, ce qui me manque….

Je termine ma prière en prenant le refrain de Taizé :

« Mon âme se repose en paix sur Dieu seul : de lui vient mon salut. Oui, sur Dieu seul mon âme se repose, se repose en paix. »

Prier avec le temps des récoltes

En ce temps où les vendanges commencent, relisons la finale du livre d’Amos. (9, 13-15). Le livre d’Amos est surtout consacré à la dénonciation des infidélités d’Israël et à un appel à la conversion. Il s’achève par cet oracle de restauration et de salut

Voici venir des jours – oracle du Seigneur – où se suivront de près laboureur et moissonneur, le fouleur de raisins et celui qui jette la semence. Les montagnes laisseront couler le vin nouveau, toutes les collines en seront ruisselantes.

Je ramènerai les captifs de mon peuple Israël ; ils rebâtiront les villes dévastées et les habiteront ; ils planteront des vignes et en boiront le vin ; ils cultiveront des jardins et en mangeront les fruits.

 Je les planterai sur leur sol, et jamais plus ils ne seront arrachés du sol que je leur ai donné. Le Seigneur ton Dieu a parlé.

Alors que bien des inquiétudes marquent cette rentrée, la nature généreuse s’offre à notre récolte. Sans renier la nécessaire lucidité sur les difficultés de l’aujourd’hui, je prends le temps de contempler les fruits de la fin de l’été. Je peux en choisir un, que j’aime particulièrement, réellement ou mentalement…Je le prends en main, m’arrête sur les nuances de sa couleur, sur son parfum, sa saveur et je rends grâce pour les dons de la nature.

Je relis lentement le texte d’Amos. Je suis sensible à l’expression du futur qui dit la promesse ; je m’arrête sur ce qui suggère l’abondance, la satiété ; je contemple l’action conjointe de Dieu (qui s’exprime en disant « je «) et des hommes (désignés par le « ils ») qui collaborent à ce travail de restauration. Dieu a l’initiative mais a besoin de notre collaboration.

Puis j’évoque devant le Seigneur ce qui a besoin d’être restauré en moi, et dans mon environnement.

Je termine par le Notre Père en insistant sur la demande « que ton règne vienne ».

Prier avec un témoignage

« Elle m’a regardée comme une personne » (sainte Bernadette de Lourdes )

Un modeste tract apposé sur un panneau sous le porche de l’église annonce le témoignage du Père Jean-Philippe Chauveau, prêtre de la Communauté saint-Jean, ainsi que la présentation de son dernier livre : « Qui leur jettera la première pierre ? »

Le Père Jean-Philippe possède un langage à l’image de sa vie – rude.

Direct, il relate, sans fard, son itinéraire : problème familial avec l’alcool, divorce des parents, placement à l’âge de 5 ans chez des « bonnes » sœurs, où le dressage fait office d’éducation. Il réintègre le domicile paternel où vit maintenant une nouvelle épouse mais le  climat violent, le manque de tendresse, le dénigrement permanent, lui font préférer la rue et ses dangers. A 12 ans, il est violé par un homme rencontré au fil de ses errances.

Dénoncé par sa grand-mère paternelle qui approuvait tous les choix de son fils, Jean-Philippe est envoyé en maison de correction, pendant 2 ans, ce qui ne lui fait pas oublier son rêve de devenir danseur , mais le refus de son père qui crie au scandale, l’oriente vers un apprentissage pour devenir cuisinier. La vie familiale étant toujours trop lourde, il quitte la maison à l’âge de 17 ans et trouve un emploi chez Peugeot.

« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (psaume 21)

Jurga

C’est là que Jean-Philippe rencontre son « premier vrai chrétien », qui témoigne réellement de ce en quoi il croit… La foi qu’il avait laissée de côté grandit en lui. Lors d’un pèlerinage à Lisieux, il vit une vraie rencontre avec Marie. Son regard abîmé sur et par les hommes avait besoin d’elle pour qu’il renoue avec Jésus.

Ayant surmonté avec l’aide d’encouragements divers tout ce qui l’entravait, il rejoint une communauté naissante « Venez et voyez » et est ordonné prêtre en1982 à Paray-le-Monial.

« Tu m’as répondu ! Et je proclame ton nom devant mes frères, je te loue en pleine assemblée »

Sa première mission le conduit à accompagner des toxicomanes et il s’avoue parfois désemparé face à des situations hors normes. Puis il fonde l’Institution Saint-Jean Espérance à Pellevoisin en 1987, lieu d’accompagnement  de jeunes, désireux de sortir de la drogue

Nommé Vicaire à la paroisse sainte Cécile à Boulogne-Billancourt, il rejoint « Aux captifs, la libération » association humanitaire au service des personnes de la rue et des personnes en situation de prostitution.

Aux captifs la libération-Bernardins

En 2016, il fonde la Maison fraternelle Magdalena et dans le cadre des « Tournées du Coeur » se rend, la nuit, avec des bénévoles et au volant d’un camping-car, à la rencontre des personnes prostituées transgenres du bois de Boulogne. Il y offre un lieu d’écoute autour d’un café. La Maison Magdalena invite celles qui en font la demande, à  ré-apprendre à vivre dignement en ayant un projet de vie

« Et moi, je vis pour lui : ma descendance le servira ; on annoncera le Seigneur aux générations à venir »

Max Ernst La ville petrifiee

Le « Padre » comme on l’appelle, se dit être un résilient par grâce. Son sourire, son authenticité, sa joie d’annoncer l’Amour gratuit de Dieu et de transmettre l’Espérance lui gardent un dynamisme certain et contagieux puisque de nombreux bénévoles l’ont rejoint, hommes et femmes, sur différents terrains, au Nom du Christ.

Tous nos cris d’hommes, l’angoisse face à la souffrance, la révolte devant l’absurdité du monde ou le silence de Dieu, tous ces cris d’hommes nous apprennent que même au plus noir de notre révolte, Dieu est présent et crie avec nous…

Après lecture de ce témoignage et après avoir écouté ce chant, je me dispose à la prière et je me laisse conduire par tout ce qui a pu faire écho en moi pour m’adresser au Seigneur :

Seigneur, je te rends grâce pour ton regard de tendresse posé sur chacun(e) de nous et pour les rencontres providentielles qui mènent à te connaître et qui peuvent changer nos vies.

Seigneur, accorde-moi la grâce de me présenter à toi dans ma vérité, sous ton regard aimant et miséricordieux.

Je te remercie pour ta patience et la possibilité de répondre à ton appel au-delà de la blessure secrète de mon cœur.

Dispose mon cœur à l’écoute fraternelle, accorde-moi d’offrir une présence en ton nom, sans rien attendre

Tu es venu me chercher.

Passé de l’ombre à ta lumière,

j’ai mis mon espoir en toi...

Prier avec ma vie quotidienne

Aujourd’hui je vais entretenir le lien d’amitié avec Dieu en prenant un temps de pause-prière, pour éviter de vivre sans m’arrêter, sans réfléchir à ce que je fais.

Durant ce temps je vais relire mon existence quotidienne avec les yeux du Seigneur et j’apprends à aimer ma vie avec le cœur du Père. J’exprime au Seigneur ma joie de le rencontrer.

D’abord, je me réjouis, je rends grâce de tout ce qui m’est donné.

Après un temps de silence, je laisse remonter à ma mémoire ce qui a été vivant durant cette journée, ce qui a été en relation avec d’autres, ce qui a nourri la paix, la joie… ( signes de la présence du Seigneur que je reconnais dans ma journée)

  • Je me réjouis de ce que j’ai reçu des autres dans la journée. (une invitation à me réjouir de choses les plus habituelles. Tant de choses me sont données grâce aux autres !
  • Je me réjouis des bonnes choses que j’ai faites (sans fausse humilité. Cela peut être de goûter d’avoir pu réaliser simplement le travail qui est le mien, une présence, une écoute, un soutien que j’ai pu apporter… de toute action, toute pensée qui ont été dans le sens du bon, du vrai, du beau dans ma journée.)
  • Je me réjouis des bonnes choses que d’autres ont faites pour d’autres. Tout ceci me fait monter au cœur un merci à la vie.

En prenant bien conscience que ce n’est pas Dieu qui fait ces évènements, c’est bien moi ou les autres, mais je dis merci à Dieu car il est la source de toute bonté, vérité, justice.

Ensuite je discerne pour avancer

D’abord je sonde mon cœur . Comment je me sens ? Dans la joie, dans la tristesse ? Avec un goût amer ? Quel sentiment m’habite? En regardant ce moment écoulé, qu’est-ce qui reste ? Quelle est la météo de mon cœur ?

 Je repère ce qui est à l’origine de cela. Je prends la distance nécessaire pour regarder tout cela de plus loin

Puis je discerne pour ne pas en rester là.

  • Si cela provoque des sentiments positifs : joie, paix, confiance en moi, en Dieu, dans les autres, c’est le signe que quelque chose de bon est à garder, à poursuivre, signe d’un chemin à prendre ou à continuer.
  • Si cela provoque des sentiments négatifs comme la tristesse, le découragement,  etc., il ne faut pas en rester là mais en tirer profit. Car cela m’indique peut-être un chemin à ne pas prendre et même au contraire une invitation à prendre le contre-pied. Cela m’indique peut-être un pardon à donner ou à demander. Agir ainsi, c’est faire comme les disciples d’Emmaüs : ils exposent leur amertume à quelqu’un et faisant cela, quelque chose va s’éclairer.

Et après … ?

Je regarde mon agenda, le travail à faire, les rencontres à venir. Je confie à Dieu la journée du lendemain. Ce sont des choses joyeuses ? Ce sont des événement plus difficiles ? Alors je les confie à Dieu.

Cette forme de prière fait de Dieu le compagnon de ma vie

Dieu ne fera pas les choses à ma place. Mais sa présence sera ma force et ma joie.

Je termine ce temps de prière avec un Notre Père

Prier en contemplant un chapiteau

Détail d’un des chapiteaux de la basilique Notre-Dame du Port à Clermont-Ferrand

La basilique Notre-Dame du Port offre de nombreux chapiteaux historiés datant du 12 siècle. Sur l’un d’eux est noté le nom du sculpteur : Robertus. Ces chapiteaux sculptés livrent la foi  de ceux qui les ont commandés (le chapitre des chanoines de la basilique) et peut-être  celle du sculpteur lui-même ; aussi ils peuvent nous aider encore à entrer dans l’intelligence des scènes évangéliques qu’ils représentent.

La face du chapiteau que nous allons contempler est une des 4 faces du chapiteau qui évoque la « Jérusalem céleste ». Sur les autres faces, on peut voir un ange sonnant de l’oliphant, deux anges maintenant ouvertes les portes de la Cité sainte et un ange tenant un grand livre ouvert.

Mais regardons particulièrement cette dernière face.

J’entre en prière en me tournant vers le Seigneur

Je lui demande de fortifier mon espérance en la résurrection des morts.

Je regarde le personnage central. Il porte une auréole crucifère. Je vois ses yeux bien ouverts, ses grandes mains ; il tient dans ses bras, tout contre lui un personnage  comme un nouveau-né.

Je regarde ce personnage enveloppé dans un suaire dont les bandelettes ne sont pas encore défaites. Il porte  une auréole et ses yeux sont aussi grand ouverts. En dessous on peut voir un sarcophage vide.

La mort de l’un comme de l’autre est évoquée mais ce sont des vivants.

Les deux autres personnages de chaque côté donnent le sens de cette scène. Dotés d’une auréole et  d’ailes, ce sont des anges qui tiennent chacun une tablette, avec une inscription en latin. Celle-ci peut être traduite ainsi: « Marie est honorée dans le ciel ».

Je me laisse toucher par cet accueil de Marie dans les bras de son Fils.   C’est comme une nativité inversée. Je peux me remémorer les icônes représentant la naissance de Jésus, Marie et  à ses côtés l’enfant Jésus lui aussi souvent représenté avec des bandelettes et couché dans un tombeau.

Qu’est-ce que cette représentation évoque en moi ? La vie plus forte que la mort ? La tendresse du Seigneur ? La plénitude de celle qui se retrouve à bon port, dans les bras du Christ ?…

Mais le regard de Jésus ne se porte pas sur  sa mère ; Jésus regarde loin devant lui. Il nous regarde.  Comment ce regard me rejoint-il ?

Avec la fête de l’Assomption, nous célébrons Marie préservée de la corruption du tombeau, « Marie élevée en corps et en âme à la gloire céleste. » (La Foi Catholique n° 410). La mère de Jésus est la première à naître à la vie nouvelle, mais elle ouvre la voie. Nous aussi sommes  sauvés en Christ et promis à la vie éternelle. Cette espérance est-elle la mienne ?

Quelle prière  ce chapiteau suscite-t-il en moi ? Je peux m’adresser  au Père,  ou au Fils, ou  à l’Esprit ou à Marie…

Je termine ce temps par une « Je vous salue Marie » ou un chant à Marie.

Prier avec mes vacances

« Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel devient fade, comment lui rendre de la saveur ? (Matthieu, 5, 13)

Je prends le temps de m’arrêter sur cette photo d’un marais salant.

         L’eau de mer, bleue, souvent colorée d’une algue rouge.

         Le marais patiemment construit pour installer les bassins d’évaporation.

         Le simoussi, cet outil que le saunier manie, pour collecter le sel.

         Les pyramidons de sel, savamment construits par le paludier

Je médite alors sur l’alliance des dons reçus de la nature et du travail de l’homme :

  • Le don de l’eau salée.
  • Le don du soleil permettant l’évaporation.
  • Le travail du saunier qui, l’hiver, prépare et entretient le marais. Le travail quotidien, l’été, pour récolter le sel. Un travail rythmé par les saisons, tributaire du climat, désireux de recueillir un produit de la nature, dans le plus grand respect de celle-ci. Un travail qui prend soin de la maison commune.

Cette alliance du don reçu et du travail fourni par l’homme fait écho à ce que nous entendons lors de l’eucharistie où nous présentons les offrandes « fruits de la terre et du travail des hommes. ».  Cette alliance nous rappelle, pour nos vies, le lien de la grâce et de la tâche. Nous recevons beaucoup gratuitement, et sommes appelés à faire fructifier ces dons reçus par notre travail et nos engagements. L’Évangile nous dit que nous sommes le sel de la terre mais qu’il nous appartient d’en entretenir la saveur.

Je me tourne alors vers le Seigneur pour rendre grâce de ce que je reçois, tout en m’interrogeant sur ce que je fais de ce qui m’est donné. Je demande l’aide du Seigneur pour ne rien laisser perdre…

Seigneur, merci pour tes grâces. Donne-moi force, discernement et sagesse pour être à la hauteur des tâches que tu me confie

Prier avec un texte littéraire

« A peine on avait poussé la porte du parc, qu’entre les branches des buissons on voyait blotties de grosses « boules de neige », comme le jardinier disait à Jean qu’elles s’appelaient, mais qui cueillies ne fondaient pas dans sa main, qui restaient toute blanches et aussi grosses dans les vases de la salle à manger. Jean pensait vaguement qu’on était arrivé enfin à ces jours où rien ne changerait plus, à partir desquels sa mère resterait éternellement jeune et lui éternellement libre et gai, dans le même soleil ardent immuablement établi sur la terre. »

(Marcel Proust)

Je prends ce temps pour prier avec ce qui se présente à moi, au fil de ma lecture, et je me mets sous le regard du Seigneur…

Je reviens sur le texte et le lis à nouveau lentement en m’imprégnant du poids des mots contenus dans ces quelques lignes toutes de simplicité, et j’imagine la scène.

Le parc, les buissons de fleurs, un enfant – Jean -, sa mère, le jardinier, la journée ensoleillée…

Me voici là dans le parc, après en avoir poussé la porte. Je reconnais ces fleurs d’un blanc éclatant ou délicatement teinté de rose.

Je suis touché (e) par la fraîcheur juvénile de la remarque intérieure de Jean qui semble vérifier que bien que portant ce nom curieux  de « boule de neige », la fleur, après avoir été cueillie, reste entière…

Je me laisse rejoindre par le bonheur tout simple de Jean et son désir de figer cet instant de vie pourtant si ordinaire, mais comme inondé de bonheur…

Pour prolonger ce moment de grâce, j’écoute cette mélodie de Gabriel Fauré, simple, élégante et sans emphase où se retrouve l’émotion contenue présente dans le texte…

En écho à cette atmosphère douce et paisible, je me dispose à présent  à redécouvrir et à goûter ce qui, dans ma vie, m’invite à dire « merci » à Dieu pour tout ce qui m’entoure habituellement et dont je ne mesure pas toujours la valeur.

Peut-être un souvenir précis va-t-il revenir à ma mémoire, lointain mais rendu à nouveau présent…

Seigneur, je te rends grâce pour tout ce qui m’est donné, pour ce qui est à ma portée, pour ces petits moments de bonheur qui font la vie et la rendent belle.

Je te rends grâce pour la perfection d’une fleur, la joie du partage de la tendresse, l’émerveillement d’un enfant, la musique et les artistes qui la servent, ceux et celles qui ont des talents pour écrire et qui nous font découvrir la beauté des mots.

Béni et Loué sois-tu, Dieu notre Père !

Prier avec une mosaïque

Mosaïque du XIIème siècle. Abside de la basilique Saint-Clément de Rome

Je fais le signe de croix et me tourne vers le Seigneur.

Je contemple cette mosaïque

Son fond or diffuse une lumière dorée. La croix occupe une position centrale et structure l’ensemble. Véritable arbre de vie, elle relie le ciel et la terre et irrigue de sa présence tout l’espace.

Autour de la croix se déploie une vigne luxuriante qui remplit l’abside de ses 50 volutes.

Quel sentiment cet ensemble provoque-t-il en moi ?

Je regarde les détails

         Le visage du Christ, tourné vers le ciel, vers la main du Père…

        La présence de Marie et Jean de chaque côté du Christ en croix…

        Les 12 colombes qui recouvrent le bois foncé de  la croix et évoquent la proclamation de la résurrection par les 12 apôtres…

Le buisson de feuilles d’acanthe au pied de la croix, abritant 4 fleuves où viennent se désaltérer 2 cerfs…

        La vie déployée dans les volutes : végétaux, animaux, êtres humains, dans le quotidien de leur vie ou figures de sainteté…

        Les nombreux oiseaux parsemés entre les branchages de cette vigne extraordinaire…

        Le bandeau du bas avec le mouton auréolé qui symbolise le Christ et les 12 apôtres qui l’encadrent…

Je me laisse toucher

Qu’est-ce qui attire mon regard et me touche ?

 A quel texte de l’Ecriture, cette mosaïque me renvoie-t-elle ?

De quoi me parle-t-elle ? De l’abondance de la vie donnée ? Du salut offert  par la croix ? De la soif de Dieu ? De l’Eglise ? Du royaume de Dieu où tous les oiseaux du ciel viennent faire leur nid ? De l’annonce de la bonne nouvelle ?…

Je parle en confiance au Seigneur

 Je mets des mots sur ce qui m’habite et je  le Lui dis tout simplement : un merci… un pardon… une demande ?

Je termine ma prière

  Par exemple, en chantant ce refrain :

« La gloire de Dieu, notre Père, c’est que nous demeurions dans l’amour du Christ ! La gloire de Dieu, notre Père, c’est que nous portions beaucoup de fruit !

Prier avec le psaume 33

Je fais silence et j’entre dans les sentiments du Christ en disant  lentement le psaume. Je laisse Jésus dire en moi ces paroles de bénédiction adressées à son Père, à notre Père. 

Je bénirai le Seigneur en tout temps,
sa louange sans cesse à mes lèvres.
Je me glorifierai dans le Seigneur :
que les pauvres m’entendent et soient en fête !

Magnifiez avec moi le Seigneur,
exaltons tous ensemble son nom.
Je cherche le Seigneur, il me répond :
de toutes mes frayeurs, il me délivre.

Qui regarde vers lui resplendira,
sans ombre ni trouble au visage.
Un pauvre crie ; le Seigneur entend :
il le sauve de toutes ses angoisses.

.

L’ange du Seigneur campe alentour
pour libérer ceux qui le craignent.
Goûtez et voyez : le Seigneur est bon !
Heureux qui trouve en lui son refuge !

Saints du Seigneur, adorez-le :
rien ne manque à ceux qui le craignent.
Des riches ont tout perdu, ils ont faim ;
qui cherche le Seigneur ne manquera d’aucun bien.

Je peux reprendre le verset qui me touche aujourd’hui. 
 Puis je m’adresse à mon Père  :

Père,  avec ton Fils qui prie en moi, je te bénis et te loue pour la vie que tu me donnes. Père,  avec ton Fils qui prie en moi, je m’abandonne en confiance dans tes mains, sûr(e) que tu me délivres et me sauves.

Père, avec ton Fils qui prie en moi, je veux te chercher chaque jour, toi mon seul bien. Amen.