Prier avec une photo de vacances

« Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ce petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense. » (Matthieu, 10, 42)

Je me dispose à la prière en contemplant cette photo. Je m’arrête sur ce cadre paisible : les rectangles de boue, patiemment travaillés par l’homme ; l’eau calme, qu’aucune brise ne vient troubler ; quelques dépôts blanchâtres, prometteurs de la fleur de sel…Mon attention se fixe sur ces deux chaises paillées, insolites…sont-elles en attente d’une visite ? Verront-elles sans tarder des promeneurs y faire halte, le temps d’un échange ? Sont-elles définitivement abandonnées, comme si toute perspective de conversation était perdue…Elles sont disposées côte-à-côte, et non vis-à-vis…

Et qu’en est-il alors, de ma propre demeure ? Où sont les chaises destinées à l’accueil ? Comment sont-elles disposées ? Je fais mémoire des dernières visites reçues…Visites souhaitées, et donc joyeuses…Visites un peu importunes où j’ai dû me forcer à l’accueil… Visites espérées qui ne se sont pas concrétisées, et qui me laissent dans le regret …

Je fais aussi mémoire des lieux qui m’ont accueilli, des chaises où je me suis assis chez autrui. De quoi puis-je rendre grâce ? Qu’ai-je pu partager ? Qu’ai-je reçu ? Qu’ai-je pu donner ?

Je laisse remonter en moi les textes bibliques, les pages d’Évangile, où se vit l’hospitalité.

Je termine en m’adressant au Seigneur qui n’a cessé d’accueillir. Je demande pardon pour les occasions ratées, je rends grâce pour les échanges vrais et profonds  et je demande au Seigneur de m’aider à oser la rencontre.  

Prier avec une photo

Champs en Equateur de Yann Arthus Bertrand

Je me mets en présence du Seigneur  et je lui demande d’entrer dans son projet créateur.

Je contemple cette photo avec sa luminosité, ses taches de couleur formant un camaïeu de brun/ vert/orangé, la diversité de formes  qui s’agencent ensemble à la manière d’un patchwork, la ligne d’arbres sinueuse qui  traverse et relie cet ensemble de champs …

Je considère ce que cela m’évoque : la douceur du climat qui permet ce verdoiement et la culture de céréales sur les plateaux de la région de Quito –  le travail des habitants qui cultivent  ces parcelles de terre pour qu’elles donnent leur fruit – la petitesse des parcelles qui permettent de vivre sans plus.

Je me laisse toucher.

Je parle au Seigneur.

Je peux me réjouir avec Lui de la beauté de ce paysage, fruit de l’alliance entre ce qui est donné par le Créateur et du travail de l’homme.  Rendre grâces pour les fruits de la terre quand vient la moisson ; pour la vie donnée.

Je peux aussi lui demander pardon pour ma participation à un système qui conduit à une répartition inégale des terres agricoles : les plus productives dans les vallées et sur les côtes étant aux mains de grands propriétaires qui font des cultures d’exportation,  et les hauts plateaux  laissés aux petits paysans.

Je peux entendre cette parole de Jean-Paul II « Dieu a donné la terre à tout le genre humain pour qu’elle fasse vivre tous ses membres, sans exclure ni privilégier personne. »  Et demander eu Seigneur que l’humanité  et moi-même progressent dans la conscience de la destination universelle des biens.

Je peux terminer par la prière du Pape François pour la semaine Laudato Si’ en mai dernier :

« Dieu aimant, Créateur du ciel, de la terre et de tout ce qu’ils contiennent. Ouvre nos esprits et touche nos cœurs, afin que nous puissions faire partie de la création, ton don.

Sois présent pour les nécessiteux en ces temps difficiles, en particulier les plus pauvres et les plus vulnérables. Aide-nous à faire preuve de solidarité créative pour affronter les conséquences de cette pandémie mondiale. Rends-nous courageux en acceptant les changements apportés à la recherche du bien commun.

Maintenant plus que jamais, que nous pouvons tous nous sentir interconnectés et interdépendants. Assure-toi que nous pouvons écouter et répondre au cri de la terre et au cri des pauvres. Les souffrances actuelles peuvent être les douleurs de l’accouchement d’un monde plus fraternel et durable. »

Prier dans la nature

« Père Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange » (Mt, 11, 25)

A la suite du Christ, je proclame la louange du Seigneur.

Je prends le temps de contempler cette image. Des galets, lisses,  patiemment arrondis par l’eau au fil des siècles. Je m’arrête sur ceux qui sont accidentés, partiellement brisés…

Je contemple ma vie quotidienne comme ces galets accumulés et en repère l’un ou l’autre, comme le signe d’un événement dont je peux rendre grâce.

Je contemple les visages rencontrés récemment et loue pour telle ou telle rencontre, tel ou tel regard échangé.

Je contemple les paysages que j’ai traversés et prends le temps de m’émerveiller.

Je prie pour celles et ceux à qui le rythme de vie, les soucis, les souffrances ne permettent pas la disponibilité à la louange.

Je termine en confiant ma prière de louange à Marie. : »Réjouis-toi, Marie, comblée de grâce… »

Prier avec « l’Angelus » de JF Millet

Je me dispose à ce temps de rencontre avec le Seigneur. Je fais silence.

Dieu est ici avec moi, Il désire me rencontrer. Je me dispose à recevoir ce qu’il veut me donner.

Je contemple cette peinture de JF Millet réalisée entre 1857 et 1859, actuellement conservée au Musée d’Orsay: « L’Angélus ».

Je regarde…

Millet construit sa composition sur des lignes élémentaires, horizontales et verticales, et sur des rapports de proportion harmonieux, qui définissent ensemble une structure simple et équilibrée.

La ligne d’horizon partage le paysage en un tiers de ciel et deux-tiers de terre. Les paysans forment deux verticales qui scandent le tableau. 

Le champ est situé dans une plaine qui s’étend à perte de vue. La différence d’échelle entre les paysans au premier plan et l’église à l’horizon donne l’idée de la distance qui les sépare et suggère l’ampleur du paysage. 

La lumière vient du ciel. Ce ciel vaporeux, doux et légèrement nuageux est en opposition avec la terre sèche.

Ce tableau d’apparence terne est en réalité lumineux grâce à la maîtrise de la lumière par le peintre (reflets sur le sol, sur le tablier de la paysanne).

Les couleurs sont assez chaudes: le jaune, l’ocre, le marron et ses dérivés. Seules quelques touches de bleu et de vert viennent se refléter sur les vêtements, comme un écho assourdi des couleurs du ciel.

Je contemple ce que donne à voir le tableau…

La luminosité évoque la fin du jour en automne. Il est 18h, l’ombre commence à creuser davantage les sillons de la terre. C’est l’heure de l’Angélus. Le couple a interrompu sa tâche et s’apprête à rentrer chez lui.

Malgré la fatigue, tous les deux sont calmes et apaisés. Cette paix émane d’eux, de telle sorte que leur intériorité irradie dans le paysage. Les deux visages, auréolés de lumière, dépassent la ligne d’horizon, de même que le clocher de l’église. L’homme a retiré son chapeau, comme si l’espace était devenu une chapelle à ciel ouvert. Unis par la prière, ils se penchent vers l’ombre de la terre, et pourtant guident le regard du spectateur vers le ciel.

Quel est mon premier sentiment devant ce tableau ?  Je l’accueille…

A quoi m’invite-t’il?

Je laisse monter en moi ma prière…

Je m’adresse au Seigneur

“Le soir tombe et enveloppe nos cœurs de sa paix. Merci, Seigneur, pour cette journée différente des autres où nous avons resserré les liens avec Toi et entre nous. Demain, la vie de tous les jours reprend. Remets-nous en route avec un regard neuf et au cœur, ta Présence. Aide-nous à poursuivre le chemin vers ton Royaume en bâtissant une terre nouvelle dans l’attente des cieux nouveaux que Tu nous promets. Amen.”                    Père Ch.Delhez

Prier avec « Ave Verum Corpus » de Mozart

En 1791, Wolfgang Amadeus Mozart, compose un petit motet sur une hymne du 14e siècle attribuée au Pape Innocent VI « Ave Verum Corpus », méditation sur la présence réelle de Jésus-Christ dans le Saint Sacrement. Cette hymne était chantée au Moyen-Age pendant la messe au moment de l’élévation.

Voici le texte de l’hymne, traduit du latin :

Je te salue, vrai Corps né de la Vierge Marie,Qui as vraiment souffert et as été immolé sur la Croix pour l’homme,Toi dont le côté transpercé a laissé couler du sang et de l’eau.

Puissions-nous Te recevoir à l’heure de la mort.Ô doux, ô bon, ô Jésus fils de Marie.Ainsi soit-il

Je me mets en présence du Seigneur…

Je me dispose à écouter avec tout mon corps et je laisse la musique me rejoindre…

Je découvre la beauté sereine du paysage… les musiciens et les chanteurs qui habitent des pays différents et qui se sont accordés, pendant le confinement, pour célébrer ce qui les relie tous, la musique et l’amour, au-delà de leurs multiples différences…

Les instruments amènent, comme un bourgeon qui s’ouvre, l’éclat des voix du choeur, autant de pétales d’une immense fleur.

L’esprit devient parole à travers le chant… les êtres entrent en communion avec l’harmonie  savamment créée par le compositeur.

Je m’attarde sur les paroles de l’hymne… Je contemple le mystère de l’Eucharistie…

Pain et vin deviennent, à chaque consécration, Corps et Sang du Christ réellement présent.

Je rends grâce au Seigneur pour sa vie donnée par amour pour libérer l’humanité entière de ce qui l’éloigne de Dieu,

Je lui rends grâce pour son désir d’être avec nous dans une communion qui n’aura pas de fin.

Je me sens appelé/e à approfondir le sens de l’Eucharistie et je m’interroge sur sa place dans ma vie : Est-ce que je suis prêt/e à accueillir ce que le Christ veut changer en moi ?

Communier est-il pour moi un engagement à vivre concrètement de cet amour du Christ qui livre sa vie pour ceux qu’il aime ?

Je m’adresse au Seigneur.

Seigneur, par le pain partagé, tu vis avec nous et en nous.

Rassemblés en un seul Corps, nous faisons, jour après jour, l’expérience de notre fragilité et du désir d’unité en Toi.

Donne-nous la grâce de continuer à faire Eglise pour être messagers de ton amour  et pour que nous devenions pain de vie pour les autres.

Fête de la Trinité

J’entre en prière en me signant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

En la fête de la Trinité, je contemple ces trois mains unies. Je m’arrête sur leur ressemblance et la particularité de chacune d’elle.

Je contemple alors la Trinité, trois personnes, de même nature, mais singulières pour se tenir en relation.

Je m’arrête ensuite sur ma condition de personne humaine crée par Dieu trinitaire. L’homme est un mélange d’âme et de chair, et d’une chair formée selon la ressemblance de Dieu et modelée par les Mains de celui-ci, c’est-à-dire par le Fils et l’Esprit. (St Irénée).

Et Dieu, présent dans ma vie, par le Fils et l’Esprit, m’invite à me rendre présent à la vie du prochain.

En ce temps, où nous ne pouvons plus nous serrer la main, je fais mémoire de moments où je suis entré en relation par les mains. Mes mains qui ont reçu, qui ont donné ; mes mains qui ont pu encourager, rassurer, caresser…Je rends grâce pour les mains qui m’ont été tendues. Je prie pour trouver la force des coups de mains nécessaires.

Attentif à la présence de Dieu auprès de moi, par les mains du Fils et de l’Esprit, je termine ma prière en traçant de ma main, sur moi, le signe de croix.