En ces journées au temps ralenti, remplies de fatigue, nous vous offrons quelques petits cadeaux pour nourrir notre méditation et notre prière Des oeuvres d’art pour nous faire entrer dans le temps ralenti de la contemplation et un beau texte pour contempler le Christ à nos côtés, plein d’attention et qui nous appelle chacun par notre nom.


Jésus est fatigué ! Mais disponible à la rencontre et il apporte l’eau vive qui fait renaître à la vraie vie.

J’ai tellement désiré manger cette Pâque avec vous avant de souffrir.
Luc 22, 15
Lui qui n’a cessé
d’aller et venir
lui qui a tellement
marché
dans les hauts et les bas
de leur désir
il s’assied
maintenant avec eux
pour rompre
le pain du présent
Il prend l’amitié
entre ses mains
il dit que c’est là
le plus humain
le souci qu’on a
les uns des autres
que personne
ne soit laissé dehors
qu’autour de la table
chacun ait
sa place
et sa parole
Il dit que la vie c’est
comme la manne
il faut
s’agenouiller
pour la ramasser
chaque matin
puis la pétrir
longuement
pour en faire
des galettes de bonté
que l’on partagera
avec ceux
qui sont sur le bord
du chemin

Il sait qu’on n’a pas
toujours envie d’avancer
qu’on aimerait mieux
flâner ou se reposer
qu’il y a
certains jours
dans les pieds
trop de douleur
et trop d’épines
dans le cœur
Il connaît
la vieille fatigue
de ne pas être compris
de parler dans la nuit
une langue trop claire
pour les nantis

Mais il se souvient
du jour
où il était assis
au bord du puits
il était midi
et la femme
qui s’approchait
de lui
ne savait
pas encore
qu’elle vivait
la fin de sa nuit
Il les regarde
un à un
ces visages
qu’il a tant aimés
il les connaît
par leur nom
et même
leur petit nom
Ce ne sont
pas eux
qui l’ont choisi
mais lui
et il continue
de les choisir
parce que l’amour
n’a jamais fini
d’élire l’aimé
et de l’envoyer
à son tour essaimer
aimer plus loin
Francine Carrillo
Le Plus-que-vivant, Labor et Fides

































