Relire sa vie avec Saint Carlo Acutis

Entre la fête de l’Ascension où Jésus nous dit : « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » (Mt 28,20) et la Pentecôte : « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie (…) Recevez l’Esprit Saint » (Jn 20), prenons un temps de méditation avec saint Carlo Acutis, dont la vie exemplaire a été reconnue par l’Église : déclaré Vénérable en 2018, béatifié en 2020, il a été finalement proclamé saint le 7 septembre 2025.

Né le 3 mai 1991 à Londres dans une famille catholique italienne, Carlo Acutis a grandi à Milan dans un environnement chrétien. Dès son enfance, il a manifesté une foi sincère, cherchant à suivre l’Évangile au quotidien. Passionné d’informatique, il a créé un site internet sur les miracles eucharistiques pour encourager la foi chez les jeunes.

Il a laissé derrière lui des réflexions profondes sur la foi, les sacrements, l’Évangile et la mission chrétienne.

Je me prépare à une rencontre avec le Seigneur… Il m’attend…

Sûre(e) de son Amour, je me présente à Lui, tel(le) que je suis, avec mes forces et mes faiblesses, mes désirs et mes regrets, humblement et en vérité

Je lui demande la grâce dont mon cœur a besoin…  « Être toujours uni à Jésus, tel est le but de ma vie », disait Carlo…

Carlo considérait les sacrements comme des moyens précieux de rencontre avec Dieu, des moments fondamentaux pour nourrir sa foi. Il soulignait l’importance de l’Eucharistie, qu’il considérait comme le cœur de la vie chrétienne.

« L’Eucharistie, c’est mon autoroute pour aller au ciel » 

« Demander pardon et se réconcilier avec Dieu, c’est comme rallumer le feu de sa montgolfière et jeter les pierres qui alourdissent sa nacelle »

Est-ce que je participe régulièrement aux sacrements de l’eucharistie ? de réconciliation ?

Sont-ils un soutien pour ma foi, une force dans les moments difficiles ?

Comment j’accueille la grâce de ces sacrements pour nourrir ma relation personnelle avec Dieu ?

Les sept sacrements Rogier van der Weyden

Carlo voyait l’Évangile comme la Parole vivante de Jésus, une lumière pour guider la vie quotidienne. Il aimait lire et méditer l’Evangile, qu’il considérait comme une source d’inspiration et de force. Il encourageait ses pairs à le vivre concrètement, en suivant l’exemple du Christ dans leur vie quotidienne, notamment par l’amour, la compassion et le service aux autres.

« Quand on est en communion avec Dieu, on est en communion avec un amour qui est contagieux. Comme on est aimé par Lui, on peut ainsi aimer le monde »

Est-ce que ma prière s’appuie sur l’Evangile ? Souvent ? De temps en temps ?

En quoi l’Évangile peut-il devenir une lumière pour ma foi, dans ma vie quotidienne ?

Est-ce que je mets en pratique les enseignements du Christ dans mes relations et dans mes choix quotidiens ?

Karolingischer_Buchmaler_um 820 Evangiles d’Aix la Chapelle

Carlo croyait que chaque chrétien a une mission dans le monde : témoigner de l’amour de Dieu par des actes concrets. Il insistait sur l’importance de la charité, de la solidarité et de l’évangélisation. Sa vie témoigne de cette mission : il voulait faire connaître Jésus à travers ses actions et ses paroles, en étant un modèle de foi vivante.

Il considérait aussi que la technologie pouvait être un outil pour transmettre le message chrétien de manière moderne et accessible.

Quelle est ma manière concrète de vivre ma foi dans mon environnement (famille, travail, communauté…) ?

Ai-je conscience de la mission que Dieu me confie dans mon quotidien ?

Quelles actions concrètes puis-je entreprendre pour rendre témoignage de ma foi ?

Ai-je déjà ressenti une envie de m’engager au service des autres ou dans une œuvre ?

Comment puis-je faire de ma vie une mission d’amour, d’accueil et de partage ?

le Christ envoie ses onze apôtres en mission Livre des Péricopes d’Henri II vers 1010 Meister_der_Reichenauer_Schule

Après ce temps de relecture, je m’adresse au Seigneur, comme un ami à son ami. Je lui exprime ce que j’ai mieux compris, mes découvertes, ma joie, ou une demande, un merci ou un désir, qui seront nés de ma prière, un appel à l’aide …

Je conclus avec une prière d’Eglise : Notre Père…

En marche vers l’Ascension

Nous nous préparons à vivre la célébration de l’Ascension.  Luc nous propose deux récits de l’Ascension. Un récit plus développé se situe au début des Actes des Apôtres : St Luc situe l’Ascension, après quarante jours où le Christ est apparu plusieurs fois…C’est ce texte que nous entendons dans la première lecture.

Un récit plus bref termine l’évangile de Luc, qui « condense » en une seule journée les femmes au tombeau, les disciples d’Emmaüs, puis l’apparition aux apôtres. Cette page d’évangile a inspiré le maître verrier Lescuyer dans une verrière de l’église St Bonnet à Bourges. On y voit, en bas, le tombeau vide au milieu des gardes,

puis dans le registre médian, le Christ ressuscité entre les femmes arrivant au tombeau, portant les aromates (à droite) et les disciples d’Emmaüs (à gauche). L’ascension occupe le haut du vitrail où nous n’apercevons plus que les pieds du Christ, alors que ses disciples fixent le ciel…Belle évocation du temps pascal, qui unit résurrection et ascension, dans l’attente du don de l’Esprit.

Je me dispose à la prière en me mettant à l’écart. Je fais silence en moi. En me rendant attentif à ma respiration, je cherche la paix intérieure. Tout en restant à l’écoute du Seigneur, je demande la grâce de ne pas rester là à regarder le ciel. Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

         Je lis lentement les deux récits de l’Ascension.

« Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. »

Comme les disciples, je m’affronte à des questions difficiles. Et je me mets à l’écoute de la réponse du Christ. Je dois consentir à ne pas tout savoir, à ne pas pouvoir tout anticiper. Je demande au Seigneur la patience dans la confiance.

« Vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre. »

J’écoute le Christ demander à ses disciples d’être témoin au-delà de leur seul environnement habituel. A quels déplacements cela m’invite-t-il ? Je considère aussi ce que veut dire, pour moi, être témoin.

« Pourquoi restez-vous là à regarder le ciel ? » 

Je partage le saisissement des disciples…Je me confronte à l’absence physique de Jésus…Et j’entends l’injonction des anges. L’ascension de Jésus me pousse à l’action dans le monde, à l’annonce de Sa parole et à l’engagement pour le prochain. Depuis l’ascension, c’est à chaque croyant qu’il appartient de rendre Jésus présent au monde. Je médite cela.

Je relis les deux textes puis prends le temps d’une conversation avec le Seigneur. La prière est ce moment où le Christ monté auprès du Père se fait présent à mon intériorité. Je lui rends grâce pour cette présence autre et lui confie mes intentions.

Je termine en disant cette prière du Cardinal Godfried Danneels

Seigneur Jésus,
quand Tu es monté au ciel,
les anges disaient aux Onze :
’’Ne restez pas là à regarder vers le ciel !’’.
Mais quinze jours auparavant,
Près du tombeau, ces mêmes anges
n’avaient-ils pas dit aux femmes :
’’Ne regardez pas vers le bas !
Il n’est pas ici.
Il est ressuscité’’ ?
Les anges seraient-ils capricieux
qu’ils changent aussi vite d’idée ?
Que faire Seigneur Jésus :
regarder en bas vers la terre,
ou en haut, vers le ciel ?

Vers les deux, nous dis-Tu :
’’Je suis au ciel,
regardez donc en haut, vers moi, et priez.
Mais je suis aussi sur terre
dans tous les pauvres, les petits,
les malades et les pécheurs.
Il vous reste tant à faire en bas,
pour eux
et pour moi.
Provisoirement du moins’’.

Seigneur Jésus,
fais nous regarder vers le ciel,
sans oublier la terre,
et inversement.
Car tout ce que nous faisons sur terre
à ceux qui sont tiens
c’est à toi que nous le faisons.

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit

Il est vivant !        

de Jacqueline Frederic Frie

Il est vivant ! Hymne proposé dans l’office des Laudes dans le temps pascal.

REFRAIN
NOUS L’AVONS VU RESSUSCITÉ,
NOUS, TÉMOINS DE LA VÉRITÉ
IL EST VENU, IL REVIENDRA,
AMEN, ALLÉLUIA. (bis)

1
Il est vivant ! Tu l’as vu la première,
Parle, Marie de Magdala !
Hors du tombeau, debout dans la lumière,
Il dit, Marie, c’était sa voix !

2
Le cœur brûlant, vous alliez, près du Maître,
Vers Emmaüs, sur le chemin…
Nous étions deux! Il s’est fait reconnaître,
Le soir à la fraction du pain !

3
Vous étiez onze, nous dit l’Écriture,
La nuit couvrait Jérusalem…
Il a paru! Il montrait ses blessures !
Il a soufflé son Esprit saint !

4
Est-ce Jésus celui qui t’a fait signe
De l’approcher, dis-nous, Thomas ?
Sur mon Seigneur et mon Dieu, moi, indigne,
J’ai vu les marques de la croix !

5
Depuis Damas, tu ne peux plus te taire
Confirme-nous ce que tu crois.
Moi, Paul, je dis qu’ils étaient cinq cents frères,
Témoins du Christ, tous à la fois !

Elargir ma prière aux dimensions du monde

Et si l’actualité était un bon support pour la prière ! Jésus est venu partager notre histoire, dans un lieu et un temps donnés et  par sa résurrection, il est encore présent à ce que nous vivons.  Oui, ce que nous vivons intéresse le Sauveur et le Créateur de toutes choses et nous pouvons le chercher dans les réalités de notre histoire et lui confier ce monde qu’il aime. Nous vous proposons aujourd’hui de prier avec les nouvelles de  notre monde, les bonnes comme les mauvaises.

Nous faisons silence et nous disposons à la rencontre avec le Seigneur. Le signe de la croix nous rappelle que nous sommes là au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

Demandons l’Esprit Saint pour qu’il nous fasse voir ce qui est signe de la présence de Dieu et source d’actions de grâce; et  pour qu’il nous fasse communier à la souffrance de Dieu devant ce qui défigure notre humanité.

Nous faisons mémoire des nouvelles entendues récemment.

M Sanchez Unsplash

  • Quelles sont celles qui sont pour moi des bonnes nouvelles ? Des faits qui procurent plus de vie ; des faits qui sont pour moi des signes du Royaume de Dieu qui vient ?

>>> Peut-être la nouvelle de progrès dans la rechercher pour le cancer, qui sont des signes d’espoir pour combattre cette maladie…

>>> Peut-être l’avenir ouvert dans l’Eglise par le pape et son message de paix,  ou par le nombre de personnes qui demandent le baptême…

>>> Peut-être telle ou telle association qui crée du lien social, dans la commune où je vis…

>>> Peut-être une exposition ou un concert organisé dans mon quartier et qui révèle de beaux talents…

>>> Peut-être …

>>> Peut-être…

Et nous rendons grâce au Père qui a créé l’Homme à son image ; au Fils qui ait venu pour que nous ayons la vie en abondance ; à l’Esprit qui est à l’œuvre au cœur de ce monde.

Merci, Seigneur pour ces hommes et ces femmes qui mettent toutes leurs compétences et leur énergie pour lutter contre la maladie ; merci pour tous ceux qui sont à la recherche de sens pour leur vie ; merci pour tous ceux qui prennent soin de ceux qui en ont besoin ; qui crée des liens ; qui nous offrent de la beauté….

Nous chantons : « Tenons en éveil la mémoire du Seigneur »

  • Nous faisons maintenant mémoire des nouvelles qui nous offusquent ou nous attristent. De tout ce qui nous semble aller contre le projet d’amour du Seigneur.

>>> Peut-être le climat international et son lot de guerres ; l’incapacité à résoudre les conflits par d’autres moyens que les armes ; la course aux armements…

>>> Peut-être les conditions de travail dans les  plateformes de livraison et tous les  travailleurs précaires, soumis à de rudes conditions de travail pour des salaires de misère…

>>> Peut-être le climat de violence créé par le trafic de drogue ou les arnaques, les violences de la vie quotidienne…

>>> Peut-être la difficulté dans le rural de se faire soigner et la surcharge des hôpitaux…

>>> Peut-être…

>>> Peut-être…

Nous prenons le temps de voir pourquoi ces évènements nous touchent. Qu’est-ce qui est en jeu ? Qu’est-ce qui n’est pas ajusté au désir de Dieu pour l’humanité ? Qu’est-ce qui est à convertir ?

  • Nous demandons pardon et l’aide du Seigneur pour changer les cœurs.
austrian national library unsplash

Viens à notre aide Seigneur pour que se lèvent des artisans de paix ;  pour la recherche du profit ne prenne pas le pas sur le respect des personnes ; pour que grandisse la fraternité.

Nous te prions pour toutes les victimes de la violence, pour les malades et ceux qui peinent pour avoir une vie décente.
Et fais, Seigneur,  que j’entende ton appel à travailler à la construction du Royaume de Dieu !

Nous terminons ce temps en chantant : « Il nous précède en Galilée »

Prier avec St Etienne

Ces jours-ci, la première lecture de la liturgie nous propose des extraits des Actes des Apôtres. Ce lundi et mardi, nous écoutons le martyr d’Etienne, saint patron de la cathédrale de Bourges.

Etienne, appelé avec les sept, pour le service des tables, est accusé de parler contre la Loi et le Temple. Il se défend en précisant que ce sont ses détracteurs eux-mêmes qui sont fermés à l’alliance et résistent à l’Esprit Saint. Il est alors lapidé et son martyre suit la Passion du Christ,

à laquelle sa mort l’associe. Luc, auteur des Actes et de l’Évangile, recourt intentionnellement à des formulations similaires. Saül, qui s’appellera bientôt Paul, assiste au martyr et l’approuve. Ce texte ci-dessous est celui que propose la liturgie ce mardi.

Je me dispose à ce temps de prière, faisant silence en moi pour contempler cette scène. Je demande la grâce, comme Etienne, d’être « rempli d’Esprit Saint ». Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

         Je lis le texte.

Lecture du livre des Actes des Apôtres (Actes, 7,51-8-1a)

Je médite la scène en contemplant l’un des vitraux de la cathédrale St Etienne de Bourges, consacré au martyr d’Etienne. Ce vitrail de 1518 est attribué à Jean Lescuyer. Il est situé dans la première des chapelles du bas-côté sud. Les deux registres présentent un parallèle des vies de St Etienne et de St Laurent et sont surmontés d’une évocation de la Passion, à travers de multiples détails répartis autour du visage du Christ.
 

Arrêtons-nous d’abord sur le procès d’Etienne. Le paysage, en arrière-plan, est assez désolé, avec un arbre sec sur la gauche. Pourtant, un arbre vert et porteur de fruits s’élève, image de la Nouvelle Alliance.

.Les religieux juifs, après avoir fait arrêter Etienne par des soldats, lui présentent les Écritures, tout en l’accusant de ne pas respecter la Loi. Etienne répond alors : « Vous qui avez la nuque raide, vous dont le cœur et les oreilles sont fermés à l’Alliance, depuis toujours vous résistez à l’Esprit Saint ; vous êtes bien comme vos pères ! ».

Je considère un instant ces propos. M’arrive-t-il, moi-aussi d’être fermé à l’alliance, de résister à l’Esprit Saint ?

Je regarde maintenant la scène de la lapidation. Etienne est serein dans son martyr, apercevant le Christ dans la nuée. On repère sur la gauche, la figure de Paul. « Les témoins avaient déposé leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme appelé Saül. (…) Saül lui, approuvait ce meurtre. »

Je m’arrête sur cette figure, examinant comment Saül le persécuteur, sera bientôt converti, pour devenir Paul, apôtre des Nations…Comment cela m’invite-t-il à ne pas porter sur les personnes un jugement définitif ? A quelle conversion est-ce que je me sens appelé ?
 

Une dernière scène met en scène le recueil du corps d’Etienne. « Des hommes dévots ensevelirent Etienne », nous disent les actes un peu plus loin. Curieusement, alors que les scènes précédentes se passaient hors de la ville, nous sommes ici revenus en ville, suggérée par des architectures et quelques habitants.

Le martyr d’Etienne concerne la cité…Le martyr (témoin, en grec) se fait pour tous, pour le monde, signe de la vie donnée du Christ. Je peux évoquer les nombreux martyrs d’aujourd’hui, et en lien avec le récent voyage du pape en Algérie, prier avec les martyrs de ce pays.

Je relis le texte des Actes et m’adresse au Seigneur, lui rendant grâce pour son alliance, et pour les martyrs qui rendent témoignage de la foi.

Nous pouvons terminer en disant cette prière à St Etienne composée par St Anselme de Canterbury (1033-1109)

 « Étienne, et vraiment Étienne parce que vraiment couronné (Stephanos signifie « couronne » en grec), dis à Celui qui t'aime et que tu aimes : Seigneur, ne lui compte pas ces péchés (Ac 7, 60). Dis-Lui, pour le pauvre qui te supplie, ce que tu as dit pour le peuple qui t'a mis à mort. Que parle seulement ta charité, et je suis certain que Dieu très bienveillant pardonnera tous mes péchés. Car Il est miséricordieux, mon Créateur, et moi malheureux, sa créature, et toi l'ami bien-aimé de Celui qui est béni dans les siècles (Rm 1, 25). Seigneur, ne leur compte pas ce péché.Homme bienheureux, quelle espérance tu donnes aux pécheurs, tes amis, 
quand ils entendent dire que tu as montré pareille sollicitude pour des impies, tes ennemis ! Seigneur, ne leur compte pas ce péché. Comment répondra-t-il, quand il est invoqué, celui qui excusait ainsi, quand il était provoqué ! De quelle bienveillance couvera-t-il les humbles, lui qui est maintenant glorifié, celui qui secourait ainsi les superbes alors qu'il était humilié ! Avec quelle promptitude délivrera-t-il les affligés, celui qui, aujourd'hui libéré avec puissance, hier venait ainsi en aide à ceux qui l'affligeaient ! Eux se pressaient d'ôter ton âme, toi tu t'efforçais de rendre vie à leur âme. Amen. » 




Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Psaume 8

Ô Seigneur notre Dieu, qu’il est grand, ton nom, par toute la terre !

Je décide de prendre un temps avec le Seigneur, quelques minutes pour Dieu. Avant de relire le psaume qui redit la grandeur de l’homme, je prends le temps de m’arrêter sur moi-même, de m’émerveiller de toutes les fonctions de mon corps qui permettent sa vie…Je demande la grâce de prendre le temps de contempler la Création.

         Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

         Je lis le psaume, lentement.

Me remémorant le texte de la Création dans la Genèse, relu lors de la vigile pascale, j’imagine l’espace, les astres et leur immensité. Puis je considère les animaux domestiques, les animaux sauvages sur terre, dans le ciel et sur la mer. En ce printemps, je peux rendre grâce pour le dynamisme du renouveau de la nature…

Je considère maintenant l’être humain, je me considère dans ma petitesse, ma fragilité, ma finitude, face aux éléments…et j’entends en même temps les paroles du psalmiste qui dit l’homme « un peu moindre qu’un Dieu », objet des pensées et des préoccupations de Dieu puissant et infini

Est-ce que je me sens objet de la sollicitude du Seigneur ? Quels mouvements cela suscite-t-il en moi ?

J’entends maintenant le refrain du psaume, « Ô Seigneur notre Dieu, qu’il est grand, ton nom, par toute la terre ! ». Puis-je aujourd’hui m’exprimer aussi résolument quand l’indifférence religieuse progresse tant ? Mais, dès l’époque du psalmiste, les infidélités du peuple étaient déjà nombreuses…Ne faut-il pas plutôt entendre ce refrain comme un appel à annoncer la grandeur du Seigneur dans un environnement qui la reconnaît peu ?

J’examine cela.
 

La fin du psaume semble donner à l’homme un pouvoir sur la Création. « Tu l’établis sur l’œuvre de tes mains » …Plutôt que d’un pouvoir, il s’agit d’une responsabilité, quand la surexploitation de notre planète entraine aujourd’hui tant de dérèglements. Comment, à ma mesure, est-ce que j’exerce cette responsabilité ?

Je relis le psaume. Je peux aussi l’écouter :

Je m’adresse maintenant au Seigneur, lui parlant comme un ami parle à un ami. En ce temps de renouveau, où la résurrection nous invite à la vie, je lui confie la création.

Je termine en disant « Notre Père… »

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit…

RESURRECTION !

Arcabas – Résurrection

Je peux commencer à prier en chantant: Alleluia, Jour d’allégresse et jour de joie

1
Jour de la résurrection: le Christ se lève du tombeau
Que tous les peuples chantent sa victoire,
Pâque du Seigneur qui nous fait passer de la mort à la vie,
Pâque du Seigneur qui nous conduit de la terre jusqu'au ciel.
2
Jour de la résurrection: le Christ remonte des Enfers
Entraînant avec lui les captifs de la mort,
Pâque du Seigneur qui relève Adam de sa chute,
Pâque du Seigneur qui nous donne la Vie de Dieu.
3
Jour de la résurrection: le Christ se lève comme un feu.
Ses ennemis sont dispersés comme la fumée au souffle du vent,
Pâque du Seigneur qui fait resplendir la lumière de sa face,
Pâque du Seigneur qui fait briller sur nous l'amour du Père.
4
Jour de la résurrection: le Christ remonte auprès du Père,
Attirant toute chose à lui par la force de sa croix,
Pâque du Seigneur par qui nous est donné l'Agneau sans tache,
Pâque du Seigneur par qui nous est livré le Fils de Dieu.

Joie de Pâques : comment cette joie rejoint ma vie, avec ses difficultés, ses inquiétudes, ses ombres mais aussi ses moments de paix, de lumière et de joie? Comment j’y cherche et trouve l’élan de la vie avec le Christ et enveloppé de la tendresse du Père?

Et je peux faire mienne la prière qu’exprime le psaume du jour, le psaume 15 et je le laisse me toucher, m’éclairer, m’habiter et me bousculer.

Je prie aussi pour le monde, avec ces intentions:

  • Seigneur, tu es notre refuge et notre force, une aide très présente pendant les temps troublés. Nous nous souvenons que tu as envoyé tes anges pour garder et protéger ceux qui étaient en danger, et nous te demandons d’envoyer tes armées d’anges dans les endroits du monde déchirés par les bombes et les drones. Protège ceux qui sont vulnérables et préserve la vie au milieu de la destruction.
  • Seigneur, nous te prions d’apporter la paix sur la terre. Apporte la lumière de ta vérité à ceux qui prennent des décisions sur la guerre. Et guide-les vers la justice et la réconciliation.
  • Lorsque le mal semble gagner, ouvre nos yeux pour que nous voyions que tu es à l’œuvre, et que nous sommes entourés par tes anges. Libère-nous de la peur et aide-nous à faire confiance à ta toute-puissance, à ton amour et à ton plan parfait. Amen.

Et en des moments de doute ou de questionnement, recevons ce texte éclairant du Père Nicolaas Sintobin SJ : La réalité de la résurrection

Il n’est pas facile de croire à la résurrection. Ce n’est pas un hasard si, dans presque toutes les apparitions, l’incrédulité et le doute règnent, même parmi ceux qui connaissaient très bien Jésus. Pourtant, ces témoins hésitants proclameront bientôt sa résurrection.

C’est peut-être là la preuve la plus convaincante de la réalité de la résurrection. Les disciples de Jésus étaient traumatisés par l’échec honteux de l’œuvre de sa vie (et de la leur). Ils s’étaient dispersés. Peu après, ces mêmes personnes allaient proclamer avec une ferveur inouïe que leur héros était le Sauveur du peuple. Ils ne cachaient plus sa mort sur la croix. Ils la proclamaient désormais presque avec fierté. Entre ces deux moments, ils avaient dû vivre quelque chose d’encore plus bouleversant et dramatique que la catastrophe de la crucifixion de Jésus : sa résurrection. ( Nicolaas Sintobin SJ, Did Jesus Really Exist? and 51 Other Questions (Jésus a-t-il vraiment existé ? et 51 autres questions) Merci à: Un moment sacré.com

Macha Chmakoff – Résurrection

En contemplant la lumière du tombeau et qui me rejoint, je peux chanter Notre Père:

JEUDI SAINT

Sieger Köder (1925-2015), Le lavement des pieds, musée d’Ellwanden, Bade Wurtemberg

Regardons ce tableau pour découvrir les personnages, les couleurs, la lumière et les ombres.

Fixons notre attention sur les 2 personnages, essayons d’imaginer les pensées qui leur traversent le cœur et l’esprit.

Si on porte attention au personnage agenouillé, avec le dos courbé, la ligne de son épaule et sa main immobile posée à côté du bassin suggèrent qu’il s’est arrêté pour se reposer, comme s’il arrivait au terme d’une longue route ou d’une pénible épreuve. Son visage, qui se reflète dans l’eau, a l’air pensif, les yeux couverts et le regard fixe, presque dénué d’expression…

La courbe du corps et de la tête de l’homme qui est assis évoque l’étreinte protectrice, la présence réconfortante d’un ami compréhensif, attentif au besoin de celui qui est agenouillé. Il a posé la main sur l’épaule de son ami. L’autre main est-elle levée en signe de protestation ou de protection.

Sur sa toile, le visage de Jésus est complètement caché, il n’y a que son reflet dans l’eau du bassin.
Dans l’eau, nous voyons aussi les pieds de Pierre. Ce dernier a parcouru la ville toute la journée, il a les pieds sales, couverts de la poussière et de la saleté des rues. La couleur verdâtre de l’eau suggère qu’elle n’est pas fraîche.
L’artiste tente peut-être de nous dire que nous pouvons trouver Jésus au milieu du désordre, du fouillis, de la saleté de nos vies…

Ce sont des pieds forts. Ils témoignent d’une vie active, passée à voyager par de rudes chemins. Ils sont nus, calleux, sales et écorchés.
Ce sont les pieds d’un homme pauvre, qui n’a pas l’habitude de se chausser de cuir souple ou de voyager à cheval, à dos de chameau ou sur une charrette.
Ils nous démontrent que la tâche entreprise par Jésus en lavant les pieds des disciples n’est pas un rituel aseptisé, mais bien une vraie besogne.

Il aura fallu un bon moment pour soigner tous ces pieds sales et meurtris, ces pieds qui se sont souillés sur le chemin, à la suite de Jésus, en route vers la chambre haute.
Et ses pieds à lui ? Quelqu’un les a-t-ils lavés après qu’il eut rendu ce service à ses amis ? Ils ne semblent pas avoir été rafraîchis par les ablutions rituelles au début du repas juif. Ou alors, ces écorchures seraient-elles une façon pour l’artiste de laisser entrevoir la rigueur du chemin que Jésus devra encore parcourir ?

Sur la table, l’artiste a placé une coupe et une assiette couleur étain. Elles émergent de l’ombre à l’arrière-plan. Dans son récit de la Dernière Cène, Jean ne mentionne pas le pain et le vin. Est-ce que l’artiste veut corriger une omission?
Non.

Non. Le lavement des pieds correspond à la bénédiction et au partage du pain et du vin retenus par Matthieu, Marc et Luc.
Les paroles de Jésus; « car c’est un exemple que je vous ai donné, pour que, comme moi je vous ai fait, vous fassiez vous aussi » répondent au « faites ceci en mémoire de moi ».

Ce ne sont pas deux événements, mais les deux aspects d’une vie unique, la vie de Jésus, que tous ceux et celles qui veulent le suivre sont appelés à assumer
Par le pain de Vie auquel je communie, chacune, chacun des membres d’une assemblée devient le « corps du ressuscité »…
Sainte Thérèse d’Avila disait :
« Le Christ n’a pas d’autre corps sur terre que le vôtre, ni d’autres mains que les vôtres, ni d’autres pieds que les vôtres. C’est par vos yeux que s’exprime la compassion du Christ pour le monde ; par vos pieds qu’il s’en va faire le bien ; par vos mains qu’il va bénir aujourd’hui l’humanité.»

(Merci au Secteur Pastoral de l’Yvette)

« voici mon commandement »


Sieger Köder est un artiste et prêtre catholique allemand. Il traduit la Parole de Dieu en images, images d’espérance, de foi pour la vie quotidienne.De 1954 à 1965 (29-40 ans), Sieger Köder a été professeur d’art au lycée Schubart d’Aalen. Au cours de cette période, il fut membre du conseil municipal de la ville de Wasseralfingen,De 1965 à 1970, Sieger Köder étudia la théologie catholique à l’université Eberhard Karl de Tübingen. En 1970, il est entré au séminaire de Rottenburg et a été ordonné prêtre en 1971 (46 ans).

« Seigneur, qui est-ce? »

Souabe-bois de chêne-début XIVe siècle

Dans l’Evangile de ce jour, de St Jean:

« Qui est-ce, Seigneur? » moi ? Je médite cela.

« Je donnerai ma vie pour toi » Et moi ? Comment ces paroles de Pierre me rejoignent et me bousculent?

Sieger KöderJudas sort dans la nuit

Prier autour des tables de la Parole et de l’Eucharistie

Je me dispose à la prière, en faisant silence. Sans la forcer, je suis attentif à ma respiration. Je me présente au Seigneur. « Me voici ». Je demande la grâce d’être assidu à sa Parole et à l’Eucharistie.

         Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Dans la cathédrale de St Malo, l’autel a été réalisé sur des dessins d’Arcabas, auxquels son fils Etienne a donné une forme sculptée. La table de l’autel est soutenue par les quatre symboles des quatre évangélistes. Une même production artistique représente la solidarité des deux tables de la Parole et de l’Eucharistie.

Les célébrations de la Semaine Sainte donnent une large place à la Parole. Les récits de la Passion, le dimanche des Rameaux, et le vendredi saint ; les nombreuses lectures de la vigile pascale…

C’est dans la tradition des Écritures que nous contemplons le Christ mort et ressuscité. Nous nous appuyons sur les récits évangéliques pour méditer les événements successifs, que la liturgie nous donne de revivre.

Je m’arrête un instant sur la place de la Parole dans ma vie chrétienne, dans ma vie spirituelle.

Les quatre évangélistes sont représentés, selon la tradition de l’Église, par le tétramorphe.

Matthieu est représenté par un homme ailé ; Marc est représenté par un lion ;

Luc est représenté par un taureau ; Jean est représenté par un aigle.

Je considère le don de quatre évangiles, des quatre évangélistes, témoignant de la même aventure spirituelle, de la même découverte du Christ, avec la spécificité de leur regard, l’enracinement dans leur communauté. Je considère cette délicatesse du Seigneur, nous proposant des voies complémentaires pour se mettre à Son écoute.

Que puis-je dire de ma relation aux divers évangélistes ? Suis plus à l’aise avec l’un, avec l’autre… ?

Les quatre évangélistes sont disposés aux « quatre coins » de l’autel, vers les quatre points cardinaux…La Parole destinée à être proclamée à toutes les nations.

J’examine la dimension universelle de l’Église.

Je prends maintenant le temps d’un cœur à cœur avec le Seigneur. Je rends grâce pour la force que me donne sa Parole. Je rends grâce pour Sa vie donnée à la croix,

et pour son invitation à partager son corps. « Heureux les invités au repas des noces de l’agneau ». Je peux lui confier tous ceux qui n’ont pas encore découvert Sa Parole et les sacrements.

Je termine en disant « Notre Père… »

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.