Se laisser éclairer ou bousculer

Commençons par disposer notre esprit et notre coeur en priant avec ce chant.

Nous vous proposons aujourd’hui d’accueillir le texte, extrait d’un entretien, d’un théologien et philosophe tchèque, le Père Tomáš Halík et de nous laisser nourrir et interpeller.

Quel rôle le doute peut-il jouer ?

« Le doute et la foi sont comme des frères et sœurs. Ils ont besoin l’un de l’autre. Ils doivent se corriger mutuellement. La foi sans doute peut mener au fanatisme, mais le doute qui occulte ses propres doutes peut lui aussi déboucher sur le cynisme et l’amertume. Les deux derniers papes, Jean-Paul II et Benoît XVI, ont souligné en ce sens que la foi et la raison vont de pair.

La raison est un partenaire très important pour la foi. Mais Blaise Pascal, puis Emmanuel Kant, ont déjà dit que la tâche la plus importante de la raison était de prendre au sérieux ses propres limites. En fin de compte, la foi est comme un feu et la raison comme la cheminée. Une foi sans raison peut devenir dangereuse. »

Je réfléchis en moi-même et m’interroge: est-ce que la raison est un obstacle à ma foi? Pourrait-elle me mener à douter? Je demande l’aide l’Esprit et peux rechercher dans ma mémoire les personnes pleines de doute que le Christ a rencontrées. Je peux penser à Nicodème par exemple…

Du tombeau vide au Matin de Pâques

Mais qui est Dieu exactement, s’il est en fin de compte un mystère ?

« Maître Eckhart avait déjà souligné que Dieu ne se trouve pas dans ce monde. Il n’appartient pas au monde des choses et des objets. Nous devons nous libérer de notre obsession pour les choses de ce monde. Celui qui est libre intérieurement est également ouvert au mystère de Dieu et peut le rencontrer. Ce n’est que dans un tel contexte de silence que nous pouvons véritablement accueillir la révélation de Dieu.

L’essentiel n’est pas de savoir si nous croyons en lui, mais si nous l’aimons. Ce n’est qu’au plus profond de l’expérience de l’amour que nous pouvons redécouvrir le sens du mot « Dieu ». Le problème, c’est que de nombreux croyants, mais aussi de nombreux athées, pensent en savoir beaucoup sur Dieu et qu’il est facile de parler de lui. »

Comment faire silence en moi et laisser Dieu se révéler en moi ? Que signifie pour moi: « aimer Dieu » ?Je demande au Seigneur la grâce de savoir méditer sa Parole, dans la prière, de me laisser enseigner et éclairer par elle.

Bénédicte Paillusseau

Je peux maintenant rendre grâce pour ce rendez-vous avec le Seigneur qui éclaire ma journée.

Deux livres de T. Halik, pour aller plus loin, sont traduits en français:

  • Tomáš Halík, Donner du temps à l’éternité. La patience envers Dieu Paris, Cerf, 2014, 272 p. Dans ces pages, déjà traduites en de nombreuses langues et couronnées du prix du meilleur livre théologique européen, Tomáš Halík, grande figure intellectuelle tchèque et professeur à l’Université Charles de Prague, livre une importante méditation sur la foi et l’absence ou le silence de Dieu. Partant de ses réflexions autour de l’appel de Zachée, de ses recherches et de son expérience personnelle, crises de la foi comprises, il nous invite à « apprendre à vivre avec le mystère », à exercer « notre patience envers Dieu » (p. 11). […] Stimulante réflexion sur la quête de sens qui entraine le lecteur à travers autant d’épisodes de l’histoire de la pensée, éloge du temps, de la patience et de la persévérance,
  • L’après-midi du christianisme Ed Cerf 2025 (Allez au large et jetez vos filets) Tomáš Halik, reprend cet appel et nous embarque dans une passionnante réflexion. Il bouscule notre manière de recevoir et surtout de partager la Bonne Nouvelle de Jésus.

Contempler l’appel de Matthieu

En ce début d’année, en cette rentrée, nous sommes peut-être sollicités par des appels à nous engager dans telle ou telle mission, nous pouvons, dans les associations dont nous faisons partie, composer nos programmes d’activités.

Appelés, peut-être, à faire du neuf, nous contemplons la vocation de Matthieu, à partir du texte de l’évangile (Mt, 9, 9-13) et du tableau du Caravage à St Louis des Français, une œuvre de 1599.

Je prends un temps de prière, je me rends disponible pour méditer sur cette année qui s’ouvre, et y repérer les appels. Je demande la grâce de m’ouvrir à la nouveauté.

         Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

         Je lis calmement le texte de Matthieu, ce récit très ramassé, le plus court, le plus rapide des textes de vocation des évangiles.

Je contemple Jésus qui sort pour venir vers nous, Jésus qui passe au milieu de nous, qui porte son regard sur un homme particulier, Matthieu, et l’invite à le suivre. Et je regarde la rapidité de la réponse de Matthieu. « Suis-moi. » / « Il le suivit ». Le collecteur d’impôts, assis, se lève pour se faire disciple.

         Je regarde maintenant le tableau du Caravage.

J’observe la composition. Un rayon lumineux dont la source est invisible éclaire l’espace sombre. La fenêtre et son volet suggère que la table du collecteur d’impôts se trouve à l’extérieur.

Sur la droite, deux personnages, debout, Jésus et Pierre (qui n’est pas mentionné dans l’évangile) ; sur la gauche, autour d’une table, quatre personnages assis, et un cinquième debout.

Entre les deux groupes, un espace sombre, qui semble une frontière. Le Christ et St Pierre sont vêtus à l’antique, tandis que les personnages réunis autour de la table portent des habits de la Renaissance. Ainsi, Jésus, vêtu comme lorsqu’il partageait la vie des premiers disciples, vient-il visiter l’époque de la Renaissance, et, par là tous les temps, notre temps.

Je considère maintenant la main du Christ qui se tourne vers Matthieu. Cette main est quasiment « une citation » de la main de Dieu créant Adam, sur la voûte de la Chapelle Sixtine peinte par Michel Ange au début du XVIème siècle.

Par cette référence à la Création, Le Caravage suggère qu’une vocation peut ouvrir, pour la personne appelée, une nouvelle création, un nouveau départ, une nouvelle fécondité…Mais, chez Le Caravage, la main n’est plus celle du Père, mais celle du Fils, qui nous invite à le suivre jusqu’à la croix, suggérée par les montants de la fenêtre au-dessus de la main du Christ.

Je m’arrête maintenant sur les personnages réunis autour de la table. Les spécialistes discutent beaucoup pour savoir qui, parmi eux, est Matthieu. On peut aussi suggérer que quatre d’entre eux peuvent représenter Matthieu, à plusieurs moments de son cheminement face à l’appel. Le personnage, en bas à gauche, est peut-être Matthieu, dans ses œuvres de publicain : courbé sur la table, les mains presque difformes enserrant les pièces d’or de la collecte. Un personnage fermé sur lui-même attentif aux seuls bien matériels, produit, de surcroît, de l’exploitation du peuple, de collaboration avec l’occupant, non exempt de corruption.

Le personnage assis, barbu, face à nous, représente Matthieu qui prend conscience de l’appel, se demandant si c’est bien lui qui est concerné…Il est pris dans la lumière et tourne son regard vers Celui qui appelle. L’appel, déjà, redresse et fait entrer en relation. Le jeune homme, à ses côtés, à gauche peut être une vision idéalisée du jeune Matthieu, non encore corrompu par l’appât du gain. L’appel, comme une opportunité pour redonner à son existence une forme de pureté, une nouvelle jeunesse. Enfin, le personnage de dos représente Matthieu qui commence à se lever, selon le terme de l’évangile (se lever, le même verbe utilisé dans les évangiles pour dire ressusciter). Au Matthieu publicain, sur la droite, assis, immobile, retenu près des pièces d’or, succède ici Matthieu qui se met en mouvement, qui s’apprête à se lever pour suivre le Christ.

Reste un personnage…Celui qui se tient debout, à droite de l’homme barbu, qui semble murmurer à l’oreille du Matthieu publicain assis à gauche, devant. Les spécialistes comparent cette figure à des tableaux décrivant la façon dont le diable peut murmurer à nos oreilles, comme par exemple la peinture de Lucas Signorelli dans la cathédrale d’Orvietto, dans l’Ombrie.

Ils voient donc, dans la toile du Caravage, une suggestion du diable, du « mauvais conseiller » qui tente d’éloigner de la vocation.

Nous pouvons aussi méditer sur la présence de Pierre, que Le Caravage représente, sans qu’il ne soit mentionné dans l’évangile. Pierre qui a suivi le Christ, non sans difficultés, qui a même trahi. Pour Matthieu qui est appelé, voir Pierre présent rappelle que le Christ ne fait pas appel à des hommes parfaits.

Je relis l’évangile, avant d’entrer en conversation avec le Seigneur. Je peux rendre grâce pour les appels entendus qui m’ont donné vie. Je peux demander pardon des appels refusés. Je peux présenter, aussi, un appel qui m’est fait, aujourd’hui, pour demander à l’Esprit le discernement.

Je termine en disant cette prière de Saint Ignace.

« Prends Seigneur, et reçois
toute ma liberté, 
ma mémoire, mon intelligence
et toute ma volonté.
Tout ce que j’ai et tout ce que je possède.
C’est toi qui m’as tout donné, à toi, Seigneur, je le rends.
Tout est à toi, disposes-en selon ton entière volonté.
Donne-moi seulement de t’aimer 
et donne-moi ta grâce, elle seule me suffit. »

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Dans mes rencontres repérer un élan

En ces jours de rentrée et de reprise du quotidien, je prends le temps de me poser avec le Seigneur pour regarder ces mois d’été qui viennent de se terminer.

J’arrête tout pour quelques instants, je m’installe calmement et ralentis ma respiration. Je ferme les yeux et me confie au Seigneur. Je lui demande la grâce de m’aider à repérer sa présence, les dons que j’ai reçus et aussi les appels à faire d’autres pas.

Chagall Mambré

Une rencontre, c’est donner l’hospitalité dans son coeur par ma capacité à écouter l’autre.Je peux réfléchir à cette hospitalité à l’aide du texte de Dietrich Bonhoeffer:

Dietrich Bonhoeffer, pasteur allemand assassiné par les Nazis 1945

Je contemple les rencontres que j’ai pu faire pendant le temps ralenti des vacances. J’écoute la manière dont elles m’ont affecté.e. Est-ce que je peux entendre là quelque chose de l’Evangile? Comment y ai-je été présent.e ?Je reste dans la contemplation de ces instants, et je remercie le Seigneur pour les anges qu’il m’a envoyés.Je rends grâces pour tout ce qui m’a apporté lumière, joie, vie. Ces cadeaux reçus de lui.

De nouveau en me tournant vers ces rencontres, je laisse émerger les moments où j’ai peut-être mal réagi, où je n’étais pas disponible à l’écoute et où j’ai un peu fermé la porte. où j’ai été dominé par une émotion négative, où j’ai blessé quelqu’un. Je confie cette difficulté au Seigneur. Je dépose ce moment devant son regard aimant, et lui demande de m’aider à y voir clair. En quoi est-ce que cette situation était une occasion manquée de faire grandir l’amour ? Selon ce que je ressens, je demande au Seigneur sa guérison, ou son pardon.A quel élan suis-je appelé.e ?

Georges Rouault

Je peux me tourner vers cette « année » qui commence, les rencontres et les événements que je vais vivre et la remettre entre ses mains, Lui demander de m’éclairer sur le chemin à prendre et les pas à faire pour mieux le suivre et être son disciple dans mon quotidien et dans ce monde .

Arcabas

Je rends grâce au Seigneur pour ce temps de rencontre avec Lui et je termine en disant : Notre Père …

Prier avec le Magnificat

Je me mets en présence de Dieu et lui demande que ce temps de prière soit pour lui, ordonné à sa plus grande gloire.

Magnificat, voici un mot latin qui signifie «  exalte » « magnifie ». Je demande au Seigneur de pouvoir le louer à mon tour.

Je commence par écouter la musique qu’a  inspirée ce mot, avec  un extrait du Magnificat, écrit en 1990 par John Rutter, un compositeur britannique contemporain.

Je me laisse porter par la musique. J’entends de la joie qui éclate et se propage…une joie  profonde, intérieure. Cela me porte-t-il à la prière ?

Je me remémore ensuite le contexte de cette prière : Marie chante ce cantique lors de sa rencontre avec Elisabeth ; toutes deux se réjouissent des enfants qu’elles portent ; toutes deux se réjouissent de l’action de Dieu envers elles.

Magnificat de Maurice Denis (1909)

Marie commence par louer le Seigneur pour les merveilles qu’Il a accomplies pour elle. Et moi ? Que puis-je dire de l’action de Dieu à mon égard ? De quelles merveilles puis-je rendre grâce ? Je mets des mots sur cette source de joie et en remercie le Seigneur. Je laisse venir un refrain ou un chant et l’entonne.

Le chant de Marie s’élargit aux dimensions du monde et devient louange  du Seigneur pour ce qu’Il fait et est.  Pour  elle, Il est le Dieu fidèle ; Il est amour, attentif aux petits, au peuple qui le sert. Et pour moi, qui est-Il ? Comment se manifeste-t-il ? Où vois-je sa présence dans notre monde actuel ? Quels qualificatifs, je pourrais lui attribuer à mon tour ?

Je mets des mots et m’adresse au Seigneur. A nouveau je prends un refrain ou un chant qui me vient.

Je termine ma prière avec « Je vous salue Marie ».

Prier avec quelques céramiques

Dans le bel espace du couvent des Cordeliers de Châteauroux, est proposée jusqu’à fin septembre une exposition d’artistes femmes céramistes, « Donner corps » …

Nous vous proposons d’en contempler quelques œuvres.

Me disposant à prier devant des œuvres de terre modelée, je peux faire mémoire du verset de la Genèse, décrivant la création d’Adam : « Dieu modela l’homme avec la glaise du sol, il insuffla dans ses narines une haleine de vie et l’homme devint un être vivant. » (Gn, 2,7).

J’accueille mon souffle, don de vie, don du Créateur. Je prends le temps de percevoir ma respiration.

Et je demande la grâce de l’écoute de la Parole, qui entretient mon souffle vital, qui fait de moi un être vivant.

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Nous nous arrêtons devant cette œuvre de Jacqueline et Jean Lerat, deux potiers de La Borne, dans le Cher. J’observe cette terre modelée, j’en parcours les aspérités, les irrégularités. Il y a à la fois, de la rugosité et de la douceur…J’observe aussi les rendus divers des teintes prises par la terre lors de la cuisson. La terre, le feu, et le travail de l’homme…

Puis j’aperçois, sur le haut de cette forme, une sorte d’entaille qui suggère l’intérieur, un intérieur peu visible, difficilement accessible…Je considère, chez moi-même, chez les personnes que je côtoie, ce qui est donné à voir, ce qui peut rester cacher…Derrière l’apparence peuvent se cacher bien des richesses.

Dieu, guidant Samuel dans sa quête d’un successeur à David, dit : « les vues de Dieu ne sont pas comme les vues de l’homme, car l’homme regarde à l’apparence, mais Yahvé regarde au cœur. » (1S, 16, 7). J’examine cette invitation du Seigneur à dépasser les apparences.

Voici maintenant une œuvre d’Anne-France Baderos. Trois personnages dos à dos, qui semblent incapables de communiquer. Des personnages en voie de création : si leur torse et leurs jambes donnent lieu à un fini bien lisse, les dos semblent encore à peine émargés du matériau brut…Les trois personnages enserrent un objet invisible, comme une charge qu’ils ne peuvent pas encore appréhender, ou comme une attente qui ne se réalise pas encore.

Ces trois figures expriment une forme de vulnérabilité, isolés dans une absence de communication et dans des désirs non réalisés, peut-être inaccessibles. La Bible donne écho à des quêtes inabouties, parfois vaines. « Vanité des vanités, dit Qohélet, vanité des vanités, tout est vanité. » (Qo, 1,1).

Je considère ce qui, dans ma vie, peut-être quête vaine, recherche de biens trompeurs et j’entends l’appel du Seigneur : « amassez-vous des trésors dans le ciel : là point de mite, ni de ver qui consument (…) Car où est ton trésor, là sera aussi ton cœur. » (Mt, 6,20).

Observons maintenant ce personnage marchant sur des cartes jaunes de Zuzana Jaczova, artiste slovaque. La vie humaine est à la recherche d’équilibre.

L’iconographie médiévale a ainsi donné une large place à la représentation d’acrobates. Pour avancer, tenir dans la vie, chacun a « des cartes en main » …

Je peux prendre du temps pour m’interroger : quelles cartes ai-je en main pour construire ma vie, comment puis-je trouver mon équilibre vital ? Sur ce chemin, le Seigneur me guide, tout en faisant appel à ma liberté : « je te propose la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie pour que toi et ta postérité vous. Viviez. (Dt, 30,19). Et moi, qu’est-ce que je décide de choisir ?
 

Terminons par cette œuvre de Yoon-Yoon, cocons. Un biscuit de porcelaine très lisse, très pur. Des formes parfaites et immaculées. Une rotondité apaisante.

Des cocons qui offrent la sécurité, qui protègent la vie. Des cocons, lieu de fécondité comme l’évoque les extrémités des céramiques, suggérant un sein nourricier. Je me confie au Seigneur, au Créateur, maître de la vie. « Moi, je suis venu pour qu’on ait la vie et qu’on l’ait en abondance. » (Jn, 10,10)

Je me tourne maintenant vers le Seigneur, comme vers un ami. Je rends grâce pour Son souffle qui continue de me modeler. Je peux aussi lui confier mes propres vulnérabilités, prier pour tous ceux qui connaissent aussi des fragilités.

                 Jésus nous a révélé que le Dieu qui nous a créé est Père, à qui nous disons « Notre Père… »

                 Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit…

Fête de Ste Maria GORETTI

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 11, 25-30

En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance. Tout m’a été remis par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler.

La liturgie de ce dimanche 5 juillet nous donne ce texte qu’on nomme souvent « l’hymne jubilatoire » dans lequel Jésus  loue le Père d’avoir éclairé les tout-petits car la vraie grandeur se loge dans l’humilité.

Père, je te bénis
Aux sages et aux savants |
Tu caches ton mystère,
Mais au cœur de l'enfant /
Tu dis que tu es Père.
Père, je te bénis,
Pour ton immense amour.

Aujourd’hui, lundi 6 juillet,  la liturgie fête Ste Maria GORETTI, cette jeune fille née dans petit village italien des Marches le 16 octobre 1890. Vie simple, beau témoignage qui illustre bien cette page d’évangile.

Amabilité, générosité et pureté de cœur  étaient les traits caractéristiques de la personnalité de Maria toujours dévouée aux travaux domestiques et au soin de ses frères plus jeunes, tandis que les parents s’adonnaient sans arrêt aux travaux pénibles des champs. La foi, l’assiduité dans la prière, ne firent jamais défaut chez la petite jeune fille. Après le décès de son papa  elle sentit le devoir  de réconforter la maman restée seule à s’occuper de toute la famille.
 

Père, je te bénis
Aux sages et aux savants |
Tu caches ton mystère,
Mais au cœur de l'enfant /
Tu dis que tu es Père.
Père, je te bénis,

Pour ton immense amour.

Quoiqu’illettrée, en 1902,  à onze ans à peine, elle demanda  et obtint de faire sa première communion  Et déjà  dans son cœur murissait le désir de se donner totalement au Christ, son Seigneur.

Père, je te bénis
Aux sages et aux savants |
Tu caches ton mystère,
Mais au cœur de l'enfant /
Tu dis que tu es Père.
Père, je te bénis,
Pour ton immense amour.

Les paroles de ce cantique sont tirées du texte de l’évangile de Matthieu chapitre 19. En vérité je vous le dis si vous ne vous convertissez Et ne devenez comme les enfants comme les petits enfants. Vous n’entrerez pas dans le royaume dans le royaume des cieux Ref : Laissez venir à moi tous les petits enfants N’empêchez pas celui qui vient à moi Laissez venir à moi tous les petits enfants N’empêchez pas celui qui vient à moi Couplet 2 En vérité je vous le dis celui qui ne me recevra pas Comme un enfant le royaume de Dieu comme les petits enfants Il n’entrera pas car le royaume est pour ceux qui leur ressemblent » Camp MIssion Timothée





Mais un voisin, ami de la famille, Alessandro Serenelli, 18 ans, qu’elle considérait jusque là comme un frère essaya à plusieurs reprises de  tenter  et d’agresser Maria . A chaque fois, elle le repoussait. Un jour après de multiples avances, le jeune homme, alors aveuglé par la colère, la frappa à plusieurs reprises Frappée de quatorze coups de couteau, elle meurt le lendemain, après avoir pardonné à son agresseur. Ce dernier se convertira en prison, avant de finir ses jours comme frère tertiaire franciscain, jardinier dans un monastère.

Sainte Maria Goretti, dont l’Église fait mémoire ce 6 juillet, demeure l’un des exemples les plus lumineux du XXe siècle de la vertu vécue jusqu’au martyre
 

CADEAU POUR UN TEMPS RALENTI

En ces journées au temps ralenti, remplies de fatigue, nous vous offrons quelques petits cadeaux pour nourrir notre méditation et notre prière Des oeuvres d’art pour nous faire entrer dans le temps ralenti de la contemplation et un beau texte pour contempler le Christ à nos côtés, plein d’attention et qui nous appelle chacun par notre nom.

Van Gogh – La méridienne
Le Christ fatigué et la Samaritaine

Jésus est fatigué ! Mais disponible à la rencontre et il apporte l’eau vive qui fait renaître à la vraie vie.

J’ai tellement désiré manger cette Pâque avec vous avant de souffrir.
Luc 22, 15

Lui qui n’a cessé
d’aller et venir

lui qui a tellement
marché

dans les hauts et les bas
de leur désir

il s’assied
maintenant avec eux

pour rompre
le pain du présent

Il prend l’amitié
entre ses mains

il dit que c’est là
le plus humain

le souci qu’on a
les uns des autres
que personne
ne soit laissé dehors

qu’autour de la table
chacun ait

sa place
et sa parole

Il dit que la vie c’est
comme la manne

il faut
s’agenouiller

pour la ramasser
chaque matin

puis la pétrir
longuement

pour en faire
des galettes de bonté

que l’on partagera
avec ceux

qui sont sur le bord
du chemin
Paul Serusier – les porteuses d’eau ou la fatigue
Il sait qu’on n’a pas
toujours envie d’avancer

qu’on aimerait mieux
flâner ou se reposer

qu’il y a
certains jours

dans les pieds
trop de douleur


et trop d’épines
dans le cœur

Il connaît
la vieille fatigue

de ne pas être compris
de parler dans la nuit

une langue trop claire
pour les nantis
Mais il se souvient
du jour

où il était assis
au bord du puits

il était midi
et la femme

qui s’approchait
de lui

ne savait
pas encore

qu’elle vivait
la fin de sa nuit

Il les regarde
un à un

ces visages
qu’il a tant aimés
il les connaît
par leur nom

et même
leur petit nom

Ce ne sont
pas eux

qui l’ont choisi
mais lui

et il continue
de les choisir

parce que l’amour
n’a jamais fini

d’élire l’aimé
et de l’envoyer

à son tour essaimer
aimer plus loin

Francine Carrillo
Le Plus-que-vivant, Labor et Fides

Contempler la Création, pour contempler Dieu Créateur

A la lisière de l’été, nous prenons le temps de nous laisser toucher par la splendeur de la nature. Pour ce faire, nous contemplons des tapisseries de Dom Robert, moine bénédictin de l’abbaye d’En Calcat.

Un musée lui est consacré, à proximité de l’abbaye, à Sorrèze. Nous pouvons ainsi rendre grâce pour l’œuvre créatrice du Seigneur et la puissance créatrice des artistes, pour « les fruits de la terre et le travail de l’homme ».

Je me dispose à la prière, en choisissant de prendre du temps. Il nous arrive trop souvent de traverser notre environnement rapidement, avec indifférence, sans prendre le temps de regarder. Je veux faire halte, ouvrir tout mon être à la beauté, et ainsi rejoindre le Seigneur. Je demande la grâce de la disponibilité.

         Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

J’entre dans ces deux tapisseries, en « circulant » dans la profusion de la flore et de la faune. Des fleurs que je peux nommer, peut-être : coquelicots, ombellifères, nénuphar…D’autres qui me sont inconnues, mais qui disent la richesse de la création. La faune est aussi présente dans sa diversité : oiseaux, poissons, papillons, un chat…Je prends le temps de repérer les multiples détails, me laissant porter par la curiosité et l’émerveillement.
 

Dom Robert a aussi représenté quelques scènes bibliques. Nous nous arrêtons sur la Création. Je m’arrête sur le fond lumineux de la tapisserie, évoquant la lumière originelle…Je m’arrête sur la nature peuplée de toutes les plantes et les animaux, « créés selon leur espèce » …Je rends grâce pour la beauté du monde. « Et Dieu vit que cela était bon ».

Au centre de la Création, dans un cercle vert, évoquant l’Espérance, la création de l’homme à qui cette création est confiée. « Dieu prit l’homme et l’établit dans le jardin d’Eden pour le cultiver et le garder. » (Gn, 2, 15). Mais, dès l’origine, le serpent tentateur est présent…Tentation de « profiter », d’exploiter les dons dispensés plutôt que de les préserver. Je médite sur ma responsabilité vis-à-vis de la création.

Je m’arrête sur la représentation de la création de l’homme, tiré de la terre, comme le suggère les tons d’ocre…Adam, qui, dès l’origine, appartient à la terre dont il est tiré et au ciel, par le souffle divin qui l’anime.

L’artiste le représente ainsi une main tournée vers les cieux, une main tournée vers le sol.

Je considère maintenant la figure du Dieu Père et Créateur, représenté avec une certaine malice…Dieu est ici chez lui, représenté avec des pantoufles ! C’est chez lui, dans son intimité qu’il accueille l’homme. Il est aussi représenté comme un humble artisan, portant un tablier…

le même que revêtira le Christ lors du lavement des pieds…Je vois le regard attentif et chaleureux que le Père porte sur Adam qui vient au monde…J’examine ma relation au Seigneur.

La nature contribue donc à la révélation de Dieu. Notre monde peut l’oublier, ne voyant dans la planète et le monde vivant qu’un objet d’admiration, au mieux, des ressources à exploiter, au pire. Je relis une mise en garde du Livre de la Sagesse et médite ce texte, pour aujourd’hui

Je prends maintenant le temps d’une conversation avec le Seigneur, « comme un ami parle à un ami », au creux de cette intimité présente dès la création d’Adam…Ma prière peut se faire action de grâces pour les dons dispensés, pour la bonté de Dieu au sein de l’acte créateur originel. Ma prière peut aussi se faire demande de pardon pour les blessures graves infligées aujourd’hui par l’humanité à notre maison commune.

         Et je termine en m’adressant au Dieu Créateur, qui est Père : « Notre Père… »

         Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Relire sa vie avec Saint Carlo Acutis

Entre la fête de l’Ascension où Jésus nous dit : « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » (Mt 28,20) et la Pentecôte : « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie (…) Recevez l’Esprit Saint » (Jn 20), prenons un temps de méditation avec saint Carlo Acutis, dont la vie exemplaire a été reconnue par l’Église : déclaré Vénérable en 2018, béatifié en 2020, il a été finalement proclamé saint le 7 septembre 2025.

Né le 3 mai 1991 à Londres dans une famille catholique italienne, Carlo Acutis a grandi à Milan dans un environnement chrétien. Dès son enfance, il a manifesté une foi sincère, cherchant à suivre l’Évangile au quotidien. Passionné d’informatique, il a créé un site internet sur les miracles eucharistiques pour encourager la foi chez les jeunes.

Il a laissé derrière lui des réflexions profondes sur la foi, les sacrements, l’Évangile et la mission chrétienne.

Je me prépare à une rencontre avec le Seigneur… Il m’attend…

Sûre(e) de son Amour, je me présente à Lui, tel(le) que je suis, avec mes forces et mes faiblesses, mes désirs et mes regrets, humblement et en vérité

Je lui demande la grâce dont mon cœur a besoin…  « Être toujours uni à Jésus, tel est le but de ma vie », disait Carlo…

Carlo considérait les sacrements comme des moyens précieux de rencontre avec Dieu, des moments fondamentaux pour nourrir sa foi. Il soulignait l’importance de l’Eucharistie, qu’il considérait comme le cœur de la vie chrétienne.

« L’Eucharistie, c’est mon autoroute pour aller au ciel » 

« Demander pardon et se réconcilier avec Dieu, c’est comme rallumer le feu de sa montgolfière et jeter les pierres qui alourdissent sa nacelle »

Est-ce que je participe régulièrement aux sacrements de l’eucharistie ? de réconciliation ?

Sont-ils un soutien pour ma foi, une force dans les moments difficiles ?

Comment j’accueille la grâce de ces sacrements pour nourrir ma relation personnelle avec Dieu ?

Les sept sacrements Rogier van der Weyden

Carlo voyait l’Évangile comme la Parole vivante de Jésus, une lumière pour guider la vie quotidienne. Il aimait lire et méditer l’Evangile, qu’il considérait comme une source d’inspiration et de force. Il encourageait ses pairs à le vivre concrètement, en suivant l’exemple du Christ dans leur vie quotidienne, notamment par l’amour, la compassion et le service aux autres.

« Quand on est en communion avec Dieu, on est en communion avec un amour qui est contagieux. Comme on est aimé par Lui, on peut ainsi aimer le monde »

Est-ce que ma prière s’appuie sur l’Evangile ? Souvent ? De temps en temps ?

En quoi l’Évangile peut-il devenir une lumière pour ma foi, dans ma vie quotidienne ?

Est-ce que je mets en pratique les enseignements du Christ dans mes relations et dans mes choix quotidiens ?

Karolingischer_Buchmaler_um 820 Evangiles d’Aix la Chapelle

Carlo croyait que chaque chrétien a une mission dans le monde : témoigner de l’amour de Dieu par des actes concrets. Il insistait sur l’importance de la charité, de la solidarité et de l’évangélisation. Sa vie témoigne de cette mission : il voulait faire connaître Jésus à travers ses actions et ses paroles, en étant un modèle de foi vivante.

Il considérait aussi que la technologie pouvait être un outil pour transmettre le message chrétien de manière moderne et accessible.

Quelle est ma manière concrète de vivre ma foi dans mon environnement (famille, travail, communauté…) ?

Ai-je conscience de la mission que Dieu me confie dans mon quotidien ?

Quelles actions concrètes puis-je entreprendre pour rendre témoignage de ma foi ?

Ai-je déjà ressenti une envie de m’engager au service des autres ou dans une œuvre ?

Comment puis-je faire de ma vie une mission d’amour, d’accueil et de partage ?

le Christ envoie ses onze apôtres en mission Livre des Péricopes d’Henri II vers 1010 Meister_der_Reichenauer_Schule

Après ce temps de relecture, je m’adresse au Seigneur, comme un ami à son ami. Je lui exprime ce que j’ai mieux compris, mes découvertes, ma joie, ou une demande, un merci ou un désir, qui seront nés de ma prière, un appel à l’aide …

Je conclus avec une prière d’Eglise : Notre Père…

En marche vers l’Ascension

Nous nous préparons à vivre la célébration de l’Ascension.  Luc nous propose deux récits de l’Ascension. Un récit plus développé se situe au début des Actes des Apôtres : St Luc situe l’Ascension, après quarante jours où le Christ est apparu plusieurs fois…C’est ce texte que nous entendons dans la première lecture.

Un récit plus bref termine l’évangile de Luc, qui « condense » en une seule journée les femmes au tombeau, les disciples d’Emmaüs, puis l’apparition aux apôtres. Cette page d’évangile a inspiré le maître verrier Lescuyer dans une verrière de l’église St Bonnet à Bourges. On y voit, en bas, le tombeau vide au milieu des gardes,

puis dans le registre médian, le Christ ressuscité entre les femmes arrivant au tombeau, portant les aromates (à droite) et les disciples d’Emmaüs (à gauche). L’ascension occupe le haut du vitrail où nous n’apercevons plus que les pieds du Christ, alors que ses disciples fixent le ciel…Belle évocation du temps pascal, qui unit résurrection et ascension, dans l’attente du don de l’Esprit.

Je me dispose à la prière en me mettant à l’écart. Je fais silence en moi. En me rendant attentif à ma respiration, je cherche la paix intérieure. Tout en restant à l’écoute du Seigneur, je demande la grâce de ne pas rester là à regarder le ciel. Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

         Je lis lentement les deux récits de l’Ascension.

« Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. »

Comme les disciples, je m’affronte à des questions difficiles. Et je me mets à l’écoute de la réponse du Christ. Je dois consentir à ne pas tout savoir, à ne pas pouvoir tout anticiper. Je demande au Seigneur la patience dans la confiance.

« Vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre. »

J’écoute le Christ demander à ses disciples d’être témoin au-delà de leur seul environnement habituel. A quels déplacements cela m’invite-t-il ? Je considère aussi ce que veut dire, pour moi, être témoin.

« Pourquoi restez-vous là à regarder le ciel ? » 

Je partage le saisissement des disciples…Je me confronte à l’absence physique de Jésus…Et j’entends l’injonction des anges. L’ascension de Jésus me pousse à l’action dans le monde, à l’annonce de Sa parole et à l’engagement pour le prochain. Depuis l’ascension, c’est à chaque croyant qu’il appartient de rendre Jésus présent au monde. Je médite cela.

Je relis les deux textes puis prends le temps d’une conversation avec le Seigneur. La prière est ce moment où le Christ monté auprès du Père se fait présent à mon intériorité. Je lui rends grâce pour cette présence autre et lui confie mes intentions.

Je termine en disant cette prière du Cardinal Godfried Danneels

Seigneur Jésus,
quand Tu es monté au ciel,
les anges disaient aux Onze :
’’Ne restez pas là à regarder vers le ciel !’’.
Mais quinze jours auparavant,
Près du tombeau, ces mêmes anges
n’avaient-ils pas dit aux femmes :
’’Ne regardez pas vers le bas !
Il n’est pas ici.
Il est ressuscité’’ ?
Les anges seraient-ils capricieux
qu’ils changent aussi vite d’idée ?
Que faire Seigneur Jésus :
regarder en bas vers la terre,
ou en haut, vers le ciel ?

Vers les deux, nous dis-Tu :
’’Je suis au ciel,
regardez donc en haut, vers moi, et priez.
Mais je suis aussi sur terre
dans tous les pauvres, les petits,
les malades et les pécheurs.
Il vous reste tant à faire en bas,
pour eux
et pour moi.
Provisoirement du moins’’.

Seigneur Jésus,
fais nous regarder vers le ciel,
sans oublier la terre,
et inversement.
Car tout ce que nous faisons sur terre
à ceux qui sont tiens
c’est à toi que nous le faisons.

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit