Le centurion

Codex d’Egbert, 980

Je me prépare à accueillir l’évangile du jour. Je choisis un lieu propice à la prière, je peux allumer une bougie, signe de la lumière en ces jours de début d’hiver. Lumière du Seigneur, qui vient éclairer les ténèbres. Je me dispose à l’écoute de la Parole, en faisant taire en moi les autres préoccupations. Je peux chercher à me détendre, en nommant chacun de mes membres et en les parcourant mentalement, en me mettant à l’écoute des battements de mon cœur.

         Je demande la grâce de la confiance dans le Seigneur.

Je lis lentement le texte. J’imagine le bourg de Capharnaüm, et son agitation. Les gens qui vont et viennent dans la rue, le bruit des conversations, puis je m’arrête sur les deux protagonistes, Jésus et le centurion. Dans le mouvement environnant, ils se donnent tout entier à un échange. Et moi, comment, dans l’agitation de ma vie quotidienne, suis-je capable de m’approcher avec Jésus, pour lui parler ?

Matthieu 8, 5 – 11

En ce temps-là, comme Jésus était entré à Capharnaüm, un centurion s’approcha de lui et le supplia : « Seigneur, mon serviteur est couché, à la maison, paralysé, et il souffre terriblement. » Jésus lui dit : « Je vais aller moi-même le guérir. » Le centurion reprit : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri. Moi-même qui suis soumis à une autorité, j’ai des soldats sous mes ordres ; à l’un, je dis : “Va”, et il va ; à un autre : “Viens”, et il vient, et à mon esclave : “Fais ceci”, et il le fait. » À ces mots, Jésus fut dans l’admiration et dit à ceux qui le suivaient : « Amen, je vous le déclare, chez personne en Israël, je n’ai trouvé une telle foi.
Aussi je vous le dis : Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du royaume des Cieux. »

Je termine ma méditation de l’évangile proposé à l’église universelle en disant la prière que le Christ nous a laissée : « Notre Père… »

Psaume 99

Acclamez le Seigneur, terre entière,
servez le Seigneur dans l'allégresse, 
venez à lui avec des chants de joie !

Reconnaissez que le Seigneur est Dieu : 
il nous a faits, et nous sommes à lui, 
nous, son peuple, son troupeau.
Venez dans sa maison lui rendre grâce, 
dans sa demeure chanter ses louanges ; 
rendez-lui grâce et bénissez son nom !

Oui, le Seigneur est bon, 
éternel est son amour, 
sa fidélité demeure d'âge en âge.

Je prends un temps à l’écart des préoccupations quotidiennes…Je me dispose intérieurement…

Je peux demander au Seigneur la grâce de mieux le connaître pour mieux le suivre… ou exprimer toute autre demande…

Au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit – Amen

Je lis le psaume une première fois…

Ce psaume est une prière de remerciement (psaume « todah »: merci en hébreu), d’action de grâce au Seigneur pour ce qu’Il est. Psaume de louange, il invite la terre entière à chanter sa gratitude au Dieu créateur et libérateur, à venir partager les joies de l’Alliance…

Dans le judaïsme, ce psaume fait partie de l’office quotidien de la prière.

Dans la liturgie des Heures, il est l’un des quatre psaumes invitatoires. Il est également souvent présent dans la liturgie dominicale.

Je relis le psaume à voix haute, unissant ma voix à celle du psalmiste, goûtant la joie qu’il exprime…

Je m’arrête sur ce qui me touche, ce qui résonne en moi…

Et moi? Qui est Dieu pour moi? Quelle joie m’habite? Quelle est mon espérance?

« Acclamez…venez…servez…reconnaissez…

A quel déplacement, à quel mouvement puis-je me sentir appelé(e)?

De quoi puis-je rendre grâce dans ma vie? Est-ce que je me sens invité(e) à partager ma joie?

Je m’imagine au milieu de mes frères et sœurs chrétiens et juifs de la « terre entière »…

Ma louange prend-elle une autre dimension? Laquelle?

J’en parle au Seigneur, bon et fidèle. Je me confie à Lui de tout mon cœur…

Puis je m’adresse, en communion avec tous mes frères et sœurs, à Notre Père

Cathédrale

Novembre, le brouillard tombe sur ce coin de Berry, non loin du village de potiers de la Borne et voilà qu’au détour de la route, surgit  la cathédrale…

« La cathédrale » de Jean Linard Neuvy-deux-Clochers – Cher

Nous voici devant un ensemble de sculptures, de céramiques, de mosaïques qui se dressent dans un espace de verdure. Un monument  à ciel ouvert aux arcades multicolores. Dans un premier temps, je peux m’imprégner de  l’atmosphère de ce lieu, du silence qui en émane. Je peux aussi goûter la vie qui se dit dans la profusion et les couleurs qui détonnent et animent cet environnement.

Des arcs en forme de triangle nous accueillent. Leurs lignes ne sont pas parallèles, rien ne semble bien aligné ; il y a comme  un chaos organisé, une profusion de lignes aux mille facettes colorées,  mais l’ensemble forme une allée centrale, où nous sommes invités  à entrer, à avancer…  Cette construction qui s’élance vers le ciel, invite aussi  à élever le regard, à regarder plus haut, vers la croix qui se trouve au sommet de l’arc du fond.

Bien sûr, il faudrait regarder l’ensemble et tout le chemin, jalonné de multiples autres sculptures, d’autres signes… Il faudrait aussi regarder en détail, voir la diversité des matériaux utilisés, les objets quelque fois insolites qui participent à la construction… se laisser étonner devant l’ingéniosité, la créativité du bâtisseur. Il faudrait prêter attention aux éléments placés sur le chemin,  des triangles dressés comme des statues, des mobiles, toutes sortes d’éléments disparates où se côtoient des noms de saints ou d’autres figures qui ont marqué l’histoire ; des animaux,  des fleurs, des mots, des anges…

Mais devant cette image, entrons en relation avec le Seigneur et adressons-lui notre prière

La « cathédrale » parle de créativité mais aussi d’altérité, de transcendance, de soif de Dieu.

« Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube : mon âme a soif de toi ; après toi languit ma chair, terre aride, altérée, sans eau. » dit le psaume 62.

Et moi, suis-je en  cherche ? A quelle source vais-je étancher ma soif ? Est-ce que je suis à l’écoute de cette soif  de Dieu dans mon entourage, chez mes contemporains ?

Je rends grâces pour le désir de Dieu qui m’habite.

La « cathédrale » donne à voir une construction qui peut nous renvoyer à une autre construction, celle de l’Eglise faite de pierres vivantes.

« Vous avez été intégrés dans la construction qui a pour fondation les apôtres et les prophètes, et Jésus-Christ lui-même comme pierre maîtresse. C’est en lui que toute construction s’ajuste et s’élève pour former un temple saint dans le Seigneur. C’est en lui, que vous aussi, vous êtes ensemble intégrés à la construction pour devenir une demeure de Dieu par l’Esprit. » dit Paul dans sa lettre aux Ephésiens (Ep 2,20-22)

Et moi, comment est-ce que je prends ma place dans l’édifice ? Comment je travaille à son unité ? Comment je donne place au Christ et à l’Evangile au cœur de ma vie ?

Je demande à  l’Esprit  de m’accompagner sur ce chemin en Eglise.

La « cathédrale » évoque la diversité, une diversité en marche, un désir d’universel.« C’est lui (le christ) le commencement, le premier-né d’entre les morts, afin qu’il ait en tout la primauté. Car Dieu a jugé bon qu’habite en lui toute plénitude et que tout, par le Christ, soit enfin réconcilié, faisant la paix par le sang de la croix, la paix pour tous les êtres sur la terre et dans le ciel. » dit st Paul aux Colossiens (Col 1,18-20)

Et moi, est-ce je crois au rassemblement de l’humanité en Christ ? Comment cette espérance me guide sur le chemin de la paix ?

Alors que vient d’être célébrée la fête du Christ Roi de l’univers, je peux confier au Christ les divisions et tout ce qui vient empêcher cette unité.

Je termine ce temps en disant un Notre Père

Fêter le Christ-Roi

Musée de Cluny

Certain d’entre vous sont abonnés à « Prions en Eglise » et comme chaque mois, avec votre livret , vous recevez  une image. Pour ce mois de novembre il s’agit d’un « Christ Roi de l’univers »  que nous fêterons dimanche prochain 20 novembre.  Ensemble prions à l’aide de cette représentation.

J’observe d’abord l’image

Formes, couleurs, personnages, positions ….  Ce qui me plait, ce qui me dérange, ce que je comprends, ce qui me semble obscur.

Je prends le temps de la méditation

Sur un fond de lumière jaune, le Christ est au centre, dans une mandorle en forme d’amande. C’est l’image même de ce qu’est un symbole : partie nourrissante protégée par une coque épaisse. Celle-ci nous indique le chemin par lequel il nous faut passer pour aller jusqu’au Christ. Il est ainsi souvent représenté sur les tympans de nos églises romanes et gothiques (dont celui de la cathédrale de Bourges). Chemin symbolisant le passage de l’extérieur de l’église à l’intérieur de l’église préfigurant le passage des vivants du monde terrestre au monde céleste. Chemin parfois difficile à franchir.

Temps de silence : Mon chemin parfois difficile ….

Le Christ est en majesté. Sur son trône, élevé dans la gloire. Il est l’alpha et l’oméga (deux lettres grecques de chaque côté de ses épaules. Cependant il porte encore la trace des clous sur ses pieds. Christ Sauveur du monde !

Temps de silence : Je fais mémoire de ce Christ déjà présent mais aussi de ce Christ souffrant dans le monde.

Dans sa main gauche le Christ tient le livre de la Parole, celle qui nous a été transmise par les quatre évangélistes figurés par les animaux-symboles aux quatre coins de l’image.  Le Christ est Parole,  Parole vivante du Père.

Temps de silence : Je peux prendre le temps de lire les textes qui nous seront proposés dimanche prochain à l’occasion de cette fête du Christ Roi.

De sa main droite, le Christ,  dans un geste d’enseignement qui invite à la vie éternelle, nous bénit. Ses deux doigts symbolisant sa double nature humaine et divine. Il est dans la position de celui qui a autorité, celui qui règne,  faisant  référence à l’évangile de  Jean « Je suis la résurrection et la vie ».

Temps de silence et d’action de grâce.

« La royauté de Jésus
est bien différente de la royauté mondaine.
Il n’est pas roi comme les autres,
mais il est roi pour les autres. »
Pape François

Prions : Dieu éternel et Tout-puissant, tu as voulu récapituler toutes choses en ton Fils Bien-Aimé, le Roi de l’univers ; dans ta bonté, fais que, libérée de la servitude, toute la création serve ta gloire et chante sans fin ta louange. Par Jésus le Christ, notre Seigneur. Amen

A Conques avec Pierre Soulages

Pierre Soulages. Vitraux de l’abbaye de Conques, 1987-1994

Entre 1987 et 1994, Pierre Soulages (décédé il y quelques jours à 102 ans) a réalisé les vitraux des 104 verrières de l’église abbatiale de Conques. Avec les usines de St Gobain, il recherche un matériau nouveau qui laisse largement pénétrer la lumière, tout en isolant de l’extérieur, pour préserver la clôture du sanctuaire. Il s’agit aussi de laisser à la pierre originelle son éclat d’antan. Soulages disait d’ailleurs qu’il s’agissait de « donner à voir l’architecture du XIème avec les moyens dont nous disposons au XXème siècle. ». Les bandes noires rythmant l’espace visent essentiellement à faire vibrer la lumière. L’originalité de l’œuvre tient aussi au fait que les vitraux sont lisibles autant de l’extérieur que de l’intérieur.

Je prends le temps de me disposer pour un temps de contemplation. Je me mets à l’écart, en choisissant le lieu où je peux quitter mon environnement quotidien pour descendre en moi-même. Je me marque du signe de la croix. J’invite mon imagination pour me transporter dans cette abbatiale du XIème, illuminée par ses vitraux. Je m’imagine, déambulant dans l’espace de cette église, et je m’arrête face à ces murs et ces voutes éclairés par trois vitraux.

Je contemple d’abord l’architecture, la pierre ocre utilisée par ces bâtisseurs du XIème siècle. Je médite sur le travail qu’a rendu possible la foi. Je rends grâce pour tous ces artisans qui nous laissent ce témoignage, qui nous ouvrent à la transcendance par la beauté. J’imagine le patient labeur des tailleurs de pierre, travaillant en équipe pour que les murs s’élèvent, promis à la stabilité dans la durée. Je vois aussi dans cette architecture le symbole de l’église, et de ses pierres vivantes qui traversent les siècles pour que la Bonne Nouvelle continue d’être annoncée.

Et moi, comment est-ce que je me situe, dans cette histoire de la foi, sur quels témoins est-ce que je m’appuie ?

Je m’arrête ensuite sur la lumière, laissant monter en moi des extraits de la Parole qui évoquent la lumière.

« Dieu dit : « Que la lumière soit. » Et la lumière fut. » (Ge, 1,3)

« Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi. » (Is, 9,1)

« De nouveau, Jésus leur parla : « Moi, je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie. » (Jn, 8,12)

« Ta parole est la lumière de mes pas, la lampe de ma route. » (Ps 119, 105)

En ce temps de l’année, où l’obscurité se fait plus présente, je pense à mon besoin de lumière. Que permet-elle en moi ? Comment la Parole de Dieu se fait-elle lumière pour moi ? Marchant vers le temps de l’Avent, quelle place, dans ma vie, à la lumière du Christ ?

Je contemple maintenant les lignes noires qui strient la lumière des vitraux. A partir des barlotières, ces barres métalliques horizontales qui permettent de fixer les vitraux sur les ouvertures, Soulages dessine de multiples traits noirs. Je suis sensible à leur rythme, leur orientation…lignes parallèles, obliques plus ou moins marquées, descendantes, ou ascendantes. Je laisse mon regard passer d’un cadre à un autre, lentement…Autant de traces, peut-être, de tant de pèlerins, venus se recueillir dans cette abbatiale, autant de traces, peut-être, de mes états intérieurs, plats, descendants, ascendants…Je peux alors méditer sur le propre rythme de ma vie intérieure de ce jour.

        

Soulages, peintre du noir, de « l’outre noir » a toujours insisté pour souligner que le noir n’avait pour fin que de réfléchir la lumière. Comment, dans ma vie de ce jour, la lumière de Dieu se rend-elle présente 

Pour terminer, nous pouvons dire la prière du lucernaire, que chantent les communautés monastiques à l’office du soir.

Joyeuse lumière, splendeur éternelle du Père.
Saint et bienheureux Jésus Christ !
Venant au coucher du soleil
Contemplant la lumière du soir
Nous chantons le Père et le Fils,
Et le Saint Esprit de Dieu.
Nous Te chantons, Ressuscité,
Toi qui surgis des ténèbres du tombeau
Étoile du matin qui devance l’aurore
Dont l’éclat resplendit jusqu’au monde nouveau.
Reste avec nous, Seigneur,
Car déjà le jour baisse
Illumine nos yeux au soir de cette Pâques
Toi la lumière qui ne connaît pas de couchant.

Requiem

En écoutant ce Requiem je prie pour tous ceux qui nous ont quittés. Je te rends grâce pour tous les dons reçus d’eux et tout ce qu’ils m’ont transmis. Je te les confie, Seigneur, garde-les dans la paix.

Requiem John Rutter

John Milford Rutter est un compositeur britannique né en 1945 à Londres.

John Rutter res­sen­tit la pre­mière fois le besoin d’écrire un requiem en 1983, après la mort de son père. Celui-ci ado­rait la musi­que, sans être expert, aussi Rutter vou­lait il écrire une œuvre à sa mémoire qui soit à la fois musi­ca­le­ment abou­tie et acces­si­ble à cha­cun. Ce devait être un moyen de réflé­chir sur la perte des êtres chers et sur sa pro­pre mort, en la trans­for­mant en un acte pure­ment musi­cal.

Toussaint

Prions avec un texte de Madeleine Delbrêl

Je commence par déterminer le moment, le lieu et la durée de ma prière.

Je m’arrête un instant pour « considérer comment Dieu me regarde » et m’accueille… Je m’offre à lui tel que je suis en ce moment pour le rencontrer.

Je prends le temps de lire ce texte, lentement, à haute voix pour l’écouter et l’entendre.

« Il y a des lieux où souffle l'Esprit mais il y a un Esprit qui souffle en tous lieux. 
 Il y a des gens que Dieu prend et met à part.
Il y en a d’autres qu’il laisse dans la masse, qu’il ne « retire pas du monde ».
Ce sont des gens qui font un travail ordinaire, qui ont un foyer ordinaire ou sont des célibataires ordinaires.
Des gens qui ont des maladies ordinaires, des deuils ordinaires.
Des gens qui ont une maison ordinaire, des vêtements ordinaires.
Ce sont les gens de la vie ordinaire.
Les gens que l’on rencontre dans n’importe quelle rue.
Ils aiment leur porte qui s’ouvre sur la rue, comme leurs frères invisibles au monde aiment la porte qui s’est refermée sur eux.
Nous autres, gens de la rue, croyons de toutes nos forces que cette rue, que ce monde où Dieu nous a mis est pour nous le lieu de notre sainteté.
Nous croyons que rien de nécessaire ne nous y manque, car si ce nécessaire nous manquait, Dieu nous l’aurait déjà donné. »

Madeleine Delbrêl, « La sainteté des gens ordinaires », tome VII des Œuvres Complètes 2009 – Nouvelle Cité – Nous autres gens des rues, p24)

Je laisse les mots et les images résonner et faire écho en moi.Je laisse venir en moi des lieux et des visages de ma vie actuelle et du monde aujourd’hui…et je les présente au Seigneur avec ce que cela fait naître en moi.

Puis je parle à Dieu comme un ami parle à un ami.Je peux lui demander une grâce pour vivre ce qu’il m’appelle à vivre aujourd’hui.

Je redis le Notre Père, en communion avec toute l’Église.

En écho à ce texte, je peux laisser éclairer les Béatitudes, que je vais entendre à la messe de la Toussaint,  par les extraits de l’Exhortation Apostolique du Pape François « Gaudete et exultate » sur l’appel à la sainteté dans le monde actuel.

Bourges- Cathédrale St Etienne – Tympan du Jugement Dernier

Psaume 143

Béni soit le Seigneur, mon rocher !
Il exerce mes mains pour le combat,
il m’entraîne à la bataille.

Il est mon allié, ma forteresse,
ma citadelle, celui qui me libère ;
il est le bouclier qui m’abrite,
il me donne pouvoir sur mon peuple.

Pour toi, je chanterai un chant nouveau,
pour toi, je jouerai sur la harpe à dix cordes,
pour toi qui donnes aux rois la victoire
et sauves de l’épée meurtrière David, ton serviteur.

Je me mets à l’écart pour écouter la Parole. Après avoir tracé sur moi le signe de la croix, je fais silence, puis lis lentement le psaume du jour qui me met en lien avec les chrétiens du monde entier.

Ce psaume évoque le roi David et ses combats, menés avec l’aide du Seigneur, pour sauver son peuple. Je peux l’accueillir en pensant à mes propres combats spirituels.

Je relis d’abord les deux premières strophes qui m’invitent à contempler la force que me donne le Seigneur, « mon rocher » ; « mon allié » ; « ma forteresse » ; « ma citadelle » ; le bouclier…Ne nous laissons pas déconcerter par ce vocabulaire guerrier. Méditons sur nos combats intérieurs, spirituels où nous pouvons percevoir l’aide du Seigneur.

Je relis maintenant la troisième strophe, qui s’adresse directement au Seigneur, pour une action de grâces. La contemplation se fait relation. « Pour toi… »  A mon tour, je rends grâce au Seigneur, avec le « chant nouveau » de mes mots d’aujourd’hui.

Par cette action de grâce, je peux dire, « Notre Père, que ton nom soit sanctifié… ».

Avec une oeuvre d’art

Je me dispose à un temps à l’écart. 

Je m’installe confortablement.  Je prends le temps de faire le calme en moi,  et dépose toutes les préoccupations qui m’encombrent…

Je demande la grâce de m’ouvrir à la contemplation, en présence de Dieu, dans la lumière de l’Esprit Saint.

Je contemple cette œuvre du peintre Pierre Renard, qu’il qualifie lui-même de peinture instinctive:  » Dans une gestuelle instinctive et virevoltante je crée des éruptions exaltées et des plages de silence. Il ne faut pas peindre ce que l’on voit, il faut peindre ce que l’on ressent. La peinture doit toujours être la ligne du cœur prolongée, et pour chacun l’occasion d’un voyage dans son imaginaire. » 

Je regarde:

Les couleurs: sombres ou claires…mates ou lumineuses…franches ou douces…la façon dont elles se complètent ou  s’opposent… 

Les lignes: verticales, horizontales, obliques…leur disposition les unes par rapport aux autres…leur harmonisation avec les couleurs…

Le tableau dans son ensemble: sa disposition…l’atmosphère qui s’en dégage…

J’observe:

Quel sentiment, quelle émotion suscite-t-il en moi? Louange…espérance…supplication…autre…

Peut-être y vois-je une représentation plus figurative? Laquelle? 

Je me laisse porter par la contemplation…

Evoque-t-elle quelque chose de ma foi? De Dieu? Voire un passage de la Bible?

Je peux, si je le souhaite, méditer l’un des passages de la Parole suivants:

Isaïe 40, 28-29, 31

28 Tu ne le sais donc pas, tu ne l’as pas entendu ? Le Seigneur est le Dieu éternel, il crée jusqu’aux extrémités de la terre, il ne se fatigue pas, ne se lasse pas. Son intelligence est insondable.

29 Il rend des forces à l’homme fatigué, il augmente la vigueur de celui qui est faible.

31 mais ceux qui mettent leur espérance dans le Seigneur trouvent des forces nouvelles ; ils déploient comme des ailes d’aigles, ils courent sans se lasser, ils marchent sans se fatiguer.

Rm 15: 13

13 Que le Dieu de l’espérance vous remplisse de toute joie et de paix dans la foi, afin que vous débordiez d’espérance par la puissance de l’Esprit Saint.

Michée 7:7

07 « Moi, Jérusalem, je veux guetter le Seigneur, attendre Dieu mon Sauveur ; lui, mon Dieu, m’entendra.

Puis je m’adresse à Dieu, au Père, à Jésus ou à l’Esprit Saint, dans la confiance…Je lui confie un merci, une action de grâce ou une demande…

Je termine par un « Notre Père » en communion avec mes frères et sœurs chrétiens.

Litanie du Sacré-Coeur

Le 16 octobre, nous fêtons Ste Marguerite-Marie Alacoque (1647-1690).

Cette religieuse visitandine de Paray-le-Monial  eut des visions de Jésus lui montrant son cœur : « Voici ce Cœur qui a tant aimé les hommes, qu’il n’a rien épargné jusqu’à s’épuiser et se consumer pour leur témoigner son amour ». 

Soutenue par st Claude La Colombière, un prêtre jésuite, elle donna un élan à la dévotion du Sacré-Cœur, comme le Seigneur lui avait demandé.

A notre tour, nous prions le Sacré-Coeur, en prenant appui sur la litanie composée par Didier Rimaud sj.  

Je fais silence en moi et me mets sous le regard du Seigneur.

Je lis lentement le texte.

1.	Nom de Jésus, le nom du Bien-Aimé,
Le nom du Premier-Né, loué sois-tu !
Cœur de Jésus, brûlé de tant d’amour,
Meurtri par le péché, pitié pour nous !

2.	Nom de Jésus, le nom du vrai Pasteur,
Le nom du Prince-Agneau, loué sois-tu !
Cœur de Jésus, repos des cœurs blessés,
Et grâce des pécheurs, pitié pour nous !

3.	 Nom de Jésus, plus beau que tous les noms,
Le nom qui nomme Dieu, loué sois-tu !
Cœur de Jésus, qui dis le cœur de Dieu,
Plus grand que notre cœur, pitié pour nous!

4.	Nom de Jésus, le nom des baptisés,
Seul nom des justifiés, loué sois-tu !
Cœur de Jésus, le cœur de l’Homme Dieu,
Le cœur de Dieu en croix, pitié pour nous !

5.	Nom de Jésus, qui blesses notre cœur
Et creuses tout désir, loué sois-tu !
Cœur de Jésus, qui calme toute soif
Et combles toute faim, pitié pour nous !
6.	Nom de Jésus, puissance de Salut
Qui marques notre front, loué sois-tu !
Cœur de Jésus, qui mènes vers la joie,
Qui gardes dans la paix, pitié pour nous !

7.	Nom de Jésus, soleil en plein minuit,
Fraîcheur en plein été, loué sois-tu !
Cœur de Jésus, printemps en plein hiver,
Fontaine en plein désert, pitié pour nous ! 

8.	Nom de Jésus, plus clair que n’est le jour,
Plus doux que n’est le miel, loué sois-tu !
Cœur de Jésus, étoile du chemin,
Rocher qui donnes l’eau, pitié pour nous !

9.	Nom de Jésus, la perle de grand prix,
Trésor qui passe tout, loué sois-tu !
Cœur de Jésus, violent comme est l’amour,
Puissant comme est le feu, pitié pour nous !

Je prends le temps de la louange pour le Christ qui a aimé jusqu’à l’extrême et a donné sa vie.

Pour cela, je regarde la 1ère partie de chaque strophe : « Nom de Jésus ». Je regarde ce qui est apposé à ce nom. Quelle est l’expression qui retient mon attention ? Qu’évoque-t-elle pour moi ? Après avoir donné chair à cette expression, je peux la faire mienne ? Je peux aussi louer le Seigneur avec mes propres mots.

Forts de cette confiance en l’amour du Christ, je lui  demande d’avoir pitié de moi.

Je regarde la 2ème partie des strophes et ce qui est apposé au « Cœur de Jésus ». Je prends le temps  de laisser monter ce que chaque expression évoque pour moi. Je reste sur ce qui me touche. De quoi ai-je besoin aujourd’hui ? J’adresse ma prière au Christ qui m’aime de tout son cœur.

Pour terminer,  j’écoute cette litanie chantée en me laissant porter par la poésie de ses mots