Prier pour la paix

O Dieu notre Père, Tu es source de tout don
(Mgr Joseph Rozier, évêque de Poitiers (1973-1994)

Je lis lentement cette prière pour la paix et me laisse toucher par l’une ou l’autre phrase, puis je m’adresse tour à tour à chacune des personnes de la Trinité :

Je me tourne vers le Père pour lui confier les lieux où manque la paix aujourd’hui, les personnes proches ou plus lointaines qui sont en conflit, les divisions dans notre pays, dans l’Eglise, dans nos familles…

Je me tourne vers le Christ, notre espérance, Lui qui a promis la paix. Je rends grâce pour les petits gestes de fraternité que je repère dans le quotidien de ma vie ; pour les liens créés et  les pardons donnés ; pour les regards bienveillants ; les paroles qui redonnent confiance…

Je me tourne vers l’Esprit Saint et lui demande son aide pour être artisan de paix à la place qui est la mienne. Je choisis une situation concrète et me mets à son écoute: il peut m’éclairer sur ce qui est à convertir en moi et sur la manière de porter cette paix…

Avec Charles de Foucauld

Dimanche 15 Mai 2022, notre Saint Père le Pape François a canonisé le bienheureux Charles
De Foucault.
Ordonné prêtre après une conversion, Charles De Foucault vivra en ermite dans le Sahara
pour rejoindre « les plus délaissés » et devenir pour chacun d’eux un « frère universel ».
Sa célèbre prière d’abandon fut écrite en 1896. Elle était initialement une méditation autour
de la toute dernière prière de Jésus à son Père « Père, entre tes mains, je remets mon esprit. » ( Luc
23,46

Mon Père, je m’abandonne à toi,
fais de moi ce qu’il te plaira.
Quoi que tu fasses de moi, je te remercie.
Je suis prêt à tout, j’accepte
tout.
Pourvu que ta volonté se
fasse en moi,
en toutes tes créatures,
je ne désire rien d’autre, mon
Dieu.
Je remets mon âme entre tes
mains.
Je te la donne, mon Dieu,
avec tout l’amour de mon
cœur,
parce que je t’aime,
et que ce m’est un besoin
d’amour de me donner,
de me remettre entre tes
mains, sans mesure,
avec une infinie confiance,
car tu es mon Père.

Je me mets en présence du Seigneur et je lis lentement la prière en m’arrêtant sur ce qui me
touche.


Je médite sur cette prière de confiance, d’abandon et d’action de grâce

  • Est-ce que je parviens à m’abandonner dans la confiance entre les mains du Père ? A
    lâcher mon besoin de maîtrise et de sécurité pour que la volonté de Dieu « se fasse en moi » ?
  • Je rends grâce pour l’amour inconditionnel du Seigneur et je prends conscience de ce don
    qu’il me fait d’être son enfant bien aimé pouvant s’adresser à Lui comme à un Père « Tu es mon
    Père »
    .

Je peux terminer ma prière par l’écoute du chant de la communauté de l’Emmanuel « Mon Père,
je m’abandonne à toi


« Je suis la porte des brebis »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean (10,1-10)

En ce temps-là, Jésus déclara :« Amen, amen, je vous le dis : celui qui entre dans l’enclos des brebis sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit,
celui-là est un voleur et un bandit. Celui qui entre par la porte, c’est le pasteur, le berger des brebis. Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir. Quand il a poussé dehors toutes les siennes, il marche à leur tête, et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix. Jamais elles ne suivront un étranger, mais elles s’enfuiront loin de lui, car elles ne connaissent pas la voix des étrangers. »

Jésus employa cette image pour s’adresser aux pharisiens, mais eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait. C’est pourquoi Jésus reprit la parole : « Amen, amen, je vous le dis : Moi, je suis la porte des brebis. Tous ceux qui sont venus avant moi
sont des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés. Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage. Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr. Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance. »

Marko Rupnik s.j. San Michele-Italie

Je me dispose, corps et esprit pour accueillir ce que le Seigneur me donne aujourd’hui.

Par ces paroles qui invitent à une attention particulière, « Amen, Amen, je vous le dis », Jésus nous affirme que Lui seul est La Porte, le passage obligé pour tous ceux qui, par Lui, s’avancent vers le Père.

Chacun(e) est appelé(e) par son nom et aimé(e) de manière unique. Dans le livre d’Isaïe, Dieu disait déjà au peuple d’Israël :  « Ne crains pas, car je t’ai racheté, je t’ai appelé par ton nom… Tu as du prix à mes yeux… et je t’aime. » (Isaïe 43, 1…4)

En méditant ces paroles, je peux évoquer les promesses de mon baptême renouvelées à la Vigile Pascale… Aussi nommer les nouveaux baptisés qui sont devenus ce soir-là, créatures nouvelles dans le sang du Christ et promisà la vraie Lumière qui, en venant dans le monde, illumine tout homme. (Jean 1,9).

Ceux qui ont entendu l’appel du Berger et ont reconnu sa voix, entrent et sortent de l’enclos librement.

Je m’attarde sur cette image qui peut m’accompagner chaque jour… La présence vigilante du Seigneur à mes côtés dans tout ce qui fait ma vie, son Amour qui n’enferme pas, qui fait confiance, qui m’attend et m’espère.

Je discerne ce qui m’appelle à répondre à cet appel à la Vie mais aussi parfois ce qui m’en éloigne…

Qu’est-ce qui m’empêche de « sortir » de mes sécurités pour suivre le Christ sur le chemin d’une liberté nouvelle ?

Jésus met en garde contre les faux bergers de son temps mais aussi de tout temps et appelle à lui rester fidèle, à Lui seul. « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Personne ne va vers le Père sans passer par moi. » (Jean 14)

Est-ce que mes choix, mes décisions, m’amènent à me poser comme témoin du Christ mort et ressuscité ?

M’arrive-t-il de me sentir isolé(e) par mes convictions, face à notre temps qui promet une autre forme de « bonheur » ?

Après un temps de relecture, je peux alors davantage approfondir cette question posée par Jésus à ses disciples : « Que cherchez-vous ? »

Et je demande au Seigneur qu’il fasse grandir en moi le don de sa grâce pour que je suive le juste chemin.

En contemplant une oeuvre d’art

Quelques mots sur l’auteur: Marko Rupnik

Né le 28 novembre 1954 en Slovénie Marko Rupnik entre au noviciat des Jésuites.  Artiste créatif et inspiré il rejoint  Rome, pour le dialogue œcuménique avec l’Église orthodoxe. Le père Rupnik y développe et dirige un atelier de formation à la création de mosaïques religieuses dans une atmosphère de prière et de vie communautaire.

Proche du pape Jean-Paul II il est chargé de la rénovation artistique de la chapelle privée du pape. Cette œuvre magistrale de mosaïques bibliques couvrant murs et plafond le fait connaitre. C’est avec ses fresques qu’il tapissera la façade de la basilique du Rosaire à Lourdes,

Je me dispose à accueillir ce temps de rencontre avec le Seigneur; ralentir le temps, faire silence au fond de moi. Je demande la grâce de reconnaître la présence du Ressuscité aujourd’hui encore.

Je contemple cette oeuvre, je me laisse habiter par elle.

Un rappel avant : Nous sommes après la résurrection. Sur les bords du lac de Tibériade. Les apôtres sont allés à la pêche et n’ont rien pris.

Observons quelques couleurs. Il fait sombre dans cette barque. La barque elle-même, en bois foncé,  les vêtements. Pierre est enfoncé dans une mer sombre aussi. Seul Jésus est lumineux vêtement blanc,  avec des reflets dorés. Son auréole christique montre un Jésus ressuscité. Même les poissons  sur le rivage sont colorés contrairement à ceux du filet.

Il fait sombre. Les vêtements, les nombreux  poissons,  les regards aussi. Regards inquiets. On s’interroge. Regards sur Pierre. C’est peut-être moi dans ce bateau, l’Eglise, en marche avec ses doutes, ses interrogations, sa confiance, sa foi.

 Il y a aussi les gestes. Il faut le tenir ce filet. Il est lourd. Geste large de celui qui est au fond de la barque. Et puis ce geste de Paix que fait celui du milieu de la barque. « La Paix soit avec vous » leur avait dit Jésus alors qu’ils étaient verrouillés dans la maison.

Et moi, je me situe où dans cette barque ?

Il y a Pierre. Il tient le filet qui ne semble pas si lourd que ça. Ce sont les autres qui le tiennent fort. Il est dans une mer sombre un peu houleuse mais son regard reste fixé sur le maître. C’est sans doute ce qui allège sa tâche. Sa main est tendue dans un geste d’offrande. « Voici. » Par ce geste son poisson semble  lui-même transfiguré. Pierre est en première ligne. « C’est le Seigneur ! » lui a soufflé le disciple que Jésus aimait.

Qu’est-ce que cela éveille en moi ? Qu’est-ce que cela rejoint dans mon histoire ?

Il y a Jésus. Jésus ressuscité. Son pied porte encore la marque des clous. Son auréole en forme de croix, rouge du sang de la passion et de l’Esprit-Saint. Contemplons la ligne de son dos tout en courbe, tout en service, genou en terre, mains tendues à la fois pour recevoir, à la fois pour donner. Il a déjà préparé le pain et les poissons. Son regard est fixé sur Pierre. « M’aimes-tu lui dira-t-il quand il sera sur le rivage ?»

Et moi aussi, Jésus sur le rivage m’interroge. M’aimes-tu? Quelle est ma relation au Christ?

Cette mosaïque est pour nous aujourd’hui comme le sont toujours dans la bible les scènes de repas.  Elle est  scène eucharistique. Ici, les disciples vivent une eucharistie. Regardons Pierre il offre son poisson « fruit du travail des hommes ». Je remarque la couleur de son poisson. Fruit de ceux qui sont derrière lui. Fruit de toute l’humanité. C’est l’Eglise tout entière qui participe à cette offrande. C’est l’Eglise avec ses angoisses, ses peurs, sa confiance, son espérance, sa foi.  Une Eglise en chemin de sainteté. Voyez les auréoles autant celle du Christ est bien délimitée, colorée, celles des disciples sont en devenir. Mais déjà Jésus a préparé le pain et les poissons. « Venez, prenez et mangez en tous. » Observons ces deux gestes qui se croisent. Ces bras qui s’entrecroisent mais qui sont tout autant liés aux hommes par la main droite de Pierre qui reste accrochée au filet. Ces deux gestes qui se donnent. C’est bien se qui se passe au cours de nos messes dominicales. Nous apportons le fruit du travail des hommes et déjà, Jésus ressuscité se donne tout entier à nous.  C’est alors la vie de l’homme qui devient corps du Christ.

Et moi ? Quel est mon rapport avec l’eucharistie ? Est-elle le lieu où tout se mélange, la vie des hommes, ma vie et ma relation au Christ, à Dieu ? Est-elle nourriture indispensable pour ma vie spirituelle ?

Décalogue de la sérénité

Jean-Yves Bourgain- Le jour éclôt

Je prends un temps à l’écart…

Je m’installe confortablement et j’éloigne de mon esprit les préoccupations qui m’encombrent… Je fais silence en moi…

Aujourd’hui, je suis invité(e) à regarder ma manière de vivre, à méditer à partir du « Décalogue de la sérénité » inspiré au Saint Pape Jean XXIII par une poésie de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus: « Ma vie n’est qu’un instant, une heure passagère, Ma vie n’est qu’un seul jour qui m’échappe et qui fuit, Tu le sais, ô mon Dieu, pour taimer sur la terre, Je nai rien quaujourdhui ! »

  1. Rien qu’aujourd’hui, j’essaierai de vivre ma journée sans chercher à résoudre le problème de toute ma vie.

2. Rien qu’aujourd’hui, je prendrai le plus grand soin de me comporter et d’agir de manière courtoise ; je ne critiquerai personne, je ne prétendrai corriger ou régenter qui que ce soit, excepté moi-même.

3. Rien qu’aujourd’hui, je serai heureux sur la certitude d’avoir été créé pour le bonheur, non seulement dans l’autre monde mais également dans celui-ci.

5. Rien qu’aujourd’hui, je ferai une bonne action et n’en parlerai à personne.

7. Rien qu’aujourd’hui, je me plierai aux circonstances, sans prétendre que celles-ci cèdent à tous mes désirs.

4. Rien qu’aujourd’hui, je consacrerai dix minutes à une bonne lecture en me rappelant que, comme la nourriture est nécessaire à la vie du corps, de même la bonne lecture est nécessaire à la vie de l’âme.

6. Rien qu’aujourd’hui, j’accomplirai au moins une chose que je n’ai pas envie de faire, et si on m’offense je ne le manifesterai pas.

8. Rien qu’aujourd’hui, j’établirai un programme détaillé de ma journée. Je ne m’en acquitterai peut-être pas entièrement, mais je le rédigerai. Et je me garderai de deux calamités : la hâte et l’indécision.

9. Rien qu’aujourd’hui, je croirai fermement — même si les circonstances attestent le contraire — que la Providence de Dieu s’occupe de moi comme si rien d’autre n’existait au monde.

10. Rien qu’aujourd’hui, je n’aurai aucune crainte. Et tout particulièrement je n’aurai pas peur d’apprécier ce qui est beau et de croire à la bonté.

Je suis en mesure de faire le bien pendant douze heures, ce qui ne saurait me décourager, comme si je me croyais obligé de le faire toute ma vie durant.

Pape Jean XXIII

Je peux repérer le ou les points qui me parlent: ce que je fais déjà, plus ou moins; ce qui m’interpelle; ce qui me paraît trop difficile…Et moi? Comment je vis dans « l’aujourd’hui de mes jours »? Comment j’accueille le quotidien? Quelle place pour le Seigneur? Comment je m’ajuste à Lui?

Je peux en parler avec Lui, comme avec un ami qui m’écoute avec bienveillance et m’éclaire…

Puis je m’adresse à Notre Père

Devant le tombeau vide

Rétable d’Issenheim (1475-1480) – Matthias Grünewald – Résurrection, détail

Je prends le temps de faire silence en moi, pour contempler ce tombeau.

Ce tombeau vide met ma foi à l’épreuve.Il n’y a plus rien de ce que ses disciples ont connu. Le corps de Jésus a disparu. Comme Marie-Madeleine, souvent je suis perdu/e devant l’absence du Seigneur, ce Seigneur que j’imagine, que je connais. J’aimerais me rassurer de sa présence bien connue .

Je fais mémoire de tels moments de tristesse en moi où je ressens l’absence de Dieu, mais avec, au fond du coeur, la soif d’espérer sa Résurrection.

J’entends maintenant l’Evangéliste dire de l’apôtre Jean:

« Il vit et il crut ».

Je médite sur cette absence, dans ce lieu où le Seigneur a été mis, lieu avec ses repères et ses codes connus. Le tombeau est vide, mais la mort n’a pas gagné. C’est ce qu’affirment les sentiments de Jean. Je me remémore toutes les annonces que Jésus a faites à ses disciples de sa mort et de sa résurrection, annonce souvent peu comprises.

Ouvre mon coeur et mon esprit, Seigneur, à cette nouveauté, à cette espérance de vie, toujours là, que tu nous donnes.

Donne-moi, donne-nous la grâce de la foi, de te chercher et de te reconnaître dans ce monde où le mal semble si souvent victorieux.

Et je veux te louer.

Acclamons notre roi !

Bréviaire de Martin d’Aragon

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là, Jésus partit en avant pour monter à Jérusalem. Lorsqu’il approcha de Bethphagé et de Béthanie, près de l’endroit appelé mont des Oliviers, il envoya deux de ses disciples, en disant :
« Allez à ce village d’en face. À l’entrée, vous trouverez un petit âne attaché, sur lequel personne ne s’est encore assis. Détachez-le et amenez-le. Si l’on vous demande : ‘Pourquoi le détachez-vous ?’, vous répondrez : ‘Parce que le Seigneur en a besoin.’ » Les envoyés partirent et trouvèrent tout comme Jésus leur avait dit.
Alors qu’ils détachaient le petit âne, ses maîtres leur demandèrent : « Pourquoi détachez-vous l’âne ? » Ils répondirent : « Parce que le Seigneur en a besoin. » Ils amenèrent l’âne auprès de Jésus, jetèrent leurs manteaux dessus, et y firent monter Jésus. À mesure que Jésus avançait, les gens étendaient leurs manteaux sur le chemin.
Alors que déjà Jésus approchait de la descente du mont des Oliviers, toute la foule des disciples, remplie de joie, se mit à louer Dieu à pleine voix pour tous les miracles qu’ils avaient vus, et ils disaient : « Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! »
Quelques pharisiens, qui se trouvaient dans la foule, dirent à Jésus : « Maître, réprimande tes disciples ! » Mais il prit la parole en disant « Je vous le dis : si eux se taisent, les pierres crieront. »

Un climat de joie

Six jours avant la fête de la Pâque juive, Jésus vient à Jérusalem.

A l’approche de la Ville sainte,  c’est un mouvement de liesse et de joie qui accompagne Jésus.

  • Je regarde les couleurs vives de cette enluminure, les fleurs et les rameaux verts fraîchement coupés qui jonchent le sol.
  • Je regarde les mouvements des personnages à droite de l’arbre qui  s’inclinent et déposent leurs vêtements comme un tapis en signe de respect.

Une manière d’honorer et d’acclamer celui qui vient. Je peux entendre les paroles de  louange qui accompagne ces gestes « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! »

L’intronisation d’un roi

Jésus sait ce qu’il l’attend et c’est  lui-même qui a préparé son entrée triomphale dans la ville royale.

Tout ce qui se passe évoque l’intronisation d’un roi, mais la monture choisie, un ânon, n’est pas le glorieux coursier des guerriers mais une simple monture. Ce choix accomplit la prophétie de Zacharie (9,9-10) annonçant la venue d’un messie humble et pacifique.

  • Je regarde la partie gauche de l’enluminure : Jésus, entouré de ses disciples qui font bloc avec lui,  s’avance solennellement  en direction de Jérusalem. La tête avancée de l’ânon ouvre le passage.
  • Je regarde Jésus faire le geste de bénédiction ; il est le roi messianique de la paix. Je peux entendre l’acclamation : « Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! »

Je considère cette entrée triomphale de Jésus dans la ville où il va souffrir et être glorifié. Un moment de révélation de l’identité de Jésus. Un moment de communion et de joie. Je prends place dans la scène. Puis-je m’associer à cette louange ? J’adresse au Seigneur ma prière.

Je peux terminer ce temps en acclamant à mon tour  le Christ Sauveur

Avec l’Evangile de ce dimanche: le récit de la femme adultère

Entrons dans la compréhension de ce texte et dans la prière à l’aide de Lukas Cranach (peintre allemand du XVe-XVIe siècles) et Marko Ivan Rupnik (prêtre jésuite slovène, mosaïste contemporain).

Au début de ce temps de prière, je me place sous ton regard d’amour, Seigneur.Je dépose dans tes mains tout ce qui fait ma vie. Dispose-moi à accueillir ta miséricorde.

Evangile de Jean 8, 1- 11

Quant à Jésus, il s’en alla au mont des Oliviers. Dès l’aurore, il retourna au Temple. Comme tout le peuple venait à lui, il s’assit et se mit à enseigner. Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu’on avait surprise en situation d’adultère. Ils la mettent au milieu, et disent à Jésus : « Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, que dis-tu ? » Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus s’était baissé et, du doigt, il écrivait sur la terre.

Comme on persistait à l’interroger, il se redressa et leur dit : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. » Il se baissa de nouveau et il écrivait sur la terre. Eux, après avoir entendu cela, s’en allaient un par un, en commençant par les plus âgés. Jésus resta seul avec la femme toujours là au milieu. Il se redressa et lui demanda : « Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t’a condamnée ? » Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »

Je peux maintenant exprimer au Seigneur la prière qui monte de mon coeur, demande, action de grâce … Et terminer en disant: Notre Père …

avec le vitrail du Fils Prodigue à Bourges

Relisons l’Evangile entendu ce dimanche: Luc 15, 1-3. 11-32

En ce temps-là,  les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »  Alors Jésus leur dit cette parabole :  « Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : ‘Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.’ Et le père leur partagea ses biens.  Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre. Il avait tout dépensé, quand une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin.  Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays, qui l’envoya dans ses champs garder les porcs.  Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien. Alors il rentra en lui-même et se dit : ‘Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme l’un de tes ouvriers.’  Il se leva et s’en alla vers son père.
Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. Le fils lui dit : ‘Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.’

Mais le père dit à ses serviteurs : ‘Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller, mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds, allez chercher le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.’ Et ils commencèrent à festoyer.

 Or le fils aîné était aux champs. Quand il revint et fut près de la maison, il entendit la musique et les danses. Appelant un des serviteurs, il s’informa de ce qui se passait.  Celui-ci répondit : ‘Ton frère est arrivé, et ton père a tué le veau gras, parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé.’ Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer. Son père sortit le supplier. Mais il répliqua à son père : ‘Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis.
 Mais, quand ton fils que voilà est revenu après avoir dévoré ton bien avec des prostituées, tu as fait tuer pour lui le veau gras !’  Le père répondit : ‘Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Il fallait festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ! »

Contemplons et méditons avec des extraits du vitrail

je peux chanter cet amour infini du Père qui me relève

Et je termine ce temps en priant avec la prière de Saint François d’Assise

Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix.
Là où est la haine, que je mette l’amour.
Là où est l’offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde, que je mette l’union.
Là où est l’erreur, que je mette la vérité.
Là où est le doute, que je mette la foi.
Là où est le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie.
O Seigneur, que je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler,
à être compris qu’à comprendre, à être aimé qu’à aimer.
Car c’est en se donnant que l’on reçoit,
c’est en s’oubliant qu’on se retrouve soi-même,
c’est en pardonnant que l’on obtient le pardon,
c’est en mourant que l’on ressuscite à la Vie.