Prier avec quelques céramiques
Dans le bel espace du couvent des Cordeliers de Châteauroux, est proposée jusqu’à fin septembre une exposition d’artistes femmes céramistes, « Donner corps » …
Nous vous proposons d’en contempler quelques œuvres.
Me disposant à prier devant des œuvres de terre modelée, je peux faire mémoire du verset de la Genèse, décrivant la création d’Adam : « Dieu modela l’homme avec la glaise du sol, il insuffla dans ses narines une haleine de vie et l’homme devint un être vivant. » (Gn, 2,7).
J’accueille mon souffle, don de vie, don du Créateur. Je prends le temps de percevoir ma respiration.
Et je demande la grâce de l’écoute de la Parole, qui entretient mon souffle vital, qui fait de moi un être vivant.
Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Nous nous arrêtons devant cette œuvre de Jacqueline et Jean Lerat, deux potiers de La Borne, dans le Cher. J’observe cette terre modelée, j’en parcours les aspérités, les irrégularités. Il y a à la fois, de la rugosité et de la douceur…J’observe aussi les rendus divers des teintes prises par la terre lors de la cuisson. La terre, le feu, et le travail de l’homme…
Puis j’aperçois, sur le haut de cette forme, une sorte d’entaille qui suggère l’intérieur, un intérieur peu visible, difficilement accessible…Je considère, chez moi-même, chez les personnes que je côtoie, ce qui est donné à voir, ce qui peut rester cacher…Derrière l’apparence peuvent se cacher bien des richesses.
Dieu, guidant Samuel dans sa quête d’un successeur à David, dit : « les vues de Dieu ne sont pas comme les vues de l’homme, car l’homme regarde à l’apparence, mais Yahvé regarde au cœur. » (1S, 16, 7). J’examine cette invitation du Seigneur à dépasser les apparences.

Voici maintenant une œuvre d’Anne-France Baderos. Trois personnages dos à dos, qui semblent incapables de communiquer. Des personnages en voie de création : si leur torse et leurs jambes donnent lieu à un fini bien lisse, les dos semblent encore à peine émargés du matériau brut…Les trois personnages enserrent un objet invisible, comme une charge qu’ils ne peuvent pas encore appréhender, ou comme une attente qui ne se réalise pas encore.
Ces trois figures expriment une forme de vulnérabilité, isolés dans une absence de communication et dans des désirs non réalisés, peut-être inaccessibles. La Bible donne écho à des quêtes inabouties, parfois vaines. « Vanité des vanités, dit Qohélet, vanité des vanités, tout est vanité. » (Qo, 1,1).
Je considère ce qui, dans ma vie, peut-être quête vaine, recherche de biens trompeurs et j’entends l’appel du Seigneur : « amassez-vous des trésors dans le ciel : là point de mite, ni de ver qui consument (…) Car où est ton trésor, là sera aussi ton cœur. » (Mt, 6,20).

Observons maintenant ce personnage marchant sur des cartes jaunes de Zuzana Jaczova, artiste slovaque. La vie humaine est à la recherche d’équilibre.
L’iconographie médiévale a ainsi donné une large place à la représentation d’acrobates. Pour avancer, tenir dans la vie, chacun a « des cartes en main » …
Je peux prendre du temps pour m’interroger : quelles cartes ai-je en main pour construire ma vie, comment puis-je trouver mon équilibre vital ? Sur ce chemin, le Seigneur me guide, tout en faisant appel à ma liberté : « je te propose la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie pour que toi et ta postérité vous. Viviez. (Dt, 30,19). Et moi, qu’est-ce que je décide de choisir ?

Terminons par cette œuvre de Yoon-Yoon, cocons. Un biscuit de porcelaine très lisse, très pur. Des formes parfaites et immaculées. Une rotondité apaisante.
Des cocons qui offrent la sécurité, qui protègent la vie. Des cocons, lieu de fécondité comme l’évoque les extrémités des céramiques, suggérant un sein nourricier. Je me confie au Seigneur, au Créateur, maître de la vie. « Moi, je suis venu pour qu’on ait la vie et qu’on l’ait en abondance. » (Jn, 10,10)
Je me tourne maintenant vers le Seigneur, comme vers un ami. Je rends grâce pour Son souffle qui continue de me modeler. Je peux aussi lui confier mes propres vulnérabilités, prier pour tous ceux qui connaissent aussi des fragilités.
Jésus nous a révélé que le Dieu qui nous a créé est Père, à qui nous disons « Notre Père… »
Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit…
Fête de Ste Maria GORETTI
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 11, 25-30
En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance. Tout m’a été remis par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler.
La liturgie de ce dimanche 5 juillet nous donne ce texte qu’on nomme souvent « l’hymne jubilatoire » dans lequel Jésus loue le Père d’avoir éclairé les tout-petits car la vraie grandeur se loge dans l’humilité.
Père, je te bénis
Aux sages et aux savants |
Tu caches ton mystère,
Mais au cœur de l'enfant /
Tu dis que tu es Père.
Père, je te bénis,
Pour ton immense amour.
Aujourd’hui, lundi 6 juillet, la liturgie fête Ste Maria GORETTI, cette jeune fille née dans petit village italien des Marches le 16 octobre 1890. Vie simple, beau témoignage qui illustre bien cette page d’évangile.

Amabilité, générosité et pureté de cœur étaient les traits caractéristiques de la personnalité de Maria toujours dévouée aux travaux domestiques et au soin de ses frères plus jeunes, tandis que les parents s’adonnaient sans arrêt aux travaux pénibles des champs. La foi, l’assiduité dans la prière, ne firent jamais défaut chez la petite jeune fille. Après le décès de son papa elle sentit le devoir de réconforter la maman restée seule à s’occuper de toute la famille.
Père, je te bénis
Aux sages et aux savants |
Tu caches ton mystère,
Mais au cœur de l'enfant /
Tu dis que tu es Père.
Père, je te bénis,
Pour ton immense amour.
Quoiqu’illettrée, en 1902, à onze ans à peine, elle demanda et obtint de faire sa première communion Et déjà dans son cœur murissait le désir de se donner totalement au Christ, son Seigneur.
Père, je te bénis
Aux sages et aux savants |
Tu caches ton mystère,
Mais au cœur de l'enfant /
Tu dis que tu es Père.
Père, je te bénis,
Pour ton immense amour.
Mais un voisin, ami de la famille, Alessandro Serenelli, 18 ans, qu’elle considérait jusque là comme un frère essaya à plusieurs reprises de tenter et d’agresser Maria . A chaque fois, elle le repoussait. Un jour après de multiples avances, le jeune homme, alors aveuglé par la colère, la frappa à plusieurs reprises Frappée de quatorze coups de couteau, elle meurt le lendemain, après avoir pardonné à son agresseur. Ce dernier se convertira en prison, avant de finir ses jours comme frère tertiaire franciscain, jardinier dans un monastère.
Sainte Maria Goretti, dont l’Église fait mémoire ce 6 juillet, demeure l’un des exemples les plus lumineux du XXe siècle de la vertu vécue jusqu’au martyre
Psaume 18b
Les décisions du Seigneur sont justes et vraiment équitables
Ce psaume est une méditation tranquille sur la loi de Dieu révélée au cœur de l’homme, qu’il ne faut pas chercher dans les cieux ni au-delà des océans, qui n’est pas hors d’atteinte ni au-dessus des forces de l’homme
La loi du Seigneur est parfaite
qui redonne vie
La charte du Seigneur est parfaite
qui rend sages les simples
A l’appui de sa méditation, le psalmiste appelle donc la Création elle-même. Il suffit d’ouvrir les yeux pour apprécier la gloire et la splendeur de Dieu, sans avoir besoin de chercher des discussions, des démonstrations ou des argumentations. Le silence est plus éloquent que les bavardages humains
Les préceptes du Seigneur sont droits
ils réjouissent le cœur
Le commandement du Seigneur est limpide
il clarifie le regard

Le psaume se poursuit par une méditation sur la Loi de Dieu qui nous imprègne et dont l’évidence nous apparaît en regardant autour de nous : C est un programme de vie.
La crainte qu’il inspire est pure
elle est là pour toujours
Les décisions du Seigneur sont justes
et vraiment équitables
Le malheur de l’homme est de chercher la clairvoyance dans ses propres forces alors que seul l’engagement sans réserve dans le projet de Dieu est libération et source de bonheur, de richesses plus désirables que l’or.
Plus désirables que l’or,
qu’une masse d’or fin
Plus savoureuses que le miel
qui coule des rayons
Ce psaume est une expression de la confiance en Dieu. C’est dans sa loi que l’on trouve le bonheur. C’est Dieu qui défend, qui protège, qui libère du péché. Entrer dans le projet de Dieu est source de paix, d’émerveillement et de bonheur. Il ne faut le chercher ni dans l’héroïsme ni dans l’exotisme mais dans la sagesse d’un cœur simple et dans un regard clair. Heureux les cœurs purs…
CADEAU POUR UN TEMPS RALENTI
En ces journées au temps ralenti, remplies de fatigue, nous vous offrons quelques petits cadeaux pour nourrir notre méditation et notre prière Des oeuvres d’art pour nous faire entrer dans le temps ralenti de la contemplation et un beau texte pour contempler le Christ à nos côtés, plein d’attention et qui nous appelle chacun par notre nom.


Jésus est fatigué ! Mais disponible à la rencontre et il apporte l’eau vive qui fait renaître à la vraie vie.

J’ai tellement désiré manger cette Pâque avec vous avant de souffrir.
Luc 22, 15
Lui qui n’a cessé
d’aller et venir
lui qui a tellement
marché
dans les hauts et les bas
de leur désir
il s’assied
maintenant avec eux
pour rompre
le pain du présent
Il prend l’amitié
entre ses mains
il dit que c’est là
le plus humain
le souci qu’on a
les uns des autres
que personne
ne soit laissé dehors
qu’autour de la table
chacun ait
sa place
et sa parole
Il dit que la vie c’est
comme la manne
il faut
s’agenouiller
pour la ramasser
chaque matin
puis la pétrir
longuement
pour en faire
des galettes de bonté
que l’on partagera
avec ceux
qui sont sur le bord
du chemin

Il sait qu’on n’a pas
toujours envie d’avancer
qu’on aimerait mieux
flâner ou se reposer
qu’il y a
certains jours
dans les pieds
trop de douleur
et trop d’épines
dans le cœur
Il connaît
la vieille fatigue
de ne pas être compris
de parler dans la nuit
une langue trop claire
pour les nantis

Mais il se souvient
du jour
où il était assis
au bord du puits
il était midi
et la femme
qui s’approchait
de lui
ne savait
pas encore
qu’elle vivait
la fin de sa nuit
Il les regarde
un à un
ces visages
qu’il a tant aimés
il les connaît
par leur nom
et même
leur petit nom
Ce ne sont
pas eux
qui l’ont choisi
mais lui
et il continue
de les choisir
parce que l’amour
n’a jamais fini
d’élire l’aimé
et de l’envoyer
à son tour essaimer
aimer plus loin
Francine Carrillo
Le Plus-que-vivant, Labor et Fides

Psaume 78
Pour la gloire de ton nom, Seigneur, délivre-nous !
Je prends le temps de me disposer à prier le Seigneur avec le psaume du jour. Je respire plusieurs fois profondément et lentement; je fais silence en moi, pour accueillir cette prière du Peuple d’Israël, dans mon aujourd’hui, et la faire mienne.
Je demande la grâce de discerner de ce dont j’ai besoin d’être délivré.e. Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Amen
Je lis lentement, je murmure avec mon coeur le début de ce psaume en m’adressant à Dieu. C’est une plainte qui peut être la mienne, pour aujourd’hui, pour moi et pour le monde. Je laisse ces versets résonner et me rejoindre.
Dieu, les païens ont envahi ton domaine ;
ils ont souillé ton temple sacré
et mis Jérusalem en ruines.
Ils ont livré les cadavres de tes serviteurs
en pâture aux rapaces du ciel
et la chair de tes fidèles, aux bêtes de la terre.
Ils ont versé le sang comme l’eau
aux alentours de Jérusalem :
les morts restaient sans sépulture.
Nous sommes la risée des voisins,
la fable et le jouet de l’entourage.
Combien de temps, Seigneur, durera ta colère
et brûlera le feu de ta jalousie ?

Et comme Chagall, je contemple le Christ souffrant pour nous et avec nous. Je reconnais qu’il est au milieu de nous, je l’appelle et le prie .
Ne retiens pas contre nous les péchés de nos ancêtres :
que nous vienne bientôt ta tendresse,
car nous sommes à bout de force !

En contemplant la tendresse aimante et consolatrice du Père, je lui confie mes cris, mes détresses, mes demandes de pardon. Je réfléchis en moi-même et repère quels sont « ces païens » qui ont peut-être envahi mon coeur, qu’est-ce qui , en moi, souille « ton temple sacré?
Je prends maintenant le temps de repenser à tout cela dans mon coeur et je le partage au Seigneur. Et je lui demande son aide.
Aide-nous, Dieu notre Sauveur,
pour la gloire de ton nom !
Délivre-nous, efface nos fautes,
pour la cause de ton nom !
Mon désir est grand et je suis sûr.e de Lui.Il me remet sur le chemin de la vie et me donne sa lumière pour le reconnaître ici et vivre pour la gloire de Son nom. Je peux, avec Marie, le chanter et le louer.

Prier avec la figure de Jean-Baptiste. « la prédication de Jean-Baptiste » par Pieter Brueghel
Alors que en cette fin de juin, sont proposés un peu partout des feux de la st Jean, nous vous proposons de prier avec le tableau de Pieter Brueghel intitulé la prédication de Jean Baptiste. Cette œuvre pourra nous aider à mieux comprendre la figure de ce dernier prophète de l’Ancien Testament dont l’Eglise fête la nativité le 24 juin.

Ce tableau peint en 1566 est l’œuvre de Brueghel l’Ancien qui réside alors à Bruxelles, ville faisant partie des Pays-Bas espagnols. Avec Jan van Eyck, Jérôme Bosch et Pierre Paul Rubens, celui-ci est considéré comme l’une des grandes figures de l’École flamande.
Nous nous mettons en présence du Seigneur et nous rendons disponibles, à l’écoute de l’Esprit Saint.
Nous prenons le temps de contempler cette prédication de Jean-Baptiste.
Quelle impression d’ensemble ? Quels détails attirent mon regard ? Qu’est-ce qui m’étonne ?
Ce que l’on voit au premier regard, ce n’est pas Jean-Baptiste. C’est une foule bigarrée, plutôt dans les tons bruns parsemés de taches claires ; elle est de dos. Elle se tient dans une clairière au milieu d’une forêt et forme comme un cercle qui occupe presque tout l’espace. Une trouée lumineuse, au fond, vers le centre droit, ouvre cet espace et de la clairière l’on aperçoit une rivière, une ville avec son église et au loin une montagne.
La foule est de dos et si nombreuse que certains ont dû monter dans les arbres pour apercevoir celui vers qui tous se sont tournés. C’est à ce point de convergence, à l’arrière-plan que nous pouvons voir Jean-Baptiste. Vêtu d’une tunique brune, il nous fait face et prêche. De son bras gauche, il désigne une personne vêtue de bleu qui se trouve dans la foule et se tient légèrement à l’écart, les bras croisés sur sa poitrine.
Nous pouvons reconnaître des éléments du décor et de la vie au XVIe siècle dans le Nord de l’Europe
-L’arrière-plan découvrant un château au sommet d’un mont, une église haute, un voilier sur un large fleuve…
– A une époque où les relations entre catholiques et protestants étaient tendues, la foule rassemblée dans une forêt, peut être un rappel du temps où les protestants étant interdits de pratique avaient coutume de se retrouver dans des clairières pour des prédications.


Les vêtements variés de la foule : les Pays-Bas était un pays de navigateurs ; la population des villes portuaires comme Anvers, où a vécu Brueghel, découvrait des peuples venus d’Orient ou d’Asie. Aussi peut-on voir au premier plan, un homme au très large chapeau, légèrement conique, comme en Asie, à ses côtés un homme gitan enveloppé d’une couverture bariolée dit la bonne aventure et à gauche de l’arbre on reconnaît deux personnes aux coiffes et vêtements exotiques. A leurs côtés les chapeaux et les vêtements plutôt de couleurs sombres, des hommes et des femmes reflètent l’aspect des habitants des pays d’Europe du Nord.
Le message de Jean-Baptiste est pour tous. Qu’est-ce qui motive ces hommes et ces femmes, de tous âges et toutes origines ? Qu’est-ce qui les habite ? Quelle recherche les met en mouvement ?
Et moi, où pourrais-je me placer dans cette scène ? Qu’est-ce qui m’habite ? Dans quelle mesure est-ce que je cherche à connaître le Christ ?
Nous pouvons méditer maintenant sur Jean-Baptiste et Jésus
Jean-Baptiste est vêtu d’une simple tunique brune, couleur de la terre. Il a la tête découverte et les bras nus et contraste avec la foule. Ascétisme de ce prophète qui s’est retiré au désert et dont l’Evangile parle ainsi : « Jean avait un vêtement de poil de chameau et une ceinture de cuir autour des reins ; il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage » Mt 3,4.
Son bras droit est replié sur sa poitrine, dans un geste qui semble demander l’attention du public, et son bras gauche est tendu en direction de Jésus, vêtu de bleu, couleur du ciel, qui se tient en contre-bas. Jean-Baptiste invite avec fougue à la conversion et indique le Messie.

A cet instant du tableau, Jean-Baptiste tient la place centrale. Jésus, lui se tient en humble place, un parmi la foule. Pourtant, JB le sait, ce ne sera pas toujours ainsi ; Il dit : « Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ; il vient après moi et je ne suis même pas digne de dénouer la lanière de sa sandale. » Jn 1,26
Pas étonnant donc que l’Eglise fête la naissance de JB au moment du solstice d’été, le moment où les jours sont les plus longs et où ils commencent à diminuer ; alors qu’au contraire la fête de la nativité de Jésus se situe au moment du solstice d’hiver lorsque les jours commencent à rallonger. C’est le Christ qui est lumière pour le monde ; JB est la voix qui l’annonce.
Je peux me laisser enseigner par ce témoin qu’a été Jean-Baptiste, par sa fougue, par son humilité. Je peux demander au Seigneur la grâce d’être, comme lui, un témoin de l’amour du Christ et de savoir m’effacer pour que chacun entre en relation avec Lui.
Qu’est-ce qui peut éclairer ma propre manière de vivre ou d’être missionnaire ?
Nous terminons ce temps de prière en écoutant le cantique de Zacharie
Psaume 96
Que le Seigneur soit votre joie, hommes justes !
Le Seigneur est roi ! Exulte la terre !
Joie pour les îles sans nombre !
Ténèbre et nuée l’entourent,
justice et droit sont l’appui de son trône. R
Devant lui s’avance un feu
qui consume alentour ses ennemis.
Quand ses éclairs illuminèrent le monde,
la terre le vit et s’affola. R
Les montagnes fondaient comme cire devant le Seigneur,
devant le Maître de toute la terre.
Les cieux ont proclamé sa justice,
et tous les peuples ont vu sa gloire. R
Honte aux serviteurs d’idoles qui se vantent de vanités !
À genoux devant lui, tous les dieux !
Haïssez le mal, vous qui aimez le Seigneur,
car il garde la vie de ses fidèles. R
Dans la joie, ce psaume annonce le règne de Dieu (v.1) : « Le Seigneur est roi ! Exulte la terre ! »
Il se divise ensuite en deux parties :D’abord une théophanie (v. 2-6) puis un chant de victoire et de louange (v. 7-12).
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
Je lis le psaume lentement, verset par verset. Je laisse résonner les sons, les images…
Après l’avoir lu deux ou trois fois, qu’est-ce qui résonne en moi ?

Le Seigneur est roi (v.1) – son trône (v.2) – le Maître de toute la terre (v.5) – le Très-Haut sur toute la terre : * tu domines de haut tous les dieux (v.9).
Qu’est-ce que l’image de cette Royauté du Seigneur sur le monde suscite en moi ?
Honte aux serviteurs d’idoles qui se vantent de vanités ! A genoux devant lui, tous les dieux ! (v.7)
Comme le peuple d’Israël a été tenté d’adorer les dieux des pays voisins, nous pouvons nous aussi, nous laisser aveugler et tromper par des idoles.
Quels sont pour moi ces dieux que je peux être tenté.e de servir ?
Mais nous sommes invités à nous en remettre au Seigneur (v.10 -12), dans la confiance, à nous laisser sauver par Lui.
Dans cette perspective de « la lumière semée pour le juste, de la joie pour le cœur simple » (v.11), à quelles conversions je me sens appelé.e ?
v.12 – Que le Seigneur soit votre joie, hommes justes ; rendez grâce en rappelant son nom très saint.
Je médite tout cela dans mon cœur et j’en parle au Seigneur, comme un ami parle à son ami. Je lui confie ce qui m’habite : demande de pardon, désir, action de grâce…
Puis je termine, en communion avec tous mes frères et sœurs : Notre Père…
Contempler la Création, pour contempler Dieu Créateur
A la lisière de l’été, nous prenons le temps de nous laisser toucher par la splendeur de la nature. Pour ce faire, nous contemplons des tapisseries de Dom Robert, moine bénédictin de l’abbaye d’En Calcat.
Un musée lui est consacré, à proximité de l’abbaye, à Sorrèze. Nous pouvons ainsi rendre grâce pour l’œuvre créatrice du Seigneur et la puissance créatrice des artistes, pour « les fruits de la terre et le travail de l’homme ».
Je me dispose à la prière, en choisissant de prendre du temps. Il nous arrive trop souvent de traverser notre environnement rapidement, avec indifférence, sans prendre le temps de regarder. Je veux faire halte, ouvrir tout mon être à la beauté, et ainsi rejoindre le Seigneur. Je demande la grâce de la disponibilité.
Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.


J’entre dans ces deux tapisseries, en « circulant » dans la profusion de la flore et de la faune. Des fleurs que je peux nommer, peut-être : coquelicots, ombellifères, nénuphar…D’autres qui me sont inconnues, mais qui disent la richesse de la création. La faune est aussi présente dans sa diversité : oiseaux, poissons, papillons, un chat…Je prends le temps de repérer les multiples détails, me laissant porter par la curiosité et l’émerveillement.

Dom Robert a aussi représenté quelques scènes bibliques. Nous nous arrêtons sur la Création. Je m’arrête sur le fond lumineux de la tapisserie, évoquant la lumière originelle…Je m’arrête sur la nature peuplée de toutes les plantes et les animaux, « créés selon leur espèce » …Je rends grâce pour la beauté du monde. « Et Dieu vit que cela était bon ».
Au centre de la Création, dans un cercle vert, évoquant l’Espérance, la création de l’homme à qui cette création est confiée. « Dieu prit l’homme et l’établit dans le jardin d’Eden pour le cultiver et le garder. » (Gn, 2, 15). Mais, dès l’origine, le serpent tentateur est présent…Tentation de « profiter », d’exploiter les dons dispensés plutôt que de les préserver. Je médite sur ma responsabilité vis-à-vis de la création.

Je m’arrête sur la représentation de la création de l’homme, tiré de la terre, comme le suggère les tons d’ocre…Adam, qui, dès l’origine, appartient à la terre dont il est tiré et au ciel, par le souffle divin qui l’anime.
L’artiste le représente ainsi une main tournée vers les cieux, une main tournée vers le sol.
Je considère maintenant la figure du Dieu Père et Créateur, représenté avec une certaine malice…Dieu est ici chez lui, représenté avec des pantoufles ! C’est chez lui, dans son intimité qu’il accueille l’homme. Il est aussi représenté comme un humble artisan, portant un tablier…
le même que revêtira le Christ lors du lavement des pieds…Je vois le regard attentif et chaleureux que le Père porte sur Adam qui vient au monde…J’examine ma relation au Seigneur.
La nature contribue donc à la révélation de Dieu. Notre monde peut l’oublier, ne voyant dans la planète et le monde vivant qu’un objet d’admiration, au mieux, des ressources à exploiter, au pire. Je relis une mise en garde du Livre de la Sagesse et médite ce texte, pour aujourd’hui
De nature, ils sont inconsistants, tous ces gens qui restent dans l’ignorance de Dieu : à partir de ce qu’ils voient de bon, ils n’ont pas été capables de connaître Celui qui est ; en examinant ses œuvres, ils n’ont pas reconnu l’Artisan.
Mais c’est le feu, le vent, la brise légère, la ronde des étoiles, la violence des flots, les luminaires du ciel gouvernant le cours du monde, qu’ils ont regardés comme des dieux. S’ils les ont pris pour des dieux, sous le charme de leur beauté, ils doivent savoir combien le Maître de ces choses leur est supérieur, car l’Auteur même de la beauté est leur créateur. Et si c’est leur puissance et leur efficacité qui les ont frappés, ils doivent comprendre, à partir de ces choses, combien est plus puissant Celui qui les a faites.
Car à travers la grandeur et la beauté des créatures, on peut contempler, par analogie, leur Auteur. Et pourtant, ces hommes ne méritent qu’un blâme léger ; car c’est peut-être en cherchant Dieu et voulant le trouver, qu’ils se sont égarés : plongés au milieu de ses œuvres, ils poursuivent leur recherche et se laissent prendre aux apparences : ce qui s’offre à leurs yeux est si beau !
Encore une fois, ils n’ont pas d’excuse. S’ils ont poussé la science à un degré tel qu’ils sont capables d’avoir une idée sur le cours éternel des choses, comment n’ont-ils pas découvert plus vite Celui qui en est le Maître ? (Livre de la Sagesse, 13,1-9)
Je prends maintenant le temps d’une conversation avec le Seigneur, « comme un ami parle à un ami », au creux de cette intimité présente dès la création d’Adam…Ma prière peut se faire action de grâces pour les dons dispensés, pour la bonté de Dieu au sein de l’acte créateur originel. Ma prière peut aussi se faire demande de pardon pour les blessures graves infligées aujourd’hui par l’humanité à notre maison commune.
Et je termine en m’adressant au Dieu Créateur, qui est Père : « Notre Père… »
Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.
Prier en pétrissant le pain

Je fais le signe de la croix. En entrant dans ce temps de prière, je demande la grâce d’une connaissance plus grande de Jésus Christ, pain de Vie.
Je contemple ce geste ancestral de la fabrication du pain.
Le pain est un élément important de l’alimentation dans notre culture. Il faisait partie aussi de la nourriture au temps de Jésus ; pain d’orge pour les pauvres, pain de froment pour les plus riches. On pétrissait alors la farine et l’eau et on mettait du levain. On lui donnait la forme de petits disques ronds assez minces ; puis il était cuit sur la braise. Pendant le repas, on le rompait et avec les bouchées, on se servait dans le plat.
Je considère combien est vital ce pain quotidien.
D’ailleurs cette demande de pain fait partie de la prière que nous enseigne Jésus, le Notre Père : « Donne-nous notre pain de ce jour ».
Non seulement, Jésus attache de l’importance à la nourriture et aux gestes de la vie quotidienne, mais ces gestes lui parlent du Royaume de Dieu. « Le Royaume des cieux est comparable à du levain qu’une femme prend et enfouit dans trois mesures de farine, si bien que toute la pâte lève. » (Mt 13,33)
Qu’est-ce qu’évoque pour moi le pain? Le levain ? Qu’est-ce qui est pour moi nourriture ? Quels sont les germes du Royaume que je vois et qui transforment peu à peu notre monde ?

Je considère le pain, une fois cuit, qui va être partagé.
Le repas est ce moment important où l’on se rencontre ; où l’on partage le pain mais aussi la parole.
Par l’imagination, je me rends présent à Jésus qui, dans l’Evangile, partage le pain avec toutes sortes de gens : ses disciples, ses amis, des pharisiens mais aussi des pécheurs et des publicains.
Je le contemple bénissant Dieu et rendant grâces pour ce pain ; je le contemple rompant le pain ; le multipliant pour le distribuer aux foules venues l’écouter…
Avec qui est-ce que je partage mon pain ? Est-ce que je pense à ceux qui ont faim ? Est-ce que je rends grâce à Dieu pour le pain reçu, pour les moments partagés autour d’un repas, pour l’amitié, pour les liens crées ?

Je contemple le pain de Vie
Je fais mémoire de Jésus, couché dans une mangeoire à sa naissance à Bethléem (ce qui signifie ‘maison du pain’).
De Jésus disant, après avoir multiplié les pains: « Je suis le pain vivant qui descend du ciel. Celui qui mangera de ce pain vivra pour l’éternité. » (Jn 6,51)
De son dernier repas où il institue l’Eucharistie : « Pendant le repas, il prit du pain, et après avoir prononcé la bénédiction, il le rompit, le leur donna et dit : « Prenez, ceci est mon corps » (Mc 14,22).
De sa manifestation, après la Résurrection, aux pèlerins d’Emmaüs, où il se fait reconnaitre à la fraction du pain : « Et eux racontèrent ce qui s’était passé sur la route et comment ils l’avaient reconnu à la fraction du pain » (Lc 24, 35)
Quelle est la place de l’Eucharistie dans ma vie ? Est-ce que j’ai faim de ce pain de vie ? Le Christ s’est fait nourriture, qu’est-ce que cela provoque en moi ?
Je parle au Seigneur de ce qui m’habite, après cette méditation.
Et pour conclure, je peux redire le Notre Père et chanter: »Regardez l’humilité de Dieu »
Psaume 24
« Priez donc le Maître de la moisson ! »
Le psaume 24 (25) qui nous est proposé ce jour nous ramène à la lettre pastorale de notre évêque dont vous trouverez l’intégralité
« Prier pour les vocations c’est partager la compassion de Jésus pour notre monde en désarroi, se laisser toucher par la détresse humaine et spirituelle de nos frères et sœurs, autour de nous et dans le monde. »

Après cette introduction du début de la lettre, et notre mise en disposition nous pouvons dire lentement ce psaume :
Seigneur, enseigne-moi tes voies,
fais-moi connaître ta route.
Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi,
car tu es le Dieu qui me sauve.
Il est droit, il est bon, le Seigneur,
lui qui montre aux pécheurs le chemin.
Sa justice dirige les humbles,
il enseigne aux humbles son chemin.
Les voies du Seigneur sont amour et vérité
pour qui veille à son alliance et à ses lois.
Le secret du Seigneur est pour ceux qui le craignent ;
à ceux-là, il fait connaître son alliance.












