Avec Zachée, accueillir le salut

James Tissot (1836 – 1902) – Brooklyn Museum

En ce temps de Carême, nous prions avec la rencontre de Zachée avec Jésus, une rencontre improbable  et bouleversante. Ce récit se trouve en Luc 19,1-10. Le texte nous dit que la scène se passe à Jéricho, une ville que traverse Jésus pour monter à Jérusalem.

Nous entrons dans la prière en faisant un signe de croix et en demandant la grâce d’être transformé, comme Zachée,  par la rencontre de Jésus à travers cette Parole.

Il y a beaucoup de monde dans ce tableau : la venue de Jésus ne passe pas inaperçue. Pourtant ce n’est pas Jésus qui occupe la plus grande place, mais Zachée. Presque au centre, il est au premier plan ; on le voit de dos, perché sur un sycomore et sa tenue de couleur vivre contraste avec le reste de la scène ; et avec les autres personnages, eux aussi montés dans les arbres pour mieux voir ce Jésus dont ils ont entendu parler et qui passe.Zachée surplombe la scène. De là-haut, il voit arriver Jésus et la cohorte qui le suit ;

ses disciples et d’autres. Un  Jésus qui éveille la curiosité si l’on en croit la foule qui se tient au bord du chemin, pour voir.Jésus avance en tête et lève les yeux vers Zachée. Il lui fait signe. Pourquoi lui, qui est un collecteur d’impôt ? Quelqu’un de mauvaise réputation car c’est un collaborateur de l’occupant romain et un voleur. Ne sait-il pas que c’est un pécheur et que sa fréquentation entraîne une impureté ? Leurs regards se croisent. La rencontre va avoir lieu.

Nous pouvons imaginer l’étonnement de tous ceux qui sont là et qui entendent Jésus dire : «  Zachée, descends vite ; il me faut aujourd’hui demeurer dans ta maison. » (v.5)
 

Nous essayons de comprendre ce qui habite ces deux hommes ; quels sont leurs désirs respectifs.Zachée est là en attente, après s’être empressé de monter sur un arbre pour mieux voir. Sa curiosité l’a mis en mouvement. Qu’est-ce qui l’attire ainsi dans Jésus ? Qu’attend-il de lui ?

Jésus passe ; il est en bas, lui qui est descendu pour faire sa demeure parmi les hommes. Son désir à lui, c’est le salut de l’humanité. « En effet le Fils de l’Homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » (v. 10). Il voit Zachée, il voit son désir de le voir, ce qui lui permet d’aller plus loin ; chez celui qui le cherche, il s’invite.

Et moi ? Qu’est-ce qui m’attire en Jésus ? Qu’est-ce que je fais pour aller vers lui ?  Est-ce que je cherche à le rencontrer ? Comment ? Est-ce que je crois que Jésus me cherche le premier et veut me rencontrer?

De la rencontre proprement dite, le texte ne dit rien. Mais Zachée  s’en trouve transformé. Nous écoutons le chant de Mannick et Jo Akepsimas.

Nous entendons aussi  une autre parole de Jésus dans ce récit : « Aujourd’hui, le salut est venu pour cette maison, car lui aussi est un fils d’Abraham » (v.9)

Zachée qui semblait attaché à ses gains, devient généreux envers les pauvres, envers ceux à qui il avait fait du tort. En rencontrant Jésus, en recevant son amour et son pardon, il entre dans la gratitude et  s’ouvre à l’amour des frères. Et la joie est au rendez-vous !

Et moi ? Est-ce que j’ai conscience d’être un pécheur pardonné ? Qu’est-ce qui serait à ajuster dans ma vie ? A quoi le Seigneur m’appelle-t-il  pour mieux répondre à son amour ?

Je m’adresse au Seigneur et lui dit ce que cette méditation a provoqué en moi…

Je peux me joindre à cette prière :

Je termine par une prière de l’Eglise

Psaume 147

Je choisis un lieu calme, pour prendre du recul par rapport à mes activités, préoccupations quotidiennes. Je cherche à faire silence en moi pour être disponible à la Parole. « Seigneur, me voici ». Je sais que tu me précèdes et m’attends. Je te demande d’accueillir ta Parole.

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Je lis lentement le psaume.
 

  • Je contemple l’action du Seigneur, une action qui me concerne personnellement, d’abord :

– « Il a consolidé les barres de tes portes. ». Je considère mon désir de sécurité, et repère comment le Seigneur est, comme le disent d’autres psaumes, « mon rempart », « mon rocher » …

« Il a béni tes enfants ». J’examine comment le Seigneur veille aussi sur le futur, ouvre des possibles. La sécurité présente des portes et des murs où j’habite permet aussi un à-venir…


 

  • Puis, maintenant, la diffusion de la Parole qui rejoint toute la terre :

« Il envoie sa parole sur la terre » …Le psalmiste recourt à deux belles images pour évoquer la diffusion de la parole. Je les goûte, et vois, par l’imagination, un paysage recouvert « d’une toison de neige », « d’une poussière de givre » …Je perçois la légèreté de la neige, qui recouvre tout, à l’image de la légèreté de la Parole qui rejoint toute ma vie en douceur…

  • J’entends alors l’appel du psalmiste : « glorifie le Seigneur, célèbre ton Dieu… ».
  • Puis je m’arrête sur la fin du texte. Le psalmiste y célèbre l’élection d’Israël. Je crois que cette élection concerne maintenant tous les peuples, toutes les nations…Je suis moi-même bénéficiaire de l’élection du Seigneur.

Je relis le psaume.

Je poursuis par un cœur à cœur avec Dieu. Je rends grâce pour sa Parole, peux lui présenter mes infidélités dans son écoute. Je lui présente celles et ceux qui, dans mon entourage, ou plus loin, ont besoin de percevoir l’aide du Seigneur.

Je termine en disant « Notre Père… »

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit…

La Samaritaine devient témoin et messagère de l’Évangile dans son village.

St Jean 4, 28-30

Le texte ne dit pas : « écoutez-moi ». L’attention est moins dirigée sur elle que sur son sauveur. Elle n’impose pas sa découverte, elle invite les gens de sa ville à se faire une opinion personnelle.

Que ce serait-il passé, si elle avait dit : un Juif ? Sa présentation neutre, n’est-elle pas respect des siens ? Ne facilite-t-elle pas l’abandon des a priori, le bannissement des barrières culturelles, religieuses, nationales, raciales ?

Cette phrase laisse supposer que ce qu’elle avait fait, ou faisait, était connu… Une telle situation en Israël était passible de lapidation. De toutes façons, elle était prête à courir le risque tellement son bonheur était intense. Quelle transformation ! Tout à l’heure,  vers midi, elle venait à ce puits, espérant ne rencontrer personne, et maintenant, c’est elle qui va vers les siens. Cette attitude n’est-elle pas la démonstration de la vraie conversion ?

litt. « Celui-ci est-il peut-être le Christ ? ». Elle n’impose pas sa découverte, elle favorise celle des autres… N’est-ce pas là le vrai témoignage, la meilleure évangélisation ? Le vrai partage de spiritualité ? En restant dans le questionnement on n’agresse jamais.
 

Est-ce que l’empressement de la Samaritaine a été communicatif ? L’envie et la curiosité sont trop fortes. Ne faut-il pas sortir de son périmètre de confinement,  sortir de soi-même, pour aller vers un ailleurs, vers le Christ et lui seul, sans intermédiaire de préférence ? Osons sortir et rendons-nous compte par nous-mêmes de l’importance de rencontrer Christ personnellement

Après cette méditation prenons le temps de contempler cette peinture.

Prier avec le Christ vainqueur des tentations

Allez sur les 2 sites suivants pour contempler des photos de très belle qualité

https://www.arnaudfrichphoto.com/chapiteau-tentation-du-christ-abbatiale-de-plaimpied-givaudins.htm

https://vialucispress.wordpress.com/2015/06/15/the-temptation-of-christ-dennis-aubrey/

Situé au sud de la première travée de la nef, c’est un chapiteau historié  du 12ème siècle, qui s’adressait aux nombreux pèlerins qui faisaient étape à Plaimpied. Il évoque les tentations du Christ au désert (Mt 4,1-11 – Evangile du 1er dimanche de Carême)

Nous prions devant ce joyau de l’art roman, nous laissant guider par ce que le sculpteur a exprimé.

Le Christ, que l’on reconnait à son auréole crucifère, est au centre de ce chapiteau  qu’il occupe largement. Il est assis sur un trône royal en forme de lyre  et porte un vêtement aux larges plis ; les bras ouverts, il  tient dans sa main gauche le Livre de la Loi et de sa main droite fait un geste de rejet. Sa posture évoque les Christ en gloire ; c’est un Christ triomphant qui est ici représenté.

De chaque côté de lui, un large espace le sépare de deux diables portant des ailes ; l’un est nu, l’autre couvert d’écailles.  Jésus est seul au désert, et affronte le Malin ; les créatures sculptées de son siège semblent le protéger. Le diable à sa gauche lui présente une pierre pour qu’il la transforme en pain. C’est la 1ère tentation, celle de l’avoir, alors qu’il ressent la faim et le manque.

Les deux autres tentations, celle du pouvoir et celle du paraitre sont évoquées par les fines sculptures, au-dessus de la scène, qui  évoquent des constructions, le temple … les palais des royaumes du monde.

Le Christ tourne les yeux vers son Père ; il s’appuie sur la Parole et chasse énergiquement le tentateur. Là où le peuple avait succombé au désert, le Christ lui est vainqueur.

Je contemple ce Christ vainqueur du mal

Jésus reste fidèle à la Parole de Dieu ; il est libre et se tourne résolument vers le Père : il répond au tentateur : « L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute Parole qui sort de la bouche de Dieu » ; « Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu » ; « Arrière, Satan ! C’est le Seigneur ton Dieu tu adoreras, à lui seul, tu rendras un culte. »

Je médite cela et m’adresse au Seigneur en lui rendant grâce pour son Fils, venu nous libérer.

Je médite sur les 3 tentations

Ces tentations de Jésus sont aussi les nôtres. Je regarde ma vie et fais remonter à ma mémoire les moments où, confronté à ma vulnérabilité, je me suis approprié les choses ; les moments où j’ai abusé de mon pouvoir ; les moments où je n’ai cherché les honneurs…

Je médite cela et m’adresse au Seigneur pour lui demander pardon et pour lui demander la force de résister.

Que le Seigneur m’aide à m’ancrer dans le Christ, par la prière et l’écoute de la Parole, pour suivre son chemin de liberté !

Je conclus ma prière en chantant « Ame du Christ »

Psaume 1

En ce deuxième jour de carême, je me dispose à la prière. Je fais taire en moi ce qui peut me troubler, m’agiter pour m’efforcer de trouver le silence intérieur, où se fait entendre la voix du Seigneur. Je demande au Seigneur la grâce de marcher sur le chemin des justes. Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Je lis le psaume, lentement, laissant résonner en moi les mots du psalmiste

« Heureux est l’homme… ». Je rends grâce que le premier mot du psautier soit « heureux », que ce livre de prière, partagé par tous les chrétiens et hérité de nos frères aînés juifs, commence par une béatitude…

Je sais que le Seigneur veut mon bonheur. Je considère comment mon chemin de conversion, au fil du carême, peut me conduire plus loin dans cette vie bienheureuse.

« Il est comme un arbre, planté près du ruisseau… ». Je prends le temps de contempler cette image. La solidité de l’arbre enraciné, sa silhouette tendue vers les cieux, l’eau dans laquelle ses racines plongent et trouvent leur croissance.

Et moi, où suis-je planté ? Quelles sont mes racines ? A quelle eau vive est-ce que je m’abreuve ?

Je me laisse rejoindre par les oppositions développées par le psalmiste. Un arbre « qui donne du fruit » / « jamais son feuillage ne meurt » / « tout ce qu’il entreprend réussira » / alors que ceux qui ne s’ajustent pas à la volontédu Seigneur sont « comme la paille balayée par le vent ». D’un côté la fructification, la réussite, l’éternité ; de l’autre, la disparition, l’échec et la précarité. Arbre enraciné ou paille balayée par le vent…Que puis-je dire de ma situation aujourd’hui ?

Que puis-je dire de ma situation aujourd’hui ?

Je relis le psaume, ou je peux l’écouter.

J’adresse maintenant au Seigneur ma prière, lui disant mon propre désir d’enracinement, de m’abreuver à l’eau vive de sa parole…Je lui confie aussi celles et ceux qui, aujourd’hui, ont besoin d’entendre que le bonheur est possible.

         Pour terminer, je dis le « Notre Père », attentif à ce que chacune des demandes m’aide à me tenir sur le chemin des justes.

         Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Une lumière dans la tempête

Mercredi18 février, dans trois jours, nous entrons en Carême, temps donné pour remettre le mystère de Dieu au centre de notre vie afin que notre foi retrouve son élan et que notre coeur ne se disperse pas dans les inquiétudes et distractions quotidiennes.

Pour nous préparer à cette traversée, méditons avec le tableau: « la tempête apaisée » de Macha Chmakoff, peintre, psychanalyste et musicienne.

D’abord disposons-nous à ce temps de prière.

Je m’installe confortablement, dans un lieu calme. Je ferme les yeux, respire plusieurs fois lentement et profondément et fais le silence en moi. J’accueille le Seigneur qui est présent, et je dépose dans ses mains ce qui m’agite et m’occupe l’esprit. Et lui demande la grâce d’être disponible à son écoute dans le tumulte de ma vie.

Je commence par contempler ce tableau. Et me laisse saisir par l’atmosphère de ce qui y est raconté. J’entre dans la scène.

Je regarde d’abord les couleurs, leur masse, leur intensité, leur disposition les unes par rapport aux autres, la façon dont elles se complètent et s’opposent.

Mon regard est attiré, impressionné par les masses sombres; je distingue plusieurs nuances de bleu foncé allant jusqu’au noir. Je reconnais des vagues représentées par de grandes lignes courbes très accentuées, dessinant presque des cercles qui soulignent l’atmosphère enfermante et angoissante. Ces vagues rivalisent en hauteur et occupent pratiquement les 2/3 de la hauteur du tableau. Je suis impressionné par leur force, leur puissance et leur démesure.

Nous sommes en bateau sur le Lac de Galilée, qui était réputé pour être dangereux, lieu de peur et de danger mortel.

Je descends maintenant mon regard vers le premier plan, en bas à droite, vers un groupe de personnes, repliées sur elles-mêmes, serrées les unes contre les autres dans le fond de la barque que je peux deviner à la teinte orangée qui transparaît dans le bleu foncé de l’eau agitée , prête à la submerger.

Je peux me voir parmi ces personnes, au milieu de la tempête, où ma vie est en jeu. Je peux réfléchir à ma vie, transposer… Quels sentiments m’habitent? Je les nomme et les confie au Seigneur.

Peut-être que ces paroles peuvent être les miennes? Je doute ! Est-ce que mes soucis, mes épreuves « font quelque chose » au Seigneur? Je peux lui en parler, lui exprimer mes doutes, comme les disciples dans la barque.

Et puis, je déplace mon regard vers le centre du tableau, attiré par une grande silhouette revêtue d’un vêtement blanc-beige, des couleurs douces et chaudes. Je sais que c’est Jésus qui dormait à l’arrière de la barque.

Je me laisse toucher par la large ouverture de ses bras que dessine une fine courbe, pleine de douceur et de tendresse. Elle s’oppose aux cercles envahissants des vagues. Jésus est au centre, debout, stable, solide et sa silhouette, les bras ouverts évoque la croix. Ses bras grands ouverts accueillent … le monde et ses douleurs mais aussi la lumière et nous la donne.

De la même teinte que le vêtement du Christ, je repère une longue ligne droite qui part du bateau et s’élève un peu en diagonale, jusqu’en haut de l’angle, à droite, et elle dépasse largement les vagues et ce mat semble lui aussi bien solide. Cette couleur douce et chaude, celle du Christ et du mat, entoure aussi légèrement les personnes dans la barque. Ce mat et cette même teinte semble montrer le lien qui nous relie au Père et au Christ.

Maintenant je suis des yeux la pointe fine de la barque, je lève un peu le regard et je suis attiré par l’étendue claire qui occupe le grand tiers gauche du tableau. Je contemple et arrive à discerner dans le creux d’une vague comme un morceau de la ligne d’horizon. Je ne suis donc pas totalement enfermé dans l’obscurité et l’angoisse. Je peux laisser mon esprit s’envoler vers cet horizon de lumière…

Comment est-ce que reçois ces paroles de Jésus? Elles sont aussi pour moi, aujourd’hui? De quel manque de foi Jésus parle-t-il?

Jésus ne nous sauve pas des tempêtes en les empêchant, mais en les calmant.

Nous ne cessons de traverser des crises,
crises qui peuvent devenir des chances,
si nous nous tournons vers Jésus, si nous le réveillons.
Quand Jésus se dresse en nous et chasse les démons des ténèbres de notre âme, le calme se fait, nous accédons à la paix,

Jésus a-t-il déjà calmé des tempêtes dans ma vie? J’en fais mémoire et je peux en rendre grâce.

Et je peux prier avec ces paroles du Pape François, du 27 mars 2020, sur la Place St Pierre.

Je peux me laisser embarquer, pour ces 5 semaines, avec le Seigneur. Je me confie à sa tendresse et à l’amour du Père, qui veut nous donner la Paix.

Psaume 105 (106)

Au début de ce temps de prière, je me tourne vers Dieu dans la confiance, avec le désir de m’attacher toujours davantage à lui. Au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit. Amen

« Souviens-toi de moi, Seigneur. »

           Dans ce psaume, l’auteur rappelle les errements du peuple d’Israël dans le désert après sa sortie d’Égypte.  Je me laisse toucher par son repentir à la mémoire des fautes passées

Mais, ce souvenir est l’occasion d’un cri de confiance vers le Dieu Sauveur. Je le fais résonner  en moi et avec celles et ceux qui, de par le monde, espèrent en Dieu, je peux répéter ces mots comme une prière. « Souviens-toi de moi, Seigneur ! »

« Avec nos Pères, nous avons péché, nous avons failli et renié. »

Les mots de ce psaume peuvent me renvoyer à ma propre histoire. Je fais mémoire de ce qui fait ma vie et  je peux  demander au Seigneur, la grâce de prendre conscience de mon péché, c’est à dire de ce qui m’éloigne de lui. Je le remercie pour sa miséricorde.

« Alors, ils servent leurs idoles, et pour eux, c’est un piège. »

Le peuple d’Israël s’est détourné du Seigneur et a fabriqué un veau d’or, une idole . Une idole occupe le plus clair de notre temps, nous préoccupe et mobilise notre intelligence.

Ai-je moi aussi des veaux d’or dans ma vie ? Si oui, est-ce que je cherche à m’en détourner et pour cela, quels moyens je me donne ?

À la fin de ce temps de prière, je m’adresse au Seigneur, comme un enfant parle à son Père qui l’aime. Sûr de sa miséricorde, je peux exprimer le désir de me réconcilier avec lui, implorer son pardon pour ce qui a pu me détourner de lui. Je demande son aide pour être davantage fidèle à son amour, toujours offert.


Gloire au Père,
et au Fils,
et au Saint-Esprit,
au Dieu qui est,
qui était, et qui vient,
pour les siècles des siècles.
Amen

Prier avec Sainte Jeanne de France

Prions, quelques jours après la fête de la vie, consacrée, avec Ste Jeanne de France.

Sainte Jeanne de France, fondatrice de l’ordre de l’Annonciade, est fêtée le 4 février. Cet ordre marial est né en Berry, où un monastère s’est réimplanté dans la seconde partir du XXème siècle à St Doulchard.

La règle religieuse de l’ordre est d’inspiration franciscaine, et en ce 8ème centenaire de la mort de St François, les sœurs de l’Annonciade ont souhaité rappeler cette filiation. A leur invitation, le cardinal François Bustillo, évêque d’Ajaccio, franciscain, est venu à Bourges où il a présidé l’eucharistie à la cathédrale ce 8 février.

Fille de Louis XI, elle fut mariée très tôt au futur Louis XII, qui obtint ultérieurement la déclaration en nullité de son mariage, pour épouser Anne de Bretagne. Jeanne de France fonda alors l’ordre de l’Annonciade. Elle a pour confesseur et directeur spirituel un prêtre franciscain, Gabriel-Maria. C’est lui qui rédigea les règles de l’ordre et obtint du pape la reconnaissance de l’ordre.

La Règle de vie de l’Ordre de la Vierge Marie se compose de dix chapitres. Chaque chapitre traite une vertu de la Vierge. La spiritualité des Sœurs de l’Annonciade se fonde donc sur une contemplation de la vie de Marie.

La succession des dix chapitres évoquent : la pureté, la prudence (soit le discernement), l’humilité, la fermeté dans la foi, la joie, l’obéissance, la pauvreté, la patience, la charité et la compassion.

Je me dispose à la prière, en me tournant vers le Christ, par Marie et je demande la grâce de me laisser rejoindre. Au nom du Père, du Fils et du saint Esprit.

Relisant la « liste » des vertus que porte la vie de Marie, je peux examiner comment ma vie donne place à ces vertus. Qu’est-ce qui peut m’être facile, naturel…Quelles peuvent être, au contraire, mes limites, mes résistances ?

Nous prions à partir de trois vertus qui marquent aussi la spiritualité franciscaine.

3ème vertu. L’humilité

« La Vierge Marie a toujours été très humble, elle dont le Seigneur a regardé l’humilité. Par le mouvement de son humilité, afin de plaire ∫ Dieu, elle pensa, dit et fit ce qui suit : elle fut troublée, c’est-∫-dire qu’elle eut peur, quand elle fut louée par Gabriel. Et, deuxièmement, elle répondit à Gabriel avec humilité : « Voici la Servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole. » 
 

« Voici la Servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole. »

La vertu n’est pas d’abord une qualité morale, c’est une disposition spirituelle. Je considère comment je me tiens humblement devant le Seigneur pour lui laisser toute la place.

7ème vertu. La pauvreté

« La Vierge Marie, très pauvre, vécut toujours très pauvrement et, par le mouvement de sa vertu de pauvreté, pour plaire à Dieu, elle pensa, dit ou fit ce qui suit : elle se logea dans un pauvre petit réduit, parce qu’il n’y avait pas de place pour elle dans l’hôtellerie ; elle coucha Jésus dans une crèche ; elle l’enveloppa de langes et, en quatrième lieu, elle le nourrit de son sein, n’ayant rien d’autre pour l’alimenter. »

« Heureux les pauvres de cœur »

Je contemple à mon tour le choix de la pauvreté fait par le Seigneur, lors de la venue du Christ, et la vie simple de Marie et Joseph. Que puis-je dire de la place de la pauvreté dans ma vie ?

9ème vertu. La charité

« La Vierge Marie fut toujours très ardente en amour, entièrement remplie de pitié et de miséricorde et, par le mouvement de sa charité, pour plaire à Dieu, elle a pensé, dit ou fait ce qui suit: elle nourrit son Fils de son propre lait;

elle le déroba aux poursuites d’Hérode, en le transportant en Égypte; elle eut de la sollicitude pour son prochain, en demandant du vin à Cana en Galilée et, quatrièmement, elle instruisit les serviteurs d’une salutaire doctrine, par les avis et les lumières qu’elle leur donna. »

« Dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous l’avez fait. »

J’examine comment je prends soin de mon prochain, et je fais mémoire d’expériences où le visage d’un pauvre a pu me révéler le Christ.

Je termine en confiant à l’intercession de Marie tous ceux qui me sont chers, et, plus, largement, les intentions pour le monde : « je vous salue Marie… ».

Je peux aussi, si cela correspond à ma sensibilité, dire le « je vous salue Marie » dix fois, en la saluant successivement par chacune des vertus contemplées par la règle de l’Annonciade :

« Je vous salue Marie, pure... »
« Je vous salue Marie, prudente... »
« Je vous salue, marie, humble... »
« Je vous salue, Marie, ferme dans la foi... »
« Je vous salue, Marie, joyeuse... »
« Je vous salue, Marie, obéissante... »
« Je vous salue, Marie, pauvre... »
« Je vous salue Marie, patiente... »
« Je vous salue Marie, charitable... »
« Je vous salue Marie, compatissante... »

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.
 

« Seigneur, entends ma prière » Ps 142,1

Nous entrons en prière en écoutant ce psaume de la liturgie des heures, (Laudes de ce jour)

Comme le psalmiste, je peux faire confiance au Seigneur, Lui le Juste ; il est fidèle en son amour. Avec confiance, je peux  déposer devant Lui ce qui est difficile à vivre pour moi en ce moment et l’appeler à mon secours.

Comme le psalmiste, je me souviens ; je fais mémoire de ce que le Seigneur a fait pour moi, des moments où le Seigneur m’a libéré, réconforté, soutenu, guidé… Sûr de son amour et de sa fidélité, je lui demande son aide sur la situation actuelle. Je me présente devant lui comme une terre assoiffée.

Tourné vers le Seigneur qui est déjà venu à mon secours et qui veut, pour moi, le bonheur, je lui demande de me guider de nouveau, de m’indiquer le juste chemin. Je lui demande de voir clair sur l’attitude à avoir dans cette situation qui est pour moi difficile.

La volonté de Dieu, c’est que nous ayons la vie et la vie en abondance (Jean 10,10).  Je demande au Dieu de bonté sa lumière  pour voir le chemin de vie dans ce que je traverse, un chemin qui mène à la paix.

Je termine ma prière en parlant au Seigneur comme à un ami. Je lui dis ce que j’ai découvert durant cette prière, ce que j’ai reçu : une lumière ? un changement de regard ?  un pas à faire ?…

Dans un mouvement de reconnaissance, je peux chanter sa louange : « Que vive mon âme à te louer »