Prier avec le Christ vainqueur des tentations


Allez sur les 2 sites suivants pour contempler des photos de très belle qualité
https://www.arnaudfrichphoto.com/chapiteau-tentation-du-christ-abbatiale-de-plaimpied-givaudins.htm
https://vialucispress.wordpress.com/2015/06/15/the-temptation-of-christ-dennis-aubrey/
Situé au sud de la première travée de la nef, c’est un chapiteau historié du 12ème siècle, qui s’adressait aux nombreux pèlerins qui faisaient étape à Plaimpied. Il évoque les tentations du Christ au désert (Mt 4,1-11 – Evangile du 1er dimanche de Carême)
Nous prions devant ce joyau de l’art roman, nous laissant guider par ce que le sculpteur a exprimé.
Le Christ, que l’on reconnait à son auréole crucifère, est au centre de ce chapiteau qu’il occupe largement. Il est assis sur un trône royal en forme de lyre et porte un vêtement aux larges plis ; les bras ouverts, il tient dans sa main gauche le Livre de la Loi et de sa main droite fait un geste de rejet. Sa posture évoque les Christ en gloire ; c’est un Christ triomphant qui est ici représenté.

De chaque côté de lui, un large espace le sépare de deux diables portant des ailes ; l’un est nu, l’autre couvert d’écailles. Jésus est seul au désert, et affronte le Malin ; les créatures sculptées de son siège semblent le protéger. Le diable à sa gauche lui présente une pierre pour qu’il la transforme en pain. C’est la 1ère tentation, celle de l’avoir, alors qu’il ressent la faim et le manque.


Les deux autres tentations, celle du pouvoir et celle du paraitre sont évoquées par les fines sculptures, au-dessus de la scène, qui évoquent des constructions, le temple … les palais des royaumes du monde.
Le Christ tourne les yeux vers son Père ; il s’appuie sur la Parole et chasse énergiquement le tentateur. Là où le peuple avait succombé au désert, le Christ lui est vainqueur.
Je contemple ce Christ vainqueur du mal
Jésus reste fidèle à la Parole de Dieu ; il est libre et se tourne résolument vers le Père : il répond au tentateur : « L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute Parole qui sort de la bouche de Dieu » ; « Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu » ; « Arrière, Satan ! C’est le Seigneur ton Dieu tu adoreras, à lui seul, tu rendras un culte. »
Je médite cela et m’adresse au Seigneur en lui rendant grâce pour son Fils, venu nous libérer.
Je médite sur les 3 tentations
Ces tentations de Jésus sont aussi les nôtres. Je regarde ma vie et fais remonter à ma mémoire les moments où, confronté à ma vulnérabilité, je me suis approprié les choses ; les moments où j’ai abusé de mon pouvoir ; les moments où je n’ai cherché les honneurs…
Je médite cela et m’adresse au Seigneur pour lui demander pardon et pour lui demander la force de résister.
Que le Seigneur m’aide à m’ancrer dans le Christ, par la prière et l’écoute de la Parole, pour suivre son chemin de liberté !
Je conclus ma prière en chantant « Ame du Christ »
EN MARS 2026, PROPOSITIONS POUR LE CARÊME A LA MAISON DE LA PAROLE
Une retraite dans la vie du 9 au 27 mars


Une exposition de photos: « Lumière de Tibhirine » du 7 au 29 mars, avec des propositions de méditation si l’on veut.

Tous les jeudis, une pause, 15′, en milieu de journée pour prier la Parole de Dieu

Psaume 1
Heureux est l’homme qui met sa foi dans le Seigneur.

Heureux est l’homme
qui n’entre pas au conseil des méchants,
qui ne suit pas le chemin des pécheurs,
ne siège pas avec ceux qui ricanent,
mais se plaît dans la loi du Seigneur
et murmure sa loi jour et nuit !
Il est comme un arbre
planté près d’un ruisseau,
qui donne du fruit en son temps,
et jamais son feuillage ne meurt ;
tout ce qu’il entreprend réussira.
Tel n’est pas le sort des méchants.
Mais ils sont comme la paille
balayée par le vent.
Le Seigneur connaît le chemin des justes,
mais le chemin des méchants se perdra.
En ce deuxième jour de carême, je me dispose à la prière. Je fais taire en moi ce qui peut me troubler, m’agiter pour m’efforcer de trouver le silence intérieur, où se fait entendre la voix du Seigneur. Je demande au Seigneur la grâce de marcher sur le chemin des justes. Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.
Je lis le psaume, lentement, laissant résonner en moi les mots du psalmiste
« Heureux est l’homme… ». Je rends grâce que le premier mot du psautier soit « heureux », que ce livre de prière, partagé par tous les chrétiens et hérité de nos frères aînés juifs, commence par une béatitude…
Je sais que le Seigneur veut mon bonheur. Je considère comment mon chemin de conversion, au fil du carême, peut me conduire plus loin dans cette vie bienheureuse.
« Il est comme un arbre, planté près du ruisseau… ». Je prends le temps de contempler cette image. La solidité de l’arbre enraciné, sa silhouette tendue vers les cieux, l’eau dans laquelle ses racines plongent et trouvent leur croissance.
Et moi, où suis-je planté ? Quelles sont mes racines ? A quelle eau vive est-ce que je m’abreuve ?

Je me laisse rejoindre par les oppositions développées par le psalmiste. Un arbre « qui donne du fruit » / « jamais son feuillage ne meurt » / « tout ce qu’il entreprend réussira » / alors que ceux qui ne s’ajustent pas à la volontédu Seigneur sont « comme la paille balayée par le vent ». D’un côté la fructification, la réussite, l’éternité ; de l’autre, la disparition, l’échec et la précarité. Arbre enraciné ou paille balayée par le vent…Que puis-je dire de ma situation aujourd’hui ?
Que puis-je dire de ma situation aujourd’hui ?

Je relis le psaume, ou je peux l’écouter.
J’adresse maintenant au Seigneur ma prière, lui disant mon propre désir d’enracinement, de m’abreuver à l’eau vive de sa parole…Je lui confie aussi celles et ceux qui, aujourd’hui, ont besoin d’entendre que le bonheur est possible.
Pour terminer, je dis le « Notre Père », attentif à ce que chacune des demandes m’aide à me tenir sur le chemin des justes.
Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.
Une lumière dans la tempête
Mercredi18 février, dans trois jours, nous entrons en Carême, temps donné pour remettre le mystère de Dieu au centre de notre vie afin que notre foi retrouve son élan et que notre coeur ne se disperse pas dans les inquiétudes et distractions quotidiennes.
Pour nous préparer à cette traversée, méditons avec le tableau: « la tempête apaisée » de Macha Chmakoff, peintre, psychanalyste et musicienne.
D’abord disposons-nous à ce temps de prière.
Je m’installe confortablement, dans un lieu calme. Je ferme les yeux, respire plusieurs fois lentement et profondément et fais le silence en moi. J’accueille le Seigneur qui est présent, et je dépose dans ses mains ce qui m’agite et m’occupe l’esprit. Et lui demande la grâce d’être disponible à son écoute dans le tumulte de ma vie.
Je commence par contempler ce tableau. Et me laisse saisir par l’atmosphère de ce qui y est raconté. J’entre dans la scène.

Je regarde d’abord les couleurs, leur masse, leur intensité, leur disposition les unes par rapport aux autres, la façon dont elles se complètent et s’opposent.
Mon regard est attiré, impressionné par les masses sombres; je distingue plusieurs nuances de bleu foncé allant jusqu’au noir. Je reconnais des vagues représentées par de grandes lignes courbes très accentuées, dessinant presque des cercles qui soulignent l’atmosphère enfermante et angoissante. Ces vagues rivalisent en hauteur et occupent pratiquement les 2/3 de la hauteur du tableau. Je suis impressionné par leur force, leur puissance et leur démesure.

Nous sommes en bateau sur le Lac de Galilée, qui était réputé pour être dangereux, lieu de peur et de danger mortel.
Je descends maintenant mon regard vers le premier plan, en bas à droite, vers un groupe de personnes, repliées sur elles-mêmes, serrées les unes contre les autres dans le fond de la barque que je peux deviner à la teinte orangée qui transparaît dans le bleu foncé de l’eau agitée , prête à la submerger.

Je peux me voir parmi ces personnes, au milieu de la tempête, où ma vie est en jeu. Je peux réfléchir à ma vie, transposer… Quels sentiments m’habitent? Je les nomme et les confie au Seigneur.
Je relis un passage de l’évangile de Marc 4, 35-41: « Il dit à ses disciples: »passons sur l’autre rive »… survient une violente tempête. Les vagues se jetaient sur la barque, si bien que déjà elle se remplissait. »… Lui dormait sur le coussin, à l’arrière. Les disciples le réveillent et lui disent: »Maître, nous sommes perdus! Cela ne te fait rien? »
Peut-être que ces paroles peuvent être les miennes? Je doute ! Est-ce que mes soucis, mes épreuves « font quelque chose » au Seigneur? Je peux lui en parler, lui exprimer mes doutes, comme les disciples dans la barque.
Et puis, je déplace mon regard vers le centre du tableau, attiré par une grande silhouette revêtue d’un vêtement blanc-beige, des couleurs douces et chaudes. Je sais que c’est Jésus qui dormait à l’arrière de la barque.

Je me laisse toucher par la large ouverture de ses bras que dessine une fine courbe, pleine de douceur et de tendresse. Elle s’oppose aux cercles envahissants des vagues. Jésus est au centre, debout, stable, solide et sa silhouette, les bras ouverts évoque la croix. Ses bras grands ouverts accueillent … le monde et ses douleurs mais aussi la lumière et nous la donne.
De la même teinte que le vêtement du Christ, je repère une longue ligne droite qui part du bateau et s’élève un peu en diagonale, jusqu’en haut de l’angle, à droite, et elle dépasse largement les vagues et ce mat semble lui aussi bien solide. Cette couleur douce et chaude, celle du Christ et du mat, entoure aussi légèrement les personnes dans la barque. Ce mat et cette même teinte semble montrer le lien qui nous relie au Père et au Christ.

Maintenant je suis des yeux la pointe fine de la barque, je lève un peu le regard et je suis attiré par l’étendue claire qui occupe le grand tiers gauche du tableau. Je contemple et arrive à discerner dans le creux d’une vague comme un morceau de la ligne d’horizon. Je ne suis donc pas totalement enfermé dans l’obscurité et l’angoisse. Je peux laisser mon esprit s’envoler vers cet horizon de lumière…

Marc écrit: « Il menaça le vent et dit à la mer: »silence! Tais-toi! » Le vent tomba, et il se fit un grand calme. Jésus leur dit: »Pourquoi êtes-vous si craintifs? N’avez-vous pas encore la foi? »
Comment est-ce que reçois ces paroles de Jésus? Elles sont aussi pour moi, aujourd’hui? De quel manque de foi Jésus parle-t-il?
Jésus ne nous sauve pas des tempêtes en les empêchant, mais en les calmant.
Nous ne cessons de traverser des crises,
crises qui peuvent devenir des chances,
si nous nous tournons vers Jésus, si nous le réveillons.
Quand Jésus se dresse en nous et chasse les démons des ténèbres de notre âme, le calme se fait, nous accédons à la paix,
Jésus a-t-il déjà calmé des tempêtes dans ma vie? J’en fais mémoire et je peux en rendre grâce.
Et je peux prier avec ces paroles du Pape François, du 27 mars 2020, sur la Place St Pierre.
« Invitons Jésus dans les barques de nos vies. Confions-lui nos peurs, pour qu’il puisse les vaincre. Comme les disciples, nous ferons l’expérience qu’avec lui à bord, on ne fait pas naufrage.
Car voici la force de Dieu : orienter vers le bien tout ce qui nous arrive, même les choses tristes. Il apporte la sérénité dans nos tempêtes, car avec Dieu la vie ne meurt jamais…
Le Seigneur se réveille pour réveiller et raviver notre foi pascale. Nous avons une ancre : par sa croix, nous avons été sauvés.
Je peux me laisser embarquer, pour ces 5 semaines, avec le Seigneur. Je me confie à sa tendresse et à l’amour du Père, qui veut nous donner la Paix.
Psaume 105 (106)
Souviens-toi de nous, Seigneur, dans ta bienveillance pour ton peuple.

Heureux qui pratique la justice,
qui observe le droit en tout temps !
Souviens-toi de moi, Seigneur,
dans ta bienveillance pour ton peuple. R
Avec nos pères, nous avons péché,
nous avons failli et renié.
Ils vont se mêler aux païens,
ils apprennent leur manière d’agir. R
Alors ils servent leurs idoles,
et pour eux c’est un piège :
ils offrent leurs fils et leurs filles
en sacrifice aux démons. R
De telles pratiques les souillent ;
ils se prostituent par de telles actions.
Et le Seigneur prend feu contre son peuple :
ses héritiers lui font horreur. R
Au début de ce temps de prière, je me tourne vers Dieu dans la confiance, avec le désir de m’attacher toujours davantage à lui. Au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit. Amen
« Souviens-toi de moi, Seigneur. »
Dans ce psaume, l’auteur rappelle les errements du peuple d’Israël dans le désert après sa sortie d’Égypte. Je me laisse toucher par son repentir à la mémoire des fautes passées
Mais, ce souvenir est l’occasion d’un cri de confiance vers le Dieu Sauveur. Je le fais résonner en moi et avec celles et ceux qui, de par le monde, espèrent en Dieu, je peux répéter ces mots comme une prière. « Souviens-toi de moi, Seigneur ! »
« Avec nos Pères, nous avons péché, nous avons failli et renié. »
Les mots de ce psaume peuvent me renvoyer à ma propre histoire. Je fais mémoire de ce qui fait ma vie et je peux demander au Seigneur, la grâce de prendre conscience de mon péché, c’est à dire de ce qui m’éloigne de lui. Je le remercie pour sa miséricorde.
« Alors, ils servent leurs idoles, et pour eux, c’est un piège. »
Le peuple d’Israël s’est détourné du Seigneur et a fabriqué un veau d’or, une idole . Une idole occupe le plus clair de notre temps, nous préoccupe et mobilise notre intelligence.
Ai-je moi aussi des veaux d’or dans ma vie ? Si oui, est-ce que je cherche à m’en détourner et pour cela, quels moyens je me donne ?
À la fin de ce temps de prière, je m’adresse au Seigneur, comme un enfant parle à son Père qui l’aime. Sûr de sa miséricorde, je peux exprimer le désir de me réconcilier avec lui, implorer son pardon pour ce qui a pu me détourner de lui. Je demande son aide pour être davantage fidèle à son amour, toujours offert.
Gloire au Père,
et au Fils,
et au Saint-Esprit,
au Dieu qui est,
qui était, et qui vient,
pour les siècles des siècles.
Amen
Prier avec Sainte Jeanne de France
Prions, quelques jours après la fête de la vie, consacrée, avec Ste Jeanne de France.
Sainte Jeanne de France, fondatrice de l’ordre de l’Annonciade, est fêtée le 4 février. Cet ordre marial est né en Berry, où un monastère s’est réimplanté dans la seconde partir du XXème siècle à St Doulchard.
La règle religieuse de l’ordre est d’inspiration franciscaine, et en ce 8ème centenaire de la mort de St François, les sœurs de l’Annonciade ont souhaité rappeler cette filiation. A leur invitation, le cardinal François Bustillo, évêque d’Ajaccio, franciscain, est venu à Bourges où il a présidé l’eucharistie à la cathédrale ce 8 février.

Fille de Louis XI, elle fut mariée très tôt au futur Louis XII, qui obtint ultérieurement la déclaration en nullité de son mariage, pour épouser Anne de Bretagne. Jeanne de France fonda alors l’ordre de l’Annonciade. Elle a pour confesseur et directeur spirituel un prêtre franciscain, Gabriel-Maria. C’est lui qui rédigea les règles de l’ordre et obtint du pape la reconnaissance de l’ordre.

La Règle de vie de l’Ordre de la Vierge Marie se compose de dix chapitres. Chaque chapitre traite une vertu de la Vierge. La spiritualité des Sœurs de l’Annonciade se fonde donc sur une contemplation de la vie de Marie.
La succession des dix chapitres évoquent : la pureté, la prudence (soit le discernement), l’humilité, la fermeté dans la foi, la joie, l’obéissance, la pauvreté, la patience, la charité et la compassion.
Je me dispose à la prière, en me tournant vers le Christ, par Marie et je demande la grâce de me laisser rejoindre. Au nom du Père, du Fils et du saint Esprit.
Relisant la « liste » des vertus que porte la vie de Marie, je peux examiner comment ma vie donne place à ces vertus. Qu’est-ce qui peut m’être facile, naturel…Quelles peuvent être, au contraire, mes limites, mes résistances ?
Nous prions à partir de trois vertus qui marquent aussi la spiritualité franciscaine.
3ème vertu. L’humilité
« La Vierge Marie a toujours été très humble, elle dont le Seigneur a regardé l’humilité. Par le mouvement de son humilité, afin de plaire ∫ Dieu, elle pensa, dit et fit ce qui suit : elle fut troublée, c’est-∫-dire qu’elle eut peur, quand elle fut louée par Gabriel. Et, deuxièmement, elle répondit à Gabriel avec humilité : « Voici la Servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole. »

« Voici la Servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole. »
La vertu n’est pas d’abord une qualité morale, c’est une disposition spirituelle. Je considère comment je me tiens humblement devant le Seigneur pour lui laisser toute la place.
7ème vertu. La pauvreté
« La Vierge Marie, très pauvre, vécut toujours très pauvrement et, par le mouvement de sa vertu de pauvreté, pour plaire à Dieu, elle pensa, dit ou fit ce qui suit : elle se logea dans un pauvre petit réduit, parce qu’il n’y avait pas de place pour elle dans l’hôtellerie ; elle coucha Jésus dans une crèche ; elle l’enveloppa de langes et, en quatrième lieu, elle le nourrit de son sein, n’ayant rien d’autre pour l’alimenter. »

« Heureux les pauvres de cœur »
Je contemple à mon tour le choix de la pauvreté fait par le Seigneur, lors de la venue du Christ, et la vie simple de Marie et Joseph. Que puis-je dire de la place de la pauvreté dans ma vie ?
9ème vertu. La charité
« La Vierge Marie fut toujours très ardente en amour, entièrement remplie de pitié et de miséricorde et, par le mouvement de sa charité, pour plaire à Dieu, elle a pensé, dit ou fait ce qui suit: elle nourrit son Fils de son propre lait;
elle le déroba aux poursuites d’Hérode, en le transportant en Égypte; elle eut de la sollicitude pour son prochain, en demandant du vin à Cana en Galilée et, quatrièmement, elle instruisit les serviteurs d’une salutaire doctrine, par les avis et les lumières qu’elle leur donna. »

« Dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous l’avez fait. »
J’examine comment je prends soin de mon prochain, et je fais mémoire d’expériences où le visage d’un pauvre a pu me révéler le Christ.
Je termine en confiant à l’intercession de Marie tous ceux qui me sont chers, et, plus, largement, les intentions pour le monde : « je vous salue Marie… ».
Je peux aussi, si cela correspond à ma sensibilité, dire le « je vous salue Marie » dix fois, en la saluant successivement par chacune des vertus contemplées par la règle de l’Annonciade :
« Je vous salue Marie, pure... »
« Je vous salue Marie, prudente... »
« Je vous salue, marie, humble... »
« Je vous salue, Marie, ferme dans la foi... »
« Je vous salue, Marie, joyeuse... »
« Je vous salue, Marie, obéissante... »
« Je vous salue, Marie, pauvre... »
« Je vous salue Marie, patiente... »
« Je vous salue Marie, charitable... »
« Je vous salue Marie, compatissante... »
Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.
« Seigneur, entends ma prière » Ps 142,1

Nous entrons en prière en écoutant ce psaume de la liturgie des heures, (Laudes de ce jour)
1 Seigneur, entends ma prière ; +
dans ta justice écoute mes appels, *
dans ta fidélité réponds-moi.
Comme le psalmiste, je peux faire confiance au Seigneur, Lui le Juste ; il est fidèle en son amour. Avec confiance, je peux déposer devant Lui ce qui est difficile à vivre pour moi en ce moment et l’appeler à mon secours.
5 Je me souviens des jours d’autrefois,
je me redis toutes tes actions, *
sur l’œuvre de tes mains je médite.
6 Je tends les mains vers toi,
me voici devant toi comme une terre assoiffée.
Comme le psalmiste, je me souviens ; je fais mémoire de ce que le Seigneur a fait pour moi, des moments où le Seigneur m’a libéré, réconforté, soutenu, guidé… Sûr de son amour et de sa fidélité, je lui demande son aide sur la situation actuelle. Je me présente devant lui comme une terre assoiffée.

8 Fais que j’entende au matin ton amour,
car je compte sur toi.
Montre-moi le chemin que je dois prendre :
vers toi, j’élève mon âme !
Tourné vers le Seigneur qui est déjà venu à mon secours et qui veut, pour moi, le bonheur, je lui demande de me guider de nouveau, de m’indiquer le juste chemin. Je lui demande de voir clair sur l’attitude à avoir dans cette situation qui est pour moi difficile.
10 Apprends-moi à faire ta volonté,
car tu es mon Dieu.
Ton souffle est bienfaisant :
qu’il me guide en un pays de plaines.
La volonté de Dieu, c’est que nous ayons la vie et la vie en abondance (Jean 10,10). Je demande au Dieu de bonté sa lumière pour voir le chemin de vie dans ce que je traverse, un chemin qui mène à la paix.
Je termine ma prière en parlant au Seigneur comme à un ami. Je lui dis ce que j’ai découvert durant cette prière, ce que j’ai reçu : une lumière ? un changement de regard ? un pas à faire ?…
Dans un mouvement de reconnaissance, je peux chanter sa louange : « Que vive mon âme à te louer »
En marche vers le Royaume
Je me dispose à cette rencontre, aujourd’hui, avec le Seigneur. Je m’installe, à l’écart, je fais le calme en moi en respirant profondément et lentement. Je dépose dans les mains du Seigneur ce qui m’occupe l’esprit ou m’agite intérieurement.
Et je lui demande la grâce d’augmenter mon désir de l’écouter, de l’aimer et avec lui de bâtir le Royaume.
Au début de ce temps, j’entre en prière en écoutant les Béatitudes chantées par un choeur orthodoxe.
Nous avons entendu ce texte de Matthieu 5, 1-12a hier et nous allons laisser deux grands témoins enrichir et ouvrir notre méditation de ce texte que nous connaissons bien.

« En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne.
Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui. Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait.
Il disait : « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux. Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés. Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage.
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés. Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux. Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous,
à cause de moi. Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! »
Avec Dietrich Bonhoeffer contemplons la scène avec trois regards différents:
Ce que voit la foule: Jésus et ses disciples qui se sont approchés de lui.
Avec tous ces hommes et ces femmes , je me remémore ce que je sais des disciples. »Il y a peu de temps, ils étaient des personnes comme tout le monde, ils appartenaient à la même foule.Mais un appel est survenu et ils ont tout abandonné pour suivre Jésus. Ils marchent avec lui, vivent avec lui, le suivent où qu’il les conduise. Il leur est arrivé quelque chose qui n’est pas arrivé aux autres »
Je fais, moi-aussi partie de cette foule, et je contemple cette scène, je médite en regardant les disciples, l’appel qu’ils ont reçu et comment ils l’ont entendu.

Ce que voient les disciples: la foule dont ils sortent, les brebis perdues de la maison d’Israël.
C’est la communauté que Dieu appelle… Lorsque l’appel de Jésus les a choisis pour sortir de cette foule, ils firent ce qui, pour les brebis perdues de la maison d’Israël, était tout ce qu’il y avait de naturel et de nécessaire: ils obéirent à la voix du bon berger car ils connaissaient sa voix… Mais dans ce chemin qu’ils suivent, il font partie de cette foule… et lui prêcheront la gloire de la marche à la suite de Jésus
Je porte mon regard sur les disciples et la foule. Je laisse résonner en moi cette réflexion; en quoi elle me rejoint? me questionne? me bouscule ?
Ce que voit Jésus:
voici ses disciples.. Il a appelé chacun d’eux individuellement. A son appel ils ont renoncé à tout… ils sont les plus pauvres des plus pauvres, les plus combattus de ceux que l’on combat, les plus affamés des affamés… mais ils ont tout auprès de Dieu. C’est une petite communauté…, c’en est une grande qu’il cherche en regardant la foule. Les disciples et la foule vont de pair; les disciples seront ses envoyés. C’est pourquoi: heureux! Jésus d’adresse aux disciples.
J’ai été appelé.e, moi aussi par mon nom; j’appartiens à cette communauté de disciples. Je médite ce que représente cet appel, quelle radicalité ? Et j’entends pour moi : « heureux! »

Et puis André Chouraqui nous livre un éclairage sur ce mot: « heureux » , en revenant à l’origine du texte hébreu et grec.
Et, voyant les foules, il monte sur la montagne et s’assoit là. Ses adeptes s’approchent de lui. Il ouvre la bouche, les enseigne et dit : « En marche, les humiliés du souffle ! Oui, le royaume des ciels est à eux ! En marche, les endeuillés ! Oui, ils seront réconfortés ! En marche, les humbles ! Oui, ils hériteront la terre ! En marche, les affamés et les assoiffés de justice ! Oui, ils seront rassasiés ! En marche, les matriciels* ! Oui, ils seront matriciés* ! En marche, les coeurs purs ! Oui, ils verront Elohîms* ! En marche, les faiseurs de paix ! Oui, ils seront criés fils d’Elohîms. En marche, les persécutés à cause de la justice ! Oui, le royaume des ciels est à eux ! En marche, quand ils vous outragent et vous persécutent, en mentant vous accusent de tout crime, à cause de moi. Jubilez, exultez ! Votre salaire est grand aux ciels ! Oui, ainsi ont-ils persécuté les inspirés, ceux d’avant vous.
*matriciels : de matrice = qui dispense la vie. Amour du Père autant masculin que féminin « avoir des entrailles de mère, un amour qui prend aux tripes… »
*Elohîms : Dieu Père
Andra Chouraqui précise: en hébreu, le mot (qu’on traduit habituellement par «Bienheureux» en français) évoque la rectitude de l’homme en marche sur une route qui va droit vers l’Eternel... c’est chaque jour que nous devons apprendre à lire et à vivre l’Evangile dans l’Esprit de Celui qui l’a vécu devant les hommes.
« En marche ! »; « Vous êtes sur la bonne route », « Vous vous réalisez ». « Un bel avenir s’offre à vous ». « Vous êtes un grand vivant ». « Vous avez trouvé la clef de l’amour »… Il s’agit de rien moins que du sens même de notre vie, de notre vocation. À quoi sommes-nous appelés ?
À vivre les béatitudes. À jouer la symphonie des notes de cette gamme. Notre vocation, c’est l’amour. Pas un seul verset de ce poème biblique des Béatitudes qui n’ait été dévié de sa signification ! Pas une seule note qui ne soit une fausse note, ajoute Stan Rougier.
Les Béatitudes sont l’autoportrait de Jésus dit le Pape François: Les Béatitudes de Jésus ne sont pas seulement des mots qu’il a proclamés. «Elles représentent la clé pour lire toute sa vie.» Nous trouvons donc en Jésus un modèle pour vivre chacune des Béatitudes. Surtout, pour nous, chrétiens, elles sont l’«autoportrait de celui qui les a prononcés». «C’est le modèle que nous devrions utiliser pour » transformer notre propre image « »,
Pendant toute sa vie, de sa naissance dans la grotte de Bethléem jusqu’à sa mort sur la croix et sa résurrection, Jésus a incarné les Béatitudes. Toutes les promesses du Royaume de Dieu se sont accomplies en lui.
En proclamant les Béatitudes Jésus nous invite à le suivre, à parcourir avec lui la voie de l’amour, la seule qui conduise à la vie éternelle. Ce n’est pas une route facile, mais le Seigneur nous assure de sa grâce et il ne nous laisse jamais seuls.

Je respire maintenant, je prends un peu de recul et me laisse questionner, éclairer. Quels pas puis-je faire pour vivre davantage les Béatitudes dans ma vie à l’image du Christ ?
J’en parle au Seigneur, lui demande de m’éclairer, de m’aider à discerner ce que je dois faire bouger dans ma vie, mettre en mouvement? Et je rends grâce de ce rendez-vous avec lui. Et termine ce temps en disant la prière que Jésus nous a apprise: Notre Père…
Psaume 131
Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père
Souviens-toi, Seigneur, de David
et de sa grande soumission
quand il fit au Seigneur un serment,
une promesse au Puissant de Jacob :
« Jamais je n’entrerai sous ma tente,
j’interdirai tout sommeil à mes yeux
avant d’avoir trouvé un lieu pour le Seigneur,
une demeure pour le Puissant de Jacob. »
Le Seigneur l’a juré à David,
et jamais il ne reprendra sa parole :
« C’est un homme issu de toi
que je placerai sur ton trône.
« Si tes fils gardent mon alliance,
les volontés que je leur fais connaître,
leurs fils, eux aussi, à tout jamais,
siégeront sur le trône dressé pour toi. »
Car le Seigneur a fait choix de Sion ;
elle est le séjour qu’il désire :
« Voilà mon repos à tout jamais,
c’est le séjour que j’avais désiré. »
Je me dispose à la prière. Je me retire au calme et me présente calmement au Seigneur. Je me prépare à écouter la Parole du psalmiste qui, depuis des siècles, rejoint quotidiennement les croyants.
Je m’unis aux chrétiens du monde entier, et plus particulièrement, aux moines et aux moniales qui, tout au rythme du jour, prient le livre des Psaumes. Je demande au Seigneur la grâce de vivre l’alliance. Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.
Je lis le psaume, à haute voix, si je peux, en étant attentif aux divers interlocuteurs. Le psalmiste s’exprime, donne la parole à David, puis au Seigneur lui-même. Le psalmiste chante l’alliance qui unit David au Seigneur par des serments réciproques. « David fit au Seigneur un serment, une promesse au Puissant de Jacob. » / « Le Seigneur l’a juré à David, et jamais il ne reprendra sa parole. »

« Jamais je n’entrerai sous ma tente,
J’interdirai tout sommeil à mes yeux
Avant d’avoir trouvé un lieu pour le Seigneur
Une demeure pour le Puissant de jacob ».
David s’installe à Jérusalem, après avoir guerroyé, en présence de l’arche d’alliance. Alors que le peuple, avec lui, va se sédentariser, David se soucie de la façon dont le Seigneur peut demeurer au milieu de son peuple.
Et moi, quelles dispositions est-ce que je prends pour qu’au creux de mon quotidien, Dieu demeure ?
« Si tes fils gardent mon alliance. Les volontés que je leur fais connaître. » Le Seigneur invite son peuple à la fidélité. La Bible nous raconte comment beaucoup des descendants de David ont trahi le Seigneur.
Et moi, que puis-je dire de ma fidélité au Seigneur ?
« Voilà mon repos à tout jamais, C’est le séjour que j’avais désiré » Je goûte ce verset où Dieu nous dit son désir de repos. Et je considère les turbulences de l’histoire humaine, de l’actualité, aujourd’hui…
Quelles réflexions, quels mouvements cela suscite-t-il en moi ?
Je relis le psaume, ou je peux l’entendre.
Je prends maintenant le temps d’une conversation avec le Seigneur. Je lui rends grâce pour son alliance, je peux lui présenter mes infidélités.
Je termine en disant la prière de St Ignace, le suscipe.
« Prends Seigneur, et reçois
toute ma liberté,
ma mémoire, mon intelligence
et toute ma volonté.
Tout ce que j’ai et tout ce que je possède.
C’est toi qui m’as tout donné, à toi, Seigneur, je le rends.
Tout est à toi, disposes-en selon ton entière volonté.
Donne-moi seulement de t’aimer
et donne-moi ta grâce, elle seule me suffit. »
Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.
Une exhortation de Saint Paul
Ce dimanche St Paul nous exhorte au nom de notre Seigneur Jésus Christ:
» Le Christ en effet, ne m’a pas envoyé pour baptiser, mais pour annoncer l’évangile,
et cela sans avoir recours au langage de la sagesse humaine ce qui rendrait vaine la croix du Christ. » St Paul aux corinthiens
Il n’y a qu’une loi : AIMER

Jésus n’a jamais dit ….
Eteignez vos lumières, faites taire vos instruments ! Vivez dans l’ascétisme et la sévérité ! Enfermez-vous dans une sombre pièce et priez à genoux pour être pardonnés !
Jésus n’a jamais dit :
Elevez vos enfants dans la crainte d’un Dieu qui punit et qui juge !
Jésus n’a jamais dit :
Soyez bien sage, mettez votre cravate pour venir chez moi

Jésus n’a jamais dit tout ça
Alors le Christ m’a dit : « Prends le risque :

Aime et fais ce que tu veux ! Bois et partage ton pain avec tous. Ne te choque pas de la vie souvent crue.
N’aie pas peur de briser la loi du troupeau pourvue que l’amour te guide ! N’aie pas peur d’envoyer en l’air les tabous pourvue que ton cœur soit droit

N’aie pas peur de te jeter dans la vie pourvue que ton œil soit clair ! Je suis là avec toi pour t’apprendre à aimer
En somme, il n’y a qu’une règle !
Seul l’amour que Jésus propose peut nous permettre de suivre le cours follement dansant du quotidien.

Si toi, Christ, tu as pu réaliser ce que tu dis en donnant ta vie, Alors, aide-nous à aimer comme toi.

Pierre Imbertis














