Prier avec la figure de Jean-Baptiste. « la prédication de Jean-Baptiste » par Pieter Brueghel

Alors que  en cette fin de juin, sont proposés un peu partout des feux de la st Jean, nous vous proposons de prier avec le tableau de Pieter Brueghel intitulé la prédication de Jean Baptiste. Cette œuvre  pourra  nous aider à mieux  comprendre la figure de ce dernier prophète de l’Ancien Testament dont l’Eglise fête la nativité le 24 juin.

Ce  tableau peint en 1566 est l’œuvre de Brueghel l’Ancien qui  réside alors à Bruxelles, ville faisant partie des Pays-Bas espagnols. Avec  Jan van Eyck, Jérôme Bosch et Pierre Paul Rubens, celui-ci est considéré comme l’une des grandes figures de l’École flamande.

Nous nous mettons en présence du Seigneur et nous rendons disponibles, à l’écoute de l’Esprit Saint.

Nous prenons le temps de contempler cette prédication de Jean-Baptiste.

Quelle impression d’ensemble ? Quels détails attirent mon regard ? Qu’est-ce qui m’étonne ?
 

Ce que l’on voit au premier regard, ce n’est pas Jean-Baptiste. C’est une foule bigarrée, plutôt dans les tons bruns parsemés de taches claires ; elle est de dos. Elle se tient dans une clairière au milieu d’une forêt et forme comme un cercle qui occupe presque tout l’espace. Une trouée lumineuse,  au fond, vers le centre droit, ouvre cet espace et de la clairière l’on aperçoit une rivière, une ville avec son église et au loin une montagne.

La foule est de dos et si nombreuse que certains ont dû monter dans les arbres pour apercevoir celui vers qui tous se sont tournés. C’est à ce point de convergence, à l’arrière-plan que nous pouvons voir Jean-Baptiste. Vêtu d’une tunique brune, il nous fait face et prêche. De son bras gauche, il  désigne une personne vêtue de bleu qui se trouve dans la foule et se tient légèrement à l’écart, les bras croisés sur sa poitrine.

Nous pouvons reconnaître des éléments du décor et de la vie au XVIe siècle dans le Nord de l’Europe

-L’arrière-plan découvrant un château au sommet d’un mont, une église haute, un voilier sur un large fleuve…

– A une époque où les relations entre catholiques et protestants étaient tendues, la foule rassemblée dans une forêt, peut être un rappel du temps où les protestants étant interdits de pratique avaient coutume de se retrouver dans des clairières pour des prédications.

Les vêtements variés de la foule : les Pays-Bas était un pays de navigateurs ; la population des villes portuaires comme Anvers, où a vécu Brueghel, découvrait des peuples venus d’Orient ou d’Asie. Aussi peut-on voir au premier plan, un homme au très large chapeau, légèrement conique, comme en Asie, à ses côtés un homme gitan enveloppé d’une couverture bariolée dit la bonne aventure et à gauche de l’arbre on reconnaît deux personnes aux coiffes et vêtements exotiques. A leurs côtés les chapeaux et les vêtements plutôt de couleurs sombres, des hommes et des femmes reflètent l’aspect des habitants des pays d’Europe du Nord.

Le message de Jean-Baptiste est pour tous. Qu’est-ce qui motive ces hommes et ces femmes, de tous âges et toutes origines ? Qu’est-ce qui les habite ? Quelle recherche les met en mouvement ?

Et moi, où pourrais-je me placer dans cette scène ? Qu’est-ce qui m’habite ? Dans quelle mesure est-ce que je cherche à connaître le Christ ?

Nous pouvons méditer maintenant sur Jean-Baptiste et Jésus

Jean-Baptiste est vêtu d’une simple tunique brune, couleur de la terre. Il a la tête découverte et les bras nus et contraste avec la foule. Ascétisme de ce prophète qui s’est retiré au désert et  dont l’Evangile parle ainsi : « Jean avait un vêtement de poil de chameau et une ceinture de cuir autour des reins ; il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage » Mt 3,4.

Son bras droit est replié sur sa poitrine, dans un geste qui semble demander l’attention du public, et son bras gauche est tendu en direction de Jésus, vêtu de bleu, couleur du ciel, qui se tient en contre-bas. Jean-Baptiste invite avec fougue à la conversion et indique le Messie.

A cet instant du tableau, Jean-Baptiste tient la place centrale. Jésus, lui se tient en humble place, un parmi la foule. Pourtant, JB le sait, ce ne sera pas toujours ainsi ; Il dit : « Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ; il vient après moi et je ne suis même pas digne de dénouer la lanière de sa sandale. » Jn 1,26

Pas étonnant donc que l’Eglise fête la naissance de JB au moment du solstice d’été, le moment où les jours sont les plus longs et où ils commencent à diminuer ; alors qu’au contraire la fête de la nativité de Jésus se situe au moment du solstice d’hiver lorsque les jours commencent à rallonger. C’est le Christ qui est lumière pour le monde ; JB est la voix qui l’annonce.

Je peux me laisser enseigner par ce témoin qu’a été Jean-Baptiste, par sa fougue, par son humilité. Je peux demander au Seigneur la grâce d’être, comme lui, un témoin de l’amour du Christ et de savoir m’effacer pour que chacun entre en relation avec Lui.

Qu’est-ce qui peut éclairer ma propre manière de vivre ou d’être missionnaire ?

Nous terminons ce temps de prière en écoutant le cantique de Zacharie

Psaume 96

Que le Seigneur soit votre joie, hommes justes !

Dans la joie, ce psaume annonce le règne de Dieu (v.1) : « Le Seigneur est roi ! Exulte la terre ! »

Il se divise ensuite en deux parties :D’abord une théophanie (v. 2-6) puis un chant de victoire et de louange (v. 7-12).

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

Je lis le psaume lentement, verset par verset. Je laisse résonner les sons, les images…

Après l’avoir lu deux ou trois fois, qu’est-ce qui résonne en moi ?

Le Seigneur est roi (v.1) – son trône (v.2) – le Maître de toute la terre (v.5) – le Très-Haut sur toute la terre : * tu domines de haut tous les dieux (v.9).

Qu’est-ce que l’image de cette Royauté du Seigneur sur le monde suscite en moi ?

Honte aux serviteurs d’idoles qui se vantent de vanités ! A genoux devant lui, tous les dieux ! (v.7)

Comme le peuple d’Israël a été tenté d’adorer les dieux des pays voisins, nous pouvons nous aussi, nous laisser aveugler et tromper par des idoles.

Quels sont pour moi ces dieux que je peux être tenté.e de servir ?

Mais nous sommes invités à nous en remettre au Seigneur (v.10 -12), dans la confiance, à nous laisser sauver par Lui.

Dans cette perspective de « la lumière semée pour le juste, de la joie pour le cœur simple » (v.11), à quelles conversions je me sens appelé.e ?

v.12 – Que le Seigneur soit votre joie, hommes justes ; rendez grâce en rappelant son nom très saint.

Je médite tout cela dans mon cœur et j’en parle au Seigneur, comme un ami parle à son ami. Je lui confie ce qui m’habite : demande de pardon, désir, action de grâce…

Puis je termine, en communion avec tous mes frères et sœurs : Notre Père…

Contempler la Création, pour contempler Dieu Créateur

A la lisière de l’été, nous prenons le temps de nous laisser toucher par la splendeur de la nature. Pour ce faire, nous contemplons des tapisseries de Dom Robert, moine bénédictin de l’abbaye d’En Calcat.

Un musée lui est consacré, à proximité de l’abbaye, à Sorrèze. Nous pouvons ainsi rendre grâce pour l’œuvre créatrice du Seigneur et la puissance créatrice des artistes, pour « les fruits de la terre et le travail de l’homme ».

Je me dispose à la prière, en choisissant de prendre du temps. Il nous arrive trop souvent de traverser notre environnement rapidement, avec indifférence, sans prendre le temps de regarder. Je veux faire halte, ouvrir tout mon être à la beauté, et ainsi rejoindre le Seigneur. Je demande la grâce de la disponibilité.

         Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

J’entre dans ces deux tapisseries, en « circulant » dans la profusion de la flore et de la faune. Des fleurs que je peux nommer, peut-être : coquelicots, ombellifères, nénuphar…D’autres qui me sont inconnues, mais qui disent la richesse de la création. La faune est aussi présente dans sa diversité : oiseaux, poissons, papillons, un chat…Je prends le temps de repérer les multiples détails, me laissant porter par la curiosité et l’émerveillement.
 

Dom Robert a aussi représenté quelques scènes bibliques. Nous nous arrêtons sur la Création. Je m’arrête sur le fond lumineux de la tapisserie, évoquant la lumière originelle…Je m’arrête sur la nature peuplée de toutes les plantes et les animaux, « créés selon leur espèce » …Je rends grâce pour la beauté du monde. « Et Dieu vit que cela était bon ».

Au centre de la Création, dans un cercle vert, évoquant l’Espérance, la création de l’homme à qui cette création est confiée. « Dieu prit l’homme et l’établit dans le jardin d’Eden pour le cultiver et le garder. » (Gn, 2, 15). Mais, dès l’origine, le serpent tentateur est présent…Tentation de « profiter », d’exploiter les dons dispensés plutôt que de les préserver. Je médite sur ma responsabilité vis-à-vis de la création.

Je m’arrête sur la représentation de la création de l’homme, tiré de la terre, comme le suggère les tons d’ocre…Adam, qui, dès l’origine, appartient à la terre dont il est tiré et au ciel, par le souffle divin qui l’anime.

L’artiste le représente ainsi une main tournée vers les cieux, une main tournée vers le sol.

Je considère maintenant la figure du Dieu Père et Créateur, représenté avec une certaine malice…Dieu est ici chez lui, représenté avec des pantoufles ! C’est chez lui, dans son intimité qu’il accueille l’homme. Il est aussi représenté comme un humble artisan, portant un tablier…

le même que revêtira le Christ lors du lavement des pieds…Je vois le regard attentif et chaleureux que le Père porte sur Adam qui vient au monde…J’examine ma relation au Seigneur.

La nature contribue donc à la révélation de Dieu. Notre monde peut l’oublier, ne voyant dans la planète et le monde vivant qu’un objet d’admiration, au mieux, des ressources à exploiter, au pire. Je relis une mise en garde du Livre de la Sagesse et médite ce texte, pour aujourd’hui

Je prends maintenant le temps d’une conversation avec le Seigneur, « comme un ami parle à un ami », au creux de cette intimité présente dès la création d’Adam…Ma prière peut se faire action de grâces pour les dons dispensés, pour la bonté de Dieu au sein de l’acte créateur originel. Ma prière peut aussi se faire demande de pardon pour les blessures graves infligées aujourd’hui par l’humanité à notre maison commune.

         Et je termine en m’adressant au Dieu Créateur, qui est Père : « Notre Père… »

         Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Prier en pétrissant le pain

Je fais le signe de la croix. En entrant dans ce temps de prière, je demande la grâce d’une connaissance plus grande de Jésus Christ, pain de Vie.

Je contemple ce geste ancestral de la fabrication du pain.

Le pain est un élément important de l’alimentation dans notre culture. Il faisait partie aussi de la nourriture au temps de Jésus ; pain d’orge pour les pauvres, pain de froment pour les plus riches. On pétrissait alors la farine et l’eau et on mettait du levain. On lui donnait la forme de petits disques ronds assez minces ; puis il était cuit sur la braise. Pendant le repas, on le rompait et avec les bouchées, on se  servait dans le plat.

Je considère combien est vital ce pain quotidien.

D’ailleurs  cette demande de pain fait partie de la prière que nous enseigne Jésus, le Notre Père : « Donne-nous notre pain de ce jour ».

Non seulement, Jésus attache de  l’importance à la nourriture et aux  gestes de la vie quotidienne, mais ces gestes lui parlent du Royaume de Dieu. « Le Royaume des cieux est comparable à du levain qu’une femme prend et enfouit dans trois mesures de farine, si bien que toute la pâte lève. » (Mt 13,33)

Qu’est-ce qu’évoque pour moi le pain? Le levain ? Qu’est-ce qui est pour moi nourriture ? Quels sont les germes du Royaume que je vois et qui transforment peu à peu notre monde ?

La Cène d’Emmaüs par Le Caravage (1571-1610)

Je considère le pain, une fois cuit, qui va être partagé.

Le repas  est ce moment important où l’on se rencontre ; où l’on partage le pain mais aussi la parole.

Par l’imagination,  je me rends présent à Jésus qui, dans l’Evangile, partage le pain avec toutes sortes de gens : ses disciples, ses amis, des pharisiens mais aussi des pécheurs et des publicains.

Je le contemple bénissant Dieu et rendant grâces pour ce pain ; je le contemple rompant le pain ; le multipliant pour le distribuer aux foules venues l’écouter…

Avec qui est-ce que je partage mon pain ?  Est-ce que je pense à ceux qui ont faim ? Est-ce que je rends grâce à Dieu pour le pain reçu, pour les moments partagés autour d’un repas, pour l’amitié, pour les liens crées ?

Je contemple  le pain de Vie

Je fais mémoire de Jésus, couché dans une mangeoire à sa naissance à Bethléem (ce qui signifie ‘maison du pain’).

De Jésus disant, après avoir multiplié les pains: « Je suis le pain vivant qui descend du ciel. Celui qui mangera de ce pain vivra pour l’éternité. » (Jn 6,51)

De son dernier repas où il institue l’Eucharistie : « Pendant le repas, il prit du pain, et après avoir prononcé la bénédiction, il le rompit, le leur donna et dit : « Prenez, ceci est mon corps » (Mc 14,22).

De sa manifestation, après la Résurrection, aux pèlerins d’Emmaüs, où il se fait reconnaitre à la fraction du pain : « Et eux racontèrent ce qui s’était passé sur la route et comment ils l’avaient reconnu à la fraction du pain » (Lc 24, 35)

Quelle est la place de l’Eucharistie dans ma vie ? Est-ce que j’ai faim de ce pain de vie ? Le Christ s’est fait nourriture, qu’est-ce que cela provoque en moi ?

Je parle au Seigneur de ce qui m’habite, après cette méditation.

Et pour conclure, je peux redire le Notre Père et chanter: »Regardez l’humilité de Dieu »

Psaume 24

« Priez donc le Maître de la moisson ! »

Le psaume 24 (25) qui nous est proposé ce jour nous ramène à la lettre pastorale de notre évêque dont vous trouverez l’intégralité 

« Prier pour les vocations c’est partager la compassion de Jésus pour notre monde en désarroi, se laisser toucher par la détresse humaine et spirituelle de nos frères et sœurs, autour de nous et dans le monde. »

Après cette introduction du début de la lettre,  et notre mise en disposition nous pouvons dire lentement ce psaume :

Prier la Trinité

A la suite du temps pascal, puis de la Pentecôte, la liturgie nous invite, ce dimanche, à contempler la Trinité. Nous nous tenons devant ce mystère, « ce qu’on n’a jamais fini de comprendre. »

Je prends un temps de cœur à cœur avec Dieu pour poursuivre l’intériorisation de ce que nous a fait vivre la liturgie dominicale. Me mettant à l’écart, je me rends disponible au Père, au Fils et à l’Esprit.

Je fais silence en moi et demande la grâce de me tenir humble et confiant devant ce mystère, au cœur de notre foi.

Comme l’Église m’y invite, j’entre dans la prière en traçant sur moi le signe de la croix, au nom du Père, du Fils et du Saint esprit.

Les représentations de la Trinité ont été diverses au fil de l’histoire, donnant même lieu à certaines époques à des interdictions de représenter le Père sous une figure trop humaine.

Pour entrer dans la prière, je contemple la représentation la plus ancienne de la Trinité, sur un sarcophage du IIIème siècle.

Trois figures humaines de même taille, dont les visages sont assez similaires. La figure du Père est au centre, posant délicatement la main sur l’épaule du Fils. Père et fils échangent un regard profond. « Moi et le Père, nous sommes un » (Jean, 10,30). Sur la gauche, l’Esprit semble veiller sur cette relation du Père et du Fils.

Nous contemplons ainsi la vie en communion du Dieu Trinitaire. Nous ne croyons pas en un Dieu solitaire, mais en un Dieu, qui vit, au sein de la Trinité, une communion d’amour.

Dieu, sans cesse, nous invite à la relation et à l’amour, parce qu’il vit l’amour dans la Trinité. Je considère cela.

Les temps de rassemblement de la communauté chrétienne, la vie sacramentelle se vivent toujours dans la dimension trinitaire. Je pense à cette dimension dans la liturgie : le signe de croix, la structure trinitaire de notre credo, l’appel au Dieu Trinitaire dans les prières liturgiques.

Je médite quelques textes et peux interroger la « place » de chacune des personnes de la Trinité dans ma prière.

« Toi qui es vraiment saint, toi qui es la source de toute sainteté, nous voici rassemblés devant toi et – dans la communion de toute l’Église- en ce premier jour de la semaine nous célébrons le jour où le Christ est ressuscité d’entre les morts. Par lui que tu as élevé à ta droite, Dieu notre Père, nous te prions : sanctifie ces offrandes en répandant sur elles ton Esprit ; qu’elles deviennent pour nous le corps et le sang de Jésus le Christ, notre Seigneur. » (Prière eucharistique n°2)

La formule de l’absolution. « Que Dieu notre Père vous montre la miséricorde ; Par la mort et la résurrection de son Fils il a réconcilié le monde avec lui.

Et il a envoyé l’Esprit Saint pour la rémission des péchés : Par le ministère de l’Église qu’il vous donne le pardon et la paix. Et moi, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, Je vous pardonne tous vos péchés. »

Chagall représente ici la visite des trois anges à Abraham, à Mambré. Je contemple la communion des trois anges, assis à la même table, partageant un même repas. Abraham reçoit une visite, les visiteurs accueillent l’invitation à manger, Les anges donnent la promesse d’une prochaine naissance…

Le mystère de la Trinité est dans la dynamique du don et de l’unité, un mystère qui culmine dans l’événement de la résurrection.  Je prends le temps de lire et d’intérioriser ce texte un peu exigeant du théologien Bruno Forte.

« En la résurrection, la Trinité se révèle comme l’unité de Ressuscitant, du Ressuscité et de l’Esprit de résurrection et de vie donné et reçu : l’unité du Dieu des Pères qui donne vie au crucifié par son Esprit ; et celle du Ressuscité qui, accueillant l’Esprit du Père, le donne aux hommes pour qu’ils aient part à la communion de vie dans l’esprit avec Lui et avec le Père. »

Je contemple ainsi le Père qui donne, puis le Fils qui accueille, avant de donner à son tour ce qu’il a reçu, puis l’Esprit qui est relation du Père et du Fils, et relation du Père, du Fils et de chaque homme. Je m’arrête sur la façon, dont dans ma vie, s’éprouve la relation acte de donner, de recevoir et de partager.

Je prends maintenant le temps d’une conversation avec le Seigneur, en continuant de contempler l’unité et la communion du Dieu Trinitaire. Je peux rendre grâce des dons reçus, demander de savoir mieux donner et mieux partager.

Je termine en priant cet hymne de la liturgie des Heures (Jeudi soir, semaine 4)
 

Psaume 99

Je choisis un endroit calme et confortable, un lieu où je ne serais pas parasité(e) par des sollicitations extérieures.  Je dépose tout ce qui m’encombre …

Je fais silence en moi, je me tourne vers le Seigneur et me dispose à Le rencontrer avec tout ce que je suis.

Je fais mon signe de croix. Je Lui demande ce dont j’ai besoin aujourd’hui, ce qu’Il veut me dire ou ce peut être de me faire ressentir cette Joie avec un grand J qui vient de LUI….

Je lis doucement le psaume, je le goûte …..

Acclamez le Seigneur, terre entière,
servez le Seigneur dans l’allégresse,
venez à lui avec des chants de joie !

Reconnaissez que le Seigneur est Dieu :
il nous a faits, et nous sommes à lui,
nous, son peuple, son troupeau.

Venez dans sa maison lui rendre grâce,
dans sa demeure chanter ses louanges ;
rendez-lui grâce et bénissez son nom !

Oui, le Seigneur est bon,
éternel est son amour,
sa fidélité demeure d’âge en âge.


Terre entière …. Nul n’est exclu de cette présence du Père. C’est ensemble que nous sommes appelés à l’acclamer, à le servir. Venir à Lui se fait dans la Joie … Je m’imprègne de cette Joie dont parle le psalmiste.

Comment cette Joie habite-elle ma vie au quotidien ?

« Acclamez, allégresse, venez avec des chants de Joie » Comment être habité(e) par cette Joie me met-il en mouvement ?

Nous reconnaitre « fils et fille de Dieu » …… c’est me reconnaitre proche du Seigneur mais aussi de l’humanité toute entière ! Ils sont mes frères et sœurs, nous avons le même Père.

Quelle proximité avec le Seigneur dans ma vie ?

Comment est-ce-que je vis cette relation fraternelle dans ma vie familiale, professionnelle, associative … ?

Quel regard est-ce-que je porte sur celui qui est différent de moi ?

Quelle source de Joie dans mes relations aux autres ?

« Venez, chantez, rendez grâce, bénissez …. » Répondre à l’invitation du Seigneur, chantez ma Joie d’être avec Lui !

« Dire du bien » de Lui ! Lui dire merci pour Sa fidélité et Sa présence constante à mes côtés dans les bons et les mauvais moments !

Tout ceci fait-il partie de ma prière ?

La joie est prière, la joie est force, la joie est amour
Dieu aime celui qui donne avec joie.
La meilleure manière de montrer notre gratitude envers Dieu
et envers les gens, c’est d’accepter tout avec joie.
Ne laissez jamais le chagrin vous noyer au point d’en oublier la joie du Christ ressuscité.
Nous aspirons tous au ciel où est Dieu, mais nous avons le pouvoir de nous trouver
dès maintenant dans ce ciel : Il suffit d’être heureux avec Lui, en l’instant présent.
Mais, être heureux avec Lui, maintenant, cela veut dire :
Aimer comme Il aime, Aider comme Il aide, Donner comme Il donne, Servir comme Il sert,
Sauver comme Il sauve, Être avec Lui vingt-quatre heures par jour,
Le toucher sous son déguisement de misère, dans les pauvres et dans ceux qui souffrent.
Un cœur joyeux est le résultat normal d’un cœur brûlant d’amour.
C’est le don de l’Esprit, une participation à la joie de Jésus vivant dans l’âme.
Gardons dans nos cœurs la joie de l’amour de Dieu et partageons cette joie de nous aimer les uns les autres comme Il aime chacun de nous.
Que Dieu nous bénisse. Amen »

Vent et feu, esprit et parole

Nous vous proposons d’accueillir en nous l’Esprit de Pentecôte en contemplant et priant avec une œuvre de Reginald Pavamani, 1941-1999, artiste indien de confession protestante. Cette œuvre se trouve dans le temple de l’Eglise Réformée de Corbeil. Elle a été aussi exposée dans la salle d’exposition de la cathédrale d’Evry.

Comme pour tout temps de prière, càd de rencontre avec le Seigneur qui me donne rendez-vous, je me prépare et me dispose à cette rencontre. Je m’installe de manière à être détendu.e.  Je respire plusieurs fois profondément, lentement.

Je dépose dans les mains du Seigneur tout ce qui me préoccupe et m’agite intérieurement, je les lui confie et fais silence en moi. Je prends conscience que le Seigneur est ici, avec moi et je laisse monter en moi le désir de l’accueillir.

Je demande la grâce de laisser le Seigneur m’illuminer de sa présence, d’accueillir le souffle de l’Esprit et de me laisser envoyer par lui. Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

Réginald Pavamani – Vent et feu, esprit et parole (du catalogue d’Hélène Pavamani)

D’abord je prends le temps de découvrir cette œuvre.Je laisse mon regard déambuler sur toute la surface du tableau et en découvre à mon rythme les différentes parties.  Je me laisse toucher par elles.

Je repère les zones d’ombre et de lumière, caractérisées par le choix des couleurs, le mouvement exprimé par les différentes lignes courbes et en diagonale. 

Quelle atmosphère s’en dégage-t-il ? que provoque-t-il en moi ? Je me laisse saisir et toucher par ces couleurs et ces mouvements.

La partie centrale du tableau attire d’abord mon regard : une grande tache orange, comme un feu.  Je suis entrainé.e par cette tache qui se diffuse. On peut sentir un souffle, un mouvement exprimé par toutes les flammèches plus ou moins orangées qui s’éparpillent depuis ce feu, dans tout le ciel et ses différentes teintes bleues.

Je repère des silhouettes de maisons, en arrière-plan dont les portes sont ouvertes et tous les habitants en sont sortis.Et je distingue maintenant toutes les personnes ; elles occupent les ¾ du tableau.  – D’abord celles qui sont proches et entourent ce feu, elles lèvent les bras en exprimant leur joie, leurs bouches sont grandes ouvertes et on pourrait les entendre chanter « Gloire à Dieu ». Elles accueillent l’Esprit et le reconnaissent.

En bas à droite, je vois aussi un autre groupe de personnes, dont les vêtements sont moins colorés ; elles sont tournées les unes vers les autres, avec le dos à ce feu, comme si elles se refermaient sur elles, elles sont plus statiques, leurs visages davantage fermés. Quels sont leurs sentiments ? Elles s’interrogent…Sont-elles inquiètes ?  Curieuses ? devant cette manifestation inhabituelle.

Et enfin, tout en haut, dans le ciel  bleuté parsemé de quelques flammèches d’un orange clair, je distingue deux personnes, comme une mère et son enfant, lui appuyé contre elle, en confiance ; elles sont prises dans ce souffle avec leurs yeux grands ouverts, et le corps de l’enfant tourné vers ceux qui expriment leur joie, tandis que celui de la mère, plein de douceur se tourne vers les autres personnes. Peut-on reconnaître en eux Marie et son fils ? Marie présente au Cénacle et mère de l’Eglise.

Et pour terminer, je rejoins les deux personnes tout à fait à gauche de l’œuvre. Deux personnes sur le départ, les bras et le corps en avant, elles se regardent, s’écoutent, elles sont déjà en mouvement, pleines de dynamisme et de vie, envoyées .


 

Comment est-ce que je peux répondre aujourd’hui, dans ma vie quotidienne, à cet appel à être témoins de l’amour de Dieu ou comment pourrais-je l’être ?Je peux demander la grâce d’être éclairé.e pour discerner où je suis appelé.e

Pour terminer ce temps de prière, je peux prier avec cette méditation de « Catéchèse par la Parole »

Et je termine ma prière en chantant la louange du Seigneur

Psaume 15

Garde- moi, mon Dieu : j’ai fait de toi mon refuge

La liturgie de ce jour nous propose des extraits du psaume 15, où le psalmiste dit son rejet des idoles pour se tourner vers le vrai Dieu.

         Je prends un temps d’écoute de la Parole, partageant ce texte avec tous les croyants, toutes les communautés qui, aujourd’hui, à travers le monde, vont le prier. Dans la louange pour l’universalité de l’Église, je me présente devant le Seigneur, lui demandant la grâce de me tenir sans cesse dans son intimité.

         Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

         Je lis le psaume lentement, à haute voix si je le peux.

Je m’arrête d’abord sur les nombreuses expressions qui disent la familiarité du psalmiste avec le Seigneur. Il est le Seigneur de l’univers, tout en me rejoignant personnellement : mon Dieu, mon refuge, mon partage, ma coupe…

Je m’efforce, comme le psalmiste, de percevoir la présence du Seigneur à mes côtés, en permanence : j’ai fait de toi mon refuge / le Seigneur me conseille, même la nuit, il m’avertit, il est à ma droite…

Cette foi dans la présence du Seigneur me pousse à la louange : je bénis le Seigneur / mon cœur exulte, mon âme est en fête / ma chair elle-même repose en confiance / débordement de joie / éternité de délices…

Nous relisons le psaume, ou pouvons aussi l’entendre intégralement

Le psalmiste se désigne comme l’ami du Seigneur. Et je lui parle maintenant comme un ami parle à un ami. Selon le climat de ma vie intérieure d’aujourd’hui, je le loue pour sa présence, ou au contraire, l’appelle si je me sens loin de Lui. Je lui demande de m’apprendre « le chemin de la vie. »

         Le Seigneur, notre ami, fait de nous ses fils et nous, lui disons : « Notre Père… »

         Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Relire sa vie avec Saint Carlo Acutis

Entre la fête de l’Ascension où Jésus nous dit : « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » (Mt 28,20) et la Pentecôte : « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie (…) Recevez l’Esprit Saint » (Jn 20), prenons un temps de méditation avec saint Carlo Acutis, dont la vie exemplaire a été reconnue par l’Église : déclaré Vénérable en 2018, béatifié en 2020, il a été finalement proclamé saint le 7 septembre 2025.

Né le 3 mai 1991 à Londres dans une famille catholique italienne, Carlo Acutis a grandi à Milan dans un environnement chrétien. Dès son enfance, il a manifesté une foi sincère, cherchant à suivre l’Évangile au quotidien. Passionné d’informatique, il a créé un site internet sur les miracles eucharistiques pour encourager la foi chez les jeunes.

Il a laissé derrière lui des réflexions profondes sur la foi, les sacrements, l’Évangile et la mission chrétienne.

Je me prépare à une rencontre avec le Seigneur… Il m’attend…

Sûre(e) de son Amour, je me présente à Lui, tel(le) que je suis, avec mes forces et mes faiblesses, mes désirs et mes regrets, humblement et en vérité

Je lui demande la grâce dont mon cœur a besoin…  « Être toujours uni à Jésus, tel est le but de ma vie », disait Carlo…

Carlo considérait les sacrements comme des moyens précieux de rencontre avec Dieu, des moments fondamentaux pour nourrir sa foi. Il soulignait l’importance de l’Eucharistie, qu’il considérait comme le cœur de la vie chrétienne.

« L’Eucharistie, c’est mon autoroute pour aller au ciel » 

« Demander pardon et se réconcilier avec Dieu, c’est comme rallumer le feu de sa montgolfière et jeter les pierres qui alourdissent sa nacelle »

Est-ce que je participe régulièrement aux sacrements de l’eucharistie ? de réconciliation ?

Sont-ils un soutien pour ma foi, une force dans les moments difficiles ?

Comment j’accueille la grâce de ces sacrements pour nourrir ma relation personnelle avec Dieu ?

Les sept sacrements Rogier van der Weyden

Carlo voyait l’Évangile comme la Parole vivante de Jésus, une lumière pour guider la vie quotidienne. Il aimait lire et méditer l’Evangile, qu’il considérait comme une source d’inspiration et de force. Il encourageait ses pairs à le vivre concrètement, en suivant l’exemple du Christ dans leur vie quotidienne, notamment par l’amour, la compassion et le service aux autres.

« Quand on est en communion avec Dieu, on est en communion avec un amour qui est contagieux. Comme on est aimé par Lui, on peut ainsi aimer le monde »

Est-ce que ma prière s’appuie sur l’Evangile ? Souvent ? De temps en temps ?

En quoi l’Évangile peut-il devenir une lumière pour ma foi, dans ma vie quotidienne ?

Est-ce que je mets en pratique les enseignements du Christ dans mes relations et dans mes choix quotidiens ?

Karolingischer_Buchmaler_um 820 Evangiles d’Aix la Chapelle

Carlo croyait que chaque chrétien a une mission dans le monde : témoigner de l’amour de Dieu par des actes concrets. Il insistait sur l’importance de la charité, de la solidarité et de l’évangélisation. Sa vie témoigne de cette mission : il voulait faire connaître Jésus à travers ses actions et ses paroles, en étant un modèle de foi vivante.

Il considérait aussi que la technologie pouvait être un outil pour transmettre le message chrétien de manière moderne et accessible.

Quelle est ma manière concrète de vivre ma foi dans mon environnement (famille, travail, communauté…) ?

Ai-je conscience de la mission que Dieu me confie dans mon quotidien ?

Quelles actions concrètes puis-je entreprendre pour rendre témoignage de ma foi ?

Ai-je déjà ressenti une envie de m’engager au service des autres ou dans une œuvre ?

Comment puis-je faire de ma vie une mission d’amour, d’accueil et de partage ?

le Christ envoie ses onze apôtres en mission Livre des Péricopes d’Henri II vers 1010 Meister_der_Reichenauer_Schule

Après ce temps de relecture, je m’adresse au Seigneur, comme un ami à son ami. Je lui exprime ce que j’ai mieux compris, mes découvertes, ma joie, ou une demande, un merci ou un désir, qui seront nés de ma prière, un appel à l’aide …

Je conclus avec une prière d’Eglise : Notre Père…