Prier avec une aquarelle

Nocturne – Ghardaïa- Alfred Manessier -Aquarelle 1976

Aujourd’hui, nous prenons cette aquarelle d’Alfred Manessier comme support de notre prière.

Nous commençons par nous mettre en présence du Seigneur et nous lui demandons  son Esprit saint pour qu’il nous éclaire et nous fasse entrer dans le mystère de Pâques.

  • Nous regardons l’œuvre pour elle-même

Les couleurs, les formes, la composition, la lumière…

C’est une ville en hauteur qui est représentée ici : Ghardaïa en Algérie. Non pas comme on peut la voir de jour, dans un paysage aux teintes ocres ; ici elle est toute blanche et bleue. Sur un fond bleu foncé, c’est un enchevêtrement  de maisons toutes blanches avec leurs nombreuses ouvertures sombres qui donne l’impression d’une ville lumineuse ;

la nuit est venue mais  c’est comme si les murs, gorgés de soleil, continuaient de refléter leur blancheur. Les habitations s’étagent jusqu’au sommet où des tours dominent l’ensemble, formant  comme un phare  dans la nuit.

La nuit n’est pas sombre ; il y a des points lumineux dans le ciel et dans la cité, quelques halos de lumière jaune leur répondent.

« La ténèbre n’est point ténèbre devant toi ; la nuit comme le jour est lumière »Je reprends ce refrain de Taizé

  • Nous méditons  devant cette aquarelle lumineuse.

En quoi cette représentation peut-elle me parler de Jésus-Christ ? Quelle parole biblique me vient en regardant cette œuvre ? Comment cela peut rejoindre ma propre vie ? Chacun a sa propre réponse

Dans ce temps pascal, nous pouvons évoquer le cœur de la foi chrétienne : au cœur des ténèbres a jailli la lumière ; après les ténèbres de la Passion, a surgi la lumière de la Résurrection.  Alleluia !

Christ est venu partager notre  humanité jusque dans la souffrance, pour la traverser par amour ; alors la vie a été plus forte que la mort ! Alleluia !

«  Je suis la lumière du monde. Celui qui vient à ma suite ne marchera pas dans les ténèbres ; il aura la lumière qui conduit à la vie. » Jean 8,12

Notre vie humaine, avec son lot de difficultés, n’est-elle pas comme transfigurée,  par la présence bienfaisante du Christ à nos côtés ? Et par les petits gestes d’amour de ceux qui se font proches et qui viennent comme éclairer notre nuit ?

Je fais mémoire de ce qui est pour moi présence du Christ.

  • Je parle au Seigneur de ce qu’a fait naître en moi cette contemplation ?

Une action de grâces pour une lumière reçue ?… pour la joie de Pâques ?… pour les petits gestes qui rendent la vie plus lumineuse?… Une louange pour le Christ Jésus …

Je termine ma prière en reprenant le début de l’Exultet chanté à l’entrée de la veillée pascale :

Psaume 8

Ô Seigneur notre Dieu, qu’il est grand, ton nom, par toute la terre !

Je décide de prendre un temps avec le Seigneur, quelques minutes pour Dieu. Avant de relire le psaume qui redit la grandeur de l’homme, je prends le temps de m’arrêter sur moi-même, de m’émerveiller de toutes les fonctions de mon corps qui permettent sa vie…Je demande la grâce de prendre le temps de contempler la Création.

         Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

         Je lis le psaume, lentement.

Me remémorant le texte de la Création dans la Genèse, relu lors de la vigile pascale, j’imagine l’espace, les astres et leur immensité. Puis je considère les animaux domestiques, les animaux sauvages sur terre, dans le ciel et sur la mer. En ce printemps, je peux rendre grâce pour le dynamisme du renouveau de la nature…

Je considère maintenant l’être humain, je me considère dans ma petitesse, ma fragilité, ma finitude, face aux éléments…et j’entends en même temps les paroles du psalmiste qui dit l’homme « un peu moindre qu’un Dieu », objet des pensées et des préoccupations de Dieu puissant et infini

Est-ce que je me sens objet de la sollicitude du Seigneur ? Quels mouvements cela suscite-t-il en moi ?

J’entends maintenant le refrain du psaume, « Ô Seigneur notre Dieu, qu’il est grand, ton nom, par toute la terre ! ». Puis-je aujourd’hui m’exprimer aussi résolument quand l’indifférence religieuse progresse tant ? Mais, dès l’époque du psalmiste, les infidélités du peuple étaient déjà nombreuses…Ne faut-il pas plutôt entendre ce refrain comme un appel à annoncer la grandeur du Seigneur dans un environnement qui la reconnaît peu ?

J’examine cela.
 

La fin du psaume semble donner à l’homme un pouvoir sur la Création. « Tu l’établis sur l’œuvre de tes mains » …Plutôt que d’un pouvoir, il s’agit d’une responsabilité, quand la surexploitation de notre planète entraine aujourd’hui tant de dérèglements. Comment, à ma mesure, est-ce que j’exerce cette responsabilité ?

Je relis le psaume. Je peux aussi l’écouter :

Je m’adresse maintenant au Seigneur, lui parlant comme un ami parle à un ami. En ce temps de renouveau, où la résurrection nous invite à la vie, je lui confie la création.

Je termine en disant « Notre Père… »

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit…

RESURRECTION !

Arcabas – Résurrection

Je peux commencer à prier en chantant: Alleluia, Jour d’allégresse et jour de joie

1
Jour de la résurrection: le Christ se lève du tombeau
Que tous les peuples chantent sa victoire,
Pâque du Seigneur qui nous fait passer de la mort à la vie,
Pâque du Seigneur qui nous conduit de la terre jusqu'au ciel.
2
Jour de la résurrection: le Christ remonte des Enfers
Entraînant avec lui les captifs de la mort,
Pâque du Seigneur qui relève Adam de sa chute,
Pâque du Seigneur qui nous donne la Vie de Dieu.
3
Jour de la résurrection: le Christ se lève comme un feu.
Ses ennemis sont dispersés comme la fumée au souffle du vent,
Pâque du Seigneur qui fait resplendir la lumière de sa face,
Pâque du Seigneur qui fait briller sur nous l'amour du Père.
4
Jour de la résurrection: le Christ remonte auprès du Père,
Attirant toute chose à lui par la force de sa croix,
Pâque du Seigneur par qui nous est donné l'Agneau sans tache,
Pâque du Seigneur par qui nous est livré le Fils de Dieu.

Joie de Pâques : comment cette joie rejoint ma vie, avec ses difficultés, ses inquiétudes, ses ombres mais aussi ses moments de paix, de lumière et de joie? Comment j’y cherche et trouve l’élan de la vie avec le Christ et enveloppé de la tendresse du Père?

Et je peux faire mienne la prière qu’exprime le psaume du jour, le psaume 15 et je le laisse me toucher, m’éclairer, m’habiter et me bousculer.

Je prie aussi pour le monde, avec ces intentions:

  • Seigneur, tu es notre refuge et notre force, une aide très présente pendant les temps troublés. Nous nous souvenons que tu as envoyé tes anges pour garder et protéger ceux qui étaient en danger, et nous te demandons d’envoyer tes armées d’anges dans les endroits du monde déchirés par les bombes et les drones. Protège ceux qui sont vulnérables et préserve la vie au milieu de la destruction.
  • Seigneur, nous te prions d’apporter la paix sur la terre. Apporte la lumière de ta vérité à ceux qui prennent des décisions sur la guerre. Et guide-les vers la justice et la réconciliation.
  • Lorsque le mal semble gagner, ouvre nos yeux pour que nous voyions que tu es à l’œuvre, et que nous sommes entourés par tes anges. Libère-nous de la peur et aide-nous à faire confiance à ta toute-puissance, à ton amour et à ton plan parfait. Amen.

Et en des moments de doute ou de questionnement, recevons ce texte éclairant du Père Nicolaas Sintobin SJ : La réalité de la résurrection

Il n’est pas facile de croire à la résurrection. Ce n’est pas un hasard si, dans presque toutes les apparitions, l’incrédulité et le doute règnent, même parmi ceux qui connaissaient très bien Jésus. Pourtant, ces témoins hésitants proclameront bientôt sa résurrection.

C’est peut-être là la preuve la plus convaincante de la réalité de la résurrection. Les disciples de Jésus étaient traumatisés par l’échec honteux de l’œuvre de sa vie (et de la leur). Ils s’étaient dispersés. Peu après, ces mêmes personnes allaient proclamer avec une ferveur inouïe que leur héros était le Sauveur du peuple. Ils ne cachaient plus sa mort sur la croix. Ils la proclamaient désormais presque avec fierté. Entre ces deux moments, ils avaient dû vivre quelque chose d’encore plus bouleversant et dramatique que la catastrophe de la crucifixion de Jésus : sa résurrection. ( Nicolaas Sintobin SJ, Did Jesus Really Exist? and 51 Other Questions (Jésus a-t-il vraiment existé ? et 51 autres questions) Merci à: Un moment sacré.com

Macha Chmakoff – Résurrection

En contemplant la lumière du tombeau et qui me rejoint, je peux chanter Notre Père:

SAMEDI SAINT

Mise au tombeau-Cathédrale Saint Etienne- Bourges

(Liturgie des Heures – Intercession) Contemplons avec respect le corps de Jésus déposé de la croix et mis au sépulcre.

Ô Christ Sauveur, comme le grain tombé en terre, tu as connu le tombeau :
prends-nous dans le mystère de ta mort.

Ô Christ enseveli, ta mère a veillé dans la foi :
fais-nous participer à son espérance.

Ô Christ, nouvel Adam, tu es descendu aux enfers pour délivrer les justes :
entraîne à la vie ceux que le Père t’a donnés.

Ô Christ vivant, nous avons plongé avec toi dans l’eau et le feu :
fais-nous remonter de la mort à la vie.

Hagios o Theos (Impropère)

Homélie fameuse du 4ème siècle, attribuée à l’évêque Épiphane pour la Samedi Saint

Entrons maintenant en prière avec cette méditation.

Que ma prière vienne jusqu’à toi.

VENDREDI SAINT

CHEMIN DE CROIX de Sieger Köder

Hymne : Ils ont percé tes mains et tes pieds.

J.F Frié — Chalet

R/ Ils ont percé tes mains et tes pieds.
Ils ont compté tous tes os.
Ils ont regardé celui qu’ils ont transpercé.

Vous n’avez pas moins péché que vos pères,
Vous obscurcissez la terre !
– Toi, notre Lumière,
Seigneur, prends pitié !

Vous n’avez pas sauvé l’homme du crime,
Vous élargissez l’abîme !
– Toi, notre Victime,
Seigneur, prends pitié !
Vous n’avez pas renoncé à la malice,
Vous repoussez le calice !
– Toi, notre justice,
Seigneur, prends pitié !

Vous n’avez pas dit le mot qui console,
Vous sollicitez l’idole !
– Toi, notre Parole,
Seigneur, prends pitié !

Vous n’avez pas partagé la souffrance,
Vous perpétuez l’offense !
– Toi, notre Espérance,
Seigneur, prends pitié !

Vous n’avez pas combattu pour ma gloire,
Vous avilissez l’histoire !
– Toi, notre Victoire,
Seigneur, prends pitié !

JEUDI SAINT

Sieger Köder (1925-2015), Le lavement des pieds, musée d’Ellwanden, Bade Wurtemberg

Regardons ce tableau pour découvrir les personnages, les couleurs, la lumière et les ombres.

Fixons notre attention sur les 2 personnages, essayons d’imaginer les pensées qui leur traversent le cœur et l’esprit.

Si on porte attention au personnage agenouillé, avec le dos courbé, la ligne de son épaule et sa main immobile posée à côté du bassin suggèrent qu’il s’est arrêté pour se reposer, comme s’il arrivait au terme d’une longue route ou d’une pénible épreuve. Son visage, qui se reflète dans l’eau, a l’air pensif, les yeux couverts et le regard fixe, presque dénué d’expression…

La courbe du corps et de la tête de l’homme qui est assis évoque l’étreinte protectrice, la présence réconfortante d’un ami compréhensif, attentif au besoin de celui qui est agenouillé. Il a posé la main sur l’épaule de son ami. L’autre main est-elle levée en signe de protestation ou de protection.

Sur sa toile, le visage de Jésus est complètement caché, il n’y a que son reflet dans l’eau du bassin.
Dans l’eau, nous voyons aussi les pieds de Pierre. Ce dernier a parcouru la ville toute la journée, il a les pieds sales, couverts de la poussière et de la saleté des rues. La couleur verdâtre de l’eau suggère qu’elle n’est pas fraîche.
L’artiste tente peut-être de nous dire que nous pouvons trouver Jésus au milieu du désordre, du fouillis, de la saleté de nos vies…

Ce sont des pieds forts. Ils témoignent d’une vie active, passée à voyager par de rudes chemins. Ils sont nus, calleux, sales et écorchés.
Ce sont les pieds d’un homme pauvre, qui n’a pas l’habitude de se chausser de cuir souple ou de voyager à cheval, à dos de chameau ou sur une charrette.
Ils nous démontrent que la tâche entreprise par Jésus en lavant les pieds des disciples n’est pas un rituel aseptisé, mais bien une vraie besogne.

Il aura fallu un bon moment pour soigner tous ces pieds sales et meurtris, ces pieds qui se sont souillés sur le chemin, à la suite de Jésus, en route vers la chambre haute.
Et ses pieds à lui ? Quelqu’un les a-t-ils lavés après qu’il eut rendu ce service à ses amis ? Ils ne semblent pas avoir été rafraîchis par les ablutions rituelles au début du repas juif. Ou alors, ces écorchures seraient-elles une façon pour l’artiste de laisser entrevoir la rigueur du chemin que Jésus devra encore parcourir ?

Sur la table, l’artiste a placé une coupe et une assiette couleur étain. Elles émergent de l’ombre à l’arrière-plan. Dans son récit de la Dernière Cène, Jean ne mentionne pas le pain et le vin. Est-ce que l’artiste veut corriger une omission?
Non.

Non. Le lavement des pieds correspond à la bénédiction et au partage du pain et du vin retenus par Matthieu, Marc et Luc.
Les paroles de Jésus; « car c’est un exemple que je vous ai donné, pour que, comme moi je vous ai fait, vous fassiez vous aussi » répondent au « faites ceci en mémoire de moi ».

Ce ne sont pas deux événements, mais les deux aspects d’une vie unique, la vie de Jésus, que tous ceux et celles qui veulent le suivre sont appelés à assumer
Par le pain de Vie auquel je communie, chacune, chacun des membres d’une assemblée devient le « corps du ressuscité »…
Sainte Thérèse d’Avila disait :
« Le Christ n’a pas d’autre corps sur terre que le vôtre, ni d’autres mains que les vôtres, ni d’autres pieds que les vôtres. C’est par vos yeux que s’exprime la compassion du Christ pour le monde ; par vos pieds qu’il s’en va faire le bien ; par vos mains qu’il va bénir aujourd’hui l’humanité.»

(Merci au Secteur Pastoral de l’Yvette)

« voici mon commandement »


Sieger Köder est un artiste et prêtre catholique allemand. Il traduit la Parole de Dieu en images, images d’espérance, de foi pour la vie quotidienne.De 1954 à 1965 (29-40 ans), Sieger Köder a été professeur d’art au lycée Schubart d’Aalen. Au cours de cette période, il fut membre du conseil municipal de la ville de Wasseralfingen,De 1965 à 1970, Sieger Köder étudia la théologie catholique à l’université Eberhard Karl de Tübingen. En 1970, il est entré au séminaire de Rottenburg et a été ordonné prêtre en 1971 (46 ans).

Judas

De l’Evangile de Matthieu, ce jour.

Duccio di Buoninsegna

« Pauvre Judas« , je ne sais pas ce qui est passé dans son âme. C’est l’un des personnages les plus mystérieux de la passion du Seigneur. Je n’essaierai même pas de vous l’expliquer, je me contenterai de vous demander un peu de pitié pour notre pauvre frère Judas. N’ayez pas honte d’assumer cette fraternité. Je n’ai pas honte, car je sais combien de fois j’ai trahi le Seigneur, et je crois qu’aucun d’entre vous ne doit avoir honte de lui.

Et en l’appelant frère, nous sommes cohérents avec le langage du Seigneur. Lorsqu’il a reçu le baiser de la trahison à Gethsémani, le Seigneur lui a répondu par ces mots que nous ne devons pas oublier : mon ami. Nous pouvons trahir l’amitié du Christ. Le Christ ne nous trahit jamais, nous ses amis, même quand nous ne le méritons pas, même quand nous nous retournons contre lui, même quand nous le renions. Devant ses yeux et son cœur, nous sommes toujours ses amis. »

homélie de Don Primo Mazzolari

Arcabas

Jésus, ami des hommes, tu es venu sur terre et tu as revêtu notre chair. Même parmi ceux qui t’avaient accueilli, il y en a qui t’ont renié, d’autres qui ont trahi leur engagement. Mais tu n’as jamais cessé de les aimer, jusqu’à laisser tous les autres, partant à leur recherche, dans l’espérance de les ramener auprès de toi, chargés sur tes épaules (Lc 15,5) ou penchés sur ta poitrine (Jn 13,25). Nous confions à ta miséricorde infinie
tes enfants guettés par le découragement ou le désespoir. Donne-leur de chercher refuge auprès de toi,et de « ne jamais désespérer de ta miséricorde » (Règle de saint Benoît, n. 3, 74).Jésus, tu continues à aimer ceux qui refusent ton amour et tu recherches sans te lasser ceux qui te trahissent et t’abandonnent. À toi la louange et la gloire dans les siècles.

« Seigneur, qui est-ce? »

Souabe-bois de chêne-début XIVe siècle

Dans l’Evangile de ce jour, de St Jean:

« Qui est-ce, Seigneur? » moi ? Je médite cela.

« Je donnerai ma vie pour toi » Et moi ? Comment ces paroles de Pierre me rejoignent et me bousculent?

Sieger KöderJudas sort dans la nuit

Prier autour des tables de la Parole et de l’Eucharistie

Je me dispose à la prière, en faisant silence. Sans la forcer, je suis attentif à ma respiration. Je me présente au Seigneur. « Me voici ». Je demande la grâce d’être assidu à sa Parole et à l’Eucharistie.

         Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Dans la cathédrale de St Malo, l’autel a été réalisé sur des dessins d’Arcabas, auxquels son fils Etienne a donné une forme sculptée. La table de l’autel est soutenue par les quatre symboles des quatre évangélistes. Une même production artistique représente la solidarité des deux tables de la Parole et de l’Eucharistie.

Les célébrations de la Semaine Sainte donnent une large place à la Parole. Les récits de la Passion, le dimanche des Rameaux, et le vendredi saint ; les nombreuses lectures de la vigile pascale…

C’est dans la tradition des Écritures que nous contemplons le Christ mort et ressuscité. Nous nous appuyons sur les récits évangéliques pour méditer les événements successifs, que la liturgie nous donne de revivre.

Je m’arrête un instant sur la place de la Parole dans ma vie chrétienne, dans ma vie spirituelle.

Les quatre évangélistes sont représentés, selon la tradition de l’Église, par le tétramorphe.

Matthieu est représenté par un homme ailé ; Marc est représenté par un lion ;

Luc est représenté par un taureau ; Jean est représenté par un aigle.

Je considère le don de quatre évangiles, des quatre évangélistes, témoignant de la même aventure spirituelle, de la même découverte du Christ, avec la spécificité de leur regard, l’enracinement dans leur communauté. Je considère cette délicatesse du Seigneur, nous proposant des voies complémentaires pour se mettre à Son écoute.

Que puis-je dire de ma relation aux divers évangélistes ? Suis plus à l’aise avec l’un, avec l’autre… ?

Les quatre évangélistes sont disposés aux « quatre coins » de l’autel, vers les quatre points cardinaux…La Parole destinée à être proclamée à toutes les nations.

J’examine la dimension universelle de l’Église.

Je prends maintenant le temps d’un cœur à cœur avec le Seigneur. Je rends grâce pour la force que me donne sa Parole. Je rends grâce pour Sa vie donnée à la croix,

et pour son invitation à partager son corps. « Heureux les invités au repas des noces de l’agneau ». Je peux lui confier tous ceux qui n’ont pas encore découvert Sa Parole et les sacrements.

Je termine en disant « Notre Père… »

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Prier avec la Vierge de l’Annonciation d’Antonello de Messine

Tableau connu d’Antonello da Messina, « Annunciata » a été réalisé vers 1476. Il est conservé à Palerme en Sicile.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (1, 26-38) « Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils »

En ce 25 mars, comme chaque année, nous célébrons l’Annonciation du Seigneur. Je me dispose à un temps de méditation et de prière en compagnie de Marie. Je m’installe à l’écart et fais silence en moi… Je regarde la peinture…

Contrairement aux représentations « classiques » de l’Annonciation, on ne voit ici ni l’ange ni un quelconque élément de décor… La présence de l’ange est suggérée par la lumière qui éclaire le visage de Marie et son regard …

Les seuls objets présents sont le lutrin et le livre posés devant elle.

C’est le portrait d’une jeune fille humble de Nazareth, qui va être appelée à une vocation exceptionnelle…

Suivons Sophie M (in Actuailes n° 93 – 12 décembre 2018) :

« C’est une femme simple, presque ordinaire. Elle est seule, en train de lire la bible, qu’elle a posée sur un pupitre de bois. Et soudain elle comprend. Elle sourit légèrement, lève la main pour dire oui et retient son voile pour mieux se recueillir. On sent que rien

ne la détournera de sa décision : elle vient d’accepter de porter en elle le Fils de Dieu, de faire de la place en elle à l’amour. Son visage lisse n’exprime ni frayeur ni angoisse : elle sait qu’il lui faut aimer, tout simplement, aimer parfaitement.

Le visage dessine un ovale très pur. Les triangles rigoureux que dessine le voile conduisent vers ce visage, éclairé d’une lumière douce. Pour ne pas nous distraire, Antonello réduit la couleur à un bleu profond et intense, qui se détache sur fond de nuit. Tous ces moyens font de Marie une femme comme nous et en même temps une figure grandiose.

Antonello a l’audace de ne dessiner ni auréole autour de la tête de Marie, ni or sur ses vêtements, ni une demeure, un palais ou un temple qui montreraient sa grandeur.

peint pas d’ange lumineux venu du ciel, il se passe de ces signes merveilleux : il concentre notre attention sur le visage et sur les mains de cette femme qui dit « oui », car c’est ce « oui » qui est merveilleux. »

A nouveau, je contemple la peinture, me laissant porter par tout ce qu’elle me dit…Le « oui » de Marie, source de notre salut…

Je peux faire mémoire de mes « oui » … de mes refus … comment pourrais-je accueillir davantage la volonté du Père ?

Avec le père Jean-Paul Hoch, je m’adresse à Marie :

"Aide-nous à dire OUI"
« Quand vient pour nous l’heure de la décision, Marie de l’Annonciation, aide-nous à dire « oui ».
Quand vient pour nous l’heure du départ, Marie d’Égypte, épouse de Joseph, allume en nous l’Espérance.
Quand vient pour nous l’heure de l’incompréhension, Marie de Jérusalem, creuse en nous la patience.
Quand vient pour nous l’heure de l’intervention, Marie de Cana, donne-nous le courage de l’humble parole.
Quand vient pour nous l’heure de la souffrance, Marie du Golgotha, fais nous rester aux pieds de ceux en qui souffre ton Fils.
Quand vient pour nous l’heure de l’attente, Marie du Cénacle, inspire-nous une commune prière.
Et chaque jour, quand sonne pour nous l’heure joyeuse du service, Marie de Nazareth, Marie des Monts de Juda, mets en nous Ton cœur de servante.
Jusqu’au jour où, prenant Ta main, Marie de l’Assomption, nous nous endormirons, dans l’attente du jour de notre résurrection. Amen. »

Je conclus avec une prière de l’Eglise : « Notre Père… »