Le Benedictus est le cantique chanté par Zacharie après la naissance de son fils Jean dit le Baptiste que l’on trouve au 1er chapitre de l’Evangile de Luc. (Lc 1,68-79)
Zacharie écrivant le nom de son fils par Domenico Ghirlandaio Peintre de la Renaissance italienne (15ème siècle)
Lorsque Zacharie était au Temple pour le service, un ange lui apparut pour lui annoncer la naissance d’un fils ; ayant douté de cette annonce, il fut réduit au silence. Après la naissance de l’enfant, l’on demande à Zacharie son nom. Contre toute attente, il écrit sur la tablette. Jean, comme le Seigneur l’avait dit. C’est cet instant qu’a représenté le peintre, ci-dessus. Alors il retrouva la voix et se mit à chanter :
68 « Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, qui visite et rachète son peuple. 69 Il a fait surgir la force qui nous sauve dans la maison de David, son serviteur, 70 comme il l’avait dit par la bouche des saints, par ses prophètes, depuis les temps anciens : 71 salut qui nous arrache à l’ennemi, à la main de tous nos oppresseurs, 72 amour qu’il montre envers nos pères, mémoire de son alliance sainte, 73 serment juré à notre père Abraham de nous rendre sans crainte,
74 afin que, délivrés de la main des ennemis, 75 nous le servions dans la justice et la sainteté, en sa présence, tout au long de nos jours. 76 Toi aussi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut ; tu marcheras devant, à la face du Seigneur, et tu prépareras ses chemins 77 pour donner à son peuple de connaître le salut par la rémission de ses péchés, 78 grâce à la tendresse, à l’amour de notre Dieu, quand nous visite l’astre d’en haut, 79 pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres et l’ombre de la mort, pour conduire nos pas au chemin de la paix. »
J’entre dans la prière et fais silence.
Je lis et relis ce cantique. J’imagine la joie de Zacharie et son émerveillement devant ce qui est arrivé.
Les versets 68 à 75 sont une prière de louange pour le Seigneur : « Béni soit le Seigneur ». Et son expérience le conduit plus loin que la naissance de son enfant ; il voit le salut qui vient en Jésus-Christ, il voit l’accomplissement de la promesse, la délivrance pour son peuple…
Les versets 68 à 75 sont une prière de louange pour le Seigneur : « Béni soit le Seigneur ». Et son expérience le conduit plus loin que la naissance de son enfant ; il voit le salut qui vient en Jésus-Christ, il voit l’accomplissement de la promesse, la délivrance pour son peuple…
A mon tour, puis-je bénir le Seigneur ? Avec quels mots ? Qu’est-ce que le Seigneur a fait pour moi ? Et plus largement je lui rends grâces pour son action dont je suis témoin.
Les versets suivants (76 -79) sont adressés à l’enfant. Zacharie lui redit, avec ses propres mots, la mission que l’ange avait annoncée : préparer les chemins pour accueillir le pardon des péchés, l’amour, la lumière, la paix qu’apporte le messie. Cette fois il est accordé au Seigneur et tout joyeux.
Comment est-ce que je reçois cette mission de Jean-Baptiste ? Ai-je moi aussi à préparer les chemins du Seigneur ? Comment ? Est-ce que je ressens la joie d’être ainsi appelé(e) ?
Nous terminons la prière en unissant nos voix à celles de tous ceux qui prient ce cantique chaque jour aux Laudes, comme les moines de l’abbaye de Tamié.
Je me mets à l’écart, pour me rendre disponible à la Parole du Seigneur. Je dispose mon cœur à l’écoute en vivant quelques minutes en silence. Je prends le temps de faire, en moi, le vide de mes préoccupations habituelles pour que la Parole puisse trouver un espace. Je demande la grâce d’une attention renouvelée devant un texte très connu.
Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.
Je lis le texte, lentement.
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (10,25-37)
En ce temps-là, voici qu’un docteur de la Loi se leva et mit Jésus à l’épreuve en disant :« Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? » Jésus lui demanda :« Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ?Et comment lis-tu ? » L’autre répondit :« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence, et ton prochain comme toi-même. » Jésus lui dit :« Tu as répondu correctement. Fais ainsi et tu vivras. Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus : « Et qui est mon prochain ? » Jésus reprit la parole :« Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur des bandits ; ceux-ci, après l’avoir dépouillé et roué de coups, s’en allèrent, le laissant à moitié mort. Par hasard, un prêtre descendait par ce
chemin ;il le vit et passa de l’autre côté. De même un lévite arriva à cet endroit ; il le vit et passa de l’autre côté Mais un Samaritain, qui était en route, arriva près de lui ;il le vit et fut saisi de compassion. Il s’approcha, et pansa ses blessures en y versant de l’huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui. Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent, et les donna à l’aubergiste, en lui disant : “Prends soin de lui ;tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai.” Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme tombé aux mains des bandits ? » Le docteur de la Loi répondit :« Celui qui a fait preuve de pitié envers lui. » Jésus lui dit :« Va, et toi aussi, fais de même. »
Nous nous rendons attentif à un choix du maître verrier. Il a donné le même visage au blessé, au Bon Samaritain et au Christ.
Ainsi, en un raccourci saisissant, le maître verrier suggère que nous pouvons contempler le Christ dans le blessé, le pauvre, comme dans toute personne qui s’engage pour soulager la souffrance, la précarité.
Je peux alors examiner ces deux voies proposées à notre foi :
Quels sont autour de moi, les personnes fragiles qui peuvent, pour moi, m’aider à rencontre le Christ ? Suis-je assez attentif aux personnes vulnérables ?
Qui sont, autour de moi, les personnes engagées, souvent dans la discrétion, pour être présentes et aidantes auprès des personnes en situation de précarité, de souffrance ? Je considère aussi mes propres engagements.
Le vitrail du Bon Samaritain est le seul qui, dans la cathédrale, se lit de haut en bas. Volonté pour le maître verrier de suggérer la « descente du Christ » en notre humanité, ce que chante l’hymne de l’épître aux Philippiens, que nous avons entendu récemment
Il ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix. (Ph, 2, 6-8)
Dieu qui descend vers nous dans le mystère de l’incarnation…et qui invite chacun à monter vers Lui.
Je considère ce double mouvement de notre foi. Comment suis-je attentif à la présence de Dieu, dans notre monde, dans mon environnement, dans ma propre vie ? Quels moyens est-ce que je prends pour répondre à l’invitation que le Seigneur me fait de me tourner, de monter vers Lui ?
Je prends maintenant le temps de m’adresser au Seigneur comme un ami parle à un ami. Je peux rendre grâce pour les paraboles qui me rejoignent, présenter au
Seigneur ceux, qui dans mon entourage, connaissent la fragilité, présenter mes propres vulnérabilités. Je prie aussi pour tous ceux qui s’engagent pour le service du prochain. Je lui demande de m’aider à lutter contre l’indifférence.
Je termine en me confiant à celui qui se fait Père, Tout Autre et tout proche. « Notre Père… »
Je me mets à l’écart pour aller à la rencontre du Seigneur. Je décide, dans le temps qui s’écoule, hors de moi, de prendre un temps choisi, d’arrêter le cours de mes occupations habituelles. Je me tourne vers le Seigneur et lui demande la grâce de revenir à l’essentiel qu’est la perception de sa présence.
Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.
Le lis le psaume.
Tu fais retourner l’homme à la poussière ; tu as dit : « Retournez, fils d’Adam ! » À tes yeux, mille ans sont comme hier, c’est un jour qui s’en va, une heure dans la nuit.
Tu les as balayés : ce n’est qu’un songe ; dès le matin, c’est une herbe changeante : elle fleurit le matin, elle change ; le soir, elle est fanée, desséchée.
Apprends-nous la vraie mesure de nos jours : que nos cœurs pénètrent la sagesse. Reviens, Seigneur, pourquoi tarder ? Ravise-toi par égard pour tes serviteurs.
Rassasie-nous de ton amour au matin, que nous passions nos jours dans la joie et les chants. Que vienne sur nous la douceur du Seigneur notre Dieu ! Consolide pour nous l’ouvrage de nos mains.
Je m’arrête sur quelques expressions du psalmiste : « Mille ans sont comme hier » « C’est un jour qui s’en va » « Une herbe changeante : Elle fleurit le matin, elle change ; Le soir, elle est fanée, desséchée ».
Et j’interroge ma propre perception du temps. Le temps qui fuit… « Tempus fugit », lit-on souvent sur les cadrans solaires de la Renaissance. Comment est-ce que je me situe : nostalgie, regrets, inquiétude… ?
Puis je considère comment le Seigneur, pour moi, vient rencontrer le temps qui est le mien. « Reviens, Seigneur, pourquoi tarder ? » / « Que nous passions nos jours dans la joie et les chants » / « Que vienne sur nous la douceur du Seigneur, notre Dieu. ». Comment dans « l’impermanence » de ma vie, est-ce que je perçois la constance et la fidélité du Seigneur ?
Je relis le psaume, et je m’adresse au Seigneur, pour lui confier mon temps présent, en repérant dans ma journée ce qui a, déjà, saveur d’éternité. .
Je termine ce temps en disant le Notre Père. Je m’arrête sur la demande : « donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour »
Commençons par disposer notre esprit et notre coeur en priant avec ce chant.
Nous vous proposons aujourd’hui d’accueillir le texte, extrait d’un entretien, d’un théologien et philosophe tchèque, le Père Tomáš Halík et de nous laisser nourrir et interpeller.
Quel rôle le doute peut-il jouer ?
« Le doute et la foi sont comme des frères et sœurs. Ils ont besoin l’un de l’autre. Ils doivent se corriger mutuellement. La foi sans doute peut mener au fanatisme, mais le doute qui occulte ses propres doutes peut lui aussi déboucher sur le cynisme et l’amertume. Les deux derniers papes, Jean-Paul II et Benoît XVI, ont souligné en ce sens que la foi et la raison vont de pair.
La raison est un partenaire très important pour la foi. Mais Blaise Pascal, puis Emmanuel Kant, ont déjà dit que la tâche la plus importante de la raison était de prendre au sérieux ses propres limites. En fin de compte, la foi est comme un feu et la raison comme la cheminée. Une foi sans raison peut devenir dangereuse. »
Je réfléchis en moi-même et m’interroge: est-ce que la raison est un obstacle à ma foi? Pourrait-elle me mener à douter? Je demande l’aide l’Esprit et peux rechercher dans ma mémoire les personnes pleines de doute que le Christ a rencontrées. Je peux penser à Nicodème par exemple…
Du tombeau vide au Matin de Pâques
Mais qui est Dieu exactement, s’il est en fin de compte un mystère ?
« Maître Eckhart avait déjà souligné que Dieu ne se trouve pas dans ce monde. Il n’appartient pas au monde des choses et des objets. Nous devons nous libérer de notre obsession pour les choses de ce monde. Celui qui est libre intérieurement est également ouvert au mystère de Dieu et peut le rencontrer. Ce n’est que dans un tel contexte de silence que nous pouvons véritablement accueillir la révélation de Dieu.
L’essentiel n’est pas de savoir si nous croyons en lui, mais si nous l’aimons. Ce n’est qu’au plus profond de l’expérience de l’amour que nous pouvons redécouvrir le sens du mot « Dieu ». Le problème, c’est que de nombreux croyants, mais aussi de nombreux athées, pensent en savoir beaucoup sur Dieu et qu’il est facile de parler de lui. »
Comment faire silence en moi et laisser Dieu se révéler en moi ? Que signifie pour moi: « aimer Dieu » ?Je demande au Seigneur la grâce de savoir méditer sa Parole, dans la prière, de me laisser enseigner et éclairer par elle.
Bénédicte Paillusseau
Je peux maintenant rendre grâce pour ce rendez-vous avec le Seigneur qui éclaire ma journée.
Deux livres de T. Halik, pour aller plus loin, sont traduits en français:
Tomáš Halík, Donner du temps à l’éternité. La patience envers Dieu Paris, Cerf, 2014, 272 p. Dans ces pages, déjà traduites en de nombreuses langues et couronnées du prix du meilleur livre théologique européen, Tomáš Halík, grande figure intellectuelle tchèque et professeur à l’Université Charles de Prague, livre une importante méditation sur la foi et l’absence ou le silence de Dieu. Partant de ses réflexions autour de l’appel de Zachée, de ses recherches et de son expérience personnelle, crises de la foi comprises, il nous invite à « apprendre à vivre avec le mystère », à exercer « notre patience envers Dieu » (p. 11). […] Stimulante réflexion sur la quête de sens qui entraine le lecteur à travers autant d’épisodes de l’histoire de la pensée, éloge du temps, de la patience et de la persévérance,
L’après-midi du christianisme Ed Cerf 2025 (Allez au large et jetez vos filets) Tomáš Halik, reprend cet appel et nous embarque dans une passionnante réflexion. Il bouscule notre manière de recevoir et surtout de partager la Bonne Nouvelle de Jésus.
Ce chant est une invitation à la gratitude et à la louange, rappelant que la bonté de Dieu est constante et que son amour est éternel. Il encourage les croyants à :
Trouver courage et force dans la prière et la proximité de Dieu.
Maintenir l’espérance même face aux difficultés et aux injustices.
1/ Je prends le temps de lire lentement les 3 couplets de ce psaume
Rendez grâce au Seigneur : Il est bon ! Éternel est son amour ! Oui, que le dise Israël : Éternel est son amour !
Le bras du Seigneur se lève, le bras du Seigneur est fort ! Non, je ne mourrai pas, je vivrai pour annoncer les actions du Seigneur.
Tu es mon Dieu, je te rends grâce, mon Dieu, je t’exalte ! Je te rends grâce car tu m’as exaucé : tu es pour moi le salut.
2/ Je lis ensuite le premier couplet
Rendez grâce au Seigneur : Il est bon ! Éternel est son amour ! Oui, que le dise Israël : Éternel est son amour !
Puis, comme le psalmiste j’exprime avec mes mots ma gratitude envers le Seigneur mon Dieu
3/ Je lis ensuite lentement le deuxième couplet
Le bras du Seigneur se lève, le bras du Seigneur est fort ! Non, je ne mourrai pas, je vivrai pour annoncer les actions du Seigneur.
De nouveau, comme le psalmiste j’exprime ma confiance dans le Seigneur et je reconnais sa fidélité dans toutes les circonstances de ma vie.
4/ Maintenant, je lis le troisième couplet
Tu es mon Dieu, je te rends grâce, mon Dieu, je t’exalte ! Je te rends grâce car tu m’as exaucé : tu es pour moi le salut.
Et enfin, même en voyant la misère, la guerre et la souffrance sur terre, j’exprime mon espérance et ma foi en Dieu qui est Père, Fils et Esprit.
5/ Je termine en relisant le psaume tout entier
Rendez grâce au Seigneur : Il est bon ! Éternel est son amour ! Oui, que le dise Israël : Éternel est son amour !
Le bras du Seigneur se lève, le bras du Seigneur est fort ! Non, je ne mourrai pas, je vivrai pour annoncer les actions du Seigneur.
Tu es mon Dieu, je te rends grâce, mon Dieu, je t’exalte ! Je te rends grâce car tu m’as exaucé : tu es pour moi le salut.
En ce début d’année, en cette rentrée, nous sommes peut-être sollicités par des appels à nous engager dans telle ou telle mission, nous pouvons, dans les associations dont nous faisons partie, composer nos programmes d’activités.
Appelés, peut-être, à faire du neuf, nous contemplons la vocation de Matthieu, à partir du texte de l’évangile (Mt, 9, 9-13) et du tableau du Caravage à St Louis des Français, une œuvre de 1599.
Je prends un temps de prière, je me rends disponible pour méditer sur cette année qui s’ouvre, et y repérer les appels. Je demande la grâce de m’ouvrir à la nouveauté.
Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.
Je lis calmement le texte de Matthieu, ce récit très ramassé, le plus court, le plus rapide des textes de vocation des évangiles.
« En ce temps-là,Jésus sortit de Capharnaüm et vit, en passant, un homme, du nom de Matthieu,assis à son bureau de collecteur d’impôts.Il lui dit : « Suis-moi. »L’homme se leva et le suivit. »
Je contemple Jésus qui sort pour venir vers nous, Jésus qui passe au milieu de nous, qui porte son regard sur un homme particulier, Matthieu, et l’invite à le suivre. Et je regarde la rapidité de la réponse de Matthieu. « Suis-moi. » / « Il le suivit ». Le collecteur d’impôts, assis, se lève pour se faire disciple.
Je regarde maintenant le tableau du Caravage.
J’observe la composition. Un rayon lumineux dont la source est invisible éclaire l’espace sombre. La fenêtre et son volet suggère que la table du collecteur d’impôts se trouve à l’extérieur.
Sur la droite, deux personnages, debout, Jésus et Pierre (qui n’est pas mentionné dans l’évangile) ; sur la gauche, autour d’une table, quatre personnages assis, et un cinquième debout.
Entre les deux groupes, un espace sombre, qui semble une frontière. Le Christ et St Pierre sont vêtus à l’antique, tandis que les personnages réunis autour de la table portent des habits de la Renaissance. Ainsi, Jésus, vêtu comme lorsqu’il partageait la vie des premiers disciples, vient-il visiter l’époque de la Renaissance, et, par là tous les temps, notre temps.
Je peux faire mémoire de moments, d’événements, où j’ai pu percevoir que Jésus venait jusqu’à moi…
Je considère maintenant la main du Christ qui se tourne vers Matthieu. Cette main est quasiment « une citation » de la main de Dieu créant Adam, sur la voûte de la Chapelle Sixtine peinte par Michel Ange au début du XVIème siècle.
Par cette référence à la Création, Le Caravage suggère qu’une vocation peut ouvrir, pour la personne appelée, une nouvelle création, un nouveau départ, une nouvelle fécondité…Mais, chez Le Caravage, la main n’est plus celle du Père, mais celle du Fils, qui nous invite à le suivre jusqu’à la croix, suggérée par les montants de la fenêtre au-dessus de la main du Christ.
Je fais mémoire d’appels reçus, d’engagements pris qui ont pu donner à ma vie un cours renouvelé, un surcroit de vie, sans occulter que ces chemins ouverts ont pu être traversés d’épreuve, de souffrance.
Je m’arrête maintenant sur les personnages réunis autour de la table. Les spécialistes discutent beaucoup pour savoir qui, parmi eux, est Matthieu. On peut aussi suggérer que quatre d’entre eux peuvent représenter Matthieu, à plusieurs moments de son cheminement face à l’appel. Le personnage, en bas à gauche, est peut-être Matthieu, dans ses œuvres de publicain : courbé sur la table, les mains presque difformes enserrant les pièces d’or de la collecte. Un personnage fermé sur lui-même attentif aux seuls bien matériels, produit, de surcroît, de l’exploitation du peuple, de collaboration avec l’occupant, non exempt de corruption.
Le personnage assis, barbu, face à nous, représente Matthieu qui prend conscience de l’appel, se demandant si c’est bien lui qui est concerné…Il est pris dans la lumière et tourne son regard vers Celui qui appelle. L’appel, déjà, redresse et fait entrer en relation. Le jeune homme, à ses côtés, à gauche peut être une vision idéalisée du jeune Matthieu, non encore corrompu par l’appât du gain. L’appel, comme une opportunité pour redonner à son existence une forme de pureté, une nouvelle jeunesse. Enfin, le personnage de dos représente Matthieu qui commence à se lever, selon le terme de l’évangile (se lever, le même verbe utilisé dans les évangiles pour dire ressusciter). Au Matthieu publicain, sur la droite, assis, immobile, retenu près des pièces d’or, succède ici Matthieu qui se met en mouvement, qui s’apprête à se lever pour suivre le Christ.
Je peux relire, dans mon propre cheminement, ces divers moments de ma réponse à un appel : à quoi est-ce que je dois m’arracher, qu’est-ce qui me retient ; mes doutes quant à la réalité de l’appel : est-ce bien moi qu’on appelle, suis-je concerné ; comment cet appel peut-il rejoindre le sens que je veux donner à ma vie, est-ce cohérent avec ce que je cherche depuis ma jeunesse ; à quel moment, et pourquoi, ai-je décidé de répondre favorablement à l’appel ?
Reste un personnage…Celui qui se tient debout, à droite de l’homme barbu, qui semble murmurer à l’oreille du Matthieu publicain assis à gauche, devant. Les spécialistes comparent cette figure à des tableaux décrivant la façon dont le diable peut murmurer à nos oreilles, comme par exemple la peinture de Lucas Signorelli dans la cathédrale d’Orvietto, dans l’Ombrie.
Ils voient donc, dans la toile du Caravage, une suggestion du diable, du « mauvais conseiller » qui tente d’éloigner de la vocation.
Et moi, puis-je relire, ce qui, dans une décision, un discernement, a pu me détourner de la juste réponse à donner à un appel.
Nous pouvons aussi méditer sur la présence de Pierre, que Le Caravage représente, sans qu’il ne soit mentionné dans l’évangile. Pierre qui a suivi le Christ, non sans difficultés, qui a même trahi. Pour Matthieu qui est appelé, voir Pierre présent rappelle que le Christ ne fait pas appel à des hommes parfaits.
Je relis l’évangile, avant d’entrer en conversation avec le Seigneur. Je peux rendre grâce pour les appels entendus qui m’ont donné vie. Je peux demander pardon des appels refusés. Je peux présenter, aussi, un appel qui m’est fait, aujourd’hui, pour demander à l’Esprit le discernement.
Je termine en disant cette prière de Saint Ignace.
« Prends Seigneur, et reçois toute ma liberté, ma mémoire, mon intelligence et toute ma volonté. Tout ce que j’ai et tout ce que je possède. C’est toi qui m’as tout donné, à toi, Seigneur, je le rends. Tout est à toi, disposes-en selon ton entière volonté. Donne-moi seulement de t’aimer et donne-moi ta grâce, elle seule me suffit. »
Tu me scrutes, Seigneur, et tu sais ! Tu sais quand je m’assois, quand je me lève ; de très loin, tu pénètres mes pensées. Que je marche ou me repose, tu le vois, tous mes chemins te sont familiers. R
C’est toi qui as créé mes reins, qui m’as tissé dans le sein de ma mère. Je reconnais devant toi le prodige, l’être étonnant que je suis. R
Scrute-moi, mon Dieu, tu sauras ma pensée ; éprouve-moi, tu connaîtras mon cœur, Vois si je prends le chemin des idoles, et conduis-moi sur le chemin d’éternité.
Au début de ce temps de prière, je me place sous le regard aimant de Dieu. Je le laisse me contempler et j’accueille son regard. Que cette méditation me donne de grandir en confiance avec lui et avec moi-même.
Au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit. Amen.
Je prends le temps de lire lentement et à voix haute ce psaume pour mieux le goûter. Je me laisse toucher par Dieu qui désire faire alliance avec moi.
« Tu me scrutes, Seigneur et tu sais ».
Dieu me connaît intimement .Rien de ce que je suis ne lui est étranger, rien de notre vie n’échappe à son regard, que l’on soit dans la lumière ou dans les ténèbres. Ce regard n’est pas celui d’un juge inquisiteur, mais celui d’un Père aimant. Il nous connaît mieux que nous-mêmes.J’accueille le regard bienveillant et respectueux de Dieu sur ma vie.
« Savoir prodigieux qui me dépasse ».
Il n’est pas toujours facile d’entendre les appels du Seigneur, de repérer son action dans ma vie. Quelles sont les situations que je ne comprends pas et que je souhaite confier au Seigneur aujourd’hui ?
« Conduis-moi sur le chemin d’éternité. »
Le psaume nous invite à nous laisser guider par Dieu sur nos chemins de vie qui sont parfois tortueux. Quels soucis je souhaite déposer aux pieds de Jésus ?
A la fin de ce temps de méditation, je parle au Seigneur comme à un ami. Je lui exprime la prière qui monte de mon cœur : une parole de liberté, une intercession ou une louange pour avancer sur mon chemin.
Je peux terminer avec une prière de l’Église, comme le Notre Père.
Septembre, un peu partout ce sont les vendanges. Si je le peux, je prends ce temps de méditation devant une vigne, sinon je me rends présent par l’imagination à cette réalité.
Je me pose et fais silence et je me tourne vers le Seigneur. Je lui demande d’entendre ce qu’il a à me dire dans ce temps de prière. Je prends conscience que je suis là en Sa présence, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
Je prends le temps de contempler les grappes de raisin,
qui vont être cueillies puis travaillées pour devenir du vin. Ils sont dons de Dieu et fruits du travail des viticulteurs. Je considère le soin pris pour que la vigne donne du fruit, la taille, les traitements… Je regarde l’abondance des grappes ; je goûte par l’imagination les grains sucrés…
Contempler ainsi la vigne dans la nature peut nous enseigner pour notre vie spirituelle. Déjà, dans l’Ancien Testament, il est question de la vigne du Seigneur : la vigne, c’est son peuple dont il prend soin et dont il attend de beaux fruits. Dans l’Evangile, Jésus regardant la vigne, se révèle comme étant la vraie vigne, qui fait la joie de Dieu :
« Je suis la vigne, vous êtes les sarments ».
Et il nous invite ainsi à rester branchés sur lui, pour donner beaucoup de fruits:
« celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là portera du fruit en abondance car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. » Jn 15, 5
Je considère ma vie avec le Christ. Où et quand suis-je en Sa présence ? Est-ce que je puise en Lui la sève de ma vie ? Est-ce que cette relation retentit sur ma vie concrète ? Est-ce que je porte du fruit en vue du Royaume de Dieu ? Qu’est-ce qui serait à émonder pour en porter davantage ?
Je regarde maintenant le fruit de la vigne, le vin.
Le vin est symbole de la joie
« Il réjouit le cœur de l’homme » dit le Ps 104,15.
L’Ancien Testament le considère comme un bien précieux, qui rend la vie agréable, à condition d’en user avec sobriété. Avec Jésus, le vin devient signe de la Nouvelle Alliance. Le récit des noces de Cana parle du bon vin tant attendu et donné par le Christ. Ce bon vin est le symbole des temps messianiques et de la joie promise.
Pour les chrétiens, avant de boire le vin nouveau dans le Royaume du Père, le vin renvoie à la Cène et au repas eucharistique.
« De même, après le repas, il prit la coupe ; de nouveau il rendit grâce, et le donna à ses disciples, en disant : « Prenez et buvez-en tous, car ceci est la coupe de mon sang, le sang de l’Alliance nouvelle et éternelle, qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés. Vous ferez cela en mémoire de moi. » Prière eucharistique n°2
La communion au corps et au sang du Christ, nous unit ainsi au Christ qui a donné sa vie pour notre salut.
Je considère ma relation à l’Eucharistie. Est-elle l’occasion de rendre grâces ? Est-elle pour moi source de joie et d’espérance ? Est-elle un moment d’union avec le Christ ? Est-elle le lieu où je retourne à la source pour mieux vivre en chrétien dans le quotidien de ma vie ?
Je parle au Seigneur de ce que cette méditation suscite en moi.
Au Seigneur, le monde et sa richesse, la terre et tous ses habitants ! C’est lui qui l’a fondée sur les mers et la garde inébranlable sur les flots.
Qui peut gravir la montagne du Seigneur et se tenir dans le lieu saint ? L’homme au cœur pur, aux mains innocentes, qui ne livre pas son âme aux idoles.
Il obtient, du Seigneur, la bénédiction, et de Dieu son Sauveur, la justice. Voici le peuple de ceux qui le cherchent ! Voici Jacob qui recherche ta face !
Je me mets en présence du Seigneur, et me dispose à rejoindre la prière des psaumes, prière de Jésus, qui rejoint aujourd’hui l’ensemble du peuple chrétien. Je suis en unité avec les moines et moniales du monde entier qui prient chaque jour les psaumes. Je demande au Seigneur la grâce de le chercher dans Sa création.
Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.
Les psaumes prient souvent le Dieu Créateur, qui a « fondé la terre sur les mers », dans un geste d’amour et qui continue de veiller sur elle pour la « garder inébranlable ». Je contemple à mon tour la création, comme un don de Dieu. Et je considère la façon dont l’humanité, aujourd’hui, peut malmener cette création, tout en restant dans l’espérance qu’elle est inébranlable
Avec la seconde strophe, je m’imagine gravissant la montagne du Seigneur, dans un chemin certes exigeant, mais confiant. Sur ce chemin, je peux céder aux idoles. J’examine ce qui, dans ma vie, peut me détourner de la recherche du Seigneur, obstruer ma route et m’éloigner de Lui.
Ce chemin me mène vers le Dieu Sauveur, où je peux rejoindre tous les autres chercheurs de Dieu. Je m’imagine dans ce « peuple de ceux qui te cherchent ». Je peux faire mémoire de ceux qui m’aident sur ce chemin, me guident parfois, me relèvent peut-être…
Je relis le psaume et m’associe à la louange, dans un dialogue avec le Seigneur.
Dieu Créateur se fait Père, et je termine ma prière en reprenant la prière que Jésus nous a laissée : Notre Père…
En ces jours de rentrée et de reprise du quotidien, je prends le temps de me poser avec le Seigneur pour regarder ces mois d’été qui viennent de se terminer.
J’arrête tout pour quelques instants, je m’installe calmement et ralentis ma respiration. Je ferme les yeux et me confie au Seigneur. Je lui demande la grâce de m’aider à repérer sa présence, les dons que j’ai reçus et aussi les appels à faire d’autres pas.
Chagall Mambré
« N’oubliez pas l’hospitalité ; car en la pratiquant, certains, à leur insu, ont logé des anges » (Héb. 13 : 1- 2).
Une rencontre, c’est donner l’hospitalité dans son coeur par ma capacité à écouter l’autre.Je peux réfléchir à cette hospitalité à l’aide du texte de Dietrich Bonhoeffer:
Le premier service dont nous sommes redevables aux autres, c’est de les écouter.
De même que le commencement de notre amour pour Dieu consiste à écouter sa Parole, de même le commencement de l’amour du prochain consiste à apprendre à l’écouter.
Celui qui estime son temps trop précieux pour pouvoir le perdre à écouter les autres n’aura en fait jamais de temps pour écouter Dieu et le prochain ; il n’aura plus de temps que pour lui-même….
Dietrich Bonhoeffer,pasteur allemand assassiné par les Nazis 1945
Je contemple les rencontres que j’ai pu faire pendant le temps ralenti des vacances. J’écoute la manière dont elles m’ont affecté.e. Est-ce que je peux entendre là quelque chose de l’Evangile? Comment y ai-je été présent.e ?Je reste dans la contemplation de ces instants, et je remercie le Seigneur pour les anges qu’il m’a envoyés.Je rends grâces pour tout ce qui m’a apporté lumière, joie, vie. Ces cadeaux reçus de lui.
De nouveau en me tournant vers ces rencontres, je laisse émerger les moments où j’ai peut-être mal réagi, où je n’étais pas disponible à l’écoute et où j’ai un peu fermé la porte. où j’ai été dominé par une émotion négative, où j’ai blessé quelqu’un. Je confie cette difficulté au Seigneur. Je dépose ce moment devant son regard aimant, et lui demande de m’aider à y voir clair. En quoi est-ce que cette situation était une occasion manquée de faire grandir l’amour ? Selon ce que je ressens, je demande au Seigneur sa guérison, ou son pardon.A quel élan suis-je appelé.e ?
Georges Rouault
Je peux me tourner vers cette « année » qui commence, les rencontres et les événements que je vais vivre et la remettre entre ses mains, Lui demander de m’éclairer sur le chemin à prendre et les pas à faire pour mieux le suivre et être son disciple dans mon quotidien et dans ce monde .
Arcabas
Je rends grâce au Seigneur pour ce temps de rencontre avec Lui et je termine en disant : Notre Père …