Prier avec un tableau d’Edward Hopper

Matin au Cap Cod

Edward Hopper (1882-1967) est un peintre de la côte Est des États-Unis. Le Cap Cod est une presqu’île de la côte Est. Hopper est le peintre du silence et de la solitude.

Je me dispose à la prière en prenant le temps de faire silence. Je suis attentif à ma respiration, inspiration et expiration, va et vient régulier entre l’intérieur de mon corps et l’extérieur qui m’entoure…

Je prends le temps de m’approprier le tableau de Hopper :

La maison solidement fondée, protégée par ses bardeaux de bois, ses volets verts fermés

La bow window, ouverte tout en pouvant se fermer, s’abriter derrière ses volets aux couleurs sombres.

Le paysage, étagé : ciel bleu, marqué de quelques nuages ; une forêt dense, en camaïeu verts, et aux profondeurs chargées d’ombre. ; l’herbe, ondulant sous le vent ; la lumière du soleil, bien là, sans que j’en aperçoive la source.

La femme, solidement appuyée sur un bureau, dont la robe est du même rouge que la base de la maison. Je m’arrête sur son corps tendu dans un mouvement retenu, et sur son regard, fixant un point au-delà du paysage du tableau.

En ce temps incertain, où l’avenir peut nous paraître opaque, où les contraintes sanitaires peuvent enfermer, empêcher…je prends le temps de m’interroger sur mes attentes.

Comment, dans ces temps où les relations sont distanciées, est-ce que je reste tourné vers l’extérieur, vers les autres ?

Quelle est la part, dans mon aujourd’hui, de l’ouverture et de la fermeture, de l’ombre et de la lumière ?

Quels sont mes appuis ? Je peux évoquer celles et ceux qui m’aident à vivre ces temps difficiles. J’évalue les appuis que sont pour moi la prière, l’écoute de la Parole, l’eucharistie…

Je prends la place de la femme dans le tableau et m’interroge : vers quoi, vers qui se tend mon regard ?

Je me tourne vers la Parole, Parole de promesse, nous invitant à la patience dans l’attente, et dans l’attention à ce qui est déjà là. Je lis ces différents extraits, et je choisis celui qui me rejoint aujourd’hui, pour le répéter, le méditer…

« Mon âme attend plus surement le Seigneur qu’un veilleur n’attend l’aurore. » (Psaume 129, 6)

« La venue du Royaume de Dieu ne se laisse pas observer et l’on ne dira pas : « Voici : il est ici ! ou bien : il est là ! ». Car voici que le Royaume de Dieu est au milieu de vous. » (Luc, 20, 20-21)

« Soyez semblables à des hommes qui attendent que leur maître revienne des noces, afin de lui ouvrir dès qu’il frappera. » (Luc, 12, 36)

« Soyez donc patients, frères, jusqu’à l’avènement du Seigneur. Voici, le laboureur attend le précieux fruit de la terre, prenant patience à son égard, jusqu’à ce qu’il ait reçu les pluies de la première et de l’arrière-saison. » (Jc, 5, 7)

« Et nous tenons pour d’autant plus certaine la parole prophétique, à laquelle vous faites bien de prêter attention, comme à une lampe qui brille dans un lieu obscur, jusqu’à ce que le jour vienne où paraîtra que l’étoile du matin se lève dans vos cœurs. » (2P, 1, 19)

Je m’adresse au Seigneur comme à un ami et peux lui confier celles et ceux qui se trouvent dans une attente douloureuse.

Et je m’adresse au Père, en m’arrêtant un peu plus longuement sur « que ton règne vienne. »

Prier avec une oeuvre d’art

Jean Boucher-Les adieux de Pierre et Paul-église St Bonnet-Bourges

Je prends le temps de la prière devant ce tableau qui met en scène la rencontre de Pierre et Paul au moment du martyre de Pierre à Rome.

Le tableau est divisé en 3 bandes horizontales d’inégale importance :

  • une bande en haut avec le ciel et deux anges portant des couronnes,
  • une bande centrale comme une barrière de soldats rappelant le contexte de la persécution
  • et une bande plus importante mettant en scène Pierre et Paul.

Je regarde ces deux grandes figures de l’Eglise qui sont ici représentées. Je vois leurs différences d’âge, de position et leurs points communs.

Je me remémore l’histoire de Simon, ce pêcheur de Capharnaüm que Jésus nomme Pierre, pierre sur laquelle il bâtit son Eglise. Je considère  son tempérament, sa rencontre avec le Christ, son compagnonnage avec lui comme apôtre, sa mission.

Je me remémore aussi l’histoire de Saul, ce juif de langue grecque, un érudit qui persécute les chrétiens et qui, converti sur le chemin de Damas, va devenir Paul, l’apôtre des païens. Je considère aussi qui il est, sa conversion, puis son témoignage, ses voyages,  son engagement total pour l’annonce de  l’Evangile  de Jésus-Christ.

Je comprends leur  différence de culture. Je me remémore aussi les divergences qu’ils ont pu connaitre, en particulier le conflit quant à l’attitude à prendre vis-à-vis des païens convertis qui eut lieu à Antioche, comme en parle la lettre aux Galates (Ga 2,11-21).

Je me souviens aussi de l’unité de l’Eglise naissante préservée. Je contemple la poignée de mains entre les deux hommes au centre de la partie basse du tableau,

leurs regards qui se croisent, le lien très fort qui les unit.

Au-delà de leurs différences, c’est leur appartenance au Christ qui  les réunit.

Je laisse maintenant ce que j’ai contemplé se refléter sur l’Eglise d’aujourd’hui. Si je suis baptisé, je fais partie de cette Eglise, avec ce que je suis mon histoire, ma sensibilité, mes talents, mes faiblesses aussi. Je la regarde telle qu’elle m’apparait aujourd’hui dans sa diversité.

Et  je  parle au Seigneur en laissant monter la prière qui me vient.

Je peux rendre grâce  pour le trésor de la foi qui m’a été transmis depuis le témoignage des apôtres…

Je peux demander pardon pour toutes les divisions qui abiment l’unité dans l’Eglise…

Je peux demander d’être artisan d’unité là où je suis…

Je peux prier pour l’unité des chrétiens, alors que se termine la semaine de prière à cette intention.

Prière pour l’unité des chrétiens – 20 janvier

Dieu notre Père, par le Christ et à travers nos frères et sœurs, tu nous révèles ton Amour. Ouvre nos cœurs pour que nous puissions nous accueillir dans nos différences et vivre le pardon. Accorde-nous la grâce de former un corps uni ; et que tous ensemble, nous soyons un reflet du Christ vivant.

Prier avec une vidéo

Avec »Prier au coeur du monde« , le Réseau Mondial de Prière du Pape, en communion avec des millions de chrétiens à travers le monde, prions pour l’intention que le Pape confie à l'(Eglise ce mois-ci:

« Prions pour que le Seigneur nous donne la grâce de vivre en pleine fraternité avec nos frères et sœurs d’autres religions, en priant les uns pour les autres, ouverts à tous. »

Je me prépare à ce temps de rencontre avec le Seigneur: je libère l’espace autour de mon écran, je mets de l’ordre et j’éloigne tout ce qui peut rappeler l’agenda.

Je me dispose, je respire plusieurs fois lentement et profondément, je fais silence en moi pour cette rencontre.

Je demande la grâce au Seigneur d’entrer dans cette manière de prier, de me laisser toucher et rejoindre par ce qu’il veut me dire.

Je regarde la vidéo une première fois

https://vodeus.tv//video/coexister-mouvement-interreligieux-en-action-1484

Après avoir vu cette vidéo, je prends un temps de silence pour être attentif aux sentiments qui se font jour en moi :joie, élan, enthousiasme, irritation … Je parle au Seigneur de ce que j’éprouve et je comprends avec lui pourquoi cela provoque en moi ces sentiments.

Je regarde une seconde fois

– Quelles actions, attitudes et paroles m’ont plus particulièrement marqué.e ?      
– En quoi elles me semblent être un chemin pour un mieux vivre ensemble ?      
– Comment résonnent en moi l’engagement et la démarche de ces jeunes ?

Je me laisse habiter par leur démarche et m’interroge sur la façon dont je peux participer à la construction d’un monde plus fraternel. Dans quelle mesure j’ai à être déplacé.e? Qu’est-ce qui me questionne ?

Je confie au Seigneur mon action de grâce et je lui demande de m’aider dans ma difficulté à répondre dans mon quotidien.

Et je peux terminer en priant la prière que le Pape nous propose à la fin de l’Encyclique « Fratelli tutti »

Seigneur et Père de l’humanité,
toi qui as créé tous les êtres humains avec la même dignité,
insuffle en nos cœurs un esprit fraternel.
Inspire-nous un rêve de rencontre, de dialogue, de justice et de paix.
Aide-nous à créer des sociétés plus saines
et un monde plus digne,
sans faim, sans pauvreté, sans violence, sans guerres.

Que notre cœur s’ouvre
à tous les peuples et nations de la terre,
pour reconnaître le bien et la beauté
que tu as semés en chacun
pour forger des liens d’unité, des projets communs,
des espérances partagées
.

Amen !

Et sous forme d’action de grâce, Le Trio Ensemble chante la fraternité

Pour info

Coexister : mouvement interreligieux en action   Créé en 2009 par Samuel Grzybowski, l’association Coexister, en 2013, c’est : 300 jeunes membres actifs, 500 adhérents, 8000 sympathisants via les réseaux sociaux Facebook et Twitter.

site : https://www.prieraucoeurdumonde.net/

Prier avec l’évangile du jour- Marc (1, 14-20)

Après l’arrestation de Jean, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ; il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez- vous et croyez à l’Évangile. » Passant le long de la mer de Galilée, Jésus vit Simon et André, le frère de Simon, en train de jeter les filets dans la mer, car c’étaient des pêcheurs. Il leur dit : « Venez à ma suite. Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. » Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent. Jésus avança un peu et il vit Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans la barque et réparaient les filets. Aussitôt, Jésus les appela. Alors, laissant dans la barque leur père Zébédée avec ses ouvriers, ils partirent à sa suite.

Je prends le temps de me disposer pour ce temps de prière : 

  • Je choisis le lieu approprié et l’heure qui me convient. Je peux aussi décider du temps que je veux consacrer à ce temps. 
  • Je peux aménager le cadre : une bougie, une image à contempler, un fond musical, peut-être…

Nous prions avec l’Évangile proposé ce jour à l’Église universelle.  Je me sens solidaires de tous les croyants.

Je lis lentement le texte et prends le temps de l’intérioriser.

J’entends d’abord la proclamation de Jésus. 

« Les temps sont accomplis » C’est aujourd’hui que Jésus s’adresse à moi. Suis-je prêt à l’écouter, ce jour, dans mon quotidien ?

« Le règne de Dieu est tout proche. ». J’entends la promesse de Jésus. Il ne s’annonce pas lui-même, mais proclame la survenue du Royaume, déjà là et pas encore. Quels sont les signes du Royaume que je perçois, aujourd’hui ?

« Convertissez-vous ». Suis-je prêt à répondre à l’appel de Jésus et à me tourner vers lui ?

Nous sommes au tout début de l’Évangile, au tout début de l’annonce de la Bonne Nouvelle. Je contemple Jésus, seul, et pressens son besoin d’être aidé dans la mission, et de susciter des disciples, des ouvriers pour la moisson.

Je contemple alors la scène de l’appel.

Je vois le lac de Tibériade, la mer de Galilée…Ses eaux qui ondulent sous la brise. Le rivage verdoyant. Et le vois les pécheurs au travail, reproduisant avec aisance les gestes ancestraux de lancer les filets, ou de les réparer.

Jésus qui s’adresse à des hommes humbles, laborieux, s’acquittant de leur tâche quotidienne. Des frères travaillant dans de petites entreprises familiales. Jésus vient nous visiter dans l’ordinaire de nos vies

J’entends l’appel de Jésus, adressé à Simon et André. Jésus ne parle pas à des anonymes, mais s’adresse à chacun par son prénom. Et moi, est-ce que je me sens appelé personnellement par Jésus ? 

Je m’arrête sur la phrase : « je ferai de vous des pêcheurs d’hommes. ». Jésus connaît les talents de ces hommes, artisans pêcheurs…Il veut mobiliser leurs talents pour l’annonce de l’Évangile.

Ainsi ils sont appelés à continuer d’être eux-mêmes, tout en commençant une vie nouvelle et inattendue. Et moi, quels sont les dons que je peux mettre au service de l’annonce de la Parole ?

« Ils le suivirent » ; « ils partirent à sa suite ». Comment est-ce que je réagis à la soudaineté de la réponse donnée ? Et moi, que suis-je prêt à laisser pour suivre le Christ ?

Je relis l’ensemble du texte

Dans une prière personnelle, je confie au Seigneur les appels que je ressens, ma facilité ou mes résistances pour y répondre…

Je peux terminer en confiant ma prière à Marie, elle qui a su dire oui… « Je suis la servante du Seigneur… »

Je vous salue Marie…

Le Baptême de Jésus

Préparons-nous à cette fête .

Préparons-nous à cette fête. Posons-nous cette question : Pourquoi Jésus, qui était sans péché, a-t-il demandé à Jean Baptiste de le baptiser ?

Saint Ignace conseille à celui qui veut méditer sur une scène de l’Évangile de se représenter comme un des personnages, un berger dans l’étable de Bethléem ou le garçon qui apporte les pains et les poissons de la multiplication des pains. Pourquoi ne pas être un de ceux qui, au bord du Jourdain, attendent d’être baptisés par Jean ? Un bon lieu où on peut rencontrer des gens connus : Pierre, André… Et Jésus lui-même, pourquoi demande-t-il à Jean Baptiste de le baptiser ? Que vient-il faire dans ce lieu ? Il n’y est pas à sa place !

Mais si, bien sûr, il y est à sa place, lui qui a accepté d’être solidaire de l’humanité pécheresse : « Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a fait « péché » pour nous, afin qu’en lui nous devenions justice de Dieu » (2 Corinthiens 5,21). Il vient au Jourdain : c’est dans la logique de l’Incarnation.

Jean le Baptiste, lui aussi, s’étonne de la présence de Jésus : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et toi, tu viens à moi !« (Matthieu 3,14). Mais Jean est un prophète, un « homme aux yeux perçants » : il voit ce que les autres ne voient pas. Il annonce : « Voici l’agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ».

Il l’enlève en le prenant sur lui. Jean Baptiste proclame la venue de celui que les chants du Serviteur annonçaient : « Il s’est livré lui-même à la mort. Il a été compté parmi les criminels, alors qu’il portait le péché des multitudes et qu’il intercédait pour les criminels » (Isaïe 53,12).

Lorsqu’il faut trouver un remplaçant de Judas, il doit être choisi, dit Pierre, parmi ceux « 
qui nous ont accompagnés tout le temps que le Seigneur Jésus a vécu au milieu de nous, à commencer par le baptême de Jean ». Au Jourdain déjà, Jésus est à l’œuvre : c’est « pour nous les hommes et pour notre salut » qu’il vient demander le baptême de Jean. Michel Souchon s.j.

Contempler la Sainte Famille

Encore dans le temps de Noël, avec les mages, contemplons l’Enfant Jésus et ses parents et habités par l’Esprit de Dieu, rendons grâce pour Jésus venu en notre chair. C’est en notre humanité souffrante qu’est né le Fils de Dieu. Il offre à tous les hommes sa paix et sa lumière.

Prions avec le tableau de Beate Heinen et sa méditation présentée par l’Ecole de Prière du Centre Spirituel de La Pairelle (Belgique)

Prier avec Joseph

Nous avons fêté ce dimanche 27 décembre la Sainte Famille. Et le pape François a décrété, par sa lettre Patris Corde, une année spéciale St Joseph, du 8 décembre 2020 au 8 décembre 2021. Il nous rappelle que « nous pouvons trouver en saint Joseph l’homme qui passe inaperçu, l’homme de la présence quotidienne, discrète et cachée, un intercesseur, un soutien et un guide dans les moments de difficulté. »

         Nous pouvons prier à partir d’un extrait de cette lettre du Pape, et de la contemplation de la figure de Joseph.

Marko Ivan Rupnik s.j.

Je me dispose à la lecture de ce texte. Je prends le temps de m’installer, dans le silence.

Père dans l’accueil Joseph accueille Marie sans fixer de conditions préalables. Il se fie aux paroles de l’Ange. (…)

Bien des fois, des évènements dont nous ne comprenons pas la signification surviennent dans notre vie. Notre première réaction est très souvent celle de la déception et de la révolte. Joseph laisse de côté ses raisonnements pour faire place à ce qui arrive et, aussi mystérieux que cela puisse paraître à ses yeux, il l’accueille, en assume la responsabilité et se réconcilie avec sa propre histoire. Si nous ne nous réconcilions pas avec notre histoire, nous ne réussirons pas à faire le pas suivant parce que nous resterons toujours otages de nos attentes et des déceptions qui en découlent.

La vie spirituelle que Joseph nous montre n’est pas un chemin qui explique, mais un chemin qui accueille. C’est seulement à partir de cet accueil, de cette réconciliation, qu’on peut aussi entrevoir une histoire plus grande, un sens plus profond. Semblent résonner les ardentes paroles de Job qui, à l’invitation de sa femme à se révolter pour tout le mal qui lui arrive, répond : « Si nous accueillons le bonheur comme venant de Dieu, comment ne pas accueillir de même le malheur » (Jb 2, 10).

Joseph n’est pas un homme passivement résigné. Il est fortement et courageusement engagé. L’accueil est un moyen par lequel le don de force qui nous vient du Saint Esprit se manifeste dans notre vie. Seul le Seigneur peut nous donner la force d’accueillir la vie telle qu’elle est, de faire aussi place à cette partie contradictoire, inattendue, décevante de l’existence.

La venue de Jésus parmi nous est un don du Père pour que chacun se réconcilie avec la chair de sa propre histoire, même quand il ne la comprend pas complètement. Ce que Dieu a dit à notre saint : « Joseph, fils de David, ne crains pas » (Mt 1, 20), il semble le répéter à nous aussi : « N’ayez pas peur ! ». Il faut laisser de côté la colère et la déception, et faire place, sans aucune résignation mondaine mais avec une force pleine d’espérance, à ce que nous n’avons pas choisis et qui pourtant existe. (…)

Loin de nous, alors, de penser que croire signifie trouver des solutions consolatrices faciles. La foi que nous a enseignée le Christ est, au contraire, celle que nous voyons en saint Joseph qui ne cherche pas de raccourcis mais qui affronte “les yeux ouverts” ce qui lui arrive en en assumant personnellement la responsabilité.

L’accueil de Joseph nous invite à accueillir les autres sans exclusion, tels qu’ils sont, avec une prédilection pour les faibles parce que Dieu choisit ce qui est faible (cf. 1 Co 1, 27). Il est « père des orphelins, justicier des veuves » (Ps 68, 6) et il commande d’aimer l’étranger.[20] Je veux imaginer que, pour la parabole du fils prodigue et du père miséricordieux, Jésus se soit inspiré des comportements de Joseph (cf. Lc 15, 11-32).

Je contemple la mosaïque du songe de Joseph. La main de l’ange tendrement posée sur l’épaule de Joseph. J’imagine la délicatesse de la voix, qui murmure à l’oreille de Joseph.

Je lis le texte une première fois.

Je le relis, en notant les expressions qui reviennent, qui se répondent.

J’imagine ce qui peut traverser l’esprit et le cœur de Joseph, lorsqu’il apprend que Marie est enceinte, lorsqu’il entend le message de l’ange, lorsqu’il décide de prendre Marie chez lui…

Je fais mémoire d’événements de ma vie, inattendus, peut-être difficiles,  que j’ai du mal à accueillir. Quels sont les mouvements qui m’habitent ?

Je les présente, simplement, au Seigneur dans la prière et demande la force de l’esprit pour me réconcilier avec tel ou tel élément de mon histoire et pour accueillir chacune et chacun sans condition.

Avec l’Église, je dis le Notre Père, en m’arrêtant un peu plus longuement sur « que ta volonté soit faite » et « pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé. ».

Prier avec le récit de l’Annonciation

Duccio di Buoninsegna

Je me dispose à recevoir cette Parole du Seigneur et pour cela, je fais silence et je me laisse accueillir par Lui qui me précède et m’attend. «  Seigneur, donne-moi la grâce d’entendre ton appel pour moi aujourd’hui et d’y répondre avec joie et confiance »

En ce temps-là, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » A cette parole, elle fut toute bouleversée et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit alors : «  Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ;

le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il règnera pour toujours sur la maison de Jacob et son règne n’aura pas de fin. » Marie dit à l’ange : «  Comment cela va-t-il se faire puisque je ne connais pas d’homme ? » L’ange lui répondit : «  L’Esprit Saint viendra sur toi  et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. Or voici que, dans sa vieillesse, Elisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. Car rien n’est impossible à Dieu. » Marie dit alors : «  Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. »  Alors l’ange la quitta.

Après avoir lu le texte, je contemple un instant ce tableau de Duccio di Buoninsegna, peintre italien de la Renaissance XIII-XIV ème siècle.

J’observe les couleurs.

Le bleu clair du vêtement de l’ange et celui plus intense du manteau de Marie, couleur qui suggère le divin et que l’on retrouve en haut du tableau sur un disque d’où descendent un rayon et une petite colombe.

 L’or entre les arcatures, sur les auréoles, en minces filets sur la robe et le manteau de Marie symbolise la royauté.

Le rouge de la robe de Marie pour dire sa condition de femme mortelle et peut-être annoncer les souffrances de son fils sur la croix. Le blanc du voile de Marie qu’on retrouve sur les fleurs de lys symbolise sa virginité

Je porte mon attention sur les personnes

Elles se tiennent debout face à face comme des êtres humains en dialogue. Marie, un livre à la main semble surprise, presque effrayée ; Gabriel franchit la porte avec assurance, sa main droite bénit Marie, il entre en dialogue avec elle.

« L’ange entra chez elle… » Dieu rejoint Marie à une date précise « le sixième mois », dans un lieu précis «  une ville de Galilée,  appelée Nazareth », dans son histoire personnelle, « accordée en mariage à Joseph », au sein d’un peuple, Joseph est « de la maison de David ».

Dieu se révèle toujours dans la vie des hommes, dans ce qui fait leur histoire : mystère de l’Incarnation. Aujourd’hui encore dans ma vie telle qu’elle est, dans ce temps marqué par la pandémie, les incertitudes et les craintes, Dieu vient.

Dans ces derniers jours qui nous conduisent à Noël, comment me disposer pour le reconnaître ?

Dieu est Parole. J’écoute l’échange de paroles entre l’ange et Marie, un dialogue simple et vrai. « Le Seigneur est avec toi…sois sans crainte… tu vas concevoir et enfanter un fils… »

La salutation de Gabriel est bénédiction qui apporte la paix en même temps que l’annonce de la mission confiée.

La question de Marie à Gabriel  «  Comment cela se fera-t-il… ? » dit combien Marie est engagée, prend au sérieux cette parole qui lui demande de faire un pas de plus au cœur de sa vie et de ses projets.Une mission qui la sollicite toute entière

Il en est ainsi de tout appel de Dieu toujours porteur de paix, d’une vie plus intense et qui attend de nous une réponse pesée, réfléchie dans la prière et le silence d’un cœur à coeur. Quelle(s) paroles(s) du Seigneur m’ont mis(e) en route ? Puis-je faire mémoire d’un appel du Seigneur dans ma vie, de la joie, la paix reçues ? 

« Je suis la servante du Seigneur »

La foi est un « oui », un abandon confiant en Dieu qui fera ce qu’il a promis avec ce que nous sommes.

Peut-être puis-je dire moi aussi «Je suis le serviteur/la servante du Seigneur » ? Qu’est-ce que cela fait naître en moi ?

Au terme de ce temps de prière, je me tourne vers Marie pour lui dire mes découvertes, la remercier, lui demander de m’accompagner sur mon chemin de disciple…

Et je peux écouter ce chant de louange « A Nazareth en Galilée »

prier avec un écrit spirituel

La joie est prière, force et amour Dieu aime celui qui donne avec joie.
La meilleure manière de montrer notre gratitude envers Dieu et les gens c’est d’accepter tout avec joie.
Être heureux avec lui, maintenant, cela veut dire : aimer comme il aime, aider comme il aide, donner comme il donne, servir comme il sert, sauver comme il sauve,

être avec lui 24 heures par jour, le toucher avec Son déguisement de misère dans les pauvres et dans ceux qui souffrent.
Un cœur joyeux est le résultat normal d’un cœur brûlant d’amour.
C’est le don de l’Esprit, une participation à la joie de Jésus vivant dans l’âme.
Gardons dans nos coeurs la joie de l’amour de Dieu et partageons cette joie de nous aimer les uns les autres comme Il aime chacun de nous.
Que Dieu nous bénisse.
Amen.

Mère Teresa

Christ souriant de Javier-Espagne

Prier avec ce texte, c’est d’abord me rendre disponible et me mettre sous le regard de Dieu. Je choisis un lieu qui m’aide, une attitude adaptée. Je prends le temps.

Je demande à l’Esprit Saint sa lumière pour me laisser instruire,  à travers ces paroles de Mère Teresa, une femme qui  met des mots sur son expérience spirituelle.

Et je peux demander la grâce de recevoir la joie, celle que Jésus a promise. « Demeurez dans mon amour…Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite. » (Jn 15,11)

Je lis le texte une première fois, lentement. Puis je reprends le texte en étant attentif à la façon dont les mots me rejoignent.

  • Il y a ceux  qui reviennent souvent, ceux qui se répondent…
  • Il y a ceux qui s’imposent à moi, parce qu’ils m’attirent, parce qu’ils me renvoient à ma propre expérience… Je les goûte et je reste sur ces mots tant que j’y ai du goût.
  • Il y a ceux que je ne comprends pas, ou qui m’interpellent et mettent à jour mes résistances… Je reste aussi dessus et demande à l’Esprit Saint de m’éclairer.
  • Il y a ceux qui me parlent de Jésus-Christ ; à travers eux je peux le contempler regarder sa manière de faire.

Après avoir passé du temps sur le texte, je parle à Dieu comme un ami parle à un ami. Je lui confie ce que le texte a éveillé en moi et lui adresse la prière qui monte de mon coeur, louange ou action de grâces, demande de pardon, demande d’aide…

Je termine ma prière en redisant le Notre Père ou toute autre prière de l’Eglise.