Prier avec une œuvre musicale

En cette fête de la sainte Cécile, patronne des musiciens, je peux prier à l’écoute d’un morceau de musique.

Je décide d’un lieu, d’un moment  pour ce temps de prière et je mets en présence du Seigneur

Je peux lui dire mon désir de le trouver à travers cette création  ou de lui rendre grâces pour la beauté, pour les dons des artistes…

J’écoute une première fois un enregistrement de l’Ode à la joie de Beethoven. J’écoute cette musique comme si c’était la première fois.

En silence, je me remémore ce qui me touche : le rythme, la mélodie, tel ou tel son instrumental… Que provoque en moi cette musique ?

Quel sentiment, quelle pensée, quelle image… ont surgi en moi  durant cette écoute?

J’écoute une seconde fois un autre enregistrement de ce même passage, en regardant aussi les images de la  flashmob ; je vois la vie qui circule, les musiciens et leurs instruments, les visages…

Après cette deuxième écoute, je peux m’adresser au Seigneur, lui dire ce qui m’habite : gratitude pour la beauté de l’œuvre… louange et action de grâces pour la joie qu’elle inspire…  sentiment de  communion… et tout autre prière qui me vient.

Je peux terminer en reprenant les mots du psaume 150

Alleluia ! Louez Dieu dans son temple saint, louez-le au ciel de sa puissance ;

Louez-le pour ses actions éclatantes, louez-le selon sa grandeur !

Louez-le en sonnant du cor, louez-le sur la harpe et la cithare ;

louez-le par les cordes et les flûtes, louez-le par la danse et le tambour !

Louez-le par les cymbales sonores, louez-le par les cymbales triomphantes !

Et que tout être vivant chante louange au Seigneur ! Alléluia !

11 Novembre

Trêve de Noël

Nous venons de célébrer le 11 Novembre, occasion de prier pour nos parents et grands-parents qui ont participé à cette guerre, et, peut-être, en ont été victimes. Occasion, aussi de prier pour la paix.

Je prends connaissance du texte du pape François

Pape François, 1er janvier 2014. Premier message du Pape François pour la journée mondiale pour la paix.

La fraternité éteint la guerre

7. Dans l’année qui vient de s’écouler, beaucoup de nos frères et sœurs ont continué à vivre l’expérience déchirante de la guerre, qui constitue une grave et profonde blessure portée à la fraternité.

Nombreux sont les conflits qui se poursuivent dans l’indifférence générale. Á tous ceux qui vivent sur des terres où les armes imposent terreur et destructions, j’assure ma proximité personnelle et celle de toute l’Église. Cette dernière a pour mission de porter la charité du Christ également aux victimes sans défense des guerres oubliées, à travers la prière pour la paix, le service aux blessés, aux affamés, aux réfugiés, aux personnes déplacées et à tous ceux qui vivent dans la peur. L’Église élève aussi la voix pour faire parvenir aux responsables le cri de douleur de cette humanité souffrante, et pour faire cesser, avec les hostilités, tout abus et toute violation des droits fondamentaux de l’homme.

Pour cette raison, je désire adresser un appel fort à tous ceux qui, par les armes, sèment la violence et la mort : redécouvrez votre frère en celui qu’aujourd’hui vous considérez seulement comme un ennemi à abattre, et arrêtez votre main ! Renoncez à la voie des armes et allez à la rencontre de l’autre par le dialogue, le pardon, et la réconciliation, pour reconstruire la justice, la confiance et l’espérance autour de vous ! « Dans cette optique, il apparaît clair que, dans la vie des peuples, les conflits armés constituent toujours la négation délibérée de toute entente internationale possible, en créant des divisions profondes et des blessures déchirantes qui ont besoin de nombreuses années pour se refermer. Les guerres constituent le refus concret de s’engager pour atteindre les grands objectifs économiques et sociaux que la communauté internationale s’est donnée ».

circulation, comme actuellement, on pourra toujours trouver de nouveaux prétextes pour engager les hostilités. Pour cette raison, je fais mien l’appel de mes prédécesseurs en faveur de la non-prolifération des armes et du désarmement de la part de tous, en commençant par le désarmement nucléaire et chimique.

Mais nous ne pouvons pas ne pas constater que les accords internationaux et les lois nationales, bien que nécessaires et hautement souhaitables, ne sont pas suffisants à eux seuls pour mettre l’humanité à l’abri du risque de conflits armés. Une conversion des cœurs est nécessaire, qui permette à chacun de reconnaître dans l’autre un frère dont il faut prendre soin, avec lequel travailler pour construire une vie en plénitude pour tous. Voilà l’esprit qui anime beaucoup d’initiatives de la société civile, y compris les organisations religieuses, en faveur de la paix. Je souhaite que l’engagement quotidien de tous continue à porter du fruit et que l’on puisse parvenir à l’application effective, dans le droit international, du droit à la paix, comme droit humain fondamental, condition préalable nécessaire à l’exercice de tous les autres droits.

Je m’arrête sur quelques passages du texte, pour les méditer

« Dans l’année qui vient de s’écouler, beaucoup de nos frères et sœurs ont continué à vivre l’expérience déchirante de la guerre » (…) Nombreux sont les conflits qui se poursuivent dans l’indifférence générale. »

            J’évoque des pays où la guerre fait rage tout en demandant pardon pour l’indifférence de beaucoup de médias, pour propre indifférence peut-être : le Yémen, l’Éthiopie, le Soudan, l’Ukraine, les nouvelles menaces dans les Balkans, l’Afghanistan, la Syrie, l’interminable conflit israélo-palestinien…

« Je désire adresser un appel fort à tous ceux qui, par les armes, sèment la violence et la mort. ».

Je prie pour les décideurs politiques qui entraînent au conflit. Je demande au Seigneur de faire taire en eux la haine, la soif du pouvoir, la convoitise.

Et je rends grâce pour celles et ceux qui travaillent à la paix, et secourent les blessés, comme toutes les victimes collatérales des conflits.

« Je fais mien l’appel de mes prédécesseurs en faveur de la non-prolifération des armes et du désarmement de la part de tous. ».

Dans la proximité de la prochaine campagne électorale française, je prie pour que les choix pour une nécessaire politique de défense privilégient la défense de la paix. Je prie pour que les dirigeants soient éclairés.

« Une conversion des cœurs est nécessaire, qui permette à chacun de reconnaître dans l’autre un frère dont il faut prendre soin. »

Je fais mémoire des rivalités, des jalousies qui peuvent m’habiter. Je demande au Seigneur de ne jamais cesser de me convertir à la fraternité.

Je me tiens devant le Christ et dis la prière de St François.

“Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix,
Là où est la haine, que je mette l’amour.
Là où est l’offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde, que je mette l’union.
Là où est l’erreur, que je mette la vérité.
Là où est le doute, que je mette la foi.
Là où est le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie.

O Seigneur, que je ne cherche pas tant à
être consolé qu’à consoler,
à être compris qu’à comprendre,
à être aimé qu’à aimer.

Car c’est en se donnant qu’on reçoit,
c’est en s’oubliant qu’on se retrouve,
c’est en pardonnant qu’on est pardonné,
c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie.”

TOUSSAINT

« Tous Saints », c’est ce à quoi  l’Eglise nous invite en ce début novembre. C’est ce que nous rappelle sans cesse le pape François, c’est aussi ce que nous dit Madeleine DELBREL. Madeleine DELBREL que nous avons découverte et fêtée à la Maison de la Parole le 21 octobre dernier.

« Les saints qui sont déjà parvenus en la présence de Dieu gardent avec nous des liens d’amour et de communion. J’aime voir la sainteté dans le patient peuple de Dieu : chez les parents qui éduquent avec tant d’amour leurs enfants, chez ces hommes et ces femmes qui travaillent pour apporter le pain à la maison, chez les malades, chez les religieuses âgées qui continuent de sourire.

Dans cette constance à aller de l’avant chaque jour, je vois la sainteté militante. C’est cela souvent, la sainteté de « la porte d’à côté », de ceux qui vivent proches de nous et sont un reflet de la présence de Dieu, ou, pour employer une autre expression « la classe moyenne de la sainteté ».   Pape François « La joie et l’allégresse ».

« Il y a des gens que Dieu prend et met à part.

Il y en a d’autres qu’il laisse dans la masse, qu’il ne « retire pas du monde ». Ce sont des gens qui font un travail ordinaire, qui ont un foyer ordinaire ou sont des célibataires ordinaires. Des gens qui ont des maladies ordinaires, des deuils ordinaires. Des gens qui ont une maison ordinaire, des vêtements ordinaires. Ce sont des gens de la vie ordinaire. Les gens qu’on rencontre dans n’importe quelle rue.

Ils aiment leur porte qui s’ouvre sur la rue, comme leurs frères invisibles aiment la porte qui s’est refermée définitivement sur eux.

Nous autres, gens des rues, croyons de toutes nos forces que cette rue, que ce monde où Dieu nous a mis est pour nous le lieu de notre sainteté. Nous croyons que rien de nécessaire ne nous manque, car si ce nécessaire nous manquait, Dieu nous l’aurait déjà donné. » Madeleine DELBREL « Nous autres, gens des rues »

Avec les Béatitudes

La ronde des élus-Fra Angelico- 1431

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui. Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait :
«Heureux les pauvres de cœur,
car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux ceux qui pleurent,
car ils seront consolés.
Heureux les doux,
car ils recevront la terre en héritage.
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice,
car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux,
car ils obtiendront miséricorde.
Heureux les cœurs purs,
car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix,
car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice,
car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux êtes-vous si l’on vous insulte,
si l’on vous persécute
et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous,
à cause de moi.
Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux !»

En ce jour de fête et de joie en l’honneur de tous les saints, je demande au Seigneur la grâce de m’approcher davantage de Lui.

Je lis les Béatitudes, l’une après l’autre, lentement. Je les reçois comme un goutte à goutte…et je regarde leur esprit.

Je laisse résonner en moi cette promesse: Heureux… Heureux …

Je contemple le vrai bonheur donné dès maintenant, par grâce.

– Un chemin qui s’ouvre, un long et patient travail du Seigneur qui me conduit à Le rencontrer.

– Mon bonheur en plénitude, préparé et qui engage.

Chaque Béatitude m’éveille, m’entraîne à discerner le sens et la finalité de mes choix dans le concret de ma vie

Je contemple la sainteté du Christ, l’accomplissement des Béatitudes, le chemin qu’Il me trace, le bonheur toujours plus grand auquel je suis destiné(e).

Chaque Béatitude me renvoie à mes limites et m’invite au combat.

Je peux nommer ce qui fait obstacle en moi, mes faiblesses, mes désirs qui ne conduisent qu’à un bonheur relatif, un bonheur de la terre qui ne comble pas…

Mes yeux fixés sur le visage de Jésus-Sauveur, je lui confie mes difficultés à aimer, mes peurs, mes résistances…

– Ai-je le désir qu’Il relance ma  marche,…Ai-je le désir d’aller plus loin en Lui ?

– Suis-je prêt(e) à faire l’expérience de l’amour et à me compromettre « à cause de Lui. » ?

Je peux conclure ma méditation en m’unissant à cette prière :

« Seigneur Jésus, tu as séjourné parmi nous, fidèle à ce que tu enseignais, et tu es monté près du Père. Fais-nous garder tes commandements, pour que nous habitions un jour, avec ceux qui auront aimé comme toi, là où tu demeures éternellement. »

« Pénétrons plus avant dans la profondeur », dit saint Jean de la Croix, c’est-à-dire, pénétrons plus avant dans la connaissance de Dieu… Car telle est son immensité que malgré tout ce que l’âme peut en connaître, elle peut toujours y pénétrer davantage.

Au creux de l’automne

Église de Brinay (Cher)
A l’entrée du chœur, l’arc évoque, par des fresques, les travaux des champs et les saisons.

Dans beaucoup d’églises romanes, les travaux des jours sont représentés. Façon de souligner que nous sommes appelés à faire offrande de tout ce que la terre produit, et de valoriser le travail de l’homme. Les fidèles entrent dans l’église, habités de leurs tâches quotidiennes.

Au creux de l’automne, nous voyons le cycle de la nature préparer l’entrée dans l’hiver. Le vent arrache déjà les feuilles des arbres…Mais nous profitons encore de la profusion de la nature. Prenons le temps de contempler les récoltes de l’automne qui recueillent les fruits de la terre par le travail des hommes.

Je peux évoquer la cueillette des fruits, les vendanges, la récolte de champignons…

Je lis quelques versets du psaume 103 qui rappelle les biens donnés par le Seigneur, qui emplissent la terre. Je prends le temps de laisser venir en moi les images déployées par ce psaume, pour faire action de grâce.

De tes demeures tu abreuves les montagnes, et la terre se rassasie du fruit de tes œuvres ; tu fais pousser les prairies pour les troupeaux, et les champs pour l’homme qui travaille.

De la terre il tire son pain : le vin qui réjouit le cœur de l’homme, l’huile qui adoucit son visage, et le pain qui fortifie le cœur de l’homme.

Les arbres du Seigneur se rassasient, les cèdres qu’il a plantés au Liban ; c’est là que vient nicher le passereau, et la cigogne a sa maison dans les cyprès aux chamois, les hautes montagnes, aux marmottes, l’abri des rochers.

Tu fis la lune qui marque les temps et le soleil qui connaît l’heure de son coucher. Tu fais descendre les ténèbres, la nuit vient :les animaux dans la forêt s’éveillent ; le lionceau rugit vers sa proie, il réclame à Dieu sa nourriture.

Quand paraît le soleil, ils se retirent : chacun gagne son repaire. L’homme sort pour son ouvrage,pour son travail, jusqu’au soir.

Quelle profusion dans tes œuvres, Seigneur ! Tout cela, ta sagesse l’a fait ; la terre s’emplit de tes biens.

Dans un temps de prière personnelle, je présente au Seigneur ma relation à la nature, le soin que je prends de la création. Je demande aussi pardon pour mes abus, peut-être, dans ma consommation, mes façons de vivre… Nous savons en effet  combien notre environnement subit d’agressions aujourd’hui. Je demande, avec le Pape François, que nous sachions prendre soin de la maison commune.

Dieu Tout-Puissant
qui es présent dans tout l’univers
et dans la plus petite de tes créatures,
Toi qui entoures de ta tendresse tout ce qui existe,
répands sur nous la force de ton amour pour que
nous protégions la vie et la beauté.
Inonde-nous de paix, pour que nous vivions
comme frères et sœurs
sans causer de dommages à personne.
Ô Dieu des pauvres,
aide-nous à secourir les abandonnés
et les oubliés de cette terre
qui valent tant à tes yeux.
Guéris nos vies,
pour que nous soyons des protecteurs du monde
et non des prédateurs,
pour que nous semions la beauté
et non la pollution ni la destruction.
Touche les cœurs
de ceux qui cherchent seulement des profits
aux dépens de la terre et des pauvres.
Apprends-nous à découvrir
la valeur de chaque chose,
à contempler, émerveillés,
à reconnaître que nous sommes profondément unis
à toutes les créatures
sur notre chemin vers ta lumière infinie.
Merci parce que tu es avec nous tous les jours.
Soutiens-nous, nous t’en prions,
dans notre lutte pour la justice, l’amour et la paix.

Laudato Si’

Prier avec le Père Wresinski

Le 12 février 1917, Joseph Wresinski naît en France. Son enfance est marquée par l’expérience de misère et de courage de sa famille. Il y forge sa conviction que personne ne doit rester seul face à la misère et cherche à rejoindre celles et ceux qui sont condamnés à vivre dans des conditions indignes.

Devenu prêtre, il rejoint deux cent cinquante familles hébergées dans un camp de sans-logis de la région parisienne.

En 1957, il fonde avec elles le Mouvement ATD Quart Monde. Ensemble, ils se mettent debout pour sortir du silence. Aujourd’hui, le Mouvement est présent dans une trentaine de pays et entretient des liens dans une centaine d’autres.

Le 17 octobre 1987, Joseph Wresinski et cent mille personnes de tous milieux inaugurent une dalle en l’honneur des plus pauvres sur le Parvis des libertés et des droits de l’Homme à Paris. C’est la Journée mondiale du refus de la misère, devenue en 1992 une Journée des Nations Unies.

Les mots gravés sur la dalle lancent un appel à tous:

« Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré.»

Aujourd’hui, partout dans le monde, des personnes s’inspirent de cet homme et de cet appel. Elles se mettent en marche pour rejoindre les plus abandonnés. En ne laissant personne de côté, elles créent une humanité empreinte de respect, de justice et de paix.

J’écoute l’appel lancé par le P. Wresinski à cette occasion : « Je témoigne de vous… »

http://refuserlamisere.org/article/je-temoigne-de-vous#

Je laisse ces paroles rejoindre l’Evangile :

Je me remémore le texte d’Isaïe que Jésus vient accomplir : « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce qu’il m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs la libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés… »

Je laisse ces paroles rejoindre mon expérience concrète :

Je me remets en mémoire les situations concrètes de lutte contre la misère que je vois autour de moi. Je repère la force de vie qui jaillit malgré tout. Je contemple tous ces gestes  de solidarité, de respect, de défense des droits… portés par les personnes ou les mouvements les plus divers.

Et j’en rends grâce au Seigneur

Je laisse maintenant remonter les situations de misère autour de moi.

A quelle forme de misère suis-je le plus sensible ? Qu’est-ce qui me parait à inadmissible ?

Je demande pardon pour ces situations de souffrance et d’injustice. Je demande pardon pour ma part  de résignation ou d’indifférence.

Puis, je peux demander au Seigneur son aide pour  que, à ma façon, je contribue à bâtir une société plus juste et plus fraternelle.  Pour que la parole des plus pauvres soit entendue et qu’ils trouvent place dans l’Eglise.

Alors que s’ouvre la Semaine missionnaire mondiale, je prie le Père de  d’envoyer des ouvriers pour sa moisson.

Je termine en écoutant le chant : « Missionnaire de la joie de l’Evangile » :

DIEU AVAIT BESOIN

Dieu avait besoin d’un père pour son peuple.
Il choisit un vieillard.
Alors Abraham se leva…


Il avait besoin d’un porte-parole.
Il choisit un timide qui bégayait.
Alors Moïse se leva…


Il avait besoin d’un chef pour conduire son peuple.
Il choisit le plus petit, le plus faible.
Alors David se leva…


Il avait besoin d’un roc pour poser l’édifice.
Il choisit un renégat.
Alors Pierre se leva…


Il avait besoin d’un visage pour dire aux hommes son amour.
Il choisit une prostituée.
Ce fut Marie de Magdala…


Il avait besoin d’un témoin pour crier son message.
Il choisit un persécuteur.
Ce fut Paul de Tarse…


Il avait besoin de quelqu’un pour que son peuple se rassemble
et qui aille vers les autres.
Il t’a choisi : même si tu trembles, pourrais-tu ne pas te lever ?

Mgr Jean-Baptiste Pham-Mi nh-Man
Archevêque de Saigon

avec l’Evangile du jour

L’évangile du jour nous propose la parabole du Bon Samaritain. Un récit bien connu, par lequel le Christ répond à la question du légiste : « et qui est mon prochain ? ». Ce récit est illustré par un vitrail dans la cathédrale de Bourges, dans le déambulatoire, côté nord. Le maître verrier a choisi de donner le même visage au blessé, au Samaritain et au Christ. Il veut ainsi nous faire approcher ce mystère : le visage du Christ est à chercher dans les personnes fragiles, blessées et le Christ, tel le Bon samaritain, descend des cieux pour venir nous secourir.

Évangile selon St Luc, 10, 25-37

En ce temps-là, voici qu’un docteur de la Loi se leva et mit Jésus à l’épreuve en disant :
« Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? » Jésus lui demanda :
« Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ? Et comment lis-tu ? »  L’autre répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence,et ton prochain comme toi-même. »  

Jésus lui dit :« Tu as répondu correctement. Fais ainsi et tu vivras. » 

Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus :« Et qui est mon prochain ? » 

Jésus reprit la parole : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur des bandits ; ceux-ci, après l’avoir dépouillé et roué de coups, s’en allèrent, le laissant à moitié mort. Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ; il le vit et passa de l’autre côté.  De même un lévite arriva à cet endroit ; il le vit et passa de l’autre côté. Mais un Samaritain, qui était en route, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de compassion. Il s’approcha, et pansa ses blessures en y versant de l’huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture,
le conduisit dans une auberge et prit soin de lui.  Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent,
et les donna à l’aubergiste, en lui disant : “Prends soin de lui ; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai. Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain
de l’homme tombé aux mains des bandits ? » Le docteur de la Loi répondit : « Celui qui a fait preuve de pitié envers lui. » Jésus lui dit : « Va, et toi aussi, fais de même. »

Je prends le temps de lire, lentement, le récit en visualisant la scène : la route que parcourent les divers voyageurs ; les personnages successifs ; le regard que chacun porte sur l’autre…

Le blessé, et le prêtre et le lévite, indifférents

Je m’arrête sur le prêtre et le lévite, indifférents à la souffrance du blessé, accaparés qu’ils sont par leurs occupations cultuelles…Et moi, que puis-je dire de mon attention, de mes manques d’attention à autrui.

Je m’arrête ensuite sur le Bon Samaritain, qui accepte d’interrompre son voyage, de donner de son temps. Je peux rendre grâce pour  tel ou tel qui a pu me donner du temps, me venir en aide à une étape difficile de ma vie. Je peux intercéder pour tel ou tel à qui je suis déjà venu en aide.

Le Bon samaritain a chargé le blessé sur sa monture et l’emmène à l’auberge

Le Pape François parle souvent de la « mondialisation de l’indifférence ». J’ouvre ma prière à l’universel pour évoquer les personnes, le peuples, les causes qui ont besoin de notre prière et de notre engagement.

Je relis ces extraits de Fratelli Tuti du pape François, qui nous offre une profonde méditation de ce récit 

« Donc, je ne dis plus que j’ai des « prochains » que je dois aider, mais plutôt que je me sens appelé à devenir prochain pour les autres. » (Fratelli Tutti n°81).

« Ainsi le terme « prochain » perd tout son sens et seul le mot « partenaire », l’associé pour des intérêts déterminés, a du sens. » (Fratelli tutti, n°102).

Le Samaritain « a été en mesure d’interrompre son voyage, de changer de projet, d’être disponible pour s’ouvrir à la surprise de l’homme blessé qui avait besoin de lui. »  (Fratelli tutti, n°101)

Je prie le Notre Père et je m’arrête sur la première expression : « que ton règne vienne »…Nous sommes appelés à construire le règne de Dieu en nous faisant le prochain d’autrui.

Le Christ en croix

Prier devant une tapisserie

Tapisserie de Jacques Chéry – Haïti
L’artiste peintre Jacques Chéry est un chrétien d’Haïti né en 1928. Par son art de style « primitif », il cherche à éclairer ce qui se vit dans son pays à la lumière de la Parole du Dieu vivant.

Pour commencer ce temps de prière, je me tourne vers le Seigneur pour  lui demander de discerner à mon tour ce qui, dans la vie du monde d’aujourd’hui, défigure l’homme et la création et ce qui a le goût de l’Evangile.

Regardons l’ensemble de cette tapisserie : elle est lumineuse, colorée,  entourée d’un arc en ciel, signe de l’Alliance de Dieu avec son peuple.  Elle est composée de 3 bandes verticales et de 3 bandes horizontales délimitant  9  petites scènes.  Dans la bande centrale se tient Jésus, vêtu de rouge. Les autres scènes, en bas et en haut, sont des scènes de la vie quotidienne.

Au centre, l’arbre dont les racines puisent dans la mer et s’élève jusqu’au ciel ;  Jésus y est crucifié,  dépouillé de ses vêtements. La présence du serpent rappelle la présence du mal et du péché qui défigure l’humanité. Mais cet arbre de la croix, avec ses feuilles et ses nombreux fruits est aussi un arbre de vie.

A sa droite, l’on peut reconnaitre l’épisode de Jésus chassant les marchands du Temple, ce qui lui vaudra d’être arrêté, jugé et condamné.

A sa gauche, Jésus porte un auréole et est entouré de bêtes sauvages ;  c’est le Christ ressuscité, vainqueur du mal ; il apporte la paix pour tous les êtres vivants.

En bas, se trouve la mer sombre et agitée et 3 scènes qui décrivent des situations où les droits humains sont bafoués : situation d’émigration, de guerre, de compétition. La violence et la souffrance caractérisent ces scènes de ténèbres.

Mais même là, l’artiste a inséré une lumière d’espoir, un geste de solidarité, une main tendue…  Et dans certains cas, il a  placé le Christ, reconnaissable à sa tunique rouge, aux côtés des victimes, ployant par exemple sous les coups des soldats.

En haut, les 3 scènes sont plus lumineuses.  Au centre, le sommet de l’arbre de vie et dessous la création telle que Dieu la voulue, harmonieuse et bonne. A gauche, des hommes et des femmes accueillant les 10 commandements et leur traduction actuelle dans les droits de l’Homme. A droite, un repas  festif, avec abondance des fruits, diversité des convives et joie du service.

Après cette vue d’ensemble, je me laisse attirer par l’une ou l’autre scène, et j’en choisis une que je regarde plus attentivement, dans ses détails.

Puis je réfléchis :

A quelle situation actuelle, cette scène me renvoie-t-elle ?

Qu’est-ce qu’elle éveille en moi comme sentiment ?

Qu’est-ce qui manifeste une foi en la vie, une charité en actes, une espérance ?

Quel lien pour moi avec l’Evangile ? Quelle parole de Dieu éclaire ce que je vois ?

Comment cela me rejoint-il personnellement ? Comment cela me déplace ?…

Après ce temps, je me tourne à nouveau vers le Seigneur pour lui dire ce que j’ai dans le cœur : un désir d’agir, une prière d’intercession, un merci, un pardon…

Et je termine en disant un Notre Père.