PSAUME 89

D’âge en âge, Seigneur, tu as été notre refuge ! 

Je me mets à l’écart pour aller à la rencontre du Seigneur. Je décide, dans le temps qui s’écoule, hors de moi, de prendre un temps choisi, d’arrêter le cours de mes occupations habituelles. Je me tourne vers le Seigneur et lui demande la grâce de revenir à l’essentiel qu’est la perception de sa présence.

         Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

         Le lis le psaume.

Je m’arrête sur quelques expressions du psalmiste : « Mille ans sont comme hier » « C’est un jour qui s’en va » « Une herbe changeante : Elle fleurit le matin, elle change ; Le soir, elle est fanée, desséchée ».

         Je relis le psaume, et je m’adresse au Seigneur, pour lui confier mon temps présent, en repérant dans ma journée ce qui a, déjà, saveur d’éternité. .

         Je termine ce temps en disant le Notre Père. Je m’arrête sur la demande : « donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour »

         Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Psaume 138

Conduis-moi, Seigneur, sur le chemin d’éternité.

Au début de ce temps de prière, je me place sous le regard aimant de Dieu. Je le laisse me contempler et  j’accueille son regard. Que cette méditation me donne de grandir en confiance avec lui et avec moi-même.

Au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit. Amen.

            Je prends le temps de lire lentement et à voix haute ce psaume pour mieux le goûter. Je me laisse toucher par Dieu qui désire faire alliance avec moi.

Dieu me connaît intimement .Rien de ce que je suis ne lui est étranger, rien de notre vie n’échappe à son regard, que l’on soit dans la lumière ou dans les ténèbres. Ce regard n’est pas celui d’un juge inquisiteur, mais celui d’un Père aimant. Il nous connaît mieux que nous-mêmes.J’accueille le regard bienveillant et  respectueux de Dieu sur ma vie.
 

Il n’est pas toujours facile d’entendre les appels du Seigneur, de repérer son action dans ma vie.  Quelles sont les situations que je ne comprends pas et que je souhaite confier au Seigneur aujourd’hui ?

Le psaume nous invite à nous laisser guider par Dieu sur nos chemins de vie qui sont parfois tortueux. Quels soucis je souhaite déposer aux pieds de Jésus ?

A la fin de ce temps de méditation, je parle au Seigneur comme à un ami. Je lui exprime la prière qui monte de mon cœur : une parole de liberté, une intercession ou une louange pour avancer sur mon chemin.

Je peux terminer avec une prière de l’Église, comme le Notre Père.

Chant : Seigneur, tu gardes mon âme ( Taizé)

Prier au temps des vendanges

Septembre, un peu partout ce sont les vendanges. Si je le peux, je prends ce temps de méditation devant une vigne, sinon je me rends présent par l’imagination à cette réalité.

Je me pose et fais silence et je me tourne vers le Seigneur. Je lui demande d’entendre ce qu’il a à me dire dans ce temps de prière. Je prends conscience que je suis là en Sa présence, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

Je prends le temps de contempler les grappes de raisin,

qui vont être cueillies puis travaillées pour devenir du vin. Ils sont dons de Dieu et fruits du travail des viticulteurs. Je considère le soin pris pour que la vigne donne du fruit, la taille, les traitements… Je regarde l’abondance des grappes ; je goûte par l’imagination les grains sucrés…

Contempler ainsi la vigne dans la  nature peut nous enseigner pour notre vie spirituelle. Déjà, dans l’Ancien Testament,  il est question de la vigne du Seigneur : la vigne, c’est son  peuple dont il prend soin et dont il attend de beaux fruits. Dans l’Evangile,  Jésus regardant la vigne, se révèle comme étant la vraie vigne, qui fait la joie de Dieu :

Et il nous invite ainsi à rester branchés sur lui, pour donner beaucoup de fruits:

Je considère ma vie avec le Christ.  Où et quand suis-je en Sa présence ? Est-ce que je puise en Lui la sève de ma vie ? Est-ce que cette relation retentit sur ma vie concrète ? Est-ce que je porte du fruit en vue du Royaume de Dieu ? Qu’est-ce qui serait à émonder pour en porter davantage ?

Je regarde maintenant le fruit de la vigne, le vin.

Le vin est symbole de la joie

L’Ancien Testament le considère comme un bien précieux, qui rend la vie agréable, à condition d’en user avec sobriété. Avec Jésus, le vin devient signe de la Nouvelle Alliance. Le récit des noces de Cana parle du bon vin tant attendu et donné par le Christ.  Ce bon vin est le symbole des temps messianiques et de la joie promise.

Pour les chrétiens, avant de boire le vin nouveau dans le Royaume du Père, le vin  renvoie à la Cène et au repas  eucharistique.   

La communion au corps et au sang du Christ, nous unit ainsi au Christ qui a donné sa vie pour notre salut.

Je considère ma relation à l’Eucharistie. Est-elle l’occasion  de rendre grâces ?  Est-elle pour moi source de joie et d’espérance ? Est-elle un moment d’union avec le Christ ? Est-elle le lieu où je retourne à la source pour mieux vivre en chrétien dans le quotidien de ma vie ?

Je parle au Seigneur de ce que cette méditation suscite en moi.

J’écoute le chant : La terre a donné son fruit

Et je termine en disant un Notre Père.

Prier en reprenant l’évangile du dimanche

Je me dispose à la prière, en décidant de prendre un temps avec la Parole. Faisant taire en moi mes préoccupations du moment, je veux m’ouvrir à la Parole, en l’écoutant, en l’intériorisant. Je demande la grâce de sans cesse chercher à mieux connaître le Seigneur.

         Je lis la Parole, m’imaginant, aujourd’hui, comme l’un des disciples auxquels Jésus s’adresse.

Le Pérugin, 1482, chapelle Sixtine

Nous méditerons la première partie du texte.

J’ai écouté ce dimanche la proclamation de ce texte de Matthieu…Je considère la façon dont l’évangile entendu lors de la messe dominicale continue ou non d’habiter la semaine qui s’ouvre. En fais-je mémoire ? Ai-je le souvenir de l’homélie entendue ? Est-ce que je retiens du texte et de son commentaire une piste pour ma prière ?

« Au dire des gens, qui est le Fils de l’Homme ? ».

Dans notre environnement sécularisé, il est encore de nombreuses représentations de Dieu, de Jésus qui circulent…Est-ce que je peux en repérer ? Y-a-t-il des représentations qu’il est important de questionner, dans le dialogue ?

« Et vous, qui dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? ».

J’entends cette question, pour moi, aujourd’hui. L’évangile de dimanche nous propose trois titres pour Jésus : Fils de l’Homme, Christ, le Fils du Dieu vivant…Nous pouvons aussi penser à d’autres titres donnés dans l’évangile :

Emmanuel, Prince de la Paix, Sauveur…Faisons aussi mémoire d’autres images : le bon pasteur, la porte, le chemin…Je médite chacun de ces titres. Suis-je au clair sur chacun ? Quels sont ceux qui me rejoignent plus ?

Dans un cœur à cœur avec le Seigneur, je rends grâce pour la connaissance qu’il me donne de Lui-même, je lui confie mes incompréhensions, mes questions…Je rends grâce pour ceux qui m’aident sur mon chemin de rencontre du Seigneur. Je confie ceux qui cheminent plus difficilement dans sa connaissance.

Je termine en partageant cette prière du Père Pedro Arrupe.

Pedro Arrupe, Supérieur général des Jésuites, 1979
Écrits pour évangéliser, Collection Christus n°59, DDB, 1985, p.433-436.

Resilience

 Au cœur de la saison d’art 2026 au Domaine de Chaumont-sur-Loire en Loir et Cher, des sculptures et installations de trois artistes sont à découvrir.

Au cœur de la saison d’art 2026 au Domaine de Chaumont-sur-Loire en Loir et Cher, des sculptures et installations de trois artistes sont à découvrir.

En cet été marqué par les incendies de forêt qui ravagent notre pays, arrêtons-nous sur l’une d’entre elles :

Réalisée dans une souche massive de séquoia, à l’aspect brûlé, surmontée d’une hache de bronze et d’or, l’œuvre Rezilientia est la variante la plus imposante produite par l’artiste lyonnais Ghyslain Bertholon.

Je regarde la sculpture : un sequoia, arbre majestueux, témoin de solidité et de grandeur… sur le tronc, une hache est plantée ; le métal blesse le bois qu’il a tranché… le manche est de bois mort… mais de ce bois surgissent de jeunes pousses dorées… 

Je m’installe confortablement, et fais silence en moi, me concentrant sur ma respiration, profonde et calme… Je demande au Seigneur la grâce de le rencontrer en esprit et en vérité.

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit…

Je regarde la sculpture : un sequoia, arbre majestueux, témoin de solidité et de grandeur… sur le tronc, une hache est plantée ; le métal blesse le bois qu’il a tranché… le manche est de bois mort… mais de ce bois surgissent de jeunes pousses dorées… 

Je prends un moment pour méditer sur la symbolique de cette œuvre, cette image de l’arbre marqué par la violence du feu et de la coupe, mais aussi par la promesse de renaissance…

La solidité du sequoia, symbole de foi et de persévérance 

Le sequoia, arbre majestueux, témoigne de la solidité et de la grandeur de la Création. Mais aussi évoque cette base solide que Dieu nous donne, notre foi qui nous aide à résister aux tempêtes, au doute ou à l’épreuve.

La hache, symbole d’humanité :

L’outil tranchant, symbole de notre domination sur la nature, nous interpelle sur notre responsabilité de préserver la beauté et la vie que Dieu nous confie. Elle évoque des moments de rupture, de blessures, de violence dans notre vie.

La résilience et l’espérance : la vie qui jaillit du bois mort

Malgré la coupure, malgré le feu, la sève continue de circuler, et des rejetons naissent du bois mort. La résilience de la forêt, la renaissance après le feu : images de l’espérance…

La patience, la sagesse de la forêt, et notre confiance en Dieu

La forêt, trésor de patience et de sagesse, nous dit que la vie se renouvelle souvent de manière inattendue, à contretemps du bruit et de la violence et dans la confiance.

Rm 15

Je fais mémoire de blessures, de difficultés, d’épreuves. Comment ai-je pu, à l’image des rejetons, laisser la vie renaître et poursuivre mon chemin ? Quels ont été mes appuis ? Quelle persévérance ? Quelle espérance ?  Puis-je identifier des moments où, après une difficulté, une nouvelle croissance a émergé ? Dans ma prière quotidienne, est-ce que je confie au Seigneur les personnes en difficultés ?

Je confie tout cela au Seigneur, sans jugement, dans la paix et la confiance… je lui dis mon désir et lui demande son aide…

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit…

Prier avec l’évangile du jour

Je me dispose à la prière. Je choisis un moment et un lieu favorables. En ce temps de chaleur, je viens chercher près du Seigneur la fraicheur d’une oasis pour me désaltérer à Sa Parole.

Je prends le temps de chasser mes préoccupations et me présente simplement au Seigneur. « Seigneur, me voici ». Je demande la grâce de me laisser toucher par les paraboles, pour mieux intérioriser qui est le Seigneur.

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

         Je lis lentement cette page d’évangile.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (13,31-35)

Depuis deux dimanches, la liturgie nous propose des paraboles du Royaume. Ce terme de « royaume » a pu susciter des incompréhensions, au temps de Jésus, certains l’accusant de vouloir se faire roi, au sens politique du terme.

Dans le Notre Père que nous disons chaque jour, nous prions : « que ton règne vienne. ». Je m’arrête sur ces deux mots : « royaume », « règne » …Que signifient-ils pour moi ?
 

Je prends maintenant le temps d’imaginer les gestes quotidiens évoqués par Jésus dans ces deux paraboles. Je vois le semeur jeter la petite graine de moutarde, qui se perd en terre. Je considère la patience du semeur, qui attende que la nature fasse son œuvre. Puis je contemple la croissance, peut- être, inattendue de cette plante potagère, qui se fait hospitalière pour une vie débordante.

J’imagine maintenant le geste ancestral de la ménagère qui se saisit de quelques grammes de levain qui se perdent dans la farine abondante. Là-encore, je perçois l’attente de la ménagère, jusqu’à ce que toute la pâte ne gonfle…Que me disent ces paraboles sur la puissance du Seigneur, sur la force de sa Parole, discrète, d’abord, mais pourtant capables de transformer, de faire croître. Je considère cela.

« J’ouvrirai la bouche pour des paraboles, je publierai ce qui fut caché depuis la fondation du monde. ». Le Seigneur ne veut pas jalousement garder un pouvoir caché, occulte, mais prend le temps de la pédagogie, avec la bienveillante patience du maître, avec la recherche de moyens accessibles à tous. Je peux faire mémoire de pas que j’ai progressivement accomplis dans la foi. Comment est-ce que je grandis dans la foi ? Comment la foi reçue peut-elle faire lever la pâte de ma vie ?

Je relis cet évangile, et je me tourne vers le Seigneur, comme un ami parle à un ami. Je lui rends grâce pour son souci de me rejoindre. Je peux aussi lui confier des questions, des incompréhensions…Je confie au Seigneur ceux qui ont besoin d’être rejoints par sa Parole. Je lui demande de m’aider à être un artisan de son Royaume.

Je termine par le « Notre Père »

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Prier en temps de sécheresse

Voici  que nous avons vécu, ces derniers jours, une vague de chaleur et de sécheresse intenses.  Que cette expérience, parfois difficile à vivre, soit aussi l’occasion de setourner vers le Créateur !

Je fais silence en moi et me mets à l’écoute du Seigneur ; comment me parle-t-il à travers ces évènements ?

  • Avec la création toute entière.

Ces derniers jours ont été épuisants. Et nous avons fait l’expérience en regardant les plantes griller ou se flétrir, les animaux à la recherche de la fraîcheur et de l’eau, les rivières s’assécher… que ce ne sont pas uniquement les êtres humains qui ont souffert du dérèglement climatique. C’est la création toute entière.

C’est ainsi que commence l’encyclique du Pape François. Et il nous rappelle au § 86 que c’est

Relation à la création, relation aux autres, tout est lié. Et moi ? Où en suis-je personnellement ? Est-ce que je me soucie de la terre et de ses habitants ? Comment ? Est-ce que je compatis ? Est-ce que j’agis pour préserver notre maison commune et pour bâtir une vie harmonieuse entre tous ?

J’en parle au Seigneur, créateur de toutes choses.

J’en parle au Seigneur, créateur de toutes choses

Chaleur et sécheresse nous ont fait prendre conscience aussi de notre manque et de notre fragilité. Tous nous avions besoin d’eau et avons pu nous sentir comme une terre aride, altérée, sans eau.

Ce sont ces mêmes termes que le psalmiste emploie pour nous parler de notre relation à Dieu.

Pour être vivant, nous avons besoin de nous ressourcer, de vivifier notre relation à Dieu ; il est pour nous souffle de vie, eau jaillissante.  Ecoutons aussi le Ps  41,2 :

Et moi qu’en est-il de ma relation au Seigneur ? Est-ce que je désire sa Présence ? Quels moyens que je prends pour le rencontrer ? Ai-je eu l’expérience de sa présence vivifiante ?

J’en parle au Seigneur ; je lui dis mon désir et lui demande son aide.

Je termine ce temps en  récitant le Notre Père puis en chantant : « l’eau vive de ton puits »

Psaume 78

Je prends le temps de me disposer à prier le Seigneur avec le psaume du jour. Je respire plusieurs fois profondément et lentement; je fais silence en moi, pour accueillir cette prière du Peuple d’Israël, dans mon aujourd’hui, et la faire mienne.

Je demande la grâce de discerner de ce dont j’ai besoin d’être délivré.e. Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Amen

Je lis lentement, je murmure avec mon coeur le début de ce psaume en m’adressant à Dieu. C’est une plainte qui peut être la mienne, pour aujourd’hui, pour moi et pour le monde. Je laisse ces versets résonner et me rejoindre.

La Crucifixion Blanche – Marc Chagall 1938

Et comme Chagall, je contemple le Christ souffrant pour nous et avec nous. Je reconnais qu’il est au milieu de nous, je l’appelle et le prie .

Sieger Köder – Le Fils Perdu (extrait)

En contemplant la tendresse aimante et consolatrice du Père, je lui confie mes cris, mes détresses, mes demandes de pardon. Je réfléchis en moi-même et repère quels sont « ces païens » qui ont peut-être envahi mon coeur, qu’est-ce qui , en moi, souille « ton temple sacré?

Je prends maintenant le temps de repenser à tout cela dans mon coeur et je le partage au Seigneur. Et je lui demande son aide.

Mon désir est grand et je suis sûr.e de Lui.Il me remet sur le chemin de la vie et me donne sa lumière pour le reconnaître ici et vivre pour la gloire de Son nom. Je peux, avec Marie, le chanter et le louer.

Macha Chmakoff – Magnificat à la Trinité (extrait)

Prier avec la figure de Jean-Baptiste. « la prédication de Jean-Baptiste » par Pieter Brueghel

Alors que  en cette fin de juin, sont proposés un peu partout des feux de la st Jean, nous vous proposons de prier avec le tableau de Pieter Brueghel intitulé la prédication de Jean Baptiste. Cette œuvre  pourra  nous aider à mieux  comprendre la figure de ce dernier prophète de l’Ancien Testament dont l’Eglise fête la nativité le 24 juin.

Ce  tableau peint en 1566 est l’œuvre de Brueghel l’Ancien qui  réside alors à Bruxelles, ville faisant partie des Pays-Bas espagnols. Avec  Jan van Eyck, Jérôme Bosch et Pierre Paul Rubens, celui-ci est considéré comme l’une des grandes figures de l’École flamande.

Nous nous mettons en présence du Seigneur et nous rendons disponibles, à l’écoute de l’Esprit Saint.

Nous prenons le temps de contempler cette prédication de Jean-Baptiste.

Quelle impression d’ensemble ? Quels détails attirent mon regard ? Qu’est-ce qui m’étonne ?
 

Ce que l’on voit au premier regard, ce n’est pas Jean-Baptiste. C’est une foule bigarrée, plutôt dans les tons bruns parsemés de taches claires ; elle est de dos. Elle se tient dans une clairière au milieu d’une forêt et forme comme un cercle qui occupe presque tout l’espace. Une trouée lumineuse,  au fond, vers le centre droit, ouvre cet espace et de la clairière l’on aperçoit une rivière, une ville avec son église et au loin une montagne.

La foule est de dos et si nombreuse que certains ont dû monter dans les arbres pour apercevoir celui vers qui tous se sont tournés. C’est à ce point de convergence, à l’arrière-plan que nous pouvons voir Jean-Baptiste. Vêtu d’une tunique brune, il nous fait face et prêche. De son bras gauche, il  désigne une personne vêtue de bleu qui se trouve dans la foule et se tient légèrement à l’écart, les bras croisés sur sa poitrine.

Nous pouvons reconnaître des éléments du décor et de la vie au XVIe siècle dans le Nord de l’Europe

-L’arrière-plan découvrant un château au sommet d’un mont, une église haute, un voilier sur un large fleuve…

– A une époque où les relations entre catholiques et protestants étaient tendues, la foule rassemblée dans une forêt, peut être un rappel du temps où les protestants étant interdits de pratique avaient coutume de se retrouver dans des clairières pour des prédications.

Les vêtements variés de la foule : les Pays-Bas était un pays de navigateurs ; la population des villes portuaires comme Anvers, où a vécu Brueghel, découvrait des peuples venus d’Orient ou d’Asie. Aussi peut-on voir au premier plan, un homme au très large chapeau, légèrement conique, comme en Asie, à ses côtés un homme gitan enveloppé d’une couverture bariolée dit la bonne aventure et à gauche de l’arbre on reconnaît deux personnes aux coiffes et vêtements exotiques. A leurs côtés les chapeaux et les vêtements plutôt de couleurs sombres, des hommes et des femmes reflètent l’aspect des habitants des pays d’Europe du Nord.

Le message de Jean-Baptiste est pour tous. Qu’est-ce qui motive ces hommes et ces femmes, de tous âges et toutes origines ? Qu’est-ce qui les habite ? Quelle recherche les met en mouvement ?

Et moi, où pourrais-je me placer dans cette scène ? Qu’est-ce qui m’habite ? Dans quelle mesure est-ce que je cherche à connaître le Christ ?

Nous pouvons méditer maintenant sur Jean-Baptiste et Jésus

Jean-Baptiste est vêtu d’une simple tunique brune, couleur de la terre. Il a la tête découverte et les bras nus et contraste avec la foule. Ascétisme de ce prophète qui s’est retiré au désert et  dont l’Evangile parle ainsi : « Jean avait un vêtement de poil de chameau et une ceinture de cuir autour des reins ; il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage » Mt 3,4.

Son bras droit est replié sur sa poitrine, dans un geste qui semble demander l’attention du public, et son bras gauche est tendu en direction de Jésus, vêtu de bleu, couleur du ciel, qui se tient en contre-bas. Jean-Baptiste invite avec fougue à la conversion et indique le Messie.

A cet instant du tableau, Jean-Baptiste tient la place centrale. Jésus, lui se tient en humble place, un parmi la foule. Pourtant, JB le sait, ce ne sera pas toujours ainsi ; Il dit : « Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ; il vient après moi et je ne suis même pas digne de dénouer la lanière de sa sandale. » Jn 1,26

Pas étonnant donc que l’Eglise fête la naissance de JB au moment du solstice d’été, le moment où les jours sont les plus longs et où ils commencent à diminuer ; alors qu’au contraire la fête de la nativité de Jésus se situe au moment du solstice d’hiver lorsque les jours commencent à rallonger. C’est le Christ qui est lumière pour le monde ; JB est la voix qui l’annonce.

Je peux me laisser enseigner par ce témoin qu’a été Jean-Baptiste, par sa fougue, par son humilité. Je peux demander au Seigneur la grâce d’être, comme lui, un témoin de l’amour du Christ et de savoir m’effacer pour que chacun entre en relation avec Lui.

Qu’est-ce qui peut éclairer ma propre manière de vivre ou d’être missionnaire ?

Nous terminons ce temps de prière en écoutant le cantique de Zacharie

Prier en pétrissant le pain

Je fais le signe de la croix. En entrant dans ce temps de prière, je demande la grâce d’une connaissance plus grande de Jésus Christ, pain de Vie.

Je contemple ce geste ancestral de la fabrication du pain.

Le pain est un élément important de l’alimentation dans notre culture. Il faisait partie aussi de la nourriture au temps de Jésus ; pain d’orge pour les pauvres, pain de froment pour les plus riches. On pétrissait alors la farine et l’eau et on mettait du levain. On lui donnait la forme de petits disques ronds assez minces ; puis il était cuit sur la braise. Pendant le repas, on le rompait et avec les bouchées, on se  servait dans le plat.

Je considère combien est vital ce pain quotidien.

D’ailleurs  cette demande de pain fait partie de la prière que nous enseigne Jésus, le Notre Père : « Donne-nous notre pain de ce jour ».

Non seulement, Jésus attache de  l’importance à la nourriture et aux  gestes de la vie quotidienne, mais ces gestes lui parlent du Royaume de Dieu. « Le Royaume des cieux est comparable à du levain qu’une femme prend et enfouit dans trois mesures de farine, si bien que toute la pâte lève. » (Mt 13,33)

Qu’est-ce qu’évoque pour moi le pain? Le levain ? Qu’est-ce qui est pour moi nourriture ? Quels sont les germes du Royaume que je vois et qui transforment peu à peu notre monde ?

La Cène d’Emmaüs par Le Caravage (1571-1610)

Je considère le pain, une fois cuit, qui va être partagé.

Le repas  est ce moment important où l’on se rencontre ; où l’on partage le pain mais aussi la parole.

Par l’imagination,  je me rends présent à Jésus qui, dans l’Evangile, partage le pain avec toutes sortes de gens : ses disciples, ses amis, des pharisiens mais aussi des pécheurs et des publicains.

Je le contemple bénissant Dieu et rendant grâces pour ce pain ; je le contemple rompant le pain ; le multipliant pour le distribuer aux foules venues l’écouter…

Avec qui est-ce que je partage mon pain ?  Est-ce que je pense à ceux qui ont faim ? Est-ce que je rends grâce à Dieu pour le pain reçu, pour les moments partagés autour d’un repas, pour l’amitié, pour les liens crées ?

Je contemple  le pain de Vie

Je fais mémoire de Jésus, couché dans une mangeoire à sa naissance à Bethléem (ce qui signifie ‘maison du pain’).

De Jésus disant, après avoir multiplié les pains: « Je suis le pain vivant qui descend du ciel. Celui qui mangera de ce pain vivra pour l’éternité. » (Jn 6,51)

De son dernier repas où il institue l’Eucharistie : « Pendant le repas, il prit du pain, et après avoir prononcé la bénédiction, il le rompit, le leur donna et dit : « Prenez, ceci est mon corps » (Mc 14,22).

De sa manifestation, après la Résurrection, aux pèlerins d’Emmaüs, où il se fait reconnaitre à la fraction du pain : « Et eux racontèrent ce qui s’était passé sur la route et comment ils l’avaient reconnu à la fraction du pain » (Lc 24, 35)

Quelle est la place de l’Eucharistie dans ma vie ? Est-ce que j’ai faim de ce pain de vie ? Le Christ s’est fait nourriture, qu’est-ce que cela provoque en moi ?

Je parle au Seigneur de ce qui m’habite, après cette méditation.

Et pour conclure, je peux redire le Notre Père et chanter: »Regardez l’humilité de Dieu »