Psaume 94

Venez, crions de joie pour le Seigneur,
acclamons notre Rocher, notre salut !
Allons jusqu’à lui en rendant grâce,
par nos hymnes de fête acclamons-le !

Entrez, inclinez-vous, prosternez-vous,
adorons le Seigneur qui nous a faits.
Oui, il est notre Dieu ;
nous sommes le peuple qu’il conduit.

Aujourd’hui écouterez-vous sa parole ?
« Ne fermez pas votre cœur comme au désert,
comme au jour de tentation et de défi,
où vos pères m’ont tenté et provoqué. »

Je me dispose à la prière. Je fais silence en moi, dépose auprès du Seigneur ce qui m’agite et me préoccupe. Je prends le temps d’écouter ma respiration, de prendre conscience de l’air que j’inspire, comme un don…Je m’installe dans la position qui favorise pour moi la paix intérieure et l’écoute.

Je lis le psaume lentement, me sentant invité à entrer dans un mouvement : « venez… »

Je m’arrête sur l’expression « acclamons notre rocher » et je rends grâce du soutien que m’apporte la présence du Seigneur.

« Adorons le Seigneur qui nous a faits ». Je fais mémoire de Dieu Créateur, sûr qu’il n’abandonne pas sa création.

« Ne fermez pas votre cœur » …Je peux m’arrêter sur les résistances, l’indifférence qui peuvent m’habiter et demande au Seigneur la grâce de l’attention et de la disponibilité. Je peux m’aider du chant « écoute la voix du Seigneur » …

Je relis le psaume, puis me remets au Seigneur, en disant « Notre Père… »

Avec Moïse au buisson ardent

N’aie pas peur, laisse-toi regarder par le Christ

Ex 3, 1-8a.10.13-15

En ces jours-là, Moïse était berger du troupeau de son beau-père Jéthro, prêtre de Madiane. Il mena le troupeau au-delà du désert et parvint à la montagne de Dieu, à l’Horeb. L’ange du Seigneur lui apparut dans la flamme d’un buisson en feu. Moïse regarda : le buisson brûlait sans se consumer. Moïse se dit alors : « Je vais faire un détour pour voir cette chose extraordinaire : pourquoi le buisson ne se consume-t‑il pas ? » Le Seigneur vit qu’il avait fait un détour pour voir, et Dieu l’appela du milieu du buisson : « Moïse ! Moïse ! » Il dit : « Me voici ! » Dieu dit alors : « N’approche pas d’ici ! Retire les sandales de tes pieds, car le lieu où tu te tiens est une terre sainte ! » Et il déclara : « Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob. » Moïse se voila le visage car il craignait de porter son regard sur Dieu. Le Seigneur dit : « J’ai vu, oui, j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu ses cris sous les coups des surveillants. Oui, je connais ses souffrances. Je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens et le faire monter de ce pays vers un beau et vaste pays, vers un pays ruisselant de lait et de miel. Maintenant donc, va ! Je t’envoie chez Pharaon : tu feras sortir d’Égypte mon peuple, les fils d’Israël. » Moïse répondit à Dieu : « J’irai donc trouver les fils d’Israël, et je leur dirai : “Le Dieu de vos pères m’a envoyé vers vous.” Ils vont me demander quel est son nom ; que leur répondrai-je ? » Dieu dit à Moïse : « Je suis qui je suis. Tu parleras ainsi aux fils d’Israël : “Celui qui m’a envoyé vers vous, c’est : Je-suis.” » Dieu dit encore à Moïse : « Tu parleras ainsi aux fils d’Israël : “Celui qui m’a envoyé vers vous, c’est Le Seigneur, le Dieu de vos pères, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob.” C’est là mon nom pour toujours, c’est par lui que vous ferez mémoire de moi, d’âge en d’âge. »

basilique « san Vitale » de Ravenne

« En ces jours-là, Moïse était berger. Il mena son troupeau sur une haute montagne. »

Moïse, qui est né du peuple hébreu, qui a été élevé à la cour de Pharaon, a dû prendre la route de l’exil après avoir tué un garde qui maltraitait un hébreu, un frère.

 Au début de ce  récit, Moïse est berger pour son beau-père, Jethro. Moïse a mené son troupeau d’abord dans la vallée puis, il s’est lancé dans l’ascension de cette montagne, l’Horeb, montagne verdoyante dont l’herbe est bonne pour les moutons. Mais une montagne rude aussi, caillouteuse, escarpée. La montagne c’est le lieu de la présence de Dieu. C’est sur une montagne, le Sinaï que Dieu lui donnera un jour, les tables de la loi : les 10 commandements. Plus tard, Jésus révèlera le Père sur des montagnes : quand il paraitra transfiguré au mont Tabor devant Pierre, Jacques et Jean, quand il annoncera le message du Père : les béatitudes. Heureux ! Bienheureux êtes-vous ! C’est sur la montagne que la bible nous dit la présence de Dieu. Le lieu de la rencontre.

Et moi, où est ma montagne ? Où est le lieu de ma rencontre avec Dieu ? Le lieu où je prends conscience de sa présence ? Et en particulier en ce temps de carême où je me prépare à rencontrer le Christ ressuscité ?

« L’ange du Seigneur lui apparut dans la flamme d’un buisson en feu. Moïse regarda : le buisson brûlait sans se consumer ».

Sur les pentes de la montagne,  Moïse est encerclé par le feu. Contrairement à ce que l’on pourrait s’attendre, le feu ne se présente pas sous la forme d’un unique buisson enflammé, mais comme de multiples petites flammes apparaissant de tous côtés. Ce détour qu’a fait Moïse a comme décentré le feu. C’est Moïse qui est maintenant encerclé. Par leur aspect insaisissable, ces langues de feu nous font penser à celles de la Pentecôte qui sont le signe de la présence de l’Esprit de Dieu. Pour la mission que Dieu va lui confier, Moïse n’ira pas seul. Dieu sera avec lui. Il bénéficiera de l’assistance de l’Esprit Saint.

« Oui, j’ai vu la misère de mon peuple…dit Dieu …  j’ai entendu ses cris… Maintenant donc, va je t’envoie ». Moïse n’ira pas seul. L’Esprit sera avec lui.

Et moi, en ce temps de carême vers qui suis-je envoyé ? Non je ne suis pas seul. L’Esprit Saint est avec moi. Alors osons !

Dieu appela Moïse du milieu du buisson : « Moïse ! Moïse ! N’approche pas d’ici ! Retire les sandales de tes pieds, car le lieu où tu te tiens est une terre sainte. »

Cet homme vêtu comme un dignitaire romain, sandales aux pieds, c’est Moïse. Si l’’artiste prend soin de nous montrer Moïse en train de dénouer sa sandale c’est pour nous dire, certes, que la terre qu’il foule est une terre sainte, mais aussi que c’est pour nous aider à comprendre que pour s’élever sur ce sentier, il faut d’abord apprendre à se dépouiller. Jésus dira en son temps au jeune homme riche «Va, vends tout ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et puis, viens et suis-moi ! »

Ce temps de carême est le temps de la prière, du jeune mais aussi du partage. Où en suis-je sur ce chemin ?

Moïse répondit à Dieu : « J’irai donc trouver les fils d’Israël, et je leur dirai : « Le Dieu de vos pères m’a envoyé vers vous » Ils vont me demander quel est son nom. Que leur répondrai-je ? » Dieu dit à Moïse : « Je suis qui je suis. Celui qui m’a envoyé vers vous c’est : Je-Suis »

Même si Dieu cherche à se faire connaître, il restera toujours un mystère pour l’homme. C’est pourquoi l’artiste refuse à nous montrer son visage : il nous en laisse voir seulement la main. Cette main de Dieu tendue vers l’humanité

Cette main est celle de Dieu dont on ne voit pas la face. Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob.

Mais Dieu est souvent là où on ne l’attend pas. Dieu surprend Moïse, il l’oblige à se retourner, à se convertir, à lever la tête, à regarder encore plus haut. Moïse porte son regard vers le ciel d’où la main divine sort de la nuée. L’artiste a multiplié dans cette image les signes de la présence de Dieu tout en refusant de nous donner Dieu « à voir ». Cette expérience que fait Moïse ne peut être qu’intérieure.

En ce temps de carême est-ce que je prends le temps de la prière. Est-ce que je prends le temps de tourner mon visage vers Celui qui est, Celui dont on ne voit pas la face mais Celui qui nous a donné son Fils.

Terminions notre méditation en disant: « Notre Père … »

Prier avec l’actualité

je me dispose , le corps, le coeur, l’esprit. Je respire plusieurs fois profondément. Je me mets dans un coeur à coeur avec le Père.

Je lui demande la grâce, de me laisser toucher comme lui.

Je contemple maintenant, avec le regard du Père, ces photos de l’actualité.

Seigneur, comme toi, je pleure devant toutes ces souffrances infligées par des hommes à d’autres hommes. Je dépose sur ton coeur ma grande peine, mon impuissance et ma colère.

.Avec le Pape François, je crie:«Au nom de Dieu, je vous le demande: arrêtez ce massacre !» Je me rappelle tous ces innocents massacrés par Hérode et ta fuite en Egypte pour fuir la mort. Je me rappelle ta Passion et ta crucifixion .

Symbolic image on the subject of war refugees from Ukraine Pexels

Bénis-les, Seigneur ! Adoucis leurs souffrances ! Et je te rends grâce pour ta présence dans la fraternité et la compassion qui se déploient. Et je te supplie, adoucis le coeur des hommes! Et donne-moi la grâce de ne pas désespérer et d’entretenir le courage de manifester à mes frères ton amour!

Je prie avec le Pape Jean-Paul II

Prière pour la paix
Jean-Paul II à Hiroshima, Japon, 1981

A toi, Créateur de la nature et de l'humanité, de la vérité et de la beauté, je prie :
Entends ma voix, car c'est la voix
des victimes de toutes les guerres et de la violence entre les individus et les
nations.
Entends ma voix, car c'est la voix
de tous les enfants qui souffrent et qui souffriront quand les gens feront
confiance aux armes et à la guerre.
Entends ma voix quand je te supplie d'instiller dans le cœur de tous les êtres
humains
la vision de la paix, la force de la justice et la joie de la fraternité.
Entends ma voix, car je parle pour les multitudes
dans tous les pays et à toutes les époques de l'histoire qui ne veulent pas la
guerre et sont prêts à emprunter le chemin de la paix.
Entends ma voix et accorde perspicacité et force afin que nous puissions
toujours répondre
à la haine avec amour, à l'injustice avec un dévouement total à la justice,
au besoin avec le partage de soi,
à la guerre avec la paix.
Ô Dieu, entends ma voix,
et accorde au monde ta paix éternelle. Amen 
Arcabas – La fuite en Egypte

psaume 137

Ce psaume  est une prière ; le psalmiste s’adresse au Seigneur.

Je regarde ce que fait le psalmiste et relève  les verbes d’action en ‘je’ : « je te rends grâce » – « je te chante » – « je me prosterne » – « je rends grâce à ton nom »

Et moi, aujourd’hui  qu’est-ce qui habite mon cœur ? Comment je peux m’adresser au Seigneur ? Suis-je dans l’action de grâce ?

Je regarde maintenant les verbes en ‘tu’ qui disent l’action de Dieu : « « tu as entendu » – « tu répondis à mon appel »  – « tu fis grandir en mon âme la force » – « ta droite me rend vainqueur ».

L’action bienfaisante de Dieu éprouvée dans le passé nourrit la foi et l’espérance du psalmiste. Il affirme que  l’amour du Seigneur est éternel.

Et moi de quelle action de Dieu en ma faveur puis-je faire mémoire ? Comment cela m’aide à le prier aujourd’hui dans la confiance ?

Quand je crie vers toi, Seigneur, tu réponds à mon appel.
N’arrête pas l’oeuvre de tes mains !

Fort de cette foi, je peux adresser au Seigneur ma demande pour aujourd’hui.

Je peux élargir ma prière à la dimension du monde et demander la paix en reprenant cette prière de Taizé pour l’Ukraine :

« Dieu d’amour, nous sommes déconcertés par les violences dans le monde, et en particulier à présent par les actes de guerre en Ukraine. Donne-nous de nous tenir en solidarité aux côtés de celles et ceux qui souffrent, et qui vivent aujourd’hui dans la peur et l’angoisse. Soutiens l’espérance de tous ceux qui, dans cette région du monde tant aimée, cherchent à faire prévaloir la justice et la paix. Envoie l’Esprit Saint, l’Esprit de paix, qu’il inspire les responsables des nations et tous les humains. »

Dieu et les champignons 

En ce temps de carême, cherchons Dieu comme on cherche…

des champignons !                

Trouver Dieu, pardonnez-moi, c’est un peu comme trouver des champignons…

Pour trouver des champignons, il faut d’abord les chercher. Celui qui ne cherche pas Dieu ne le trouvera jamais. Dans certains cas cependant, le hasard, si hasard il y a, fait bien les choses.  Mais ceci est exceptionnel. C’est vrai pour les champignons, c’est vrai pour Dieu.

Pour que la récolte soit bonne, il faut  d’abord se lever tôt. Il faut marcher. La cueillette demande un véritable effort. On ne trouve pas Dieu dans la richesse, la mollesse et les plaisirs.

Pour trouver des champignons, il faut y croire. Il faut en avoir envie, il faut se mettre dans les conditions voulues pour que l’opération réussisse. Pour trouver Dieu, c’est pareil !

Beaucoup de gens vous diront : « Cette année on n’en trouve  pas beaucoup … et puis nous n’avons pas eu le temps. »  Comme d’autres diront « Chercher Dieu mais pourquoi faire ? ça ne rapporte rien ! Et puis, on verra cela plus tard ! »

La comparaison la plus frappante entre Dieu et les champignons (pardon, je vous choque) est certainement la découverte. Au début on en trouve peu, mais par habitude on continue de chercher. Dieu on y croit un peu, mais ça ne nous accroche pas tellement. Et puis d’un seul coup, au moment où on s’y attend le moins, il y en a partout, c’est tout jaune, le ramasseur n’en croit pas ses yeux.

Idem avec Dieu ! Dieu est là. Il s’adresse à vous par les évènements et les hommes, vous sentez vraiment sa présence et c’est alors qu’on se trouve vraiment petit …

Je pousserai encore plus loin ma comparaison … Lorsque  vous prenez le chemin du retour avec un sac bien garni mais avec beaucoup de lassitude, de nouveaux champignons se présentent devant vous. Vous ne pouvez pas les laisser. Cette fois ce n’est pas vous qui les cherchez, mais ce sont  eux qui se mettent au travers de votre chemin. Pour Dieu, c’est pareil : au moment où vous ne pensez plus à lui, c’est Lui qui vient à vous.

Remercions Dieu pour sa présence. Et aussi de ses champignons !

Bonne cueillette

Bon carême !

Les Russes et les Ukrainiens prient en slavon, leur langue liturgique. Je vous propose de reprendre avec eux Gospodi pomiluj (Seigneur aie compassion !). 

Belle entrée en Carême

Hymne

Sois fort, sois fidèle, Israël,
Dieu te mène au désert ;
C’est lui dont le bras souverain
Ouvrit dans la mer
Un chemin sous tes pas.

Oublie les soutiens du passé,
En lui seul ton appui !
C’est lui comme un feu dévorant
Qui veut aujourd’hui
Ce creuset pour ta foi.

Il veut, par delà le désert,
Te conduire au repos ;
Sur toi resplendit à ses yeux
Le sang de l’Agneau
Immolé dans la nuit.

Poursuis ton exode, Israël,
Marche encore vers ta joie !
La vie jaillira de la mort,
Dieu passe avec toi
Et t’arrache à la nuit.

«Ne nous lassons pas de faire le bien, car, le moment venu, nous récolterons, si nous ne perdons pas courage. Ainsi donc, lorsque nous en avons l’occasion, travaillons au bien de tous» (Gal 6, 9-10a). À l’approche du Carême, le pape François écrit un message autour du verset de l’Épître aux Galates.

Revenez à moi de tout votre coeur

avec l’évangile de ce jour

Je me dispose pour accueillir la Parole de Dieu et je demande au Seigneur « qu’Il éveille mon oreille pour que j’écoute comme un disciple. »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc (10, 17-27)

En ce temps-là, Jésus se mettait en route quand un homme accourut et, tombant à ses genoux, lui demanda : « Bon Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en héritage ? » Jésus lui dit : « Pourquoi dire que je suis bon ? Personne n’est bon, sinon Dieu seul. Tu connais les commandements : Ne commets pas de meurtre,
ne commets pas d’adultère, ne commets pas de vol, ne porte pas de faux témoignage, ne fais de tort à personne, honore ton père et ta mère. 
» L’homme répondit : « Maître, tout cela, je l’ai observé depuis ma jeunesse.   Jésus posa son regard sur lui, et il l’aima. Il lui dit : « Une seule chose te manque : va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ; alors tu auras un trésor au ciel. Puis viens, suis-moi. »  Mais lui, à ces mots, devint sombre et s’en alla tout triste, car il avait de grands biens.

Alors Jésus regarda autour de lui et dit à ses disciples : « Comme il sera difficile
à ceux qui possèdent des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! » Les disciples étaient stupéfaits de ces paroles. Jésus reprenant la parole leur dit : « Mes enfants, comme il est difficile d’entrer dans le royaume de Dieu !  Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. »  De plus en plus déconcertés, les disciples se demandaient entre eux : « Mais alors, qui peut être sauvé ? Jésus les regarde et dit : « Pour les hommes, c’est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu. »

Jésus et le jeune homme riche – Heinrich Karl Hofmann (1889)

Je contemple Jésus dans la relation de pauvreté qui l’unit à son Père, dans le chemin d’Alliance nouvelle qu’il ouvre, dans la disponibilité intérieure et le dépouillement qu’il suggère. Je le contemple dans l’élan de Vie, le chemin de Lumière auxquels il appelle…

Je regarde le jeune homme riche, son empressement à rencontrer Jésus, son questionnement puis son soudain endurcissement, son enfermement dans son chemin de ténèbres et sa tristesse…

Je regarde les disciples, en chemin avec Jésus, ouverts à un nouveau commencement, riches de leur pauvreté…

Chemins de vie, de mort, chemins de lumière, de ténèbres… Pour moi, qu’en est-il de mon pèlerinage ? Où sont mes idoles, où est ma pauvreté ? Ma vie est-elle sur le chemin du retour vers le Père, engagée à la suite du Christ, avec Lui ?

Je contemple l’espérance donnée… par la toute-puissance d’amour du Père et la possibilité d’y répondre en laissant la volonté du Christ me transformer…

Suis-je prêt(e) à laisser le Seigneur réorienter ma vie, à consentir à avancer dans la Rencontre, avec le désir d’aimer cette pauvreté que j’ai choisie ?

Comme sur le jeune homme riche, Jésus pose sur moi son regard de tendresse. Il me désigne aujourd’hui, un chemin de liberté…Chaque jour, Jésus m’appelle à entrer dans son amour.

Dans ma prière, je peux demander à l’Esprit Saint qu’il vienne façonner mon cœur de fils/fille adoptif/ve et d’entrer dans la relation qui unit le Christ à son Père.

En chemin à la suite de Jésus, je peux faire mienne la prière des disciples :Notre Père… Que ta volonté soit faite… Amen

avec l’évangile du jour

La guérison d’un épileptique

Après la transfiguration, Jésus et les trois disciples redescendent de la montagne.

Dans une foule nombreuse, les disciples débattent avec les scribes de leur incapacité à guérir l’enfant possédé qu’un père leur présente.

A une époque, où la maladie (nous reconnaissons dans le récit les symptômes de l’épilepsie), est considérée comme un signe de possession, la guérison opérée par Jésus prend la forme d’un exorcisme.

         Après la guérison, Jésus prend ses disciples à part, pour leur expliquer les raisons de leur impuissance.

Évangile selon St Marc, 9, 14-29

En ce temps-là, Jésus, ainsi que Pierre, Jacques et Jean, descendirent de la montagne ; en rejoignant les autres disciples, ils virent une grande foule qui les entourait, et des scribes qui discutaient avec eux. Aussitôt qu’elle vit Jésus, toute la foule fut stupéfaite, et les gens accouraient pour le saluer. Il leur demanda : « De quoi discutez-vous avec eux ? »Quelqu’un dans la foule lui répondit : « Maître, je t’ai amené mon fils, il est possédé par un esprit qui le rend muet ; cet esprit s’empare de lui n’importe où, il le jette par terre, l’enfant écume, grince des dents et devient tout raide. J’ai demandé à tes disciples d’expulser cet esprit, mais ils n’en ont pas été capables. »
    Prenant la parole, Jésus leur dit : « Génération incroyante, combien de temps resterai-je auprès de vous ? Combien de temps devrai-je vous supporter ? Amenez-le-moi. » On le lui amena. Dès qu’il vit Jésus, l’esprit fit entrer l’enfant en convulsions ; l’enfant tomba et se roulait par terre en écumant. Jésus interrogea le père : « Depuis combien de temps cela lui arrive-t-il ? »Il répondit :

« Depuis sa petite enfance. Et souvent il l’a même jeté dans le feu ou dans l’eau pour le faire périr.
Mais si tu peux quelque chose, viens à notre secours, par compassion envers nous ! »Jésus lui déclara : « Pourquoi dire : “Si tu peux”… ?Tout est possible pour celui qui croit. » Aussitôt le père de l’enfant s’écria : « Je crois ! Viens au secours de mon manque de foi ! »
    Jésus vit que la foule s’attroupait ; il menaça l’esprit impur, en lui disant : « Esprit qui rends muet et sourd, je te l’ordonne, sors de cet enfant et n’y rentre plus jamais ! »Ayant poussé des cris et provoqué des convulsions l’esprit sortit. L’enfant devint comme un cadavre, de sorte que tout le monde disait : « Il est mort. » Mais Jésus, lui saisissant la main, le releva, et il se mit debout.
    Quand Jésus fut rentré à la maison, ses disciples l’interrogèrent en particulier : « Pourquoi est-ce que nous, nous n’avons pas réussi à l’expulser ? » Jésus leur répondit : « Cette espèce-là, rien ne peut la faire sortir, sauf la prière. »

Je me dispose pour la prière. Je fais silence en moi pour me rendre disponible à la Parole

Je lis le texte lentement

Je contemple Jésus opérer un acte libérateur. Expulsant l’esprit impur qui habite cet enfant en le coupant du monde, par la cécité et la surdité, il rend cet enfant à la vie, il le ressuscite. « Jésus, lui saisissant la main, le releva et il se mit debout. ».

  • Et moi, de quel mal ai-je besoin d’être libéré par le Christ ?

J’écoute le dialogue de Jésus et du Père de l’enfant. « Pourquoi dire : “Si tu peux”… ?
Tout est possible pour celui qui croit. »
    Aussitôt le père de l’enfant s’écria :
« Je crois ! Viens au secours de mon manque de foi ! »

  • Et moi, quelle est ma foi ? Je fais mienne la prière du père.

J’écoute le dialogue de Jésus et de ses disciples. « Cette espèce-là, rien ne peut la faire sortir, sauf la prière. » 

  • Et moi, quand ai-je aussi un sentiment d’impuissance ? Comment, dans ces moments, est-ce que je m’en remets à la prière ?

Je m’adresse au Seigneur, lui confiant, dans une intercession, celles et ceux qui ont besoin de son secours, et lui demandant de faire grandir en moi la foi.

Merci Seigneur pour le don de la foi, qui me donne ce bonheur de te connaître et de vivre avec toi. Je te demande pardon pour toutes les fois où je cherche des sécurités en dehors de toi. Je te demande pardon pour toutes les fois où je m’inquiète et me décourage, comptant sur mes propres forces pour m’en sortir au lieu de me tourner vers toi avec confiance. Seigneur, aide-moi à exercer ma foi en saisissant les petites occasions du quotidien, et viens au secours de mon manque de foi.

Le Seigneur a répondu à la demande de ses disciples « Seigneur apprends-nous à prier » (Luc, 11, 1), en leur donnant le Notre Père.

C’est pourquoi, avec tous les chrétiens, nous disons : Notre Père…

avec sainte Bernadette

Cette semaine nous fêtons sainte Bernadette. C’est à  Bernadette Soubirous (1844-1879), une petite fille pauvre de Lourdes, qu’est apparue à 18 reprises en 1858 une « Dame vêtue de blanc » se présentant comme l’ « Immaculée Conception ». En 1866 Bernadette quitta Lourdes pour entrer chez les Sœurs de la Charité de Nevers où elle prit le nom de s. Marie-Bernard.

Canonisée en  1933, elle a laissé en plus des récits autographes des Apparitions un ‘Carnet de notes intimes’ dans lequel on trouve des prières, des pensées, des extraits des lectures et des notes prises lors de retraites.

Avec ses mots, prions le Seigneur par l’intercession de la vierge Marie.

Bernadette a connu la pauvreté. C’est seulement à l’âge de 14 ans qu’elle a appris à lire et à écrire. Elle a même dit : « C’est parce que j’étais la plus pauvre et la plus ignorante que la Sainte Vierge m’a choisie. » Et elle dit aussi « Elle me regardait comme une personne qui parle à une autre personne. »

Prions pour toutes les personnes qui connaissent la pauvreté et l’exclusion. Nous pensons à ceux que nous connaissons qui vivent une certaine pauvreté et nous élargissons notre prière à ceux qui n’ont pas de toit,  ni de quoi manger, aux enfants privés d’éducation… Qu’ils trouvent aide et considératio

Bernadette a aimé être au service des malades. Lorsqu’elle fait le choix des Sœurs de la Charité de Nevers, elle dit : « J’aime soigner les pauvres et les malades, je resterai chez les sœurs de Nevers. » De santé précaire, elle a elle-même fait de nombreux séjours à l’infirmerie.

Prions pour les malades et les souffrants. Nous faisons mémoire des personnes de notre entourage atteintes de maladie ou de handicap et qui ont besoin de notre soutien et de notre prière. Puis nous élargissons notre prière à tous les pèlerins  qui se rassemblent à Lourdes. Qu’ils trouvent réconfort et paix

Bernadette a choisi la vie religieuse.  « Je suis venue ici me cacher ».Le lendemain de son arrivée à Nevers, on lui demande de faire une dernière fois le récit des apparitions. Puis, pendant 13 ans à Nevers, elle va vivre une vie simple et ordinaire, dans l’humilité, la patience et la charité.

Prions pour les religieuses.  Rendons grâces pour les congrégations présentes dans nos diocèses et leur mission.  Reprenons l’intention universelle du mois de février du Saint-Père : « Prions pour les religieuses et les consacrées, en les remerciant pour leur mission et leur courage, afin qu’elles continuent à trouver de nouvelles réponses aux défis de notre temps. »

Bernadette a choisi de suivre Jésus. Elle dit : «   Jésus vint sur terre pour être mon modèle. A l’exemple de Jésus, je veux me mettre à sa suite et marcher généreusement sur ses traces ».

Prions pour nous-mêmes. Demandons la grâce de suivre le Christ à notre tour et de pouvoir faire nôtre les mots de Bernadette : « Jésus seul pour But… Jésus seul pour Maître…Jésus seul pour Guide…Jésus seul pour Joie… Jésus seul pour Richesse…Jésus seul pour Ami. »

Bernadette a mis en pratique la devise  gravée sur le fronton du couvent de saint Gildard : « Ubi caritas, deus est ». Elle écrit : « Je ne vivrai pas un instant que je ne le passe en aimant. » Et en mourant : « Je n’oublierai personne ».

Terminons ce temps de prière en demandant d’aimer davantage et en chantant :« Aimer, c’est tout donner »