Litanie du Sacré-Coeur

Le 16 octobre, nous fêtons Ste Marguerite-Marie Alacoque (1647-1690).

Cette religieuse visitandine de Paray-le-Monial  eut des visions de Jésus lui montrant son cœur : « Voici ce Cœur qui a tant aimé les hommes, qu’il n’a rien épargné jusqu’à s’épuiser et se consumer pour leur témoigner son amour ». 

Soutenue par st Claude La Colombière, un prêtre jésuite, elle donna un élan à la dévotion du Sacré-Cœur, comme le Seigneur lui avait demandé.

A notre tour, nous prions le Sacré-Coeur, en prenant appui sur la litanie composée par Didier Rimaud sj.  

Je fais silence en moi et me mets sous le regard du Seigneur.

Je lis lentement le texte.

1.	Nom de Jésus, le nom du Bien-Aimé,
Le nom du Premier-Né, loué sois-tu !
Cœur de Jésus, brûlé de tant d’amour,
Meurtri par le péché, pitié pour nous !

2.	Nom de Jésus, le nom du vrai Pasteur,
Le nom du Prince-Agneau, loué sois-tu !
Cœur de Jésus, repos des cœurs blessés,
Et grâce des pécheurs, pitié pour nous !

3.	 Nom de Jésus, plus beau que tous les noms,
Le nom qui nomme Dieu, loué sois-tu !
Cœur de Jésus, qui dis le cœur de Dieu,
Plus grand que notre cœur, pitié pour nous!

4.	Nom de Jésus, le nom des baptisés,
Seul nom des justifiés, loué sois-tu !
Cœur de Jésus, le cœur de l’Homme Dieu,
Le cœur de Dieu en croix, pitié pour nous !

5.	Nom de Jésus, qui blesses notre cœur
Et creuses tout désir, loué sois-tu !
Cœur de Jésus, qui calme toute soif
Et combles toute faim, pitié pour nous !
6.	Nom de Jésus, puissance de Salut
Qui marques notre front, loué sois-tu !
Cœur de Jésus, qui mènes vers la joie,
Qui gardes dans la paix, pitié pour nous !

7.	Nom de Jésus, soleil en plein minuit,
Fraîcheur en plein été, loué sois-tu !
Cœur de Jésus, printemps en plein hiver,
Fontaine en plein désert, pitié pour nous ! 

8.	Nom de Jésus, plus clair que n’est le jour,
Plus doux que n’est le miel, loué sois-tu !
Cœur de Jésus, étoile du chemin,
Rocher qui donnes l’eau, pitié pour nous !

9.	Nom de Jésus, la perle de grand prix,
Trésor qui passe tout, loué sois-tu !
Cœur de Jésus, violent comme est l’amour,
Puissant comme est le feu, pitié pour nous !

Je prends le temps de la louange pour le Christ qui a aimé jusqu’à l’extrême et a donné sa vie.

Pour cela, je regarde la 1ère partie de chaque strophe : « Nom de Jésus ». Je regarde ce qui est apposé à ce nom. Quelle est l’expression qui retient mon attention ? Qu’évoque-t-elle pour moi ? Après avoir donné chair à cette expression, je peux la faire mienne ? Je peux aussi louer le Seigneur avec mes propres mots.

Forts de cette confiance en l’amour du Christ, je lui  demande d’avoir pitié de moi.

Je regarde la 2ème partie des strophes et ce qui est apposé au « Cœur de Jésus ». Je prends le temps  de laisser monter ce que chaque expression évoque pour moi. Je reste sur ce qui me touche. De quoi ai-je besoin aujourd’hui ? J’adresse ma prière au Christ qui m’aime de tout son cœur.

Pour terminer,  j’écoute cette litanie chantée en me laissant porter par la poésie de ses mots

Elans et pesanteurs

Niki de St Phalle (1930-2002) est connue pour ses « nanas » qui sont un hymne coloré à la vie. Ici, l’une de ses créations installée dans le jardin du Luxembourg, à Paris, dans un paysage automnal.

Je me dispose à la contemplation en me mettant à l’écart et je demande la grâce de repérer en moi tout ce qui me dynamise et entretient ma vitalité, comme autant de signes de la présence de l’Esprit

Je prends le temps d’accueillir cette œuvre, aux couleurs chatoyantes dans cet environnement naturel automnal, aux couleurs plus sobres. Belle alliance de la création humaine et de la nature dont la beauté nous est offerte.

 Je m’arrête sur le contraste entre la pesanteur de cette femme aux formes lourdes et la légèreté du mouvement. Elle danse la vie, dans un équilibre élégant, solidement installée sur son socle et prête à s’élever comme le suggère les formes évidées, au-dessus de ses épaules, qui semblent la tirer vers le ciel. Et moi, quels sont mes enracinements ? Contribuent-ils à mon équilibre ou me retiennent-ils dans mes élans ? Quelles sont les aspirations qui m’entraînent ? Comment puis-je y percevoir le souffle de l’Esprit ?

Je contemple maintenant les couleurs…Le bleu, évocation de l’espace, à l’image du ciel, de la mer…Le jaune, évocation de dynamisme et de mouvement…Le rouge, évocation de la passion, de l’amour, de la souffrance aussi…Et les multiples couleurs des « ailes » qui suggèrent la diversité de ce qui me pousser, m’entraîner. Et moi, que puis-je dire, aujourd’hui de la couleur de ma vie spirituelle ?

Je regarde enfin les haltères colorés que tente de soulever cette femme. Et moi, qu’ai-je à porter aujourd’hui ? En suis-je capable ? Le poids est-il excessif ? De quelle aide aurai-je besoin ?

Dans un temps de dialogue avec le Seigneur, je me présente comme cette femme, rendant grâce pour les élans qui m’habitent pour Le rejoindre, demandant Son secours pour les pesanteurs de ma vie.

Je termine, devant cette sculpture qui se fait hymne de la vie en mouvement, en disant cette prière du Cardinal Newman à l’Esprit.

Conduis-moi toujours plus avant ! 
Conduis-moi, douce Lumière, 
A travers les ténèbres qui m'encerclent. 
Conduis-moi, toi, toujours plus avant ! 
Garde mes pas : je ne demande pas à voir déjà ce qu'on doit voir là-bas :
 Un seul pas à la fois, c'est bien assez pour moi.

 Je n'ai pas toujours été ainsi et je n'ai pas toujours prié
 Pour que tu me conduises toi, toujours plus avant. 
J'aimais choisir et voir mon sentier ; 
Mais maintenant : conduis-moi, toi, toujours plus avant ! 

Si longuement ta puissance m'a béni : 
Sûrement encore elle saura me conduire toujours plus avant, 
Par la lande et par le marécage, sur le rocher abrupt et le flot du torrent, 
Jusqu'à ce que la nuit s'en soit allée, 
Et que dans le matin sourient ces visages d'anges 
Que j'avais aimés, il y a bien longtemps, 
Et que j'avais perdus pour un temps. 

Prier avec les fruits d’automne

Au début de ce temps de prière, je me mets en présence du Seigneur en faisant le signe de croix.

Je me dispose à l’écouter et lui demande la grâce  d’être témoin de son amour.

Je regarde ces fruits d’automne.

J’observe leurs  couleurs vives ; leurs formes diverses ;  je les nomme; je me remémore leur saveur…

Je vois la diversité et la profusion de ces fruits qui, gorgés d’eau et de soleil, sont arrivés à maturité ; j’imagine les différents arbres qui les ont portés, leurs branches ployant sous les fruits… le temps de la cueillette…

Je laisse monter mon action de grâces pour tous ces fruits, toutes ces bonnes choses qu’offre la nature.

Je me souviens de paroles de Jésus parlant de fruits

L’évangile est plein d’images de la nature ; Jésus prend appui sur elles pour faire comprendre quelque chose de la vie spirituelle. Il parle de semences et de moissons, de vigne, de figuier …

« Je suis la vigne, vous êtes les sarments : celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là portera du fruit en abondance car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. » Jn 15, 5

Afin de porter du fruit, est-ce que je ressens le besoin de rester ‘branché’ sur le Christ ? Quels  moyens que je prends pour cela ?

« Supposez qu’un arbre soit bon, son fruit sera bon ; supposez-le malade, son fruit sera malade : c’est au fruit que l’on reconnait l’arbre. » (Mt 12, 33).

Le fruit est un repère. Qu’est-ce qui, autour de moi, procure paix, joie,  davantage de vie ?  Quels  gestes, actions, paroles  porteurs de solidarité, de fraternité, de réconciliation me reviennent en mémoire ?

« Un homme avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint y chercher du fruit et n’en trouva pas. Il dit alors au vigneron : ‘voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier et je n’en trouve pas. Coupe-le. Pourquoi  faut-il encore qu’il épuise la terre ?’ Mais l’autre lui répond : «’Maître, laisse le encore cette année, le temps que je bêche tout autour et que je mette du fumier. Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir. Sinon, tu le couperas’. » Lc 13,6-9

A ses disciples, Jésus  dit l’urgence de la conversion. Qu’est-ce qui en moi est à convertir  pour que là où je suis-je puisse porter davantage de fruits ?

Je parle au Seigneur de ce que j’ai découvert à travers cette méditation et lui adresse ma prière.

Je termine ce temps en écoutant le chant de Didier Rimaud : « la gloire de Dieu notre père »

Enfin en ce mois  d’octobre dédié à la mission, je prie pour que l’Eglise porte du fruit et je m’associe à la prière du pape  François :

« Prions pour que l’Eglise, fidèle à l’Evangile et courageuse dans son annonce, soit un lieu de solidarité, de fraternité et d’accueil.

Qu’elle vive de plus en plus la synodalité. »

Vous avez dit sobriété ?

Sobriété, maître mot de cette rentrée après une crise de l’énergie provoquée par la guerre en Ukraine et un été marqué par des épisodes climatiques hors normes ! La sobriété consiste à nous questionner sur nos besoins et à les satisfaire en limitant leurs impacts sur l’environnement. 

Bien avant cela, le pape François,  dans son encyclique « Laudato Si » parlait de « Sobriété heureuse »

Après la journée spéciale sur la sobriété du 21 septembre 2022, prenons le temps de relire ce que nous dit le Pape au n°223

« La sobriété, qui est vécue avec liberté et de manière consciente, est libératrice. Ce n’est pas moins de vie, ce n’est pas une basse intensité de vie mais tout le contraire ; car en réalité ceux qui jouissent plus et vivent mieux chaque moment , sont ceux qui cessent de picorer ici et là en cherchant toujours ce qu’ils n’ont pas, et qui font l’expérience de ce qu’est valoriser chaque personne et chaque chose, en apprenant à entrer en contact et en sachant jouir des choses les plus simples.

Ils ont ainsi moins de besoins insatisfaits et sont moins fatigués et moins tourmentés. On peut vivre intensément avec peu, surtout quand on est capable d’apprécier d’autres plaisirs et qu’on trouve satisfaction 

dans les rencontres fraternelles,
dans le service,
dans le déploiement de ses charismes,
dans la musique et dans l’art,
dans le contact avec la nature,
dans la prière »

Au n°225 il insiste en disant : « Par ailleurs, aucune personne ne peut mûrir dans une sobriété heureuse, sans être en paix avec elle-même »

« Pour créer son œuvre, le sculpteur n’ajoute rien à la matière, au contraire, il lui retire ce qui est en trop pour révéler ce qui était déjà là, faire jaillir le fond en brisant l’apparence de la forme brute. De même, nous sommes invités à nous simplifier pour qu’apparaisse ce qui est déjà en nous, pour aider notre être intérieur à refaire surface. » (la fonction de la sobriété selon Jean-Guilhem Xerri dans « Prenez soin de votre âme »)

Vivre mieux avec moins : est-ce bien réaliste ? Vivre mieux, est-ce vivre avec l’essentiel ? et quel est-alors, notre essentiel ? goûtons une vie plus simple !

Qu’est-ce que j’ai besoin de convertir encore en moi pour vivre cette sobriété heureuse ?

Est ce qu’il y a des choses qui me paraissent « en trop » dans notre vie ? Qu’est-ce que je pourrais faire
désormais concrètement pour répondre à cet appel du Seigneur à vivre plus simplement ?
Y a-t-il un moment tout simple de ma vie qui me rend heureux ?

Dieu nous associe à sa Création ; comment est-ce que je réponds?

Je demande au Seigneur de continuer à m’accompagner dans ce chemin de
conversion . Avec cette prière de saint Ignace, je m’abandonne à son amour :

“Prends Seigneur et reçois
toute ma liberté,
ma mémoire, mon intelligence
toute ma volonté.
Reçois tout ce que j’ai,
tout ce que je possède.
C’est toi qui m’as tout donné
à toi, Seigneur, je le rends.
Tout est à toi, disposes-en
selon ton entière volonté
et donne-moi ta grâce,
elle seule me suffit.”
Au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

L’acte créateur

Je me mets à l’écart pour un temps de méditation. Je m’installe en cherchant le lieu, puis la posture qui me convient, pour me sentir libre et disponible. Je prends le temps de faire le calme en moi, en étant attentif à ma respiration. J’inspire et j’expire plusieurs fois, sans forcer, m’efforçant de déposer toutes les préoccupations qui m’encombrent. Je trace sur moi le signe de croix.

Je demande la grâce d’être l’artisan de ma propre vie, avec le secours du Seigneur.

Je contemple ces deux œuvres de deux céramistes contemporains.

1.Corinne Gueho – « Mur mur » – Galerie Capazza, Nançay 2022 – Exposition Terra Incognita

2.Joan Serra « Argile, manganèse et lustre d’or » – Galerie Capazza, Nançay 2022 – Exposition Terra Incognita

Corinne Gueho travaille deux sortes de terre, noire et blanche, auxquelles elles donnent des formes géométriques, devenues lisses par un long travail de polissage. Horizontalité massive des deux socles noirs. Verticalité de deux maisons qui dressent la pointe de leur toiture. Celle de gauche, d’une blancheur immaculée. Celle de droite, où le blanc s’efforce de gagner sur le noir, encore présent.

Joan Serra associe la terre au métal. Un bloc de terre noire, encore brut, irrégulier, grumeleux, d’où semble sortir une surface encore en gestation, où les plis semblent encore lutter au travail qui s’efforce d’aplanir, d’égaliser…Baudelaire peut venir à l’esprit lorsqu’il évoque le travail du poète créateur : « tu m’as donné ta boue, et j’en ai fait de l’or. »

Je médite maintenant sur l’acte créateur, sur le geste du potier, geste inaugural posé par Dieu lui-même. « Alors le Seigneur Dieu modela l’homme avec la poussière tirée du sol ; il insuffla dans ses narines le souffle de vie, et l’homme devint un être vivant. » (Genèse, 2, 7)

Je médite ensuite sur mes propres gestes créateurs que j’accomplis pour façonner mon chemin de vie, chacun étant appelé par le Seigneur à être co-créateur :

Comment est-ce que je m’efforce de rendre ma vie « habitable », à l’image des maisons solidement fondées de Corinne Gueho…Que puis-je dire de la solidité du socle sur lequel je construis ? « Ainsi, celui qui entend les paroles que je dis et les met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a construit sa maison sur le roc. » (Matthieu, 7, 24). Quelles sont mes fragilités ? Quels obstacles est-ce que je rencontre ? Quelles résistances peuvent exister en moi ?

Comment est-ce que je m’efforce de polir les aspérités de ma propre vie, pour progresser vers une vie plus harmonieuse, plus lumineuse, à l’image de la surface dorée émergeant du chaos, dans l’œuvre de Joan Serra ? Je peux voir, dans cette création, la naissance d’un livre doré et lumineux, comme le livre que je cherche à écrire de ma propre vie.

Prenant conscience de mon labeur, de mes combats, mais aussi des éclats de lumière reçus, j’écoute Paul : « La Création tout entière gémit maintenant encore dans les douleurs de l’enfantement. » (Romains, 8)

Je me tourne vers le Seigneur, dans une conversation intime et confiante, pour lui présenter mes difficultés et mes réussites. Je lui demande son aide. « Seigneur, viens à mon secours. »

Je termine en disant le psaume 4

Quand je crie, réponds-moi, Dieu, ma justice ! Toi qui me libères dans la détresse, pitié pour moi, écoute ma prière !
 Fils des hommes, jusqu'où irez-vous dans l'insulte à ma gloire, * l'amour du néant et la course au mensonge ?
Sachez que le Seigneur a mis à part son fidèle, le Seigneur entend quand je crie vers lui.
Mais vous, tremblez, ne péchez pas ; réfléchissez dans le secret, faites silence.
 Offrez les offrandes justes et faites confiance au Seigneur.
 Beaucoup demandent : « Qui nous fera voir le bonheur ? » Sur nous, Seigneur, que s'illumine ton visage !
Tu mets dans mon cœur plus de joie que toutes leurs vendanges et leurs moissons.
 Dans la paix moi aussi, je me couche et je dors, car tu me donnes d'habiter, Seigneur, seul, dans la confiance.

Psaume 117

Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !
Éternel est son amour !
Oui, que le dise Israël :
Éternel est son amour !

Le bras du Seigneur se lève,
le bras du Seigneur est fort !
Non, je ne mourrai pas, je vivrai
pour annoncer les actions du Seigneur.

Tu es mon Dieu, je te rends grâce,
mon Dieu, je t’exalte !
Je te rends grâce car tu m’as exaucé :
tu es pour moi le salut.

Je me dispose à la prière, en me mettant à l’écart.

         Je lis le psaume, à haute voix.

         J’accueille ce psaume d’action de grâce, empli d’Espérance et d’énergie.

Je suis sensible au fait que le psaume commence par un pluriel (Rendez grâce), une référence à la collectivité du peuple (que le dise Israël), avant que le psalmiste ne passe à la première personne : « je ne mourrai pas, je vivrai » / « je te rends grâce » …

A mon tour, comme le psalmiste, je fais mémoire des expressions que j’ai reçues de l’Église pour qualifier Dieu (Dieu d’amour, Dieu puissant…) et je m’efforce de percevoir, dans mon expérience, la façon dont ces expressions prennent sens, dans une relation concrète au Seigneur.

De quoi, à mon tour, puis-je rendre grâce, aujourd’hui ?

         Je relis le psaume, lentement, prenant la place du psalmiste…

         Je peux aussi l’écouter chanter.

Je termine par le Notre Père…

Dans mon quotidien

Je me dispose à prier le Seigneur en contemplant ce tableau d’Arcabas. Je fais silence en moi et  lui demande son Esprit Saint.

Arcabas (1926- 2018) – Atelier de Joseph

Dans un premier temps je contemple l’œuvre

Je regarde au centre l’enfant vêtu de bleu, pieds nus et le regard grave tourné vers moi ; sa tête est auréolée d’or ; il se tient bien droit et porte dans ses mains une planche, qui semble trop grande pour lui, et des tenailles.

Il se fraie un passage entre deux éléments verticaux qui le dépassent ; d’un côté un homme debout, de la couleur de la terre,  et de l’autre un établi de couleur sombre ; tous deux sont bien plantés dans le sol et forment un arc au-dessus de l’enfant. Je regarde cet homme massif, solide, simplement ébauché ;  ses bras, à l’horizontale,  éclairés d’or,  actionnent une scie au-dessus de l’enfant,  donnant l’impression d’un geste protecteur.

Je me laisse toucher par ce que je vois. Que me dit cette représentation, de Jésus, de son enfance, de sa vie cachée à Nazareth ?

Avec cet enfant  qui partage le quotidien de son père, Joseph le charpentier, je peux méditer le mystère de l’Incarnation. Cet enfant, venu partager le quotidien d’un artisan de Galilée est  aussi  le Fils de Dieu, Christ, mort sur la croix et ressuscité. 

J’en parle au Seigneur.

Dans un deuxième temps, je peux méditer sur la présence du Christ dans notre quotidien aujourd’hui.

En cette période de septembre, marquée par de nombreuses rentrées, je peux faire mémoire des réalités de la vie ordinaire : l’école et tous les apprentissages, le travail, les activités qui reprennent ; les tâches quotidiennes souvent répétitives…

Jésus, en son temps les a partagées pendant 30 années. Cela n’auréole-t-il pas ce quotidien d’une valeur inestimable ?

Je peux rendre grâce au Seigneur pour sa présence à mes côtés dans l’ordinaire des jours et lui demander de voir cet ordinaire avec son regard.

Je peux  lui confier ce quotidien. Confier ce qui fait ma vie, mais aussi tous ces enfants, ces jeunes  qui sont scolarisés ;  tous ces parents qui donnent le meilleur pour qu’ils grandissent ; tous ces professeurs, éducateurs qui enseignent leur savoir-faire ; tous ceux qui ont un travail pénible ou sont en recherche d’emploi…

Je peux terminer ce temps avec la prière du pape François à st Joseph 

Salut, gardien du Rédempteur,
époux de la Vierge Marie.
À toi Dieu a confié son Fils ;
en toi Marie a remis sa confiance ;
avec toi le Christ est devenu homme.
O bienheureux Joseph,
montre-toi aussi un père pour nous,
et conduis-nous sur le chemin de la vie.
Obtiens-nous grâce, miséricorde et courage,
et défends-nous de tout mal. Amen.

Comment est-ce que je prie ?

Jean Jacques Sempé, dessinateur, notamment du Petit Nicolas, est décédé le 11 Août.

Beaucoup de ses dessins, dans une abondante production, évoquent la foi et la religion. Par exemple, dans son ouvrage Quelques mystiques, dont sont extraits ces trois dessins.

J’ai tellement confiance en vous que la plupart du temps, je vous appelle Docteur.

Si vous ne pouvez pas tout m’accorder tout de suite, disons 50% pour commencer, le solde courant de l’année.

Merci pour tout.

Je me laisse provoquer par ces dessins humoristiques pour méditer sur ma façon de me tenir dans la prière.

Les dessins de Sempé opposent souvent le cadre très solennel, très vaste d’un lieu de culte à la petite taille du personnage, tenant des propos très familiers…

Occasion de contempler Dieu transcendant, dans sa gloire, et en même temps si proche, si familier qui m’invite à faire alliance et à lui parler « comme un ami parle à un ami. ».

Et moi, quelle est ma vision de Dieu ? Comment j’entre en dialogue avec « Dieu Tout puissant », se mettant à ma portée ?

« N’approche pas d’ici, retire tes sandales de tes pieds car le lieu où tu te tiens est une terre sainte. » (Ex, 3, 5, Buisson ardent)

« Moïse prenait la Tente et la plantait pour lui, hors du camp, loin du cap. Il la nomma Tente du Rendez-vous (…) Yahvé parlait à Moïse face à face, comme un homme parle à un ami. » (Ex, 33, 7 et 11)

La prière peut porter une demande.

Quelles sont, pour moi, les occasions de demander ? Qu’est-ce que je demande le plus souvent dans ma prière ? Qu’est ce je perçois de la réponse de du Seigneur ? Comment est-ce que je réagis si j’ai le sentiment qu’une de mes prières n’a pas été exhaussée ?

« Et moi, je vous dis : demandez et l’on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l’on vous ouvrira. » (Luc, 11, 9)

« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? (…)

Mon Dieu, le jour j’appelle et tu ne réponds pas. » (Ps, 22, 2-3)

La prière est aussi action de grâces.

« Merci pour tout » est un peu rapide…  De quoi est-ce que je rends grâce, habituellement ? En ce jour, qu’est-ce qui peut me pousser à l’action de grâce ?

« Je te rends grâce, Yahvé, de tout mon cœur, J’énonce toutes tes merveilles. » (Ps 9, 2)

Je prends maintenant le temps de m’entretenir avec le Seigneur, pour lui remettre ma prière, telle qu’elle est aujourd’hui, dans la confiance.

Je termine en disant cette prière de Saint Claude La Colombière. (Proposée sur le site «Prie en chemin », le vendredi 2 Septembre)

Mon Dieu, je suis si persuadé que tu veilles sur ceux qui espèrent en toi, et qu’on ne peut manquer de rien quand on attend de toi toutes choses, que j’ai résolu de vivre à l’avenir sans aucun souci, et de me décharger sur toi de toutes mes inquiétudes : « Dans la paix, moi aussi, je me couche et je dors, car tu me donnes d’habiter, Seigneur, seul, dans la confiance. » (Ps, 4,9). Les hommes peuvent me dépouiller et des biens et de l’honneur, les maladies peuvent m’ôter les forces et les moyens de te servir, je puis même perdre ta grâce par le péché ; mais jamais je ne perdrai mon espérance, je la conserverai jusqu’au dernier moment de ma vie, et tous les démons de l’enfer feront à ce moment de vains efforts pour me l’arracher : « Dans la paix, moi aussi, je me couche et je dors. » Certains peuvent attendre leur bonheur de leurs richesses ou de leurs talents, d’autres s’appuyer sur l’innocence de leur vie, ou sur la rigueur de leurs pénitences, ou sur le nombre de leurs aumônes, ou sur la ferveur de leurs prières. Pour moi, Seigneur, toute ma confiance, c’est la confiance même ; cette confiance ne trompa jamais personne. Je suis donc assuré que je serai éternellement heureux, parce que j’espère fermement de l’être, et que c’est de toi, ô mon Dieu, que je l’espère. Amen.

Saint Claude La Colombière.

Avec Saint Jean-Baptiste

Aujourd’hui, l’Église nous invite à faire mémoire du martyre de saint Jean-Baptiste qui rendit à Dieu le témoignage suprême du sang en immolant son existence pour la vérité et la justice.

 Il fut en effet décapité sur l’ordre d’Hérode, à qui il avait osé dire qu’il n’était pas licite de garder auprès de lui la femme de son frère.

Saint Jean-Baptiste, inspiré par l’Esprit de Dieu, se retira au désert pour mieux conserver son innocence et cultiver les dons extraordinaires dont il avait été favorisé. Il y vécut, depuis son enfance jusqu’à trente ans, dans la pénitence, la prière et la contemplation. Sa trentième année, il parut dans le monde pour y prêcher la pénitence et donner le baptême, qui en était le signe, d’où lui est venu le nom de Baptiste ou Baptise

            Je me mets en présence du Seigneur et je lui demande la grâce de me laisser toucher par l’appel de Jean-Baptiste à la conversion et à l’accueil de la Bonne Nouvelle.

            Je prends le temps de contempler cette icône du Martyre de Saint Jean-Baptiste et je laisse venir ce qui attire plus particulièrement mon regard : les formes, les couleurs, les mouvements…

Je peux m’arrêter sur le visage de Jean-Baptiste, porteur de paix, de désir de justice et de vérité.

Qu’est-ce que cela me dit de mon propre désir de rechercher la paix et la justice dans ma vie ? Je peux faire mémoire de situations personnelles de conflit, de jalousie ou d’injustice que j’ai vécues : quelle a été mon attitude ? Je peux en parler au Seigneur.

Je peux aussi observer les mains de Jean-Baptiste et du Christ. Dans un même alignement, elles sont prêtes à se rejoindre, ce qui rappelle la grande dévotion du prophète envers le Christ.

Et moi, qu’en est-il de ma relation à Dieu ?  Est-ce que je lui exprime régulièrement ma confiance en lui et ma fidélité ?

En bas à droite, l’âme de Jean-Baptiste qui repose sur le cœur de Jésus peut nous rappeler le passage de la Bible  dans lequel Jean-Baptiste témoigne de l’identité de Jésus « Voici l’agneau de Dieu » (Jean, 1, 36)

Comment cette Parole résonne-t-elle en moi ? Est-ce que je témoigne de la présence du Christ dans ma vie ? Comment ?

Je peux terminer le temps de prière par cette hymne, dans l’action de grâce pour la vie de Saint Jean-Baptiste qui resta fidèle à sa mission jusqu’au bout.

Prophète du Très-Haut,
Tu n'es pas la Lumière
Mais son témoin.
Avant même de naître,
Tu la révèles :
Joie sans parole !

Tu cries dans le désert,
Tout un peuple se lève
Vers le Jourdain ;
Ton baptême réveille
La soif d'eau vive :
Proche est la Source !

Voici l'Agneau de Dieu,
Tes disciples le suivent,
Tu restes là ;
Mais ton âme jubile
Quand ils l'écoutent :
Noces du Verbe !

Plus libre que les rois,
Tu contestes ce monde
Sans infini.
Ton martyre dans l'ombre
Prévient l'aurore :
Christ est lumière !

Des vitraux en vacances, chapelle de Cadreuc

Ce qui frappe en entrant dans cette chapelle, c’est la clarté et la lumière. L’intérieur est sobre ; seuls quatre vitraux, deux de chaque côté, aux couleurs chatoyantes viennent l’illuminer.

création et réalisation Gilles Audoux –  2017

création et réalisation Gilles Audoux –  2017

Les couleurs sont vives, chaleureuses, lumineuses et il y a du mouvement. Les formes et les couleurs s’imbriquent et se côtoient formant un ensemble aux multiples facettes, complexe, d’où s’élance vers le haut un chemin qui va vers la lumière.

Regardons maintenant de plus près chaque vitrail qui porte un titre  et une phrase de l’Evangile et nous entraine ainsi dans l’histoire du salut.

LA CREATION

La Création

Le premier évoque les origines : « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre ».

Le bas du vitrail n’évoque-t-il pas le souffle de Dieu qui plane à la surface des eaux ?  Puis son oeuvre de séparation et d’organisation du chaos primordial avec la montée de la lumière ?

Je peux faire mémoire de l’exubérance, la diversité, l’ordonnancement de toute la création. Qu’est-ce qui me porte à l’admiration ?

Une invitation à  louer Celui qui est à l’origine de toutes choses.

L’Annonciation

Les tons bleus de ce vitrail évoquent Marie.  « Je suis la servante du Seigneur »

Quel est ce souffle qui vient la visiter au plus profond d’elle-même ? Qui la comble de grâces.  Irruption du messager du ciel qui l’enveloppe de sa lumière.

Je peux faire mémoire de ce ‘oui ‘ de Marie au projet de salut de Dieu pour l’humanité et de la naissance de son fils Jésus.

Une invitation à rendre grâces pour les moments où j’ai accueilli la Parole de Dieu et à voir comment cela a été source de vie, de recréation, de nouveau départ…

L’ANNONCIATION
LA PASSION

La Passion

C’est le rouge qui domine dans ce vitrail de la Passion. « Père entre tes mains, je remets mon esprit »

En  bas du vitrail, une masse brune évoque la terre, l’humanité que Jésus a partagée.  Avec ses moments de lumière, avec ses violences aussi. La croix surgit, rouge comme le sang répandu  mais aussi comme le feu de l’amour,  comme signe de vie. Au dessus de la croix, la lumière blanche inonde comme un tombeau vide de la clarté pascale.

Je peux faire mémoire de Jésus qui donne sa vie par amour et de sa résurrection. 

Et peut-être parler au Seigneur de moments où  sa présence m’a aidé à traverser des temps d’obscurités. Ou encore lui confier ce qui me fait mal.                                                         

L’envoi en mission

« De même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie ». Ce dernier vitrail propose, en son centre, un chemin. Celui du disciple ? Chemin lumineux qui semble se frayer un passage à travers la diversité des formes et des couleurs que prend la vie. Chemin qui monte vers une sorte de calice, offrande totale à la présence divine.

Où en suis-je sur ce chemin du disciple, envoyé pour témoigner de l’amour de Dieu ?

Une invitation à porter dans la prière ceux qui me sont proches, ceux qui souffrent, ceux qui  désespèrent…

L’ENVOI EN MISSION