Pendant l’été, nourrir sa relation au Seigneur

Voici deux propositions de retraites en ligne, l’une animée par « Prie en Chemin », l’autre par « les soeurs Xavières », avec les liens pour y accéder.

  • Au cœur de l’été, Prie en Chemin vous propose de prendre un temps de pause pour (re)découvrir des temps de prière à la lumière de Saint Ignace de Loyola et de sa spiritualité !

du lundi 25 juillet et jusqu’au 31 juillet

  • faire une retraite spirituelle en 7 jours inspirée des Exercices spirituels de saint Ignace, animée par « les Xavières »

Prier avec des photos

Steve Mc Curry est un photographe américain, né à Philadelphie, en 1950.

Connu pour ses clichés de reporter de guerre, il a parcouru le monde entier. Il propose des clichés de combats, de destruction, mais il s’attarde aussi devant des paysages spectaculaires et sur des modes de vie menacés de disparaître.

Derrière l’instant saisi par l’appareil, il pénètre la profondeur d’un être. Il dit d’ailleurs de lui-même : « je suis un conteur visuel, pas un journaliste. ».

Voici deux photographies mettant en scène l’enfance et la jeunesse, rapportées d’Asie et d’Orient.

Je me dispose à la prière, prends le temps de faire silence en moi, m’extrais de mon environnement pour prendre le temps de la contemplation de ces deux photos

Je prends le temps d’observer ces deux photos, mettant en scène un adulte et un enfant. Je m’attarde sur les couleurs, les lignes de la composition, sur les visages et, notamment, sur les regards.

Un adulte dont on ne voit pas le visage a installé un jeune enfant sur un vélo.

  • Un adulte dont on ne voit qu’une partie du torse et les bras. Ses mains fermes tiennent le guidon.
  • L’enfant au regard profond, fixant l’horizon, curieux et interrogateur.
  • Le vélo dont on perçoit qu’il a déjà beaucoup servi, sur un chemin caillouteux et cahotant.
  • L’axe vertical du guidon, les trois triangles dessinés par le guidon, le tissus rouge et les bras de l’adulte donnent une grande stabilité à l’ensemble de la scène.
  • Le jeu des couleurs bleu, rouge et blanc confère à la scène un dynamisme

Un adulte solidement assis sur le sol accueille entre ses genoux un enfant endormi.

  • Les deux ovales du turban immaculé et des bras protecteurs enserrant l’enfant donnent à la scène beaucoup de sérénité.
  • La sérénité de la composition est accentuée par l’abandon confiant de l’enfant entre les jambes de son aîné.
  • La même couleur blanche des vêtements de l’adulte et de l’enfant suggère l’unité qui règne entre les deux personnages.
  • L’adulte, au visage buriné, à la barbe blanche, aux membres et mains noueux, qui disent une vie déjà avancée, une expérience déjà longue. Le regard, tout intérieur se fait méditation sur le chemin déjà parcouru et sur la promesse de l’avenir portée par l’enfant
  • L’enfant à la peau lisse, et aux cheveux noirs, évoque la santé, la vigueur pour affronter une vie non encore écrite, peut-être en train de se rêver

Deux images, donc, de la relation adulte / enfant…

Un adulte (un père ?) qui conduit l’enfant tout en le mettant devant lui, face à la route qui s’ouvre à lui. Il se fait présence sécurisante, mais le choix du photographe qui coupe le visage de l’adulte, suggère aussi une forme d’absence qui permet de donner toute sa place à l’enfant.

Un adulte (un père ? un grand-père) qui protège l’enfant, qui le garde pendant son sommeil. Ses mains le retiennent-elles, ou sont-elles prêtes à s’ouvrir pour que l’enfant choisisse son propre chemin ?

Ces deux images peuvent donner à penser sur la relation éducative, sur la nécessaire articulation entre la nécessité de protéger et la nécessité de préparer à l’autonomie.

Dans ma prière, maintenant, je contemple la relation d’alliance à laquelle Dieu m’invite.

Dieu qui nous conduit, comme un Père. « Tu l’as vu aussi dans le désert : le Seigneur ton Dieu t’a porté, comme un homme porte son fils, tout au long de la route que vous avez parcourue. » (Dt, 1, 31)

Dieu qui prend soin de nous comme une mère. « Est-ce qu’une femme peut oublier son petit enfant, ne pas chérir le fils de ses entrailles ? Même si elle pouvait l’oublier, moi, je ne t’oublierai pas. » (Isaïe, 49,15)

Dieu Créateur, qui, nous confie sa création pour que nous la gérions en toute liberté. Au 7ème jour, Il se repose…Il se repose aussi sur nous, les hommes et femmes, pour que nous devenions co-créateurs. « Dieu a créé l’homme comme la mer a fait les continents, en se retirant » (Hölderlin)

Je peux alors faire mémoire, dans ma relation au Seigneur, des moments où je me réfugie en lui, comme cet enfant abandonné entre les jambes de son aîné et des moments, où je me sens appelé à aller de l’avant, comme ce jeune enfant, sur la bicyclette, tout en restant relié. 

Je peux alors demander au Seigneur sa protection, ou lui confier une décision que je prends…

Pour terminer, je dis le début du psaume 70.

En toi, Seigneur, j'ai mon refuge : 
Garde-moi d'être humilié pour toujours.
 Dans ta justice, défends-moi, libère-moi, 
Tends l'oreille vers moi, et sauve-moi.
Sois le rocher qui m'accueille, toujours accessible ; 
 Tu as résolu de me sauver : ma forteresse et mon roc, c'est toi !
Mon Dieu, libère-moi des mains de l'impie, 
Des prises du fourbe et du violent.
Seigneur mon Dieu, tu es mon espérance, 
Mon appui dès ma jeunesse.
Toi, mon soutien dès avant ma naissance, 
Tu m'as choisi dès le ventre de ma mère ; 
Tu seras ma louange toujours !
Pour beaucoup, je fus comme un prodige ; 
Tu as été mon secours et ma force.
 Je n'avais que ta louange à la bouche, 
Tout le jour, ta splendeur.

Prier avec une oeuvre d’art

Je commence par me disposer  à ce temps de prière. Je prends une ou deux grandes respirations . Je fais silence en moi et me prépare à rencontrer le Seigneur. J’accueille en moi ce temps ralenti . Et je demande au Seigneur d’ouvrir mon cœur devant cette œuvre d’art.

Je prends le temps de contempler cette œuvre, de me laisser apprivoiser par elle.

Alexej von Jawlensky (1864-1941)

Et j’accueille maintenant ce visage, je me laisse toucher et rejoindre par lui.

Quels sentiments est-ce qu’il provoque, il éveille en moi ? Je prends le temps de les repérer.

Je me laisse maintenant guider.

La ligne horizontale, d’une couleur  foncée (noir , vert et bordeaux foncés), qui trace la bouche et les yeux fermés me fait entrer dans le silence intérieur, la paix, la distance prise avec le monde environnant. Cela me renvoie au mystère de la personne, à son intériorité qui  sont une porte ouverte à l’accueil de l’Esprit.

Je peux, moi aussi, entrer dans ce silence intérieur en accueillant pour moi  ce que le Seigneur dit à Job :

« Sois attentif, Job, écoute-moi, tais-toi, c’est moi qui parlerai.[…] « toi, écoute-moi ; fais silence, que je t’enseigne la sagesse ! » Job 33,31.33

Dans mes temps de prière personnelle, comment est-ce que je soigne ce moment où je me dispose à entendre le Seigneur parler à mon cœur ?

La seule ligne verticale, qui tranche et coupe le visage en deux, à angle droit sur sa base, la base du nez, exprime l’équilibre, la stabilité. C’est une personne qui se tient droite devant le Seigneur, dans un face à face intérieur.

J’entends:

« Le Seigneur est bon pour qui se tourne vers lui, pour celui qui le cherche. Il est bon d’espérer en silence le salut du Seigneur ; » Lm 3, 25-26

Les lignes arrondies du visage et du cou, les boucles des cheveux, les couleurs claires, douces  et plutôt chaudes laissent témoigner de la paix et de la joie intérieures  reçues dans cette rencontre .

Je me sens créé, en confiance, regardé avec tendresse par le Seigneur, par le Père et je peux faire mien le psaume 130 :

« Seigneur, je n'ai pas le coeur fier
ni le regard ambitieux ; *
je ne poursuis ni grands desseins,
ni merveilles qui me dépassent.

Non, mais je tiens mon âme
égale et silencieuse ; *
mon âme est en moi comme un enfant,
comme un petit enfant contre sa mère.

Attends le Seigneur, Israël, *
maintenant et à jamais. »

La verticalité ferme du nez, sa couleur ocre foncée (celle du bois) et la ligne horizontale, avec une légère courbe, une certaine douceur  des yeux fermés, soulignée par la couleur noire, peuvent m’évoquer les bras du Christ en croix, ouverts sur le monde, pour le monde, pour nous offrir l’amour du Père.

Je me laisse rejoindre par cette image du Christ. Je le laisse pénétrer mon cœur, mon esprit. Je le contemple.

Je repère, dans ces dernières semaines, comment l’amour du Père et du Fils m’a été témoigné, donné. Et je peux exprimer  une prière de louange et d’action de grâce.

Ce visage abstrait , avec sa bouche et ses yeux fermés, traduisent aussi le mystère, l’énigme qu’est chaque personne (« la trace de l’Infini ou la Parole de Dieu » Lévinas)

C’est LE visage de  L’AUTRE, différent, inconnu de moi, le visage du monde . Et c’est par le visage que nous entrons en contact avec les autres.

Cette différence, ce mystère,  peuvent me bousculer, me déranger et provoquer une fermeture en moi.

Dans les jours qui viennent, comment est-ce que je vais m’ouvrir à l’accueil, sortir du souci de « mon moi », pour m’intéresser à l’autre ?

« Toute rencontre commence par une bénédiction contenue dans le mot « bonjour » (Lévinas)

Je termine ce temps avec la prière du Pape François pour le jubilé de la Miséricorde :

Toi qui nous as appris à être miséricordieux comme le Père céleste, et nous as dit que Te voir,c’est Le voir, montre-nous Ton visage, et nous serons sauvés.
Ton regard rempli d’amour a libéré Zachée et Matthieu de l’esclavage de l’argent, la femme adultère et Madeleine de la quête du bonheur à travers les seules créatures ; tu as fait pleurer Pierre après son reniement, et promis le paradis au larron repenti.
Fais que chacun de nous écoute cette parole dite à la Samaritaine comme s’adressant à nous : Si tu savais le don de Dieu !
Tu es le visage visible du Père invisible, du Dieu qui manifesta sa toute puissance par le pardon et la miséricorde : fais que l’Eglise soit, dans le monde, ton visage visible, toi son Seigneur ressuscité dans la gloire.

L’œuvre proposée ici s’intitule : « Heilandsgesicht-Licht-Ruhe » (Visage du Sauveur-Lumière-Paix)

Quelques mots sur Alexej von Jawlensky

Peintre russe ,compagnon de route de Kandinsky durant la première décennie du XXe siècle à Munich, Alexej von Jawlensky offre l’exemple d’un artiste qui participe à la modernité en faisant l’expérience des frontières entre expressionisme et fauvisme, entre figuration et abstraction.

À partir de 1917, pendant vingt ans, Jawlensky traitera presque exclusivement le visage. Le visage ou plutôt la Face, car avec les Têtes mystiques et Faces du Sauveur 1917/1923, Têtes géométriques 1924/1933 et les Méditations, 1933/1937, la figure s’éloigne progressivement de toute ressemblance “naturelle” pour aboutir à une forme stylisée, proche de l’icône.

En 1938, Jawlensky écrit : « J’éprouvais le besoin de trouver une forme pour le visage, car j’avais compris que la grande peinture n’était possible qu’en ayant un sentiment religieux. Et ceci je ne pouvais le rendre que par le visage humain. J’avais compris que le peintre devait restituer par la forme et la couleur ce qu’il y avait de sacré en lui« .

Psaume 18b

La loi du Seigneur est parfaite,
qui redonne vie ;
la charte du Seigneur est sûre,
qui rend sages les simples.

Les préceptes du Seigneur sont droits,
ils réjouissent le cœur ;
le commandement du Seigneur est limpide,
il clarifie le regard.
La crainte qu’il inspire est pure,
elle est là pour toujours ;
les décisions du Seigneur sont justes
et vraiment équitables :

plus désirables que l’or,
qu’une masse d’or fin,
plus savoureuses que le miel
qui coule des rayons.

Ce psaume, hymne au Dieu de l’Alliance, était chanté par le peuple d’Israël pendant les fêtes célébrant le Renouvellement de son attachement à la Loi divine.

Je me dispose pour laisser ces paroles me rejoindre…

Et je chante ma louange au Seigneur, entré en communication avec l’homme pour faire Alliance avec lui et lui donner sa Loi comme chemin de libération et de vie.

Ce chemin me renvoie à mon identité de fils (fille) de Dieu et, à la lumière du Christ, à ma propre vocation de baptisé (e) et à mes relations fraternelles.

Je relève et contemple les mots qui définissent la Loi en elle-même, et les fruits qui en découlent.

Je murmure ces mots, les répète et les goûte en rendant grâce pour le bonheur promis.

Comment cette plénitude peut-elle prendre chair dans ce qui fait mon chemin de vie, chemin escarpé, parfois accidenté ?

Je peux me situer mentalement sous l’Arche d’Alliance, accueillir ma filiation, et dans un dialogue confiant avec le Seigneur, lui dire mon désir d’apprendre à m’ajuster, à avancer pas à pas, pas de vérité, pas de lumière, sous le regard aimant du Christ…

Sur ce chemin d’apprentissage permanent, je peux dire ou chanter :

Notre Père…

Dialogue de la sérénité

Le Pape Jean XXIII a laissé dans le souvenir de tous l’image d’un visage souriant et de deux bras ouverts pour embrasser le monde entier…

Initiateur du Concile Vatican II, « Pape de la docilité à l’Esprit Saint », de toutes ses expériences, et en s’inspirant d’une poésie composée par sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, il a tiré 10 leçons de vie: le « Décalogue de la sérénité« :

  • Rien qu’aujourd’hui, j’essaierai de vivre exclusivement la journée sans tenter de résoudre le problème de toute ma vie.

  • Rien qu’aujourd’hui, je porterai mon plus grand soin à mon apparence courtoise et à mes manières.

  • Rien qu’aujourd’hui, je ne critiquerai personne. Et ne prétendrai redresser ou discipliner personne, si ce n’est moi. Je serai heureux, rien qu’aujourd’hui, dans la certitude d’avoir été créé pour le bonheur, non seulement dans l’autre monde, mais aussi dans celui-ci.
  • Rien qu’aujourd’hui, je m’adapterai aux circonstances, sans prétendre que celles-ci se plient à tous mes désirs.

  • Rien qu’aujourd’hui, je consacrerai dix minutes à la bonne lecture en me souvenant que, comme la nourriture est nécessaire à la vie du corps, la bonne lecture est nécessaire à la vie de l’âme.

  • Rien qu’aujourd’hui, je ferai une bonne action et n’en parlerai à personne.

  • Rien qu’aujourd’hui, je ferai au moins une chose que je n’ai pas envie
    de faire et, si j’étais offensé, j’essaierai que personne ne le sache.
  • Rien qu’aujourd’hui, j’établirai un programme détaillé de ma journée.
    Je ne m’en acquitterai peut-être pas mais je le rédigerai. Et me garderai de deux calamités : la hâte et l’indécision.

  • Rien qu’aujourd’hui, je croirai fermement, même si les circonstances prouvent le contraire, que la Providence de Dieu s’occupe de moi comme si rien d’autre n’existait au monde.

Rien qu’aujourd’hui, je ne craindrai pas. Et tout spécialement, je n’aurai pas peur d’apprécier ce qui est beau et de croire en la bonté. Je suis en mesure de faire le bien pendant douze heures, ce qui ne saurait me décourager, comme si je me croyais obligé de le faire toute ma vie durant.

Je lis ce texte, autant de fois que nécessaire…

Je peux repérer ce qui me parle, ce que je fais, ce que je n’approuve pas, ce que j’aimerais, ce qui m’étonne ou m’interroge…

Et moi? Comment je vis au quotidien? Qu’y aurait-il à changer? Quel « décalogue » pourrait être le mien?

J’en parle au Seigneur, comme avec un ami…et peut-être puis-je écrire mes « rien qu’aujourd’hui »…

Je peux aussi faire mienne la prière de Ste Thérèse:

Ma vie n'est qu'un instant, une heure passagère
Ma vie n'est qu'un seul jour qui m'échappe et qui fuit
Tu le sais, ô mon Dieu ! pour t'aimer sur la terre
Je n'ai rien qu'aujourd'hui ! ...
 
Oh ! je t'aime, Jésus ! vers toi mon âme aspire
Pour un jour seulement reste mon doux appui.
Viens régner dans mon cœur, donne-moi ton sourire
Rien que pour aujourd'hui !
 
Que m'importe, Seigneur, si l'avenir est sombre ?
Te prier pour demain, oh non, je ne le puis !...
Conserve mon cœur pur, couvre-moi de ton ombre
Rien que pour aujourd'hui.

Fête du corps et du sang du Christ

Au lendemain de la fête du corps et du sang du Christ où nous avons entendu le récit de la multiplication des pains, nous contemplons la mosaïque bien connue de Tabgha, l’un des lieux reconnus comme celui de la multiplication des pains.

         Nous y voyons les pains et les poissons, seules ressources disponibles détenues par les disciples pour nourrir la foule…

         Le mosaïste a figuré les deux poissons, mais n’a représenté que quatre pains…La mosaïque est au pied de l’autel et donne à voir les offrandes. Le cinquième pain est le pain eucharistique, sur l’autel.

Je contemple la simplicité de la composition, symbolique de la simplicité de l’offrande, « fruits de la terre et du travail de l’homme ». Les poissons donnés par le lac de Tibériade, et le pain, blé transformé par la main de l’homme.

Et moi, de quoi fais-je offrande habituellement ? Que pourrai-je offrir de plus.

Je contemple ce panier rustique qui contient les pains. Sa forme évoque aussi le ciboire. Je m’arrête à la modestie du signe, qui dit le sacrifice du Christ, bien loin des fastes des sacrifices d’animaux au Temple de Jérusalem.

Et moi, quelle est ma relation à l’eucharistie ? A quoi suis-je sensible : intimité avec le Christ, communion avec les frères qui partagent le pain eucharistique, nourriture spirituelle qui m’invite à « devenir ce que j’ai reçu ? ».

Je fais mémoire de la multiplication des pains, de la sollicitude du Christ qui répond à nos besoins essentiels. Je m’associe aussi par la prière à tous les pèlerins qui vivent l’eucharistie en ce lieu de mémoire.

Et moi, comment est-ce que je me sens relié à l’Église universelle, à travers le temps et l’espace ?

Après avoir partagé au Seigneur mes intentions personnelles, je termine par cette prière.

Dieu créateur et notre Père, 
Loué sois-tu pour le pain donné chaque jour, 
Sans même attendre nos demandes : 
Tu sais bien ce qu’il nous faut 
Et tu entends les mots secrets de notre faim. 

Béni sois-tu pour le vin de nos joies 
Et pour l’amitié partagée au cours de nos repas. 
Ton Fils Jésus a connu lui aussi 
Les joies simples et vraies de l’existence humaine : 
Joie d’accueillir l’hôte à notre table, 
Joie d’être accueilli comme Dieu même, 

Béni sois-tu pour Jésus qui nous rassemble 
Comme jadis il rassembla sur la montagne la foule venue l’écouter. 
     Pour tous il multiplie le pain de la vraie vie, 
Le pain d’une parole qui fortifie 
Et le vin d’un bonheur sans prix. 
Convive à la table des pécheurs 
Il a partagé le sort des exclus de son peuple, 
Mais sa présence a réjoui les cœurs libérés. 
Invités à son banquet d’alliance, 
Nous sommes encore trop peu 
Les affamés du pain véritable, 
Celui qui donne la vie au monde. 

Que ton pain soit en nous levain de résurrection, 
Nourriture de l’humanité nouvelle !
Qu’il fasse de nous une communion de frères et de sœurs aux mains ouvertes vers les millions de vivants tenaillés par la soif et la faim, 
Des hommes et des femmes qui te prient 
Avec les mots révélés par Jésus notre frère : 

NOTRE PÈRE…

Psaume 96

Le Seigneur est roi ! Exulte la terre !
Joie pour les îles sans nombre !
Ténèbre et nuée l’entourent,
justice et droit sont l’appui de son trône.

Devant lui s’avance un feu
qui consume alentour ses ennemis.
Quand ses éclairs illuminèrent le monde,
la terre le vit et s’affola.

Les montagnes fondaient comme cire devant le Seigneur,
devant le Maître de toute la terre.
Les cieux ont proclamé sa justice,
et tous les peuples ont vu sa gloire.

Honte aux serviteurs d’idoles qui se vantent de vanités !
À genoux devant lui, tous les dieux !
Haïssez le mal, vous qui aimez le Seigneur,
car il garde la vie de ses fidèles.

Ce psaume est un chant du Règne ; il chante Dieu comme un roi dans sa gloire. Maître de tout, ce roi  apporte la joie à la terre et « justice et droit  sont l’appui de son trône ».

Au-delà des monarques de la royauté temporelle, ce psaume porte  en lui l’attente d’un Messie et du règne  définitif de Dieu.

Je contemple la création et tout ce qui me parle de Dieu.

Je contemple le Christ venu annoncer le règne de Dieu, un règne de justice et de droiture. Je le vois l’accomplir.

Je contemple le Royaume déjà là dans tous les petits gestes des femmes et des hommes d’aujourd’hui, qui apportent joie et paix, qui illuminent le quotidien, qui combattent le mal. Et cela humblement, avec force, simplicité. Les « saints de la porte d’à-côté », dirait le pape François.

Je parle au Seigneur de ce que je ressens : une action de grâces pour ce qui construit le Royaume… un pardon pour ce qui n’est pas ajusté dans ma vie … une demande : peut-être celle d’un cœur simple pour ne pas servir les idoles de ce temps, mais travailler à l’avancée de son règne, dans la haine du mal et l’amour qui vient de Lui…

Saint Irénée dit : « La gloire de Dieu c’est l’homme vivant. » Pour cela, je rends gloire à Dieu,  avec le chant « les sommets des montagnes sont à lui »

Avec la Trinité

Laissons-nous éclairer par la contemplation et la méditation devant les vitraux de l’église Notre Dame des Sablons à Aigues Mortes, vitraux de Claude Viallat (auteur également d vitraux à la cathédrale de Nevers).

Gloire au Père, et au Fils et au Saint-Esprit, au Dieu qui est, qui était et qui vient, pour les siècles des siècles. Amen

Prier l’Esprit Saint

Détail du vitrail de la Pentecôte, de Yoki, – Eglise Ste Thérèse à Fribourg

En cette fête de Pentecôte, je me tourne vers l’Esprit Saint.

Je contemple ce vitrail qui parle de sa venue.

Qu’est-ce que cela m’évoque ? La lumière ? Le souffle ? Le mouvement ? La vie ? Le feu  …

Devant ce vitrail, je reprends une hymne, très ancienne, qui appelle la venue de l’Esprit Saint.

Viens, Esprit Créateur,
Visite l'âme de tes fidèles,
Emplis de la grâce d'En-Haut
Les cœurs que tu as créés.

Toi que l'on nomme le Conseiller,
Don du Dieu Très-Haut,
Source vive, feu, charité,
Invisible consécration.

Tu es l'Esprit aux sept dons,
Le doigt de la main du Père,
L'Esprit de vérité promis par le Père,
C'est toi qui inspires nos paroles 

Allume en nous ta lumière,
Emplis d'amour nos cœurs,
Affermis toujours de ta force
La faiblesse de notre corps
Repousse l'ennemi loin de nous,
Donne-nous ta paix sans retard,
Pour que, sous ta conduite et ton conseil,
Nous évitions tout mal et toute erreur.

Fais-nous connaître le Père,
Révèle-nous le Fils,
Et toi, leur commun Esprit,
Fais-nous toujours croire en toi

Gloire soit à Dieu le Père,
au Fils ressuscité des morts,
à l'Esprit Saint Consolateur,
maintenant et dans tous les siècles. Amen

Je goûte les mots qui évoquent l’Esprit saint : Esprit créateur – Conseiller – Don de Dieu – Source vive – feu – charité – Esprit de vérité – Consolateur… Quel est celui qui me parle davantage ?

Je goûte les mots qui évoquent les fruits du passage de l’Esprit : lumière – amour – force – paix – conseil – foi… Qu’est-ce que je demande pour moi ? Pour d’autres, pour le monde ?

Je regarde à nouveau le vitrail. Que provoque-t-il en moi ? Quel désir monte de mon cœur ?

Lentement, je redis la prière du ‘Veni creator’ en la faisant mienne.

Seigneur, que ton Esprit vienne nous embraser !

Je peux terminer en reprenant le chant : « Esprit de Dieu, souffle de Dieu »

Ascension

Tympan de Montceaux l’Etoile (Bourgogne)

Quelques jours après la fête de l’Ascension, je contemple ce tympan roman.

Le Christ dans l’ovale de la mandorle, qui symbolise sa gloire auprès du Père. Son auréole marquée de la croix rappelle que son ascension n’abolit rien de sa vie terrestre, qui a assumé toute notre condition.

Le cortège des douze apôtres et de Marie. Certains pointent le doigt vers le ciel, d’autres sont en conversation, deux à deux.

Je me rends attentif à quelques paroles de l’Écriture.

« Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? » (Actes, 1, 11)

Où puis-je me situer dans ce cortège ? Les yeux tournés vers le ciel ? Désolé de voir Jésus s’éloigner ? Résolu à rester tourné vers lui, alors qu’il est retourné vers le Père ? Les yeux tournés vers le prochain ?  Comment est-ce que je me sens, dans ma vie chrétienne, simultanément tourné vers le Christ et vers le prochain ?

« Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » (Matthieu, 28,20).

Comment est-ce que j’entends cette parole à la suite de l’ascension, où Jésus quitte physiquement ses disciples ? Quels signes de la présence du Christ dans ma vie, dans la vie des autres, dans la vie du monde ?

« Heureux ceux qui croient sans avoir vu » (Jean, 20, 29)

Comment est-ce que j’accueille cette béatitude ? Thomas, qui veut dire jumeau, est peut-être mon jumeau, dans le besoin de preuves qui peut habiter ma foi ? Comment, dans ma vie de croyant est-ce que je vis cette présence / absence du Seigneur ?

Dans un temps de dialogue avec le Seigneur, je rends grâce pour les signes reçus de sa présence, j’offre humblement mes moments de doute, où j’ai du mal à vivre la proximité du Seigneur, je confie celles et ceux qui vivent, volontairement ou non, loin du Seigneur.

Je termine en partageant la prière que nous a laissée le Christ. « Notre Père… ». Puis je trace sur moi le signe de la croix, celui que j’ai contemplé sur l’auréole du Christ.