Prier avec l’eau

Marie-André Brellier engagée dans le Diocèse de Montpellier, s’inspire ici de l’Ecriture des icônes

L’Evangile du 3ème dimanche de Carême est le récit de la rencontre de Jésus avec la Samaritaine. Prions avec le début de ce récit.

En ce temps-là, Jésus arriva à une ville de Samarie, appelée Sykar, près du terrain que Jacob avait donné à son fils Joseph. Là se trouvait le puits de Jacob.Jésus, fatigué par la route, s’était donc assis près de la source. C’était la sixième heure, environ midi.
Arrive une femme de Samarie, qui venait puiser de l’eau. Jésus lui dit : « Donne-moi à boire. »
( En effet, ses disciples étaient partis à la ville pour acheter des provisions).
La Samaritaine lui dit : « Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine ? »
( En effet, les Juifs ne fréquentent pas les Samaritains).
Jésus lui répondit : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : ‘Donne-moi à boire’,
c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive. Elle lui dit : « Seigneur, tu n’as rien pour puiser, et le puits est profond. D’où as-tu donc cette eau vive ? Serais-tu plus grand que notre père Jacob qui nous a donné ce puits, et qui en a bu lui-même, avec ses fils et ses bêtes ? »
Jésus lui répondit : « Quiconque boit de cette eau aura de nouveau soif ; mais celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; et l’eau que je lui donnerai

deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. »  (Jn 4,5-14)

« Donne-moi à boire » 

Près du puits de Jacob, Jésus a soif et demande de l’eau à la Samaritaine.

Dans ce pays aride qu’est la Samarie, l’eau est vitale. Le puits de Jacob avec sa source, est un point stratégique où l’on peut s’abreuver. C’est aussi un lieu de rencontre. Bien que juif, Jésus  brise les frontières et demande de l’eau à une femme étrangère.

Je considère cette eau toujours aussi précieuse,  ses bienfaits, les conséquences de son manque… Je considère  ce bien commun qu’il est nécessaire de préserver et de partager.

Ma  prière peut se faire action de grâces pour l’eau, comme l’a fait François d’Assise.

Je peux aussi prier et  demander  au Seigneur son aide pour agir en vue d’un meilleur respect de l’environnement. Que cette eau ne soit pas source de conflits mais occasion d’alliance avec d’autres pour partager cette richesse dont nous avons tous besoin.

«Si tu savais le don de Dieu… il t’aurait donné de l’eau vive »

Il y a comme un malentendu entre Jésus et la Samaritaine sur l’eau. La soif dont parle Jésus est d’un autre ordre ; soif de relation aux autres, soif de relation avec le Tout Autre, soif de la Parole de Dieu. L’eau vive que promet Jésus vient rejoindre le désir, enfoui au cœur de tout être humain, d’une vie en plénitude, d’une vie harmonieuse.

Et moi, qu’est-ce que je cherche ; de quoi suis-je en attente ? Quelle est ma soif que les biens matériels ne peuvent combler ? Je fais mémoire de moments de plénitude.

Ma prière peut se faire action de grâces pour les moments fraternels, les moments de partage qui  réjouissent le coeur et  font vivre.

Je peux aussi prier et demander l’aide du Seigneur  pour que cesse la course à l’avoir, et les violences qu’elle entraîne, et pour être moi-même artisan de paix et de fraternité.

« L’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissant pour la vie éternelle »

Promesse inouïe d’une vie au-delà de la mort ! Par sa mort et sa résurrection, le Christ nous donne accès à cette vie divine. L’eau jaillissante en vie éternelle, c’est l’Esprit qui fait de nous des enfants de Dieu. Au baptême, nous avons été plongés dans cette eau.

Ai-je conscience de cette source qui se tient au plus profond de nous-mêmes ? Comment suis-je à son écoute ?

Ma prière peut se faire action de grâces pour la vie donnée…  pour les catéchumènes qui se préparent à recevoir le baptême à Pâques.

Je peux aussi prier l’Esprit saint, qui habite en mon cœur : qu’il me guide sur le chemin de l’Evangile.

Je termine ce temps en écoutant : « Béni sois-tu pour l’eau »

Psaume 1

Heureux est l’homme
    qui n’entre pas au conseil des méchants,
qui ne suit pas le chemin des pécheurs,
ne siège pas avec ceux qui ricanent,
mais se plaît dans la loi du Seigneur
et murmure sa loi jour et nuit !

Il est comme un arbre
    planté près d’un ruisseau,
qui donne du fruit en son temps,
et jamais son feuillage ne meurt ;
tout ce qu’il entreprend réussira.
Tel n’est pas le sort des méchants.

Mais ils sont comme la paille
    balayée par le vent.
Le Seigneur connaît le chemin des justes,
mais le chemin des méchants se perdra.

Je m’installe confortablement et calme ma respiration et mes pensées. Dans ce temps choisi de silence, j’ouvre mon cœur à Dieu.

Je lis ce psaume, par lequel commence  le livre des psaumes, à haute voix, lentement.

Je me laisse rejoindre et travailler intérieurement par les expressions, les images du texte :

Heureux : il n’est pas anodin que le premier mot du psautier soit « heureux », que ce livre partagé par les chrétiens du monde entier s’ouvre par une béatitude. Le Seigneur, sans cesse, m’appelle au bonheur.

Comment est-ce que je me sens, personnellement appelé au bonheur de « murmurer sa loi, nuit et jour », de me mettre sans relâche à l’écoute et à la mise en pratique de sa Parole ?

 « Un arbre planté près d’un ruisseau » / « la paille balayée par le vent ». Je contemple la solidité de l’arbre enraciné, comme je perçois le tournoiement erratique de la paille légère et volatile.

J’éprouve ma propre solidité dans notre environnement si tourmenté. Quels sont mes ancrages, quelles sont mes racines, à quel ruisseau est-ce que je m’abreuve ?

« (Il) donne du fruit en son temps et jamais son feuillage ne meurt ». Je m’arrête sur la vigueur de l’arbre. En ce début de printemps, je contemple tous les signes du réveil de la nature, qui jamais ne se meurt.

Comment dans ma vie, aujourd’hui, dans ce temps qui est le mien, est-ce que je m’efforce de porter du fruit ? De quelle espérance puis-je témoigner ?

Je relis le psaume avant de me confier au Seigneur, en lui demandant de me mettre « sur le chemin des justes. »

Je termine en disant le Notre Père…

En ce temps de Carême

Méditation du Bienheureux Charles de Foucauld

Il faut passer par le désert et y séjourner pour recevoir la Grâce de Dieu ; c’est là qu’on se vide, qu’on chasse de soi tout ce qui n’est pas Dieu et qu’on vide complètement cette petite maison de notre âme pour laisser toute la place à Dieu seul.

C’est indispensable… C’est un temps de grâce, c’est une période par laquelle toute âme qui veut porter des fruits doit nécessairement passer. Il lui faut ce silence, ce recueillement, cet oubli de tout le créé, au milieu desquels Dieu établit son règne et forme en elle l’esprit intérieur.

Si cette vie intérieure est nulle, il y aura beau avoir du zèle, de bonnes intentions, beaucoup de travail, les fruits sont nuls: c’est une source qui voudrait donner de la sainteté aux autres, mais qui ne peut, ne l’ayant pas:

on ne donne que ce qu’on a et c’est dans la solitude, dans cette vie, seul avec Dieu seul, dans ce recueillement profond de l’âme qui oublie tout le créé pour vivre seule en union avec Dieu, que Dieu se donne tout entier à celui qui se donne ainsi tout entier à Lui.

Notre Seigneur n’en n’avait pas besoin mais il a voulu nous donner l’exemple. Rendez à Dieu ce qui est à Dieu.

Psaume 137

De tout mon coeur, Seigneur, je te rends grâce : tu as entendu les paroles de ma bouche. Je te chante en présence des anges, vers ton temple sacré, je me prosterne

Je rends grâce à ton nom pour ton amour et ta vérité, car tu élèves, au-dessus de tout, ton nom et ta parole. Le jour où tu répondis à mon appel, tu fis grandir en mon âme la force. Ta droite me rend vainqueur. Le Seigneur fait tout pour moi ! Seigneur, éternel est ton amour : n'arrête pas l'oeuvre de tes mains.

Malel

Je me dispose à la rencontre avec le Seigneur. Je fais silence en moi.Ce psaume est une prière que j’adresse au Seigneur, ce sont mes paroles, connectées à ma vie .

Je le lis lentement, je le chuchote, je m’arrête sur tel ou tel mot et les laisse rejoindre ma vie actuelle.

« je te rends grâce…,je te chante…, »

Je m’arrête et contemple mon quotidien, ces derniers jours. Qu’est-ce qui m’a rempli.e de joie ? apporté la paix ? Quels gestes, quelle rencontre, quels échanges …? Et je peux rendre grâce .

« tu as entendu les paroles de ma bouche…, tu répondis à mon appel..tu fis grandir en mon âme la force »

Je fais mémoire de ces moments où j’ai prié le Seigneur, où je lui ai demandé son aide; ces instants plus sombres, où les relations ont peut-être été difficiles,où le courage m’a manqué … mais où il a été présent et m’a relevé.e

« Eternel est ton amour: N’arrête pas l’oeuvre de tes mains »

Je pense à demain, aux jours qui viennent, aux personnes que je vais rencontrer, aux événements, aux activités qui vont habiter mes journées. Bénis-les Seigneur, bénis-moi! « Que ta droite me rende vainqueur.e » du Malin à l’oeuvre ! Convertis-moi à ton amour !

Je termine ce temps de prière en disant en communion avec tous mes frères chrétiens: Notre Père

Comment ne pas te louer ?

La tentation de Jésus au désert

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (4, 1-11)

    En ce temps-là, Jésus fut conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le diable. Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim. Le tentateur s’approcha et lui dit :« Si tu es Fils de Dieu,
ordonne que ces pierres deviennent des pains. » Mais Jésus répondit : « Il est écrit :
L’homme ne vit pas seulement de pain,
mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu
. »

Alors le diable l’emmène à la Ville sainte, le place au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit :
Il donnera pour toi des ordres à ses anges,
et :    Ils te porteront sur leurs mains,
de peur que ton pied ne heurte une pierre.
 »

 Jésus lui déclara : « Il est encore écrit :
Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. »

Le diable l’emmène encore sur une très haute montagne et lui montre tous les royaumes du monde et leur gloire. Il lui dit : « Tout cela, je te le donnerai, si, tombant à mes pieds, tu te prosternes devant moi. » Alors, Jésus lui dit : « Arrière, Satan ! car il est écrit :
C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras,
à lui seul tu rendras un culte.
 »

Alors le diable le quitte. Et voici que des anges s’approchèrent, et ils le servaient.

La liturgie du premier dimanche de carême nous fait entendre le récit de la tentation du Christ au désert, après le baptême.

Je me dispose à un temps de prière, en choisissant de rejoindre le Christ au désert. Lieu de silence, et de dépouillement. Lieu où, loin des bruits du monde, je choisis de me mettre à l’écoute de la Parole.

Je relis cet évangile que je connais bien, attentif à ce qui me rejoint aujourd’hui.

Le tentateur joue d’abord sur la satisfaction d’un besoin immédiat, la faim ressentie après quarante jours de jeûne.

Et moi, quel est, aujourd’hui, le besoin qui m’habite, et qui pourrait me rendre vulnérable à la tentation ?

Le diable s’adresse ensuite à des tentations inscrites durablement au cœur de l’homme : Désir de toute puissance, tellement actuel aujourd’hui, avec les possibilités ouvertes par les progrès technologiques. Désir de gloire, de reconnaissance, de pouvoir…

Et moi, comment est-ce que je me situe face à ces tentations ?

Le Christ, à chaque « proposition » du tentateur répond par la Parole de Dieu ?

Et moi, comment est-ce que je m’appuie sur la Parole de Dieu pour ne « pas entrer en tentation » ?

Dans une conversation avec le Seigneur, je lui confie mes tentations, partage ce que je dois chercher à purifier en moi pendant ce temps de carême.

Je termine en disant cette prière de St Ignace.

1. Âme du Christ, sanctifie-moi,
Corps du Christ, sauve-moi,
Sang du Christ, enivre-moi,
Eau du côté du Christ, lave-moi.

2. Passion du Christ, fortifie-moi.
Ô bon Jésus, exauce-moi.
Dans tes blessures, cache-moi.
Ne permets pas que je sois séparé de toi.

3. De l’ennemi défends-moi.
À ma mort, appelle-moi.
Ordonne-moi de venir à toi
Pour qu’avec tes saints je te loue
Dans les siècles des siècles, Amen !

Psaume 1

Heureux est l'homme 
qui n'entre pas au conseil des méchants, + 
qui ne suit pas le chemin des pécheurs, * 
ne siège pas avec ceux qui ricanent,
mais se plaît dans la loi du Seigneur 
et murmure sa loi jour et nuit !

Il est comme un arbre 
planté près d'un ruisseau, + 
qui donne du fruit en son temps, * 
et jamais son feuillage ne meurt ; 
tout ce qu'il entreprend réussira,
tel n'est pas le sort des méchants. 
Mais ils sont comme la paille 
balayée par le vent : +
au jugement, les méchants ne se lèveront pas, * 
ni les pécheurs au rassemblement des justes.
Le Seigneur connaît le chemin des justes, 
mais le chemin des méchants se perdra.

Je prends un temps à l’écart, et me mets en présence du Seigneur…Il m’attend…Il m’espère… en particulier peut-être au seuil de ce Carême…

Je peux lui demander la grâce de cheminer avec Lui…ou exprimer tout autre désir qui m’habite…

Les Psaumes 1 et 2 constituent une introduction générale aux Psaumes.

Ce psaume 1  comprend deux parties, de trois versets chacune, qui décrivent, l’une le bonheur du juste (versets 1 à 3), l’autre le malheur des méchants (versets 4 à 6).

La condition du bonheur (versets 1 et 2) ; ce bonheur lui-même (verset 3).

Le sort des pécheurs: leur « chemin se perdra » (verset 6); ils sont « comme la paille » (verset 4) qui ne peut résister au vent qui la chasse.

Je lis le psaume autant de fois que nécessaire… je m’arrête sur ce qui résonne en moi, me parle, m’interpelle… Je le médite… Je regarde le contraste entre le mot final du psaume et le premier…

A quoi m’invite-t-il, particulièrement pour mon chemin vers Pâques? Quel désir émerge en moi?…

Je peux, si je le souhaite, prier l’Esprit Saint avec les mots du Père Michel Hubaut: »Comme un arbre planté près de l’Eau Vive, apprends-moi, Esprit Saint, à prendre racine en profondeur. »

Puis m’adresser à Notre Père… en prêtant bien attention à chaque demande…

Revenez à moi

Des propositions pour nourrir ce chemin

par la Maison de la Parole

vivre une « mini-retraite chez soi« : une semaine de prière accompagnée du 6 au 11 mars

prier la Parole de Dieu avec d’autres, le jeudi 2 mars: soit : en présence à la Maison de la Parole à Bourges, à 19h00 soit : à distance, en visio, par zoom, à 20h00

D’autres propositions en ligne

> Prions en Eglise. Renseignements  : https://www.prionseneglise.fr/careme

> Dominicains : Carême dans la ville : https://careme.retraitedanslaville.org/inscription-page-cdlv

> Prie en chemin : http://prieenchemin.org/inscription-careme-2023/

> https://prieenchemin.org/retraite-en-ligne/careme-2023-en-famille/

> Retraite de Carême dans la vie,  centre spirituel Saint Hugues EN VISIO https://www.sainthugues.fr/retraite-de-careme-dans-la-vie-27-02-2023/

Recevoir chez soi des anges

En ce dimanche 19 février, dans son évangile Jésus nous dit :

« Si vous aimez ceux qui vous aiment quelle récompense méritez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Vous donc vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »  Math 5, 46-48

Après la lecture de ce texte, contemplons ces deux images :

 La première, une barque transportant une foule, de réfugiés ou  de migrants. C’est une œuvre en bronze et en argile,  réalisée par le sculpteur canadien Timothy Schmalz. Elle se trouve  visible en permanence sur la gauche de la place Saint-Pierre de Rome. Elle a été voulue par le pape François.

Mais observez bien, « il ne s’agit pas seulement de migrants. Et c’est vrai, il ne s’agit pas seulement d’étrangers, il s’agit de tous les habitants des périphéries existentielles qui, avec les migrants et les réfugiés, sont victimes de la culture du déchet», a déclaré pendant la messe le pape François le jour de la consécration de cette sculpture.

La deuxième ressemble étrangement à la première, mais celle-ci n’est ni en bronze, ni en argile, elle est composée d’êtres humains en chair et en os qui cherchent la liberté et qui comptent bien sur nous pour la leur procurer.

Je prends le temps de contempler ces deux images

J’observe dans les deux cas l’embarcation fragile…. Les personnes…. Leurs positions… les visages….leurs recherches …  

Mais regardons d’un peu plus près la première embarcation. Au dessus nous pouvons apercevoir deux ailes. Elles illustrent ce, qu’à la suite de St Paul dans sa lettre aux hébreux, le pape François a voulu nous redire ;

« N’oubliez pas l’hospitalité : elle a permis à certains, sans le savoir, de recevoir chez eux des anges ».

Je prends le temps de redire plusieurs fois cette consigne donnée par Paul, de la méditer.Puis seulement, dans le silence,  je me demande où j’en suis de mon défi évangélique de l’accueil

Je termine en disant lentement : « Notre Père ….. »

Ecoutons ce chant-prière du groupe Holi. Cliquer sur le titre

Si pour toi la différence est une force, une richesse
Si se faire petit n'est pas signe de faiblesse
Si tu oses tendre la main et ouvrir les bras
Si tu mets l'amour en tout, en toi
Si tu choisis de semer ce qui lie et nous rassemble
Si tu traces des chemins pour avancer ensemble
Si tu sais sourire et partager dans la joie
Si tu mets l'amour en tout, en toi

La paix viendra
Et elle grandira
Elle sera, elle sera un chant de joie
La paix viendra
Et elle fleurira
Elle est là, elle est là au bout de tes doigts
Si tu peux encore te révolter face à l'injustice
Si tu connais la puissance d'une main au service
Si la foi abat les montages, si tu y crois
Si tu mets l'amour en tout, en toi
Si tu crois à la force du pardon et de l'amitié
Si tu accueilles en frère le petit, l'étranger
Si tu es souvent celui qui fait le premier pas
Si tu mets l'amour en tout, en toi

La paix viendra
Et elle grandira
Elle sera, elle sera un chant de joie
La paix viendra
Et elle fleurira
Elle est là, elle est là au bout de tes doigts
La paix de Jésus

En évoquant le jardin d’Eden

Manufacture des Emaux de Longwy 1798

Je prends le temps de regarder cet émail qui donne à voir le jardin d’Eden. Quelle impression d’ensemble s’en dégage-t-il ?

Je regarde les couleurs variées mais en harmonie, à la fois douces et chaleureuses ; les lignes qui délimitent des strates et ondulent ;  les éléments du jardin qui prennent place dans ce cercle que forme l’objet; les animaux qui cohabitent de plus petit au plus gros…

Je fais mémoire ou relis les textes de la Genèse que la liturgie nous donne à entendre en ces temps :

La réflexion de Dieu à la fin du 1er récit de la création : « Voici je vous donne toute herbe qui porte sa semence sur toute la surface de la terre et tout arbre dont le fruit porte sa semence ; ce sera votre nourriture. Et Dieu vit tout ce qu’il avait fait ; et voici : cela était très bon »… (Gn 1, 28.31)

« Le Seigneur Dieu planta un jardin en Eden, à l’orient, et y plaça l’homme qu’il avait modelé. »  (Gn 2, 8)… « Le Seigneur Dieu prit l’homme et le conduisit dans le jardin d’Eden pour qu’il le travaille et le garde. » (Gn 2,15)

« Voici le signe de l’alliance que j’établis entre moi et vous, et avec tous les êtres vivants qui sont avec vous, pour les générations à jamais : je mets mon arc au milieu des nuages, pour qu’il soit le signe de l’alliance entre moi et la terre. » (Gn 9, 12-13)

Je me mets en présence du Seigneur et lui demande de vivre en alliance avec lui.

« Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la terre, qui nous soutient et nous gouverne, et produit divers fruits avec les fleurs colorées et l’herbe » chantait François d’Assise.

A mon tour, j’évoque l’ensemble de la création qui m’est donnée. Je fais mémoire de ce qui me réjouit et m’émerveille ; de la beauté de certains lieux ; de la diversité des espèces ; de l’infiniment grand et de l’infini petit…

« Tout l’univers matériel est un langage de l’amour de Dieu, de sa tendresse démesurée envers nous. » Laudato’ si n° 84

A mon tour,  j’entre dans la louange pour le Créateur.

Pardon pour ce qui se passe dans notre « maison commune ».

Dans un 2ème temps, je considère ce qui abîme cette création. Je peux prendre appui sur les éléments de l’émail et évoquer le ciel, avec le réchauffement climatique et les catastrophes naturelles qui vont avec… les arbres et les problèmes dus à la déforestation… les animaux  et la perte de la biodiversité… l’eau, polluée, gaspillée…

« L’humanité est appelée à prendre conscience de la nécessité de réaliser des changements de style de vie, de production et de consommation, pour combattre ce réchauffement ou, tout au moins, les causes humaines qui le provoquent ou l’accentuent. » Laudato ‘si n°23

Comment, personnellement, je participe d’une certaine manière à cet état de fait ? J’en demande pardon.

Prière pour travailler au bien commun.

Le pape François, dans son encyclique Laudato’si fait prendre conscience que tout est lié : la relation de l’humanité avec la nature ne saurait être séparée de celle qu’elle entretient avec les autres êtres humains et avec Dieu. « Paix, justice et sauvegarde de la création » sont indissociables. Il invite à 3 attitudes.

« La conversion écologique implique gratitude et gratuité, c’est-à-dire une reconnaissance du monde comme don reçu de l’amour du Père… la conscience amoureuse de ne pas être déconnecté des autres créatures… . Elle conduit le croyant à développer sa créativité et son enthousiasme. » (Laudato’si  n° 220)

Je fais mémoire d’initiatives pour habiter la terre autrement qui me réjouissent. Et moi, quel changement concret pourrais-je introduire dans mon style de vie, en vue d’une sobriété heureuse ?

Je parle au Seigneur de mon désir pour demain.

Je peux terminer ce temps de dialogue avec le Seigneur en écoutant le chant ‘Laudato’si

La lumière du monde

Je prends un temps à l’écart.

Je m’installe confortablement et fais silence en moi, me disposant à la rencontre avec le Seigneur. Je demande la grâce d’un cœur ouvert.

Jn 8, 12 De nouveau, Jésus leur parla : « Moi, je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie. »

Je regarde l’œuvre de François-Xavier de Boissoudy, intitulée « Jésus ».Il s’agit d’un lavis d’encre sur papier. Les couleurs: une dominante de noir et de blanc mêlée de touches de couleur…

Les lignes, le flou…

Le personnage: Jésus, légèrement incliné…une lumière souligne son profil, éclaire son visage…

Selon l’artiste lui-même: « Il n’y a plus aucun sujet pour moi sans cette lumière présente dans le monde (…) une lumière douce et bienveillante, silencieuse, épousant la réalité charnelle. Elle n’aveugle pas, elle n’anéantit pas, elle révèle. »

Je laisse mon regard se poser…je contemple…je me laisse toucher par ce qui émane de cette contemplation…Jésus, lumière du monde…notre salut…

La lumière est souvent évoquée dans la Bible: Moïse et le buisson ardent (Ex3,1-7)…l’étoile qui guide les mages (Mt 2,9-10)…Paul sur le chemin de Damas (Ac 9,3-8)…

Lumière de Dieu qui transforme la vie de ceux qui la croisent…

Lumière qui chasse les ténèbres…qui rassure quand la vie est obscurcie par les soucis, les peines…

Je fais mémoire de cette lumière dans ma vie…

« Vous êtes le sel de la terre (…) Vous êtes la lumière du monde (…) que votre lumière brille devant les hommes » (Mt 5)

Et moi?

Est-ce que je révèle au monde la saveur du Royaume de Dieu?

Est-ce que je transmets cette lumière qu’est le Christ? Comment?

J’en parle à Jésus, mon ami, ma lumière, mon salut…Et je lui confie une demande, un merci…selon ce que j’ai découvert.

Avec Jésus, je m’adresse à « Notre Père… »