Rameaux

Chaque année, en notre qualité de Chrétiens, nous célébrons le mystère central de notre foi: la Mort-Résurrection de Jésus; chaque année, nos voisins juifs célèbrent la Pâque juive, fête de la commémoration de leur libération, de la protection de Dieu lors de leur exode de l’Egypte.

Les liens entre les deux fêtes sont profonds. Pâques, fête de libération, nous vient de la fête juive.

Les Rameaux que nous avons fêtés hier  ouvrent  la Semaine Sainte. Cette fête fait mémoire de ces jours où Jésus fut acclamé comme un roi par les habitants de Jérusalem qui le saluaient avec des palmes, avant d’être condamné à mort comme un malfaiteur. Les « rameaux » de feuillage toujours vert, bénis  par le prêtre, rappellent que la vie ne finit pas.

Prenons le temps de contempler ce vitrail

Remarquons : les couleurs, les personnages, leur position

Remarquons  aussi : Jésus sur l’âne

Les disciples qui l’accompagnent

Les branches et les vêtements à terre

La foule qui acclame

Avec cette foule  qu’avons-nous à dire, à proclamer, à chanter ?

Prenons un temps de silence et de méditation.

Lecture de la lettre de Saint Paul apôtre aux Philippiens (2, 6-11)

Le Christ Jésus,
ayant la condition de Dieu,
ne retint pas jalousement
le rang qui l’égalait à Dieu.

Mais il s’est anéanti,
prenant la condition de serviteur,
devenant semblable aux hommes.

Reconnu homme à son aspect,
il s’est abaissé,
devenant obéissant jusqu’à la mort,
et la mort de la croix.
C’est pourquoi Dieu l’a exalté :
il l’a doté du Nom
qui est au-dessus de tout nom,

afin qu’au nom de Jésus
tout genou fléchisse
au ciel, sur terre et aux enfers,

et que toute langue proclame :
« Jésus Christ est Seigneur »
à la gloire de Dieu le Père.

« Aujourd’hui nous sommes en plein paradoxe. D’un côté nous sommes remplis de joie. Quand Jésus entre à Jérusalem, de grandes foules se réjouissent. Le voilà enfin, le Sauveur tant attendu ! Le Messie est là ! La Rédemption est en cours.

Mais de l’autre côté, nous avons entendu le triste récit du Seigneur rejeté, souffrant mis à mort: c’est la Passion. Le dimanche des Rameaux est aussi le dimanche de la Passion. C’est un moment solennel, empreint de gravité.

Ces deux « entrées » avaient pour motif l’amour de Dieu, ce même amour qui a amené Jésus à être obéissant au Père jusqu’à la croix, pour racheter la désobéissance d’Adam, payer le prix de nos péchés, et sauver l’humanité du désespoir et de l’injustice.

Voilà donc la solution du paradoxe. La source de notre tristesse, c’est notre péché, le péché du monde. Mais la source de notre joie, c’est l’amour du Christ, la raison même pour laquelle Jésus était prêt à souffrir, et la puissance qui, par le sacrifice de la croix, remporte la victoire sur le mal. De cette manière, les chrétiens peuvent toujours vivre le paradoxe du dimanche des Rameaux, et peuvent toujours trouver la joie, la joie de l’amour infini du Christ, en proie aux douleurs les plus atroces.

Père Joël-Laurent Vanborre

Concluons ce temps de prière par la prière reçue de Jésus lui-même :Notre Père

Bonne semaine sainte !

Psaume 104

R/ Le Seigneur s’est toujours souvenu de son alliance

Cherchez le Seigneur et sa puissance,
recherchez sans trêve sa face ;
souvenez-vous des merveilles qu’il a faites,
de ses prodiges, des jugements qu’il prononça.

Vous, la race d’Abraham son serviteur,
les fils de Jacob, qu’il a choisis.
Le Seigneur, c’est lui notre Dieu :
ses jugements font loi pour l’univers.

Il s’est toujours souvenu de son alliance,
parole édictée pour mille générations :
promesse faite à Abraham,
garantie par serment à Isaac.

Après avoir tracé sur mon corps le signe de la croix, je cherche la bonne position pour me tenir en éveil, attentif à la Parole et je demande la grâce de pouvoir faire mémoire.

Je lis le psaume proposé par la liturgie du jour, prié par les chrétiens du monde entier. Je rends grâce pour cette prière partagée qui traverse les âges, pour ces textes que le Christ lui-aussi a priés.

Je me laisse rejoindre par un mot, une expression :

Cherchez, recherchez, souvenez-vous…Des impératifs qui m’appellent à l’action, à la mémoire…

Dans mon chemin de carême m’invitant à la conversion, quels sont mes efforts pour me tourner vers le Seigneur ?

Les merveilles, les prodiges…Dans un environnement bien souvent rude et difficile, puis-je m’arrêter sur ce que la Création recèle de bon…

Un visage, une rencontre, une belle action, un paysage…Je peux faire mémoire de signes miraculeux donnés par le Christ.

Abraham, Jacob, Isaac…Je me sens héritier, membre d’un peuple…bénéficiaire de la promesse d’alliance.

Je fais mémoire de l’attention constante de Dieu pour les générations successives, et pour moi, personnellement. Je rends grâce pour la fidélité du Seigneur face à mes inconstances et mes infidélités.

Je m’adresse maintenant personnellement au Seigneur, dans une prière de louange, de demande ou d’intercession.

Je relis le psaume et termine par un Notre Père, avant de terminer ma prière en traçant à nouveau sur moi le signe de la croix.

Avec l’ Amandier en fleurs de Vincent Van Gogh

Amandier en fleurs – Vincent Van Gogh – février 1890 – Huile sur toile 73,5 x 92 cm

Je regarde ce tableau peint par Vincent Van Gogh en février à Saint-Rémy-de-Provence. C’est une branche d’amandier en fleurs. L’amandier est l’un des arbres les plus précoces ; en Provence, il fleurit dès le mois de février  et annonce le printemps.

Van Gogh l’a peint à l’occasion du baptême du fils de son frère Théo dont il est le parrain, une manière de donner à voir cette vie nouvelle reçue au baptême.

Je prends le temps de contempler cette œuvre, influencée par l’art japonais.

Je regarde le fond qui, loin d’être uniforme, est fait de petites touches de couleur avec des nuances de bleu plus ou moins foncées.

Je regarde au centre en bas, les lignes tortueuses des branches ; de couleur vert plutôt foncé, elles sont soulignées d’un trait noir. Elles s’enchevêtrent, rugueuses, noueuses et de là partent de nombreuses ramifications, toutes aussi  tortueuses.

Je regarde les fleurs, petites taches de couleur claire ; à l’inverse des branches, leur contour n’est pas marqué, leur donnant un aspect de fragilité. Lumineuses, elles irradient l’ensemble si bien que les petites branches aux extrémités reflètent cette lumière.

Lumineuses, elles irradient l’ensemble si bien que les petites branches aux extrémités reflètent cette lumière.

Quelle impression d’ensemble ? Quelle émotion produit en moi ce tableau ?

Je prends le temps de la prière

Je me mets en présence du Seigneur et lui demande de fortifier mon espérance.

Dans la Bible, on trouve aussi une allusion à l’amandier. Dans le récit de la vocation de Jérémie (Jr 1, 11-12), Le Seigneur demande à Jérémie : « Que vois-tu ? » et Jérémie répond : « Ce que je vois, c’est un rameau d’amandier ». A cela le Seigneur répond : « C’est bien vu ! Je veille à l’accomplissement de ma parole. » En hébreu, le mot ‘amandier’ est  proche du mot ‘vigilant’.  Pour Jérémie, si  l’amandier annonce  le printemps, il évoque aussi  la vigilance de Dieu, pour qu’advienne son règne.

Devant cette branche d’amandier en fleurs, je fais alors remonter  ce qui fait ma vie, en ce moment.

Je repère ce qui me semble rude, noué, rugueux … ce qui me trouble et m’inquiète… ce qui me semble compliqué … ce qui est douloureux. Et je confie au Seigneur tout ce qui est lourd à porter.

Je repère aussi toutes les petites fleurs d’espérance autour de moi. Ce sont souvent de petites choses : des gestes qui aident à vivre, des petits changements, des chemins de paix… tout ce qui me parait bon et ouvre un avenir.

Et j’en rends grâces au Seigneur.

Je parle au Seigneur :

Alors que nous nous apprêtons à célébrer le mystère pascal,  je peux  Lui demander de renforcer ma foi  dans le salut qui vient, dans la vie plus forte que la mort …

Je peux aussi lui rendre grâces pour le Royaume déjà là…  Ou pour  la vie nouvelle reçue au baptême et lui demander sa lumière et sa force pour poser, à mon tour, un geste porteur d’espérance…

Je termine en écoutant le chant : « Ta nuit sera lumière de midi »

Psaume 105

Je m’installe, respire profondément, fais silence en moi et me prépare à la rencontre avec le Seigneur… en union avec le psalmiste et tous mes frères et sœurs juifs et chrétiens…

Je lis le psaume une première fois… puis je le relis, lentement…

04 Souviens-toi de moi, Seigneur, 
dans ta bienveillance pour ton peuple ;
06 Avec nos pères, nous avons péché, 
nous avons failli et renié.

19 A l'Horeb ils fabriquent un veau, 
ils adorent un objet en métal :
20 ils échangeaient ce qui était leur gloire 
pour l'image d'un taureau, d'un ruminant.
21 Ils oublient le Dieu qui les sauve, 
qui a fait des prodiges en Égypte,
22 des miracles au pays de Cham, 
des actions terrifiantes sur la mer Rouge.

23 Dieu a décidé de les détruire. 
C'est alors que Moïse, son élu, 
surgit sur la brèche, devant lui, 
pour empêcher que sa fureur les extermine.

Ce psaume reprend l’histoire d’Israël… il rappelle la patience inépuisable de Dieu …Par la bouche du psalmiste, le peuple confesse les péchés de ses pères, évoque sa culpabilité …

Je peux faire mémoire de cette première Alliance… du peuple juif, frère aîné dans la foi…et/ou méditer les propos du pape François:

« Un regard très spécial s’adresse au peuple juif, dont l’Alliance avec Dieu n’a jamais été révoquée, parce que « les dons et les appels de Dieu sont sans repentance » (Rm 11, 29). L’Église, qui partage avec le Judaïsme une part importante des Saintes Écritures, considère le peuple de l’Alliance et sa foi comme une racine sacrée de sa propre identité chrétienne (cf. Rm 11, 16-18).

En tant que chrétiens, nous ne pouvons pas considérer le judaïsme comme une religion étrangère, ni classer les juifs parmi ceux qui sont appelés à laisser les idoles pour se convertir au vrai Dieu (cf. 1Th 1, 9). Nous croyons ensemble en l’unique Dieu qui agit dans l’histoire, et nous accueillons avec eux la commune Parole révélée. » (in Evangelii Gaudium n° 247)

C’est le temps du Carême… temps de conversion…temps de la réconciliation…

Souviens-toi de moi, Seigneur, dans ta bienveillance"
"nous avons péché, nous avons failli et renié."
"Ils oublient le Dieu qui les sauve,"

Je confie au Seigneur ce qui m’habite… mes erreurs, ma confiance… une demande de grâce, de pardon…

Je termine en m’adressant à Notre Père

Avec Saint Joseph – Contempler une oeuvre d’art

Je trace sur moi, lentement, le signe de la croix et me dispose à la prière. Attentif à ma respiration, je m’efforce, à l’expiration, de me libérer des préoccupations qui peuvent empêcher ma disponibilité à l’écoute du Seigneur.   

Je contemple une œuvre d’art

En cette fête de St Joseph, je contemple cette œuvre de François-Xavier de Boissoudy.

Du fond légèrement opaque, émergent les deux figures de Jésus et de Joseph. Je m’arrête sur la lumière qui irradie des deux visages.

Je suis sensible au regard de Joseph, à la fois ouvert à la relation à son fils, et tourné en lui-même, centré sur son intériorité. Ma relation à l’autre touche à la relation que j’entretiens à moi-même et à Dieu.

Je contemple maintenant le visage de Jésus, les yeux ouverts et le visage souriant à la tendresse manifestée par Joseph, une tendresse qui anime son visage, qui fait sourdre la vie.

Je suis du regard le bras de Joseph, sa main délicatement posée sur l’épaule de Jésus, qui dit la confiance, l’encouragement. Une ligne lumineuse qui va du visage, du cou et de la poitrine, de son bras jusqu’à ses doigts semble transmettre un flux lumineux.

Prenant un peu de recul, j’observe comment l’œuvre met en scène la complexité délicate de toute relation.

Deux personnes qui existent dans et par la relation…dans la proximité d’un contact et dans la distance gardée dans l’échange de regards.

François-Xavier de Boissoudy veut représenter, dans cette œuvre, l’accueil de Jésus par Joseph, après sa « disparition » au Temple, pour enseigner les Docteurs. Bonheur de retrouver son fils après l’inquiétude suscitée par son absence. Consentement à sa liberté.

Je médite un texte du Pape François

En 2020, à l’occasion du 150ème anniversaire de la déclaration de St Joseph comme patron de l’Église universelle, le Pape François a écrit le texte Patris corde, « avec un cœur de père ».

J’en lis un extrait.

« Joseph a vu Jésus grandir jour après jour « en sagesse, en taille et en grâce, devant Dieu et devant les hommes » (Lc 2, 52). Tout comme le Seigneur avait fait avec Israël, « il lui a appris à marcher, en le tenant par la main : il était pour lui comme un père qui soulève un nourrisson tout contre sa joue, il se penchait vers lui pour lui donner à manger » (cf. Os 11, 3-4).

Jésus a vu en Joseph la tendresse de Dieu : « Comme la tendresse du père pour ses fils, la tendresse du Seigneur pour qui le craint » (Ps 103, 13).

Joseph aura sûrement entendu retentir dans la synagogue, durant la prière des Psaumes, que le Dieu d’Israël est un Dieu de tendresse, qu’il est bon envers tous et que « sa tendresse est pour toutes ses œuvres » (Ps 145, 9).

L’histoire du salut s’accomplit en « espérant contre toute espérance » (Rm 4, 18), à travers nos faiblesses. Nous pensons trop souvent que Dieu ne s’appuie que sur notre côté bon et gagnant, alors qu’en réalité la plus grande partie de ses desseins se réalise à travers et en dépit de notre faiblesse. C’est ce qui fait dire à saint Paul : « Pour m’empêcher de me surestimer, j’ai reçu dans ma chair une écharde, un envoyé de Satan qui est là pour me gifler, pour empêcher que je me surestime. Par trois fois, j’ai prié le Seigneur de l’écarter de moi. Mais il m’a déclaré : « Ma grâce te suffit, car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse » » (2 Co 12, 7-9).

Si telle est la perspective de l’économie du salut, alors nous devons apprendre à accueillir notre faiblesse avec une profonde tendresse. »

A partir de ma propre expérience (de père, de mère, de fils, de fille, d’époux, d’épouse, d’ami, d’amie…), je laisse monter à moi une expérience ressentie de tendresse.

Comment cette expérience vécue peut se faire perception de la relation que le Seigneur veut établir avec moi ?

En ce temps de carême, où nous sommes appelés à nous convertir, le Pape nous invite à nous regarder nous-même avec tendresse.

Comment, dans ce chemin qui mène vers Pâques, puis-je ajuster la relation à moi-même, dans un équilibre entre exigences et consentement à mes limites ?

Je poursuis ma prière par une parole personnelle, présentant au Seigneur mon offrande, ma louange, ma supplication…

Avec toute l’Église, je dis « Notre Père… » et termine en traçant à nouveau sur moi le signe de la croix.

Psaume 94

Le psaume qui nous est donné par la liturgie en ce jeudi 16 mars est le psaume 94 dit « Psaume invitatoire »

Le psaume dit « invitatoire » ne peut être envisagé seul, il fait partie de l’introduction de l’office qu’on appelle l’invitatoire, ce qui ouvre le premier office de la journée (lectures ou laudes),

ce qui nous invite (d’où le nom) à entrer dans la prière, ce qui nous invite à nous tourner vers Dieu dès le lever du jour. « Venez crions de joie pour le Seigneur ! »         Sœur Marie-Paule Somville, bénédictine

Avant de prier ce psaume écoutons l’expérience de Frère Benoit , qui chaque matin commence sa prière par ce psaume :

« Chaque matin, la foule des priants se laisse éveiller à l’appel de ce Psaume 94, chaque matin, le voilà qui emplit ma bouche et résonne à mes oreilles. Oui, c’est bien aujourd’hui que je veux entendre Ta voix, au milieu du fracas incessant des mille autres voix qui emplissent ma tête et mes sens. Pourquoi Ta voix ne résonne-t-elle pas comme le roulement du tonnerre ? Pourquoi se fait-Elle sentir seulement dans la discrétion, comme un doux souffle de vent à peine perceptible ?

Une fois encore, j’ai ouvert le Livre des Psaumes. Ligne après ligne, j’écoute le cri du Quatre-vingt-quatorzième. Mon cœur est-il donc si endurci, que je ne perçoive que des mots imprimés sur un morceau de papier, et peut-être trop souvent répétés ? Ton souffle va-t-il faire frémir la feuille et animer les paroles ? Parle, Seigneur, et permets à mon cœur d’accueillir ce message que Tu me destines pour aujourd’hui ! » Frère Benoît Billot 

Maintenant en union avec tous les priants du monde, mettons nous en disposition pour nous tourner vers Dieu à l’aide de ce psaume

Venez, crions de joie pour le Seigneur,
acclamons notre Rocher, notre salut !
 Allons jusqu'à lui en rendant grâce,
par nos hymnes de fête acclamons-le !

 Oui, le grand Dieu, c'est le Seigneur,
le grand roi au-dessus de tous les dieux :
 il tient en main les profondeurs de la terre,
et les sommets des montagnes sont à lui ;
 
à lui la mer, c'est lui qui l'a faite,
et les terres, car ses mains les ont pétries.

Entrez, inclinez-vous, prosternez-vous,
adorons le Seigneur qui nous a faits.
 Oui, il est notre Dieu ; +
nous sommes le peuple qu'il conduit,
le troupeau guidé par sa main.

Aujourd'hui écouterez-vous sa parole ? +
 « Ne fermez pas votre cœur comme au désert,
comme au jour de tentation et de défi,
 où vos pères m'ont tenté et provoqué,
et pourtant ils avaient vu mon exploit.

 « Quarante ans leur génération m'a déçu, +
et j'ai dit : Ce peuple a le cœur égaré,
il n'a pas connu mes chemins.
 Dans ma colère, j'en ai fait le serment :
Jamais ils n'entreront dans mon repos. »

Prier avec l’eau

Marie-André Brellier engagée dans le Diocèse de Montpellier, s’inspire ici de l’Ecriture des icônes

L’Evangile du 3ème dimanche de Carême est le récit de la rencontre de Jésus avec la Samaritaine. Prions avec le début de ce récit.

En ce temps-là, Jésus arriva à une ville de Samarie, appelée Sykar, près du terrain que Jacob avait donné à son fils Joseph. Là se trouvait le puits de Jacob.Jésus, fatigué par la route, s’était donc assis près de la source. C’était la sixième heure, environ midi.
Arrive une femme de Samarie, qui venait puiser de l’eau. Jésus lui dit : « Donne-moi à boire. »
( En effet, ses disciples étaient partis à la ville pour acheter des provisions).
La Samaritaine lui dit : « Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine ? »
( En effet, les Juifs ne fréquentent pas les Samaritains).
Jésus lui répondit : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : ‘Donne-moi à boire’,
c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive. Elle lui dit : « Seigneur, tu n’as rien pour puiser, et le puits est profond. D’où as-tu donc cette eau vive ? Serais-tu plus grand que notre père Jacob qui nous a donné ce puits, et qui en a bu lui-même, avec ses fils et ses bêtes ? »
Jésus lui répondit : « Quiconque boit de cette eau aura de nouveau soif ; mais celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; et l’eau que je lui donnerai

deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. »  (Jn 4,5-14)

« Donne-moi à boire » 

Près du puits de Jacob, Jésus a soif et demande de l’eau à la Samaritaine.

Dans ce pays aride qu’est la Samarie, l’eau est vitale. Le puits de Jacob avec sa source, est un point stratégique où l’on peut s’abreuver. C’est aussi un lieu de rencontre. Bien que juif, Jésus  brise les frontières et demande de l’eau à une femme étrangère.

Je considère cette eau toujours aussi précieuse,  ses bienfaits, les conséquences de son manque… Je considère  ce bien commun qu’il est nécessaire de préserver et de partager.

Ma  prière peut se faire action de grâces pour l’eau, comme l’a fait François d’Assise.

Je peux aussi prier et  demander  au Seigneur son aide pour agir en vue d’un meilleur respect de l’environnement. Que cette eau ne soit pas source de conflits mais occasion d’alliance avec d’autres pour partager cette richesse dont nous avons tous besoin.

«Si tu savais le don de Dieu… il t’aurait donné de l’eau vive »

Il y a comme un malentendu entre Jésus et la Samaritaine sur l’eau. La soif dont parle Jésus est d’un autre ordre ; soif de relation aux autres, soif de relation avec le Tout Autre, soif de la Parole de Dieu. L’eau vive que promet Jésus vient rejoindre le désir, enfoui au cœur de tout être humain, d’une vie en plénitude, d’une vie harmonieuse.

Et moi, qu’est-ce que je cherche ; de quoi suis-je en attente ? Quelle est ma soif que les biens matériels ne peuvent combler ? Je fais mémoire de moments de plénitude.

Ma prière peut se faire action de grâces pour les moments fraternels, les moments de partage qui  réjouissent le coeur et  font vivre.

Je peux aussi prier et demander l’aide du Seigneur  pour que cesse la course à l’avoir, et les violences qu’elle entraîne, et pour être moi-même artisan de paix et de fraternité.

« L’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissant pour la vie éternelle »

Promesse inouïe d’une vie au-delà de la mort ! Par sa mort et sa résurrection, le Christ nous donne accès à cette vie divine. L’eau jaillissante en vie éternelle, c’est l’Esprit qui fait de nous des enfants de Dieu. Au baptême, nous avons été plongés dans cette eau.

Ai-je conscience de cette source qui se tient au plus profond de nous-mêmes ? Comment suis-je à son écoute ?

Ma prière peut se faire action de grâces pour la vie donnée…  pour les catéchumènes qui se préparent à recevoir le baptême à Pâques.

Je peux aussi prier l’Esprit saint, qui habite en mon cœur : qu’il me guide sur le chemin de l’Evangile.

Je termine ce temps en écoutant : « Béni sois-tu pour l’eau »

Psaume 1

Heureux est l’homme
    qui n’entre pas au conseil des méchants,
qui ne suit pas le chemin des pécheurs,
ne siège pas avec ceux qui ricanent,
mais se plaît dans la loi du Seigneur
et murmure sa loi jour et nuit !

Il est comme un arbre
    planté près d’un ruisseau,
qui donne du fruit en son temps,
et jamais son feuillage ne meurt ;
tout ce qu’il entreprend réussira.
Tel n’est pas le sort des méchants.

Mais ils sont comme la paille
    balayée par le vent.
Le Seigneur connaît le chemin des justes,
mais le chemin des méchants se perdra.

Je m’installe confortablement et calme ma respiration et mes pensées. Dans ce temps choisi de silence, j’ouvre mon cœur à Dieu.

Je lis ce psaume, par lequel commence  le livre des psaumes, à haute voix, lentement.

Je me laisse rejoindre et travailler intérieurement par les expressions, les images du texte :

Heureux : il n’est pas anodin que le premier mot du psautier soit « heureux », que ce livre partagé par les chrétiens du monde entier s’ouvre par une béatitude. Le Seigneur, sans cesse, m’appelle au bonheur.

Comment est-ce que je me sens, personnellement appelé au bonheur de « murmurer sa loi, nuit et jour », de me mettre sans relâche à l’écoute et à la mise en pratique de sa Parole ?

 « Un arbre planté près d’un ruisseau » / « la paille balayée par le vent ». Je contemple la solidité de l’arbre enraciné, comme je perçois le tournoiement erratique de la paille légère et volatile.

J’éprouve ma propre solidité dans notre environnement si tourmenté. Quels sont mes ancrages, quelles sont mes racines, à quel ruisseau est-ce que je m’abreuve ?

« (Il) donne du fruit en son temps et jamais son feuillage ne meurt ». Je m’arrête sur la vigueur de l’arbre. En ce début de printemps, je contemple tous les signes du réveil de la nature, qui jamais ne se meurt.

Comment dans ma vie, aujourd’hui, dans ce temps qui est le mien, est-ce que je m’efforce de porter du fruit ? De quelle espérance puis-je témoigner ?

Je relis le psaume avant de me confier au Seigneur, en lui demandant de me mettre « sur le chemin des justes. »

Je termine en disant le Notre Père…

En ce temps de Carême

Méditation du Bienheureux Charles de Foucauld

Il faut passer par le désert et y séjourner pour recevoir la Grâce de Dieu ; c’est là qu’on se vide, qu’on chasse de soi tout ce qui n’est pas Dieu et qu’on vide complètement cette petite maison de notre âme pour laisser toute la place à Dieu seul.

C’est indispensable… C’est un temps de grâce, c’est une période par laquelle toute âme qui veut porter des fruits doit nécessairement passer. Il lui faut ce silence, ce recueillement, cet oubli de tout le créé, au milieu desquels Dieu établit son règne et forme en elle l’esprit intérieur.

Si cette vie intérieure est nulle, il y aura beau avoir du zèle, de bonnes intentions, beaucoup de travail, les fruits sont nuls: c’est une source qui voudrait donner de la sainteté aux autres, mais qui ne peut, ne l’ayant pas:

on ne donne que ce qu’on a et c’est dans la solitude, dans cette vie, seul avec Dieu seul, dans ce recueillement profond de l’âme qui oublie tout le créé pour vivre seule en union avec Dieu, que Dieu se donne tout entier à celui qui se donne ainsi tout entier à Lui.

Notre Seigneur n’en n’avait pas besoin mais il a voulu nous donner l’exemple. Rendez à Dieu ce qui est à Dieu.

Psaume 137

De tout mon coeur, Seigneur, je te rends grâce : tu as entendu les paroles de ma bouche. Je te chante en présence des anges, vers ton temple sacré, je me prosterne

Je rends grâce à ton nom pour ton amour et ta vérité, car tu élèves, au-dessus de tout, ton nom et ta parole. Le jour où tu répondis à mon appel, tu fis grandir en mon âme la force. Ta droite me rend vainqueur. Le Seigneur fait tout pour moi ! Seigneur, éternel est ton amour : n'arrête pas l'oeuvre de tes mains.

Malel

Je me dispose à la rencontre avec le Seigneur. Je fais silence en moi.Ce psaume est une prière que j’adresse au Seigneur, ce sont mes paroles, connectées à ma vie .

Je le lis lentement, je le chuchote, je m’arrête sur tel ou tel mot et les laisse rejoindre ma vie actuelle.

« je te rends grâce…,je te chante…, »

Je m’arrête et contemple mon quotidien, ces derniers jours. Qu’est-ce qui m’a rempli.e de joie ? apporté la paix ? Quels gestes, quelle rencontre, quels échanges …? Et je peux rendre grâce .

« tu as entendu les paroles de ma bouche…, tu répondis à mon appel..tu fis grandir en mon âme la force »

Je fais mémoire de ces moments où j’ai prié le Seigneur, où je lui ai demandé son aide; ces instants plus sombres, où les relations ont peut-être été difficiles,où le courage m’a manqué … mais où il a été présent et m’a relevé.e

« Eternel est ton amour: N’arrête pas l’oeuvre de tes mains »

Je pense à demain, aux jours qui viennent, aux personnes que je vais rencontrer, aux événements, aux activités qui vont habiter mes journées. Bénis-les Seigneur, bénis-moi! « Que ta droite me rende vainqueur.e » du Malin à l’oeuvre ! Convertis-moi à ton amour !

Je termine ce temps de prière en disant en communion avec tous mes frères chrétiens: Notre Père

Comment ne pas te louer ?