Au creux de l’automne

Église de Brinay (Cher)
A l’entrée du chœur, l’arc évoque, par des fresques, les travaux des champs et les saisons.

Dans beaucoup d’églises romanes, les travaux des jours sont représentés. Façon de souligner que nous sommes appelés à faire offrande de tout ce que la terre produit, et de valoriser le travail de l’homme. Les fidèles entrent dans l’église, habités de leurs tâches quotidiennes.

Au creux de l’automne, nous voyons le cycle de la nature préparer l’entrée dans l’hiver. Le vent arrache déjà les feuilles des arbres…Mais nous profitons encore de la profusion de la nature. Prenons le temps de contempler les récoltes de l’automne qui recueillent les fruits de la terre par le travail des hommes.

Je peux évoquer la cueillette des fruits, les vendanges, la récolte de champignons…

Je lis quelques versets du psaume 103 qui rappelle les biens donnés par le Seigneur, qui emplissent la terre. Je prends le temps de laisser venir en moi les images déployées par ce psaume, pour faire action de grâce.

De tes demeures tu abreuves les montagnes, et la terre se rassasie du fruit de tes œuvres ; tu fais pousser les prairies pour les troupeaux, et les champs pour l’homme qui travaille.

De la terre il tire son pain : le vin qui réjouit le cœur de l’homme, l’huile qui adoucit son visage, et le pain qui fortifie le cœur de l’homme.

Les arbres du Seigneur se rassasient, les cèdres qu’il a plantés au Liban ; c’est là que vient nicher le passereau, et la cigogne a sa maison dans les cyprès aux chamois, les hautes montagnes, aux marmottes, l’abri des rochers.

Tu fis la lune qui marque les temps et le soleil qui connaît l’heure de son coucher. Tu fais descendre les ténèbres, la nuit vient :les animaux dans la forêt s’éveillent ; le lionceau rugit vers sa proie, il réclame à Dieu sa nourriture.

Quand paraît le soleil, ils se retirent : chacun gagne son repaire. L’homme sort pour son ouvrage,pour son travail, jusqu’au soir.

Quelle profusion dans tes œuvres, Seigneur ! Tout cela, ta sagesse l’a fait ; la terre s’emplit de tes biens.

Dans un temps de prière personnelle, je présente au Seigneur ma relation à la nature, le soin que je prends de la création. Je demande aussi pardon pour mes abus, peut-être, dans ma consommation, mes façons de vivre… Nous savons en effet  combien notre environnement subit d’agressions aujourd’hui. Je demande, avec le Pape François, que nous sachions prendre soin de la maison commune.

Dieu Tout-Puissant
qui es présent dans tout l’univers
et dans la plus petite de tes créatures,
Toi qui entoures de ta tendresse tout ce qui existe,
répands sur nous la force de ton amour pour que
nous protégions la vie et la beauté.
Inonde-nous de paix, pour que nous vivions
comme frères et sœurs
sans causer de dommages à personne.
Ô Dieu des pauvres,
aide-nous à secourir les abandonnés
et les oubliés de cette terre
qui valent tant à tes yeux.
Guéris nos vies,
pour que nous soyons des protecteurs du monde
et non des prédateurs,
pour que nous semions la beauté
et non la pollution ni la destruction.
Touche les cœurs
de ceux qui cherchent seulement des profits
aux dépens de la terre et des pauvres.
Apprends-nous à découvrir
la valeur de chaque chose,
à contempler, émerveillés,
à reconnaître que nous sommes profondément unis
à toutes les créatures
sur notre chemin vers ta lumière infinie.
Merci parce que tu es avec nous tous les jours.
Soutiens-nous, nous t’en prions,
dans notre lutte pour la justice, l’amour et la paix.

Laudato Si’

Psaume 1

Heureux est l’homme
     qui n’entre pas au conseil des méchants,
qui ne suit pas le chemin des pécheurs,
ne siège pas avec ceux qui ricanent,
mais se plaît dans la loi du Seigneur
et murmure sa loi jour et nuit !

Il est comme un arbre
     planté près d’un ruisseau,
qui donne du fruit en son temps,
et jamais son feuillage ne meurt ;
tout ce qu’il entreprend réussira.
Tel n’est pas le sort des méchants.

Mais ils sont comme la paille
     balayée par le vent.
Le Seigneur connaît le chemin des justes,
mais le chemin des méchants se perdra.

Seigneur Jésus, me voici présent pour toi. Je laisse mes préoccupations pour me tourner vers le Dieu d’amour. Je me prépare à vivre en coeur à coeur avec Dieu. Au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit

J’écoute maintenant ce psaume dit par Mickael Lonsdale:

Heureux est l’homme ; se plaît dans la loi du Seigneur; murmure sa loi

Je me rappelle de quelle loi le Seigneur me fait don . « Heureux… », le Seigneur veut pour moi, pour chacun de nous, le bonheur. Je médite ce que cela signifie, ce que cela recouvre, où cela rencontre mon désir.

comme un arbre planté près d’un ruisseau; donne du fruit..; jamais son feuillage ne meurt

Je peux entendre le bruit de l’eau, sentir la fraîcheur, contempler la vigueur du feuillage. Toutes ces images me rejoignent dans un mouvement de vie et me donnent du goût, celui de répondre à ce don avec reconnaissance.

Je peux m’arrêter sur un mot, une image , leur laisser le temps de résonner en moi, de me questionner, de m’éclairer.

Je relis lentement le psaume et parle au Seigneur du fruit de ma prière. Je peux rendre grâce ou lui faire une demande.

Je termine en disant: Notre Père …

Prier avec le Père Wresinski

Le 12 février 1917, Joseph Wresinski naît en France. Son enfance est marquée par l’expérience de misère et de courage de sa famille. Il y forge sa conviction que personne ne doit rester seul face à la misère et cherche à rejoindre celles et ceux qui sont condamnés à vivre dans des conditions indignes.

Devenu prêtre, il rejoint deux cent cinquante familles hébergées dans un camp de sans-logis de la région parisienne.

En 1957, il fonde avec elles le Mouvement ATD Quart Monde. Ensemble, ils se mettent debout pour sortir du silence. Aujourd’hui, le Mouvement est présent dans une trentaine de pays et entretient des liens dans une centaine d’autres.

Le 17 octobre 1987, Joseph Wresinski et cent mille personnes de tous milieux inaugurent une dalle en l’honneur des plus pauvres sur le Parvis des libertés et des droits de l’Homme à Paris. C’est la Journée mondiale du refus de la misère, devenue en 1992 une Journée des Nations Unies.

Les mots gravés sur la dalle lancent un appel à tous:

« Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré.»

Aujourd’hui, partout dans le monde, des personnes s’inspirent de cet homme et de cet appel. Elles se mettent en marche pour rejoindre les plus abandonnés. En ne laissant personne de côté, elles créent une humanité empreinte de respect, de justice et de paix.

J’écoute l’appel lancé par le P. Wresinski à cette occasion : « Je témoigne de vous… »

http://refuserlamisere.org/article/je-temoigne-de-vous#

Je laisse ces paroles rejoindre l’Evangile :

Je me remémore le texte d’Isaïe que Jésus vient accomplir : « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce qu’il m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs la libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés… »

Je laisse ces paroles rejoindre mon expérience concrète :

Je me remets en mémoire les situations concrètes de lutte contre la misère que je vois autour de moi. Je repère la force de vie qui jaillit malgré tout. Je contemple tous ces gestes  de solidarité, de respect, de défense des droits… portés par les personnes ou les mouvements les plus divers.

Et j’en rends grâce au Seigneur

Je laisse maintenant remonter les situations de misère autour de moi.

A quelle forme de misère suis-je le plus sensible ? Qu’est-ce qui me parait à inadmissible ?

Je demande pardon pour ces situations de souffrance et d’injustice. Je demande pardon pour ma part  de résignation ou d’indifférence.

Puis, je peux demander au Seigneur son aide pour  que, à ma façon, je contribue à bâtir une société plus juste et plus fraternelle.  Pour que la parole des plus pauvres soit entendue et qu’ils trouvent place dans l’Eglise.

Alors que s’ouvre la Semaine missionnaire mondiale, je prie le Père de  d’envoyer des ouvriers pour sa moisson.

Je termine en écoutant le chant : « Missionnaire de la joie de l’Evangile » :

Psaume 129

Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur,
Seigneur, écoute mon appel !
Que ton oreille se fasse attentive
au cri de ma prière !

Si tu retiens les fautes, Seigneur,
Seigneur, qui subsistera ?
Mais près de toi se trouve le pardon
pour que l’homme te craigne.

J’espère le Seigneur de toute mon âme ;
je l’espère, et j’attends sa parole.
Mon âme attend le Seigneur
plus qu’un veilleur ne guette l’aurore.

Mon âme…veilleur qui guette l’aurore
  1. Je me dispose à la prière, en demandant au Seigneur de faire miennes les demandes du psalmiste.
  2.  Je lis le psaume, lentement, et me laisse rejoindre par un mot, une expression, un verset que je me redis plusieurs fois.
  3. Je relis le psaume une nouvelle fois. Je m’arrête sur ce qui est dit à la première personne : « je crie » ; « j’espère » ; « j’attends » … Et je prends le temps, aujourd’hui, de formuler les cris qui peuvent monter en moi. Puis je contemple la fidélité du Seigneur, toujours là pour écouter mes appels.
  4. Je termine en m’unissant à tous les baptisés qui, aujourd’hui, de par le monde disent ce même psaume en partageant la prière que le Christ nous a laissée. « Notre Père… »

DIEU AVAIT BESOIN

Dieu avait besoin d’un père pour son peuple.
Il choisit un vieillard.
Alors Abraham se leva…


Il avait besoin d’un porte-parole.
Il choisit un timide qui bégayait.
Alors Moïse se leva…


Il avait besoin d’un chef pour conduire son peuple.
Il choisit le plus petit, le plus faible.
Alors David se leva…


Il avait besoin d’un roc pour poser l’édifice.
Il choisit un renégat.
Alors Pierre se leva…


Il avait besoin d’un visage pour dire aux hommes son amour.
Il choisit une prostituée.
Ce fut Marie de Magdala…


Il avait besoin d’un témoin pour crier son message.
Il choisit un persécuteur.
Ce fut Paul de Tarse…


Il avait besoin de quelqu’un pour que son peuple se rassemble
et qui aille vers les autres.
Il t’a choisi : même si tu trembles, pourrais-tu ne pas te lever ?

Mgr Jean-Baptiste Pham-Mi nh-Man
Archevêque de Saigon

Psaume 1

Heureux est l’homme
     qui n’entre pas au conseil des méchants,
qui ne suit pas le chemin des pécheurs,
ne siège pas avec ceux qui ricanent,
mais se plaît dans la loi du Seigneur
et murmure sa loi jour et nuit !

Il est comme un arbre
     planté près d’un ruisseau,
qui donne du fruit en son temps,
et jamais son feuillage ne meurt ;
tout ce qu’il entreprend réussira.
Tel n’est pas le sort des méchants.

Mais ils sont comme la paille
     balayée par le vent.
Le Seigneur connaît le chemin des justes,
mais le chemin des méchants se perdra.

Je fais silence en moi et me dispose à la rencontre…

Je peux lire la 1ère lecture de ce jour, en lien avec le psaume…

Puis je lis le psaume, autant de fois que nécessaire… 

Je peux regarder  sa structure:

« Heureux qui… » : les versets 1 à 3 développent  ce qui fait le vrai bonheur de ceux qui font la volonté de Dieu. « Mais ce  n’est pas le cas… » : le verset 4 oppose le sort de ceux qui vivent loin de Dieu. Le verset 6 « résume » l’alternative, le choix à faire…

Je repère des mots, des expressions qui me touchent…

C’est chaque jour que nous avons à choisir entre vie et bonheur ou mort et malheur …

Je laisse résonner les mots dans mon cœur…

Ils interrogent mon désir…

Est-ce que je veux vraiment demeurer avec le Seigneur et mettre mes pas dans les siens, ou suivre mes idoles? Porter du fruit ou me laisser aller loin de la source?

Ce choix est de chaque instant, invitation à la vigilance, à la persévérance, pour le bonheur…

Je fais mémoire de situations où je me suis sentie(e) « comme un arbre planté près d’un ruisseau », donnant du fruit…

Je rends grâce pour ce don reçu et partagé qui a produit paix, joie, élan, confiance, espérance…

Je confie au Seigneur ce qui m’habite…

En ce jour où nous fêtons Notre-Dame du Rosaire, je m’adresse à Marie:

La première en chemin…

avec l’Evangile du jour

L’évangile du jour nous propose la parabole du Bon Samaritain. Un récit bien connu, par lequel le Christ répond à la question du légiste : « et qui est mon prochain ? ». Ce récit est illustré par un vitrail dans la cathédrale de Bourges, dans le déambulatoire, côté nord. Le maître verrier a choisi de donner le même visage au blessé, au Samaritain et au Christ. Il veut ainsi nous faire approcher ce mystère : le visage du Christ est à chercher dans les personnes fragiles, blessées et le Christ, tel le Bon samaritain, descend des cieux pour venir nous secourir.

Évangile selon St Luc, 10, 25-37

En ce temps-là, voici qu’un docteur de la Loi se leva et mit Jésus à l’épreuve en disant :
« Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? » Jésus lui demanda :
« Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ? Et comment lis-tu ? »  L’autre répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence,et ton prochain comme toi-même. »  

Jésus lui dit :« Tu as répondu correctement. Fais ainsi et tu vivras. » 

Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus :« Et qui est mon prochain ? » 

Jésus reprit la parole : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur des bandits ; ceux-ci, après l’avoir dépouillé et roué de coups, s’en allèrent, le laissant à moitié mort. Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ; il le vit et passa de l’autre côté.  De même un lévite arriva à cet endroit ; il le vit et passa de l’autre côté. Mais un Samaritain, qui était en route, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de compassion. Il s’approcha, et pansa ses blessures en y versant de l’huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture,
le conduisit dans une auberge et prit soin de lui.  Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent,
et les donna à l’aubergiste, en lui disant : “Prends soin de lui ; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai. Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain
de l’homme tombé aux mains des bandits ? » Le docteur de la Loi répondit : « Celui qui a fait preuve de pitié envers lui. » Jésus lui dit : « Va, et toi aussi, fais de même. »

Je prends le temps de lire, lentement, le récit en visualisant la scène : la route que parcourent les divers voyageurs ; les personnages successifs ; le regard que chacun porte sur l’autre…

Le blessé, et le prêtre et le lévite, indifférents

Je m’arrête sur le prêtre et le lévite, indifférents à la souffrance du blessé, accaparés qu’ils sont par leurs occupations cultuelles…Et moi, que puis-je dire de mon attention, de mes manques d’attention à autrui.

Je m’arrête ensuite sur le Bon Samaritain, qui accepte d’interrompre son voyage, de donner de son temps. Je peux rendre grâce pour  tel ou tel qui a pu me donner du temps, me venir en aide à une étape difficile de ma vie. Je peux intercéder pour tel ou tel à qui je suis déjà venu en aide.

Le Bon samaritain a chargé le blessé sur sa monture et l’emmène à l’auberge

Le Pape François parle souvent de la « mondialisation de l’indifférence ». J’ouvre ma prière à l’universel pour évoquer les personnes, le peuples, les causes qui ont besoin de notre prière et de notre engagement.

Je relis ces extraits de Fratelli Tuti du pape François, qui nous offre une profonde méditation de ce récit 

« Donc, je ne dis plus que j’ai des « prochains » que je dois aider, mais plutôt que je me sens appelé à devenir prochain pour les autres. » (Fratelli Tutti n°81).

« Ainsi le terme « prochain » perd tout son sens et seul le mot « partenaire », l’associé pour des intérêts déterminés, a du sens. » (Fratelli tutti, n°102).

Le Samaritain « a été en mesure d’interrompre son voyage, de changer de projet, d’être disponible pour s’ouvrir à la surprise de l’homme blessé qui avait besoin de lui. »  (Fratelli tutti, n°101)

Je prie le Notre Père et je m’arrête sur la première expression : « que ton règne vienne »…Nous sommes appelés à construire le règne de Dieu en nous faisant le prochain d’autrui.

Le Christ en croix

Psaume 18

La loi du Seigneur est parfaite,
qui redonne vie ;
la charte du Seigneur est sûre,
qui rend sages les simples.

Les préceptes du Seigneur sont droits,
ils réjouissent le cœur ;
le commandement du Seigneur est limpide,
il clarifie le regard.

La crainte qu’il inspire est pure,
elle est là pour toujours ;
les décisions du Seigneur sont justes
et vraiment équitables :

plus désirables que l’or,
qu’une masse d’or fin,
plus savoureuses que le miel
qui coule des rayons.

Je me mets à l’écart.

Je me dispose à la prière et je demande au Seigneur  qu’Il me nourrisse de  sa Parole.

Je lis les versets qui me sont donnés, ils disent la Joie parfaite d’appartenir au Seigneur.

Ces mots se font miens, je les relie à ce qui fait ma vie aujourd’hui. Je les lis à nouveau, je les retiens un moment pour mieux les goûter. Ils prennent peu à peu la forme de l’accomplissement de la Parole.

Je contemple le chemin de plénitude qui s’ouvre à moi et me tient dans l’espérance.

Je discerne où est mon désir.

Dans ma prière, je peux demander au Seigneur de venir davantage pour que j’aille plus loin en Lui.

Prier devant une tapisserie

Tapisserie de Jacques Chéry – Haïti
L’artiste peintre Jacques Chéry est un chrétien d’Haïti né en 1928. Par son art de style « primitif », il cherche à éclairer ce qui se vit dans son pays à la lumière de la Parole du Dieu vivant.

Pour commencer ce temps de prière, je me tourne vers le Seigneur pour  lui demander de discerner à mon tour ce qui, dans la vie du monde d’aujourd’hui, défigure l’homme et la création et ce qui a le goût de l’Evangile.

Regardons l’ensemble de cette tapisserie : elle est lumineuse, colorée,  entourée d’un arc en ciel, signe de l’Alliance de Dieu avec son peuple.  Elle est composée de 3 bandes verticales et de 3 bandes horizontales délimitant  9  petites scènes.  Dans la bande centrale se tient Jésus, vêtu de rouge. Les autres scènes, en bas et en haut, sont des scènes de la vie quotidienne.

Au centre, l’arbre dont les racines puisent dans la mer et s’élève jusqu’au ciel ;  Jésus y est crucifié,  dépouillé de ses vêtements. La présence du serpent rappelle la présence du mal et du péché qui défigure l’humanité. Mais cet arbre de la croix, avec ses feuilles et ses nombreux fruits est aussi un arbre de vie.

A sa droite, l’on peut reconnaitre l’épisode de Jésus chassant les marchands du Temple, ce qui lui vaudra d’être arrêté, jugé et condamné.

A sa gauche, Jésus porte un auréole et est entouré de bêtes sauvages ;  c’est le Christ ressuscité, vainqueur du mal ; il apporte la paix pour tous les êtres vivants.

En bas, se trouve la mer sombre et agitée et 3 scènes qui décrivent des situations où les droits humains sont bafoués : situation d’émigration, de guerre, de compétition. La violence et la souffrance caractérisent ces scènes de ténèbres.

Mais même là, l’artiste a inséré une lumière d’espoir, un geste de solidarité, une main tendue…  Et dans certains cas, il a  placé le Christ, reconnaissable à sa tunique rouge, aux côtés des victimes, ployant par exemple sous les coups des soldats.

En haut, les 3 scènes sont plus lumineuses.  Au centre, le sommet de l’arbre de vie et dessous la création telle que Dieu la voulue, harmonieuse et bonne. A gauche, des hommes et des femmes accueillant les 10 commandements et leur traduction actuelle dans les droits de l’Homme. A droite, un repas  festif, avec abondance des fruits, diversité des convives et joie du service.

Après cette vue d’ensemble, je me laisse attirer par l’une ou l’autre scène, et j’en choisis une que je regarde plus attentivement, dans ses détails.

Puis je réfléchis :

A quelle situation actuelle, cette scène me renvoie-t-elle ?

Qu’est-ce qu’elle éveille en moi comme sentiment ?

Qu’est-ce qui manifeste une foi en la vie, une charité en actes, une espérance ?

Quel lien pour moi avec l’Evangile ? Quelle parole de Dieu éclaire ce que je vois ?

Comment cela me rejoint-il personnellement ? Comment cela me déplace ?…

Après ce temps, je me tourne à nouveau vers le Seigneur pour lui dire ce que j’ai dans le cœur : un désir d’agir, une prière d’intercession, un merci, un pardon…

Et je termine en disant un Notre Père.

Psaume 149

Chantez au Seigneur un chant nouveau,
louez-le dans l’assemblée de ses fidèles !
En Israël, joie pour son créateur ;
dans Sion, allégresse pour son Roi !

Dansez à la louange de son nom,
jouez pour lui, tambourins et cithares !
Car le Seigneur aime son peuple,
il donne aux humbles l’éclat de la victoire.

Que les fidèles exultent, glorieux,
criant leur joie à l’heure du triomphe.
Qu’ils proclament les éloges de Dieu,
c’est la fierté de ses fidèles.

  1. Je lis lentement ce psaume de louange, sensible à l’expression répétée de la joie : « joie pour son créateur » ; « allégresse pour son roi » ; « que les fidèles exultent » ; « criant leur joie ».
  2. « Joie pour son créateur » : en ce mois de la création, je repère dans le monde créé qui m’entoure, des occasions de me réjouir.
  3. « allégresse pour son Roi ». Je peux regarder comment Dieu « règne sur ma vie » (Seigneur, que ton règne vienne), conduit ma vie, comment je peux déceler chez autrui la présence de Dieu.
  4. Je confie au Seigneur celles et ceux qui, autour de moi, peinent, aujourd’hui, à trouver la joie.
  5. Je peux terminer ma prière en disant, avec Marie, le Magnificat. Marie est toute à sa joie d’avoir été visitée par l’Esprit, puis d’avoir rendu visite à Élisabeth, pour la servir.

« Mon âme exalte le Seigneur,

 exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !

 Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse.

 Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom !

 Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent.

 Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.

 Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.

 Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.

 Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour,

 de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »

On peut aussi écouter cette version du magnificat chantée, sur des images de Ein Karem, où Marie a visité Elisabeth.