Psaume 15

Mon cœur exulte, mon âme est en fête,
ma chair elle-même repose en confiance :
tu ne peux m’abandonner à la mort
ni laisser ton ami voir la corruption.

Garde- moi, mon Dieu : j’ai fait de toi mon refuge.
J’ai dit au Seigneur : « Tu es mon Dieu !
Seigneur, mon partage et ma coupe :
de toi dépend mon sort. »

Je bénis le Seigneur qui me conseille :
même la nuit mon cœur m’avertit.
Je garde le Seigneur devant moi sans relâche ;
il est à ma droite : je suis inébranlable.

Tu m’apprends le chemin de la vie :
devant ta face, débordement de joie !
À ta droite, éternité de délices !

J’entre dans ce temps de prière en ouvrant grand mon cœur au Seigneur et je lui demande la grâce de la confiance.

Je lis lentement et à haute voix le psaume et goûte les mots, reprends ceux qui me touchent, les laisse résonner en moi.

Puis je reprends ces versets :

« Garde-moi, mon Dieu : j’ai fait de toi mon refuge »

Appel à l’aide de celui qui s’en remet entièrement à Dieu pour tenir dans la vie difficile.

Que m’évoque « le refuge » ? Un lieu pour fuir le monde, ses crises, sa violence, mes propres ambiguïtés, mes peurs… ? Ou bien la maison sûre, l’abri où je refais mes forces comme celui qui, en montagne, s’abrite un temps pour se reposer avant de poursuivre sa route ?

Le Seigneur est-il le lieu de mon repos ?

« Je bénis le Seigneur qui me conseille…Je garde le Seigneur devant moi sans relâche… »

Cet abandon au Seigneur ouvre à une relation forte, intime dans laquelle la confiance ne cesse de grandir.

Qu’en est-il de ma relation au Seigneur ?  Est-ce que j’en prends soin ? Comment je la nourris ?

Je peux demander au Seigneur de me conseiller pour que je vive toujours plus sous son regard et que je puisse goûter la vie en plénitude qu’il veut pour moi, la joie promise dans les derniers versets de ce psaume.

Notre Père…

Prier avec le Land’Art

Après m’être mis en présence du Seigneur et lui avoir demandé son Esprit Saint, je regarde ces œuvres de Land Art.

Je regarde les différents éléments ramassés dans la nature ; je vois leur diversité (pierres, feuilles, fleurs, fruits…), la variété de leurs aspects, de leurs couleurs ; je fais mémoire de ce chaque élément évoque pour moi comme sensation du toucher, de l’odorat.

Qu’est-ce que cette attention provoque en moi ?

Quelle prière je peux exprimer envers le Créateur ?

Je regarde les différentes compositions. Je vois la manière dont leur auteur a organisé les divers éléments. Je regarde chaque composition comme une création nouvelle.  Qu’est-ce qui m’attire ? Quel sentiment cela fait naître en moi ?

Je peux m’émerveiller de la capacité de l’être humain d’être, à son tour, créateur. De sa capacité à faire du neuf, du beau avec ce qui lui a été donné.

J’en parle au Seigneur.

Je laisse maintenant cette contemplation éclairer ce que je vis. Ai-je conscience de tout ce que je reçois ? Est-ce que j’éprouve un sentiment de gratitude devant tout ce qui m’est donné ? Dans quelle circonstance ai-je été ou suis-je créateur  à mon tour ?

Qu’est-ce que je peux offrir au Seigneur ?

Je peux enfin élargir ma prière au monde qui m’entoure.

Action de grâce pour les dons – action de grâces pour le travail des hommes au service de la beauté et de l’harmonie ? Pardon pour tout ce qui défigure la Création ? Demande d’aide pour faire ma part, pour créer à mon tour et participer ainsi au Royaume de Dieu.

Je termine ce temps en récitant un Notre Père ou avec cet extrait de la prière chrétienne avec la création tirée de Laudato’si :

« Ô Dieu, Un et Trine, communauté sublime d’amour infini, apprends-nous à te contempler dans la beauté de l’univers, où tout nous parle de toi. Eveille notre louange et notre gratitude pour chaque être que tu as créé. Donne-nous la grâce de nous sentir intimement unis à ce qui existe. Dieu d’amour, montre-nous notre place dans ce monde comme instruments de ton affection pour tous les êtres de cette terre, parce qu’aucun n’est oublié de toi. »

Une alternative :

Prier avec sa propre composition Land Art

Se promener dans la nature, dans son jardin… en étant attentif à l’environnement et en ouvrant tous ses sens.

Récolter toutes sortes de matériaux.

Se donner du temps pour créer un tableau en disposant ces éléments harmonieusement.

Devant cette composition, prendre un temps de prière comme ci-dessus.

Psaume 47

Tous les peuples, battez des mains,
acclamez Dieu par vos cris de joie !
Car le Seigneur est le Très-Haut,
le redoutable, le grand roi sur toute la terre,

Dieu s’élève parmi les ovations,
le Seigneur, aux éclats du cor.
Sonnez pour notre Dieu, sonnez,
sonnez pour notre roi, sonnez !

Car Dieu est le roi de la terre :
que vos musiques l’annoncent !
Il règne, Dieu, sur les païens,
Dieu est assis sur son trône sacré.

Les chefs des peuples se sont rassemblés :
c’est le peuple du Dieu d’Abraham.
Les princes de la terre sont à Dieu
qui s’élève au-dessus de tous.

Ce psaume est un chant de joie pour le Seigneur.

En entrant en prière je demande la grâce de faire de la place dans ma propre histoire pour la présence de Dieu. Au nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit, Amen.

Je contemple ce peuple en fête, parmi les chants, les acclamations et les cris de joie.Peut-être ai-je vécu des célébrations qui donnent un avant-goût de cette fête où Dieu est pleinement présent au milieu des siens. J’en fais mémoire.

La fête dans la bible, comme dans l’histoire, marque souvent un moment de vie retrouvée : la paix après la guerre, le fils prodigue retrouvé …Comment ces différents moments de fête résonnent-ils en moi ?

La cause de la fête dans ce psaume, c’est simplement la présence de Dieu qui avance au milieu du peuple, et l’héritage promis, une terre où tous vivront heureux. C’est comme un horizon de paix et de salut. Je peux confier à Dieu ces endroits dans ma vie qui ont besoin de ce salut.

Je relis en faisant mien ce psaume. J’entre dans ce temps de fête, avec tout ce que je suis. Je prends  un temps de prière personnelle

Je recueille ce avec quoi je repars dans l’ordinaire de ma vie, ce goût de la fête qui me reste, et je confie aussi au Seigneur tout ce qui dans mon histoire attend encore le salut.

Je termine ce temps en priant le Père . Notre Père

Le « commandement » de l’amour

Je choisis de me mettre à l’écart pour recevoir dans le silence la Parole du Seigneur et je lui demande la grâce de l’accueillir.

Je lis l’Evangile qui m’est proposé une première fois puis une deuxième en me laissant interpeller par cette parole de Jésus qui va me toucher aujourd’hui peut-être davantage parce que je l’entends autrement.

Dans cette rencontre avec lui, Jésus m’adresse un message.

Je suis attentif(ve) aux mots répétés, au lien qui unit certains d’entre eux et à ce que cela m’invite à reconsidérer de manière plus juste dans tout ce qui fait ma vie.

Je contemple l’Amour du Père pour son Fils, l’Amour du Christ pour l’homme et  le chemin que Jésus me propose.

– Je regarde en vérité comment concrètement,  je concilie amour de Dieu et amour des autres,  et  je peux m’attarder sur le sens à donner au mot « amour ».

Aujourd’hui, j’entends à nouveau cet appel à apprendre à aimer. Quelque chose a-t-il bougé en moi et est-ce que je me sens prêt(e) à me mettre en marche  et à me laisser conduire par plus grand que ma volonté ?

En me tournant vers le Père et en donnant tout leur poids à ces mots « Notre Père » prononcés chaque jour, je lui demande la grâce de m’aider à me laisser transformer au jour le jour pour entrer dans ce projet d’amour sur notre monde.

« Dès lors, que chacun fasse ce qu’il peut : qu’il confesse lui-même ce qu’il est, afin d’être guéri par Celui qui Est. »

(commentaire 1Jn1,1-10 Saint Augustin)

Psaume 95

R/ Racontez à tous les peuples
les merveilles du Seigneur !

Chantez au Seigneur un chant nouveau,
chantez au Seigneur, terre entière,
chantez au Seigneur et bénissez son nom !

De jour en jour, proclamez son salut,
racontez à tous les peuples sa gloire,
à toutes les nations ses merveilles !

Allez dire aux nations : « Le Seigneur est roi ! »
Le monde, inébranlable, tient bon.
Il gouverne les peuples avec droiture.

Je me dispose à la prière, et lis ce psaume lentement…Un psaume écrit au retour d’exil. Après un long temps d’épreuve, et au retour dans la Terre Promise désolée, et marquée encore par les destructions, le psalmiste appelle pourtant à chanter les merveilles du Seigneur.

Le psalmiste invite à raconter, à proclamer…Que puis-je dire de la façon dont je peux partager les merveilles dont je suis témoin, exprimer l’espérance qui est en moi…

            Je relis une dernière fois le psaume.

            Je conclus ma prière en disant le magnificat, avec Marie qui a su dire oui à l’inattendu, à l’inouï.

Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit
en Dieu, mon Sauveur!
Il s’est penché
sur son humble servante;
désormais, tous les âges
me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles;
Saint est son nom!
Son amour s’étend d’âge en âgesur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras,
il disperse les superbes.

Il renverse les puissants de leurs trônes,
il élève les humbles.
Il comble de bien les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël, son serviteur,
il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères,
en faveur d’Abraham et de sa race,
à jamais.
Gloire au Père, et au Fils,
et au Saint-Esprit
au Dieu qui est, qui était et qui vient,
pour les siècles des siècles.
Amen.

Je suis la vigne

J.P. Bretegnier, le cep et les sarments Jean XV vitrail Vitrail pour la maison de retraite protestante de la Muette à Paris.Collection privée

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 15,1-8

« En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève ; tout sarment qui porte du fruit, il le purifie en le taillant, pour qu’il en porte davantage. Mais vous, déjà vous voici purifiés grâce à la parole que je vous ai dite. Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi. »

Aujourd’hui, devenons un sarment véritable de la vigne Jésus, un sarment qui porte du fruit. Pour cela, acceptons Jésus dans notre vie comme il lui plaît d’y venir :

comme Vérité, pour être dite,
comme Vie, pour être vécue,
comme Lumière, pour être allumée,
comme Amour, pour être aimé,
comme Chemin, pour être suivi,
comme Joie, pour être donnée,
comme Paix, pour être répandue,
comme Sacrifice, pour être offert,

                                       parmi nos parents, nos proches et nos voisins.

Psaume 102

Bénis le Seigneur, ô mon âme,
bénis son nom très saint, tout mon être !
Bénis le Seigneur, ô mon âme,
n’oublie aucun de ses bienfaits.

Car il pardonne toutes tes offenses
et te guérit de toute maladie ;
il réclame ta vie à la tombe
et te couronne d’amour et de tendresse. R

Le Seigneur est tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d’amour ;
il n’est pas pour toujours en procès,
ne maintient pas sans fin ses reproches.

Comme la tendresse du père pour ses fils,
la tendresse du Seigneur pour qui le craint !
Il sait de quoi nous sommes pétris,
il se souvient que nous sommes poussière. R

Mais l’amour du Seigneur, sur ceux qui le craignent,
est de toujours à toujours,
et sa justice pour les enfants de leurs enfants,
pour ceux qui gardent son alliance. R

Je me mets à l’écart pour prier ; je mets de côté ce qui me préoccupe pour me tourner entièrement vers le Seigneur. Je fais le signe de croix.

Je lis une première fois le psaume en son entier.

Puis je m’arrête sur quelques versets.

« N’oublie aucun de ses bienfaits »

Je mobilise ma mémoire et me retourne sur mon passé : quels ont été les bienfaits du Seigneur dans ma vie ?

Je me tourne vers l’Esprit Saint pour qu’il m’aide à voir sa présence.

Quand ai-je senti son aide, sa présence réconfortante ? Quels sont les bienfaits que je reçois en ce moment ? De quoi puis-je rendre grâce dans ce que je vis ?

« Le Seigneur est tendresse et pitié »

Je mobilise mon intelligence. Quels sont les mots qu’emploie le psalmiste pour parler de Dieu ? Comment ces mots rejoignent ce que Jésus révèle de son Père dans l’Evangile ?

Je me tourne vers l’Esprit saint pour qu’il m’éclaire et me fasse entrer dans la louange.

Quels termes rejoignent l’image que j’ai du Seigneur ? Je dis au Seigneur ce qu’Il est pour moi. Puis-je le louer pour ce qu’Il est ?

« Amour … justice… pour ceux qui gardent son alliance »

Je mobilise mon cœur pour raviver l’alliance avec le Seigneur. Comment mieux vivre cette alliance dans la réalité de ma vie ?

Je me tourne vers l’Esprit Saint pour qu’il me mette en mouvement.

Accueillir la tendresse du Père ?… Avoir le même regard de tendresse pour ceux avec qui je vis ?… Je dis au Seigneur ce que je désire.

Pour terminer la prière je peux reprendre le refrain qui commence et termine ce psaume (dans sa version complète) : « Bénis le Seigneur ô mon âme ! »

Appelé.es …

« Tous ceux qui croient au Christ, quels que soient leur condition et leur état de vie, sont appelés par Dieu, chacun dans sa route, à une sainteté dont la perfection est celle même du Père »

Lumen Gentium

Prier avec Madeleine Delbrel

La vocation selon Madeleine Delbrêl, c’est un désir de fidélité totale à l’Évangile. Et elle avait une vive conscience que cette fidélité est demandée par Dieu à tout baptisé.

Prions avec « L’extase de vos volontés »

A un ou deux pas de mon lieu de prière, je me tourne vers le Père avec tout ce que je suis, mes soucis, mon travail, mais aussi mes joies, mes désirs… Je lui demande son Esprit de lumière pour répondre à son appel d’aller annoncer l’Evangile dans ma vie ordinaire. Au nom du Père, du Fils et du saint-Esprit. Amen.

Quand je suis disponible intérieurement, je lis et relis cet écrit de Madeleine Delbrel, paragraphe par paragraphe, en laissant les mots résonner et faire écho en moi. Ce texte comporte des phrases qui me touchent: j’en choisis une première et je reste simplement à la goûter. Je laisse Dieu me parler à travers ces mots. Une fois rassasié par cette phrase, j’en prends une autre .

Je prends le temps de noter une parole, un désir, une demande.

Pour terminer, je parle à Dieu comme un ami parle à un ami. Je peux lui demander la grâce pour vivre ce qu’il m’appelle à vivre aujourd’hui.

Et je peux conclure en priant avec la prière pour toutes les vocations:

Seigneur, nous te rendons grâce pour ton appel à la vie, à l’amitié avec toi, à la sainteté. Fais de nous des hommes et des femmes qui s’approprient la fragilité des autres, qui ne permettent pas qu’émerge une société d’exclusion mais qui se font proches. […] Donne à chacun de nous de vivre avec plénitude ton appel à la sainteté et de transmettre la joie de l’Evangile au coeur du monde . Amen .