La nuit de Noël, Dieu vient naître parmi nous, Dieu cherche à naître en nous. Il se peut que le grand problème de notre vie ne soit pas tellement de vivre, mais finalement de naître ! Car, nous ne sommes pas l’homme que nous paraissons être : célèbre ou inconnu, riche ou démuni, habile ou maladroit…. Tout cela c’est l’apparence des choses.
Nous sommes un homme qui cherche à naître. Si tu sais en toi cette pulsation merveilleuse qui te porte à ne pas être aujourd’hui ce que tu étais hier, tu es en train de naître. Si tu te sens aujourd’hui capable d’un amour tout neuf que tu n’espérais pas hier, tu es en train de naître. Si tu te fais aujourd’hui tout-petit devant Jésus, pour te laisser conduire dans sa Lumière, tu es en train de naître. Sois sûr que la plus grande chose de la vie ce n’est pas de vivre, c’est de naître constamment pour ne pas être vieux. Puisses-tu garder de cette nuit la saveur d’une rencontre : la confiante et humble certitude que tu es appelé indéfiniment à être et tout autant, appelé à faire naître les autres. Et voici qu’inlassablement, Noël après Noël, jour après jour, Dieu frappe à ta porte et demande à naître en toi !
En cette 4ème semaine de l’avent, la liturgie nous invite à contempler l’Annonciation. Ce peut être aussi l’occasion, pour les Berruyers, de s’arrêter devant le vitrail de la cathédrale. Certes le décor somptueux de cette composition nous éloigne assurément de la simplicité de Nazareth. Voyons-y le désir de célébrer la gloire de Dieu et la richesse de l’expérience de Marie pour notre foi. Au-dessus de Marie et de l’ange Gabriel, dans l’architecture deux figures représentent Adam et Ève, nus après la chute. Marie porte en elle le Verbe de Dieu qui vient nous sauver du péché…
Avec Marie, dans ce temps de l’attente qu’est l’Avent, nous attendons la venue du Seigneur, qui va se révéler dans la fragilité d’un enfant.
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc, 1, 26-38)
Au sixième mois d’Élisabeth, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. » Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je ne connais pas d’homme ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. Car rien n’est impossible à Dieu. » Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » Alors l’ange la quitta.
Pour relire ce texte que nous connaissons bien, je vois l’humble demeure de Marie, à Nazareth. J’imagine Marie, jeune fille vêtue simplement, occupée à son quotidien. J’imagine la venue de Gabriel, l’inattendu, l’inouï dans l’ordinaire des jours.
J’écoute le dialogue entre Marie et l’envoyé de Dieu.
La parole de Gabriel qui veut rassurer « ne crains pas. »
L’annonce de la conception de Jésus, inscrite dans la dynamique de la Révélation. Des termes forts qui peuvent impressionner la jeune Marie. « Fils du Très-Haut » ; « le trône de David son père » ; « la maison de Jacob » …
La tranquille sérénité de la question simple et réaliste de Marie : « comment cela va-t-il se faire, puisque je ne connais pas d’homme ? »
La réponse de Gabriel, à nouveau bien impressionnante : « L’Esprit saint viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te prendra sous ton ombre. ». Mais aussi la référence au quotidien, à l’environnement de Marie, avec l’évocation d’Élisabeth.
La disponibilité de Marie, confiante dans la Parole. « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. »
Quelques pistes pour ma prière personnelle.
Comment est-ce que je me rends attentif à la survenue de Dieu dans mon quotidien ?
Que puis-je dire de ma disponibilité au seigneur ? Comment est-ce que je partage la confiance de Marie en sa Parole ?
Est-ce que je crois que « rien n’est impossible à Dieu » ?
Pour terminer ma prière, je m’unis à l’Église universelle et à Marie en redisant le magnificat
« Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais, tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
Son amour s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.
Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et de sa race, à jamais.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit,
pour les siècles des siècles. Amen. »
« Heureuse celle qui a cru à l’accomplissementdes paroles qui lui furent ditesde la part du Seigneur. »(Luc, 1, 45)
Je me mets à l’écoute de l’Esprit Saint pour laisser l’inattendu de Dieu s’incarner dans mon quotidien. Je demande au Seigneur en ce jour de faire grandir en moi la foi en Lui.
La liturgie propose en première lecture du troisième dimanche de l’Avent un extrait du livre de Sophonie ; un texte qui nous invite à la joie !
Je mets en présence du Seigneur et lis ce texte : So 3, 14-18a
Pousse des cris de joie, fille de Sion ! Éclate en ovations, Israël ! Réjouis-toi, de tout ton cœur bondis de joie, fille de Jérusalem ! Le Seigneur a levé les sentences qui pesaient sur toi, il a écarté tes ennemis.Le roi d’Israël, le Seigneur, est en toi. Tu n’as plus à craindre le malheur.
Ce jour-là, on dira à Jérusalem : « Ne crains pas, Sion ! Ne laisse pas tes mains défaillir ! Le Seigneur ton Dieu est en toi, c’est lui, le héros qui apporte le salut. Il aura en toi sa joie et son allégresse, il te renouvellera par son amour ; il exultera pour toi et se réjouira, comme aux jours de fête. »
J’entends ces paroles retentir au temps de Sophonie
C’est au 7ème siècle avant Jésus-Christ dans une période troublée qui connait invasions et destructions par les puissances extérieures, intrigues politiques à l’intérieur. Aussi le livre de Sophonie commence par l’annonce d’un jugement contre le royaume de Juda en raison de son infidélité ; mais il annonce aussi un petit reste, des hommes et des femmes humbles qui mettent leur confiance en Dieu. A ceux là, il promet la joie dans une Jérusalem restaurée. « Ne crains pas, Sion ! » « Le Seigneur ton Dieu est en toi ».
Je relève toutes les expressions utilisées pour le prophète pour dire cette joie.
J’entends ces paroles résonner au temps de Jésus
La venue de Jésus, Emmanuel, « Dieu avec nous » vient accomplir cette annonce de Sophonie. Et les mots de ce texte entrent en résonance avec les mots de l’évangile de Luc lors de l’annonciation : « Je te salue, comblée de grâces, le Seigneur est avec toi. »
A l’approche de Noël, je me laisse toucher par cette nouvelle inouïe de la venue Jésus en notre humanité et du salut qu’il apporte.
Je peux reprendre les mots du texte de Sophonie pour exprimer ma joie.
J’entends ces paroles pour notre temps
Dans le contexte difficile et incertain qui est le nôtre, je relis ces paroles pleines d’espérance. Je peux les entendre pour moi personnellement, ou pour l’Eglise, ou pour l’humanité.
Je relève dans le texte ce qui empêche de se réjouir ; je relève aussi ce que le Seigneur fait. Je fais mémoire de sa présence agissante pour moi, autour de moi.
Dans les derniers versets, le Seigneur lui-même se réjouit. Et moi, en écho à cette parole, que puis-je dire au Seigneur ?
Je peux terminer ce temps part un chant ou en écoutant un Noël provençal
« Moi, je vous baptise avec de l’eau ; maisil vient, celui qui est plus fort que moi. (…)Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. »(Luc, 3, 16)
La venue du Christ implique un choix : l’accueillir ou le rejeter. Soit je choisis d’accueillir son Esprit vital, soit je choisis de m’en détourner. Jésus, envoie sur moi ton Esprit Saint afin de faire des choix qui me rapprochent davantage detoi.
Dans le chemin de l’Avent, l’Église nous invite à contempler le baptême du Christ (12 décembre), et la visitation (19 décembre). Le mosaïste Marco Rupnik, jésuite, associe les deux scènes dans cette œuvre.
Je me dispose pour la prière et demande au Seigneur d’ouvrir mes yeux et mes oreilles pour attendre Celui qui vient.
Je contemple la mosaïque et m’arrête sur la trouée lumineuse, la coulée dorée qui desc
end du ciel. Au creux des ténèbres, vient la lumière. A partir de Noël, de la venue du Messie, les jours vont progressivement rallonger… Prenons le temps, dans cette marche de l’Avent, d’attendre le Christ « lumière pour éclairer les nations », comme le dit Syméon. (Luc, 2, 33)
Je contemple les deux femmes qui s’accueillent mutuellement. Élisabeth, tout en ouvrant ses bras à Marie, les ouvre aussi au Christ. Demandons au seigneur, dans ce temps de l’Avent, d’accueillir le Christ dans la rencontre fraternelle du prochain.
Je contemple le visage du Christ, dans le sein de Marie. Ce n’est pas un enfant, mais déjà la figure du Christ de la passion, dont l’auréole porte la croix. Dans ce temps de l’Avent, entrons dans la dynamique de la nouvelle année liturgique, qui nous conduira de la nativité à la Pâques.
Je lis, maintenant, le récit de la Visitation, en me rendant attentif à tout ce qui dit la vie joyeuse de cette rencontre… « L’enfant tressaillit en elle… » … « l’enfant a tressailli d’allégresse en moi. »… « Heureuse celle qui a cru… ».
Je demande au Seigneur de me faire entrer dans la joie d’Élisabeth, et de reconnaître, bientôt, dans l’enfant de la crèche, le Seigneur qui vient à notre rencontre.
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc, 1, 39-45)
En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi. Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »
Selon ce que je vis aujourd’hui, je rends grâce au Seigneur pour les joies vécues, ou lui demande, dans les obscurités qui peuvent m’habiter, de me donner la grâce de la joie.
Je prie pour celles et ceux qui traversent des difficultés et qui cherchent la consolation.
Je termine ma prière en disant le Magnificat.
« Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom !
Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.
Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »
Je peux aussi écouter la version chantée par la Communauté de l’Emmanuel.
« Tout ravin sera comblé, toute montagneet toute colline seront abaissées ;les passages tortueux deviendront droits,les chemins rocailleux seront aplanis ;et tout être vivant verra le salut de Dieu. »(Luc, 3, 5-6)
Je peux aujourd’hui contempler Dieu et sa promesse déjà à l’oeuvre. Déjà, nous recevons la grâce qui nourrit notre espérance.
Le jour se lève,
je fais quelques pas dehors pour rejoindre la chapelle.
Je laisse mes chaussures à l’extérieur
et je pénètre en ce lieu à pas feutrés.
Même si le sol est recouvert d'un revêtement, je sens la terre.
Comme Moïse devant le Buisson ardent, se déchaussant
avant de pénétrer sur une terre sacrée
pour rencontrer son Dieu.
C'est encore la pénombre.
J'allume les bougies posées devant chacune des icônes.
Je m'assois sur l'une des stalles.
Le silence m'accueille,
la pénombre me reçoit,
je me laisse envahir d'une présence,
laissant peu à peu mes pensées s'évanouir.
La paix vient remplir cet espace.
Quand le temps est venu, je m'approche de l'icône de saint Georges.
Je m'incline devant et lui demande sa bénédiction.
Georges a reçu le pouvoir de Dieu pour terrasser le dragon,
pour tuer en nous le mal.
Son icône est placée au plus près de la porte.
Sa protection nous enveloppe dès le premier instant.
Je trempe les doigts dans le bénitier,
Je me dirige alors vers le chœur de la chapelle
où trône un Christ couronné et revêtu d'une tunique unique aux franges dorées.
Oui, c'est bien un roi qui est là,
les bras ouverts, comme suspendu
au-devant d'une croix cernée d'or.
Je m’incline respectueusement
devant cet homme-Dieu.
Bien vivant, tant il est paisible,
bien vivant malgré les plaies sur ses membres,
bien vivant puisque la croix ne l'a pas retenu !
Après ce temps d'éveil
après ce temps où la respiration s’accorde à celle du Christ,
je peux alors tracer ce signe dans sa verticalité et son horizontalité sur mon corps,
signe d'amour, créateur du Père au Fils,
signe d'amour de l'Esprit qui embrasse tout l'être.
Le Christ me revêt de tout son amour.
Je m'incline en prononçant les paroles qui ouvrent mes lèvres,
puis surgit la louange du psaume 94 :
Jean-Pierre Brunet
En cette fête de la sainte Cécile, patronne des musiciens, je peux prier à l’écoute d’un morceau de musique.
Je décide d’un lieu, d’un moment pour ce temps de prière et je mets en présence du Seigneur
Je peux lui dire mon désir de le trouver à travers cette création ou de lui rendre grâces pour la beauté, pour les dons des artistes…
J’écoute une première fois un enregistrement de l’Ode à la joie de Beethoven. J’écoute cette musique comme si c’était la première fois.
En silence, je me remémore ce qui me touche : le rythme, la mélodie, tel ou tel son instrumental… Que provoque en moi cette musique ?
Quel sentiment, quelle pensée, quelle image… ont surgi en moi durant cette écoute?
J’écoute une seconde fois un autre enregistrement de ce même passage, en regardant aussi les images de la flashmob ; je vois la vie qui circule, les musiciens et leurs instruments, les visages…
Après cette deuxième écoute, je peux m’adresser au Seigneur, lui dire ce qui m’habite : gratitude pour la beauté de l’œuvre… louange et action de grâces pour la joie qu’elle inspire… sentiment de communion… et tout autre prière qui me vient.
Je peux terminer en reprenant les mots du psaume 150
Alleluia ! Louez Dieu dans son temple saint, louez-le au ciel de sa puissance ;
Louez-le pour ses actions éclatantes, louez-le selon sa grandeur !
Louez-le en sonnant du cor, louez-le sur la harpe et la cithare ;
louez-le par les cordes et les flûtes, louez-le par la danse et le tambour !
Louez-le par les cymbales sonores, louez-le par les cymbales triomphantes !
Et que tout être vivant chante louange au Seigneur ! Alléluia !