Requiem

En écoutant ce Requiem je prie pour tous ceux qui nous ont quittés. Je te rends grâce pour tous les dons reçus d’eux et tout ce qu’ils m’ont transmis. Je te les confie, Seigneur, garde-les dans la paix.

Requiem John Rutter

John Milford Rutter est un compositeur britannique né en 1945 à Londres.

John Rutter res­sen­tit la pre­mière fois le besoin d’écrire un requiem en 1983, après la mort de son père. Celui-ci ado­rait la musi­que, sans être expert, aussi Rutter vou­lait il écrire une œuvre à sa mémoire qui soit à la fois musi­ca­le­ment abou­tie et acces­si­ble à cha­cun. Ce devait être un moyen de réflé­chir sur la perte des êtres chers et sur sa pro­pre mort, en la trans­for­mant en un acte pure­ment musi­cal.

Toussaint

Prions avec un texte de Madeleine Delbrêl

Je commence par déterminer le moment, le lieu et la durée de ma prière.

Je m’arrête un instant pour « considérer comment Dieu me regarde » et m’accueille… Je m’offre à lui tel que je suis en ce moment pour le rencontrer.

Je prends le temps de lire ce texte, lentement, à haute voix pour l’écouter et l’entendre.

« Il y a des lieux où souffle l'Esprit mais il y a un Esprit qui souffle en tous lieux. 
 Il y a des gens que Dieu prend et met à part.
Il y en a d’autres qu’il laisse dans la masse, qu’il ne « retire pas du monde ».
Ce sont des gens qui font un travail ordinaire, qui ont un foyer ordinaire ou sont des célibataires ordinaires.
Des gens qui ont des maladies ordinaires, des deuils ordinaires.
Des gens qui ont une maison ordinaire, des vêtements ordinaires.
Ce sont les gens de la vie ordinaire.
Les gens que l’on rencontre dans n’importe quelle rue.
Ils aiment leur porte qui s’ouvre sur la rue, comme leurs frères invisibles au monde aiment la porte qui s’est refermée sur eux.
Nous autres, gens de la rue, croyons de toutes nos forces que cette rue, que ce monde où Dieu nous a mis est pour nous le lieu de notre sainteté.
Nous croyons que rien de nécessaire ne nous y manque, car si ce nécessaire nous manquait, Dieu nous l’aurait déjà donné. »

Madeleine Delbrêl, « La sainteté des gens ordinaires », tome VII des Œuvres Complètes 2009 – Nouvelle Cité – Nous autres gens des rues, p24)

Je laisse les mots et les images résonner et faire écho en moi.Je laisse venir en moi des lieux et des visages de ma vie actuelle et du monde aujourd’hui…et je les présente au Seigneur avec ce que cela fait naître en moi.

Puis je parle à Dieu comme un ami parle à un ami.Je peux lui demander une grâce pour vivre ce qu’il m’appelle à vivre aujourd’hui.

Je redis le Notre Père, en communion avec toute l’Église.

En écho à ce texte, je peux laisser éclairer les Béatitudes, que je vais entendre à la messe de la Toussaint,  par les extraits de l’Exhortation Apostolique du Pape François « Gaudete et exultate » sur l’appel à la sainteté dans le monde actuel.

Bourges- Cathédrale St Etienne – Tympan du Jugement Dernier

Psaume 143

Béni soit le Seigneur, mon rocher !
Il exerce mes mains pour le combat,
il m’entraîne à la bataille.

Il est mon allié, ma forteresse,
ma citadelle, celui qui me libère ;
il est le bouclier qui m’abrite,
il me donne pouvoir sur mon peuple.

Pour toi, je chanterai un chant nouveau,
pour toi, je jouerai sur la harpe à dix cordes,
pour toi qui donnes aux rois la victoire
et sauves de l’épée meurtrière David, ton serviteur.

Je me mets à l’écart pour écouter la Parole. Après avoir tracé sur moi le signe de la croix, je fais silence, puis lis lentement le psaume du jour qui me met en lien avec les chrétiens du monde entier.

Ce psaume évoque le roi David et ses combats, menés avec l’aide du Seigneur, pour sauver son peuple. Je peux l’accueillir en pensant à mes propres combats spirituels.

Je relis d’abord les deux premières strophes qui m’invitent à contempler la force que me donne le Seigneur, « mon rocher » ; « mon allié » ; « ma forteresse » ; « ma citadelle » ; le bouclier…Ne nous laissons pas déconcerter par ce vocabulaire guerrier. Méditons sur nos combats intérieurs, spirituels où nous pouvons percevoir l’aide du Seigneur.

Je relis maintenant la troisième strophe, qui s’adresse directement au Seigneur, pour une action de grâces. La contemplation se fait relation. « Pour toi… »  A mon tour, je rends grâce au Seigneur, avec le « chant nouveau » de mes mots d’aujourd’hui.

Par cette action de grâce, je peux dire, « Notre Père, que ton nom soit sanctifié… ».

Avec une oeuvre d’art

Je me dispose à un temps à l’écart. 

Je m’installe confortablement.  Je prends le temps de faire le calme en moi,  et dépose toutes les préoccupations qui m’encombrent…

Je demande la grâce de m’ouvrir à la contemplation, en présence de Dieu, dans la lumière de l’Esprit Saint.

Je contemple cette œuvre du peintre Pierre Renard, qu’il qualifie lui-même de peinture instinctive:  » Dans une gestuelle instinctive et virevoltante je crée des éruptions exaltées et des plages de silence. Il ne faut pas peindre ce que l’on voit, il faut peindre ce que l’on ressent. La peinture doit toujours être la ligne du cœur prolongée, et pour chacun l’occasion d’un voyage dans son imaginaire. » 

Je regarde:

Les couleurs: sombres ou claires…mates ou lumineuses…franches ou douces…la façon dont elles se complètent ou  s’opposent… 

Les lignes: verticales, horizontales, obliques…leur disposition les unes par rapport aux autres…leur harmonisation avec les couleurs…

Le tableau dans son ensemble: sa disposition…l’atmosphère qui s’en dégage…

J’observe:

Quel sentiment, quelle émotion suscite-t-il en moi? Louange…espérance…supplication…autre…

Peut-être y vois-je une représentation plus figurative? Laquelle? 

Je me laisse porter par la contemplation…

Evoque-t-elle quelque chose de ma foi? De Dieu? Voire un passage de la Bible?

Je peux, si je le souhaite, méditer l’un des passages de la Parole suivants:

Isaïe 40, 28-29, 31

28 Tu ne le sais donc pas, tu ne l’as pas entendu ? Le Seigneur est le Dieu éternel, il crée jusqu’aux extrémités de la terre, il ne se fatigue pas, ne se lasse pas. Son intelligence est insondable.

29 Il rend des forces à l’homme fatigué, il augmente la vigueur de celui qui est faible.

31 mais ceux qui mettent leur espérance dans le Seigneur trouvent des forces nouvelles ; ils déploient comme des ailes d’aigles, ils courent sans se lasser, ils marchent sans se fatiguer.

Rm 15: 13

13 Que le Dieu de l’espérance vous remplisse de toute joie et de paix dans la foi, afin que vous débordiez d’espérance par la puissance de l’Esprit Saint.

Michée 7:7

07 « Moi, Jérusalem, je veux guetter le Seigneur, attendre Dieu mon Sauveur ; lui, mon Dieu, m’entendra.

Puis je m’adresse à Dieu, au Père, à Jésus ou à l’Esprit Saint, dans la confiance…Je lui confie un merci, une action de grâce ou une demande…

Je termine par un « Notre Père » en communion avec mes frères et sœurs chrétiens.

Litanie du Sacré-Coeur

Le 16 octobre, nous fêtons Ste Marguerite-Marie Alacoque (1647-1690).

Cette religieuse visitandine de Paray-le-Monial  eut des visions de Jésus lui montrant son cœur : « Voici ce Cœur qui a tant aimé les hommes, qu’il n’a rien épargné jusqu’à s’épuiser et se consumer pour leur témoigner son amour ». 

Soutenue par st Claude La Colombière, un prêtre jésuite, elle donna un élan à la dévotion du Sacré-Cœur, comme le Seigneur lui avait demandé.

A notre tour, nous prions le Sacré-Coeur, en prenant appui sur la litanie composée par Didier Rimaud sj.  

Je fais silence en moi et me mets sous le regard du Seigneur.

Je lis lentement le texte.

1.	Nom de Jésus, le nom du Bien-Aimé,
Le nom du Premier-Né, loué sois-tu !
Cœur de Jésus, brûlé de tant d’amour,
Meurtri par le péché, pitié pour nous !

2.	Nom de Jésus, le nom du vrai Pasteur,
Le nom du Prince-Agneau, loué sois-tu !
Cœur de Jésus, repos des cœurs blessés,
Et grâce des pécheurs, pitié pour nous !

3.	 Nom de Jésus, plus beau que tous les noms,
Le nom qui nomme Dieu, loué sois-tu !
Cœur de Jésus, qui dis le cœur de Dieu,
Plus grand que notre cœur, pitié pour nous!

4.	Nom de Jésus, le nom des baptisés,
Seul nom des justifiés, loué sois-tu !
Cœur de Jésus, le cœur de l’Homme Dieu,
Le cœur de Dieu en croix, pitié pour nous !

5.	Nom de Jésus, qui blesses notre cœur
Et creuses tout désir, loué sois-tu !
Cœur de Jésus, qui calme toute soif
Et combles toute faim, pitié pour nous !
6.	Nom de Jésus, puissance de Salut
Qui marques notre front, loué sois-tu !
Cœur de Jésus, qui mènes vers la joie,
Qui gardes dans la paix, pitié pour nous !

7.	Nom de Jésus, soleil en plein minuit,
Fraîcheur en plein été, loué sois-tu !
Cœur de Jésus, printemps en plein hiver,
Fontaine en plein désert, pitié pour nous ! 

8.	Nom de Jésus, plus clair que n’est le jour,
Plus doux que n’est le miel, loué sois-tu !
Cœur de Jésus, étoile du chemin,
Rocher qui donnes l’eau, pitié pour nous !

9.	Nom de Jésus, la perle de grand prix,
Trésor qui passe tout, loué sois-tu !
Cœur de Jésus, violent comme est l’amour,
Puissant comme est le feu, pitié pour nous !

Je prends le temps de la louange pour le Christ qui a aimé jusqu’à l’extrême et a donné sa vie.

Pour cela, je regarde la 1ère partie de chaque strophe : « Nom de Jésus ». Je regarde ce qui est apposé à ce nom. Quelle est l’expression qui retient mon attention ? Qu’évoque-t-elle pour moi ? Après avoir donné chair à cette expression, je peux la faire mienne ? Je peux aussi louer le Seigneur avec mes propres mots.

Forts de cette confiance en l’amour du Christ, je lui  demande d’avoir pitié de moi.

Je regarde la 2ème partie des strophes et ce qui est apposé au « Cœur de Jésus ». Je prends le temps  de laisser monter ce que chaque expression évoque pour moi. Je reste sur ce qui me touche. De quoi ai-je besoin aujourd’hui ? J’adresse ma prière au Christ qui m’aime de tout son cœur.

Pour terminer,  j’écoute cette litanie chantée en me laissant porter par la poésie de ses mots

Elans et pesanteurs

Niki de St Phalle (1930-2002) est connue pour ses « nanas » qui sont un hymne coloré à la vie. Ici, l’une de ses créations installée dans le jardin du Luxembourg, à Paris, dans un paysage automnal.

Je me dispose à la contemplation en me mettant à l’écart et je demande la grâce de repérer en moi tout ce qui me dynamise et entretient ma vitalité, comme autant de signes de la présence de l’Esprit

Je prends le temps d’accueillir cette œuvre, aux couleurs chatoyantes dans cet environnement naturel automnal, aux couleurs plus sobres. Belle alliance de la création humaine et de la nature dont la beauté nous est offerte.

 Je m’arrête sur le contraste entre la pesanteur de cette femme aux formes lourdes et la légèreté du mouvement. Elle danse la vie, dans un équilibre élégant, solidement installée sur son socle et prête à s’élever comme le suggère les formes évidées, au-dessus de ses épaules, qui semblent la tirer vers le ciel. Et moi, quels sont mes enracinements ? Contribuent-ils à mon équilibre ou me retiennent-ils dans mes élans ? Quelles sont les aspirations qui m’entraînent ? Comment puis-je y percevoir le souffle de l’Esprit ?

Je contemple maintenant les couleurs…Le bleu, évocation de l’espace, à l’image du ciel, de la mer…Le jaune, évocation de dynamisme et de mouvement…Le rouge, évocation de la passion, de l’amour, de la souffrance aussi…Et les multiples couleurs des « ailes » qui suggèrent la diversité de ce qui me pousser, m’entraîner. Et moi, que puis-je dire, aujourd’hui de la couleur de ma vie spirituelle ?

Je regarde enfin les haltères colorés que tente de soulever cette femme. Et moi, qu’ai-je à porter aujourd’hui ? En suis-je capable ? Le poids est-il excessif ? De quelle aide aurai-je besoin ?

Dans un temps de dialogue avec le Seigneur, je me présente comme cette femme, rendant grâce pour les élans qui m’habitent pour Le rejoindre, demandant Son secours pour les pesanteurs de ma vie.

Je termine, devant cette sculpture qui se fait hymne de la vie en mouvement, en disant cette prière du Cardinal Newman à l’Esprit.

Conduis-moi toujours plus avant ! 
Conduis-moi, douce Lumière, 
A travers les ténèbres qui m'encerclent. 
Conduis-moi, toi, toujours plus avant ! 
Garde mes pas : je ne demande pas à voir déjà ce qu'on doit voir là-bas :
 Un seul pas à la fois, c'est bien assez pour moi.

 Je n'ai pas toujours été ainsi et je n'ai pas toujours prié
 Pour que tu me conduises toi, toujours plus avant. 
J'aimais choisir et voir mon sentier ; 
Mais maintenant : conduis-moi, toi, toujours plus avant ! 

Si longuement ta puissance m'a béni : 
Sûrement encore elle saura me conduire toujours plus avant, 
Par la lande et par le marécage, sur le rocher abrupt et le flot du torrent, 
Jusqu'à ce que la nuit s'en soit allée, 
Et que dans le matin sourient ces visages d'anges 
Que j'avais aimés, il y a bien longtemps, 
Et que j'avais perdus pour un temps. 

Prier avec les fruits d’automne

Au début de ce temps de prière, je me mets en présence du Seigneur en faisant le signe de croix.

Je me dispose à l’écouter et lui demande la grâce  d’être témoin de son amour.

Je regarde ces fruits d’automne.

J’observe leurs  couleurs vives ; leurs formes diverses ;  je les nomme; je me remémore leur saveur…

Je vois la diversité et la profusion de ces fruits qui, gorgés d’eau et de soleil, sont arrivés à maturité ; j’imagine les différents arbres qui les ont portés, leurs branches ployant sous les fruits… le temps de la cueillette…

Je laisse monter mon action de grâces pour tous ces fruits, toutes ces bonnes choses qu’offre la nature.

Je me souviens de paroles de Jésus parlant de fruits

L’évangile est plein d’images de la nature ; Jésus prend appui sur elles pour faire comprendre quelque chose de la vie spirituelle. Il parle de semences et de moissons, de vigne, de figuier …

« Je suis la vigne, vous êtes les sarments : celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là portera du fruit en abondance car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. » Jn 15, 5

Afin de porter du fruit, est-ce que je ressens le besoin de rester ‘branché’ sur le Christ ? Quels  moyens que je prends pour cela ?

« Supposez qu’un arbre soit bon, son fruit sera bon ; supposez-le malade, son fruit sera malade : c’est au fruit que l’on reconnait l’arbre. » (Mt 12, 33).

Le fruit est un repère. Qu’est-ce qui, autour de moi, procure paix, joie,  davantage de vie ?  Quels  gestes, actions, paroles  porteurs de solidarité, de fraternité, de réconciliation me reviennent en mémoire ?

« Un homme avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint y chercher du fruit et n’en trouva pas. Il dit alors au vigneron : ‘voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier et je n’en trouve pas. Coupe-le. Pourquoi  faut-il encore qu’il épuise la terre ?’ Mais l’autre lui répond : «’Maître, laisse le encore cette année, le temps que je bêche tout autour et que je mette du fumier. Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir. Sinon, tu le couperas’. » Lc 13,6-9

A ses disciples, Jésus  dit l’urgence de la conversion. Qu’est-ce qui en moi est à convertir  pour que là où je suis-je puisse porter davantage de fruits ?

Je parle au Seigneur de ce que j’ai découvert à travers cette méditation et lui adresse ma prière.

Je termine ce temps en écoutant le chant de Didier Rimaud : « la gloire de Dieu notre père »

Enfin en ce mois  d’octobre dédié à la mission, je prie pour que l’Eglise porte du fruit et je m’associe à la prière du pape  François :

« Prions pour que l’Eglise, fidèle à l’Evangile et courageuse dans son annonce, soit un lieu de solidarité, de fraternité et d’accueil.

Qu’elle vive de plus en plus la synodalité. »

Vous avez dit sobriété ?

Sobriété, maître mot de cette rentrée après une crise de l’énergie provoquée par la guerre en Ukraine et un été marqué par des épisodes climatiques hors normes ! La sobriété consiste à nous questionner sur nos besoins et à les satisfaire en limitant leurs impacts sur l’environnement. 

Bien avant cela, le pape François,  dans son encyclique « Laudato Si » parlait de « Sobriété heureuse »

Après la journée spéciale sur la sobriété du 21 septembre 2022, prenons le temps de relire ce que nous dit le Pape au n°223

« La sobriété, qui est vécue avec liberté et de manière consciente, est libératrice. Ce n’est pas moins de vie, ce n’est pas une basse intensité de vie mais tout le contraire ; car en réalité ceux qui jouissent plus et vivent mieux chaque moment , sont ceux qui cessent de picorer ici et là en cherchant toujours ce qu’ils n’ont pas, et qui font l’expérience de ce qu’est valoriser chaque personne et chaque chose, en apprenant à entrer en contact et en sachant jouir des choses les plus simples.

Ils ont ainsi moins de besoins insatisfaits et sont moins fatigués et moins tourmentés. On peut vivre intensément avec peu, surtout quand on est capable d’apprécier d’autres plaisirs et qu’on trouve satisfaction 

dans les rencontres fraternelles,
dans le service,
dans le déploiement de ses charismes,
dans la musique et dans l’art,
dans le contact avec la nature,
dans la prière »

Au n°225 il insiste en disant : « Par ailleurs, aucune personne ne peut mûrir dans une sobriété heureuse, sans être en paix avec elle-même »

« Pour créer son œuvre, le sculpteur n’ajoute rien à la matière, au contraire, il lui retire ce qui est en trop pour révéler ce qui était déjà là, faire jaillir le fond en brisant l’apparence de la forme brute. De même, nous sommes invités à nous simplifier pour qu’apparaisse ce qui est déjà en nous, pour aider notre être intérieur à refaire surface. » (la fonction de la sobriété selon Jean-Guilhem Xerri dans « Prenez soin de votre âme »)

Vivre mieux avec moins : est-ce bien réaliste ? Vivre mieux, est-ce vivre avec l’essentiel ? et quel est-alors, notre essentiel ? goûtons une vie plus simple !

Qu’est-ce que j’ai besoin de convertir encore en moi pour vivre cette sobriété heureuse ?

Est ce qu’il y a des choses qui me paraissent « en trop » dans notre vie ? Qu’est-ce que je pourrais faire
désormais concrètement pour répondre à cet appel du Seigneur à vivre plus simplement ?
Y a-t-il un moment tout simple de ma vie qui me rend heureux ?

Dieu nous associe à sa Création ; comment est-ce que je réponds?

Je demande au Seigneur de continuer à m’accompagner dans ce chemin de
conversion . Avec cette prière de saint Ignace, je m’abandonne à son amour :

“Prends Seigneur et reçois
toute ma liberté,
ma mémoire, mon intelligence
toute ma volonté.
Reçois tout ce que j’ai,
tout ce que je possède.
C’est toi qui m’as tout donné
à toi, Seigneur, je le rends.
Tout est à toi, disposes-en
selon ton entière volonté
et donne-moi ta grâce,
elle seule me suffit.”
Au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

L’acte créateur

Je me mets à l’écart pour un temps de méditation. Je m’installe en cherchant le lieu, puis la posture qui me convient, pour me sentir libre et disponible. Je prends le temps de faire le calme en moi, en étant attentif à ma respiration. J’inspire et j’expire plusieurs fois, sans forcer, m’efforçant de déposer toutes les préoccupations qui m’encombrent. Je trace sur moi le signe de croix.

Je demande la grâce d’être l’artisan de ma propre vie, avec le secours du Seigneur.

Je contemple ces deux œuvres de deux céramistes contemporains.

1.Corinne Gueho – « Mur mur » – Galerie Capazza, Nançay 2022 – Exposition Terra Incognita

2.Joan Serra « Argile, manganèse et lustre d’or » – Galerie Capazza, Nançay 2022 – Exposition Terra Incognita

Corinne Gueho travaille deux sortes de terre, noire et blanche, auxquelles elles donnent des formes géométriques, devenues lisses par un long travail de polissage. Horizontalité massive des deux socles noirs. Verticalité de deux maisons qui dressent la pointe de leur toiture. Celle de gauche, d’une blancheur immaculée. Celle de droite, où le blanc s’efforce de gagner sur le noir, encore présent.

Joan Serra associe la terre au métal. Un bloc de terre noire, encore brut, irrégulier, grumeleux, d’où semble sortir une surface encore en gestation, où les plis semblent encore lutter au travail qui s’efforce d’aplanir, d’égaliser…Baudelaire peut venir à l’esprit lorsqu’il évoque le travail du poète créateur : « tu m’as donné ta boue, et j’en ai fait de l’or. »

Je médite maintenant sur l’acte créateur, sur le geste du potier, geste inaugural posé par Dieu lui-même. « Alors le Seigneur Dieu modela l’homme avec la poussière tirée du sol ; il insuffla dans ses narines le souffle de vie, et l’homme devint un être vivant. » (Genèse, 2, 7)

Je médite ensuite sur mes propres gestes créateurs que j’accomplis pour façonner mon chemin de vie, chacun étant appelé par le Seigneur à être co-créateur :

Comment est-ce que je m’efforce de rendre ma vie « habitable », à l’image des maisons solidement fondées de Corinne Gueho…Que puis-je dire de la solidité du socle sur lequel je construis ? « Ainsi, celui qui entend les paroles que je dis et les met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a construit sa maison sur le roc. » (Matthieu, 7, 24). Quelles sont mes fragilités ? Quels obstacles est-ce que je rencontre ? Quelles résistances peuvent exister en moi ?

Comment est-ce que je m’efforce de polir les aspérités de ma propre vie, pour progresser vers une vie plus harmonieuse, plus lumineuse, à l’image de la surface dorée émergeant du chaos, dans l’œuvre de Joan Serra ? Je peux voir, dans cette création, la naissance d’un livre doré et lumineux, comme le livre que je cherche à écrire de ma propre vie.

Prenant conscience de mon labeur, de mes combats, mais aussi des éclats de lumière reçus, j’écoute Paul : « La Création tout entière gémit maintenant encore dans les douleurs de l’enfantement. » (Romains, 8)

Je me tourne vers le Seigneur, dans une conversation intime et confiante, pour lui présenter mes difficultés et mes réussites. Je lui demande son aide. « Seigneur, viens à mon secours. »

Je termine en disant le psaume 4

Quand je crie, réponds-moi, Dieu, ma justice ! Toi qui me libères dans la détresse, pitié pour moi, écoute ma prière !
 Fils des hommes, jusqu'où irez-vous dans l'insulte à ma gloire, * l'amour du néant et la course au mensonge ?
Sachez que le Seigneur a mis à part son fidèle, le Seigneur entend quand je crie vers lui.
Mais vous, tremblez, ne péchez pas ; réfléchissez dans le secret, faites silence.
 Offrez les offrandes justes et faites confiance au Seigneur.
 Beaucoup demandent : « Qui nous fera voir le bonheur ? » Sur nous, Seigneur, que s'illumine ton visage !
Tu mets dans mon cœur plus de joie que toutes leurs vendanges et leurs moissons.
 Dans la paix moi aussi, je me couche et je dors, car tu me donnes d'habiter, Seigneur, seul, dans la confiance.

Psaume 117

Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !
Éternel est son amour !
Oui, que le dise Israël :
Éternel est son amour !

Le bras du Seigneur se lève,
le bras du Seigneur est fort !
Non, je ne mourrai pas, je vivrai
pour annoncer les actions du Seigneur.

Tu es mon Dieu, je te rends grâce,
mon Dieu, je t’exalte !
Je te rends grâce car tu m’as exaucé :
tu es pour moi le salut.

Je me dispose à la prière, en me mettant à l’écart.

         Je lis le psaume, à haute voix.

         J’accueille ce psaume d’action de grâce, empli d’Espérance et d’énergie.

Je suis sensible au fait que le psaume commence par un pluriel (Rendez grâce), une référence à la collectivité du peuple (que le dise Israël), avant que le psalmiste ne passe à la première personne : « je ne mourrai pas, je vivrai » / « je te rends grâce » …

A mon tour, comme le psalmiste, je fais mémoire des expressions que j’ai reçues de l’Église pour qualifier Dieu (Dieu d’amour, Dieu puissant…) et je m’efforce de percevoir, dans mon expérience, la façon dont ces expressions prennent sens, dans une relation concrète au Seigneur.

De quoi, à mon tour, puis-je rendre grâce, aujourd’hui ?

         Je relis le psaume, lentement, prenant la place du psalmiste…

         Je peux aussi l’écouter chanter.

Je termine par le Notre Père…