Prier avec un chapiteau de N.D. du Port de Clermont-Ferrand – L’ange Gabriel annonce la naissance de Jean le Baptiste

Evangile de Luc 1, 5-25

La liturgie de ce lundi nous donne d’entendre l’annonciation à Zacharie. Nous pouvons méditer le texte à partir d’un chapiteau de Notre dame du Port de Clermont Ferrand.

Je m’installe paisiblement et fais silence en moi, pour me rendre disponible à un temps d’intériorisation. Je demande au Seigneur la grâce de savoir me laisser surprendre par la Parole de Dieu.

Je lis le texte lentement, en saisissant sa progression 

  • Zacharie et Elisabeth, situés dans leur culture et leur ancrage religieux, « justes devant Dieu ». « Ils suivaient tous les commandements et les préceptes du Seigneur
    de façon irréprochable. »
  • Le service de Zacharie au Temple et l’irruption de l’ange Gabriel.
  • L’annonce par l’Ange à Zacharie de la naissance de son fils et de sa vocation « pour préparer au seigneur un peuple bien disposé. »
  • La question de Zacharie, doutant de la véracité de l’annonce.
  • La réponse de Gabriel et la sanction par le mutisme de l’incrédulité de Zacharie.
  • La naissance de Jean Baptiste et la reconnaissance d’Elisabeth : « voilà ce que le Seigneur a fait pour moi. »

Puis je contemple le chapiteau roman : le centre du chapiteau est occupé par une représentation du Temple surmonté d’une coupole orientale. L’autel est encensé par Zacharie. De part et d’autre, les deux personnages, regardant à l’opposé. Les ailes de Gabriel dépassent la coupole, suggérant que la réalité divine est au-delà du Temple. L’archange tend son index vers Zacharie.

Je relis le texte de Luc, et, m’adresse maintenant au Seigneur, comme à un ami.

Zacharie verra l’accomplissement de l’annonce de Gabriel et rendra Grâce à Dieu.

            Je termine en disant le cantique de Zacharie.

« Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, qui visite et rachète son peuple.
 Il a fait surgir la force qui nous sauve dans la maison de David, son serviteur,
 comme il l’avait dit par la bouche des saints, par ses prophètes, depuis les temps anciens :
 salut qui nous arrache à l’ennemi, à la main de tous nos oppresseurs,
 amour qu’il montre envers nos pères, mémoire de son alliance sainte,3 serment juré à notre père Abraham de nous rendre sans crainte,
 afin que, délivrés de la main des ennemis,
 nous le servions dans la justice et la sainteté, en sa présence, tout au long de nos jours.
 Toi aussi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut ; tu marcheras devant, à la face du Seigneur, et tu prépareras ses chemins
 pour donner à son peuple de connaître le salut par la rémission de ses péchés,
 grâce à la tendresse, à l’amour de notre Dieu, quand nous visite l’astre d’en haut,
 pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres et l’ombre de la mort, pour conduire nos pas au chemin de la paix. »

La couronne de l’Avent

L’Avent, du latin « adventus » avènement, ouvre une nouvelle année liturgique et invite à se préparer à célébrer l’évènement de la naissance de Jésus. La couronne de l’Avent vient illuminer ce temps d’attente: avec  ses 4 bougies, elle balise le chemin qui conduit à Noël. 4 bougies, comme 4 semaines pour se préparer intérieurement à célébrer la venue du messie,  à accueillir la naissance du Christ dans nos vies.

En allumant la bougie du 3ème dimanche de l’Avent, dimanche de la joie, je peux prendre un temps de dialogue avec le Seigneur.

Je fais silence et fais le signe de croix

Je demande au Seigneur de  me réjouir de sa venue.

La couronne de l’Avent jalonne le temps de l’attente.

Celui que nous attendons, c’est  Jésus-Christ : « l’Alpha et l’Omega, Celui qui est, qui était et qui vient, le Tout-Puissant. » (Ap 1,8) ainsi décrit par st Jean dans son Apocalypse.

Je médite cela et mets des mots sur mon attente :

attente de  la fête de Noël pour se réjouir de la venue de Jésus, fils de David, Dieu fait homme, venu partager notre condition humaine, il y a plus de 2000 ans en Palestine ?

attente de sa venue dans la gloire et  du Royaume qu’il est venu inaugurer, royaume de justice et de paix ?

attente de la naissance en moi de l’enfant de Dieu bien aimé, à son image ?

Qu’est-ce que je voudrais qu’il advienne ?   Comment  personnellement je vis cette attente ?  Mon attente est-elle joyeuse et active ? Comment je  prépare la venue du Seigneur ?

Les bougies allumées de la couronne de l’Avent invitent à se tenir éveillé.

Une  double vigilance : ouvrir les yeux et discerner la présence de Jésus-Christ déjà là dans nos vies  – se tenir prêt et contribuer à l’avènement de son Règne.

A la question de Jean-Baptiste qui, dans l’Evangile de 3ème dimanche de l’Avent, demande « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? », Jésus répond : « Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez : les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. »

A mon tour, je regarde dans notre monde d’aujourd’hui,  autour de moi,  ce qui donne vie, consolation, ce qui permet  guérison, libération … tout ce qui est signes de la présence du Christ.  Je m’en réjouis et en rends grâce.

Je me rends attentif aussi à ces plus petits qui sont dans le besoin. Comment je peux à mon tour en prendre soin ; être pour eux Bonne nouvelle ?

Je m’adresse au Seigneur et lui dit ce qui monte de mon cœur à la fin de cette méditation.

Je peux, pour terminer ce temps, cette prière de Ai Nguyen Chi : Dieu qui est, qui vient, qui s’incarne.

Seigneur, tu es un Dieu qui est.
Enseigne-nous à voir les œuvres de ta création comme des lieux de révélation.
Là où il y a guérison, aide-nous à te voir comme guérisseur. Là où il y a réconciliation, 
aide-nous à te voir réconciliateur. Là où il y a la vie, aide-nous à te voir comme son auteur.
Seigneur, tu es un Dieu qui vient.
Enseigne-nous à reconnaitre ta présence dans le monde.
Là où il y a la paix, fortifie celle qui vient de toi. Là où il y a la joie, transforme notre joie en la tienne.
Seigneur, tu es un Dieu qui s’incarne.
Aide-nous à te recevoir dans notre propre corps. Prends nos mains pour soigner les blessures de la vie, nos yeux pour montrer ta tendresse et notre cœur pour manifester ton amour.
Fais de nous ta présence vivante au cœur du monde !

Christian Bobin

Christian Bobin est décédé le 23 Novembre dernier. Auteur de nombreux ouvrages poétiques, marqués par la spiritualité, il s’était largement fait connaître avec le Très-bas en 1992, consacré à St François d’Assise. Il venait de publier un dernier recueil, le muguet rouge.

Voici une page de son œuvre l’autre visage, figurant dans son recueil La présence pure.

Je m’installe dans un lieu calme pour un temps de prière. Je fais silence en moi, pour me préparer à recevoir les mots du poète.

Je lis lentement le texte, laissant retentir intérieurement les expressions, les images que les mots évoquent.

J’observe le texte, me laissant rejoindre par les mots.

L’évocation contrastée de la vérité.

La froide objectivité (chiffres, raison, preuves) opposée à un accueil spontané, comme un chant entendu.

L’éloignement peu accessible (du monde, de l’horizon) opposé à une proximité, une saisie aisée (elle chante dans le proche).

Une vérité à poursuivre, à chercher laborieusement, une vérité qui se dérobe sans cesse (devant vous, devant le promeneur, devant le matin, en face) opposée à une vérité proche, facile à saisir comme ce qui nous enveloppe simplement (au milieu de nous).

Puis la vérité comme ouverte, offerte aux enfants, agiles dans leurs mouvements, habiles à saisir la fragilité de l’Espérance, « herbe verte entre les mains ».

Enfin la vérité, non pas le fruit d’austères spéculations, d’arides réflexions, mais derrière le jeu enfantin de la devinette.

Je parcours alors les « devinettes », m’arrêtant sur une image qui me touche particulièrement pour la goûter, ou, au contraire, sur une phrase qui me résiste, qui me déconcerte, pour tenter de lui donner sens.

Je m’appuie sur ce texte pour nourrir ma prière

Elle (la vérité) n’est pas au bout du chemin, elle est le chemin même. Elle n’est pas en face, mais au milieu de nous.

En écho, les Écritures.

« Je suis le chemin, la vérité, et la vie » (Jean, 14,6)« Car là ou deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Matthieu, 18,20)

« Vous saurez que je suis au milieu d’Israël, moi, que je suis Yahvé, votre Dieu. (Livre de Joël, 2,27).

Chez nous, la vérité n’a rien de semblable.  La vérité, pour le chrétien, n’est pas un concept, mais une personne, la Personne du Christ. Chercher la vérité, pour le chrétien, n’est pas de livrer à une réflexion abstraite, mais à s’engager dans une rencontre.

Et moi, aujourd’hui que puis-je dire de l’étape où je suis de ma rencontre avec le Christ, « chemin, vérité et vie. » ? Chemin facile, chemin malaisé, semé d’obstacles ?

Nous sommes dans la vérité comme des enfants dans l’eau profonde.

Ainsi allons-nous dans la vérité, comme un enfant dans ses jeux 

Car si chez vous la vérité est un vieillard, chez nous c’est un enfant.

En écho, les Écritures.

« Laissez venir à moi les petits enfants, car le Royaume des Cieux leur ressemble. » (Marc, 10,13)

« En ce temps-là, Jésus prit la parole, et dit : Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants. » (Matthieu, 11,25)

Et moi, aujourd’hui, suis-je capable de retrouver ma disponibilité d’enfant pour m’ouvrir à la nouveauté de la Bonne Nouvelle ? Toujours prêt à dire, et toujours prêt à jouer ?

Vent, neige, aube, pluie, étoiles feuillage…

Beaucoup des « devinettes » du poète font appel à la nature, comme l’Évangile nous invite à contempler le semeur, le lys des champs…

La vérité est d’abord dans la conversion du regard pour nous émerveiller de ce qui nous est donné.

Et moi, aujourd’hui, de quoi puis-je m’émerveiller ? Que, qui puis-je contempler comme un rayon de vérité, qui m’ouvre à la beauté et à la bonté.

Dans une conversation, où je m’adresse au Seigneur comme un ami parle à un ami, je partage les fruits de ma prière.

Je termine en disant la prière de St Ignace

Prends Seigneur et reçois
	Toute ma liberté, 
	Ma mémoire, mon intelligence
	Et toute ma volonté.
Tout ce que j’ai et tout ce que je possède
C’est toi qui m’as tout donné, à toi, Seigneur, je le rends.
Tout est à toi, disposes-en selon ton entière volonté.
Donne-moi seulement de t’aimer 
Et donne-moi ta grâce, elle seule me suffit. 

Le centurion

Codex d’Egbert, 980

Je me prépare à accueillir l’évangile du jour. Je choisis un lieu propice à la prière, je peux allumer une bougie, signe de la lumière en ces jours de début d’hiver. Lumière du Seigneur, qui vient éclairer les ténèbres. Je me dispose à l’écoute de la Parole, en faisant taire en moi les autres préoccupations. Je peux chercher à me détendre, en nommant chacun de mes membres et en les parcourant mentalement, en me mettant à l’écoute des battements de mon cœur.

         Je demande la grâce de la confiance dans le Seigneur.

Je lis lentement le texte. J’imagine le bourg de Capharnaüm, et son agitation. Les gens qui vont et viennent dans la rue, le bruit des conversations, puis je m’arrête sur les deux protagonistes, Jésus et le centurion. Dans le mouvement environnant, ils se donnent tout entier à un échange. Et moi, comment, dans l’agitation de ma vie quotidienne, suis-je capable de m’approcher avec Jésus, pour lui parler ?

Matthieu 8, 5 – 11

En ce temps-là, comme Jésus était entré à Capharnaüm, un centurion s’approcha de lui et le supplia : « Seigneur, mon serviteur est couché, à la maison, paralysé, et il souffre terriblement. » Jésus lui dit : « Je vais aller moi-même le guérir. » Le centurion reprit : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri. Moi-même qui suis soumis à une autorité, j’ai des soldats sous mes ordres ; à l’un, je dis : “Va”, et il va ; à un autre : “Viens”, et il vient, et à mon esclave : “Fais ceci”, et il le fait. » À ces mots, Jésus fut dans l’admiration et dit à ceux qui le suivaient : « Amen, je vous le déclare, chez personne en Israël, je n’ai trouvé une telle foi.
Aussi je vous le dis : Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du royaume des Cieux. »

Je termine ma méditation de l’évangile proposé à l’église universelle en disant la prière que le Christ nous a laissée : « Notre Père… »

Psaume 99

Acclamez le Seigneur, terre entière,
servez le Seigneur dans l'allégresse, 
venez à lui avec des chants de joie !

Reconnaissez que le Seigneur est Dieu : 
il nous a faits, et nous sommes à lui, 
nous, son peuple, son troupeau.
Venez dans sa maison lui rendre grâce, 
dans sa demeure chanter ses louanges ; 
rendez-lui grâce et bénissez son nom !

Oui, le Seigneur est bon, 
éternel est son amour, 
sa fidélité demeure d'âge en âge.

Je prends un temps à l’écart des préoccupations quotidiennes…Je me dispose intérieurement…

Je peux demander au Seigneur la grâce de mieux le connaître pour mieux le suivre… ou exprimer toute autre demande…

Au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit – Amen

Je lis le psaume une première fois…

Ce psaume est une prière de remerciement (psaume « todah »: merci en hébreu), d’action de grâce au Seigneur pour ce qu’Il est. Psaume de louange, il invite la terre entière à chanter sa gratitude au Dieu créateur et libérateur, à venir partager les joies de l’Alliance…

Dans le judaïsme, ce psaume fait partie de l’office quotidien de la prière.

Dans la liturgie des Heures, il est l’un des quatre psaumes invitatoires. Il est également souvent présent dans la liturgie dominicale.

Je relis le psaume à voix haute, unissant ma voix à celle du psalmiste, goûtant la joie qu’il exprime…

Je m’arrête sur ce qui me touche, ce qui résonne en moi…

Et moi? Qui est Dieu pour moi? Quelle joie m’habite? Quelle est mon espérance?

« Acclamez…venez…servez…reconnaissez…

A quel déplacement, à quel mouvement puis-je me sentir appelé(e)?

De quoi puis-je rendre grâce dans ma vie? Est-ce que je me sens invité(e) à partager ma joie?

Je m’imagine au milieu de mes frères et sœurs chrétiens et juifs de la « terre entière »…

Ma louange prend-elle une autre dimension? Laquelle?

J’en parle au Seigneur, bon et fidèle. Je me confie à Lui de tout mon cœur…

Puis je m’adresse, en communion avec tous mes frères et sœurs, à Notre Père

Cathédrale

Novembre, le brouillard tombe sur ce coin de Berry, non loin du village de potiers de la Borne et voilà qu’au détour de la route, surgit  la cathédrale…

« La cathédrale » de Jean Linard Neuvy-deux-Clochers – Cher

Nous voici devant un ensemble de sculptures, de céramiques, de mosaïques qui se dressent dans un espace de verdure. Un monument  à ciel ouvert aux arcades multicolores. Dans un premier temps, je peux m’imprégner de  l’atmosphère de ce lieu, du silence qui en émane. Je peux aussi goûter la vie qui se dit dans la profusion et les couleurs qui détonnent et animent cet environnement.

Des arcs en forme de triangle nous accueillent. Leurs lignes ne sont pas parallèles, rien ne semble bien aligné ; il y a comme  un chaos organisé, une profusion de lignes aux mille facettes colorées,  mais l’ensemble forme une allée centrale, où nous sommes invités  à entrer, à avancer…  Cette construction qui s’élance vers le ciel, invite aussi  à élever le regard, à regarder plus haut, vers la croix qui se trouve au sommet de l’arc du fond.

Bien sûr, il faudrait regarder l’ensemble et tout le chemin, jalonné de multiples autres sculptures, d’autres signes… Il faudrait aussi regarder en détail, voir la diversité des matériaux utilisés, les objets quelque fois insolites qui participent à la construction… se laisser étonner devant l’ingéniosité, la créativité du bâtisseur. Il faudrait prêter attention aux éléments placés sur le chemin,  des triangles dressés comme des statues, des mobiles, toutes sortes d’éléments disparates où se côtoient des noms de saints ou d’autres figures qui ont marqué l’histoire ; des animaux,  des fleurs, des mots, des anges…

Mais devant cette image, entrons en relation avec le Seigneur et adressons-lui notre prière

La « cathédrale » parle de créativité mais aussi d’altérité, de transcendance, de soif de Dieu.

« Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube : mon âme a soif de toi ; après toi languit ma chair, terre aride, altérée, sans eau. » dit le psaume 62.

Et moi, suis-je en  cherche ? A quelle source vais-je étancher ma soif ? Est-ce que je suis à l’écoute de cette soif  de Dieu dans mon entourage, chez mes contemporains ?

Je rends grâces pour le désir de Dieu qui m’habite.

La « cathédrale » donne à voir une construction qui peut nous renvoyer à une autre construction, celle de l’Eglise faite de pierres vivantes.

« Vous avez été intégrés dans la construction qui a pour fondation les apôtres et les prophètes, et Jésus-Christ lui-même comme pierre maîtresse. C’est en lui que toute construction s’ajuste et s’élève pour former un temple saint dans le Seigneur. C’est en lui, que vous aussi, vous êtes ensemble intégrés à la construction pour devenir une demeure de Dieu par l’Esprit. » dit Paul dans sa lettre aux Ephésiens (Ep 2,20-22)

Et moi, comment est-ce que je prends ma place dans l’édifice ? Comment je travaille à son unité ? Comment je donne place au Christ et à l’Evangile au cœur de ma vie ?

Je demande à  l’Esprit  de m’accompagner sur ce chemin en Eglise.

La « cathédrale » évoque la diversité, une diversité en marche, un désir d’universel.« C’est lui (le christ) le commencement, le premier-né d’entre les morts, afin qu’il ait en tout la primauté. Car Dieu a jugé bon qu’habite en lui toute plénitude et que tout, par le Christ, soit enfin réconcilié, faisant la paix par le sang de la croix, la paix pour tous les êtres sur la terre et dans le ciel. » dit st Paul aux Colossiens (Col 1,18-20)

Et moi, est-ce je crois au rassemblement de l’humanité en Christ ? Comment cette espérance me guide sur le chemin de la paix ?

Alors que vient d’être célébrée la fête du Christ Roi de l’univers, je peux confier au Christ les divisions et tout ce qui vient empêcher cette unité.

Je termine ce temps en disant un Notre Père

Fêter le Christ-Roi

Musée de Cluny

Certain d’entre vous sont abonnés à « Prions en Eglise » et comme chaque mois, avec votre livret , vous recevez  une image. Pour ce mois de novembre il s’agit d’un « Christ Roi de l’univers »  que nous fêterons dimanche prochain 20 novembre.  Ensemble prions à l’aide de cette représentation.

J’observe d’abord l’image

Formes, couleurs, personnages, positions ….  Ce qui me plait, ce qui me dérange, ce que je comprends, ce qui me semble obscur.

Je prends le temps de la méditation

Sur un fond de lumière jaune, le Christ est au centre, dans une mandorle en forme d’amande. C’est l’image même de ce qu’est un symbole : partie nourrissante protégée par une coque épaisse. Celle-ci nous indique le chemin par lequel il nous faut passer pour aller jusqu’au Christ. Il est ainsi souvent représenté sur les tympans de nos églises romanes et gothiques (dont celui de la cathédrale de Bourges). Chemin symbolisant le passage de l’extérieur de l’église à l’intérieur de l’église préfigurant le passage des vivants du monde terrestre au monde céleste. Chemin parfois difficile à franchir.

Temps de silence : Mon chemin parfois difficile ….

Le Christ est en majesté. Sur son trône, élevé dans la gloire. Il est l’alpha et l’oméga (deux lettres grecques de chaque côté de ses épaules. Cependant il porte encore la trace des clous sur ses pieds. Christ Sauveur du monde !

Temps de silence : Je fais mémoire de ce Christ déjà présent mais aussi de ce Christ souffrant dans le monde.

Dans sa main gauche le Christ tient le livre de la Parole, celle qui nous a été transmise par les quatre évangélistes figurés par les animaux-symboles aux quatre coins de l’image.  Le Christ est Parole,  Parole vivante du Père.

Temps de silence : Je peux prendre le temps de lire les textes qui nous seront proposés dimanche prochain à l’occasion de cette fête du Christ Roi.

De sa main droite, le Christ,  dans un geste d’enseignement qui invite à la vie éternelle, nous bénit. Ses deux doigts symbolisant sa double nature humaine et divine. Il est dans la position de celui qui a autorité, celui qui règne,  faisant  référence à l’évangile de  Jean « Je suis la résurrection et la vie ».

Temps de silence et d’action de grâce.

« La royauté de Jésus
est bien différente de la royauté mondaine.
Il n’est pas roi comme les autres,
mais il est roi pour les autres. »
Pape François

Prions : Dieu éternel et Tout-puissant, tu as voulu récapituler toutes choses en ton Fils Bien-Aimé, le Roi de l’univers ; dans ta bonté, fais que, libérée de la servitude, toute la création serve ta gloire et chante sans fin ta louange. Par Jésus le Christ, notre Seigneur. Amen

A Conques avec Pierre Soulages

Pierre Soulages. Vitraux de l’abbaye de Conques, 1987-1994

Entre 1987 et 1994, Pierre Soulages (décédé il y quelques jours à 102 ans) a réalisé les vitraux des 104 verrières de l’église abbatiale de Conques. Avec les usines de St Gobain, il recherche un matériau nouveau qui laisse largement pénétrer la lumière, tout en isolant de l’extérieur, pour préserver la clôture du sanctuaire. Il s’agit aussi de laisser à la pierre originelle son éclat d’antan. Soulages disait d’ailleurs qu’il s’agissait de « donner à voir l’architecture du XIème avec les moyens dont nous disposons au XXème siècle. ». Les bandes noires rythmant l’espace visent essentiellement à faire vibrer la lumière. L’originalité de l’œuvre tient aussi au fait que les vitraux sont lisibles autant de l’extérieur que de l’intérieur.

Je prends le temps de me disposer pour un temps de contemplation. Je me mets à l’écart, en choisissant le lieu où je peux quitter mon environnement quotidien pour descendre en moi-même. Je me marque du signe de la croix. J’invite mon imagination pour me transporter dans cette abbatiale du XIème, illuminée par ses vitraux. Je m’imagine, déambulant dans l’espace de cette église, et je m’arrête face à ces murs et ces voutes éclairés par trois vitraux.

Je contemple d’abord l’architecture, la pierre ocre utilisée par ces bâtisseurs du XIème siècle. Je médite sur le travail qu’a rendu possible la foi. Je rends grâce pour tous ces artisans qui nous laissent ce témoignage, qui nous ouvrent à la transcendance par la beauté. J’imagine le patient labeur des tailleurs de pierre, travaillant en équipe pour que les murs s’élèvent, promis à la stabilité dans la durée. Je vois aussi dans cette architecture le symbole de l’église, et de ses pierres vivantes qui traversent les siècles pour que la Bonne Nouvelle continue d’être annoncée.

Et moi, comment est-ce que je me situe, dans cette histoire de la foi, sur quels témoins est-ce que je m’appuie ?

Je m’arrête ensuite sur la lumière, laissant monter en moi des extraits de la Parole qui évoquent la lumière.

« Dieu dit : « Que la lumière soit. » Et la lumière fut. » (Ge, 1,3)

« Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi. » (Is, 9,1)

« De nouveau, Jésus leur parla : « Moi, je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie. » (Jn, 8,12)

« Ta parole est la lumière de mes pas, la lampe de ma route. » (Ps 119, 105)

En ce temps de l’année, où l’obscurité se fait plus présente, je pense à mon besoin de lumière. Que permet-elle en moi ? Comment la Parole de Dieu se fait-elle lumière pour moi ? Marchant vers le temps de l’Avent, quelle place, dans ma vie, à la lumière du Christ ?

Je contemple maintenant les lignes noires qui strient la lumière des vitraux. A partir des barlotières, ces barres métalliques horizontales qui permettent de fixer les vitraux sur les ouvertures, Soulages dessine de multiples traits noirs. Je suis sensible à leur rythme, leur orientation…lignes parallèles, obliques plus ou moins marquées, descendantes, ou ascendantes. Je laisse mon regard passer d’un cadre à un autre, lentement…Autant de traces, peut-être, de tant de pèlerins, venus se recueillir dans cette abbatiale, autant de traces, peut-être, de mes états intérieurs, plats, descendants, ascendants…Je peux alors méditer sur le propre rythme de ma vie intérieure de ce jour.

        

Soulages, peintre du noir, de « l’outre noir » a toujours insisté pour souligner que le noir n’avait pour fin que de réfléchir la lumière. Comment, dans ma vie de ce jour, la lumière de Dieu se rend-elle présente 

Pour terminer, nous pouvons dire la prière du lucernaire, que chantent les communautés monastiques à l’office du soir.

Joyeuse lumière, splendeur éternelle du Père.
Saint et bienheureux Jésus Christ !
Venant au coucher du soleil
Contemplant la lumière du soir
Nous chantons le Père et le Fils,
Et le Saint Esprit de Dieu.
Nous Te chantons, Ressuscité,
Toi qui surgis des ténèbres du tombeau
Étoile du matin qui devance l’aurore
Dont l’éclat resplendit jusqu’au monde nouveau.
Reste avec nous, Seigneur,
Car déjà le jour baisse
Illumine nos yeux au soir de cette Pâques
Toi la lumière qui ne connaît pas de couchant.

Requiem

En écoutant ce Requiem je prie pour tous ceux qui nous ont quittés. Je te rends grâce pour tous les dons reçus d’eux et tout ce qu’ils m’ont transmis. Je te les confie, Seigneur, garde-les dans la paix.

Requiem John Rutter

John Milford Rutter est un compositeur britannique né en 1945 à Londres.

John Rutter res­sen­tit la pre­mière fois le besoin d’écrire un requiem en 1983, après la mort de son père. Celui-ci ado­rait la musi­que, sans être expert, aussi Rutter vou­lait il écrire une œuvre à sa mémoire qui soit à la fois musi­ca­le­ment abou­tie et acces­si­ble à cha­cun. Ce devait être un moyen de réflé­chir sur la perte des êtres chers et sur sa pro­pre mort, en la trans­for­mant en un acte pure­ment musi­cal.

Toussaint

Prions avec un texte de Madeleine Delbrêl

Je commence par déterminer le moment, le lieu et la durée de ma prière.

Je m’arrête un instant pour « considérer comment Dieu me regarde » et m’accueille… Je m’offre à lui tel que je suis en ce moment pour le rencontrer.

Je prends le temps de lire ce texte, lentement, à haute voix pour l’écouter et l’entendre.

« Il y a des lieux où souffle l'Esprit mais il y a un Esprit qui souffle en tous lieux. 
 Il y a des gens que Dieu prend et met à part.
Il y en a d’autres qu’il laisse dans la masse, qu’il ne « retire pas du monde ».
Ce sont des gens qui font un travail ordinaire, qui ont un foyer ordinaire ou sont des célibataires ordinaires.
Des gens qui ont des maladies ordinaires, des deuils ordinaires.
Des gens qui ont une maison ordinaire, des vêtements ordinaires.
Ce sont les gens de la vie ordinaire.
Les gens que l’on rencontre dans n’importe quelle rue.
Ils aiment leur porte qui s’ouvre sur la rue, comme leurs frères invisibles au monde aiment la porte qui s’est refermée sur eux.
Nous autres, gens de la rue, croyons de toutes nos forces que cette rue, que ce monde où Dieu nous a mis est pour nous le lieu de notre sainteté.
Nous croyons que rien de nécessaire ne nous y manque, car si ce nécessaire nous manquait, Dieu nous l’aurait déjà donné. »

Madeleine Delbrêl, « La sainteté des gens ordinaires », tome VII des Œuvres Complètes 2009 – Nouvelle Cité – Nous autres gens des rues, p24)

Je laisse les mots et les images résonner et faire écho en moi.Je laisse venir en moi des lieux et des visages de ma vie actuelle et du monde aujourd’hui…et je les présente au Seigneur avec ce que cela fait naître en moi.

Puis je parle à Dieu comme un ami parle à un ami.Je peux lui demander une grâce pour vivre ce qu’il m’appelle à vivre aujourd’hui.

Je redis le Notre Père, en communion avec toute l’Église.

En écho à ce texte, je peux laisser éclairer les Béatitudes, que je vais entendre à la messe de la Toussaint,  par les extraits de l’Exhortation Apostolique du Pape François « Gaudete et exultate » sur l’appel à la sainteté dans le monde actuel.

Bourges- Cathédrale St Etienne – Tympan du Jugement Dernier