avec Syméon

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 2, 22-32

Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur. Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes. Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce
qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur. Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple. Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait, Syméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant :

« Maintenant, ô Maître souverain,
tu peux laisser ton serviteur s’en aller
en paix, selon ta parole.
Car mes yeux ont vu le salut
que tu préparais à la face des peuples :
lumière qui se révèle aux nations
et donne gloire à ton peuple Israël. »

Nous     fêtons cette semaine la Présentation au Temple, fête de la lumière, comme le rappelle le nom plus commun de cette journée, la chandeleur, en lien avec les chandelles, utilisées dans la procession ouvrant la célébration… L’Église, avec le Pape Jean Paul II, a fait de cette journée, depuis 1997, la journée mondiale des consacrés.

Je me dispose à la prière en me mettant à l’écart. En cette fête de la lumière, j’allume une bougie, un lumignon et en contemple la flamme, fragile, colorée, mobile…Cette flamme peut-être petite, qui éclaire néanmoins, qui réchauffe.

Je lis lentement le texte de l’Évangile, en imaginant la scène.

  • Le départ de Marie, de Jésus et de Joseph de Bethléem à Jérusalem. La fatigue de Marie, peu de jours après l’enfantement ; la fragilité de Jésus, nouveau-né ; la présence discrète, protectrice et aimante de Joseph.
  • L’arrivée de la Sainte Famille au Temple. Le contraste entre la modestie de l’étable et la splendeur du Temple.
  • L’achat, par Joseph d’un couple de tourterelles à un comptoir, à l’entrée du Temple…offrande prescrite aux gens modestes.
  • Syméon, poussé au Temple par l’Esprit, confiant et patient…J’imagine la silhouette, le visage, le regard du vieillard.
  • Syméon qui reçoit le petits-enfants dans ses bras.
  • Et je termine en écoutant les paroles de Syméon

Je m’arrête sur un moment du texte pour me laisser rejoindre, déplacer, peut-être…

A proximité de la fête des consacrés, je fais mémoire des consacré(e)s, qui ont pu marquer mon chemin de foi. Je prie le Seigneur pour qu’il aide tous les consacrés dans leur mission et qu’il suscite de nouvelles vocations.

Je peux terminer par cette prière de Benoît XVI.

O Marie, Mère de l’Église,
Je te confie toute la vie consacrée,
afin que tu obtiennes pour elle
la plénitude de la lumière divine:
qu’elle vive dans l’écoute
de la Parole de Dieu,
dans l’humilité de la suite
de Jésus ton Fils et notre Seigneur,
dans l’accueil de la visite
de l’Esprit Saint,
dans la joie quotidienne
du magnificat,
pour que l’Église soit édifiée
par la sainteté de vie
de tes fils et de tes filles,
dans le commandement de l’amour.
Amen.

Sur les traces de Saint Paul

Bêma de Corinthe

Le mot grec βῆμα / bêma, « tribune » « marche », désignait dans la Grèce antique la tribune aux harangues, au-dessus d’une estrade, d’où les orateurs s’adressaient au peuple assemblé.

Devant la photo de ce lieu, où St Paul a annoncé l’Evangile aux Corinthiens, nous pouvons prendre un temps de prière, en faisant mémoire de cet apôtre des nations dont nous fêterons la conversion cette semaine.

Nous nous mettons en présence du Seigneur et lui demandons d’être  là pour lui, avec tout notre être.

Nous faisons d’abord mémoire de qui était st Paul

Juif pharisien de langue grecque, citoyen romain, il est né à Tarse. C’est d’abord un persécuteur zélé de la nouvelle secte juive qui se réclame de Jésus de Nazareth. Jusqu’au jour où le Christ lui-même lui apparaît sur le chemin de Damas. « Saul, Saul, pourquoi me persécuter ? »

Complètement retourné par cette vision, il deviendra un voyageur infatigable pour annoncer le Christ mort et ressuscité aux hommes et femmes de son temps.

Les Actes des Apôtres relatent comment il fût envoyé en mission depuis Antioche par la communauté  à l’écoute de l’Esprit Saint : « Mettez-moi à part Barnabé et Saul pour l’oeuvre à laquelle je les ai appelés ». (Ac 13, 1-3). Ont suivi 3 voyages missionnaires à travers l’Asie Mineure et la Grèce, puis un dernier déplacement vers Rome, capitale de l’empire.

Je considère cette figure de st Paul, sa rencontre avec le Christ, sa mission d’annonce de l’Evangile auprès des païens. Et moi, quels sont les moments où le Seigneur m’a parlé ? Quelle Bonne nouvelle je souhaite annoncer ? Est-ce que je cherche à mon tour à faire connaitre celui en qui je crois ?

Nous mobilisons notre imagination  pour nous rendre présent à la vie de Paul

Nous l’imaginons affrontant la fatigue et les dangers des voyages, utilisant les moyens de communication de l’époque (voies romaines, bateau…). Ecoutons son récit dans la 2ème lettre aux Corinthiens :

« Trois fois, j’ai fait naufrage, j’ai passé un jour et une nuit sur l’abîme. Voyages à pied souvent, danger des fleuves, dangers des brigands, dangers de mes frères de race, dangers des païens, dangers dans la ville, dangers dans le désert, dangers sur mer, dangers des faux frères ! Fatigues et peine, veilles souvent ; faim et soif, jeûne souvent ; froid et dénuement ; sans compter tout le reste, ma préoccupation quotidienne le souci de toutes les églises. » (2 Co 24-27)

Mosaïque de St Paul prêchant à la bêma de Bérée (Veria non loin de Thessalonique)

Nous l’imaginons annonçant l’Evangile aux juifs de la diaspora et à tous, à temps et à contretemps, adaptant son discours à son auditoire.

Comme sur cette mosaïque à Bérée en Grèce où il reçoit un accueil favorable jusqu’à ce que des gens de Thessalonique viennent jeter le trouble et le faire quitter la ville. (Ac 17,10-15).

Nous imaginons la joie partagée avec ceux qui accueillent sa parole et aussi les épreuves endurées à cause de ceux qui lui font opposition. Ecoutons ce qu’il dit aux Anciens d’Ephèse à Milet, en relisant sa vie :

« J’ai servi le Seigneur en toute humilité, dans les larmes et au milieu des épreuves que m’ont valu les complots des juifs. Je n’ai rien négligé de ce qui pouvait être utile ; au contraire, j’ai prêché, je vous ai instruits, en public comme en privé ; mon témoignage appelait et les Juifs et les Grecs à se convertir à Dieu et à croire en notre Seigneur Jésus…. Je n’attache d’ailleurs vraiment aucun prix à ma propre vie ; mon but, c’est de mener à bien ma course et le service que le Seigneur Jésus m’a confié : rendre témoignage à l’Evangile de la grâce de Dieu. » (Ac 20 19-21.24)

Je considère l’engagement de Paul au service du Christ et les fruits : la naissance  de communautés chrétiennes tout autour du bassin méditerranéen. Et moi, qu’est ce que le Christ a changé dans ma vie ? Quel choix ai-je fait à cause de l’Evangile ? Quelles joies ou quelles difficultés ont accompagné ce choix ?

Nous écoutons maintenant les mouvements provoqués par cette méditation

Qu’a suscité en moi ce regard sur Paul et son action ? Qu’est-ce qui jaillit de mon cœur ?

  • Une action de grâces pour cet homme, disciple du Christ, porteur de la bonne nouvelle qui s’est transmise jusqu’à moi ?…
  • Ou bien une demande de pardon pour mon manque de foi ou de persévérance?…
  • Ou encore le désir  de mieux vivre de l’Evangile, d’en témoigner… d’aller vers les autres pour l’annoncer à mon tour?…

J’en parle au Seigneur

Je termine ce temps en disant la prière du pape François à st Paul :

« Paul, notre guide et frère bien-aimé, obtiens-nous une foi profonde, une espérance ferme, un amour brûlant pour le Seigneur afin que nous puissions dire avec toi : ‘Ce n’est plus moi qui vis mais le Christ qui vit en moi’. Aide-nous à devenir des apôtres qui servent l’Église avec une conscience pure, des témoins de sa grandeur et de sa beauté au milieu des ténèbres de notre temps. Avec toi nous louons Dieu, le Père dans les cieux ! ‘A lui la gloire, dans l’Église et le Christ Jésus pour tous les âges et tous les siècles’. »

« Voici l’agneau de Dieu »

Evangile Jean 1, 29-34

Le lendemain, voyant Jésus venir vers lui, Jean déclara : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ; c’est de lui que j’ai dit : L’homme qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était.  Et moi, je ne le connaissais pas ; mais, si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour qu’il soit manifesté à Israël. »  Alors Jean rendit ce témoignage : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui.  Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : “Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint.”  Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. »

« Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde »

En ce dimanche l’Eglise nous invite à méditer un passage de l’évangile de Jean chapitre 1, 29-34. Voici quelques repères pour nous y aider.

 L’art de voir : D’abord Jean le Baptiste voit Jésus venir vers lui. Puis par deux fois Jean affirme à ceux qui l’interrogent sur son identité : « J’ai vu ! »

Je me représente la scène et j’essaie de regarder Jésus qui vient vers Jean. Qu’y a-t-il à voir ? Comment je l’imagine ? Je demande la grâce de voir Jésus venir à ma rencontre dans les échanges et les actions de ce jour.

« Voici l’Agneau Dieu » déclare Jean le Baptiste. Cette expression est assez énigmatique, déjà même pour les contemporains de Jean et encore plus pour nous qui ne sommes pas en contact régulier avec des agneaux !

Si je devais désigner Jésus à quelqu’un, avec quels mots je le ferais ? Voici le messie ? Voici mon Sauveur ? Voici mon ami ?… Je réfléchis durant la journée sur les noms que je voudrais donner à Jésus et je lui demande de mieux le connaître pour l’aimer davantage.

Humilité du témoin Jean est un personnage étonnant. Alors qu’il en impose par ses paroles et ses gestes, il sait rester à sa place de serviteur. Il n’hésite pas à dire à tous qu’il n’est pas le Messie : il est juste le messager. Et drôle de messager qui reconnaît qu’il ne connaissait pas celui qu’il devait annoncer. Quelle foi ! Quelle confiance profonde dans la parole entendue.

Je demande la grâce d’être enraciné dans la même confiance que Jean

L’Esprit Saint : Dans son évangile, au moment de la visitation, Luc nous rapporte la rencontre entre deux futures mamans. « Quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint. Telle mère, tel fils ! Jean le Baptiste agit comme sa mère : il sait reconnaître l’œuvre de l’Esprit Saint et il a pour vocation de témoigner de l’identité de Jésus.

Je rends grâce au Seigneur qui a suscité la famille de Jean et je lui demande de pouvoir à mon tour être messager de ce Dieu qui vient pour nous sauver

Avant de conclure ce temps avec la Parole, je partage au Seigneur, comme à un ami, le désir qu’éveille en moi cette scène. Quelle demande je lui fais ? Quelle joie je pourrai lui exprimer ?

Et je termine en reprenant: »Notre Père … »

Avec les mages, goûter la délicatesse de Dieu

Le songe des rois mages, cathédrale d’Autun. (XIIème)

« Avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin. » (Matthieu, 2, 12)

Je prends le temps de me mettre à l’écart pour prier. Je cherche à quitter l’agitation de mes activités habituelles, pour faire intérieurement silence et me rendre disponible. Je dis au Seigneur ma joie de demeurer en Lui et de me mettre à son écoute. Je demande la grâce de l’attention, pour percevoir les signes que le Seigneur me fait.

Je prends le temps de contempler ce chapiteau qui a traversé les siècles. Je rends grâce pour l’habileté, le talent du sculpteur qui a ciselé la pierre avec foi.

Je suis sensible à la douceur de la scène rendue par les nombreuses lignes courbes : cascade des demi-cercles sur le tissu qui recouvre les trois rois, arrondi de l’oreiller, lignes délimitant les ailes de l’ange recouvertes d’écailles aux lignes harmonieuses, cercle de l’auréole, ordre calme de la chevelure de l’ange, retenue par un bandeau circulaire…

Je cherche à m’installer moi-aussi dans cette douceur…

Je m’arrête sur les trois mages. Couchés côte à côte, ils donnent une image de paisible unité. La tradition populaire a représenté les divers continents à travers les trois rois, souvent distingués par leur race et leur couleur de peau

Je prends le temps de goûter, avec cette scène paisible, cette évocation de la paix universelle, promesse du Seigneur à attendre dans l’Espérance mais aussi appel à ma responsabilité pour me faire artisan de paix.

Je contemple maintenant l’ange, ses gestes…Le messager de Dieu continue d’indiquer le chemin en pointant un index vers l’étoile. Et il veut attirer l’attention d’une des mages dont il effleure la main avec délicatesse. Ce roi s’éveille, ouvre les yeux, quand les deux autres sont toujours endormis.

Je goûte, à travers cette caresse de l’ange, sur la main du roi, la délicatesse de Dieu, sa bienveillante discrétion.

Je prends le temps, maintenant de m’adresser au Seigneur, certain de la qualité de son attention et de son écoute.

Je peux lui partager les moments où j’ai ressenti un signe de sa part, où je me suis senti touché par lui. Si je n’ai pas de telles expériences, je peux le prier pour qu’il me rende plus attentif, plus réceptif à sa présence.

Le Seigneur me fait aussi signe à travers le prochain. Je peux évoquer ceux qui m’ont rendu le Seigneur présent. Je nomme aussi ceux qui traversent des difficultés, où ils ont tant besoin de ressentir la présence aimante du Seigneur.

Je termine en rejoignant l’Église universelle, dont tant de fidèles, aujourd’hui, prient la prière que Jésus nous a laissée : « Notre Père… »

En forme de voeux

Prière du Pape François – Laudato Si’

Voici une prière qui pourrait exprimer nos souhaits et nos voeux pour cette nouvelle année qui commence. Qu’elle en éclaire et oriente mon quotidien. Que nous soyons des porteurs de la Lumière.

Je peux la redire lentement et m’arrêter sur un ou deux versets qui me rejoignent particulièrement.

Je regarde ce qui fait mon quotidien et l’habite, mes différents lieux de vie et d’engagement et demande la grâce de discerner comment répondre personnellement à ces défis et laisser l’Esprit guider mon coeur et mes actes.

J’accueille avec confiance l’inconnu du temps qui vient, sûr.e de la présence aimante et fortifiante du Seigneur à mes côtés.Je le lui partage.

le groupe HOLI

J’ai vu des montagnes sans neige, des océans qui se déchainent
J’ai vu des petits ruisseaux devenir des fontaines
J’ai vu des fous d’amour marcher dans le vent
Des peuples se lever et réveiller le printemps

J’ai vu des hommes qui se battent,
Qui se bougent parce que la Terre est dans le rouge
J’ai vu des marchands d’inutile,
De l’argent facile et des désirs futiles
J’ai vu le soleil se voiler, des enfances volées, des rêves s’envoler
J’ai vu des guerres et aussi des colombes

J’ai vu des matins sombres et des nuits étoilées
Des lueurs dans la pénombre, et des feux s’allumer
J’ai vu dans leurs yeux la détresse, le stress et la tristesse
J’ai vu la tendresse, des regards s’illuminer par la beauté d’un geste
J’ai vu, des coeurs se durcir,
Des visages se fermer et des portes s’ouvrir
J’ai vu la méfiance, des absences,
La défiance, et des témoins d’espérance
J’ai vu des armes, des larmes, des drames et des sourires
J’ai vu la joie et les colères qui grondent

J’ai vu des orages, des barrages, des grillages
Des oiseaux sortir de leur cage, voler au-dessus des nuages
J’ai vu des hommes accablés, oubliés, confinés
J’ai vu une flamme dans leurs yeux, l’amour comme un feu
J’ai vu des des blessures, des fractures,
Des fissures, des brûlures, des déchirures, des dictatures

Et j’ai lu des mots qui rassurent
J’ai vu des enfants chanter et d’autres
Pleurer, des blés germer et des graines geler
J’ai vu des prisons dorées,
Des matelas de fortune, la loi des marchés et les biens qu’on consume
J’ai vu des mains qui tremblent,
Qui attendent qu’on leur tende la main
J’ai vu des nuits sans fin,
Des lourds matins et la lumière au bout du chemin,
J’ai vu des espoirs déçus,
Des rêves déchus, des gens abbatus, des voies sans issue
Et j’ai vu la vie reprendre le
Dessus, parce qu’on s’est battus, on a tenu
J’ai vu le souffle du monde

Oh oh oh
Oh oh oh oh
Oh oh oh
Oh oh oh oh

Voici le souffle du monde
Marche avec moi mon dieu
Voici le souffle du monde
Marche avec moi mon dieu
Au coeur de ce monde

Naissance – Marie et l’enfant – FX de Boissoudy

Je me laisse guider dans ma contemplation.

Je m’installe le corps détendu, je respire plusieurs fois profondément, je repose mon esprit et fais silence en moi pour me disposer à ce temps de rencontre avec le Seigneur à travers une œuvre d’art.

D’abord je prends le temps de contempler ce tableau, de le laisser venir à moi,  je me laisse faire, je me laisse toucher au cœur, apprivoiser par lui. Toutes les lignes courbes expriment une grande douceur, la tête, les cheveux, le dos, les bras  de Marie.

Je vois d’abord le centre, source de lumière, les deux visages.

Les yeux de Marie sur l’enfant, son regard intérieur,

Les bras tendus, l’enfant dans ses mains, la distance  pour mieux contempler son fils et découvrir le don de Dieu

Je regarde son visage heureux et paisible, confiant, souriant

Sa bouche entrouverte semble prononcer des mots à l’enfant qu’elle vient de mettre au monde

 J’observe le visage de l’enfant, ses yeux fixant ceux de sa mère. Les deux regards, les deux sourires respirent la vie .

Je me laisse toucher par la courbure du dos de Marie, tout son corps porté en avant, se tourne vers le nouveau-né

Je repère aussi  le mouvement souligné par le pan du manteau, il accentue la pliure de la jambe et met en valeur  le mouvement du genou et l’arrière du pied.

Je me laisse toucher par tout le haut du corps penché en avant et les bras tendus , avancés dans un mouvement d’offrande.

Marie comblée de grâces accueille le don de Dieu et en fait don, l’offre au monde.

En écho de cette scène j’écoute des extraits de « Au nom de la mère » d’Erri De Luca, paroles intérieures de Miriam à la naissance de Ieshu.

Comment cette scène me rejoint-elle ?

Je peux prendre le temps de contempler  la lumière, les grâces et les dons reçus, ces talents qui m’ont été confiés, pour que je laisse le Seigneur s’incarner en moi et être son témoin .

Je demande au Seigneur de faire grandir ma foi et  j’en parle avec lui comme avec un ami .

Je termine ce temps de prière en disant : Notre Père

Prier avec un chapiteau de N.D. du Port de Clermont-Ferrand – L’ange Gabriel annonce la naissance de Jean le Baptiste

Evangile de Luc 1, 5-25

La liturgie de ce lundi nous donne d’entendre l’annonciation à Zacharie. Nous pouvons méditer le texte à partir d’un chapiteau de Notre dame du Port de Clermont Ferrand.

Je m’installe paisiblement et fais silence en moi, pour me rendre disponible à un temps d’intériorisation. Je demande au Seigneur la grâce de savoir me laisser surprendre par la Parole de Dieu.

Je lis le texte lentement, en saisissant sa progression 

  • Zacharie et Elisabeth, situés dans leur culture et leur ancrage religieux, « justes devant Dieu ». « Ils suivaient tous les commandements et les préceptes du Seigneur
    de façon irréprochable. »
  • Le service de Zacharie au Temple et l’irruption de l’ange Gabriel.
  • L’annonce par l’Ange à Zacharie de la naissance de son fils et de sa vocation « pour préparer au seigneur un peuple bien disposé. »
  • La question de Zacharie, doutant de la véracité de l’annonce.
  • La réponse de Gabriel et la sanction par le mutisme de l’incrédulité de Zacharie.
  • La naissance de Jean Baptiste et la reconnaissance d’Elisabeth : « voilà ce que le Seigneur a fait pour moi. »

Puis je contemple le chapiteau roman : le centre du chapiteau est occupé par une représentation du Temple surmonté d’une coupole orientale. L’autel est encensé par Zacharie. De part et d’autre, les deux personnages, regardant à l’opposé. Les ailes de Gabriel dépassent la coupole, suggérant que la réalité divine est au-delà du Temple. L’archange tend son index vers Zacharie.

Je relis le texte de Luc, et, m’adresse maintenant au Seigneur, comme à un ami.

Zacharie verra l’accomplissement de l’annonce de Gabriel et rendra Grâce à Dieu.

            Je termine en disant le cantique de Zacharie.

« Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, qui visite et rachète son peuple.
 Il a fait surgir la force qui nous sauve dans la maison de David, son serviteur,
 comme il l’avait dit par la bouche des saints, par ses prophètes, depuis les temps anciens :
 salut qui nous arrache à l’ennemi, à la main de tous nos oppresseurs,
 amour qu’il montre envers nos pères, mémoire de son alliance sainte,3 serment juré à notre père Abraham de nous rendre sans crainte,
 afin que, délivrés de la main des ennemis,
 nous le servions dans la justice et la sainteté, en sa présence, tout au long de nos jours.
 Toi aussi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut ; tu marcheras devant, à la face du Seigneur, et tu prépareras ses chemins
 pour donner à son peuple de connaître le salut par la rémission de ses péchés,
 grâce à la tendresse, à l’amour de notre Dieu, quand nous visite l’astre d’en haut,
 pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres et l’ombre de la mort, pour conduire nos pas au chemin de la paix. »

La couronne de l’Avent

L’Avent, du latin « adventus » avènement, ouvre une nouvelle année liturgique et invite à se préparer à célébrer l’évènement de la naissance de Jésus. La couronne de l’Avent vient illuminer ce temps d’attente: avec  ses 4 bougies, elle balise le chemin qui conduit à Noël. 4 bougies, comme 4 semaines pour se préparer intérieurement à célébrer la venue du messie,  à accueillir la naissance du Christ dans nos vies.

En allumant la bougie du 3ème dimanche de l’Avent, dimanche de la joie, je peux prendre un temps de dialogue avec le Seigneur.

Je fais silence et fais le signe de croix

Je demande au Seigneur de  me réjouir de sa venue.

La couronne de l’Avent jalonne le temps de l’attente.

Celui que nous attendons, c’est  Jésus-Christ : « l’Alpha et l’Omega, Celui qui est, qui était et qui vient, le Tout-Puissant. » (Ap 1,8) ainsi décrit par st Jean dans son Apocalypse.

Je médite cela et mets des mots sur mon attente :

attente de  la fête de Noël pour se réjouir de la venue de Jésus, fils de David, Dieu fait homme, venu partager notre condition humaine, il y a plus de 2000 ans en Palestine ?

attente de sa venue dans la gloire et  du Royaume qu’il est venu inaugurer, royaume de justice et de paix ?

attente de la naissance en moi de l’enfant de Dieu bien aimé, à son image ?

Qu’est-ce que je voudrais qu’il advienne ?   Comment  personnellement je vis cette attente ?  Mon attente est-elle joyeuse et active ? Comment je  prépare la venue du Seigneur ?

Les bougies allumées de la couronne de l’Avent invitent à se tenir éveillé.

Une  double vigilance : ouvrir les yeux et discerner la présence de Jésus-Christ déjà là dans nos vies  – se tenir prêt et contribuer à l’avènement de son Règne.

A la question de Jean-Baptiste qui, dans l’Evangile de 3ème dimanche de l’Avent, demande « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? », Jésus répond : « Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez : les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. »

A mon tour, je regarde dans notre monde d’aujourd’hui,  autour de moi,  ce qui donne vie, consolation, ce qui permet  guérison, libération … tout ce qui est signes de la présence du Christ.  Je m’en réjouis et en rends grâce.

Je me rends attentif aussi à ces plus petits qui sont dans le besoin. Comment je peux à mon tour en prendre soin ; être pour eux Bonne nouvelle ?

Je m’adresse au Seigneur et lui dit ce qui monte de mon cœur à la fin de cette méditation.

Je peux, pour terminer ce temps, cette prière de Ai Nguyen Chi : Dieu qui est, qui vient, qui s’incarne.

Seigneur, tu es un Dieu qui est.
Enseigne-nous à voir les œuvres de ta création comme des lieux de révélation.
Là où il y a guérison, aide-nous à te voir comme guérisseur. Là où il y a réconciliation, 
aide-nous à te voir réconciliateur. Là où il y a la vie, aide-nous à te voir comme son auteur.
Seigneur, tu es un Dieu qui vient.
Enseigne-nous à reconnaitre ta présence dans le monde.
Là où il y a la paix, fortifie celle qui vient de toi. Là où il y a la joie, transforme notre joie en la tienne.
Seigneur, tu es un Dieu qui s’incarne.
Aide-nous à te recevoir dans notre propre corps. Prends nos mains pour soigner les blessures de la vie, nos yeux pour montrer ta tendresse et notre cœur pour manifester ton amour.
Fais de nous ta présence vivante au cœur du monde !

Christian Bobin

Christian Bobin est décédé le 23 Novembre dernier. Auteur de nombreux ouvrages poétiques, marqués par la spiritualité, il s’était largement fait connaître avec le Très-bas en 1992, consacré à St François d’Assise. Il venait de publier un dernier recueil, le muguet rouge.

Voici une page de son œuvre l’autre visage, figurant dans son recueil La présence pure.

Je m’installe dans un lieu calme pour un temps de prière. Je fais silence en moi, pour me préparer à recevoir les mots du poète.

Je lis lentement le texte, laissant retentir intérieurement les expressions, les images que les mots évoquent.

J’observe le texte, me laissant rejoindre par les mots.

L’évocation contrastée de la vérité.

La froide objectivité (chiffres, raison, preuves) opposée à un accueil spontané, comme un chant entendu.

L’éloignement peu accessible (du monde, de l’horizon) opposé à une proximité, une saisie aisée (elle chante dans le proche).

Une vérité à poursuivre, à chercher laborieusement, une vérité qui se dérobe sans cesse (devant vous, devant le promeneur, devant le matin, en face) opposée à une vérité proche, facile à saisir comme ce qui nous enveloppe simplement (au milieu de nous).

Puis la vérité comme ouverte, offerte aux enfants, agiles dans leurs mouvements, habiles à saisir la fragilité de l’Espérance, « herbe verte entre les mains ».

Enfin la vérité, non pas le fruit d’austères spéculations, d’arides réflexions, mais derrière le jeu enfantin de la devinette.

Je parcours alors les « devinettes », m’arrêtant sur une image qui me touche particulièrement pour la goûter, ou, au contraire, sur une phrase qui me résiste, qui me déconcerte, pour tenter de lui donner sens.

Je m’appuie sur ce texte pour nourrir ma prière

Elle (la vérité) n’est pas au bout du chemin, elle est le chemin même. Elle n’est pas en face, mais au milieu de nous.

En écho, les Écritures.

« Je suis le chemin, la vérité, et la vie » (Jean, 14,6)« Car là ou deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Matthieu, 18,20)

« Vous saurez que je suis au milieu d’Israël, moi, que je suis Yahvé, votre Dieu. (Livre de Joël, 2,27).

Chez nous, la vérité n’a rien de semblable.  La vérité, pour le chrétien, n’est pas un concept, mais une personne, la Personne du Christ. Chercher la vérité, pour le chrétien, n’est pas de livrer à une réflexion abstraite, mais à s’engager dans une rencontre.

Et moi, aujourd’hui que puis-je dire de l’étape où je suis de ma rencontre avec le Christ, « chemin, vérité et vie. » ? Chemin facile, chemin malaisé, semé d’obstacles ?

Nous sommes dans la vérité comme des enfants dans l’eau profonde.

Ainsi allons-nous dans la vérité, comme un enfant dans ses jeux 

Car si chez vous la vérité est un vieillard, chez nous c’est un enfant.

En écho, les Écritures.

« Laissez venir à moi les petits enfants, car le Royaume des Cieux leur ressemble. » (Marc, 10,13)

« En ce temps-là, Jésus prit la parole, et dit : Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants. » (Matthieu, 11,25)

Et moi, aujourd’hui, suis-je capable de retrouver ma disponibilité d’enfant pour m’ouvrir à la nouveauté de la Bonne Nouvelle ? Toujours prêt à dire, et toujours prêt à jouer ?

Vent, neige, aube, pluie, étoiles feuillage…

Beaucoup des « devinettes » du poète font appel à la nature, comme l’Évangile nous invite à contempler le semeur, le lys des champs…

La vérité est d’abord dans la conversion du regard pour nous émerveiller de ce qui nous est donné.

Et moi, aujourd’hui, de quoi puis-je m’émerveiller ? Que, qui puis-je contempler comme un rayon de vérité, qui m’ouvre à la beauté et à la bonté.

Dans une conversation, où je m’adresse au Seigneur comme un ami parle à un ami, je partage les fruits de ma prière.

Je termine en disant la prière de St Ignace

Prends Seigneur et reçois
	Toute ma liberté, 
	Ma mémoire, mon intelligence
	Et toute ma volonté.
Tout ce que j’ai et tout ce que je possède
C’est toi qui m’as tout donné, à toi, Seigneur, je le rends.
Tout est à toi, disposes-en selon ton entière volonté.
Donne-moi seulement de t’aimer 
Et donne-moi ta grâce, elle seule me suffit. 

Le centurion

Codex d’Egbert, 980

Je me prépare à accueillir l’évangile du jour. Je choisis un lieu propice à la prière, je peux allumer une bougie, signe de la lumière en ces jours de début d’hiver. Lumière du Seigneur, qui vient éclairer les ténèbres. Je me dispose à l’écoute de la Parole, en faisant taire en moi les autres préoccupations. Je peux chercher à me détendre, en nommant chacun de mes membres et en les parcourant mentalement, en me mettant à l’écoute des battements de mon cœur.

         Je demande la grâce de la confiance dans le Seigneur.

Je lis lentement le texte. J’imagine le bourg de Capharnaüm, et son agitation. Les gens qui vont et viennent dans la rue, le bruit des conversations, puis je m’arrête sur les deux protagonistes, Jésus et le centurion. Dans le mouvement environnant, ils se donnent tout entier à un échange. Et moi, comment, dans l’agitation de ma vie quotidienne, suis-je capable de m’approcher avec Jésus, pour lui parler ?

Matthieu 8, 5 – 11

En ce temps-là, comme Jésus était entré à Capharnaüm, un centurion s’approcha de lui et le supplia : « Seigneur, mon serviteur est couché, à la maison, paralysé, et il souffre terriblement. » Jésus lui dit : « Je vais aller moi-même le guérir. » Le centurion reprit : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri. Moi-même qui suis soumis à une autorité, j’ai des soldats sous mes ordres ; à l’un, je dis : “Va”, et il va ; à un autre : “Viens”, et il vient, et à mon esclave : “Fais ceci”, et il le fait. » À ces mots, Jésus fut dans l’admiration et dit à ceux qui le suivaient : « Amen, je vous le déclare, chez personne en Israël, je n’ai trouvé une telle foi.
Aussi je vous le dis : Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du royaume des Cieux. »

Je termine ma méditation de l’évangile proposé à l’église universelle en disant la prière que le Christ nous a laissée : « Notre Père… »