Prier la Trinité

A la suite du temps pascal, puis de la Pentecôte, la liturgie nous invite, ce dimanche, à contempler la Trinité. Nous nous tenons devant ce mystère, « ce qu’on n’a jamais fini de comprendre. »

Je prends un temps de cœur à cœur avec Dieu pour poursuivre l’intériorisation de ce que nous a fait vivre la liturgie dominicale. Me mettant à l’écart, je me rends disponible au Père, au Fils et à l’Esprit.

Je fais silence en moi et demande la grâce de me tenir humble et confiant devant ce mystère, au cœur de notre foi.

Comme l’Église m’y invite, j’entre dans la prière en traçant sur moi le signe de la croix, au nom du Père, du Fils et du Saint esprit.

Les représentations de la Trinité ont été diverses au fil de l’histoire, donnant même lieu à certaines époques à des interdictions de représenter le Père sous une figure trop humaine.

Pour entrer dans la prière, je contemple la représentation la plus ancienne de la Trinité, sur un sarcophage du IIIème siècle.

Trois figures humaines de même taille, dont les visages sont assez similaires. La figure du Père est au centre, posant délicatement la main sur l’épaule du Fils. Père et fils échangent un regard profond. « Moi et le Père, nous sommes un » (Jean, 10,30). Sur la gauche, l’Esprit semble veiller sur cette relation du Père et du Fils.

Nous contemplons ainsi la vie en communion du Dieu Trinitaire. Nous ne croyons pas en un Dieu solitaire, mais en un Dieu, qui vit, au sein de la Trinité, une communion d’amour.

Dieu, sans cesse, nous invite à la relation et à l’amour, parce qu’il vit l’amour dans la Trinité. Je considère cela.

Les temps de rassemblement de la communauté chrétienne, la vie sacramentelle se vivent toujours dans la dimension trinitaire. Je pense à cette dimension dans la liturgie : le signe de croix, la structure trinitaire de notre credo, l’appel au Dieu Trinitaire dans les prières liturgiques.

Je médite quelques textes et peux interroger la « place » de chacune des personnes de la Trinité dans ma prière.

« Toi qui es vraiment saint, toi qui es la source de toute sainteté, nous voici rassemblés devant toi et – dans la communion de toute l’Église- en ce premier jour de la semaine nous célébrons le jour où le Christ est ressuscité d’entre les morts. Par lui que tu as élevé à ta droite, Dieu notre Père, nous te prions : sanctifie ces offrandes en répandant sur elles ton Esprit ; qu’elles deviennent pour nous le corps et le sang de Jésus le Christ, notre Seigneur. » (Prière eucharistique n°2)

La formule de l’absolution. « Que Dieu notre Père vous montre la miséricorde ; Par la mort et la résurrection de son Fils il a réconcilié le monde avec lui.

Et il a envoyé l’Esprit Saint pour la rémission des péchés : Par le ministère de l’Église qu’il vous donne le pardon et la paix. Et moi, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, Je vous pardonne tous vos péchés. »

Chagall représente ici la visite des trois anges à Abraham, à Mambré. Je contemple la communion des trois anges, assis à la même table, partageant un même repas. Abraham reçoit une visite, les visiteurs accueillent l’invitation à manger, Les anges donnent la promesse d’une prochaine naissance…

Le mystère de la Trinité est dans la dynamique du don et de l’unité, un mystère qui culmine dans l’événement de la résurrection.  Je prends le temps de lire et d’intérioriser ce texte un peu exigeant du théologien Bruno Forte.

« En la résurrection, la Trinité se révèle comme l’unité de Ressuscitant, du Ressuscité et de l’Esprit de résurrection et de vie donné et reçu : l’unité du Dieu des Pères qui donne vie au crucifié par son Esprit ; et celle du Ressuscité qui, accueillant l’Esprit du Père, le donne aux hommes pour qu’ils aient part à la communion de vie dans l’esprit avec Lui et avec le Père. »

Je contemple ainsi le Père qui donne, puis le Fils qui accueille, avant de donner à son tour ce qu’il a reçu, puis l’Esprit qui est relation du Père et du Fils, et relation du Père, du Fils et de chaque homme. Je m’arrête sur la façon, dont dans ma vie, s’éprouve la relation acte de donner, de recevoir et de partager.

Je prends maintenant le temps d’une conversation avec le Seigneur, en continuant de contempler l’unité et la communion du Dieu Trinitaire. Je peux rendre grâce des dons reçus, demander de savoir mieux donner et mieux partager.

Je termine en priant cet hymne de la liturgie des Heures (Jeudi soir, semaine 4)
 

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