Nous vous proposons d’accueillir en nous l’Esprit de Pentecôte en contemplant et priant avec une œuvre de Reginald Pavamani, 1941-1999, artiste indien de confession protestante. Cette œuvre se trouve dans le temple de l’Eglise Réformée de Corbeil. Elle a été aussi exposée dans la salle d’exposition de la cathédrale d’Evry.
Comme pour tout temps de prière, càd de rencontre avec le Seigneur qui me donne rendez-vous, je me prépare et me dispose à cette rencontre. Je m’installe de manière à être détendu.e. Je respire plusieurs fois profondément, lentement.
Je dépose dans les mains du Seigneur tout ce qui me préoccupe et m’agite intérieurement, je les lui confie et fais silence en moi. Je prends conscience que le Seigneur est ici, avec moi et je laisse monter en moi le désir de l’accueillir.
Je demande la grâce de laisser le Seigneur m’illuminer de sa présence, d’accueillir le souffle de l’Esprit et de me laisser envoyer par lui. Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

D’abord je prends le temps de découvrir cette œuvre.Je laisse mon regard déambuler sur toute la surface du tableau et en découvre à mon rythme les différentes parties. Je me laisse toucher par elles.
Je repère les zones d’ombre et de lumière, caractérisées par le choix des couleurs, le mouvement exprimé par les différentes lignes courbes et en diagonale.
Quelle atmosphère s’en dégage-t-il ? que provoque-t-il en moi ? Je me laisse saisir et toucher par ces couleurs et ces mouvements.
Ac 2, 1-11 Quand arriva le jour de la Pentecôte, au terme des cinquante jours après Pâques, ils se trouvaient réunis tous ensemble. Soudain un bruit survint du ciel comme un violent coup de vent :la maison où ils étaient assis en fut remplie tout entière. Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux. Tous furent remplis d’Esprit Saint :ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit.
La partie centrale du tableau attire d’abord mon regard : une grande tache orange, comme un feu. Je suis entrainé.e par cette tache qui se diffuse. On peut sentir un souffle, un mouvement exprimé par toutes les flammèches plus ou moins orangées qui s’éparpillent depuis ce feu, dans tout le ciel et ses différentes teintes bleues.

Je mets tous mes sens en éveil : j’entends le bruit, je sens le vent, je vois les langues de feu. Je me fais réceptif, réceptive, disponible…
Je repère des silhouettes de maisons, en arrière-plan dont les portes sont ouvertes et tous les habitants en sont sortis.Et je distingue maintenant toutes les personnes ; elles occupent les ¾ du tableau. – D’abord celles qui sont proches et entourent ce feu, elles lèvent les bras en exprimant leur joie, leurs bouches sont grandes ouvertes et on pourrait les entendre chanter « Gloire à Dieu ». Elles accueillent l’Esprit et le reconnaissent.

Bénis le Seigneur, ô mon âme ;
Seigneur mon Dieu, tu es si grand !
Quelle profusion dans tes œuvres, Seigneur !
la terre s’emplit de tes biens. Ps 103
Je me laisse emplir… Je fais silence pour laisser l’Esprit me remplir, pour entendre cette langue qui est compréhensible par tous, pour laisser la Parole de Dieu s’exprimer en moi… Parole de vie, salvatrice, libératrice, qui nous fait nous lever comme au matin de Pâques, qui délie nos langues pour témoigner, pour « être avec », « réunis tous ensemble ». Pentecôte brûlante d’un feu qu’il avait hâte de voir se répandre sur la terre. Flamme couronnant nos têtes, dilatant nos êtres : vie divine devenant nôtre.
En bas à droite, je vois aussi un autre groupe de personnes, dont les vêtements sont moins colorés ; elles sont tournées les unes vers les autres, avec le dos à ce feu, comme si elles se refermaient sur elles, elles sont plus statiques, leurs visages davantage fermés. Quels sont leurs sentiments ? Elles s’interrogent…Sont-elles inquiètes ? Curieuses ? devant cette manifestation inhabituelle.
« Dans la stupéfaction et l’émerveillement, ils disaient :« Ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens ?Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans son propre dialecte, sa langue maternelle ? » (Ac 2,1-11)
Je me laisse étonner, surprendre… J’écoute ces noms étrangers, j’imagine les personnes qui vivent dans ces pays… Je contemple leur foi… J’admire l’œuvre de Dieu en eux.
« Tous nous les entendons parler dans nos langues des merveilles de Dieu. »

Et enfin, tout en haut, dans le ciel bleuté parsemé de quelques flammèches d’un orange clair, je distingue deux personnes, comme une mère et son enfant, lui appuyé contre elle, en confiance ; elles sont prises dans ce souffle avec leurs yeux grands ouverts, et le corps de l’enfant tourné vers ceux qui expriment leur joie, tandis que celui de la mère, plein de douceur se tourne vers les autres personnes. Peut-on reconnaître en eux Marie et son fils ? Marie présente au Cénacle et mère de l’Eglise.

Et pour terminer, je rejoins les deux personnes tout à fait à gauche de l’œuvre. Deux personnes sur le départ, les bras et le corps en avant, elles se regardent, s’écoutent, elles sont déjà en mouvement, pleines de dynamisme et de vie, envoyées .
Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.Jésus leur dit de nouveau :« La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé,moi aussi, je vous envoie. »Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit :« Recevez l’Esprit Saint.À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ;à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. » (Jn 20,19-23)

Comment est-ce que je peux répondre aujourd’hui, dans ma vie quotidienne, à cet appel à être témoins de l’amour de Dieu ou comment pourrais-je l’être ?Je peux demander la grâce d’être éclairé.e pour discerner où je suis appelé.e
Tu nous appelles, Seigneur, pour que nous sortions et marchions avec toi. Toi qui marches continuellement avec nous,
Pour terminer ce temps de prière, je peux prier avec cette méditation de « Catéchèse par la Parole »
Un bruit, un bruit dans ma vie.
Un violent coup de vent !
Me remplir d’un nouveau souffle !
Habiter ma maison, intérieure, ouverte, aérée !
Seigneur, tu viens bousculer par ton Esprit !
A Babel, le Seigneur descend !
A Pentecôte : des cieux vient une sorte de feu !
Dieu peut-il descendre ? …
Je voulais monter, je voulais le voir,
et c’est lui qui descend vers la terre, vers moi.
Le Seigneur descend pour voir, voir son humanité créée.
Homme, quel monde as-tu fait ?
Homme, qu’as-tu fait de cette terre?
Qu’as-tu fait des autres ? De l’Autre ?
Seigneur, tu descends en chacun de nous !
Quel est ce feu qui me brûle ?
Quelle est cette force qui me fait vivre ?
Quel est cet Esprit qui m’anime ?
Quelle est cette parole qui sort de ma bouche ?
Seigneur, Tu ouvres une parole.
Une foule immense, de toutes nations.
Une humanité dans sa différence.
Cette foule aussi a entendu le bruit.
Cette foule aussi entend la parole.
Seigneur, tu parles en chacun.
Qu’est-ce que cela veut dire ?
Quelle est cette parole que chacun peut entendre ?
Une parole qui fait sens, qui se révèle,
Comme jadis sur la montagne du Sinaï
Une parole venue d’en haut
Pour que les hommes vivent, et vivent en frères.
Une parole à entendre !
Une parole à dire !
Une parole pour moi,
Et pour tous !
Une parole de feu ! Un feu … vital !
Seigneur, tu es la parole, tu es la Vie !
Et je termine ma prière en chantant la louange du Seigneur