« Prier pour les vocations c’est partager la compassion de Jésus pour notre monde en désarroi, se laisser toucher par la détresse humaine et spirituelle de nos frères et sœurs, autour de nous et dans le monde. »
Après cette introduction du début de la lettre, et notre mise en disposition nous pouvons dire lentement ce psaume :
Seigneur, enseigne-moi tes voies, fais-moi connaître ta route. Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi, car tu es le Dieu qui me sauve.
Il est droit, il est bon, le Seigneur, lui qui montre aux pécheurs le chemin. Sa justice dirige les humbles, il enseigne aux humbles son chemin.
Les voies du Seigneur sont amour et vérité pour qui veille à son alliance et à ses lois. Le secret du Seigneur est pour ceux qui le craignent ; à ceux-là, il fait connaître son alliance.
A la suite du temps pascal, puis de la Pentecôte, la liturgie nous invite, ce dimanche, à contempler la Trinité. Nous nous tenons devant ce mystère, « ce qu’on n’a jamais fini de comprendre. »
Je prends un temps de cœur à cœur avec Dieu pour poursuivre l’intériorisation de ce que nous a fait vivre la liturgie dominicale. Me mettant à l’écart, je me rends disponible au Père, au Fils et à l’Esprit.
Je fais silence en moi et demande la grâce de me tenir humble et confiant devant ce mystère, au cœur de notre foi.
Comme l’Église m’y invite, j’entre dans la prière en traçant sur moi le signe de la croix, au nom du Père, du Fils et du Saint esprit.
Les représentations de la Trinité ont été diverses au fil de l’histoire, donnant même lieu à certaines époques à des interdictions de représenter le Père sous une figure trop humaine.
Pour entrer dans la prière, je contemple la représentation la plus ancienne de la Trinité, sur un sarcophage du IIIème siècle.
Trois figures humaines de même taille, dont les visages sont assez similaires. La figure du Père est au centre, posant délicatement la main sur l’épaule du Fils. Père et fils échangent un regard profond. « Moi et le Père, nous sommes un » (Jean, 10,30). Sur la gauche, l’Esprit semble veiller sur cette relation du Père et du Fils.
Nous contemplons ainsi la vie en communion du Dieu Trinitaire. Nous ne croyons pas en un Dieu solitaire, mais en un Dieu, qui vit, au sein de la Trinité, une communion d’amour.
Dieu, sans cesse, nous invite à la relation et à l’amour, parce qu’il vit l’amour dans la Trinité. Je considère cela.
Les temps de rassemblement de la communauté chrétienne, la vie sacramentelle se vivent toujours dans la dimension trinitaire. Je pense à cette dimension dans la liturgie : le signe de croix, la structure trinitaire de notre credo, l’appel au Dieu Trinitaire dans les prières liturgiques.
Je médite quelques textes et peux interroger la « place » de chacune des personnes de la Trinité dans ma prière.
« Toi qui es vraiment saint, toi qui es la source de toute sainteté, nous voici rassemblés devant toi et – dans la communion de toute l’Église- en ce premier jour de la semaine nous célébrons le jour où le Christ est ressuscité d’entre les morts. Par lui que tu as élevé à ta droite, Dieu notre Père, nous te prions : sanctifie ces offrandes en répandant sur elles ton Esprit; qu’elles deviennent pour nous le corps et le sang de Jésus le Christ, notre Seigneur. » (Prière eucharistique n°2)
La formule de l’absolution. « Que Dieu notre Père vous montre la miséricorde ; Par la mort et la résurrection de son Fils il a réconcilié le monde avec lui.
Et il a envoyé l’Esprit Saint pour la rémission des péchés : Par le ministère de l’Église qu’il vous donne le pardon et la paix. Et moi, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, Je vous pardonne tous vos péchés. »
Chagall représente ici la visite des trois anges à Abraham, à Mambré. Je contemple la communion des trois anges, assis à la même table, partageant un même repas. Abraham reçoit une visite, les visiteurs accueillent l’invitation à manger, Les anges donnent la promesse d’une prochaine naissance…
Le mystère de la Trinité est dans la dynamique du don et de l’unité, un mystère qui culmine dans l’événement de la résurrection. Je prends le temps de lire et d’intérioriser ce texte un peu exigeant du théologien Bruno Forte.
« En la résurrection, la Trinité se révèle comme l’unité de Ressuscitant, du Ressuscité et de l’Esprit de résurrection et de vie donné et reçu : l’unité du Dieu des Pères qui donne vie au crucifié par son Esprit ; et celle du Ressuscité qui, accueillant l’Esprit du Père, le donne aux hommes pour qu’ils aient part à la communion de vie dans l’esprit avec Lui et avec le Père. »
Je contemple ainsi le Père qui donne, puis le Fils qui accueille, avant de donner à son tour ce qu’il a reçu, puis l’Esprit qui est relation du Père et du Fils, et relation du Père, du Fils et de chaque homme. Je m’arrête sur la façon, dont dans ma vie, s’éprouve la relation acte de donner, de recevoir et de partager.
Je prends maintenant le temps d’une conversation avec le Seigneur, en continuant de contempler l’unité et la communion du Dieu Trinitaire. Je peux rendre grâce des dons reçus, demander de savoir mieux donner et mieux partager.
Je termine en priant cet hymne de la liturgie des Heures (Jeudi soir, semaine 4)
O Père, source de l'amour, tu nous a gardés en ce jour Dans ta tendresse. Si je n'ai pas compris ta voix, Ce soir je rentre auprès de toi, Et ton pardon me sauvera De la tristesse.
Seigneur, étoile sans déclin, Toi qui vis aux siècles sans fin, Près de ton Père ! Ta main, ce jour nous a conduits, Ton corps, ton sang nous ont nourris : Reste avec nous cette nuit, Sainte lumière.
Seigneur, Esprit de vérité, Ne refuse pas ta clarté A tous les hommes. Éteins la haine dans les cœurs, Et que les pauvres qui ont peur D'un lendemain sans vrai bonheur En paix s'endorment.
Seigneur, reviendras-tu ce soir Pour combler enfin notre espoir Par ta présence ? La table s'est mise en ta maison Où près de toi nous mangerons. Pour ton retour, nous veillerons Pleins d'espérance.
Allez vers le Seigneur parmi les chants d’allégresse
Je choisis un endroit calme et confortable, un lieu où je ne serais pas parasité(e) par des sollicitations extérieures. Je dépose tout ce qui m’encombre …
Je fais silence en moi, je me tourne vers le Seigneur et me dispose à Le rencontrer avec tout ce que je suis.
Je fais mon signe de croix. Je Lui demande ce dont j’ai besoin aujourd’hui, ce qu’Il veut me dire ou ce peut être de me faire ressentir cette Joie avec un grand J qui vient de LUI….
Je lis doucement le psaume, je le goûte …..
Acclamez le Seigneur, terre entière, servez le Seigneur dans l’allégresse, venez à lui avec des chants de joie !
Reconnaissez que le Seigneur est Dieu : il nous a faits, et nous sommes à lui, nous, son peuple, son troupeau.
Venez dans sa maison lui rendre grâce, dans sa demeure chanter ses louanges ; rendez-lui grâce et bénissez son nom !
Oui, le Seigneur est bon, éternel est son amour, sa fidélité demeure d’âge en âge.
Acclamez le Seigneur, terre entière, servez le Seigneur dans l’allégresse, venez à lui avec des chants de joie !
Terre entière …. Nul n’est exclu de cette présence du Père. C’est ensemble que nous sommes appelés à l’acclamer, à le servir. Venir à Lui se fait dans la Joie … Je m’imprègne de cette Joie dont parle le psalmiste.
Comment cette Joie habite-elle ma vie au quotidien ?
« Acclamez, allégresse, venez avec des chants de Joie » Comment être habité(e) par cette Joie me met-il en mouvement ?
Reconnaissez que le Seigneur est Dieu : il nous a faits, et nous sommes à lui, nous, son peuple, son troupeau.
Nous reconnaitre « fils et fille de Dieu » …… c’est me reconnaitre proche du Seigneur mais aussi de l’humanité toute entière ! Ils sont mes frères et sœurs, nous avons le même Père.
Quelle proximité avec le Seigneur dans ma vie ?
Comment est-ce-que je vis cette relation fraternelle dans ma vie familiale, professionnelle, associative … ?
Quel regard est-ce-que je porte sur celui qui est différent de moi ?
Quelle source de Joie dans mes relations aux autres ?
Venez dans sa maison lui rendre grâce, dans sa demeure chanter ses louanges ; rendez-lui grâce et bénissez son nom !
Oui, le Seigneur est bon, éternel est son amour, sa fidélité demeure d’âge en âge.
« Venez, chantez, rendez grâce, bénissez …. » Répondre à l’invitation du Seigneur, chantez ma Joie d’être avec Lui !
« Dire du bien » de Lui ! Lui dire merci pour Sa fidélité et Sa présence constante à mes côtés dans les bons et les mauvais moments !
Tout ceci fait-il partie de ma prière ?
Pour terminer ce temps de prière, je présente au Seigneur ma prière.Je peux Lui demander de m’ouvrir à cette Joie qui vient de Lui.
Je récite un Notre Père
Je peux également prier avec Mère Térésa
La joie est prière, la joie est force, la joie est amour Dieu aime celui qui donne avec joie. La meilleure manière de montrer notre gratitude envers Dieu et envers les gens, c’est d’accepter tout avec joie. Ne laissez jamais le chagrin vous noyer au point d’en oublier la joie du Christ ressuscité. Nous aspirons tous au ciel où est Dieu, mais nous avons le pouvoir de nous trouver dès maintenant dans ce ciel : Il suffit d’être heureux avec Lui, en l’instant présent. Mais, être heureux avec Lui, maintenant, cela veut dire : Aimer comme Il aime, Aider comme Il aide, Donner comme Il donne, Servir comme Il sert, Sauver comme Il sauve, Être avec Lui vingt-quatre heures par jour, Le toucher sous son déguisement de misère, dans les pauvres et dans ceux qui souffrent. Un cœur joyeux est le résultat normal d’un cœur brûlant d’amour. C’est le don de l’Esprit, une participation à la joie de Jésus vivant dans l’âme. Gardons dans nos cœurs la joie de l’amour de Dieu et partageons cette joie de nous aimer les uns les autres comme Il aime chacun de nous. Que Dieu nous bénisse. Amen »
Nous vous proposons d’accueillir en nous l’Esprit de Pentecôte en contemplant et priant avec une œuvre de Reginald Pavamani, 1941-1999, artiste indien de confession protestante. Cette œuvre se trouve dans le temple de l’Eglise Réformée de Corbeil. Elle a été aussi exposée dans la salle d’exposition de la cathédrale d’Evry.
Comme pour tout temps de prière, càd de rencontre avec le Seigneur qui me donne rendez-vous, je me prépare et me dispose à cette rencontre. Je m’installe de manière à être détendu.e. Je respire plusieurs fois profondément, lentement.
Je dépose dans les mains du Seigneur tout ce qui me préoccupe et m’agite intérieurement, je les lui confie et fais silence en moi. Je prends conscience que le Seigneur est ici, avec moi et je laisse monter en moi le désir de l’accueillir.
Je demande la grâce de laisser le Seigneur m’illuminer de sa présence, d’accueillir le souffle de l’Esprit et de me laisser envoyer par lui. Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.
Réginald Pavamani – Vent et feu, esprit et parole (du catalogue d’Hélène Pavamani)
D’abord je prends le temps de découvrir cette œuvre.Je laisse mon regard déambuler sur toute la surface du tableau et en découvre à mon rythme les différentes parties. Je me laisse toucher par elles.
Je repère les zones d’ombre et de lumière, caractérisées par le choix des couleurs, le mouvement exprimé par les différentes lignes courbes et en diagonale.
Quelle atmosphère s’en dégage-t-il ? que provoque-t-il en moi ? Je me laisse saisir et toucher par ces couleurs et ces mouvements.
Ac 2, 1-11Quand arriva le jour de la Pentecôte, au terme des cinquante jours après Pâques, ils se trouvaient réunis tous ensemble. Soudain un bruit survint du ciel comme un violent coup de vent :la maison où ils étaient assis en fut remplie tout entière. Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux. Tous furent remplis d’Esprit Saint :ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit.
La partie centrale du tableau attire d’abord mon regard : une grande tache orange, comme un feu. Je suis entrainé.e par cette tache qui se diffuse. On peut sentir un souffle, un mouvement exprimé par toutes les flammèches plus ou moins orangées qui s’éparpillent depuis ce feu, dans tout le ciel et ses différentes teintes bleues.
Je mets tous mes sens en éveil : j’entends le bruit, je sens le vent, je vois les langues de feu. Je me fais réceptif, réceptive, disponible…
Je repère des silhouettes de maisons, en arrière-plan dont les portes sont ouvertes et tous les habitants en sont sortis.Et je distingue maintenant toutes les personnes ; elles occupent les ¾ du tableau. – D’abord celles qui sont proches et entourent ce feu, elles lèvent les bras en exprimant leur joie, leurs bouches sont grandes ouvertes et on pourrait les entendre chanter « Gloire à Dieu ». Elles accueillent l’Esprit et le reconnaissent.
Bénis le Seigneur, ô mon âme ; Seigneur mon Dieu, tu es si grand ! Quelle profusion dans tes œuvres, Seigneur ! la terre s’emplit de tes biens. Ps 103
Je me laisse emplir… Je fais silence pour laisser l’Esprit me remplir, pour entendre cette langue qui est compréhensible par tous, pour laisser la Parole de Dieu s’exprimer en moi… Parole de vie, salvatrice, libératrice, qui nous fait nous lever comme au matin de Pâques, qui délie nos langues pour témoigner, pour « être avec », « réunis tous ensemble ». Pentecôte brûlante d’un feu qu’il avait hâte de voir se répandre sur la terre. Flamme couronnant nos têtes, dilatant nos êtres : vie divine devenant nôtre.
En bas à droite, je vois aussi un autre groupe de personnes, dont les vêtements sont moins colorés ; elles sont tournées les unes vers les autres, avec le dos à ce feu, comme si elles se refermaient sur elles, elles sont plus statiques, leurs visages davantage fermés. Quels sont leurs sentiments ? Elles s’interrogent…Sont-elles inquiètes ? Curieuses ? devant cette manifestation inhabituelle.
« Dans la stupéfaction et l’émerveillement, ils disaient :« Ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens ?Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans son propre dialecte, sa langue maternelle ? » (Ac 2,1-11)
Je me laisse étonner, surprendre… J’écoute ces noms étrangers, j’imagine les personnes qui vivent dans ces pays… Je contemple leur foi… J’admire l’œuvre de Dieu en eux.
« Tous nous les entendons parler dans nos langues des merveilles de Dieu. »
Et enfin, tout en haut, dans le ciel bleuté parsemé de quelques flammèches d’un orange clair, je distingue deux personnes, comme une mère et son enfant, lui appuyé contre elle, en confiance ; elles sont prises dans ce souffle avec leurs yeux grands ouverts, et le corps de l’enfant tourné vers ceux qui expriment leur joie, tandis que celui de la mère, plein de douceur se tourne vers les autres personnes. Peut-on reconnaître en eux Marie et son fils ? Marie présente au Cénacle et mère de l’Eglise.
Et pour terminer, je rejoins les deux personnes tout à fait à gauche de l’œuvre. Deux personnes sur le départ, les bras et le corps en avant, elles se regardent, s’écoutent, elles sont déjà en mouvement, pleines de dynamisme et de vie, envoyées .
Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.Jésus leur dit de nouveau :« La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé,moi aussi, je vous envoie. »Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit :« Recevez l’Esprit Saint.À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ;à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. » (Jn 20,19-23)
Comment est-ce que je peux répondre aujourd’hui, dans ma vie quotidienne, à cet appel à être témoins de l’amour de Dieu ou comment pourrais-je l’être ?Je peux demander la grâce d’être éclairé.e pour discerner où je suis appelé.e
Tu nous appelles, Seigneur, pour que nous sortions et marchions avec toi. Toi qui marches continuellement avec nous,
Pour terminer ce temps de prière, je peux prier avec cette méditation de « Catéchèse par la Parole »
Un bruit, un bruit dans ma vie. Un violent coup de vent ! Me remplir d’un nouveau souffle ! Habiter ma maison, intérieure, ouverte, aérée ! Seigneur, tu viens bousculer par ton Esprit ! A Babel, le Seigneur descend ! A Pentecôte : des cieux vient une sorte de feu ! Dieu peut-il descendre ? … Je voulais monter, je voulais le voir, et c’est lui qui descend vers la terre, vers moi. Le Seigneur descend pour voir, voir son humanité créée. Homme, quel monde as-tu fait ? Homme, qu’as-tu fait de cette terre? Qu’as-tu fait des autres ? De l’Autre ? Seigneur, tu descends en chacun de nous ! Quel est ce feu qui me brûle ? Quelle est cette force qui me fait vivre ? Quel est cet Esprit qui m’anime ? Quelle est cette parole qui sort de ma bouche ? Seigneur, Tu ouvres une parole.
Une foule immense, de toutes nations. Une humanité dans sa différence. Cette foule aussi a entendu le bruit. Cette foule aussi entend la parole. Seigneur, tu parles en chacun. Qu’est-ce que cela veut dire ? Quelle est cette parole que chacun peut entendre ? Une parole qui fait sens, qui se révèle, Comme jadis sur la montagne du Sinaï Une parole venue d’en haut Pour que les hommes vivent, et vivent en frères. Une parole à entendre ! Une parole à dire ! Une parole pour moi, Et pour tous ! Une parole de feu ! Un feu … vital ! Seigneur, tu es la parole, tu es la Vie !
Et je termine ma prière en chantant la louange du Seigneur
Nocturne – Ghardaïa- Alfred Manessier -Aquarelle 1976
Aujourd’hui, nous prenons cette aquarelle d’Alfred Manessier comme support de notre prière.
Nous commençons par nous mettre en présence du Seigneur et nous lui demandons son Esprit saint pour qu’il nous éclaire et nous fasse entrer dans le mystère de Pâques.
Nous regardons l’œuvre pour elle-même
Les couleurs, les formes, la composition, la lumière…
C’est une ville en hauteur qui est représentée ici : Ghardaïa en Algérie. Non pas comme on peut la voir de jour, dans un paysage aux teintes ocres ; ici elle est toute blanche et bleue. Sur un fond bleu foncé, c’est un enchevêtrement de maisons toutes blanches avec leurs nombreuses ouvertures sombres qui donne l’impression d’une ville lumineuse ;
la nuit est venue mais c’est comme si les murs, gorgés de soleil, continuaient de refléter leur blancheur. Les habitations s’étagent jusqu’au sommet où des tours dominent l’ensemble, formant comme un phare dans la nuit.
La nuit n’est pas sombre ; il y a des points lumineux dans le ciel et dans la cité, quelques halos de lumière jaune leur répondent.
« La ténèbre n’est point ténèbre devant toi ; la nuit comme le jour est lumière »Je reprends ce refrain de Taizé
Nous méditons devant cette aquarelle lumineuse.
En quoi cette représentation peut-elle me parler de Jésus-Christ ? Quelle parole biblique me vient en regardant cette œuvre ? Comment cela peut rejoindre ma propre vie ? Chacun a sa propre réponse
Dans ce temps pascal, nous pouvons évoquer le cœur de la foi chrétienne : au cœur des ténèbres a jailli la lumière ; après les ténèbres de la Passion, a surgi la lumière de la Résurrection. Alleluia !
Christ est venu partager notre humanité jusque dans la souffrance, pour la traverser par amour ; alors la vie a été plus forte que la mort ! Alleluia !
« Je suis la lumière du monde. Celui qui vient à ma suite ne marchera pas dans les ténèbres ; il aura la lumière qui conduit à la vie. » Jean 8,12
Notre vie humaine, avec son lot de difficultés, n’est-elle pas comme transfigurée, par la présence bienfaisante du Christ à nos côtés ? Et par les petits gestes d’amour de ceux qui se font proches et qui viennent comme éclairer notre nuit ?
Je fais mémoire de ce qui est pour moi présence du Christ.
Je parle au Seigneur de ce qu’a fait naître en moi cette contemplation ?
Une action de grâces pour une lumière reçue ?… pour la joie de Pâques ?… pour les petits gestes qui rendent la vie plus lumineuse?… Une louange pour le Christ Jésus …
Je termine ma prière en reprenant le début de l’Exultet chanté à l’entrée de la veillée pascale :
Exultez, célébrez les mystères divins ! Résonne, trompette du salut, pour la victoire d’un si grand Roi !
Que la terre, elle aussi, soit heureuse, irradiée de tant de feux : illuminée de la splendeur du Roi éternel, qu’elle voie s’en aller l’obscurité qui recouvrait le monde entier !
Réjouis-toi, Église notre mère, parée d’une lumière si éclatante ! Que retentisse dans ce lieu saint l’acclamation de tous les peuples !
(Liturgie des Heures – Intercession) Contemplons avec respect le corps de Jésus déposé de la croix et mis au sépulcre.
Ô Christ Sauveur, comme le grain tombé en terre, tu as connu le tombeau : prends-nous dans le mystère de ta mort.
Ô Christ enseveli, ta mère a veillé dans la foi : fais-nous participer à son espérance.
Ô Christ, nouvel Adam, tu es descendu aux enfers pour délivrer les justes : entraîne à la vie ceux que le Père t’a donnés.
Ô Christ vivant, nous avons plongé avec toi dans l’eau et le feu : fais-nous remonter de la mort à la vie.
Hagios o Theos (Impropère)
Homélie fameuse du 4ème siècle, attribuée à l’évêque Épiphane pour la Samedi Saint
Que se passe-t-il ? Aujourd’hui, grand silence sur la terre ; grand silence et grande solitude parce que le Roi dort. Dieu s’est endormi dans la chair, il est allé réveiller ceux qui dormaient depuis des siècles. Il va chercher Adam, notre premier Père, la brebis perdue. Il veut visiter tous ceux qui sont assis dans les ténèbres, à l’ombre de la mort. Descendons donc avec lui pour voir l’Alliance entre Dieu et les hommes. Là se trouve Adam, le premier Père, et comme premier créé, enterré plus profondément que tous les condamnés. Là se trouve Abel, le premier mort, et figure du Christ tué par ses frères. Là se trouve Noé, figure du Christ, qui construisit la grande arche de Dieu, l’Église. Là se trouve Abraham, un père pour le Christ, qui mit sa foi en Dieu sans rien retenir. Là demeure Moïse, qui annonçait la loi du Christ. Là se trouvent tous les prophètes. Et l’un d’entre eux s’écrie : Du ventre de l’enfer, entends mon cri ! Et un autre : Fais briller sur nous ta face et nous serons sauvés…
Mais, comme le Seigneur pénétrait dans les lieux inférieurs, Adam entendit ses pas. Il reconnut la voix de celui qui cheminait dans les allées de la mort. Et le Seigneur entra, muni de la croix, l’arme de sa victoire. Et lui ayant saisi la main, il lui dit : Éveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera. Je suis ton Dieu, qui pour toi suis devenu ton Fils. Lève-toi, toi qui dormais, car je ne t’ai pas créé pour que tu restes enchaîné dans l’enfer. Lève-toi, l’œuvre de mes mains, toi qui fus créé à mon image. Lève-toi et partons d’ici, car tu es en moi et je suis en toi. Vois les crachats sur mon visage, vois les soufflets sur mes joues : je les ai subis pour rétablir en mon image ta beauté détruite. Vois la flagellation sur mon dos : je l’ai subie pour éloigner de tes épaules le fardeau de tes péchés. Vois mes mains qui furent clouées au bois, à cause de toi qui autrefois as péché en tendant la main vers le bois. Lève-toi et partons d’ici, de la mort à la vie, de la corruption à l’immortalité. Levez-vous, partons d’ici et allons de la douleur à la joie, de la prison à la Jérusalem céleste, des chaînes à la liberté, de la terre au ciel. Mon Père céleste attend la brebis perdue, la salle des noces est préparée, le Royaume des Cieux qui existait avant tous les siècles vous attend.
Entrons maintenant en prière avec cette méditation.
En ce temps-là,l’un des Douze, nommé Judas Iscariote, se rendit chez les grands prêtres et leur dit : « Que voulez-vous me donner,si je vous le livre ? » Ils lui remirent trente pièces d’argent.Et depuis, Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer.
Duccio di Buoninsegna
Le soir venu, Jésus se trouvait à table avec les Douze. Pendant le repas, il déclara : « Amen, je vous le dis : l’un de vous va me livrer. » Profondément attristés, ils se mirent à lui demander, chacun son tour : « Serait-ce moi, Seigneur ? »… Judas, celui qui le livrait, prit la parole : « Rabbi, serait-ce moi ? » Jésus lui répond : « C’est toi-même qui l’as dit ! »
« Pauvre Judas« , je ne sais pas ce qui est passé dans son âme. C’est l’un des personnages les plus mystérieux de la passion du Seigneur. Je n’essaierai même pas de vous l’expliquer, je me contenterai de vous demander un peu de pitié pour notre pauvre frère Judas. N’ayez pas honte d’assumer cette fraternité. Je n’ai pas honte, car je sais combien de fois j’ai trahi le Seigneur, et je crois qu’aucun d’entre vous ne doit avoir honte de lui.
Et en l’appelant frère, nous sommes cohérents avec le langage du Seigneur. Lorsqu’il a reçu le baiser de la trahison à Gethsémani, le Seigneur lui a répondu par ces mots que nous ne devons pas oublier : mon ami. Nous pouvons trahir l’amitié du Christ. Le Christ ne nous trahit jamais, nous ses amis, même quand nous ne le méritons pas, même quand nous nous retournons contre lui, même quand nous le renions. Devant ses yeux et son cœur, nous sommes toujours ses amis. »
homélie de Don Primo Mazzolari
Arcabas
Jésus, ami des hommes, tu es venu sur terre et tu as revêtu notre chair. Même parmi ceux qui t’avaient accueilli, il y en a qui t’ont renié, d’autres qui ont trahi leur engagement. Mais tu n’as jamais cessé de les aimer, jusqu’à laisser tous les autres, partant à leur recherche, dans l’espérance de les ramener auprès de toi, chargés sur tes épaules (Lc 15,5) ou penchés sur ta poitrine (Jn 13,25). Nous confions à ta miséricorde infinie tes enfants guettés par le découragement ou le désespoir. Donne-leur de chercher refuge auprès de toi,et de « ne jamais désespérer de ta miséricorde » (Règle de saint Benoît, n. 3, 74).Jésus, tu continues à aimer ceux qui refusent ton amour et tu recherches sans te lasser ceux qui te trahissent et t’abandonnent. À toi la louange et la gloire dans les siècles.
En ce temps de Carême, nous prions avec la rencontre de Zachée avec Jésus, une rencontre improbable et bouleversante. Ce récit se trouve en Luc 19,1-10. Le texte nous dit que la scène se passe à Jéricho, une ville que traverse Jésus pour monter à Jérusalem.
Nous entrons dans la prière en faisant un signe de croix et en demandant la grâce d’être transformé, comme Zachée, par la rencontre de Jésus à travers cette Parole.
Pour commencer nous regardons l’œuvre ci-dessus de James Tissot.
Il y a beaucoup de monde dans ce tableau : la venue de Jésus ne passe pas inaperçue. Pourtant ce n’est pas Jésus qui occupe la plus grande place, mais Zachée. Presque au centre, il est au premier plan ; on le voit de dos, perché sur un sycomore et sa tenue de couleur vivre contraste avec le reste de la scène ; et avec les autres personnages, eux aussi montés dans les arbres pour mieux voir ce Jésus dont ils ont entendu parler et qui passe.Zachée surplombe la scène. De là-haut, il voit arriver Jésus et la cohorte qui le suit ;
ses disciples et d’autres. Un Jésus qui éveille la curiosité si l’on en croit la foule qui se tient au bord du chemin, pour voir.Jésus avance en tête et lève les yeux vers Zachée. Il lui fait signe. Pourquoi lui, qui est un collecteur d’impôt ? Quelqu’un de mauvaise réputation car c’est un collaborateur de l’occupant romain et un voleur. Ne sait-il pas que c’est un pécheur et que sa fréquentation entraîne une impureté ? Leurs regards se croisent. La rencontre va avoir lieu.
Nous pouvons imaginer l’étonnement de tous ceux qui sont là et qui entendent Jésus dire : « Zachée, descends vite ; il me faut aujourd’hui demeurer dans ta maison. » (v.5)
Nous méditons en nous arrêtant sur cette rencontre improbable
Nous essayons de comprendre ce qui habite ces deux hommes ; quels sont leurs désirs respectifs.Zachée est là en attente, après s’être empressé de monter sur un arbre pour mieux voir. Sa curiosité l’a mis en mouvement. Qu’est-ce qui l’attire ainsi dans Jésus ? Qu’attend-il de lui ?
Jésus passe ; il est en bas, lui qui est descendu pour faire sa demeure parmi les hommes. Son désir à lui, c’est le salut de l’humanité. « En effet le Fils de l’Homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » (v. 10). Il voit Zachée, il voit son désir de le voir, ce qui lui permet d’aller plus loin ; chez celui qui le cherche, il s’invite.
Et moi ? Qu’est-ce qui m’attire en Jésus ? Qu’est-ce que je fais pour aller vers lui ? Est-ce que je cherche à le rencontrer ? Comment ? Est-ce que je crois que Jésus me cherche le premier et veut me rencontrer?
Nous méditons maintenant sur les fruits de cette rencontre
De la rencontre proprement dite, le texte ne dit rien. Mais Zachée s’en trouve transformé. Nous écoutons le chant de Mannick et Jo Akepsimas.
Nous entendons aussi une autre parole de Jésus dans ce récit : « Aujourd’hui, le salut est venu pour cette maison, car lui aussi est un fils d’Abraham » (v.9)
Zachée qui semblait attaché à ses gains, devient généreux envers les pauvres, envers ceux à qui il avait fait du tort. En rencontrant Jésus, en recevant son amour et son pardon, il entre dans la gratitude et s’ouvre à l’amour des frères. Et la joie est au rendez-vous !
Et moi ? Est-ce que j’ai conscience d’être un pécheur pardonné ? Qu’est-ce qui serait à ajuster dans ma vie ? A quoi le Seigneur m’appelle-t-il pour mieux répondre à son amour ?
Je m’adresse au Seigneur et lui dit ce que cette méditation a provoqué en moi…
Je peux me joindre à cette prière :
Seigneur, nous te rendons grâce d’être descendu à la rencontre des pécheurs que nous sommes. Qu’à la lumière de ton amour, nous puissions voir ce qui est à convertir dans nos vies, et répondre à ton appel. Alors ta joie gagnera notre coeur !