Prier avec la figure de Jean-Baptiste. « la prédication de Jean-Baptiste » par Pieter Brueghel

Alors que  en cette fin de juin, sont proposés un peu partout des feux de la st Jean, nous vous proposons de prier avec le tableau de Pieter Brueghel intitulé la prédication de Jean Baptiste. Cette œuvre  pourra  nous aider à mieux  comprendre la figure de ce dernier prophète de l’Ancien Testament dont l’Eglise fête la nativité le 24 juin.

Ce  tableau peint en 1566 est l’œuvre de Brueghel l’Ancien qui  réside alors à Bruxelles, ville faisant partie des Pays-Bas espagnols. Avec  Jan van Eyck, Jérôme Bosch et Pierre Paul Rubens, celui-ci est considéré comme l’une des grandes figures de l’École flamande.

Nous nous mettons en présence du Seigneur et nous rendons disponibles, à l’écoute de l’Esprit Saint.

Nous prenons le temps de contempler cette prédication de Jean-Baptiste.

Quelle impression d’ensemble ? Quels détails attirent mon regard ? Qu’est-ce qui m’étonne ?
 

Ce que l’on voit au premier regard, ce n’est pas Jean-Baptiste. C’est une foule bigarrée, plutôt dans les tons bruns parsemés de taches claires ; elle est de dos. Elle se tient dans une clairière au milieu d’une forêt et forme comme un cercle qui occupe presque tout l’espace. Une trouée lumineuse,  au fond, vers le centre droit, ouvre cet espace et de la clairière l’on aperçoit une rivière, une ville avec son église et au loin une montagne.

La foule est de dos et si nombreuse que certains ont dû monter dans les arbres pour apercevoir celui vers qui tous se sont tournés. C’est à ce point de convergence, à l’arrière-plan que nous pouvons voir Jean-Baptiste. Vêtu d’une tunique brune, il nous fait face et prêche. De son bras gauche, il  désigne une personne vêtue de bleu qui se trouve dans la foule et se tient légèrement à l’écart, les bras croisés sur sa poitrine.

Nous pouvons reconnaître des éléments du décor et de la vie au XVIe siècle dans le Nord de l’Europe

-L’arrière-plan découvrant un château au sommet d’un mont, une église haute, un voilier sur un large fleuve…

– A une époque où les relations entre catholiques et protestants étaient tendues, la foule rassemblée dans une forêt, peut être un rappel du temps où les protestants étant interdits de pratique avaient coutume de se retrouver dans des clairières pour des prédications.

Les vêtements variés de la foule : les Pays-Bas était un pays de navigateurs ; la population des villes portuaires comme Anvers, où a vécu Brueghel, découvrait des peuples venus d’Orient ou d’Asie. Aussi peut-on voir au premier plan, un homme au très large chapeau, légèrement conique, comme en Asie, à ses côtés un homme gitan enveloppé d’une couverture bariolée dit la bonne aventure et à gauche de l’arbre on reconnaît deux personnes aux coiffes et vêtements exotiques. A leurs côtés les chapeaux et les vêtements plutôt de couleurs sombres, des hommes et des femmes reflètent l’aspect des habitants des pays d’Europe du Nord.

Le message de Jean-Baptiste est pour tous. Qu’est-ce qui motive ces hommes et ces femmes, de tous âges et toutes origines ? Qu’est-ce qui les habite ? Quelle recherche les met en mouvement ?

Et moi, où pourrais-je me placer dans cette scène ? Qu’est-ce qui m’habite ? Dans quelle mesure est-ce que je cherche à connaître le Christ ?

Nous pouvons méditer maintenant sur Jean-Baptiste et Jésus

Jean-Baptiste est vêtu d’une simple tunique brune, couleur de la terre. Il a la tête découverte et les bras nus et contraste avec la foule. Ascétisme de ce prophète qui s’est retiré au désert et  dont l’Evangile parle ainsi : « Jean avait un vêtement de poil de chameau et une ceinture de cuir autour des reins ; il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage » Mt 3,4.

Son bras droit est replié sur sa poitrine, dans un geste qui semble demander l’attention du public, et son bras gauche est tendu en direction de Jésus, vêtu de bleu, couleur du ciel, qui se tient en contre-bas. Jean-Baptiste invite avec fougue à la conversion et indique le Messie.

A cet instant du tableau, Jean-Baptiste tient la place centrale. Jésus, lui se tient en humble place, un parmi la foule. Pourtant, JB le sait, ce ne sera pas toujours ainsi ; Il dit : « Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ; il vient après moi et je ne suis même pas digne de dénouer la lanière de sa sandale. » Jn 1,26

Pas étonnant donc que l’Eglise fête la naissance de JB au moment du solstice d’été, le moment où les jours sont les plus longs et où ils commencent à diminuer ; alors qu’au contraire la fête de la nativité de Jésus se situe au moment du solstice d’hiver lorsque les jours commencent à rallonger. C’est le Christ qui est lumière pour le monde ; JB est la voix qui l’annonce.

Je peux me laisser enseigner par ce témoin qu’a été Jean-Baptiste, par sa fougue, par son humilité. Je peux demander au Seigneur la grâce d’être, comme lui, un témoin de l’amour du Christ et de savoir m’effacer pour que chacun entre en relation avec Lui.

Qu’est-ce qui peut éclairer ma propre manière de vivre ou d’être missionnaire ?

Nous terminons ce temps de prière en écoutant le cantique de Zacharie

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