Une église sur ma route en Berry

Collégiale Saint Austregesile

Une belle église sur la route attire mon attention et m’incite à faire une pause. Lieu de prière personnelle ou communautaire depuis des siècles, je m’inscris dans cette chaîne et prends un temps spirituel .

J’éteins mon téléphone portable et le range. Je ferai des photos plus tard.

Puyferrand

Le portail est ouvert. Symboliquement il ouvre la voie qui conduit au salut. La porte est ouverte vers mon « sanctuaire » intime. J’entre et me dispose. Je me laisse apprivoiser par ce lieu. Je commence par regarder, me laisser toucher par l’atmosphère, les proportions, l’harmonie des couleurs, les teintes de la pierre, des vitraux, des fresques éventuellement, par la lumière qui naît petit à petit et se libère .

Je me pose et laisse le temps se ralentir et le silence se faire en moi.

Je me rappelle les paroles de l’Ecriture qui évoquent le temple, le Temple de Dieu . Peut-être Saint Paul dans sa 1e lettre aux Corinthiens (3,16) « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? »

Chalivoy-Milon

La voûte représente la voûte céleste et la nef est le vaisseau qui protège l’homme durant son périple, comme le navire qui protège les voyageurs des intempéries.

Je repère mes sentiments. Cette église m’invite-t-elle à regarder en haut ou en moi-même? Elle apaise ou dynamise ?

L’autel rappelle la Cène. La rencontre avec Dieu se fait dans l’intime.

Je réentends en moi et rumine cette phrase de St Paul. Je suis attiré.e par la lumière qui éclaire l’autel et le transept. Je reçois là, la grâce d’entretenir ce temple de Dieu en moi.

Je médite en moi sur ce que cela signifie dans ma vie au quotidien, quel appel, quel désir monte en moi ?

Allouis

Mehun sur Yèvre – Neuvy Saint Sépulchre – Châteaumeillant

Je regarde les vitraux ou les chapiteaux ou les fresques … Je choisis ce qui m’a le plus touché.e, je m’y arrête, je m’asseois et y reste un moment. J’essaie de me souvenir du passage biblique évoqué, des personnes, des actions. Comment peut-il me rejoindre dans ma vie ?

Plaimpied – Chalivoy Milon

Maintenant je prends un moment pour parler au Seigneur. Je peux le remercier et le louer pour la beauté de ce lieu, le calme et la paix et pour cette visite qui m’a fait du bien.

Je peux aussi le remercier pour tous ceux qui ont construit cette église.

Je le prie pour les chrétiens qui viennent y prier régulièrement et aussi pour les visiteurs, croyants ou non-croyants. Et je termine en union avec tous les chrétiens: Notre Père …

Brinay

Nourri.e et disponible pour faire vivre ce temple qui accueille la présence de Dieu en moi, je repasse la porte, vers l’extérieur, vers le monde , disciple du Christ .

Un été pour louer la Création

L’été offre, à beaucoup, plus de temps libre. La météo invite à sortir et à fréquenter plus la nature. Occasion de contempler un paysage, de redécouvrir son propre jardin, un parc public, un site naturel, près de chez soi, ou de découvrir des paysages nouveaux si l’on change de région…

Je prends un temps de contemplation dans un espace naturel que j’ai choisi. Après avoir fait le signe de croix, je demande au Seigneur la grâce de l’attention, par tous mes sens. Et j’ouvre l’oreille de mon cœur.

Je prends d’abord le temps de l’observation…

Je regarde les divers éléments composant l’espace devant lequel je me tiens. Je regarde leur forme, leur étagement…Je regarde les couleurs dans leur variété et leurs nuances. Je m’arrête sur la lumière, son intensité ou sa douceur, selon l’heure du jour…ou sur l’obscurité d’un ciel étoilé…

J’écoute les sons qui m’entourent, flux et reflux de la mer, bruissement dans les arbres d’une forêt, bruits furtifs d’un animal apeuré à la campagne, bourdonnement des insectes sur les fleurs du jardin. J’écoute aussi, quand c’est possible, le silence.

Je suis attentif aux odeurs. Les algues sur une plage, la mousse en forêt, les fleurs du jardin…

Je mobilise aussi le toucher. Je prends le temps de percevoir sur ma peau la chaleur du soleil, la brise du vent, une goutte de pluie…Et si je me déplace, je peux aussi toucher…Mettre ma main dans l’eau de l’océan ou d’un torrent, caresser l’écorce d’un arbre, froisser une feuille…

Je lis maintenant le texte du livre de la Sagesse. (13, 1-9)

De nature, ils sont inconsistants, tous ces gens qui restent dans l’ignorance de Dieu : à partir de ce qu’ils voient de bon, ils n’ont pas été capables de connaître Celui qui est ; en examinant ses œuvres, ils n’ont pas reconnu l’Artisan. Mais c’est le feu, le vent, la brise légère, la ronde des étoiles, la violence des flots, les luminaires du ciel gouvernant le cours du monde, qu’ils ont regardés comme des dieux. S’ils les ont pris pour des dieux, sous le charme de leur beauté, ils doivent savoir combien le Maître de ces choses leur est supérieur, car l’Auteur même de la beauté est leur créateur. Et si c’est leur puissance et leur efficacité qui les ont frappés, ils doivent comprendre, à partir de ces choses, combien est plus puissant Celui qui les a faites. Car à travers la grandeur et la beauté des créatures, on peut contempler, par analogie, leur Auteur. Et pourtant, ces hommes ne méritent qu’un blâme léger ; car c’est peut-être en cherchant Dieu et voulant le trouver, qu’ils se sont égarés : plongés au milieu de ses œuvres, ils poursuivent leur recherche et se laissent prendre aux apparences : ce qui s’offre à leurs yeux est si beau ! Encore une fois, ils n’ont pas d’excuse. S’ils ont poussé la science à un degré tel qu’ils sont capables d’avoir une idée sur le cours éternel des choses, comment n’ont-ils pas découvert plus vite Celui qui en est le Maître ?

J’entends l’appel à être sensible à ce qui m’est offert : beauté, puissance, grandeur, efficacité.

Mais j’entends aussi la nécessité de dépasser mes seules sensations pour contempler dans la nature l’œuvre du Créateur : « reconnaître l’artisan » ; « le maître de ces choses » ; « l’auteur même de la beauté est leur créateur » ; « à travers la grandeur et la beauté des créatures, on peut comprendre, par analogie leur auteur ».

J’entends enfin l’urgence (déjà affirmée dans un texte écrit il y a plus de 2000ans) de ne pas m’en tenir à la volonté de comprendre (« la science », « une idée ») pour accueillir la création comme un don de la toute-puissance d’amour de Dieu. Une démarche d’accueil et de respect de la Création, pour échapper à la tentation de l’exploitation de la nature par les conquêtes scientifiques.

Et moi, est-ce que je prends régulièrement le temps de contempler la nature, en dépassant l’émotion, pour entrer dans la contemplation du Seigneur et l’action de grâce.

Et moi, comment la contemplation de la nature m’aide-t-elle à prendre soin de la maison commune ?

Je m’adresse maintenant au Seigneur pour exprimer ma louange devant la Création, pour demander pardon pour tout ce qui atteint la vie de notre planète, pour Lui confier tous ceux qui travaillent à la défense de l’environnement.

Je termine en disant cet extrait de la prière du Pape François, qui clôture son encyclique Laudato Si’

Nous te louons, Père, avec toutes tes créatures,
qui sont sorties de ta main puissante.
Elles sont tiennes, et sont remplies de ta présence
comme de ta tendresse.
Loué sois-tu.

Fils de Dieu, Jésus,
toutes choses ont été créées par toi.
Tu t’es formé dans le sein maternel de Marie,
tu as fait partie de cette terre,
et tu as regardé ce monde avec des yeux humains.
Aujourd’hui tu es vivant en chaque créature
avec ta gloire de ressuscité.
Loué sois-tu.

Esprit-Saint, qui par ta lumière
orientes ce monde vers l’amour du Père
et accompagnes le gémissement de la création,
tu vis aussi dans nos cœurs
pour nous inciter au bien.
Loué sois-tu.
Ô Dieu, Un et Trine,

communauté sublime d’amour infini,
apprends-nous à te contempler
dans la beauté de l’univers,
où tout nous parle de toi.
Éveille notre louange et notre gratitude
pour chaque être que tu as créé.
Donne-nous la grâce
de nous sentir intimement unis à tout ce qui existe.

Je termine ce temps de prière en traçant sur moi le signe de la croix.

Prier en début d’été

 Voici le temps de l’été ! Certes, ce temps ne sera pas vécu de la même façon par tous,  mais tous nous pouvons  nous  tourner vers le Seigneur pour envisager ce temps qui nous est donné de vivre.

L’être humain, créé à l’image de Dieu, est un être de relation. Dans l’encyclique Laudato’ si, le pape François, prenant appui sur les textes bibliques, dit  que

 « l’existence humaine repose sur 3 relations fondamentales intimement liées : la relation avec Dieu, avec le prochain et avec la terre ». (n° 66)

Comment alors tirer profit de l’été pour revivifier ces 3 dimensions ?

Je me rends présent au Seigneur et lui demande la grâce de veiller à ces 3 relations.

La relation à la terre

Souvent l’été est propice à être davantage dans la nature. Je peux prendre le temps de la contempler dans sa beauté, dans sa diversité ; de m’émerveiller, de rendre grâce pour ce qui est donné.

Je peux louer le Créateur. « Tout l’univers matériel est un langage de l’amour de Dieu, de sa tendresse démesurée envers nous. » (n°84)

Je peux aussi me demander ce que je peux faire de plus pour préserver cette création.

La relation avec le prochain

D’abord je considère la relation à moi-même : de quoi ai-je besoin pour une vie plus harmonieuse : de repos ? D’activités physiques ? De laisser certaines habitudes ?… J’en parle au Seigneur.

Souvent l’été est propice aux retrouvailles, aux rencontres. Quelles sont les personnes que je vais voir cet été ? Je confie au Seigneur toutes ces relations familiales, amicales, de voisinage … Ceux qui ont besoin d’aide…  

Quelle relation aurait besoin d’être entretenue ?

Et si je vis la solitude, de qui puis-je me rendre plus proche ?

Quel point de vigilance, puis-je me donner pour que ces relations vécues cet été soient harmonieuses et fraternelles … pour qu’elles soient porteuses de vie ?

La relation à Dieu

L’été est souvent un temps de vacances : moins de contraintes, plus de temps. Un temps favorable au repos,  à l’intériorité, à la relation à Dieu.

Quelle place vais-je donner à la prière… à la contemplation … à la lecture spirituelle ?

Je termine en  lisant cette prière : Se reposer

« Jésus, tu nous dit : « Venez à l’écart, dans un lieu désert, et reposer-vous un peu. »
Ouf ! Quelle joie ! Notre guide, notre premier de cordée, nous invite au repos...
Le travail est de plus en plus technique. Les engagements sont de plus en plus prenants.
Nos agendas sont de plus en plus chargés. Notre idéal est de plus en plus pressant : il vaudrait mieux, il faudrait, il faudra bien....
Ouf ! Tu nous invites au repos !
Se re-poser devant soi-même : que deviens-tu ? Que veux-tu ? Que peux-tu ? Que décides-tu ?
Nous re-poser devant la nature, premier livre que tu as écrit avec le Père et le Saint-Esprit.
Par la nature, tu nous dis tant de choses sur la vie et les saisons, sur la sève et les floraisons, sur le soleil et les mûrissements, sur le temps des labours et le temps des moissons....
Nous re-poser devant les autres. Où en sont nos relations ? Où en est notre dialogue ?
Qu’est devenue notre joie d’être ensemble ?
Nous reposer devant Toi, nous re-poser devant Toi, le guide, le premier de cordée, le premier des ressuscités
Merci pour ce repos qui est consolation. Merci pour ce repos qui renouvelle notre espérance. Nous t’écoutons nous redire : « Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette le grain dans son champs : nuit et jour qu’il dorme ou qui il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi. Et dès que le grain le permet on y met la faucille, car c’est le temps de la moisson. »
Dieu créateur, Dieu re-créateur, sois loué pour ce temps de repos, pour ce temps de tourisme et de loisirs. Aide-nous à devenir tout neufs devant toi. Pour mieux servir ton œuvre de création.
Mgr Perrier

Marthe et Marie de Vermeer

Je me dispose à me mettre à l’écoute du Seigneur, en traçant sur moi le signe de croix. Je m’efforce de chasser mes préoccupations pour me rendre disponible à la Parole. Je demande la grâce de savoir me mettre au service.

Je relis l’évangile, illustré par le peintre Vermeer, la visite de Jésus chez Marthe et Marie.

« Chemin faisant, Jésus entra dans un village. Une femme nommée Marthe le reçut. Elle avait une sœur appelée Marie qui, s’étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Quant à Marthe, elle était accaparée par les multiples occupations du service.

Elle intervint et dit : « Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur m’ait laissé faire seule le service ? Dis-lui donc de m’aider. » Le Seigneur lui répondit : « Marthe, Marthe, tu te donnes du souci et tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée. » (Luc, 10, 38-42)

Je contemple maintenant le tableau de Vermeer, qui a choisi de représenter le dernier verset de cet évangile : « Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée. »

Vermeer, 1656.Jésus avec Marthe et Marie

La pièce où se déroule la scène est très sobrement représentée pour donner toute la place à la relation entre les trois personnages de la scène.

Marie est « assise aux pieds du Seigneur » conformément à l’Évangile. Son visage, reposant sur sa main, suggère l’écoute contemplative, fascinée par la présence du Christ et sa parole.  Le Christ est assis sur un fauteuil, signe de sa dignité, de sa majesté.  Marie est débout, en mouvement, en tenue de service comme l’indique son tablier.

Du centre du tableau sourd la lumière de la nappe immaculée, qui trouve un écho dans les manches de la chemise de Marie, et dans les foulards des deux femmes

Si la main du Christ désigne bien Marie, qui « a choisi la meilleure part », il adresse à Marthe un regard tout en douceur et en tendresse. Les deux femmes tournées vers le Christ manifestent deux façons de se tenir devant le Christ, dans l’écoute et le service.

Au milieu des trois personnages, le pain, dans un simple panier. Marie apporte sur la table, dont la nappe blanche évoque l’autel, « le fruit de la terre et du travail de l’homme. ». Se joue ici, subtilement, liturgie de la Parole et liturgie eucharistique.

Ainsi ce tableau se fait-il résumé de toute la vie chrétienne. Attention à la présence du Christ, attention à sa Parole à accueillir et méditer, place des sacrements et service.

Et moi, que puis-je dire de la façon dont s’articulent ces diverses dimensions dans ma vie de croyant ? Quelle place est-ce que je donne à l’écoute de la Parole ?

Quelle place tient l’eucharistie dans ma vie chrétienne ? Quelle place dans ma vie pour l’offrande et le don ? Quelle place donnée au service ?

Après avoir relu l’évangile de Luc, je me tourne vers le Seigneur, pour le contempler, comme Marie et pour converser avec lui, comme Marthe. Je lui parle de mon chemin de disciple, avec ses réussites et ses difficultés. Je lui confie celles et ceux qui ont besoin que je me mettre à leur service.

Je termine avec cette prière écrite à partir de St Jean Eudes, avant de tracer sur moi le signe de croix.

Jésus tu as affirmé : « … vous êtes des serviteurs inutiles. »
(Lc 17, 10)

Que cette parole est dure à entendre !
Faut-il donc que j’arrête mes engagements ?
Dois-je faire comme d’autres, baisser les bras dans mes services d’Église ?
Me serais-je trompé en m’investissant de manière si prenante ?
Donne-moi ton Esprit pour comprendre cette Parole.
C’est vrai, nous ne sommes rien par nous-mêmes,
et il nous est bon d’en prendre conscience :
tout ce que nous avons vient de toi.
Tout ce que nous pouvons faire pour toi
n’ajoute rien à ce que tu fais pour nous et en nous.
Donne-moi ta paix, Seigneur, pour que j’accueille ta parole.
Tout service est avant tout réponse à ton amour,
gratuit et non pas utile.
C’est toi qui le complètes et lui apportes sa part d’utilité.
Donne-moi, Seigneur, de mettre en œuvre tes dons,
et remplis mes actes de ton amour.

Psaume 127

Heureux qui craint le Seigneur
et marche selon ses voies !
Tu te nourriras du travail de tes mains :
Heureux es- tu ! À toi, le bonheur !

Ta femme sera dans ta maison
comme une vigne généreuse,
et tes fils, autour de la table,
comme des plants d’olivier.

Voilà comment sera béni
l’homme qui craint le Seigneur.
De Sion, que le Seigneur te bénisse !
Tu verras le bonheur de Jérusalem tous les jours de ta vie.

Le psaume proposé par la liturgie de ce jour appartient à un ensemble de quinze psaumes réunis sous le titre « cantiques des montées ». Il s’agit probablement des psaumes de louange chantés par les croyants de l’Ancien Testament lors des pèlerinages à Jérusalem, à l’occasion des grandes fêtes.

Je me mets à l’écart pour me rendre disponible à la Parole. Après m’être confortablement installé, je laisse aller ma respiration, sans la forcer,

sensible à l’air qui est pour moi don et source de vie. Je trace sur moi le signe de la croix. Je demande la grâce d’entrer dans la louange.

Je lis le psaume, lentement, m’installant comme destinataire de la parole du psalmiste qui, par-delà les siècles, s’adresse à moi…  « Tu te nourriras » ; « heureux es-tu » « ta femme » ; « tes fils » …

Je suis sensible aux expressions plusieurs fois répétées :

« Heureux qui craint le Seigneur » ; « Heureux es-tu ! A toi le bonheur » ; « le bonheur de Jérusalem ».

Et moi, dans ma vie, peut-être marquée de difficultés, quelles sont mes sources de bonheur ?

« Voilà comment sera béni… » ; « Que le Seigneur te bénisse ». Bénir, c’est dire du bien.

Et moi, est-ce que je prends conscience du bien que Dieu dît de moi, de l’estime qu’il a pour chacun.

« Heureux qui craint le seigneur » ; « L’homme qui craint le Seigneur ». Le terme de crainte, dans la Bible, ne désigne pas la peur, mais le respect et la confiance dans la puissance et l’amour du Seigneur. La crainte de Dieu nous rend réceptif à l’action de l’Esprit Saint.

Et moi, que puis-je dire, aujourd’hui, de ma relation au Seigneur ?

La seconde strophe de ce psaume rend grâce pour les dons que sont nos relations. Elles sont évoquées à travers ce qui est signe de vie dans la culture rurale d’Israël, la vigne et l’olivier.

Invitation pour moi, à contempler ce qui m’est donné par la profusion de la nature, et ma vie de relation, quel que soit mon état de vie.

Je me tourne maintenant vers le Seigneur et lui confie, dans une conversation, ce qui m’habite aujourd’hui. Je m’efforce à l’action de grâce. Je lui confie aussi les situations plus difficiles qui peuvent rendre plus âpre la perception du bonheur.

Je relis le psaume ou peux l’écouter.

Je termine ma prière en disant le Notre Père, et trace sur moi le signe de la croix.

Prier avec la Trinité miséricordieuse

Trinité miséricordieuse Céramique de sœur Caritas Müller

Alors que nous venons de célébrer le dimanche de la sainte Trinité, approchons ce mystère du Dieu Unique qui se révèle Père, Fils et Saint Esprit, à travers cette céramique.

Je regarde la céramique

3 cercles disent la présence divine. Ils sont excentrés et entourent un cercle central plus foncé

Dans ce cercle se trouve un être humain couché au sol, sa tête penchée sur le côté ; il semble faible, blessé, abandonné.

Les 3 personnes divines convergent vers lui.

Le Père debout se penche vers lui. Je regarde son attitude, la courbe de son corps, ses bras et ses mains qui enserrent, portent, embrassent cet être fragile, avec attention, délicatesse.

Quel passage d’Evangile, cela évoque-t-il pour moi ?

Le Fils à genoux s’abaisse. Il se place au ras du sol et saisit les pieds de l’homme, dont il s’approche comme pour les embrasser.

A quel épisode de la vie de Jésus, cela me fait-il penser ?

L’Esprit Saint, comme une colombe, comme un feu, vient d’en haut. Il  s’insert entre le père et le fils et fond sur l’homme, comme pour lui donner vie, pour l’inonder de sa force, de sa lumière, de son élan.

Dans la Bible, comment agit l’Esprit Saint ?

Après ce temps de contemplation, je me tourne vers les 3 personnes divines.

Je m’arrête sur chacune des personnes de la Trinité. Qui sont-elles pour moi ? Je peux m’appuyer sur les textes du dimanche de la Trinité.

Le Père

« Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité. »

Le Fils 

« Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.

L’Esprit-Saint

« Que la communion du Saint-Esprit soit avec vous »

Je termine ce temps,

en adressant ma prière tout à tour à chacune des personnes de la Trinité.

en écoutant le chant « Père adorable » 

en faisant sur moi le signe de croix : Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit

Pentecôte

Viens, Esprit Saint, en nos cœurs
et envoie du haut du ciel
un rayon de ta lumière.

Viens en nous, père des pauvres,
viens, dispensateur des dons,
viens, lumière de nos cœurs.

Consolateur souverain,
hôte très doux de nos âmes,
adoucissante fraîcheur.

Dans le labeur, le repos ;
dans la fièvre, la fraîcheur ;
dans les pleurs, le réconfort.

Ô lumière bienheureuse,
viens remplir jusqu’à l’intime
le cœur de tous tes fidèles.
Sans ta puissance divine,
il n’est rien en aucun homme,
rien qui ne soit perverti.

Lave ce qui est souillé,
baigne ce qui est aride,
guéris ce qui est blessé.

Assouplis ce qui est raide,
réchauffe ce qui est froid,
rends droit ce qui est faussé.

À tous ceux qui ont la foi
et qui en toi se confient
donne tes sept dons sacrés.

Donne mérite et vertu,
donne le salut final,
donne la joie éternelle. Amen

De l’Ascension à la Pentecôte

Acte des Apôtres, 2, 1-18

Quand arriva le jour de la Pentecôte, au terme des cinquante jours, ils se trouvaient réunis tous ensemble. Soudain un bruit survint du ciel comme un violent coup de vent : la maison où ils étaient assis en fut remplie tout entière. Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux. Tous furent remplis d’Esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit. Or, il y avait, résidant à Jérusalem, des Juifs religieux, venant de toutes les nations sous le ciel. Lorsque ceux-ci entendirent la voix qui retentissait, ils se rassemblèrent en foule. Ils étaient en pleine confusion parce que chacun d’eux entendait dans son propre dialecte ceux qui parlaient. Dans la stupéfaction et l’émerveillement, ils disaient : « Ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens ? Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans son propre dialecte, sa langue maternelle ?

Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, de la province du Pont et de celle d’Asie, de la Phrygie et de la Pamphylie, de l’Égypte et des contrées de Libye proches de Cyrène, Romains de passage, Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes, tous nous les entendons parler dans nos langues des merveilles de Dieu. » Ils étaient tous dans la stupéfaction et la perplexité, se disant l’un à l’autre : « Qu’est-ce que cela signifie ? » D’autres se moquaient et disaient : « Ils sont pleins de vin doux ! »

Alors Pierre, debout avec les onze autres Apôtres, éleva la voix et leur fit cette déclaration : « Vous, Juifs, et vous tous qui résidez à Jérusalem, sachez bien ceci, prêtez l’oreille à mes paroles. Non, ces gens-là ne sont pas ivres comme vous le supposez, car c’est seulement la troisième heure du jour. Mais ce qui arrive a été annoncé par le prophète Joël : il arrivera dans les derniers jours, dit Dieu, que je répandrai mon Esprit sur toute créature : vos fils et vos filles prophétiseront, vos jeunes gens auront des visions, et vos anciens auront des songes. Même sur mes serviteurs et sur mes servantes, je répandrai mon Esprit en ces jours-là, et ils prophétiseront.

Je me mets à l’écart dans un lieu où je me sens en paix, je dispose mon corps pour être détendu et j’ouvre les mains, pour accueillir Sa Parole.

Je demande la grâce de me laisser rejoindre par l’Esprit. Je trace sur moi le signe de croix.

Je lis le texte du récit de la Pentecôte dans les Actes des Apôtres et contemple le tympan de la basilique de Vezelay.

Je contemple d’abord la figure du Christ, qui semble s’élever, évocation de l’ascension. Un souffle semble animer sa tunique. La mandorle désigne la gloire du Christ. Désormais, il siège à la droite du Père. Ses bras ouverts évoquent la croix, et de ses mains ouvertes en signe de don, sourdent les rayons de l’Esprit.

L’Ascension, la croix et la Pentecôte sont liées dans un même mystère.

Le tympan de Vezelay tourne notre regard vers le Christ-centre…

Et moi, puis-je dire que le Christ est le centre de ma vie ?

Je m’arrête maintenant sur les figures des apôtres à droite et à gauche du Christ. Pierre (reconnaissable à ses clefs) est le premier à figurer à la droite du Christ. La Pentecôte est ainsi le début de l’Église. Les autres apôtres portent le livre de la Parole.

Certains se parlent deux à deux. Certains tournent leur regard vers le Christ, d’autres vers les différents peuples sculptés dans les caissons de la voussure supérieure. Encore assis, ils sont prêts, comme l’indiquent leurs pieds, à se lever et à partir

Et moi, que puis-je dire de mon enracinement en Christ et en sa Parole, et de mon engagement à aller rejoindre et annoncer ? Comment est-ce que l’Esprit me met en mouvement ?

Je regarde enfin tout ce qui entoure cette scène principale : évocation des peuples de la terre, qui, dans leurs langues, entendent les merveilles de Dieu. Un dernier demi-cercle est un zodiaque, présentant les travaux des champs. La vie chrétienne, dynamisée par l’Esprit, rejoint ainsi le quotidien. Christ est maître du temps et de l’espace et invite la création tout entière au salut.

Et moi, comment ma foi irrigue-t-elle mon quotidien ? Comment est-ce que je participe à l’annonce de la Parole ?

Je me tourne alors vers le Seigneur pour lui confier mon aujourd’hui, ma vie en Église, mes rencontres diverses dans notre monde si pluriel et si ouvert.

Je termine en priant l’adsumus sanctus spiritus, la prière que dirent les Pères conciliaires en ouverture de chaque session du Concile Vatican II.

Nous voici devant Toi, Esprit Saint ; 
En Ton Nom, nous sommes réunis. 
Toi notre seul conseiller, viens à nous, demeure avec nous, daigne habiter nos cœurs. 
Enseigne-nous vers quel but nous orienter ; montre-nous comment nous devons marcher ensemble. Nous qui sommes faibles et pécheurs, ne permets pas que nous provoquions le désordre. 
Fais en sorte, que l’ignorance ne nous entraîne pas sur une fausse route, ni que la partialité influence nos actes. 
Que nous trouvions en Toi notre unité, sans nous éloigner du chemin de la vérité et de la justice, en avançant ensemble vers la vie éternelle. 
Nous Te le demandons à Toi, qui agis en tout temps et en tout lieu, dans la communion du Père et du Fils, pour les siècles des siècles, Amen.

Je trace sur moi le signe de la croix.

Petite méditation sur l’Ascension

En cette fête, si chargée de joie et d’une nouvelle présence du Christ, Saint Augustin, en méditant ce mystère, nous porte en effet à la joie et à l’espérance.

Oui, saint Augustin a raison de nous garder aujourd’hui dans cette perspective de joie : « En venant dans ce monde, dit-il, il est sorti du Père sans abandonner le Père ; et il retourne au Père en laissant le monde, mais sans quitter le monde. »

L’Ascension, voilà l’irruption de l’humanité au « ciel », c’est-à-dire au plus profond de la Trinité. Nous avons besoin de ces sacrements, que vous allez enfin, pouvoir retrouver. De ces touchers sensibles, visibles qui sont les actions du Christ Prêtre.

Que le chrétien témoigne, plus que tout autre, que le corps est digne, puisqu’il a aussi vocation à la gloire ;

Que vos gestes, vos attitudes soient les signes d’une vie transfigurée.

Que votre sourire, vos mains soient des signes de ce que portent des âmes de chrétiens ressuscités ;

Que votre démarche dise aussi ce que vous êtes. Lorsque vous pourrez vous serrer la main, que ce ne soit pas un geste mondain et simplement « citoyen », mais le signe sensible de ce que les mains offrent de plus beau : l’amitié.

Que nos génuflexions soient de vrais signes d’adoration, où l’âme dit par son corps l’adoration.

Que le baiser des lèvres ne fasse pas mentir l’affection ou l’amour du cœur.

La flamme du cierge pascal est éteinte. Mais la lumière est éternelle : le Christ ressuscité rayonne comme l’Éternelle Lumière. En nous la lumière est intérieure. Et doit toujours brûler en nos âmes. Mais elle est aussi portée par vos vies corporelles. Pour être portée, oui. Pour rayonner. Pour donner la joie de Dieu.

Arcabas

Et pour continuer la méditation et l’éclairage sur la fête de l’Ascension du Seigneur, lisez l’homélie de Maurice Zundel :