Psaume 43

Maintenant tu nous humilies,  tu nous rejettes,
tu ne sors plus avec nos armées.

Tu nous fais plier devant l’adversaire,
et nos ennemis emportent le butin.

Tu nous exposes aux sarcasmes de nos voisins,
aux rires, aux moqueries de l’entourage.

Tu fais de nous la fable des nations ;
les étrangers haussent les épaules.

Réveille-toi ! Pourquoi dors-tu, Seigneur ?
Lève-toi ! Ne nous rejette pas pour toujours.
Pourquoi détourner ta face,
oublier notre malheur, notre misère ?
  • Prenons le temps de lire ce psaume lentement même s’il nous parait difficile à entendre. Je souligne les mots qui me touchent ou qui m’interrogent.
  • Je peux ensuite lire  l’évangile de ce jour (Marc 1,40-45). Il s’agit d’un lépreux qui vient auprès de Jésus pour  implorer sa guérison.  (voir le tableau ci-joint)

En m’aidant de ce psaume, je peux mettre d’autres mots qui pourraient être ceux du lépreux. Ainsi je réécris ce psaume

  • Dans un troisième temps, je m’interroge sur ma vie. Qu’ai-je à demander au Seigneur aujourd’hui. Je peux maintenant écrire mon propre psaume.

Je termine par un « Notre Père » qui me permet de mettre toute ma confiance en ce Dieu qui est Père et qui  ne veux que notre bonheur.

Des appels

Duccio di Buoninsegna (1308-1311)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (1, 14-20)

Après l’arrestation de Jean, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ; il disait :« Les temps sont accomplis :le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. »

Passant le long de la mer de Galilée, Jésus vit Simon et André, le frère de Simon, en train de jeter les filets dans la mer, car c’étaient des pêcheurs.  Il leur dit : « Venez à ma suite.
Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. »  Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent. Jésus avança un peu et il vit Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans la barque et réparaient les filets.  Aussitôt, Jésus les appela. Alors, laissant dans la barque leur père Zébédée avec ses ouvriers, ils partirent à sa suite.

Je me dispose pour ce temps de prière, avec le chant : « Mon âme se repose en paix sur Dieu seul : de lui vient mon salut. Oui, sur Dieu seul mon âme se repose, se repose en paix. »

Je peux l’écouter, par la communauté de Taizé.

Je lis le texte d’évangile de ce jour, et je contemple la scène de l’appel des premiers disciples. Je peux, éventuellement m’aider, du support iconographique.

J’imagine le décor, le lac de Tibériade (la mer de Galilée), son horizon, ses eaux calmes, ce jour, et, les nombreuses barques des pêcheurs. Les patrons pêcheurs et les ouvriers. Et je vois Jésus, attentif à son environnement, à l’activité humaine qui aide à nourrir les gens qui vivent dans les villages environnants

Parmi ces diverses embarcations, je vois d’abord la barque de Pierre et André, j’imagine les deux frères, vêtus à la mode de l’époque, lançant avec énergie et précision les filets. Ce geste technique, simple et ancestral…

Je m’arrête à nouveau sur le regard de Jésus, admirant ce savoir-faire, ce labeur quotidien, ce travail d’artisan comme lui a été charpentier auprès de son père. J’entends alors la voix de Jésus : « venez à ma suite, je vous ferai devenir des pêcheurs d’hommes. ».

Jésus a repéré les compétences professionnelles d’André et Simon et les appelle à s’appuyer sur ce savoir-faire pour un travail nouveau : ces pêcheurs de poisson sont appelés à se faire pêcheurs d’hommes…L’appel de Jésus appelle à la nouveauté, ouvre un devenir, un autre possible…Je m’arrête sur l’immédiate disponibilité de Pierre et André… « Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent. »

Je contemple la scène du second appel. A nouveau deux frères, occupés, près de leur père, à une autre activité traditionnelle, la réparation des filets pour reprendre à nouveau la pêche…Puis la même disponibilité, plus exigeante encore : Jacques et Jean quittent leur milieu et leur père…

En ce début d’évangile, où s’inaugure la nouvelle alliance, nous réentendons l’appel fait à Abraham, lors de la première alliance : « quitte ton pays… »

Et moi ? Je fais mémoire des appels entendus de la part du Seigneur. Je fais mémoire de ce que j’ai consenti à quitter. J’évoque aussi tout ce qui peut me retenir, tout ce que je ne peux pas laisser. Où en suis-je aujourd’hui ?

Parlant alors au Seigneur comme un ami parle à un ami, je lui dis alors simplement, ce qui peut m’entraîner à sa suite, ce qui peut me retenir…Je prie aussi pour toutes celles et tous ceux, qui, sur ma route, ont besoin de mon attention de pêcheur d’hommes…

Sur la route que prennent les disciples à la suite du Christ, ces frères de sang Pierre et André, Jacques et Jean, vont se découvrir frères entre eux, parce que frère du Christ et fils du même Père. C’est pourquoi, nous disons « Notre Père… »

Psaume 71

Dieu, donne au roi tes pouvoirs,
à ce fils de roi ta justice.
Qu’il gouverne ton peuple avec justice,
qu’il fasse droit aux malheureux !

Il les rachète à l’oppression, à la violence ;
leur sang est d’un grand prix à ses yeux.
On priera sans relâche pour lui ;
tous les jours, on le bénira.

Que son nom dure toujours ;
sous le soleil, que subsiste son nom !
En lui, que soient bénies toutes les familles de la terre ;
que tous les pays le disent bienheureux !

Je choisis un temps et un lieu. Je m’installe confortablement, relâche les tensions de mon corps et respire profondément.

Puis je lis le psaume.

Ce psaume fait partie des psaumes royaux, prières pour le roi ou prières du roi. Attribué à Salomon, roi juste et pacifique, il appelle le roi idéal de l’avenir, portrait anticipé du Christ (Is 11, 4-5)

Je relis le psaume, repère les mots qui se répètent (tous, justice, nom…) et me laisse toucher par cette évocation…

Je peux terminer avec un « Notre Père » : « …que ton règne vienne… »

Oraison: Dieu qui seul fais des merveilles, quand tu donnas à ton Fils, né de Marie, le Royaume de David, les pauvres de Bethléem en reçurent l’annonce, et les rois lointains vinrent adorer le Messie. Fais que son règne arrive sur la terre: qu’il apporte la paix aux hommes que tu aimes, et le justice aux malheureux. Que tous les peuples soient bénis en lui!

Prier avec l’Epiphanie

L’adoration des mages (1904), Maurice Denis (1870-1943), musée des Beaux-Arts de Dijon

Je me mets dans une attitude de prière et je fais silence.

Je demande  à l’Esprit saint sa lumière pour entrer dans le mystère de cette scène.

Je me rends présent(e) à cette scène, comme le couple qui regarde depuis la fenêtre éclairée à gauche et je me laisse enseigner.

Je regarde le tableau pour lui-même : les couleurs, la lumière,  les lignes et la composition, les contrastes, les personnages et leurs postures…

J’observe

– la lumière au centre qui éclaire le nouveau-né et sa mère …

– l’inculturation de la scène dans le 20ème siècle par le décor et les vêtements, à l’exception de ceux des mages…

– le contraste entre les couleurs chaudes de l’intérieur et celles plus froides du décor extérieur…

– le contraste entre la puissance des chevaux, la richesse des vêtements et des cadeaux des mages avec la simplicité de la partie gauche du tableau : une étable,  avec les animaux, la paille et Joseph, Marie et l’enfant Jésus…

– le contraste entre la manière dont les mages sont représentés et leurs postures faites d’humilité, d’offrande, de respect, d’adoration…

– l’attitude de Marie et Joseph, leurs regards tournés vers l’enfant, les mains jointes de Joseph, le geste de Marie qui enveloppe son fils de ses bras protecteurs…

Je mets des mots sur ce que cette représentation me dit de Dieu, de l’humanité …du mystère de l’incarnation… de l’universalité du salut… 

Les mages venus d’Orient sont venus chercher un roi ; ils ont trouvé, reconnu et adoré un nouveau-né, petit, vulnérable, couché dans une mangeoire.

Marie et Joseph ont accueilli cette visite, ils gardent dans leur cœur le mystère, qui les dépasse, de la naissance de ce fils.

Comment cela rejoint-il ma propre vie ?

Je m’adresse au Père ou au Fils ou à l’Esprit pour lui dire ce  qui me vient au cœur.

Je termine ce temps de prière en chantant le psaume 71

Psaume 95

Chantez au Seigneur un chant nouveau,
chantez au Seigneur, terre entière,
chantez au Seigneur et bénissez son nom !

De jour en jour, proclamez son salut,
racontez à tous les peuples sa gloire,
à toutes les nations ses merveilles !

Il est grand, le Seigneur, hautement loué,
redoutable au-dessus de tous les dieux :
néant, tous les dieux des nations !

Lui, le Seigneur, a fait les cieux :
devant lui, splendeur et majesté,
dans son sanctuaire, puissance et beauté.

Rendez au Seigneur, familles des peuples,
rendez au Seigneur la gloire et la puissance,
rendez au Seigneur la gloire de son nom.
Apportez votre offrande, entrez dans ses parvis,
adorez le Seigneur, éblouissant de sainteté :
tremblez devant lui, terre entière.

Allez dire aux nations : « Le Seigneur est roi ! »
Le monde, inébranlable, tient bon.
Il gouverne les peuples avec droiture.

Joie au ciel ! Exulte la terre !
Les masses de la mer mugissent,
la campagne tout entière est en fête.

Les arbres des forêts dansent de joie
devant la face du Seigneur, car il vient,
car il vient pour juger la terre.

Il jugera le monde avec justice, 
et les peuples selon sa vérité !

Je me dispose à ce temps de rencontre avec le Seigneur et je lui demande la grâce d’ouvrir mon esprit à la louange.

Je prie ce psaume avec les moines de Tamié .(Il suffit de cliquer sur le symbole)

Joyeux Noël !

Marko Rupnik- Nativité

La nuit de Noël, Dieu vient naître parmi nous, Dieu cherche à naître en nous.
Il se peut que le grand problème de notre vie ne soit pas tellement de vivre,
mais finalement de naître !
Car, nous ne sommes pas l’homme que nous paraissons être :
célèbre ou inconnu, riche ou démuni, habile ou maladroit….
Tout cela c’est l’apparence des choses.

Nous sommes un homme qui cherche à naître.
Si tu sais en toi cette pulsation merveilleuse qui te porte à ne pas être aujourd’hui ce que tu étais hier, tu es en train de naître.
Si tu te sens aujourd’hui capable d’un amour tout neuf que tu n’espérais pas hier, tu es en train de naître.
Si tu te fais aujourd’hui tout-petit devant Jésus, pour te laisser conduire dans sa Lumière, tu es en train de naître.
Sois sûr que la plus grande chose de la vie ce n’est pas de vivre, c’est de naître constamment pour ne pas être vieux.
Puisses-tu garder de cette nuit la saveur d’une rencontre :
la confiante et humble certitude que tu es appelé indéfiniment à être et tout autant, appelé à faire naître les autres.
Et voici qu’inlassablement, Noël après Noël, jour après jour, Dieu frappe à ta porte et demande à naître en toi !

Maurice Zundel

Avec Marie

En cette 4ème semaine de l’avent, la liturgie nous invite à contempler l’Annonciation. Ce peut être aussi l’occasion, pour les Berruyers, de s’arrêter devant le vitrail de la cathédrale. Certes le décor somptueux de cette composition nous éloigne assurément de la simplicité de Nazareth. Voyons-y le désir de célébrer la gloire de Dieu et la richesse de l’expérience de Marie pour notre foi. Au-dessus de Marie et de l’ange Gabriel, dans l’architecture deux figures représentent Adam et Ève, nus après la chute. Marie porte en elle le Verbe de Dieu qui vient nous sauver du péché…

         Avec Marie, dans ce temps de l’attente qu’est l’Avent, nous attendons la venue du Seigneur, qui va se révéler dans la fragilité d’un enfant.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc, 1, 26-38)

Au sixième mois d’Élisabeth, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce,
le Seigneur est avec toi. » À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit alors :
« Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. »
    Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je ne connais pas d’homme ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. Car rien n’est impossible à Dieu. » Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » Alors l’ange la quitta.

Pour relire ce texte que nous connaissons bien, je vois l’humble demeure de Marie, à Nazareth. J’imagine Marie, jeune fille vêtue simplement, occupée à son quotidien. J’imagine la venue de Gabriel, l’inattendu, l’inouï dans l’ordinaire des jours.

J’écoute le dialogue entre Marie et l’envoyé de Dieu.

  • La parole de Gabriel qui veut rassurer « ne crains pas. »
  • L’annonce de la conception de Jésus, inscrite dans la dynamique de la Révélation. Des termes forts qui peuvent impressionner la jeune Marie. « Fils du Très-Haut » ; « le trône de David son père » ; « la maison de Jacob » …
  • La tranquille sérénité de la question simple et réaliste de Marie : « comment cela va-t-il se faire, puisque je ne connais pas d’homme ? »
  • La réponse de Gabriel, à nouveau bien impressionnante : « L’Esprit saint viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te prendra sous ton ombre. ». Mais aussi la référence au quotidien, à l’environnement de Marie, avec l’évocation d’Élisabeth.
  • La disponibilité de Marie, confiante dans la Parole. « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. »

Quelques pistes pour ma prière personnelle.

  • Comment est-ce que je me rends attentif à la survenue de Dieu dans mon quotidien ?
  • Que puis-je dire de ma disponibilité au seigneur ? Comment est-ce que je partage la confiance de Marie en sa Parole ?
  • Est-ce que je crois que « rien n’est impossible à Dieu » ?

Pour terminer ma prière, je m’unis à l’Église universelle et à Marie en redisant le magnificat

« Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais, tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
Son amour s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.
Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et de sa race, à jamais.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit,
pour les siècles des siècles. Amen. »

Psaume 29

Je t’exalte, Seigneur : tu m’as relevé.
Quand j’ai crié vers toi, tu m’as guéri.
Seigneur, tu m’as fait remonter de l’abîme
et revivre quand je descendais à la fosse.

Fêtez le Seigneur, vous, ses fidèles,
rendez grâce en rappelant son nom très saint.
Sa colère ne dure qu’un instant, sa bonté, toute la vie ;
avec le soir, viennent les larmes,
     mais au matin, les cris de joie.

Et j’ai crié vers toi, Seigneur,
j’ai supplié mon Dieu.
Tu as changé mon deuil en une danse,
que sans fin, Seigneur, mon Dieu, je te rende grâce !

Je prends le temps d’entrer en prière, de me préparer pour une rencontre avec le Seigneur. J’observe les mouvements intérieurs qui sont les miens ce jour : joie, peine, fatigue, enthousiasme…Et je me présente, tel que je suis au Seigneur.

Je lis le psaume, lentement, me laissant rejoindre par un mot, une expression, un verset, que je prends le temps de redire, de réentendre. Pourquoi, aujourd’hui, est-ce là que je m’arrête.

Je perçois les tensions psychologiques qui traversent le psalmiste. « Je descendais dans la fosse » ; « le soir viennent le larmes » ; « j’ai crié, j’ai supplié » / « au matin viennent les cris de joie ». Cette expérience humaine de connaître des « hauts et des bas » se fait expérience spirituelle, rencontre du Seigneur :

  • Tu m’as relevé.
    • Tu m’as fait remonter de l’abîme et revivre.
    • Tu as changé mon deuil en une danse.

A mon tour, je m’adresse au Seigneur, et, selon ce que je suis aujourd’hui, je lui adresse mon cri ou mon action de grâce.

Je relis le psaume et peux aussi l’écouter dans une version chantée.

En ce temps de l’Avent, où nous attendons la Lumière qui éclairera les ténèbres, je me tourne vers le Seigneur en lui disant « Notre Père… »