Prier avec « l’arbre d’or » de Dom Robert

Je fais silence en moi  et demande aide de l’Esprit Saint pour être totalement tourné vers le Seigneur, dans ce temps de prière.

Dom Robert (1907-1997) – Tapisserie L’arbre d’or – carton 1957

Je prends le temps de regarder cette tapisserie de Dom Robert

Je vois l’arbre étincelant qui se dresse, vigoureux. A partir d’un tronc commun,  3 branches s’élancent vers le haut ; elles portent un feuillage, à la fois  dense et léger qui s’est coloré d’or. Je contemple cette boule de lumière, avec ses multiples facettes, et pleine de vie.

Le feuillage de l’arbre  est parsemé de taches de couleur. En regardant de plus près, je peux voir toutes sortes d’oiseaux disséminés dans la ramure. Ils sont tous différents. A leur plumage, je peux même les reconnaitre : geai, pic vert, huppe, chardonneret… par l’imagination je peux entendre leurs chants divers… entendre les battements d’ailes,  le bruissement des feuilles …

Que provoque en moi cette contemplation ? A quelle prière m’invite-t-elle ? Action de grâces devant la richesse de la création, sa beauté, son harmonie, sa profusion ? Louange pour le créateur  de tout cela ? Prière pour respecter et préserver ce qui est donné ?…

Dans un 2ème temps je peux associer cette image à la parabole de la graine de moutarde que Jésus utilise pour parler du Royaume de Dieu.

« Le Royaume des cieux est comparable à un grain de moutarde qu’un homme prend et sème dans son champ. C’est bien la plus petite de toutes les semences ; mais quand elle a poussé, elle est la plus grande des plantes potagères : elle devient un arbre, si bien que les oiseaux du ciel viennent faire leurs nids dans ses branches. »Mt 13,31-32

Je peux contempler à nouveau l’arbre d’or, voir ce qu’est devenue la toute petite graine. Je peux m’émerveiller devant la  force de vie qu’elle contient, devant le mystère de la croissance.

 Et  je peux demander la grâce au Seigneur de me laisser enseigner sur  le Royaume de Dieu  et de le découvrir déjà là.

Qu’est-ce qui, pour moi,  est lumière dans notre monde d’aujourd’hui ? Qu’est-ce qui est harmonie et vie ?

Je fais mémoire de petits gestes porteurs d’un vivre ensemble, dans la diversité.  Je fais mémoire de ce qui discrètement crée des liens… construit la paix… donne de la joie…

J’en parle au Seigneur. Je rends grâce pour son Esprit à l’œuvre; pour ceux qui, dans le quotidien de leurs vies, apportent leur pierre au Royaume de Dieu. Je peux aussi demander pardon pour mon manque d’espérance, pour mon besoin de spectaculaire, pour tout ce qui entrave la venue de ce Règne. Je peux enfin lui confier la création tout entière et mes petits choix au quotidien pour qu’ils portent du fruit.

Je termine ma prière et reprends à mon compte la prière pour la terre du pape François

Prier à partir d’une estampe sur son chemin de vie

Hokusai – Le pont suspendu entre Hida et Etchu (deux villes d’une province située dans la grande île centrale du Japon).

Hokusaï (1760-1849) est l’un des maîtres de l’estampe japonaise. Au fil de nombreux voyages, il saisit paysages et scènes de la vie quotidienne.

Je m’installe confortablement pour le temps de la prière, demandant la grâce de demander la puissance du Seigneur.

         Cette scène met en scène la vie ordinaire, indépendamment de toute référence religieuse. Je prends le temps de l’observer :

Le paysage montagneux et aride. Quelques bouquetins broutent de maigres herbes.

L’horizon partagé entre un ciel azuré, des nuages blancs et une montagne noire qui apparaît comme menaçante

Le pont suspendu entre deux massifs, à une hauteur impressionnante, puisqu’on n’aperçoit que la cime des arbres.

Les deux personnages cherchant leur équilibre sur le pont fragile. Le premier est plus lourdement chargé

Je me mets maintenant à la place de l’un ou l’autre personnage, tout en méditant sur mon propre chemin et je m’ouvre à la prière.

Quels sont mes points d’appui, sur mon chemin de vie, à l’image de ce pont solidement arrimé aux monts qu’il relie ? Je peux me redire les paroles du psaume : « Sois pour moi le solide rocher qui m’accueille, l’endroit où je peux venir à tout moment (…) Oui, mon rocher, c’est toi, tu me protèges avec puissance. » (Psaume 70,3)

Sur mon chemin, qu’est-ce que je transporte, à l’image de l’un ou l’autre des deux personnages ? Que dois-je garder précieusement ? De quoi suis-le encombré, de quoi, peut-être, dois-je me débarrasser pour m’assurer un pas plus agile. Je réentends la Parole de Jésus qui envoie ses disciples sur la route : « Ne vous procurez ni or, ni argent, ni petite monnaie pour en garder sur vous ; ni sac pour la route, ni tunique de rechange, ni sandales, ni bâtons. » (Mt, 10 ; 9-10)

Ne pas compter sur mes propres sécurités me permet de demander l’aide du Seigneur et de m’appuyer sur sa force. Je médite les paroles de Paul : « Ma grâce te suffit, car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. » C’est donc très volontiers que je mettrai plutôt ma fierté dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ fasse en moi sa demeure. »  (2 Co, 12,9)

Je termine en disant la prière de St Ignace

« Prends, Seigneur, et reçois
Toute ma liberté, 
Ma mémoire, mon intelligence 
Et toute ma volonté.
Tout ce que j’ai et tout ce que je possède, 
C’est toi qui m’as tout donné à toi, Seigneur, je le rends
Tout est à toi, disposes-en selon ton entière volonté
Donne-moi seulement de t’aimer
Et donne-moi ta grâce, elle seule me suffit. »

Béatitudes pour le temps de vacances

Joseph Folliet (1903-1972), prêtre du Prado, sociologue et écrivain, fondateur de « la Vie Catholique illustrée », propose des Béatitudes pour le temps de vacances…

  Bienheureux ceux qui savent rire d'eux-mêmes,
ils n'ont pas fini de s'amuser.
Bienheureux ceux qui savent distinguer une montagne d'une taupinière, 
il leur sera épargné bien des tracas.
Bienheureux ceux qui sont capables de se reposer et de dormir sans chercher d'excuses : 
ils deviendront sages.

Bienheureux ceux qui savent se taire et écouter :
ils apprendront des choses nouvelles.
Bienheureux ceux qui sont assez intelligents pour ne pas se prendre au sérieux : 
ils seront appréciés de leur entourage.
Heureux êtes-vous si vous savez regarder sérieusement les petites choses, et paisiblement les choses sérieuses :
vous irez loin dans la vie.

Heureux êtes-vous si vous savez admirer un sourire et oublier une grimace : 
votre route sera ensoleillée.
Heureux êtes-vous si vous êtes capable de toujours interpréter avec bienveillance les attitudes d'autrui, même si les apparences sont contraires :
vous passerez pour des naïfs, mais la charité est à ce prix.

Bienheureux ceux qui pensent avant d’agir et qui prient avant de penser : 
ils éviteront bien des bêtises.
Heureux êtes-vous si vous savez vous taire et sourire même lorsque l’on vous coupe la parole, lorsque l’on vous contredit ou que l’on vous marche sur les pieds : 
l’Évangile commence à pénétrer votre cœur.

 

Bienheureux surtout si vous savez reconnaître le Seigneur en tous ceux que vous rencontrez : vous avez trouvé la vraie lumière,
vous avez trouvé la véritable sagesse.

Je prends un temps au calme, loin de l’agitation… Je m’installe confortablement, relâche les éventuelles tensions de mon corps, prends de profondes inspirations en fixant mon attention sur elles…

Je m’octroie ce temps de pause, en compagnie du Seigneur et lui demande la grâce d’un regard clairvoyant…

Je lis le texte une fois, puis le reprends, en m’arrêtant sur chaque « béatitude »… Parfois je peux m’y reconnaître, parfois en être bien loin, voire même m’y opposer… Pourquoi?… Peut-être ai-je le désir d’adhérer à l’une ou l’autre d’entre elles… Pendant ce temps de vacances, ou sur un plus long terme… Pourquoi?…

J’en parle avec le Seigneur, comme un ami avec son ami… Je peux aussi lui faire une demande particulière…

Je termine en m’adressant à Notre Père…

Pendant l’été, nourrir sa relation au Seigneur

Voici deux propositions de retraites en ligne, l’une animée par « Prie en Chemin », l’autre par « les soeurs Xavières », avec les liens pour y accéder.

  • Au cœur de l’été, Prie en Chemin vous propose de prendre un temps de pause pour (re)découvrir des temps de prière à la lumière de Saint Ignace de Loyola et de sa spiritualité !

du lundi 25 juillet et jusqu’au 31 juillet

  • faire une retraite spirituelle en 7 jours inspirée des Exercices spirituels de saint Ignace, animée par « les Xavières »

Prier avec des photos

Steve Mc Curry est un photographe américain, né à Philadelphie, en 1950.

Connu pour ses clichés de reporter de guerre, il a parcouru le monde entier. Il propose des clichés de combats, de destruction, mais il s’attarde aussi devant des paysages spectaculaires et sur des modes de vie menacés de disparaître.

Derrière l’instant saisi par l’appareil, il pénètre la profondeur d’un être. Il dit d’ailleurs de lui-même : « je suis un conteur visuel, pas un journaliste. ».

Voici deux photographies mettant en scène l’enfance et la jeunesse, rapportées d’Asie et d’Orient.

Je me dispose à la prière, prends le temps de faire silence en moi, m’extrais de mon environnement pour prendre le temps de la contemplation de ces deux photos

Je prends le temps d’observer ces deux photos, mettant en scène un adulte et un enfant. Je m’attarde sur les couleurs, les lignes de la composition, sur les visages et, notamment, sur les regards.

Un adulte dont on ne voit pas le visage a installé un jeune enfant sur un vélo.

  • Un adulte dont on ne voit qu’une partie du torse et les bras. Ses mains fermes tiennent le guidon.
  • L’enfant au regard profond, fixant l’horizon, curieux et interrogateur.
  • Le vélo dont on perçoit qu’il a déjà beaucoup servi, sur un chemin caillouteux et cahotant.
  • L’axe vertical du guidon, les trois triangles dessinés par le guidon, le tissus rouge et les bras de l’adulte donnent une grande stabilité à l’ensemble de la scène.
  • Le jeu des couleurs bleu, rouge et blanc confère à la scène un dynamisme

Un adulte solidement assis sur le sol accueille entre ses genoux un enfant endormi.

  • Les deux ovales du turban immaculé et des bras protecteurs enserrant l’enfant donnent à la scène beaucoup de sérénité.
  • La sérénité de la composition est accentuée par l’abandon confiant de l’enfant entre les jambes de son aîné.
  • La même couleur blanche des vêtements de l’adulte et de l’enfant suggère l’unité qui règne entre les deux personnages.
  • L’adulte, au visage buriné, à la barbe blanche, aux membres et mains noueux, qui disent une vie déjà avancée, une expérience déjà longue. Le regard, tout intérieur se fait méditation sur le chemin déjà parcouru et sur la promesse de l’avenir portée par l’enfant
  • L’enfant à la peau lisse, et aux cheveux noirs, évoque la santé, la vigueur pour affronter une vie non encore écrite, peut-être en train de se rêver

Deux images, donc, de la relation adulte / enfant…

Un adulte (un père ?) qui conduit l’enfant tout en le mettant devant lui, face à la route qui s’ouvre à lui. Il se fait présence sécurisante, mais le choix du photographe qui coupe le visage de l’adulte, suggère aussi une forme d’absence qui permet de donner toute sa place à l’enfant.

Un adulte (un père ? un grand-père) qui protège l’enfant, qui le garde pendant son sommeil. Ses mains le retiennent-elles, ou sont-elles prêtes à s’ouvrir pour que l’enfant choisisse son propre chemin ?

Ces deux images peuvent donner à penser sur la relation éducative, sur la nécessaire articulation entre la nécessité de protéger et la nécessité de préparer à l’autonomie.

Dans ma prière, maintenant, je contemple la relation d’alliance à laquelle Dieu m’invite.

Dieu qui nous conduit, comme un Père. « Tu l’as vu aussi dans le désert : le Seigneur ton Dieu t’a porté, comme un homme porte son fils, tout au long de la route que vous avez parcourue. » (Dt, 1, 31)

Dieu qui prend soin de nous comme une mère. « Est-ce qu’une femme peut oublier son petit enfant, ne pas chérir le fils de ses entrailles ? Même si elle pouvait l’oublier, moi, je ne t’oublierai pas. » (Isaïe, 49,15)

Dieu Créateur, qui, nous confie sa création pour que nous la gérions en toute liberté. Au 7ème jour, Il se repose…Il se repose aussi sur nous, les hommes et femmes, pour que nous devenions co-créateurs. « Dieu a créé l’homme comme la mer a fait les continents, en se retirant » (Hölderlin)

Je peux alors faire mémoire, dans ma relation au Seigneur, des moments où je me réfugie en lui, comme cet enfant abandonné entre les jambes de son aîné et des moments, où je me sens appelé à aller de l’avant, comme ce jeune enfant, sur la bicyclette, tout en restant relié. 

Je peux alors demander au Seigneur sa protection, ou lui confier une décision que je prends…

Pour terminer, je dis le début du psaume 70.

En toi, Seigneur, j'ai mon refuge : 
Garde-moi d'être humilié pour toujours.
 Dans ta justice, défends-moi, libère-moi, 
Tends l'oreille vers moi, et sauve-moi.
Sois le rocher qui m'accueille, toujours accessible ; 
 Tu as résolu de me sauver : ma forteresse et mon roc, c'est toi !
Mon Dieu, libère-moi des mains de l'impie, 
Des prises du fourbe et du violent.
Seigneur mon Dieu, tu es mon espérance, 
Mon appui dès ma jeunesse.
Toi, mon soutien dès avant ma naissance, 
Tu m'as choisi dès le ventre de ma mère ; 
Tu seras ma louange toujours !
Pour beaucoup, je fus comme un prodige ; 
Tu as été mon secours et ma force.
 Je n'avais que ta louange à la bouche, 
Tout le jour, ta splendeur.

Prier avec une oeuvre d’art

Je commence par me disposer  à ce temps de prière. Je prends une ou deux grandes respirations . Je fais silence en moi et me prépare à rencontrer le Seigneur. J’accueille en moi ce temps ralenti . Et je demande au Seigneur d’ouvrir mon cœur devant cette œuvre d’art.

Je prends le temps de contempler cette œuvre, de me laisser apprivoiser par elle.

Alexej von Jawlensky (1864-1941)

Et j’accueille maintenant ce visage, je me laisse toucher et rejoindre par lui.

Quels sentiments est-ce qu’il provoque, il éveille en moi ? Je prends le temps de les repérer.

Je me laisse maintenant guider.

La ligne horizontale, d’une couleur  foncée (noir , vert et bordeaux foncés), qui trace la bouche et les yeux fermés me fait entrer dans le silence intérieur, la paix, la distance prise avec le monde environnant. Cela me renvoie au mystère de la personne, à son intériorité qui  sont une porte ouverte à l’accueil de l’Esprit.

Je peux, moi aussi, entrer dans ce silence intérieur en accueillant pour moi  ce que le Seigneur dit à Job :

« Sois attentif, Job, écoute-moi, tais-toi, c’est moi qui parlerai.[…] « toi, écoute-moi ; fais silence, que je t’enseigne la sagesse ! » Job 33,31.33

Dans mes temps de prière personnelle, comment est-ce que je soigne ce moment où je me dispose à entendre le Seigneur parler à mon cœur ?

La seule ligne verticale, qui tranche et coupe le visage en deux, à angle droit sur sa base, la base du nez, exprime l’équilibre, la stabilité. C’est une personne qui se tient droite devant le Seigneur, dans un face à face intérieur.

J’entends:

« Le Seigneur est bon pour qui se tourne vers lui, pour celui qui le cherche. Il est bon d’espérer en silence le salut du Seigneur ; » Lm 3, 25-26

Les lignes arrondies du visage et du cou, les boucles des cheveux, les couleurs claires, douces  et plutôt chaudes laissent témoigner de la paix et de la joie intérieures  reçues dans cette rencontre .

Je me sens créé, en confiance, regardé avec tendresse par le Seigneur, par le Père et je peux faire mien le psaume 130 :

« Seigneur, je n'ai pas le coeur fier
ni le regard ambitieux ; *
je ne poursuis ni grands desseins,
ni merveilles qui me dépassent.

Non, mais je tiens mon âme
égale et silencieuse ; *
mon âme est en moi comme un enfant,
comme un petit enfant contre sa mère.

Attends le Seigneur, Israël, *
maintenant et à jamais. »

La verticalité ferme du nez, sa couleur ocre foncée (celle du bois) et la ligne horizontale, avec une légère courbe, une certaine douceur  des yeux fermés, soulignée par la couleur noire, peuvent m’évoquer les bras du Christ en croix, ouverts sur le monde, pour le monde, pour nous offrir l’amour du Père.

Je me laisse rejoindre par cette image du Christ. Je le laisse pénétrer mon cœur, mon esprit. Je le contemple.

Je repère, dans ces dernières semaines, comment l’amour du Père et du Fils m’a été témoigné, donné. Et je peux exprimer  une prière de louange et d’action de grâce.

Ce visage abstrait , avec sa bouche et ses yeux fermés, traduisent aussi le mystère, l’énigme qu’est chaque personne (« la trace de l’Infini ou la Parole de Dieu » Lévinas)

C’est LE visage de  L’AUTRE, différent, inconnu de moi, le visage du monde . Et c’est par le visage que nous entrons en contact avec les autres.

Cette différence, ce mystère,  peuvent me bousculer, me déranger et provoquer une fermeture en moi.

Dans les jours qui viennent, comment est-ce que je vais m’ouvrir à l’accueil, sortir du souci de « mon moi », pour m’intéresser à l’autre ?

« Toute rencontre commence par une bénédiction contenue dans le mot « bonjour » (Lévinas)

Je termine ce temps avec la prière du Pape François pour le jubilé de la Miséricorde :

Toi qui nous as appris à être miséricordieux comme le Père céleste, et nous as dit que Te voir,c’est Le voir, montre-nous Ton visage, et nous serons sauvés.
Ton regard rempli d’amour a libéré Zachée et Matthieu de l’esclavage de l’argent, la femme adultère et Madeleine de la quête du bonheur à travers les seules créatures ; tu as fait pleurer Pierre après son reniement, et promis le paradis au larron repenti.
Fais que chacun de nous écoute cette parole dite à la Samaritaine comme s’adressant à nous : Si tu savais le don de Dieu !
Tu es le visage visible du Père invisible, du Dieu qui manifesta sa toute puissance par le pardon et la miséricorde : fais que l’Eglise soit, dans le monde, ton visage visible, toi son Seigneur ressuscité dans la gloire.

L’œuvre proposée ici s’intitule : « Heilandsgesicht-Licht-Ruhe » (Visage du Sauveur-Lumière-Paix)

Quelques mots sur Alexej von Jawlensky

Peintre russe ,compagnon de route de Kandinsky durant la première décennie du XXe siècle à Munich, Alexej von Jawlensky offre l’exemple d’un artiste qui participe à la modernité en faisant l’expérience des frontières entre expressionisme et fauvisme, entre figuration et abstraction.

À partir de 1917, pendant vingt ans, Jawlensky traitera presque exclusivement le visage. Le visage ou plutôt la Face, car avec les Têtes mystiques et Faces du Sauveur 1917/1923, Têtes géométriques 1924/1933 et les Méditations, 1933/1937, la figure s’éloigne progressivement de toute ressemblance “naturelle” pour aboutir à une forme stylisée, proche de l’icône.

En 1938, Jawlensky écrit : « J’éprouvais le besoin de trouver une forme pour le visage, car j’avais compris que la grande peinture n’était possible qu’en ayant un sentiment religieux. Et ceci je ne pouvais le rendre que par le visage humain. J’avais compris que le peintre devait restituer par la forme et la couleur ce qu’il y avait de sacré en lui« .

Psaume 18b

La loi du Seigneur est parfaite,
qui redonne vie ;
la charte du Seigneur est sûre,
qui rend sages les simples.

Les préceptes du Seigneur sont droits,
ils réjouissent le cœur ;
le commandement du Seigneur est limpide,
il clarifie le regard.
La crainte qu’il inspire est pure,
elle est là pour toujours ;
les décisions du Seigneur sont justes
et vraiment équitables :

plus désirables que l’or,
qu’une masse d’or fin,
plus savoureuses que le miel
qui coule des rayons.

Ce psaume, hymne au Dieu de l’Alliance, était chanté par le peuple d’Israël pendant les fêtes célébrant le Renouvellement de son attachement à la Loi divine.

Je me dispose pour laisser ces paroles me rejoindre…

Et je chante ma louange au Seigneur, entré en communication avec l’homme pour faire Alliance avec lui et lui donner sa Loi comme chemin de libération et de vie.

Ce chemin me renvoie à mon identité de fils (fille) de Dieu et, à la lumière du Christ, à ma propre vocation de baptisé (e) et à mes relations fraternelles.

Je relève et contemple les mots qui définissent la Loi en elle-même, et les fruits qui en découlent.

Je murmure ces mots, les répète et les goûte en rendant grâce pour le bonheur promis.

Comment cette plénitude peut-elle prendre chair dans ce qui fait mon chemin de vie, chemin escarpé, parfois accidenté ?

Je peux me situer mentalement sous l’Arche d’Alliance, accueillir ma filiation, et dans un dialogue confiant avec le Seigneur, lui dire mon désir d’apprendre à m’ajuster, à avancer pas à pas, pas de vérité, pas de lumière, sous le regard aimant du Christ…

Sur ce chemin d’apprentissage permanent, je peux dire ou chanter :

Notre Père…

Dialogue de la sérénité

Le Pape Jean XXIII a laissé dans le souvenir de tous l’image d’un visage souriant et de deux bras ouverts pour embrasser le monde entier…

Initiateur du Concile Vatican II, « Pape de la docilité à l’Esprit Saint », de toutes ses expériences, et en s’inspirant d’une poésie composée par sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, il a tiré 10 leçons de vie: le « Décalogue de la sérénité« :

  • Rien qu’aujourd’hui, j’essaierai de vivre exclusivement la journée sans tenter de résoudre le problème de toute ma vie.

  • Rien qu’aujourd’hui, je porterai mon plus grand soin à mon apparence courtoise et à mes manières.

  • Rien qu’aujourd’hui, je ne critiquerai personne. Et ne prétendrai redresser ou discipliner personne, si ce n’est moi. Je serai heureux, rien qu’aujourd’hui, dans la certitude d’avoir été créé pour le bonheur, non seulement dans l’autre monde, mais aussi dans celui-ci.
  • Rien qu’aujourd’hui, je m’adapterai aux circonstances, sans prétendre que celles-ci se plient à tous mes désirs.

  • Rien qu’aujourd’hui, je consacrerai dix minutes à la bonne lecture en me souvenant que, comme la nourriture est nécessaire à la vie du corps, la bonne lecture est nécessaire à la vie de l’âme.

  • Rien qu’aujourd’hui, je ferai une bonne action et n’en parlerai à personne.

  • Rien qu’aujourd’hui, je ferai au moins une chose que je n’ai pas envie
    de faire et, si j’étais offensé, j’essaierai que personne ne le sache.
  • Rien qu’aujourd’hui, j’établirai un programme détaillé de ma journée.
    Je ne m’en acquitterai peut-être pas mais je le rédigerai. Et me garderai de deux calamités : la hâte et l’indécision.

  • Rien qu’aujourd’hui, je croirai fermement, même si les circonstances prouvent le contraire, que la Providence de Dieu s’occupe de moi comme si rien d’autre n’existait au monde.

Rien qu’aujourd’hui, je ne craindrai pas. Et tout spécialement, je n’aurai pas peur d’apprécier ce qui est beau et de croire en la bonté. Je suis en mesure de faire le bien pendant douze heures, ce qui ne saurait me décourager, comme si je me croyais obligé de le faire toute ma vie durant.

Je lis ce texte, autant de fois que nécessaire…

Je peux repérer ce qui me parle, ce que je fais, ce que je n’approuve pas, ce que j’aimerais, ce qui m’étonne ou m’interroge…

Et moi? Comment je vis au quotidien? Qu’y aurait-il à changer? Quel « décalogue » pourrait être le mien?

J’en parle au Seigneur, comme avec un ami…et peut-être puis-je écrire mes « rien qu’aujourd’hui »…

Je peux aussi faire mienne la prière de Ste Thérèse:

Ma vie n'est qu'un instant, une heure passagère
Ma vie n'est qu'un seul jour qui m'échappe et qui fuit
Tu le sais, ô mon Dieu ! pour t'aimer sur la terre
Je n'ai rien qu'aujourd'hui ! ...
 
Oh ! je t'aime, Jésus ! vers toi mon âme aspire
Pour un jour seulement reste mon doux appui.
Viens régner dans mon cœur, donne-moi ton sourire
Rien que pour aujourd'hui !
 
Que m'importe, Seigneur, si l'avenir est sombre ?
Te prier pour demain, oh non, je ne le puis !...
Conserve mon cœur pur, couvre-moi de ton ombre
Rien que pour aujourd'hui.

Fête du corps et du sang du Christ

Au lendemain de la fête du corps et du sang du Christ où nous avons entendu le récit de la multiplication des pains, nous contemplons la mosaïque bien connue de Tabgha, l’un des lieux reconnus comme celui de la multiplication des pains.

         Nous y voyons les pains et les poissons, seules ressources disponibles détenues par les disciples pour nourrir la foule…

         Le mosaïste a figuré les deux poissons, mais n’a représenté que quatre pains…La mosaïque est au pied de l’autel et donne à voir les offrandes. Le cinquième pain est le pain eucharistique, sur l’autel.

Je contemple la simplicité de la composition, symbolique de la simplicité de l’offrande, « fruits de la terre et du travail de l’homme ». Les poissons donnés par le lac de Tibériade, et le pain, blé transformé par la main de l’homme.

Et moi, de quoi fais-je offrande habituellement ? Que pourrai-je offrir de plus.

Je contemple ce panier rustique qui contient les pains. Sa forme évoque aussi le ciboire. Je m’arrête à la modestie du signe, qui dit le sacrifice du Christ, bien loin des fastes des sacrifices d’animaux au Temple de Jérusalem.

Et moi, quelle est ma relation à l’eucharistie ? A quoi suis-je sensible : intimité avec le Christ, communion avec les frères qui partagent le pain eucharistique, nourriture spirituelle qui m’invite à « devenir ce que j’ai reçu ? ».

Je fais mémoire de la multiplication des pains, de la sollicitude du Christ qui répond à nos besoins essentiels. Je m’associe aussi par la prière à tous les pèlerins qui vivent l’eucharistie en ce lieu de mémoire.

Et moi, comment est-ce que je me sens relié à l’Église universelle, à travers le temps et l’espace ?

Après avoir partagé au Seigneur mes intentions personnelles, je termine par cette prière.

Dieu créateur et notre Père, 
Loué sois-tu pour le pain donné chaque jour, 
Sans même attendre nos demandes : 
Tu sais bien ce qu’il nous faut 
Et tu entends les mots secrets de notre faim. 

Béni sois-tu pour le vin de nos joies 
Et pour l’amitié partagée au cours de nos repas. 
Ton Fils Jésus a connu lui aussi 
Les joies simples et vraies de l’existence humaine : 
Joie d’accueillir l’hôte à notre table, 
Joie d’être accueilli comme Dieu même, 

Béni sois-tu pour Jésus qui nous rassemble 
Comme jadis il rassembla sur la montagne la foule venue l’écouter. 
     Pour tous il multiplie le pain de la vraie vie, 
Le pain d’une parole qui fortifie 
Et le vin d’un bonheur sans prix. 
Convive à la table des pécheurs 
Il a partagé le sort des exclus de son peuple, 
Mais sa présence a réjoui les cœurs libérés. 
Invités à son banquet d’alliance, 
Nous sommes encore trop peu 
Les affamés du pain véritable, 
Celui qui donne la vie au monde. 

Que ton pain soit en nous levain de résurrection, 
Nourriture de l’humanité nouvelle !
Qu’il fasse de nous une communion de frères et de sœurs aux mains ouvertes vers les millions de vivants tenaillés par la soif et la faim, 
Des hommes et des femmes qui te prient 
Avec les mots révélés par Jésus notre frère : 

NOTRE PÈRE…