Prier avec St Etienne

Ces jours-ci, la première lecture de la liturgie nous propose des extraits des Actes des Apôtres. Ce lundi et mardi, nous écoutons le martyr d’Etienne, saint patron de la cathédrale de Bourges.

Etienne, appelé avec les sept, pour le service des tables, est accusé de parler contre la Loi et le Temple. Il se défend en précisant que ce sont ses détracteurs eux-mêmes qui sont fermés à l’alliance et résistent à l’Esprit Saint. Il est alors lapidé et son martyre suit la Passion du Christ,

à laquelle sa mort l’associe. Luc, auteur des Actes et de l’Évangile, recourt intentionnellement à des formulations similaires. Saül, qui s’appellera bientôt Paul, assiste au martyr et l’approuve. Ce texte ci-dessous est celui que propose la liturgie ce mardi.

Je me dispose à ce temps de prière, faisant silence en moi pour contempler cette scène. Je demande la grâce, comme Etienne, d’être « rempli d’Esprit Saint ». Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

         Je lis le texte.

Lecture du livre des Actes des Apôtres (Actes, 7,51-8-1a)

Je médite la scène en contemplant l’un des vitraux de la cathédrale St Etienne de Bourges, consacré au martyr d’Etienne. Ce vitrail de 1518 est attribué à Jean Lescuyer. Il est situé dans la première des chapelles du bas-côté sud. Les deux registres présentent un parallèle des vies de St Etienne et de St Laurent et sont surmontés d’une évocation de la Passion, à travers de multiples détails répartis autour du visage du Christ.
 

Arrêtons-nous d’abord sur le procès d’Etienne. Le paysage, en arrière-plan, est assez désolé, avec un arbre sec sur la gauche. Pourtant, un arbre vert et porteur de fruits s’élève, image de la Nouvelle Alliance.

.Les religieux juifs, après avoir fait arrêter Etienne par des soldats, lui présentent les Écritures, tout en l’accusant de ne pas respecter la Loi. Etienne répond alors : « Vous qui avez la nuque raide, vous dont le cœur et les oreilles sont fermés à l’Alliance, depuis toujours vous résistez à l’Esprit Saint ; vous êtes bien comme vos pères ! ».

Je considère un instant ces propos. M’arrive-t-il, moi-aussi d’être fermé à l’alliance, de résister à l’Esprit Saint ?

Je regarde maintenant la scène de la lapidation. Etienne est serein dans son martyr, apercevant le Christ dans la nuée. On repère sur la gauche, la figure de Paul. « Les témoins avaient déposé leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme appelé Saül. (…) Saül lui, approuvait ce meurtre. »

Je m’arrête sur cette figure, examinant comment Saül le persécuteur, sera bientôt converti, pour devenir Paul, apôtre des Nations…Comment cela m’invite-t-il à ne pas porter sur les personnes un jugement définitif ? A quelle conversion est-ce que je me sens appelé ?
 

Une dernière scène met en scène le recueil du corps d’Etienne. « Des hommes dévots ensevelirent Etienne », nous disent les actes un peu plus loin. Curieusement, alors que les scènes précédentes se passaient hors de la ville, nous sommes ici revenus en ville, suggérée par des architectures et quelques habitants.

Le martyr d’Etienne concerne la cité…Le martyr (témoin, en grec) se fait pour tous, pour le monde, signe de la vie donnée du Christ. Je peux évoquer les nombreux martyrs d’aujourd’hui, et en lien avec le récent voyage du pape en Algérie, prier avec les martyrs de ce pays.

Je relis le texte des Actes et m’adresse au Seigneur, lui rendant grâce pour son alliance, et pour les martyrs qui rendent témoignage de la foi.

Nous pouvons terminer en disant cette prière à St Etienne composée par St Anselme de Canterbury (1033-1109)

 « Étienne, et vraiment Étienne parce que vraiment couronné (Stephanos signifie « couronne » en grec), dis à Celui qui t'aime et que tu aimes : Seigneur, ne lui compte pas ces péchés (Ac 7, 60). Dis-Lui, pour le pauvre qui te supplie, ce que tu as dit pour le peuple qui t'a mis à mort. Que parle seulement ta charité, et je suis certain que Dieu très bienveillant pardonnera tous mes péchés. Car Il est miséricordieux, mon Créateur, et moi malheureux, sa créature, et toi l'ami bien-aimé de Celui qui est béni dans les siècles (Rm 1, 25). Seigneur, ne leur compte pas ce péché.Homme bienheureux, quelle espérance tu donnes aux pécheurs, tes amis, 
quand ils entendent dire que tu as montré pareille sollicitude pour des impies, tes ennemis ! Seigneur, ne leur compte pas ce péché. Comment répondra-t-il, quand il est invoqué, celui qui excusait ainsi, quand il était provoqué ! De quelle bienveillance couvera-t-il les humbles, lui qui est maintenant glorifié, celui qui secourait ainsi les superbes alors qu'il était humilié ! Avec quelle promptitude délivrera-t-il les affligés, celui qui, aujourd'hui libéré avec puissance, hier venait ainsi en aide à ceux qui l'affligeaient ! Eux se pressaient d'ôter ton âme, toi tu t'efforçais de rendre vie à leur âme. Amen. » 




Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

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