JEUDI SAINT

Sieger Köder (1925-2015), Le lavement des pieds, musée d’Ellwanden, Bade Wurtemberg

Regardons ce tableau pour découvrir les personnages, les couleurs, la lumière et les ombres.

Fixons notre attention sur les 2 personnages, essayons d’imaginer les pensées qui leur traversent le cœur et l’esprit.

Si on porte attention au personnage agenouillé, avec le dos courbé, la ligne de son épaule et sa main immobile posée à côté du bassin suggèrent qu’il s’est arrêté pour se reposer, comme s’il arrivait au terme d’une longue route ou d’une pénible épreuve. Son visage, qui se reflète dans l’eau, a l’air pensif, les yeux couverts et le regard fixe, presque dénué d’expression…

La courbe du corps et de la tête de l’homme qui est assis évoque l’étreinte protectrice, la présence réconfortante d’un ami compréhensif, attentif au besoin de celui qui est agenouillé. Il a posé la main sur l’épaule de son ami. L’autre main est-elle levée en signe de protestation ou de protection.

Sur sa toile, le visage de Jésus est complètement caché, il n’y a que son reflet dans l’eau du bassin.
Dans l’eau, nous voyons aussi les pieds de Pierre. Ce dernier a parcouru la ville toute la journée, il a les pieds sales, couverts de la poussière et de la saleté des rues. La couleur verdâtre de l’eau suggère qu’elle n’est pas fraîche.
L’artiste tente peut-être de nous dire que nous pouvons trouver Jésus au milieu du désordre, du fouillis, de la saleté de nos vies…

Ce sont des pieds forts. Ils témoignent d’une vie active, passée à voyager par de rudes chemins. Ils sont nus, calleux, sales et écorchés.
Ce sont les pieds d’un homme pauvre, qui n’a pas l’habitude de se chausser de cuir souple ou de voyager à cheval, à dos de chameau ou sur une charrette.
Ils nous démontrent que la tâche entreprise par Jésus en lavant les pieds des disciples n’est pas un rituel aseptisé, mais bien une vraie besogne.

Il aura fallu un bon moment pour soigner tous ces pieds sales et meurtris, ces pieds qui se sont souillés sur le chemin, à la suite de Jésus, en route vers la chambre haute.
Et ses pieds à lui ? Quelqu’un les a-t-ils lavés après qu’il eut rendu ce service à ses amis ? Ils ne semblent pas avoir été rafraîchis par les ablutions rituelles au début du repas juif. Ou alors, ces écorchures seraient-elles une façon pour l’artiste de laisser entrevoir la rigueur du chemin que Jésus devra encore parcourir ?

Sur la table, l’artiste a placé une coupe et une assiette couleur étain. Elles émergent de l’ombre à l’arrière-plan. Dans son récit de la Dernière Cène, Jean ne mentionne pas le pain et le vin. Est-ce que l’artiste veut corriger une omission?
Non.

Non. Le lavement des pieds correspond à la bénédiction et au partage du pain et du vin retenus par Matthieu, Marc et Luc.
Les paroles de Jésus; « car c’est un exemple que je vous ai donné, pour que, comme moi je vous ai fait, vous fassiez vous aussi » répondent au « faites ceci en mémoire de moi ».

Ce ne sont pas deux événements, mais les deux aspects d’une vie unique, la vie de Jésus, que tous ceux et celles qui veulent le suivre sont appelés à assumer
Par le pain de Vie auquel je communie, chacune, chacun des membres d’une assemblée devient le « corps du ressuscité »…
Sainte Thérèse d’Avila disait :
« Le Christ n’a pas d’autre corps sur terre que le vôtre, ni d’autres mains que les vôtres, ni d’autres pieds que les vôtres. C’est par vos yeux que s’exprime la compassion du Christ pour le monde ; par vos pieds qu’il s’en va faire le bien ; par vos mains qu’il va bénir aujourd’hui l’humanité.»

(Merci au Secteur Pastoral de l’Yvette)

« voici mon commandement »


Sieger Köder est un artiste et prêtre catholique allemand. Il traduit la Parole de Dieu en images, images d’espérance, de foi pour la vie quotidienne.De 1954 à 1965 (29-40 ans), Sieger Köder a été professeur d’art au lycée Schubart d’Aalen. Au cours de cette période, il fut membre du conseil municipal de la ville de Wasseralfingen,De 1965 à 1970, Sieger Köder étudia la théologie catholique à l’université Eberhard Karl de Tübingen. En 1970, il est entré au séminaire de Rottenburg et a été ordonné prêtre en 1971 (46 ans).

« Seigneur, qui est-ce? »

Souabe-bois de chêne-début XIVe siècle

Dans l’Evangile de ce jour, de St Jean:

« Qui est-ce, Seigneur? » moi ? Je médite cela.

« Je donnerai ma vie pour toi » Et moi ? Comment ces paroles de Pierre me rejoignent et me bousculent?

Sieger KöderJudas sort dans la nuit

Prier autour des tables de la Parole et de l’Eucharistie

Je me dispose à la prière, en faisant silence. Sans la forcer, je suis attentif à ma respiration. Je me présente au Seigneur. « Me voici ». Je demande la grâce d’être assidu à sa Parole et à l’Eucharistie.

         Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Dans la cathédrale de St Malo, l’autel a été réalisé sur des dessins d’Arcabas, auxquels son fils Etienne a donné une forme sculptée. La table de l’autel est soutenue par les quatre symboles des quatre évangélistes. Une même production artistique représente la solidarité des deux tables de la Parole et de l’Eucharistie.

Les célébrations de la Semaine Sainte donnent une large place à la Parole. Les récits de la Passion, le dimanche des Rameaux, et le vendredi saint ; les nombreuses lectures de la vigile pascale…

C’est dans la tradition des Écritures que nous contemplons le Christ mort et ressuscité. Nous nous appuyons sur les récits évangéliques pour méditer les événements successifs, que la liturgie nous donne de revivre.

Je m’arrête un instant sur la place de la Parole dans ma vie chrétienne, dans ma vie spirituelle.

Les quatre évangélistes sont représentés, selon la tradition de l’Église, par le tétramorphe.

Matthieu est représenté par un homme ailé ; Marc est représenté par un lion ;

Luc est représenté par un taureau ; Jean est représenté par un aigle.

Je considère le don de quatre évangiles, des quatre évangélistes, témoignant de la même aventure spirituelle, de la même découverte du Christ, avec la spécificité de leur regard, l’enracinement dans leur communauté. Je considère cette délicatesse du Seigneur, nous proposant des voies complémentaires pour se mettre à Son écoute.

Que puis-je dire de ma relation aux divers évangélistes ? Suis plus à l’aise avec l’un, avec l’autre… ?

Les quatre évangélistes sont disposés aux « quatre coins » de l’autel, vers les quatre points cardinaux…La Parole destinée à être proclamée à toutes les nations.

J’examine la dimension universelle de l’Église.

Je prends maintenant le temps d’un cœur à cœur avec le Seigneur. Je rends grâce pour la force que me donne sa Parole. Je rends grâce pour Sa vie donnée à la croix,

et pour son invitation à partager son corps. « Heureux les invités au repas des noces de l’agneau ». Je peux lui confier tous ceux qui n’ont pas encore découvert Sa Parole et les sacrements.

Je termine en disant « Notre Père… »

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Prier avec l’évangile de la femme adultère (Jean 8,1-11)

La liturgie de ce lundi nous propose le texte que nous connaissons bien, de la « femme adultère », un récit propre à St Jean. Efforçons-nous de nous réapproprier ce texte, de l’intériorise comme si nous le lisions pour la première fois.

Après avoir choisi un lieu favorable pour un temps de prière, je me dispose à la rencontre avec le Seigneur. Je fais silence, cherche la paix intérieure et dis au Seigneur

mon désir de me mettre à son écoute, sachant qu’il est présent, en premier, Lui, pour entendre ma prière. Je demande la grâce de me savoir pécheur réconcilié.

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Je lis l’évangile, en étant attentif au cadre, aux personnages, aux mouvements des uns et des autres, aux paroles de chacun.

J’imagine le cadre solennel du Temple, l’ampleur de l’espace, les piliers dressés vers les hauteurs…Puis je vois Jésus, humblement assis, entouré d’une foule désireuse de goûter ses paroles.

J’imagine alors l’irruption des scribes et des pharisiens, bousculant sans doute la foule, pour exhiber la victime qu’ils dénoncent, une victime anonyme, dont ils parlent à la troisième personne, « une femme » qu’on ne caractérise que par son péché. Le péché d’adultère qui, pour eux, ne peut que susciter le mépris pour « ces femmes-là ».

Je m’arrête sur leur attitude et m’interroge sur mes propres postures. M’arrive-t-il de juger abruptement, de proférer des paroles péremptoires, d’enfermer sous une étiquette, de critiquer de façon sévère… ? Le pape Léon XIV, dans son message de carême, nous invite à cette forme de jeûne : « Je voudrais donc vous inviter à

une forme d’abstention très concrète et souvent peu appréciée, celle des paroles qui heurtent et blessent le prochain. Commençons par désarmer le langage en renonçant aux mots tranchants, aux jugements hâtifs, à médire de qui est absent et ne peut se défendre, aux calomnies. Efforçons-nous plutôt d’apprendre à mesurer nos paroles et à cultiver la gentillesse ». Je considère cela.

Je considère cela.

Je suis maintenant sensible au mouvement des personnages dans l’espace du Temple. Je perçois, au début de la scène, l’agressivité des scribes et des pharisiens qui entourent la femme, qui l’oppriment, rêvent peut-être déjà de l’écraser…

Et je vois Jésus les interpeler sur leur propre péché, ce qui les entraîne à quitter le Temple. « Eux, après avoir entendu cela,
s’en allaient un par un. (…) » Ainsi Jésus desserre-t-il l’étau qui entourait la femme, réouvre-t-il l’espace, pour offrir un nouveau chemin de vie et de liberté.

Et moi, comment perçois-je Jésus comme un libérateur ?  Est-ce que vis, dans la prière, des temps de libération ?
 

Ce récit met en scène l’écriture et la parole…Les scribes et les pharisiens font appel à la Loi écrite, qu’ils perçoivent ici comme un ensemble de règles à observer…Jésus lui-aussi écrit, trace des signes sur le sol, sans doute dans la poussière qui recouvre les dalles du Temple. Des signes dont nous ne savons rien, qui disparaîtront au premier souffle de vent…

Jésus en effet ne veut pas figer les choses dans un texte au sens définitif (Pilate dit : « ce que j’ai écrit, je l’ai écrit », JN, 19,22)…Il va entrer en relation avec cette femme, par la parole…Ne cherchant plus à contraindre, il va rejoindre par le dialogue…Se défiant d’un texte qui pourrait enfermer, il prend la parole pour ouvrir un nouveau possible…Là où les scribes et les pharisiens menaçaient de mort, Jésus ouvre au mouvement, à une vie nouvelle : « Va, et désormais ne pèche plus. ».

Je fais mémoire de paroles qui m’ont redonné énergie et dynamisme. Je fais mémoire de Paroles de l’Écriture qui m’ouvrent un chemin de vie.

Je relis le texte.

         Après avoir contemplé le dialogue de Jésus et de la femme, je m’adresse au Seigneur, comme un ami parle à un ami…Je peux lui présenter mon péché, le pardon désiré, le pardon reçu, le pardon donné, le pardon difficile à donner…

         Je termine en disant « Notre Père…

         Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

La Samaritaine devient témoin et messagère de l’Évangile dans son village.

St Jean 4, 28-30

Le texte ne dit pas : « écoutez-moi ». L’attention est moins dirigée sur elle que sur son sauveur. Elle n’impose pas sa découverte, elle invite les gens de sa ville à se faire une opinion personnelle.

Que ce serait-il passé, si elle avait dit : un Juif ? Sa présentation neutre, n’est-elle pas respect des siens ? Ne facilite-t-elle pas l’abandon des a priori, le bannissement des barrières culturelles, religieuses, nationales, raciales ?

Cette phrase laisse supposer que ce qu’elle avait fait, ou faisait, était connu… Une telle situation en Israël était passible de lapidation. De toutes façons, elle était prête à courir le risque tellement son bonheur était intense. Quelle transformation ! Tout à l’heure,  vers midi, elle venait à ce puits, espérant ne rencontrer personne, et maintenant, c’est elle qui va vers les siens. Cette attitude n’est-elle pas la démonstration de la vraie conversion ?

litt. « Celui-ci est-il peut-être le Christ ? ». Elle n’impose pas sa découverte, elle favorise celle des autres… N’est-ce pas là le vrai témoignage, la meilleure évangélisation ? Le vrai partage de spiritualité ? En restant dans le questionnement on n’agresse jamais.
 

Est-ce que l’empressement de la Samaritaine a été communicatif ? L’envie et la curiosité sont trop fortes. Ne faut-il pas sortir de son périmètre de confinement,  sortir de soi-même, pour aller vers un ailleurs, vers le Christ et lui seul, sans intermédiaire de préférence ? Osons sortir et rendons-nous compte par nous-mêmes de l’importance de rencontrer Christ personnellement

Après cette méditation prenons le temps de contempler cette peinture.

Prier avec le Christ vainqueur des tentations

Allez sur les 2 sites suivants pour contempler des photos de très belle qualité

https://www.arnaudfrichphoto.com/chapiteau-tentation-du-christ-abbatiale-de-plaimpied-givaudins.htm

https://vialucispress.wordpress.com/2015/06/15/the-temptation-of-christ-dennis-aubrey/

Situé au sud de la première travée de la nef, c’est un chapiteau historié  du 12ème siècle, qui s’adressait aux nombreux pèlerins qui faisaient étape à Plaimpied. Il évoque les tentations du Christ au désert (Mt 4,1-11 – Evangile du 1er dimanche de Carême)

Nous prions devant ce joyau de l’art roman, nous laissant guider par ce que le sculpteur a exprimé.

Le Christ, que l’on reconnait à son auréole crucifère, est au centre de ce chapiteau  qu’il occupe largement. Il est assis sur un trône royal en forme de lyre  et porte un vêtement aux larges plis ; les bras ouverts, il  tient dans sa main gauche le Livre de la Loi et de sa main droite fait un geste de rejet. Sa posture évoque les Christ en gloire ; c’est un Christ triomphant qui est ici représenté.

De chaque côté de lui, un large espace le sépare de deux diables portant des ailes ; l’un est nu, l’autre couvert d’écailles.  Jésus est seul au désert, et affronte le Malin ; les créatures sculptées de son siège semblent le protéger. Le diable à sa gauche lui présente une pierre pour qu’il la transforme en pain. C’est la 1ère tentation, celle de l’avoir, alors qu’il ressent la faim et le manque.

Les deux autres tentations, celle du pouvoir et celle du paraitre sont évoquées par les fines sculptures, au-dessus de la scène, qui  évoquent des constructions, le temple … les palais des royaumes du monde.

Le Christ tourne les yeux vers son Père ; il s’appuie sur la Parole et chasse énergiquement le tentateur. Là où le peuple avait succombé au désert, le Christ lui est vainqueur.

Je contemple ce Christ vainqueur du mal

Jésus reste fidèle à la Parole de Dieu ; il est libre et se tourne résolument vers le Père : il répond au tentateur : « L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute Parole qui sort de la bouche de Dieu » ; « Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu » ; « Arrière, Satan ! C’est le Seigneur ton Dieu tu adoreras, à lui seul, tu rendras un culte. »

Je médite cela et m’adresse au Seigneur en lui rendant grâce pour son Fils, venu nous libérer.

Je médite sur les 3 tentations

Ces tentations de Jésus sont aussi les nôtres. Je regarde ma vie et fais remonter à ma mémoire les moments où, confronté à ma vulnérabilité, je me suis approprié les choses ; les moments où j’ai abusé de mon pouvoir ; les moments où je n’ai cherché les honneurs…

Je médite cela et m’adresse au Seigneur pour lui demander pardon et pour lui demander la force de résister.

Que le Seigneur m’aide à m’ancrer dans le Christ, par la prière et l’écoute de la Parole, pour suivre son chemin de liberté !

Je conclus ma prière en chantant « Ame du Christ »

Prier avec Sainte Jeanne de France

Prions, quelques jours après la fête de la vie, consacrée, avec Ste Jeanne de France.

Sainte Jeanne de France, fondatrice de l’ordre de l’Annonciade, est fêtée le 4 février. Cet ordre marial est né en Berry, où un monastère s’est réimplanté dans la seconde partir du XXème siècle à St Doulchard.

La règle religieuse de l’ordre est d’inspiration franciscaine, et en ce 8ème centenaire de la mort de St François, les sœurs de l’Annonciade ont souhaité rappeler cette filiation. A leur invitation, le cardinal François Bustillo, évêque d’Ajaccio, franciscain, est venu à Bourges où il a présidé l’eucharistie à la cathédrale ce 8 février.

Fille de Louis XI, elle fut mariée très tôt au futur Louis XII, qui obtint ultérieurement la déclaration en nullité de son mariage, pour épouser Anne de Bretagne. Jeanne de France fonda alors l’ordre de l’Annonciade. Elle a pour confesseur et directeur spirituel un prêtre franciscain, Gabriel-Maria. C’est lui qui rédigea les règles de l’ordre et obtint du pape la reconnaissance de l’ordre.

La Règle de vie de l’Ordre de la Vierge Marie se compose de dix chapitres. Chaque chapitre traite une vertu de la Vierge. La spiritualité des Sœurs de l’Annonciade se fonde donc sur une contemplation de la vie de Marie.

La succession des dix chapitres évoquent : la pureté, la prudence (soit le discernement), l’humilité, la fermeté dans la foi, la joie, l’obéissance, la pauvreté, la patience, la charité et la compassion.

Je me dispose à la prière, en me tournant vers le Christ, par Marie et je demande la grâce de me laisser rejoindre. Au nom du Père, du Fils et du saint Esprit.

Relisant la « liste » des vertus que porte la vie de Marie, je peux examiner comment ma vie donne place à ces vertus. Qu’est-ce qui peut m’être facile, naturel…Quelles peuvent être, au contraire, mes limites, mes résistances ?

Nous prions à partir de trois vertus qui marquent aussi la spiritualité franciscaine.

3ème vertu. L’humilité

« La Vierge Marie a toujours été très humble, elle dont le Seigneur a regardé l’humilité. Par le mouvement de son humilité, afin de plaire ∫ Dieu, elle pensa, dit et fit ce qui suit : elle fut troublée, c’est-∫-dire qu’elle eut peur, quand elle fut louée par Gabriel. Et, deuxièmement, elle répondit à Gabriel avec humilité : « Voici la Servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole. » 
 

« Voici la Servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole. »

La vertu n’est pas d’abord une qualité morale, c’est une disposition spirituelle. Je considère comment je me tiens humblement devant le Seigneur pour lui laisser toute la place.

7ème vertu. La pauvreté

« La Vierge Marie, très pauvre, vécut toujours très pauvrement et, par le mouvement de sa vertu de pauvreté, pour plaire à Dieu, elle pensa, dit ou fit ce qui suit : elle se logea dans un pauvre petit réduit, parce qu’il n’y avait pas de place pour elle dans l’hôtellerie ; elle coucha Jésus dans une crèche ; elle l’enveloppa de langes et, en quatrième lieu, elle le nourrit de son sein, n’ayant rien d’autre pour l’alimenter. »

« Heureux les pauvres de cœur »

Je contemple à mon tour le choix de la pauvreté fait par le Seigneur, lors de la venue du Christ, et la vie simple de Marie et Joseph. Que puis-je dire de la place de la pauvreté dans ma vie ?

9ème vertu. La charité

« La Vierge Marie fut toujours très ardente en amour, entièrement remplie de pitié et de miséricorde et, par le mouvement de sa charité, pour plaire à Dieu, elle a pensé, dit ou fait ce qui suit: elle nourrit son Fils de son propre lait;

elle le déroba aux poursuites d’Hérode, en le transportant en Égypte; elle eut de la sollicitude pour son prochain, en demandant du vin à Cana en Galilée et, quatrièmement, elle instruisit les serviteurs d’une salutaire doctrine, par les avis et les lumières qu’elle leur donna. »

« Dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous l’avez fait. »

J’examine comment je prends soin de mon prochain, et je fais mémoire d’expériences où le visage d’un pauvre a pu me révéler le Christ.

Je termine en confiant à l’intercession de Marie tous ceux qui me sont chers, et, plus, largement, les intentions pour le monde : « je vous salue Marie… ».

Je peux aussi, si cela correspond à ma sensibilité, dire le « je vous salue Marie » dix fois, en la saluant successivement par chacune des vertus contemplées par la règle de l’Annonciade :

« Je vous salue Marie, pure... »
« Je vous salue Marie, prudente... »
« Je vous salue, marie, humble... »
« Je vous salue, Marie, ferme dans la foi... »
« Je vous salue, Marie, joyeuse... »
« Je vous salue, Marie, obéissante... »
« Je vous salue, Marie, pauvre... »
« Je vous salue Marie, patiente... »
« Je vous salue Marie, charitable... »
« Je vous salue Marie, compatissante... »

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.
 

En marche vers le Royaume

Je me dispose à cette rencontre, aujourd’hui, avec le Seigneur. Je m’installe, à l’écart, je fais le calme en moi en respirant profondément et lentement. Je dépose dans les mains du Seigneur ce qui m’occupe l’esprit ou m’agite intérieurement.

Et je lui demande la grâce d’augmenter mon désir de l’écouter, de l’aimer et avec lui de bâtir le Royaume.

Au début de ce temps, j’entre en prière en écoutant les Béatitudes chantées par un choeur orthodoxe.

Nous avons entendu ce texte de Matthieu 5, 1-12a hier et nous allons laisser deux grands témoins enrichir et ouvrir notre méditation de ce texte que nous connaissons bien.

le Lac de Galilée

Avec Dietrich Bonhoeffer contemplons la scène avec trois regards différents:

Ce que voit la foule: Jésus et ses disciples qui se sont approchés de lui.

Avec tous ces hommes et ces femmes , je me remémore ce que je sais des disciples. »Il y a peu de temps, ils étaient des personnes comme tout le monde, ils appartenaient à la même foule.Mais un appel est survenu et ils ont tout abandonné pour suivre Jésus. Ils marchent avec lui, vivent avec lui, le suivent où qu’il les conduise. Il leur est arrivé quelque chose qui n’est pas arrivé aux autres »

Je fais, moi-aussi partie de cette foule, et je contemple cette scène, je médite en regardant les disciples, l’appel qu’ils ont reçu et comment ils l’ont entendu.

Karoly Ferenczy 1962-1917 – « Les Béatitudes« 

Ce que voient les disciples: la foule dont ils sortent, les brebis perdues de la maison d’Israël.

C’est la communauté que Dieu appelle… Lorsque l’appel de Jésus les a choisis pour sortir de cette foule, ils firent ce qui, pour les brebis perdues de la maison d’Israël, était tout ce qu’il y avait de naturel et de nécessaire: ils obéirent à la voix du bon berger car ils connaissaient sa voix… Mais dans ce chemin qu’ils suivent, il font partie de cette foule… et lui prêcheront la gloire de la marche à la suite de Jésus

Je porte mon regard sur les disciples et la foule. Je laisse résonner en moi cette réflexion; en quoi elle me rejoint? me questionne? me bouscule ?

Ce que voit Jésus:

voici ses disciples.. Il a appelé chacun d’eux individuellement. A son appel ils ont renoncé à tout… ils sont les plus pauvres des plus pauvres, les plus combattus de ceux que l’on combat, les plus affamés des affamés… mais ils ont tout auprès de Dieu. C’est une petite communauté…, c’en est une grande qu’il cherche en regardant la foule. Les disciples et la foule vont de pair; les disciples seront ses envoyés. C’est pourquoi: heureux! Jésus d’adresse aux disciples.

J’ai été appelé.e, moi aussi par mon nom; j’appartiens à cette communauté de disciples. Je médite ce que représente cet appel, quelle radicalité ? Et j’entends pour moi : « heureux! »

Karoly Ferenczy – Le Sermon sur la Montagne

Et puis André Chouraqui nous livre un éclairage sur ce mot: « heureux » , en revenant à l’origine du texte hébreu et grec.

Andra Chouraqui précise: en hébreu, le mot (qu’on traduit habituellement par «Bienheureux» en français) évoque la rectitude de l’homme en marche sur une route qui va droit vers l’Eternel... c’est chaque jour que nous devons apprendre à lire et à vivre l’Evangile dans l’Esprit de Celui qui l’a vécu devant les hommes.

« En marche ! »; « Vous êtes sur la bonne route », « Vous vous réalisez ». « Un bel avenir s’offre à vous ». « Vous êtes un grand vivant ». « Vous avez trouvé la clef de l’amour »… Il s’agit de rien moins que du sens même de notre vie, de notre vocation. À quoi sommes-nous appelés ?

À vivre les béatitudes. À jouer la symphonie des notes de cette gamme. Notre vocation, c’est l’amour. Pas un seul verset de ce poème biblique des Béatitudes qui n’ait été dévié de sa signification ! Pas une seule note qui ne soit une fausse note, ajoute Stan Rougier. 


Les Béatitudes sont l’autoportrait de Jésus dit le Pape François: Les Béatitudes de Jésus ne sont pas seulement des mots qu’il a proclamés. «Elles représentent la clé pour lire toute sa vie.»  Nous trouvons donc en Jésus un modèle pour vivre chacune des Béatitudes. Surtout, pour nous, chrétiens, elles sont l’«autoportrait de celui qui les a prononcés». «C’est le modèle que nous devrions utiliser pour » transformer notre propre image « »,

Pendant toute sa vie, de sa naissance dans la grotte de Bethléem jusqu’à sa mort sur la croix et sa résurrection, Jésus a incarné les Béatitudes. Toutes les promesses du Royaume de Dieu se sont accomplies en lui.

En proclamant les Béatitudes Jésus nous invite à le suivre, à parcourir avec lui la voie de l’amour, la seule qui conduise à la vie éternelle. Ce n’est pas une route facile, mais le Seigneur nous assure de sa grâce et il ne nous laisse jamais seuls.

Berna

Je respire maintenant, je prends un peu de recul et me laisse questionner, éclairer. Quels pas puis-je faire pour vivre davantage les Béatitudes dans ma vie à l’image du Christ ?

J’en parle au Seigneur, lui demande de m’éclairer, de m’aider à discerner ce que je dois faire bouger dans ma vie, mettre en mouvement? Et je rends grâce de ce rendez-vous avec lui. Et termine ce temps en disant la prière que Jésus nous a apprise: Notre Père…

Choeur orthodoxe de Minsk

Une exhortation de Saint Paul

Ce dimanche St Paul nous exhorte au nom de notre Seigneur Jésus Christ:
 » Le Christ en effet, ne m’a pas envoyé pour baptiser, mais pour annoncer l’évangile,
et cela sans avoir recours au langage de la sagesse humaine ce qui rendrait vaine la croix du Christ. »
  St Paul aux corinthiens 

Jésus n’a jamais dit ….

Eteignez vos lumières, faites taire vos instruments ! Vivez dans l’ascétisme et la sévérité ! Enfermez-vous dans une sombre pièce et priez à genoux pour être pardonnés !

Jésus n’a jamais dit :

Elevez vos enfants dans la crainte d’un Dieu  qui punit et qui juge !

Jésus n’a jamais dit :

Soyez bien sage, mettez votre cravate pour venir chez moi

Jésus n’a jamais dit tout ça

Claire Bazil

Biette
Sr Caritas Müller

Pierre Imbertis

Prier pour l’unité des chrétiens

Je me mets à l’écart pour un cœur à cœur avec le Seigneur et lui demande la grâce de l’unité.

         Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Nous vivons cette semaine, la semaine de prière pour l’unité des chrétiens. A la demande de Rome, les prières et réflexions, en 2026, ont été préparées par l’église apostolique arménienne, en collaboration avec leurs frères et sœurs de l’église catholique et des églises évangéliques arméniennes. Les Arméniens ont un passé douloureux, marqué par plusieurs dominations

étrangères, par les terribles violences de 1915, par la dureté du régime soviétique. Mais ces épreuves ont fait naître dans le cœur de ce peuple un désir passionné d’unité. Jean-Paul II écrivit à juste titre dans Ut unum sint: « Ceux qui croient au Christ, unis sur la voie tracée par les martyrs, ne peuvent pas rester divisés ».

Quelques extraits du texte :
 

« L’unité est une mission divine qui, plus qu’un simple idéal, est au cœur de notre identité chrétienne. Elle représente l’essence de la vocation de l’Église, un appel à refléter l’unité harmonieuse de notre vie en Christ au milieu de notre diversité ».

« En prononçant le Credo, les fidèles déclarent leur foi en “l’Église une, sainte, catholique et apostolique”, et professent ainsi combien cette unité est le centre de leur vie spirituelle. Cet engagement en faveur de l’unité trouve sa pleine expression dans les célébrations eucharistiques de

l’Église, où la communauté ne prie pas seulement pour les chrétiens du monde entier et leurs chefs spirituels, mais aussi pour l’unité de l’Église elle-même. Chaque dimanche, lors de la liturgie, les fidèles s’étreignent les uns les autres et chantent “L’Église est devenue une” ».

Et le Pape Léon, dans la lettre qu’il consacre au credo de Nicée écrit : « Ce qui nous unit est vraiment bien plus grand que ce qui nous divise !  Ainsi, dans un monde divisé et déchiré par nombre de conflits, l’unique Communauté chrétienne universelle peut être un signe de paix et un instrument de réconciliation, contribuant de manière décisive à un engagement mondial en faveur de la paix. »

Cette année, la semaine de l’unité appelle à méditer ce verset de l’épître aux Éphésiens : « Il y a un seul corps et un seul Esprit, de même que votre vocation vous a appelés à une seule espérance » (Éphésiens 4,4)
 

Je prends le temps de lire attentivement ces différents textes et m’arrête sur une expression ou une autre…

Je peux, par l’imagination, faire mémoire de la diversité des cultes chrétiens : une église catholique, un temple protestant, une église orthodoxe…la liturgie catholique, le culte protestant, la liturgie orthodoxe…le prêtre, le pasteur, le pope…et je prie pour construire ensemble « l’unité harmonieuse de notre vie en Christ, au milieu de notre diversité. »

Je rends grâce pour ce qui nous unit : la Parole de Dieu, le credo, le Notre Père. Et je peux redire plusieurs fois, avec le Pape Léon : « ce qui nous unit est vraiment bien plus grand que ce qui nous divise. »

Je présente ensuite au Seigneur les divisions qui subsistent ou qui se créent. Les rivalités entre églises évangéliques et église catholique sur bien des continents, et notamment, en Amérique latine, les divisions entre patriarcats orthodoxes de Moscou, de Kiev, de Constantinople…et je demande à l’Esprit Saint de nous aider à trouver les voies de la réconciliation.
 

Hélas, Seigneur bien-aimé, aujourd’hui le filet s’est déchiré, aurions-nous envie de dire avec tristesse ! Mais non – nous ne devons pas être tristes ! Réjouissons-nous de ta promesse, qui ne déçoit pas, et faisons tout ce qui est possible pour parcourir la route vers l’unité que tu as promise. Faisons mémoire d’elle comme des mendiants dans notre prière au Seigneur : oui Seigneur, souviens-toi de ce que tu as promis. Fais que nous ne soyons qu’un seul Pasteur et qu’un seul troupeau ! Ne permets pas que ton filet se déchire et aide-nous à être des serviteurs de l’unité ! »

Nous terminons par la prière qui rassemble les fils d’un seul Père. Notre Père… Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.