En marche vers le Royaume

Je me dispose à cette rencontre, aujourd’hui, avec le Seigneur. Je m’installe, à l’écart, je fais le calme en moi en respirant profondément et lentement. Je dépose dans les mains du Seigneur ce qui m’occupe l’esprit ou m’agite intérieurement.

Et je lui demande la grâce d’augmenter mon désir de l’écouter, de l’aimer et avec lui de bâtir le Royaume.

Au début de ce temps, j’entre en prière en écoutant les Béatitudes chantées par un choeur orthodoxe.

Nous avons entendu ce texte de Matthieu 5, 1-12a hier et nous allons laisser deux grands témoins enrichir et ouvrir notre méditation de ce texte que nous connaissons bien.

le Lac de Galilée

Avec Dietrich Bonhoeffer contemplons la scène avec trois regards différents:

Ce que voit la foule: Jésus et ses disciples qui se sont approchés de lui.

Avec tous ces hommes et ces femmes , je me remémore ce que je sais des disciples. »Il y a peu de temps, ils étaient des personnes comme tout le monde, ils appartenaient à la même foule.Mais un appel est survenu et ils ont tout abandonné pour suivre Jésus. Ils marchent avec lui, vivent avec lui, le suivent où qu’il les conduise. Il leur est arrivé quelque chose qui n’est pas arrivé aux autres »

Je fais, moi-aussi partie de cette foule, et je contemple cette scène, je médite en regardant les disciples, l’appel qu’ils ont reçu et comment ils l’ont entendu.

Karoly Ferenczy 1962-1917 – « Les Béatitudes« 

Ce que voient les disciples: la foule dont ils sortent, les brebis perdues de la maison d’Israël.

C’est la communauté que Dieu appelle… Lorsque l’appel de Jésus les a choisis pour sortir de cette foule, ils firent ce qui, pour les brebis perdues de la maison d’Israël, était tout ce qu’il y avait de naturel et de nécessaire: ils obéirent à la voix du bon berger car ils connaissaient sa voix… Mais dans ce chemin qu’ils suivent, il font partie de cette foule… et lui prêcheront la gloire de la marche à la suite de Jésus

Je porte mon regard sur les disciples et la foule. Je laisse résonner en moi cette réflexion; en quoi elle me rejoint? me questionne? me bouscule ?

Ce que voit Jésus:

voici ses disciples.. Il a appelé chacun d’eux individuellement. A son appel ils ont renoncé à tout… ils sont les plus pauvres des plus pauvres, les plus combattus de ceux que l’on combat, les plus affamés des affamés… mais ils ont tout auprès de Dieu. C’est une petite communauté…, c’en est une grande qu’il cherche en regardant la foule. Les disciples et la foule vont de pair; les disciples seront ses envoyés. C’est pourquoi: heureux! Jésus d’adresse aux disciples.

J’ai été appelé.e, moi aussi par mon nom; j’appartiens à cette communauté de disciples. Je médite ce que représente cet appel, quelle radicalité ? Et j’entends pour moi : « heureux! »

Karoly Ferenczy – Le Sermon sur la Montagne

Et puis André Chouraqui nous livre un éclairage sur ce mot: « heureux » , en revenant à l’origine du texte hébreu et grec.

Andra Chouraqui précise: en hébreu, le mot (qu’on traduit habituellement par «Bienheureux» en français) évoque la rectitude de l’homme en marche sur une route qui va droit vers l’Eternel... c’est chaque jour que nous devons apprendre à lire et à vivre l’Evangile dans l’Esprit de Celui qui l’a vécu devant les hommes.

« En marche ! »; « Vous êtes sur la bonne route », « Vous vous réalisez ». « Un bel avenir s’offre à vous ». « Vous êtes un grand vivant ». « Vous avez trouvé la clef de l’amour »… Il s’agit de rien moins que du sens même de notre vie, de notre vocation. À quoi sommes-nous appelés ?

À vivre les béatitudes. À jouer la symphonie des notes de cette gamme. Notre vocation, c’est l’amour. Pas un seul verset de ce poème biblique des Béatitudes qui n’ait été dévié de sa signification ! Pas une seule note qui ne soit une fausse note, ajoute Stan Rougier. 


Les Béatitudes sont l’autoportrait de Jésus dit le Pape François: Les Béatitudes de Jésus ne sont pas seulement des mots qu’il a proclamés. «Elles représentent la clé pour lire toute sa vie.»  Nous trouvons donc en Jésus un modèle pour vivre chacune des Béatitudes. Surtout, pour nous, chrétiens, elles sont l’«autoportrait de celui qui les a prononcés». «C’est le modèle que nous devrions utiliser pour » transformer notre propre image « »,

Pendant toute sa vie, de sa naissance dans la grotte de Bethléem jusqu’à sa mort sur la croix et sa résurrection, Jésus a incarné les Béatitudes. Toutes les promesses du Royaume de Dieu se sont accomplies en lui.

En proclamant les Béatitudes Jésus nous invite à le suivre, à parcourir avec lui la voie de l’amour, la seule qui conduise à la vie éternelle. Ce n’est pas une route facile, mais le Seigneur nous assure de sa grâce et il ne nous laisse jamais seuls.

Berna

Je respire maintenant, je prends un peu de recul et me laisse questionner, éclairer. Quels pas puis-je faire pour vivre davantage les Béatitudes dans ma vie à l’image du Christ ?

J’en parle au Seigneur, lui demande de m’éclairer, de m’aider à discerner ce que je dois faire bouger dans ma vie, mettre en mouvement? Et je rends grâce de ce rendez-vous avec lui. Et termine ce temps en disant la prière que Jésus nous a apprise: Notre Père…

Choeur orthodoxe de Minsk

Psaume 131

Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père

Je me dispose à la prière. Je me retire au calme et me présente calmement au Seigneur. Je me prépare à écouter la Parole du psalmiste qui, depuis des siècles, rejoint quotidiennement les croyants.

Je m’unis aux chrétiens du monde entier, et plus particulièrement, aux moines et aux moniales qui, tout au rythme du jour, prient le livre des Psaumes. Je demande au Seigneur la grâce de vivre l’alliance. Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Je lis le psaume, à haute voix, si je peux, en étant attentif aux divers interlocuteurs. Le psalmiste s’exprime, donne la parole à David, puis au Seigneur lui-même. Le psalmiste chante l’alliance qui unit David au Seigneur par des serments réciproques. « David fit au Seigneur un serment, une promesse au Puissant de Jacob. » / « Le Seigneur l’a juré à David, et jamais il ne reprendra sa parole. »
 

David s’installe à Jérusalem, après avoir guerroyé, en présence de l’arche d’alliance. Alors que le peuple, avec lui, va se sédentariser, David se soucie de la façon dont le Seigneur peut demeurer au milieu de son peuple.

« Si tes fils gardent mon alliance. Les volontés que je leur fais connaître.  »   Le Seigneur invite son peuple à la fidélité. La Bible nous raconte comment beaucoup des descendants de David ont trahi le Seigneur.

« Voilà mon repos à tout jamais, C’est le séjour que j’avais désiré »             Je goûte ce verset où Dieu nous dit son désir de repos. Et je considère les turbulences de l’histoire humaine, de l’actualité, aujourd’hui…

Je relis le psaume, ou je peux l’entendre.

Je prends maintenant le temps d’une conversation avec le Seigneur. Je lui rends grâce pour son alliance, je peux lui présenter mes infidélités.

         Je termine en disant la prière de St Ignace, le suscipe.

« Prends Seigneur, et reçois
toute ma liberté,
ma mémoire, mon intelligence
et toute ma volonté.
Tout ce que j’ai et tout ce que je possède.
C’est toi qui m’as tout donné, à toi, Seigneur, je le rends.
Tout est à toi, disposes-en selon ton entière volonté.
Donne-moi seulement de t’aimer
et donne-moi ta grâce, elle seule me suffit. »

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Psaume 55

Sur Dieu dont j’exalte la parole, sur Dieu, je prends appui : plus rien ne me fait peur !Que peuvent sur moi des êtres de chair ?

Les psaumes 56 à 60 constituent un ensemble où, par la voix de David, exilé et fugitif, les affligés expriment leur confiance en Dieu, leur refuge.

Le refrain des versets 5 et 12 divise le psaume en 3 strophes. La première expose la situation du persécuté et la confiance qu’il met en Dieu (v. 2 à 5),

développées dans la seconde strophe (v. 6 à 12). Le psaume se termine par une parole d’action de grâce (v. 13 et 14).

Je m’installe à l’écart… Je peux allumer une bougie… Je respire profondément, et tourne mon attention et mes pensées vers le Seigneur, en communion avec la foule des croyants qui ont prié ce psaume… Je peux lui demander une grâce en me présentant à Lui, tel.le que je suis aujourd’hui…Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Je lis le psaume une première fois.

Je regarde sa structure, son rythme, et repère les mots ou expressions qui me touchent.

Puis je relis autant de fois que souhaité, doucement, cette supplication où le ton de la confiance l’emporte progressivement.

Peut-être suis-je dans la désolation, les difficultés…unissant mon appel à celui du psalmiste… Appel qui m’invite aussi à prendre appui sur le Seigneur, dans la confiance…

Et moi ? Quelles sont mes peurs ? Qu’en est-il de ma confiance en Dieu ?

Peut-être puis-je aussi penser à tous ceux qui peinent dans le monde…et intercéder pour eux…

Je laisse monter en moi ce que je souhaite confier au Seigneur…je Lui parle comme à un ami… je L’écoute…

Oraison
Nous le savons, Dieu Très-Haut, toi qui as recueilli les larmes de ton Christ et qui l’as fait marcher dans la lumière de Pâques, tu ne cesses de combattre pour ton Église. Délivre-nous de la peur de ce monde : que nous puissions exalter ta Parole et t’offrir le sacrifice d’action de grâce.

Dans l’espérance, en union avec toute l’Eglise, je m’adresse à Notre Père….Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Psaume 97

La terre tout entière a vu le salut que Dieu nous donne. 

Chantez au Seigneur un chant nouveau,
car il a fait des merveilles ;
par son bras très saint, par sa main puissante,
il s’est assuré la victoire.

Le Seigneur a fait connaître sa victoire
et révélé sa justice aux nations ;
il s’est rappelé sa fidélité, son amour,
en faveur de la maison d’Israël.

La terre tout entière a vu
la victoire de notre Dieu.
Acclamez le Seigneur, terre entière,
sonnez, chantez, jouez !

Jouez pour le Seigneur sur la cithare,
sur la cithare et tous les instruments ;
au son de la trompette et du cor,
acclamez votre roi, le Seigneur !

En ce jour de Noël, en ce jour de fête, je prends part à la joie en louant Seigneur. « Acclamez le Seigneur. ». Je demande au Seigneur la grâce de la joie.

         Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

         Je lis le psaume, en m’arrêtant sur un mot, une expression, un verset.

« Un chant nouveau ». Je considère la nouveauté apportée par un « nouveau-né ». Un enfant naissant, héritier, bien sûr de son ascendance, de son peuple, mais aussi porteur d’à-venir…Comment ce nouveau-né est-il, pour moi, Bonne Nouvelle ?

« Sa main puissante », la « victoire » (mentionnée à trois reprises), le roi…Le psalmiste déploie le vocabulaire de la force. Pourtant, nous accueillons à Noël un petit enfant fragile et dépendant. Je médite sur le mystère de la Révélation : le choix de Dieu de révéler sa puissance, à travers la faiblesse.

Si le psalmiste évoque Israël, il chante aussi que la révélation concerne les « nations » et que la « terre entière » a vu la victoire du Seigneur. J’examine comment le salut est promis à tous, comment cet enfant qui vient va s’adresser à toute la famille humaine.

         Je relis le psaume, en louant le Seigneur.

         Puis je prends le temps d’un dialogue intime avec Dieu. Je peux rendre grâce pour tous les peuples de la terre qui accueillent le Sauveur. Je peux lui confier ce qui me retient, peut-être, dans mes habitudes, ma routine, et qui m’empêche de m’ouvrir à la nouveauté promise.

         M’unissant aux « nations » et à la « terre entière », je dis « Notre Père… »

         Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Es-tu celui qui doit venir ?

Hymne pour le temps de l’Avent :

Je me dispose à ce temps de prière, de rendez-vous avec le Seigneur.

Je vais lire lentement, en silence ou bien en murmurant, chuchotant ces versets d’hymne, m’arrêter, méditer les mots qui me rejoignent, le redire pour moi, comme prière personnelle.

Prisoner
Es-tu celui qui doit venir 
Visiter nos prisons,
libérer nos mains
Éclairer nos visages
d’un bonheur sans déclin ?

Tu es l’Autre que nous attendons, 
Jésus, notre semblable,
Tu es le plus proche voisin,
l’Emmanuel dans nos prisons

Es-tu celui qui doit venir
Traverser notre nuit,
libérer nos yeux
Et donner aux aveugles
un soleil sans déclin ?

Tu es l’Autre que nous attendons, 
Jésus, notre lumière,
Tu es notre unique matin,
l’Emmanuel dans notre nuit.


Es-tu celui qui doit venir
Nous tracer le chemin,
libérer nos pas
Relancer notre marche
à ton rythme divin ?

Tu es l’Autre que nous attendons,
Jésus, guide fidèle,
Tu es le témoin de nos pas,
l’Emmanuel sur nos chemins.

Es-tu celui qui doit venir
Et qui vient chaque jour
libérer nos vies
Ranimer notre souffle
au passage du tien ?

Tu es l’Autre que nous attendons, 
Jésus, Sève du monde,
Tu es le Vivant qui revient,
l’Emmanuel, Dieu-avec-nous.

Psaume 49

Le Dieu des dieux, le Seigneur,
parle et convoque la terre
du soleil levant jusqu’au soleil couchant.
De Sion, belle entre toutes, Dieu resplendit.
« Assemblez, devant moi, mes fidèles,
eux qui scellent d’un sacrifice mon alliance.
Et les cieux proclament sa justice :
oui, le juge, c’est Dieu !
« Offre à Dieu le sacrifice d’action de grâce,
accomplis tes vœux envers le Très-Haut.
Invoque-moi au jour de détresse :
je te délivrerai, et tu me rendras gloire. »

Aujourd’hui, chantons ce psaume

Muriel Leroy

Prolongation de l’exposition de François-Xavier de Boissoudy

L’exposition sera encore visible jusqu’au 24 décembre, au 26 rue Porte Jaune à Bourges, tous les jours de 15h à 18h.

Venez vous disposer à vivre cette dernière semaine avant Noël, vous laisser habiter par la douceur, la paix et la tendresse que dégagent ces tableaux. Attente, nativité, joie, paternité …

un contact si nécessaire: 0645779832