En ce temps-là,l’un des Douze, nommé Judas Iscariote, se rendit chez les grands prêtres et leur dit : « Que voulez-vous me donner,si je vous le livre ? » Ils lui remirent trente pièces d’argent.Et depuis, Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer.
Duccio di Buoninsegna
Le soir venu, Jésus se trouvait à table avec les Douze. Pendant le repas, il déclara : « Amen, je vous le dis : l’un de vous va me livrer. » Profondément attristés, ils se mirent à lui demander, chacun son tour : « Serait-ce moi, Seigneur ? »… Judas, celui qui le livrait, prit la parole : « Rabbi, serait-ce moi ? » Jésus lui répond : « C’est toi-même qui l’as dit ! »
« Pauvre Judas« , je ne sais pas ce qui est passé dans son âme. C’est l’un des personnages les plus mystérieux de la passion du Seigneur. Je n’essaierai même pas de vous l’expliquer, je me contenterai de vous demander un peu de pitié pour notre pauvre frère Judas. N’ayez pas honte d’assumer cette fraternité. Je n’ai pas honte, car je sais combien de fois j’ai trahi le Seigneur, et je crois qu’aucun d’entre vous ne doit avoir honte de lui.
Et en l’appelant frère, nous sommes cohérents avec le langage du Seigneur. Lorsqu’il a reçu le baiser de la trahison à Gethsémani, le Seigneur lui a répondu par ces mots que nous ne devons pas oublier : mon ami. Nous pouvons trahir l’amitié du Christ. Le Christ ne nous trahit jamais, nous ses amis, même quand nous ne le méritons pas, même quand nous nous retournons contre lui, même quand nous le renions. Devant ses yeux et son cœur, nous sommes toujours ses amis. »
homélie de Don Primo Mazzolari
Arcabas
Jésus, ami des hommes, tu es venu sur terre et tu as revêtu notre chair. Même parmi ceux qui t’avaient accueilli, il y en a qui t’ont renié, d’autres qui ont trahi leur engagement. Mais tu n’as jamais cessé de les aimer, jusqu’à laisser tous les autres, partant à leur recherche, dans l’espérance de les ramener auprès de toi, chargés sur tes épaules (Lc 15,5) ou penchés sur ta poitrine (Jn 13,25). Nous confions à ta miséricorde infinie tes enfants guettés par le découragement ou le désespoir. Donne-leur de chercher refuge auprès de toi,et de « ne jamais désespérer de ta miséricorde » (Règle de saint Benoît, n. 3, 74).Jésus, tu continues à aimer ceux qui refusent ton amour et tu recherches sans te lasser ceux qui te trahissent et t’abandonnent. À toi la louange et la gloire dans les siècles.
En ce temps de Carême, nous prions avec la rencontre de Zachée avec Jésus, une rencontre improbable et bouleversante. Ce récit se trouve en Luc 19,1-10. Le texte nous dit que la scène se passe à Jéricho, une ville que traverse Jésus pour monter à Jérusalem.
Nous entrons dans la prière en faisant un signe de croix et en demandant la grâce d’être transformé, comme Zachée, par la rencontre de Jésus à travers cette Parole.
Pour commencer nous regardons l’œuvre ci-dessus de James Tissot.
Il y a beaucoup de monde dans ce tableau : la venue de Jésus ne passe pas inaperçue. Pourtant ce n’est pas Jésus qui occupe la plus grande place, mais Zachée. Presque au centre, il est au premier plan ; on le voit de dos, perché sur un sycomore et sa tenue de couleur vivre contraste avec le reste de la scène ; et avec les autres personnages, eux aussi montés dans les arbres pour mieux voir ce Jésus dont ils ont entendu parler et qui passe.Zachée surplombe la scène. De là-haut, il voit arriver Jésus et la cohorte qui le suit ;
ses disciples et d’autres. Un Jésus qui éveille la curiosité si l’on en croit la foule qui se tient au bord du chemin, pour voir.Jésus avance en tête et lève les yeux vers Zachée. Il lui fait signe. Pourquoi lui, qui est un collecteur d’impôt ? Quelqu’un de mauvaise réputation car c’est un collaborateur de l’occupant romain et un voleur. Ne sait-il pas que c’est un pécheur et que sa fréquentation entraîne une impureté ? Leurs regards se croisent. La rencontre va avoir lieu.
Nous pouvons imaginer l’étonnement de tous ceux qui sont là et qui entendent Jésus dire : « Zachée, descends vite ; il me faut aujourd’hui demeurer dans ta maison. » (v.5)
Nous méditons en nous arrêtant sur cette rencontre improbable
Nous essayons de comprendre ce qui habite ces deux hommes ; quels sont leurs désirs respectifs.Zachée est là en attente, après s’être empressé de monter sur un arbre pour mieux voir. Sa curiosité l’a mis en mouvement. Qu’est-ce qui l’attire ainsi dans Jésus ? Qu’attend-il de lui ?
Jésus passe ; il est en bas, lui qui est descendu pour faire sa demeure parmi les hommes. Son désir à lui, c’est le salut de l’humanité. « En effet le Fils de l’Homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » (v. 10). Il voit Zachée, il voit son désir de le voir, ce qui lui permet d’aller plus loin ; chez celui qui le cherche, il s’invite.
Et moi ? Qu’est-ce qui m’attire en Jésus ? Qu’est-ce que je fais pour aller vers lui ? Est-ce que je cherche à le rencontrer ? Comment ? Est-ce que je crois que Jésus me cherche le premier et veut me rencontrer?
Nous méditons maintenant sur les fruits de cette rencontre
De la rencontre proprement dite, le texte ne dit rien. Mais Zachée s’en trouve transformé. Nous écoutons le chant de Mannick et Jo Akepsimas.
Nous entendons aussi une autre parole de Jésus dans ce récit : « Aujourd’hui, le salut est venu pour cette maison, car lui aussi est un fils d’Abraham » (v.9)
Zachée qui semblait attaché à ses gains, devient généreux envers les pauvres, envers ceux à qui il avait fait du tort. En rencontrant Jésus, en recevant son amour et son pardon, il entre dans la gratitude et s’ouvre à l’amour des frères. Et la joie est au rendez-vous !
Et moi ? Est-ce que j’ai conscience d’être un pécheur pardonné ? Qu’est-ce qui serait à ajuster dans ma vie ? A quoi le Seigneur m’appelle-t-il pour mieux répondre à son amour ?
Je m’adresse au Seigneur et lui dit ce que cette méditation a provoqué en moi…
Je peux me joindre à cette prière :
Seigneur, nous te rendons grâce d’être descendu à la rencontre des pécheurs que nous sommes. Qu’à la lumière de ton amour, nous puissions voir ce qui est à convertir dans nos vies, et répondre à ton appel. Alors ta joie gagnera notre coeur !
Heureux est l’homme qui met sa foi dans le Seigneur.
Heureux est l’homme qui n’entre pas au conseil des méchants, qui ne suit pas le chemin des pécheurs, ne siège pas avec ceux qui ricanent, mais se plaît dans la loi du Seigneur et murmure sa loi jour et nuit !
Il est comme un arbre planté près d’un ruisseau, qui donne du fruit en son temps, et jamais son feuillage ne meurt ; tout ce qu’il entreprend réussira.
Tel n’est pas le sort des méchants. Mais ils sont comme la paille balayée par le vent. Le Seigneur connaît le chemin des justes, mais le chemin des méchants se perdra.
En ce deuxième jour de carême, je me dispose à la prière. Je fais taire en moi ce qui peut me troubler, m’agiter pour m’efforcer de trouver le silence intérieur, où se fait entendre la voix du Seigneur. Je demande au Seigneur la grâce de marcher sur le chemin des justes. Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.
Je lis le psaume, lentement, laissant résonner en moi les mots du psalmiste
« Heureux est l’homme… ». Je rends grâce que le premier mot du psautier soit « heureux », que ce livre de prière, partagé par tous les chrétiens et hérité de nos frères aînés juifs, commence par une béatitude…
Je sais que le Seigneur veut mon bonheur. Je considère comment mon chemin de conversion, au fil du carême, peut me conduire plus loin dans cette vie bienheureuse.
« Il est comme un arbre, planté près du ruisseau… ». Je prends le temps de contempler cette image. La solidité de l’arbre enraciné, sa silhouette tendue vers les cieux, l’eau dans laquelle ses racines plongent et trouvent leur croissance.
Et moi, où suis-je planté ? Quelles sont mes racines ? A quelle eau vive est-ce que je m’abreuve ?
Je me laisse rejoindre par les oppositions développées par le psalmiste. Un arbre « qui donne du fruit » / « jamais son feuillage ne meurt » / « tout ce qu’il entreprend réussira » / alors que ceux qui ne s’ajustent pas à la volontédu Seigneur sont « comme la paille balayée par le vent ». D’un côté la fructification, la réussite, l’éternité ; de l’autre, la disparition, l’échec et la précarité. Arbre enraciné ou paille balayée par le vent…Que puis-je dire de ma situation aujourd’hui ?
Que puis-je dire de ma situation aujourd’hui ?
Je relis le psaume, ou je peux l’écouter.
J’adresse maintenant au Seigneur ma prière, lui disant mon propre désir d’enracinement, de m’abreuver à l’eau vive de sa parole…Je lui confie aussi celles et ceux qui, aujourd’hui, ont besoin d’entendre que le bonheur est possible.
Pour terminer, je dis le « Notre Père », attentif à ce que chacune des demandes m’aide à me tenir sur le chemin des justes.
Mercredi18 février, dans trois jours, nous entrons en Carême, temps donné pour remettre le mystère de Dieu au centre de notre vie afin que notre foi retrouve son élan et que notre coeur ne se disperse pas dans les inquiétudes et distractions quotidiennes.
Pour nous préparer à cette traversée, méditons avec le tableau: « la tempête apaisée » de Macha Chmakoff, peintre, psychanalyste et musicienne.
D’abord disposons-nous à ce temps de prière.
Je m’installe confortablement, dans un lieu calme. Je ferme les yeux, respire plusieurs fois lentement et profondément et fais le silence en moi. J’accueille le Seigneur qui est présent, et je dépose dans ses mains ce qui m’agite et m’occupe l’esprit. Et lui demande la grâce d’être disponible à son écoute dans le tumulte de ma vie.
Je commence par contempler ce tableau. Et me laisse saisir par l’atmosphère de ce qui y est raconté. J’entre dans la scène.
Je regarde d’abord les couleurs, leur masse, leur intensité, leur disposition les unes par rapport aux autres, la façon dont elles se complètent et s’opposent.
Mon regard est attiré, impressionné par les masses sombres; je distingue plusieurs nuances de bleu foncé allant jusqu’au noir. Je reconnais des vagues représentées par de grandes lignes courbes très accentuées, dessinant presque des cercles qui soulignent l’atmosphère enfermante et angoissante. Ces vagues rivalisent en hauteur et occupent pratiquement les 2/3 de la hauteur du tableau. Je suis impressionné par leur force, leur puissance et leur démesure.
Nous sommes en bateau sur le Lac de Galilée, qui était réputé pour être dangereux, lieu de peur et de danger mortel.
Je descends maintenant mon regard vers le premier plan, en bas à droite, vers un groupe de personnes, repliées sur elles-mêmes, serrées les unes contre les autres dans le fond de la barque que je peux deviner à la teinte orangée qui transparaît dans le bleu foncé de l’eau agitée , prête à la submerger.
Je peux me voir parmi ces personnes, au milieu de la tempête, où ma vie est en jeu. Je peux réfléchir à ma vie, transposer… Quels sentiments m’habitent? Je les nomme et les confie au Seigneur.
Je relis un passage de l’évangile de Marc 4, 35-41: « Il dit à ses disciples: »passons sur l’autre rive »… survient une violente tempête. Les vagues se jetaient sur la barque, si bien que déjà elle se remplissait. »… Lui dormait sur le coussin, à l’arrière. Les disciples le réveillent et lui disent: »Maître, nous sommes perdus! Cela ne te fait rien? »
Peut-être que ces paroles peuvent être les miennes? Je doute ! Est-ce que mes soucis, mes épreuves « font quelque chose » au Seigneur? Je peux lui en parler, lui exprimer mes doutes, comme les disciples dans la barque.
Et puis, je déplace mon regard vers le centre du tableau, attiré par une grande silhouette revêtue d’un vêtement blanc-beige, des couleurs douces et chaudes. Je sais que c’est Jésus qui dormait à l’arrière de la barque.
Je me laisse toucher par la large ouverture de ses bras que dessine une fine courbe, pleine de douceur et de tendresse. Elle s’oppose aux cercles envahissants des vagues. Jésus est au centre, debout, stable, solide et sa silhouette, les bras ouverts évoque la croix. Ses bras grands ouverts accueillent … le monde et ses douleurs mais aussi la lumière et nous la donne.
De la même teinte que le vêtement du Christ, je repère une longue ligne droite qui part du bateau et s’élève un peu en diagonale, jusqu’en haut de l’angle, à droite, et elle dépasse largement les vagues et ce mat semble lui aussi bien solide. Cette couleur douce et chaude, celle du Christ et du mat, entoure aussi légèrement les personnes dans la barque. Ce mat et cette même teinte semble montrer le lien qui nous relie au Père et au Christ.
Maintenant je suis des yeux la pointe fine de la barque, je lève un peu le regard et je suis attiré par l’étendue claire qui occupe le grand tiers gauche du tableau. Je contemple et arrive à discerner dans le creux d’une vague comme un morceau de la ligne d’horizon. Je ne suis donc pas totalement enfermé dans l’obscurité et l’angoisse. Je peux laisser mon esprit s’envoler vers cet horizon de lumière…
Marc écrit: « Il menaça le vent et dit à la mer: »silence! Tais-toi! » Le vent tomba, et il se fit un grand calme. Jésus leur dit: »Pourquoi êtes-vous si craintifs? N’avez-vous pas encore la foi? »
Comment est-ce que reçois ces paroles de Jésus? Elles sont aussi pour moi, aujourd’hui? De quel manque de foi Jésus parle-t-il?
Jésus ne nous sauve pas des tempêtes en les empêchant, mais en les calmant.
Nous ne cessons de traverser des crises, crises qui peuvent devenir des chances, si nous nous tournons vers Jésus, si nous le réveillons. Quand Jésus se dresse en nous et chasse les démons des ténèbres de notre âme, le calme se fait, nous accédons à la paix,
Jésus a-t-il déjà calmé des tempêtes dans ma vie? J’en fais mémoire et je peux en rendre grâce.
Et je peux prier avec ces paroles du Pape François, du 27 mars 2020, sur la Place St Pierre.
« Invitons Jésus dans les barques de nos vies. Confions-lui nos peurs, pour qu’il puisse les vaincre. Comme les disciples, nous ferons l’expérience qu’avec lui à bord, on ne fait pas naufrage. Car voici la force de Dieu : orienter vers le bien tout ce qui nous arrive, même les choses tristes. Il apporte la sérénité dans nos tempêtes, car avec Dieu la vie ne meurt jamais… Le Seigneur se réveille pour réveiller et raviver notre foi pascale. Nous avons une ancre : par sa croix, nous avons été sauvés.
Je peux me laisser embarquer, pour ces 5 semaines, avec le Seigneur. Je me confie à sa tendresse et à l’amour du Père, qui veut nous donner la Paix.
Je me dispose à cette rencontre, aujourd’hui, avec le Seigneur. Je m’installe, à l’écart, je fais le calme en moi en respirant profondément et lentement. Je dépose dans les mains du Seigneur ce qui m’occupe l’esprit ou m’agite intérieurement.
Et je lui demande la grâce d’augmenter mon désir de l’écouter, de l’aimer et avec lui de bâtir le Royaume.
Au début de ce temps, j’entre en prière en écoutant les Béatitudes chantées par un choeur orthodoxe.
Nous avons entendu ce texte de Matthieu 5, 1-12a hier et nous allons laisser deux grands témoins enrichir et ouvrir notre méditation de ce texte que nous connaissons bien.
le Lac de Galilée
« En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui. Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait : « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux. Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés. Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage. Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés. Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux. Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! »
Avec Dietrich Bonhoeffer contemplons la scène avec trois regards différents:
Ce que voit la foule: Jésus et ses disciples qui se sont approchés de lui.
Avec tous ces hommes et ces femmes , je me remémore ce que je sais des disciples. »Il y a peu de temps, ils étaient des personnes comme tout le monde, ils appartenaient à la même foule.Mais un appel est survenu et ils ont tout abandonné pour suivre Jésus. Ils marchent avec lui, vivent avec lui, le suivent où qu’il les conduise. Il leur est arrivé quelque chose qui n’est pas arrivé aux autres »
Je fais, moi-aussi partie de cette foule, et je contemple cette scène, je médite en regardant les disciples, l’appel qu’ils ont reçu et comment ils l’ont entendu.
Karoly Ferenczy 1962-1917 – « Les Béatitudes«
Ce que voient les disciples: la foule dont ils sortent, les brebis perdues de la maison d’Israël.
C’est la communauté que Dieu appelle… Lorsque l’appel de Jésus les a choisis pour sortir de cette foule, ils firent ce qui, pour les brebis perdues de la maison d’Israël, était tout ce qu’il y avait de naturel et de nécessaire: ils obéirent à la voix du bon berger car ils connaissaient sa voix… Mais dans ce chemin qu’ils suivent, il font partie de cette foule… et lui prêcheront la gloire de la marche à la suite de Jésus
Je porte mon regard sur les disciples et la foule. Je laisse résonner en moi cette réflexion; en quoi elle me rejoint? me questionne? me bouscule ?
Ce que voit Jésus:
voici ses disciples.. Il a appelé chacun d’eux individuellement. A son appel ils ont renoncé à tout… ils sont les plus pauvres des plus pauvres, les plus combattus de ceux que l’on combat, les plus affamés des affamés… mais ils ont tout auprès de Dieu. C’est une petite communauté…, c’en est une grande qu’il cherche en regardant la foule. Les disciples et la foule vont de pair; les disciples seront ses envoyés. C’est pourquoi: heureux! Jésus d’adresse aux disciples.
J’ai été appelé.e, moi aussi par mon nom; j’appartiens à cette communauté de disciples. Je médite ce que représente cet appel, quelle radicalité ? Et j’entends pour moi : « heureux! »
Karoly Ferenczy – Le Sermon sur la Montagne
Et puis André Chouraqui nous livre un éclairage sur ce mot: « heureux » , en revenant à l’origine du texte hébreu et grec.
Et, voyant les foules, il monte sur la montagne et s’assoit là. Ses adeptes s’approchent de lui. Il ouvre la bouche, les enseigne et dit : « En marche, les humiliés du souffle ! Oui, le royaume des ciels est à eux ! En marche, les endeuillés ! Oui, ils seront réconfortés ! En marche, les humbles ! Oui, ils hériteront la terre ! En marche, les affamés et les assoiffés de justice ! Oui, ils seront rassasiés ! En marche, les matriciels* ! Oui, ils seront matriciés* ! En marche, les coeurs purs ! Oui, ils verront Elohîms* ! En marche, les faiseurs de paix ! Oui, ils seront criés fils d’Elohîms. En marche, les persécutés à cause de la justice ! Oui, le royaume des ciels est à eux ! En marche, quand ils vous outragent et vous persécutent, en mentant vous accusent de tout crime, à cause de moi. Jubilez, exultez ! Votre salaire est grand aux ciels ! Oui, ainsi ont-ils persécuté les inspirés, ceux d’avant vous.
*matriciels : de matrice = qui dispense la vie. Amour du Père autant masculin que féminin « avoir des entrailles de mère, un amour qui prend aux tripes… » *Elohîms : Dieu Père
Andra Chouraqui précise: en hébreu, le mot (qu’on traduit habituellement par «Bienheureux» en français) évoque la rectitude de l’homme en marche sur une route qui va droit vers l’Eternel... c’est chaque jour que nous devons apprendre à lire et à vivre l’Evangile dans l’Esprit de Celui qui l’a vécu devant les hommes.
« En marche ! »; « Vous êtes sur la bonne route », « Vous vous réalisez ». « Un bel avenir s’offre à vous ». « Vous êtes un grand vivant ». « Vous avez trouvé la clef de l’amour »… Il s’agit de rien moins que du sens même de notre vie, de notre vocation. À quoi sommes-nous appelés ?
À vivre les béatitudes. À jouer la symphonie des notes de cette gamme. Notre vocation, c’est l’amour. Pas un seul verset de ce poème biblique des Béatitudes qui n’ait été dévié de sa signification ! Pas une seule note qui ne soit une fausse note, ajoute Stan Rougier.
Les Béatitudes sont l’autoportrait de Jésus dit le Pape François: Les Béatitudes de Jésus ne sont pas seulement des mots qu’il a proclamés. «Elles représentent la clé pour lire toute sa vie.» Nous trouvons donc en Jésus un modèle pour vivre chacune des Béatitudes. Surtout, pour nous, chrétiens, elles sont l’«autoportrait de celui qui les a prononcés». «C’est le modèle que nous devrions utiliser pour » transformer notre propre image « »,
Pendant toute sa vie, de sa naissance dans la grotte de Bethléem jusqu’à sa mort sur la croix et sa résurrection, Jésus a incarné les Béatitudes. Toutes les promesses du Royaume de Dieu se sont accomplies en lui.
En proclamant les Béatitudes Jésus nous invite à le suivre, à parcourir avec lui la voie de l’amour, la seule qui conduise à la vie éternelle. Ce n’est pas une route facile, mais le Seigneur nous assure de sa grâce et il ne nous laisse jamais seuls.
Berna
Je respire maintenant, je prends un peu de recul et me laisse questionner, éclairer. Quels pas puis-je faire pour vivre davantage les Béatitudes dans ma vie à l’image du Christ ?
J’en parle au Seigneur, lui demande de m’éclairer, de m’aider à discerner ce que je dois faire bouger dans ma vie, mettre en mouvement? Et je rends grâce de ce rendez-vous avec lui. Et termine ce temps en disant la prière que Jésus nous a apprise: Notre Père…
Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père
Souviens-toi, Seigneur, de David et de sa grande soumission quand il fit au Seigneur un serment, une promesse au Puissant de Jacob :
« Jamais je n’entrerai sous ma tente, j’interdirai tout sommeil à mes yeux avant d’avoir trouvé un lieu pour le Seigneur, une demeure pour le Puissant de Jacob. »
Le Seigneur l’a juré à David, et jamais il ne reprendra sa parole : « C’est un homme issu de toi que je placerai sur ton trône.
« Si tes fils gardent mon alliance, les volontés que je leur fais connaître, leurs fils, eux aussi, à tout jamais, siégeront sur le trône dressé pour toi. »
Car le Seigneur a fait choix de Sion ; elle est le séjour qu’il désire : « Voilà mon repos à tout jamais, c’est le séjour que j’avais désiré. »
Je me dispose à la prière. Je me retire au calme et me présente calmement au Seigneur. Je me prépare à écouter la Parole du psalmiste qui, depuis des siècles, rejoint quotidiennement les croyants.
Je m’unis aux chrétiens du monde entier, et plus particulièrement, aux moines et aux moniales qui, tout au rythme du jour, prient le livre des Psaumes. Je demande au Seigneur la grâce de vivre l’alliance. Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.
Je lis le psaume, à haute voix, si je peux, en étant attentif aux divers interlocuteurs. Le psalmiste s’exprime, donne la parole à David, puis au Seigneur lui-même. Le psalmiste chante l’alliance qui unit David au Seigneur par des serments réciproques. « David fit au Seigneur un serment, une promesse au Puissant de Jacob. » / « Le Seigneur l’a juré à David, et jamais il ne reprendra sa parole. »
« Jamais je n’entrerai sous ma tente, J’interdirai tout sommeil à mes yeux Avant d’avoir trouvé un lieu pour le Seigneur Une demeure pour le Puissant de jacob ».
David s’installe à Jérusalem, après avoir guerroyé, en présence de l’arche d’alliance. Alors que le peuple, avec lui, va se sédentariser, David se soucie de la façon dont le Seigneur peut demeurer au milieu de son peuple.
Et moi, quelles dispositions est-ce que je prends pour qu’au creux de mon quotidien, Dieu demeure ?
« Si tes fils gardent mon alliance. Les volontés que je leur fais connaître. » Le Seigneur invite son peuple à la fidélité. La Bible nous raconte comment beaucoup des descendants de David ont trahi le Seigneur.
Et moi, que puis-je dire de ma fidélité au Seigneur ?
« Voilà mon repos à tout jamais, C’est le séjour que j’avais désiré » Je goûte ce verset où Dieu nous dit son désir de repos. Et je considère les turbulences de l’histoire humaine, de l’actualité, aujourd’hui…
Quelles réflexions, quels mouvements cela suscite-t-il en moi ?
Je relis le psaume, ou je peux l’entendre.
Je prends maintenant le temps d’une conversation avec le Seigneur. Je lui rends grâce pour son alliance, je peux lui présenter mes infidélités.
Je termine en disant la prière de St Ignace, le suscipe.
« Prends Seigneur, et reçois toute ma liberté, ma mémoire, mon intelligence et toute ma volonté. Tout ce que j’ai et tout ce que je possède. C’est toi qui m’as tout donné, à toi, Seigneur, je le rends. Tout est à toi, disposes-en selon ton entière volonté. Donne-moi seulement de t’aimer et donne-moi ta grâce, elle seule me suffit. »
Sur Dieu dont j’exalte la parole,sur Dieu, je prends appui :plus rien ne me fait peur !Que peuvent sur moi des êtres de chair ?
Pitié, mon Dieu ! Des hommes s'acharnent contre moi ; tout le jour, ils me combattent, ils me harcèlent. Ils s'acharnent, ils me guettent tout le jour ; mais là-haut, une armée combat pour moi.
Le jour où j'ai peur, je prends appui sur toi. Sur Dieu dont j'exalte la parole, sur Dieu, je prends appui : plus rien ne me fait peur ! Que peuvent sur moi des êtres de chair ?
Tout le jour, leurs paroles me blessent, ils ne pensent qu'à me faire du mal ; à l'affût, ils épient, ils surveillent mes pas ; comme s'ils voulaient ma mort.
Toi qui comptes mes pas vagabonds, recueille en tes outres mes larmes ; Le jour où j'appellerai, mes ennemis reculeront ; je le sais, Dieu est pour moi.
Sur Dieu dont j'exalte la parole, le Seigneur dont j'exalte la parole, * sur Dieu, je prends appui : plus rien ne me fait peur ! * Que peuvent sur moi des humains ?
Mon Dieu, je tiendrai ma promesse, je t'offrirai des sacrifices d'action de grâce ; car tu m'as délivré de la mort et tu préserves mes pieds de la chute, pour que je marche à la face de Dieu dans la lumière des vivants.
Les psaumes 56 à 60 constituent un ensemble où, par la voix de David, exilé et fugitif, les affligés expriment leur confiance en Dieu, leur refuge.
Le refrain des versets 5 et 12 divise le psaume en 3 strophes. La première expose la situation du persécuté et la confiance qu’il met en Dieu (v. 2 à 5),
développées dans la seconde strophe (v. 6 à 12). Le psaume se termine par une parole d’action de grâce (v. 13 et 14).
Je m’installe à l’écart… Je peux allumer une bougie… Je respire profondément, et tourne mon attention et mes pensées vers le Seigneur, en communion avec la foule des croyants qui ont prié ce psaume… Je peux lui demander une grâce en me présentant à Lui, tel.le que je suis aujourd’hui…Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.
Je lis le psaume une première fois.
Je regarde sa structure, son rythme, et repère les mots ou expressions qui me touchent.
Puis je relis autant de fois que souhaité, doucement, cette supplication où le ton de la confiance l’emporte progressivement.
Peut-être suis-je dans la désolation, les difficultés…unissant mon appel à celui du psalmiste… Appel qui m’invite aussi à prendre appui sur le Seigneur, dans la confiance…
Le jour où j’ai peur, je prends appui sur toi. (v. 4)Sur Dieu, je prends appui : plus rien ne me fait peur (v. 5 ; v. 12)Le jour où j’appellerai, mes ennemis reculeront ; je le sais, Dieu est pour moi. (v. 10)
Et moi ? Quelles sont mes peurs ? Qu’en est-il de ma confiance en Dieu ?
Peut-être puis-je aussi penser à tous ceux qui peinent dans le monde…et intercéder pour eux…
Je laisse monter en moi ce que je souhaite confier au Seigneur…je Lui parle comme à un ami… je L’écoute…
Oraison Nous le savons, Dieu Très-Haut, toi qui as recueilli les larmes de ton Christ et qui l’as fait marcher dans la lumière de Pâques, tu ne cesses de combattre pour ton Église. Délivre-nous de la peur de ce monde : que nous puissions exalter ta Parole et t’offrir le sacrifice d’action de grâce.
Dans l’espérance, en union avec toute l’Eglise, je m’adresse à Notre Père….Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.
La terre tout entière a vu le salut que Dieu nous donne.
Chantez au Seigneur un chant nouveau, car il a fait des merveilles ; par son bras très saint, par sa main puissante, il s’est assuré la victoire.
Le Seigneur a fait connaître sa victoire et révélé sa justice aux nations ; il s’est rappelé sa fidélité, son amour, en faveur de la maison d’Israël.
La terre tout entière a vu la victoire de notre Dieu. Acclamez le Seigneur, terre entière, sonnez, chantez, jouez !
Jouez pour le Seigneur sur la cithare, sur la cithare et tous les instruments ; au son de la trompette et du cor, acclamez votre roi, le Seigneur !
En ce jour de Noël, en ce jour de fête, je prends part à la joie en louant Seigneur. « Acclamez le Seigneur. ». Je demande au Seigneur la grâce de la joie.
Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.
Je lis le psaume, en m’arrêtant sur un mot, une expression, un verset.
« Un chant nouveau ». Je considère la nouveauté apportée par un « nouveau-né ». Un enfant naissant, héritier, bien sûr de son ascendance, de son peuple, mais aussi porteur d’à-venir…Comment ce nouveau-né est-il, pour moi, Bonne Nouvelle ?
« Sa main puissante », la « victoire » (mentionnée à trois reprises), le roi…Le psalmiste déploie le vocabulaire de la force. Pourtant, nous accueillons à Noël un petit enfant fragile et dépendant. Je médite sur le mystère de la Révélation : le choix de Dieu de révéler sa puissance, à travers la faiblesse.
Si le psalmiste évoque Israël, il chante aussi que la révélation concerne les « nations » et que la « terre entière » a vu la victoire du Seigneur. J’examine comment le salut est promis à tous, comment cet enfant qui vient va s’adresser à toute la famille humaine.
Je relis le psaume, en louant le Seigneur.
Puis je prends le temps d’un dialogue intime avec Dieu. Je peux rendre grâce pour tous les peuples de la terre qui accueillent le Sauveur. Je peux lui confier ce qui me retient, peut-être, dans mes habitudes, ma routine, et qui m’empêche de m’ouvrir à la nouveauté promise.
M’unissant aux « nations » et à la « terre entière », je dis « Notre Père… »
Je me dispose à ce temps de prière, de rendez-vous avec le Seigneur.
Je vais lire lentement, en silence ou bien en murmurant, chuchotant ces versets d’hymne, m’arrêter, méditer les mots qui me rejoignent, le redire pour moi, comme prière personnelle.
Prisoner
Es-tu celui qui doit venir Visiter nos prisons, libérer nos mains Éclairer nos visages d’un bonheur sans déclin ?
Tu es l’Autre que nous attendons, Jésus, notre semblable, Tu es le plus proche voisin, l’Emmanuel dans nos prisons
Es-tu celui qui doit venir Traverser notre nuit, libérer nos yeux Et donner aux aveugles un soleil sans déclin ?
Tu es l’Autre que nous attendons, Jésus, notre lumière, Tu es notre unique matin, l’Emmanuel dans notre nuit.
Es-tu celui qui doit venir Nous tracer le chemin, libérer nos pas Relancer notre marche à ton rythme divin ?
Tu es l’Autre que nous attendons, Jésus, guide fidèle, Tu es le témoin de nos pas, l’Emmanuel sur nos chemins.
Es-tu celui qui doit venir Et qui vient chaque jour libérer nos vies Ranimer notre souffle au passage du tien ?
Tu es l’Autre que nous attendons, Jésus, Sève du monde, Tu es le Vivant qui revient, l’Emmanuel, Dieu-avec-nous.