Je viens d’apprendre le décès d’un.e très bon.ne ami.e, je le.la savais très malade et j’avais eu la chance de pouvoir aller la voir quelques jours auparavant. Mais je ne pensais pas que la maladie l’emporterait si vite.Elle était encore jeune, nous avions encore tant de choses à vivre ensemble, tant de beaux échanges , d’écoute attentive et affectueuse, de soutien mutuel à nous partager!

Je me sens abattue, sans voix; la vie s’est arrêtée ! Comme pour chacun de nous devant la perte, montent en moi des questions: pourquoi ? nous avons encore besoin d’elle… Sa maman âgée doit encore vivre ce deuil et se dire: ce n’est dans l’ordre des choses!
- Je me tourne vers le Père, et avec les paroles d’un psaume j’exprime le désespoir que j’ai envie de confier au Seigneur.
Prions avec le psaume 87 en union avec nos frères qui sont dans le deuil et la tristesse.
Psaume 87
Seigneur, mon Dieu et mon salut, dans cette nuit où je crie en ta présence, que ma prière parvienne jusqu’à toi, ouvre l’oreille à ma plainte.
Car mon âme est rassasiée de malheur, ma vie est au bord de l’abîme ; on me voit déjà descendre à la fosse, je suis comme un homme fini.
Ma place est parmi les morts, avec ceux que l’on a tués, enterrés, ceux dont tu n’as plus souvenir, qui sont exclus, et loin de ta main.
Tu m’as mis au plus profond de la fosse, en des lieux engloutis, ténébreux ; le poids de ta colère m’écrase, tu déverses tes flots contre moi.
Tu éloignes de moi mes amis, tu m’as rendu abominable pour eux ; enfermé, je n’ai pas d’issue : à force de souffrir, mes yeux s’éteignent.
Je t’appelle, Seigneur, tout le jour, je tends les mains vers toi : fais-tu des miracles pour les morts ? leur ombre se dresse-t-elle pour t’acclamer ?
Qui parlera de ton amour dans la tombe, de ta fidélité au royaume de la mort ? Connaît-on dans les ténèbres tes miracles, et ta justice, au pays de l’oubli ?
Moi, je crie vers toi, Seigneur ; dès le matin, ma prière te cherche : pourquoi me rejeter, Seigneur, pourquoi me cacher ta face ?
Malheureux, frappé à mort depuis l’enfance, je n’en peux plus d’endurer tes fléaux ; sur moi, ont déferlé tes orages : tes effrois m’ont réduit au silence.
Ils me cernent comme l’eau tout le jour, ensemble ils se referment sur moi. Tu éloignes de moi amis et familiers ; ma compagne, c’est la ténèbre.
Je le lis lentement à vois haute et forte peut-être, pour exprimer ma détresse. Et puis je reprends un verset, qui dit ce que j’ai envie de « crier » au Seigneur; comme tant de personnes en souffrance ont crié vers Jésus.

« Ouvre l’oreille à ma plainte », « je suis comme un homme fini », « enfermé, je n’ai pas d’issue » « à force de souffrir, mes yeux s’éteignent » » Je t’appelle, Seigneur, tout le jour, » « ma compagne, c’est la ténèbre. »
- Je me rappelle comment il.elle a été un messager du Père auprès de moi, comment il.elle a été disciple du Christ dans sa vie familiale, professionnelle et ecclésiale.

- Et je veux maintenant confier mon ami.e au Père, je sais qu’elle était confiante en son amour et qu’elle était sûre d’être accueillie dans la paix. Sa confiance et sa foi en la vie éternelle m’émerveillent, m’éclairent, me réchauffent le coeur. Ils rassurent mes doutes et je suis assurée de la présence de mon amie dans ma vie encore maintenant; elle veille sur nous. je lui parle de mes soucis, de ce qui m’émerveille, comme je l’aurais fait lors d’un moment passé ensemble.
Je médite, avec la grâce de l’Esprit, comment cette amitié a nourri ma relation au Père et m’a donné des repères pour être un disciple fidèle. Et je peux rendre grâce. Avec le psaume 120
Je lève les yeux vers les montagnes : d’où le secours me viendra-t-il ? Le secours me viendra du Seigneur qui a fait le ciel et la terre.
Qu’il empêche ton pied de glisser, qu’il ne dorme pas, ton gardien. Non, il ne dort pas, ne sommeille pas, le gardien d’Israël.
Le Seigneur, ton gardien, le Seigneur, ton ombrage, se tient près de toi. Le soleil, pendant le jour,ne pourra te frapper, ni la lune, durant la nuit.
Le Seigneur te gardera de tout mal, il gardera ta vie. Le Seigneur te gardera,au départ et au retour, maintenant, à jamais.
Les arbres de l’infinie douleur
Les nuages de l’infinie joie
Se donnent parfois signe de vie
À la lisière du vaste été
Les alouettes passent à travers
Sans rien saisir de leurs paroles
Une source les retiendra seule
Pour donner à boire aux morts
(François Cheng)