Fête du Sacré-Coeur

Basilique du Sacré Cœur de Paray-Le-Monial

Vendredi 27 juin, nous célébrerons la solennité du Sacré Cœur de Jésus

La tradition du « Sacré Cœur » trouve son origine avec l’apôtre saint Jean, qui a vu le cœur transpercé de Jésus sur la croix : « Un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau. »

Elle a pris davantage d’ampleur avec sainte Marguerite-Marie Alacoque et le jésuite Saint Claude La Colombière, à Paray-le-Monial à partir de 1673.  Marguerite-Marie écrit à ce propos : « Jésus me fit voir qu’il fallait honorer le cœur de Dieu sous la figure de ce cœur de chair, dont il voulait l’image être exposée. »

Au début de ce temps de prière, tournons-nous vers Jésus, vrai homme et vrai Dieu, pour connaître son cœur à jamais ouvert sur le monde, pour l’aimer et le suivre davantage.

« Je suis doux et humble de cœur. » ( Mt 11,29)
 

Jésus parle ouvertement de son cœur, doux et humble, quand il dit : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. » Jésus a un cœur qui aime jusqu’au bout : il a pitié, pardonne et soulage. Il exulte de joie, prie et mange avec des exclus. Il annonce un royaume d’amour, de paix et de joie pour tous. Son cœur guérit les blessures, remet debout.

Un instant, je contemple la manière de faire du Seigneur et lui demande la grâce d’adoucir mon cœur et de m’apprendre à aimer comme lui.
 

Puis, je peux répéter lentement :

Jésus, doux et humble de cœur, rends mon cœur semblable au tien.                                         Cœur Sacré de Jésus, j’ai confiance en toi et je t’aime.

« Comme un berger, il porte ses agneaux sur son cœur »  (Prophète Is 40,10)

L’image du berger parcourt toute la Bible pour parler du cœur de Dieu : le Seigneur conduit son Peuple et prend soin de lui. Il guide, rassure, mène vers les eaux tranquilles et fait revivre. Jésus se présente comme le bon pasteur, le vrai berger, qui donne sa vie pour ses brebis.

Un instant je contemple Jésus, le vrai berger. Je l’écoute m’appeler par mon nom. Je le regarde prendre soin des plus faibles au travers de mes frères et sœurs en humanité. 

Puis, je peux répéter lentement :

Jésus, doux et humble de cœur, rends mon cœur semblable au tien.
Cœur Sacré de Jésus, j’ai confiance en toi et je t’aime.

« Heureux les pauvres de coeur, le Royaume des cieux est à eux. » ( Mt 5,3)

Au cours d’un de ses enseignement à ses disciples, Jésus leur apprend à vivre selon  cette béatitude. Il les invite à donner du goût aux choses de la terre, à aimer les ennemis, à prier Dieu qu’il appelle « père », à choisir la bienveillance avec chacun. Jésus nous appelle à avoir un cœur large et généreux.

Lentement je redis cette béatitude, ce chemin de bonheur que me propose Jésus : ‘Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux’. Qu’est ce qui me détourne de cette pauvreté qui donne la vie ? Quel est mon vrai trésor, celui qui me conduit vers la vraie joie ?

Puis je peux répéter lentement :

Jésus, doux et humble de cœur, rends mon cœur semblable au tien
Cœur Sacré de Jésus, j’ai confiance en toi et je t’aime.

Pour terminer ce temps de prière, je rassemble mes pensées et je m’adresse à Jésus, comme un ami parle à son ami. Je lui demande de faire grandir en moi un attachement à son cœur, à sa manière de parler, de regarder, de vivre et de prendre soin de mon prochain.

Prière de Saint Claude La Colombière

Jésus, tu es le seul et le véritable Ami.
Tu prends part à mes maux, tu t’en charges,
tu as le secret de me les tourner en bien.
Je te trouve toujours et en tout lieu ; tu ne t’éloignes jamais.
Tu m’écoutes avec bonté lorsque je te raconte mes découragements
et tu ne manques jamais de les adoucir.
Tu ne t’ennuies jamais de m’entendre.
Tu supportes mes défauts avec une patience admirable.
Ô Jésus, accorde-moi de vouloir revenir vers toi
afin que je sois tout à toi, pour le temps et pour l’éternité.

Prier sur une œuvre de Fanny Ferré

Le palais Jacques Cœur de Bourges propose actuellement une exposition de la sculptrice Fanny Ferré. ( jusqu’au 5 octobre). Nous nous arrêtons sur la scène présentée dans la cour du palais, évoquant le départ de migrants.

Je me dispose à un moment de prière. Je me retire pour un moment de silence, désireux de me tourner vers le Seigneur. « Seigneur, me voici ». Je demande la grâce de l’attention à l’autre. Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Je contemple d’abord, calmement, l’œuvre, attentif aux personnages, à leur expression. Détermination. Épuisement. Intériorisation. Regard tourné vers les cieux. Crainte. Expression de révolte.

Je m’arrête aussi sur les vestiges d’une vie passée, les poteries, la vannerie, les animaux domestiques : cheval, cochon, volaille, chien…Traces d’une vie rurale que les personnages quittent.

Je considère maintenant le cadre dans lequel l’œuvre est exposée : le palais Jacques Cœur. La stabilité d’un monument qui a traversé les siècles, face au mouvement erratique de la migration. La solidité de la pierre qui se fait l’écrin d’une œuvre fragile de poterie. Une maison, où une famille était installée. Le linteau d’une des portes représente la vie domestique, près d’une cheminée, d’un foyer…

Et le hasard de la programmation fait que l’exposition a lieu en même temps que des travaux. Les barrières dd chantier ne peuvent pas ne pas évoquer tant de barrières, de murs construits pour arrêter les mouvements de migration.

Dans un premier temps, je fais mémoire des déplacements que j’ai pu connaître, dans ma propre vie, ou qu’ont pu connaître mes ascendants. Même si je n’ai pas vécu, à proprement parler, une « migration », j’ai sans doute expérimenté un départ, la nécessité de m’adapter à un nouvel environnement…

A quels abandons cela m’a-t-il conduit ? Quels mouvements m’ont-ils alors traversé ? Quelles perspectives nouvelles ont-elles pu s’ouvrir ?

Dans un second temps, je prends la mesure des phénomènes migratoires contemporains, que les raisons en soient économiques, politiques ou climatiques.

Que puis-je dire de mes réactions ? Ma compassion, mes craintes, mes éventuels engagements ?

Dans un troisième temps, je considère les Écritures. Je me souviens ce cette prière juive, dans le Deutéronome. « Mon père était un araméen errant qui descendit en Égypte » (Dt, 26,5).

Je me souviens aussi de l’appel fait à Abraham : « quitte ton pays. » (Gn, 12,1). Et j’entends Jésus nous dire : « le Fils de l’homme, lui, n’a pas où reposer sa tête. » (Mt, 8,20)

Je m’adresse maintenant au Seigneur, comme un ami parle à un ami. Je peux lui dire mon goût / mes craintes du changement, mon désir de m’installer…Je peux lui confier tous les migrants de notre temps.

En pensant aux épreuves des migrants aujourd’hui, je prie avec les mots de St Paul :

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Retournez-vous, voici l’Esprit !

En ces jours de la Pentecôte, remémorons-nous quelques manifestations de l’Esprit .

Dans le vent

Dans le feu:

Dans la nuée et la lumière

Kim en Joong-Pentecôte-Eglise de St Genest

Avec l’eau

Jésus à la Samaritaine: « celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. » Jn 4, 14

Je prends maintenant, un temps avec la Parole; je choisis parmi ces extraits proposés, celui qui me rejoint et je me dispose à l’accueillir, à l’entendre pour moi . Je fais silence en moi, je respire calmement , profondément; et lis le passage entier et prends place avec Jésus. Et je me laisse faire par l’Esprit.

Dans ma vie, aujourd’hui, qui est l’Esprit Saint pour moi ? Est-ce que je perçois sa présence? Comment est-ce que je sens que l’Esprit Saint est à l’oeuvre dans ma vie? Comment et où m’envoie t-il à la suite de Jésus ?

Pour conclure je peux prier et chanter cette hymne de Didier Rimaud « Ouvrez vos coeurs au souffle de Dieu »

Ouvrez vos cœurs au souffle de Dieu, 
Sa vie se greffe aux âmes qu’il touche ;
Qu’un peuple nouveau
Renaisse des eaux
Où plane l’Esprit de vos baptêmes !
– Ouvrons nos cœurs au souffle de Dieu,
Car il respire en notre bouche
Plus que nous-mêmes !

Offrez vos corps aux langues du Feu :
Que brûle enfin le cœur de la terre !
Vos fronts sont marqués
Des signes sacrés :
Les mots de Jésus et de Victoire !
– Offrons nos corps aux langues du Feu
Pour qu’ils annoncent le mystère
De notre Gloire.
Livrez votre être aux germes d’Esprit 
Venus se joindre à toute souffrance :
Le Corps du Seigneur
Est fait des douleurs
De l’homme écrasé par l’injustice.
– Livrons notre être aux germes d’Esprit
Pour qu’il nous donne sa violence
À son service.

Tournez les yeux vers l’hôte intérieur,
Sans rien vouloir que cette présence ;
Vivez de l’Esprit
Pour être celui
Qui donne son Nom à votre Père.
– Tournons les yeux vers l’hôte intérieur,
Car il habite nos silences
Et nos prières !

Psaume 15

Garde- moi, mon Dieu : j’ai fait de toi mon refuge

Je me dispose à la prière, entrant dans le silence, m’installant confortablement. Je m’ouvre à la présence du Seigneur et demande la grâce de sentir l’Esprit Saint prier en moi.

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Je lis le psaume, entrant dans la joie de l’action de grâce. « Mon cœur exulte, mon âme est en fête »

Je m’arrête maintenant sur quelques versets du psaume.

Le psalmiste, David, selon la tradition, évoque à deux reprises : « mon Dieu ». « Garde-moi, mon Dieu. » / « Tu es mon Dieu. ». Je n’entends pas ce possessif comme une appropriation, mais comme l’assurance d’une proximité, d’une connaissance intime.

« Il est à ma droite (…) à sa droite éternité de délices. ». Je considère la joie de la certitude d’avoir une place près de Dieu. N’y-a-t-il pas là l’annonce de la Parole de Jésus en Jean que nous avons récemment réentendue : « Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures ;

sinon, vous aurais-je dit : “Je pars vous préparer une place” ? Quand je serai parti vous préparer une place, je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi. (Jn, 14, 2-3).

« Tu m’apprends le chemin de la vie. ». Dans la dynamique de Pâques, je me centre sur la résurrection. « Tu ne peux m’abandonner à la mort ». Je me confie à Jésus qui nous a dit : « je suis le chemin, la vérité, la vie. » (Jn, 14,6).

Je m’unis aux croyants du monde entier en disant « Notre Père… »

         Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Prier avec la Visitation

Visitation de Vittore Carpaccio – 1504 – Galerie Franchetti Ca’d’Oro à Venise

Ces jours-ci la liturgie a invité à prier avec le texte de Luc (Lc1, 39-56) faisant le récit de la visite de Marie à sa cousine Elisabeth. Nous prenons maintenant un temps de prière autour de cet évènement en s’appuyant sur ce tableau de Vittore Carpaccio, peintre né à Venise en 1465.

Nous faisons silence et marquons le début de la prière en faisant le signe de croire. Demandons la grâce de nous laisser enseigner par ce mystère contemplé.

Contemplons l’œuvre d’art.

Que ressentons-nous au premier regard ? Puis nous regardons la composition du tableau, les lignes, les formes, les couleurs. Nous regardons ce qui est représenté : le cadre, les 2 femmes au centre, les autres personnages, les animaux, les détails.

Qu’est-ce qui est étonnant ? Qu’est-ce que cela me dit de ce mystère ?

Je médite sur l’universalité et l’actualité du message évangélique. C’est toute la création qui est concernée. Comment ce récit de la Visitation rejoint-il ma vie aujourd’hui encore ?

Faisons place à ce récit dans notre vie

Tout au long des siècles, des peintres se sont approprié cette scène évangélique. Comme par exemple,  Maurice Denis à la fin du 19ème siècle. Autre temps, autre lieu, autre représentation. Mais la même Bonne nouvelle à partager : Dieu s’est fait chair ; il habite parmi nous.

Visitation de Maurice Denis 1894 – Musée de st Petersbourg

A notre tour, comment pouvons-nous rendre vivant ce récit ici et maintenant ?

Comme Marie et Elisabeth, suis-je en relation avec le Seigneur ?… Suis-je à l’écoute de sa Parole dans le concret de ma vie ?… M’arrive-t-il de partager avec d’autres ce que le Seigneur a fait pour moi ?… Y a-t-il des rencontres qui ont été pour moi des visitations ?… Avec qui puis-je  converser sur ce qui est important pour moi ?… De quelle bonne nouvelle suis-je le porte parole ?… Comment je fais advenir l’enfant de Dieu que je suis ? … Qui pourrais-je visiter en ce jour ?…Je parle au Seigneur de ce qui me rejoint dans ces pistes de méditation, en me laissant porter par la musique de Vivaldi (Magnificat) :

Psaume 46

C’est le rêve de Dieu : que tous les peuples, que tous les hommes soient dans la joie parce qu’ils ont reçu la bonne nouvelle : Dieu est avec vous, les noirs, les jaunes, les blancs, les Péruviens et les Antillais, les Chinois et les Javanais, les Eskimos et les Sénégalais…

Saint Paul suggère que le Seigneur reviendra quand tous les hommes l’auront reconnu comme Fils du Dieu vivant… Isaïe le prophétisait déjà six-cents ans avant la venue du Messie : « Toutes les nations marcheront vers sa lumière… »

Quand tous chanteront le  psaume 46 à l’unisson et battront des mains en rythme, les vieillards et les enfants, les hommes et les femmes, les petits et les grands, les gros

et les maigres, les timides et les extravertis, les riches et les pauvres, les intelligents et les simples, alors le Royaume de Dieu sera inauguré sur la terre.

Frère Philippe VERDIN

Se préparer à célébrer l’Ascension

En contemplant un vitrail de l’église St Bonnet (Bourges)

Je m’installe au calme, pour prendre un temps avec le Seigneur, en de début de semaine, où nous fêterons l’Ascension. Je dépose mes préoccupations du jour auprès du Seigneur et lui demande la grâce de me sentir habité de Sa présence. Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Je contemple ce vitrail de la Renaissance, dû à Jean Lescuyer, dans l’église St Bonnet de Bourges.

Ce vitrail, bien approprié au temps liturgique que nous vivons, articule la résurrection et l’ascension.

Le premier registre est consacré au tombeau vide…profondeur sombre du rocher au centre d’un paysage qui donne place, néanmoins, à la végétation. Un ange se tient à l’entrée du tombeau vide,

devant des gardes armés, mais déconcertés et impuissants. L’un dort encore, sur la droite. Un autre, au sol, épée à la main, scrute le ciel. A gauche, un autre garde endormi, appuyé sur sa hallebarde. Un dernier, debout, arme au sol.

Le second registre évoque la résurrection. Le Christ y apparaît dans une posture dynamique, inscrit dans une mandorle rayonnante. La croix est l’étendard de la victoire sur la mort. « Ô mort où est ta victoire ? Ô mort, où est-il ton aiguillon ? » (1 Co, 15,55) De part et d’autre, deux scènes liées, dans l’évangile, à la résurrection. A droite, les femmes au tombeau.

A gauche, les deux pèlerins d’Emmaüs, qui reconnaissent le Christ, à la fraction du pain, « mais il avait disparu de devant eux. » (Lc, 24, 31). Une présence retrouvée, à vivre désormais dans l’absence. Le Christ ressuscité se tient dans un mouvement ascendant, qui est déjà, le signe de l’ascension. Au sommet des deux lancettes de gauche et de droite, les anges évoquent déjà le monde céleste.

Le troisième registre est une représentation très originale de l’ascension. Les apôtres, troublés et déconcertés, se tiennent les yeux tournés vers le ciel, certains levant les bras comme pour retenir le Christ. Ils sont douze, comme si Judas avait déjà été remplacé. Quant à Jésus, nous n’apercevons plus que ses pieds et ses jambes, son torse et son visage étant déjà dans la nuée. De part et d’autre se tiennent deux anges qui semblent

s’adresser aux apôtres. « Tandis que les Apôtres le regardaient, il s’éleva, et une nuée vint le soustraire à leurs yeux. Et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s’en allait, voici que, devant eux, se tenaient deux hommes en vêtements blancs, qui leur dirent : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel. » (Ac, 1, 9-11)

Nous voilà au cœur de la foi, comme nous le proclamons dans le credo : « Crucifié pour nous sous Ponce Pilate,
il souffrit sa passion et fut mis au tombeau.
Il ressuscita le troisième jour, conformément aux Écritures,
et il monta au ciel ; il est assis à la droite du Père. »

Je considère les divers mystères évoqués par le verrier…

Je me tiens, d’abord, devant le tombeau vide, comme les gardes, comme les femmes arrivant au tombeau.

M’arrive-t-il de vivre l’absence du Seigneur, la confrontation à une forme de silence de Dieu ?

Je contemple ensuite le Christ ressuscité, à jamais présent. Les pèlerins d’Emmaüs retrouvent Jésus par sa Parole, puis par le pain rompu de l’eucharistie, où le Christ se rend « réellement présent ».

Et moi, comment est-ce que je vis la présence du Seigneur dans sa Parole et dans les sacrements ?

Je médite maintenant le mystère de l’ascension, Jésus qui n’est plus parmi nous, mais qui reste présent d’une manière renouvelée. J’intériorise quelques paroles du Christ :

Le dernier verset de l’évangile de Matthieu. « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint esprit et leur apprenant à observer tout e que je vous ai prescrit. Et voici que je suis avec vous pour toujours, jusqu’à la fin du monde ». (Mt, 28, 19).

Quand je serai parti vous préparer une place, je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi. » (Jn, 14,2-3)

Je m’adresse au Seigneur, simplement, me tenant comme son enfant. Je peux rendre grâce pour sa présence à mes côtés, lui partager les moments plus difficiles où je me sens seul, et lui présenter celles et ceux qui, aujourd’hui, ont particulièrement, besoin de sa présence.

Nous partageons cette prière proposée par les évêques de France.

Notre fête de ce jour
monte vers Toi, Dieu notre Père.
Tous nos silences,
nos chants et nos paroles,
sont tendus vers Toi
et participent à la louange
de toute la création.
Tu as rappelé à Toi
Ton Fils Jésus-Christ
par qui nous fut donné
Ton Salut.
Il retourne aujourd’hui
partager ta gloire.
Dans ce mouvement
Qui l’entraîne avec Lui,
pour que soit donné
Ton souffle à notre humanité.
Ainsi nous pénétrons
dans le mystère de ton Fils.
Nos yeux ne peuvent plus voir,
mais nous savons que son retour
est déjà commencé ;
Sa disparition crée en nous
le vide de l’amour,
Mais nous savons que par notre amour
nous lui redonnons son visage.
Par cet amour nous demeurons en Lui
et par lui nous demeurons en toi.
Il nous rassemble en ce jour
Et c’est par son Esprit
Que notre communion acclame Ta gloire.

Prière extraite du livre « Reste avec nous » de François Chagneau

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Le message premier

La paix soit avec vous, tous !

Nous célébrons le début du pontificat de Léon XIV et accueillons son message pour l’Eglise.Que le Seigneur le bénisse et que l’Esprit nous inspire et nous soutienne avec lui.

Je me dispose à ce temps de prière en communion avec tous les Chrétiens qui ouvrent cette nouvelle page de l’Eglise. Je fais silence en moi.

Je lis et laisse résonner en moi ces paroles des premières interventions de Léon XIV.

Je reçois ces mots, ils me concernent et m’appellent. Je les médite. Dans ma vie, dans mon quotidien là où je suis, dans mes engagements, ma famille, ma vie professionnelle, amicale que peuvent-ils évoquer concrètement? Quels pas faire ? Comment entretenir et nourrir notre âme de disciple ?

Je me rappelle la manière qu’avait Jésus de regarder, d’écouter, de parler.

Je contemple certains de ses gestes et me laisse inspirer et bousculer par lui.

Quelles paroles de Jésus ai-je envie de garder comme fil rouge ?

« Sans peur » est repris souvent dans ces premières paroles; en effet nous sommes en communion avec nos frères, nous prions ensemble et nous nous soutenons. Nous sommes le corps du Christ.Quelle « mission » pour moi et avec ceux de ma paroisse? de mon mouvement?

Je peux prier en chantant:

REFRAIN
Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix,
Un instrument de ta paix !
1
Là où se trouve la haine, que je mette l’amour !
Là où se trouve l’offense, que je dise le pardon !
2
Là où se trouve la discorde, que je fasse l’union !
Là où se trouve l’erreur, que j’annonce la vérité !
3
Là où se trouve le doute, que j’éveille la foi !
Là où tout est désespoir, que je chante l’espérance !
4
Là où se trouve la tristesse, que j’apporte la joie !
Là où se trouvent les ténèbres, que je mette la lumière !

« Jubilez ! » … Prier avec un chant

J’entre dans la prière ; je me mets en présence du Seigneur et lui demande de pouvoir entrer dans la louange.

J’écoute ce chant interprété par l’ensemble Resurrexit.

Je reprends les paroles de ce chant pour les méditer.

« Je suis la lumière de monde. Celui qui vient à ma suite ne marchera pas dans les ténèbres ; il aura la lumière qui conduit à la vie. » Jean 8, 12

En ce temps pascal, je fais venir à ma mémoire les instants de lumière, les petits gestes qui donnent vie, les moments de paix et de joie partagés. Alleluia 

Trinité miséricordieuse

« Je ne suis pas venu pour juger le monde, je suis venu sauver le monde »Jean 12,47

En ce temps pascal, je goûte la joie d’être sauvé. Je laisse remonter les paroles de réconciliation, les gestes de pardon et de miséricorde, tout ce qui construit la paix. Alleluia !

« Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. » Jean 13,34

En ce temps pascal, je me souviens de ce que le Seigneur a fait pour moi, dans son amour. Je me réjouis pour tous ceux qui donnent de l’affection, du réconfort, du temps, de l’argent, de la solidarité… à ceux qui en ont besoin. Alleluia 

Je termine ce temps en reprenant une prière de saint Léon 1er le Grand (pape de 440 à 461) : 

« Mes bien-aimés, rendons grâce à Dieu le Père par son Fils, dans l’Esprit-Saint, à lui qui, poussé par l’immense miséricorde dont il nous a aimés, a eu pitié de nous ; Et, comme nous étions morts dans nos péchés, il nous a rendu la vie dans le Christ, pour que nous soyons en lui une nouvelle création, une nouvelle œuvre de ses mains… Souviens-toi qu’arraché à la puissance des ténèbres, tu as été transporté dans la lumière du Royaume de Dieu. Par le sacrement du baptême, tu es devenu le temple de l’Esprit Saint. »

Je confie ma vie au Seigneur pour qu’il la sanctifie et je confie le pape Léon XIV, en ce début de pontificat,  pour qu’il aide l’Eglise à être source  de joie pour le monde.

Prier avec Saint Etienne

La liturgie de la semaine nous fait réentendre, dans les Actes des Apôtres, la vie d’Etienne, le Patron de la cathédrale de Bourges. Nous pouvons, à cette occasion, méditer devant quelques images de la cathédrale.

         Je me dispose à la prière, désireux de rencontrer le Seigneur au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Je me tourne vers lui, comme Etienne, sous l’impulsion de l’Esprit Saint et murmure « me voici ». Je demande la grâce de suivre le Christ.

Je me tiens devant ce haut relief du portail St Etienne de la façade ouest de la cathédrale. Sept hommes (qu’on ne nomme pas encore des diacres, mais qui en sont l’origine) sont appelés, par deux apôtres, pour répondre aux services nécessaires dans la première Église.Etienne, « homme rempli de foi et de l’Esprit Saint » (Ac, 6, 5) est l’un des leurs.

Je peux considérer les divers ministres, les laïcs engagés qui, aujourd’hui, servent l’Église et prier pour que l’Église d’aujourd’hui se montre inventive pour assumer les besoins du monde contemporain, en vue de l’annonce de la Parole, et du service de la charité, la « diaconie ».

Je contemple maintenant une scène du vitrail consacré à St Etienne, dans la chapelle de la Bonne Mort, première des chapelles du côté sud.

Etienne annonce vigoureusement la Parole, devant les docteurs de la Loi juive. « Cet individu ne cesse de tenir des propos contre ce saint lieu et contre la Loi. » (Ac, 6, 13).

Le paysage suggère, sur la gauche, par un arbre mort, la Loi insuffisante pour le salut, tandis qu’au centre s’élève l’arbre vert et abondant en fruits de la Nouvelle Alliance.
 

Et moi, aujourd’hui, quelles paroles est-ce que j’ose prononcer dans une société peu préparée à recevoir l’évangile ?

Revenant au portail de la façade, je considère quelques scènes du martyr d’Etienne.

Alors que les bourreaux brandissent des pierres pour le lapider, je m’arrête sur le visage d’Etienne tout entier tourné vers le Christ. « Tout rempli de l’Esprit Saint, il fixa son regard vers le ciel ; il vit alors la gloire de Dieu t Jésus debout à la droite de Dieu. » (Ac, 7,55). Et moi, dans les épreuves que je peux traverser, est-ce que je garde mon regard fixé sur le Christ ?

J’examine un instant la foule, tournant des regards haineux vers Etienne, préparant de quoi le frapper. Et moi, mon regard est-il toujours pur ? Ne suis-je pas tenté, parfois, de régler des comptes ?

         Je me tourne maintenant vers la grande verrière surmontant le chœur.

Etienne, sur la droite, présente la cathédrale à Marie portant Jésus dans ses bras. Etienne se fait notre intercesseur vers le Christ.

« Seigneur Jésus, reçois mon esprit » (Ac, 7,59) s’écrie-t-il au moment de sa mort. Je peux alors méditer sur la place des saints dans ma vie de foi. Comment m’aident-ils à me tourner vers le Christ ?

Je prends maintenant un temps de dialogue avec le Seigneur. Je lui rends grâce pour sa présence, lui présente, peut-être, les pierres qu’il m’arrive d’avoir envie de lancer. Je lui confie aussi ceux qui ont, aujourd’hui, besoin de son secours, recourant, si je le souhaite, à l’intercession de Marie ou d’un saint.

Faisant mémoire de la demande d’Etienne, reprise de celle du Christ en croix, « Seigneur ne leur impute pas ce péché » (Ac, 7, 60), je dis cette prière de St Anselme de Canterbury (1033-1109).

« Étienne, et vraiment Étienne parce que vraiment couronné (Stephanos signifie « couronne » en grec), dis à Celui qui t’aime et que tu aimes : Seigneur, ne lui compte pas ces péchés (Ac 7, 60). Dis-Lui, pour le pauvre qui te supplie, ce que tu as dit pour le peuple qui t’a mis à mort. Que parle seulement ta charité, et je suis certain que Dieu très bienveillant pardonnera tous mes péchés. Car Il est miséricordieux, mon Créateur, et moi malheureux, sa créature, et toi l’ami bien-aimé de Celui qui est béni dans les siècles (Rm 1, 25). Seigneur, ne leur compte pas ce péché. Homme bienheureux, quelle espérance tu donnes aux pécheurs,

tes amis, quand ils entendent dire que tu as montré pareille sollicitude pour des impies, tes ennemis ! Seigneur, ne leur compte pas ce péché. Comment répondra-t-il, quand il est invoqué, celui qui excusait ainsi, quand il était provoqué ! De quelle bienveillance couvera-t-il les humbles, lui qui est maintenant glorifié, celui qui secourait ainsi les superbes alors qu’il était humilié ! Avec quelle promptitude délivrera-t-il les affligés, celui qui, aujourd’hui libéré avec puissance, hier venait ainsi en aide à ceux qui l’affligeaient ! Eux se pressaient d’ôter ton âme, toi tu t’efforçais de rendre vie à leur âme. Amen. »

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.