Je me dispose à la prière en me mettant à l’écart. Je prends le temps de m’installer à l’intérieur de moi-même, là où je sais que le Seigneur m’attend. Je demande la grâce de demeurer en lui.
Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.
En ce temps estival, où beaucoup ont la chance de pouvoir faire une pause, je suis néanmoins rejoint par les bruits du monde, où l’actualité ne fait pas de pause…
Je pense tout particulièrement à la situation à Gaza ou en Ukraine. Comment ne pas sombrer dans le désespoir, comment ne pas désespérer de l’homme ?
L’actualité a rarement été sereine, et je médite devant quelques tapisseries du Chant du monde de Lurçat, créées peu d’années après la tragédie d’Hiroshima, survenus, voilà 80 ans les 6 et 9 Août 1945.
Lurçat évoque d’abord le cataclysme nucléaire.
Cette évocation violente associe les victimes humaines, à des animaux, des éléments végétaux carbonisés. Je prie pour les victimes innocentes des conflits d’aujourd’hui, comme pour les innombrables dégâts infligés à la nature par les armes modernes.
Mais, bien vite, Lurçat choisit l’espérance, croyant en la venue d’un nouvel humanisme, dans sa lumineuse tapisserie, l’homme nouveau.
Je m’arrête sur cette silhouette lumineuse. Le feu qui la traverse n’est plus destructeur, mais source d’énergie, d’espérance en une lumière jamais éteinte. Au-dessus de cet homme, une chouette, antique symbole de la sagesse, qui oriente vers le bien et la vie.
Dans cette même tapisserie, la nature semble revivre, d’un dynamisme renouvelé. Toutes les dimensions de la nature sont présentes : végétation dans une éclosion de fleurs et de feuilles, étoiles colorées animant le cosmos, divers animaux, tels qu’un poisson…
A mon tour j’examine, dans ce monde tourmenté, déchiré, ce qui peut me tenir dans l’Espérance.
Au sommet de cette nature recréée, la colombe. Symbole de paix et, pour le croyant, signe de l’Esprit. La colombe, dans la tapisserie, est au même niveau que la chouette.
Don de l’Esprit et dynamique de l’intelligence humaine, de l’activité humaine, à mettre au service de la vie. Union de la grâce reçue de Dieu et de la tâche confiée à l’homme, pour renouveler l’humanité.
Je considère le dynamisme de l’Esprit en moi, et la contribution, que, personnellement, je peux mettre au service de la paix.
Cette tapisserie de Lurçat est conservée à Angers, ville où est aussi exposée la grande tapisserie de l’Apocalypse du XIVème siècle…
Après les multiples scènes qui suggèrent le mal, nous est donné de contempler la Jérusalem Nouvelle.
Je relis maintenant quelques versets du livre de l’Apocalypse.
« Alors j’ai vu un ciel nouveau et une terre nouvelle, car le premier ciel et la première terre s’en étaient allés et, de mer, il n’y en a plus.
Et la Ville sainte, la Jérusalem nouvelle, je l’ai vue qui descendait du ciel, d’auprès de Dieu, prête pour les noces, comme une épouse parée pour son mari.
Et j’entendis une voix forte qui venait du Trône. Elle disait : « Voici la demeure de Dieu avec les hommes ; il demeurera avec eux, et ils seront ses peuples, et lui-même, Dieu avec eux, sera leur Dieu.
Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur : ce qui était en premier s’en est allé. »
Alors celui qui siégeait sur le Trône déclara : « Voici que je fais toutes choses nouvelles. » Et il dit : « Écris, car ces paroles sont dignes de foi et vraies. »
Puis il me dit : « C’est fait. Moi, je suis l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin. À celui qui a soif, moi, je donnerai l’eau de la source de vie, gratuitement.
Tel sera l’héritage du vainqueur ; je serai son Dieu, et lui sera mon fils. »
Nouveauté d’un monde recréé : ciel nouveau, terre nouvelle, Jérusalem nouvelle, je fais toutes choses nouvelles.
Nouveauté d’un monde retrouvant l’unité : image des noces, « ils seront ses peuples ».
Nouveauté d’un monde qui échappe à la douleur : « ni deuil, ni cri, ni douleur… »
Ce monde n’est pas seulement promis pour l’au-delà…
Est-ce que je crois, dans l’Espérance, qu’un renouveau est possible dès ici-bas, et que je peux en être, à ma mesure, l’artisan…
Je prends enfin un temps de dialogue avec le Seigneur qui demeure avec moi. Je lui confie les détresses du monde d’aujourd’hui. Je lui confie aussi mes propres détresses, dans l’Espérance d’une possible nouveauté.
A ce Dieu qui veut nous rassembler, je dis : « Notre Père… »
Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.