Accueillir la grâce de l’amour de Dieu comme la femme adultère

Jean 8 ; 1-11 traduction, Bible Liturgique

« Dès l’aurore, Jésus retourna au Temple. Comme tout le peuple venait à lui, il s’assit et se mit à enseigner. Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu’on avait surprise en situation d’adultère. Ils la mettent au milieu, et disent à Jésus : « Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère.  Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, que dis-tu ? » Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus s’était baissé et, du doigt, il écrivait sur la terre. 

Comme on persistait à l’interroger, il se redressa et leur dit : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. » Il se baissa de nouveau et il écrivait sur la terre. Eux, après avoir entendu cela, s’en allaient un par un, en commençant par les plus âgés. Jésus resta seul avec la femme toujours là au milieu.  Il se redressa et lui demanda : « Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t’a condamnée ? » Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »

La scène se passe donc dans le temple. C’est le lieu du culte, de la prédication, de la transmission de la foi. Jésus y enseigne et y est reconnu comme « maître ». Les scribes et les pharisiens, ceux qui viennent le mettre au défi le nomme « Maître ».

Jésus est reconnu dans son autorité à travers son enseignement. La femme, elle, est réduite à son adultère, elle est humiliée, trainée, rabaissée au niveau de la terre, de l’ « humus ». D’ailleurs, elle ne porte même pas de nom. Le tribunal populaire est en place.

Nous sommes dans le temple lieu où la loi de Moïse est annoncée. Les scribes et les pharisiens connaissent la loi, ils citent la loi de Moïse. Mais que dit cette loi en vérité? Dans le Lévitique Ch. 20, verset 10, il est écrit : « Si un homme commet un adultère avec une femme mariée, s’il commet un adultère avec la femme de son prochain, l’homme et la femme adultères seront punis à mort ».

Mais ici, où est l’homme ? Cette femme n’a pas agi seule et cependant elle est seule à être ciblée. Cette femme n’est finalement qu’un objet pour tendre un piège à Jésus, pas pour respecter la loi, car Jésus commençait à être dangereux pour les autorités juives. Et Jésus le comprend bien. Alors il prend du recul par rapport à la loi et aux accusateurs. Il se donne un temps de réflexion. Jésus ne répond pas à la question que lui posent les pharisiens puisque cette question en cache en vérité une autre qui  n’est pas très honnête en fait … 

Alors Jésus s’abaisse, au niveau de la femme dans « son humus » et se met à écrire sur la terre.  Il se met à l’écart de ce tribunal populaire.

Mais ils insistent ces pharisiens. Ils n’ont peur de rien. Alors Jésus les renvoie à leur propre vie. Il utilise le mot « péché ». Jésus ne les place plus devant la loi, la loi de Moïse,  mais devant Dieu. « Que celui qui est sans péché …. »

Et pour la deuxième fois, Jésus s’incline. Il ne porte aucun regard sur la femme, par discrétion, par humanité. Comme le souligne le livre de la Sagesse, « Dieu ferme les yeux sur nos péchés pour que nous nous repentions ». (Sg 11,23)

Mais, qu’écrit-il ? Je fais un rapprochement avec les tables de la loi données à Moïse. Dans le décalogue, c’est Dieu qui écrit sur des tables de pierre sur le mont Sinaï. C’est Dieu qui écrit les 10 commandements  environ 1500 ans avant JC. Alors, si cette femme avait été jugée selon la loi que Dieu écrivit lui aussi avec son doigt, elle devait mourir.

Un silence pesant envahit la foule…  La parole de Jésus porte du fruit. Le procès se déplace. Les accusateurs deviennent des accusés. Sans mots les scribes et les pharisiens quittent le tribunal. Sans doute les plus âgés avaient plus de choses à se faire pardonner. La femme, elle,  est toujours là. Elle n’a pas bougé comme une chose. Aurait-elle pu partir ? Sans doute !

Pour la seconde fois Jésus se redresse. Pour la première fois dans la scène quelqu’un s’adresse à la femme. Elle n’est plus une chose mais une personne. « Femme, où sont ceux qui t’accusaient ? lui demande Jésus.  Personne ne t’a donc condamnée ? » Pour la première fois quelqu’un lui accorde le droit de parler. Elle répond : « Non Seigneur ! »

Jésus a décidé de sauver cette femme parce qu’il est venu pour sauver les pécheurs « Je ne suis pas venu pour les justes mais pour les pécheurs. ».  « Je ne suis pas venu abolir la loi mais l’accomplir ». La loi de Moïse vient d’être accomplie, changée par la loi de l’amour, par la loi de la grâce et de la foi. Cette femme a été sauvée par la grâce de l’amour de Dieu  parce que Jésus est venu porter tous les péchés du monde. Et cette fois c’est Jésus, le Christ qui vient écrire sur la terre une nouvelle loi devant la femme surprise en adultère. Jésus écrit sur la terre  avec son doigt avant de juger la femme : c’est une loi de pardon, c’est une loi d’amour.

Prier pour la mission de l’Église

La semaine du 12 au 19 octobre est la semaine missionnaire mondiale. Nous relisons des extraits du message du Pape François, qui, dans le cadre de l’année jubilaire, avait choisi le thème « Missionnaires de l’Espérance parmi les peuples. ».

Je me dispose à la prière, en me rendant attentif à ce que je perçois. Que vois-je dans le lieu que j’ai choisi pour ma prière, quels sons me parviennent…Je prends aussi conscience des préoccupations qui m’habitent. Puis je dépose le tout auprès du Seigneur, désireux de me rendre disponible. Je demande la grâce de me tenir dans l’Espérance.

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

         Je lis des extraits du message du Pape François.

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Pour la Journée mondiale des missions de l’Année jubilaire 2025, dont le message central est l’espérance (cf. Bulle Spes non confundit, n. 1), j’ai choisi cette devise : « Missionnaires de l’espérance parmi les peuples ». Elle rappelle à chaque chrétien et à l’Église, communauté des baptisés, la vocation fondamentale d’être, à la suite du Christ, des messagers et des bâtisseurs d’espérance. Je souhaite à tous un temps de grâce avec le Dieu fidèle qui nous a fait renaître dans le Christ ressuscité « pour une vivante espérance » (cf. 1 P 1)

À travers ses disciples, envoyés à tous les peuples et accompagnés mystiquement par Lui, le Seigneur Jésus poursuit son ministère d’espérance pour l’humanité. Il se penche encore sur chaque personne pauvre, affligée, désespérée et rongée par le mal, pour verser « sur ses plaies l’huile de la consolation et le vin de l’espérance » (Préface “Jésus le bon Samaritain”).

Face à l’urgence de la mission de l’espérance aujourd’hui, les disciples du Christ sont appelés en priorité à se former pour devenir des “artisans” d’espérance et des restaurateurs d’une humanité souvent distraite et malheureuse. À cette fin, il faut renouveler en nous la spiritualité pascale que nous vivons à chaque célébration eucharistique et surtout durant le Triduum pascal, centre et sommet de l’année liturgique.

Nous sommes baptisés dans la mort et la résurrection rédemptrice du Christ, dans la Pâque du Seigneur qui marque le printemps éternel de l’histoire. Nous sommes alors “des personnes du printemps”, avec un regard toujours rempli d’espérance à partager avec tous, parce que dans le Christ « nous croyons et savons que la mort et la haine ne sont pas les dernières paroles » sur l’existence humaine

Les missionnaires de l’espérance sont des hommes et des femmes de prière, parce que « la personne qui espère est une personne qui prie », comme le soulignait le vénérable Cardinal Van Thuan

Renouvelons donc la mission de l’espérance à partir de la prière, surtout celle faite de la Parole de Dieu et en particulier des Psaumes, qui sont une grande symphonie de prière dont le compositeur est l’Esprit Saint (cf. Catéchèse, 19 juin 2024). Les Psaumes nous éduquent à espérer dans l’adversité, à discerner les signes d’espérance et à avoir un constant désir “missionnaire” que Dieu soit loué par tous les peuples (cf. Ps 41, 12 ; 67, 4).

En priant, nous gardons allumée l’étincelle de l’espérance, allumée par Dieu en nous, pour qu’elle devienne un grand feu qui illumine et réchauffe tout autour, y compris par des actions et des gestes concrets inspirés de la prière.l

« Le Seigneur Jésus poursuit son ministère d’espérance pour l’humanité. Il se penche encore sur chaque personne pauvre… ». Je peux faire mémoire de récits évangéliques, où je contemple Jésus secourir diverses personnes vulnérables.

« Nous sommes alors “des personnes du printemps”, avec un regard toujours rempli d’espérance à partager avec tous ». Face aux tribulations du monde, aux difficultés que je perçois dans mon environnement proche, quels signes d’Espérance puis-je repérer ? Quels signes d’Espérance puis-je donner ? Je peux méditer deux haïkus japonais qui peuvent m’aider à devenir une « personne de printemps ». « Et pourtant, les cerisiers sont en fleur. » / « Je marche sur le toit de l’enfer et j’aperçois une fleur. »
 

« La personne qui espère est une personne qui prie ». Je considère ma prière. Quelle place y tient l’Espérance ?

Je prends un temps de dialogue avec le Seigneur. Je prie pour les situations difficiles dont je suis témoin.

Je lui confie les personnes fragiles que je connais. Je lui confie l’Église pour qu’elle travaille inlassablement à se faire artisan d’Espérance.

Je termine en disant la prière préparée pour la semaine missionnaire mondiale.

Ô Christ, notre Espérance,
en cette année de grâce jubilaire pour toute l’Église,
Tu nous appelles inlassablement
à nous mettre en chemin sur tes pas.
Rends-nous disponibles pour répondre à ton appel en tout lieu et toute circonstance.

Ô Christ, Consolateur,
Toi qui veilles sans cesse sur notre humanité
et ne souhaites oublier personne,
donne-nous un esprit de service et de compassion.

Que l’amour débordant de ton cœur nous rende proches
et attentionnés pour nos frères et sœurs, en particulier les
personnes isolées, blessées, fragilisées, les minorités ethniques
et nos frères chrétiens persécutés dans de nombreux pays.
Ô Christ, Source d’eau vive,
fais de nous des hommes et des femmes de prière
qui gardent allumée l’étincelle de l’espérance.
Donne-nous en particulier d’accueillir et d’accompagner
les catéchumènes dont la foi brûlante
est une bénédiction pour ton Église.

Ô Christ, Fils bien-aimé du Père,
que nos communautés chrétiennes puisent dans la grâce du Mystère Pascal et de tes Sacrements la force de l’Esprit Saint pour devenir à ta suite missionnaires de l’espérance parmi les peuples.
Amen

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.




Psaume 1

Heureux est l’homme qui met sa foi dans le Seigneur

Le psautier s’ouvre par une Béatitude : « Heureux est l’homme qui… » Aujourd’hui, nous sommes invités à prier avec ce psaume, méditation sur la vie de l’homme…

Je prends un temps à l’écart, dans le calme, et éloigne de moi les préoccupations de ce jour…je respire profondément, calmement et, faisant le signe de Croix, me tourne vers le Seigneur…

Que ce temps, Seigneur, soit un moment privilégié avec Toi, à ton écoute…éclaire mon cœur et mon esprit…

Je lis le psaume une première fois, attentif.ve à son sens, à sa structure, aux mots, aux tournures…

Deux chemins sont évoqués :

celui des pécheurs et celui des justes…sorte « d’alternative » : Heureux le juste qui n’entre pas… ne suit pas… ne siège pas avec les méchants…se plaît dans la loi du Seigneur, la murmure… Malheureux le méchant…le pécheur…celui qui ricane…

« Le Seigneur connaît le chemin des justes,
mais le chemin des méchants se perdra. » (v.6)

Deux images sont suscitées :

L’arbre, planté près d’un ruisseau, solide, enraciné dans la terre et l’eau, qui donne du fruit… La paille, reste de moisson, qui ne « fait pas le poids », abandonnée au vent qui la balaie…

Je relis le psaume en le murmurant, me laissant rejoindre par lui… Qu’est-ce que cela évoque pour moi ? Qu’est-ce qui me touche ? Ce qui a du goût pour moi ?Quels points de vigilance ? Quels appels ?

Quel est mon désir ? Est-ce que je veux mettre mes pas dans les siens ou suivre mes idoles ? Persévérer ou me laisser aller ? Que vais-je garder en mon cœur ?

Je parle au Seigneur de ce qui m’habite, comme à un ami… Je peux lui demander la grâce de son aide… « Le Seigneur connaît le chemin des justes… »

Puis je termine en union avec mes frères, en priant « Notre Père… »

Prier devant les gestes du potier

Je me mets en présence du Seigneur, lui qui est à l’origine de toutes choses. Le psalmiste le dit :

Je lui demande la lumière de son Esprit pour entrer davantage dans le mystère de ma relation au Père.

  • Je regarde d’abord cette boule de terre d’argile. Au creux de la main, elle est comme une masse informe. Mais elle détient en elle des potentialités, en particulier grâce à son élasticité. Comme l’argile dans la main du potier, nous sommes dans la main de Dieu, avec tout ce qui fait notre chair.

Je présente au Seigneur ce terreau qui est le mien : mon corps, mon hérédité, mon tempérament, mon histoire, mon environnement, mes capacités et mes limites… Je m’offre à lui avec tout ce que je suis.

Je regarde les mains du potier. Elles façonnent l’argile, à la fois  avec délicatesse et fermeté. Ceux qui ont fait l’expérience de travailler ainsi la terre savent ce que cela demande d’attention, d’écoute, de patience pour mener à bien ce modelage. Est-ce que cela évoque pour moi la manière dont le Seigneur me façonne à son image ?
 

Je fais mémoire de moments où j’ai senti l’amour du Seigneur, où je peux dire qu’il était à mes côtés… Je me souviens de paroles qui ont eu de l’importance pour l’orientation de ma vie… de scènes d’Evangile qui m’ont guidé.e… des attitudes du Christ qui m’ont attiré.e …

Je regarde maintenant le pot presque achevé. Je contemple la régularité de sa forme, la pureté de ses lignes, l’harmonie de ses courbes… Je considère son utilité.

Je prends conscience d’être crée par Dieu par amour; d’être appelé à me laisser façonner par lui, pour devenir une créature nouvelle, unifiée, harmonieuse… pour devenir fils ou fille de Dieu à l’image du Christ, le Fils bien-aimé.

Je regarde enfin l’atelier du potier avec toutes ses créations. Elles sont diverses de forme, de couleur…  Chaque pièce est unique ; chaque pièce a sa place spécifique ; chaque pièce a son utilité…

Je m’adresse au Seigneur pour lui dire ce que cette méditation suscite en moi. Dans la confiance, je mets des mots sur ce qui m’habite en vérité.

Et je termine en reprenant la prière des enfants de Dieu : Notre Père

Pause contemplative

J’arrête un peu ou ralentis le temps de temps en temps et prends un moment de contemplation. J’en choisis un adapté à mon agenda.

Krzysztof Baraniak – Carpathes – sep 2025

Qu’est-ce que la contemplation ?

Pour saint Ignace, cette idée est étroitement liée à une autre question: qu’est-ce que la vie ? La contemplation signifie apprendre à observer la vie. Non seulement la vivre, mais la percevoir avec un cœur éveillé.C’est une invitation à contempler avec émerveillement la plénitude de la journée et à observer attentivement chaque instant.

Nous nous posons alors deux questions : « Qu’ai-je vécu ? » et « Comment l’ai-je vécu ? »Cela ouvre un espace pour redécouvrir la journée et y reconnaître ce qui était particulièrement important et significatif à ce moment-là.

Je m’installe dans une position confortable. Je détends mes muscles et laisse mon esprit se calmer. Je respire profondément plusieurs fois. Et je demande à Dieu de m’aider à sentir sa présence en moi et dans ma vie. Ainsi, je me mets entièrement en sa présence et je m’y plonge. Le verset du Psaume 139 peut m’y aider : « Tu me cherches et tu me connais. »

Arvo Pärt -Da Pacem Domine

À travers cet examen, j’essaie de ressentir la vivacité et la plénitude de la présence de Dieu à un moment ou à un autre de la journée.

Je demande au Saint-Esprit de m’éclairer afin que je puisse voir ma journée avec les yeux avec lesquels Dieu la voit. Je lui demande de me rendre capable de considérer ma vie comme il la considère.

Je laisse défiler toute la journée devant moi. Les moments de prière. Le travail. Les pauses. Je prends conscience de ce qui s’est passé autour de moi, mais aussi de ce qui s’est passé en moi.

Avec Dieu, j’observe comment mon état intérieur a évolué au cours de la journée. Comment est-ce que je me sentais le matin au réveil? Sous la douche, au petit-déjeuner, en m’habillant ? Comment était-ce ensuite pendant les temps de prière, au travail, pendant les différentes pauses ?

Quels sentiments et attitudes intérieures m’ont accompagné.e ?

Je choisis le moment le plus fort de cette journée et j’en parle à Dieu.Quel effet ce moment a-t-il eu sur moi ? Et où était Dieu dans tout cela ?

Burtin
Bénédicte de Dinechin

Quelle attitude intérieure caractérise ma prière et ma méditation ? Est-ce que je tourne en rond autour de moi-même, de mes problèmes, de mon propre moi ? Ai-je tendance à m’évaluer ou à me comparer aux autres ? Ou est-ce que je tourne mon regard intérieur vers Dieu et écoute ce qu’il me dit ? Est-ce que je ressens de la tension ? De la pression ? Peut-être aussi de l’ennui ou de l’agitation ?

Où suis-je porté par la présence de Dieu ? Comment puis-je réagir à ces sentiments ?

Maintenant, avec Dieu, je tourne mon regard vers l’avenir, vers demain. Je me demande : comment est-ce que je veux vivre la journée à venir ?

Je demande à Dieu la grâce et la vertu dont j’ai besoin pour y parvenir avec son aide. Si j’ai le sentiment d’être appelé à quelque chose, je peux faire une petite promesse pour le lendemain.Et je demande à Dieu de m’aider à tenir cette promesse.

À la fin de l’examen, je fais un petit geste, comme je le ferais dans mes prières, pour terminer la journée avec gratitude et remettre doucement tout ce qui s’est passé entre les mains de Dieu.

Je termine en priant :Seigneur, tu gardes mon âme.

Méditer avec le récit de la pécheresse pardonnée

M’installant au calme, pour un temps d’écoute de la Parole, je prends le temps de faire silence en moi. Attentif à ma respiration, j’inspire et j’expire plusieurs fois, sans forcer mon souffle.    Je dépose mes préoccupations et me rends disponible. « Seigneur, me voici. Je sais que tu vas m’accueillir tel que je suis. ». Je demande la grâce de me présenter simplement et confiant devant Jésus. Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

La liturgie de jeudi dernier nous a donné de relire ou réentendre l’évangile de la pécheresse pardonnée. (St Luc, 7, 36-50)

Ph de Champaigne

Je prends le temps de lire cette longue page d’évangile. Devant ce texte très riche, je suis attentif aux différents personnages, à leur posture, à leurs paroles.
 

J’imagine la femme pécheresse. « Elle se tenait derrière lui, près de ses pieds… ». Je suis sensible à une forme de discrétion (« derrière lui ») et d’humilité (« près de ses pieds ».) En même temps, les gestes qu’elle pose, publiquement, témoigne d’une forme d’audace tout en soulignant son grand respect pour Jésus.

Tout en sachant sa condition, tout en portant son péché, elle ose s’approcher et toucher Jésus. Et moi, comment est-ce que j’aborde Jésus ? Est-ce que j’ose m’approcher de Lui ? De quels signes de respect et de reconnaissance suis-je prêt à témoigner publiquement ?
 

BOUTS, Dieric the Elder
(b. ca. 1415, Haarlem, d. 1475, Leuven)


J’imagine maintenant Simon le Pharisien. Je perçois, à travers ses paroles, son étonnement, sa réprobation, son mépris pour cette femme et le jugement qu’il porte. Et moi, que puis-je dire du regard que je porte sur autrui ? Suis-je libre du tout jugement hâtif ? Est-ce que j’échappe à la tentation de l’exclusion, de la stigmatisation ?

James Tissot

Je regarde maintenant et j’écoute les paroles de Jésus. Je m’arrête un instant sur la façon dont il introduit son propos. « Simon, j’ai quelque chose à te dire. »…

Et moi, dans ma prière, est-ce que je me rends disponible à ce que Jésus veut me dire. Puis-je entendre pour moi cette phrase de Jésus : « j’ai quelque chose à te dire. »

Puis je laisse retentir en moi le cœur de cette page évangélique.

« Ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés,
puisqu’elle a montré beaucoup d’amour. »

Puis-je intérioriser, pour moi, cette affirmation de Jésus. « Mes péchés, mes nombreux péchés sont pardonnés parce que j’ai montré beaucoup d’amour ? »

Je prends maintenant le temps d’un cœur à cœur avec le Seigneur. Je lui partage ma facilité à m’adresser à lui, mes peurs, peut-être, ma difficulté à témoigner publiquement de ma foi…

Je termine en disant le Notre Père, m’arrêtant plus longuement sur la demande de pardon.

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Prier avec les vitraux de Kim en Joong

Kim en Joong est un artiste contemporain. Né en en Corée du Sud en 1940, il s’installe en Suisse en 1969 et rentre chez les Dominicains. La peinture le conduit à l’art du vitrail.

Contemplons quelques vitraux tirés de l’exposition « Les couleurs de l’invisible », actuellement  au château de Chambord.

Je me mets en présence du Seigneur et lui demande la grâce de me laisser attirer vers lui.

  • Je me pose devant ces vitraux.

Vers quoi est attiré mon regard ? Quelle impression ? Qu’est-ce que cela provoque en moi ?

Je regarde la composition les lignes, les couleurs, la lumière… Sur l’un d’eux sont écrits deux mots de François Cheng : « Ouverture – Elévation ». Ces vitraux me conduisent-ils à ouvrir mon regard, à l’élever vers l’au-delà ?

Je me tiens humblement devant Celui qui est le Tout Autre. Celui qui se révèle dans le profond silence. Une présence réelle qui nous dépasse, que l’on ne peut saisir mais qui transfigure toute chose.

Par l’imagination, je peux me représenter un monde sans lumière ; puis prendre conscience de ce que produit la lumière, me souvenir de moments où cette lumière donne accès à la beauté, à la paix et la plénitude…

Je considère ce qui illumine ma propre vie ; je me remémore des instants de lumière avec la joie qu’ils procurent…

J’entends les paroles de l’Evangile et les médite :

Je rends grâce au Seigneur pour ce qu’il est. Je lui dis mon désir de vivre dans sa lumière et lui demander la grâce de ne jamais être séparé de lui. Je lui confie ma vie pour qu’elle soit lumière pour les autres. Alors que nous venons de célébrer la croix glorieuse, j’écoute le chant : « Dieu est amour, Dieu est lumière »

Je termine par un Notre Père.

Psaume 150

Que tout être vivant chante louange au Seigneur

Louez Dieu dans son temple saint,
louez-le au ciel de sa puissance ;
louez-le pour ses actions éclatantes,
louez-le selon sa grandeur !
Louez-le en sonnant du cor,
louez-le sur la harpe et la cithare ;
louez-le par les cordes et les flûtes,
louez-le par la danse et le tambour !
Louez-le par les cymbales sonores,
louez-le par les cymbales triomphantes !
Et que tout être vivant
chante louange au Seigneur !

Aujourd’hui, je me prépare à prier le Seigneur. Je prends de grandes respirations, calmement, longuement et j’évacue toutes les tensions et les pensées qui m’occupent l’esprit. Je fais silence en moi et demande la grâce de me disposer à la louange .

J’écoute et je reprends en moi-même les versets du psaume 150 proposé aujourd’hui par l’Eglise et rejoins la multitude des Chrétiens qui prient et louent le Seigneur.

Peut-être les soucis, les préoccupations, les événements du monde ne m’inclinent pas à la louange. Alors je peux ruminer ces passages de St Paul proposés aujourd’hui:

Frères,puisque vous avez été choisis par Dieu,que vous êtes sanctifiés, aimés par lui,Vivez dans l’action de grâce.[…]

revêtez-vous de tendresse et de compassion, de bonté, d’humilité, de douceur et de patience.[…] Par des psaumes, des hymnes et des chants inspirés, chantez à Dieu, dans vos cœurs, votre reconnaissance.

  • Je prends le temps de me remémorer : de la tendresse reçue, de la compassion, de la bonté envers moi, de la patience et de l’humilité, des pardons reçus. Et je peux exprimer mon action de grâce pour tous ces dons, présence visible de l’amour du Père qui me communique sa vie et sa joie. En écoutant l’Evangile de ce jour, de Saint Luc, je peux dire: J’ai demandé et j’ai reçu, je n’ai pas été jugé.e, ni condamné.e, j’ai été aimé.e.

Et je peux chanter alors sa louange en contemplant ces oeuvres .

  • Je peux aussi exprimer ma prière de demande: devenir davantage « eucharistique »; trouver ainsi la présence de Dieu dans ma vie , tout au long des journées, et aussi dans le monde; vivre dans l’action de grâce et partager dans ma vie quotidienne la grâce que je reçois.

Et pour conclure ma prière je peux chanter « Gloire à Dieu »

Prier avec les Très Riches Heures du Duc de Berry

Je me mets à l’écart, pour prendre un temps qui « rompe » avec mon activité quotidienne. Pourtant, tout en prenant cet utile recul, je porte aussi mon quotidien dans la prière, demandant au Seigneur la grâce d’unifier ma vie, et, selon l’expression de Saint Ignace, de trouver Dieu en toutes choses.

         Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Méditons à partir d’une page des Très Riches Heures du Duc de Berry, qui, avant les textes bibliques, évoquent, la vie de tous les jours, au fil de l’année, dans une société essentiellement rurale.

Les Très riches Heures du Duc de Berry sont l’un des plus prestigieux exemples des livres d’heures enluminé. Commandé par le Duc de Berry en 1410, cet ouvrage fut exécuté à Bourges dans l’atelier des Frères Limbourg.

Le Livre d’Heures s’ouvre sur un calendrier. Chaque mois est illustré par une scène de la vie quotidienne en rapport avec la saison. En vis-à-vis sur la page de droite, le calendrier des saints et des fêtes chrétiennes.

En ce temps de rentrée, nous contemplons l’enluminure illustrant le mois de Septembre.

Je prends le temps d’observer cette miniature. Son organisation, sa composition. Les couleurs. Le paysage. Les activités, mettant en scène personnages et animaux.
 

En haut de la miniature, comme pour chaque mois, une évocation du zodiaque, sur la voute céleste parsemée d’étoiles, et une représentation de l’écoulement du temps, en recourant à la mythologie :

Appolon – dieu du soleil chez les Grecs- conduit le char du temps…On repère aussi les deux signes du zodiaque de septembre, la vierge (sur la gauche) et la balance sur la droite.

Créé par Dieu, l’être humain est engagé dans le temps.

La scène rurale se situe sur un coteau planté de vignes, devant le château de Saumur, terre viticole…Une palissade sépare le château des vignes.

Un château fortifié, juché sur un piton, protégé par des douves, aux fenêtres protégées par des barreaux.

         Et le travail des vendanges…La peine du vendangeur, penché sur le cep, l’effort de la femme qui entraine les bœufs tirant les barriques chargées des raisins, l’attention du vendangeur coupant une grappe, la relâche d’une femme réajustant sa coiffe, puis cet autre vendangeur qui goûte quelques grains…

Le raisin récolté pour fabriquer le vin qui sera conservé au fil des mois…

Je prends maintenant un temps de conversation personnelle avec le Seigneur. Je lui rends grâce pour les dons reçus, pour les initiatives que j’ai pu prendre. Je demande pardon, peut-être, pour des occasions manquées de rencontre, de créativité. Et je prie pour qu’à cette rentrée, je tire parti des fruits récoltés cet été.

Je me mets à l’écoute des paroles du Pape François, lors de l’audience du 10 février 2021.

« Nous avons vu que la prière chrétienne est “ancrée” dans la liturgie. Aujourd’hui, nous mettrons en lumière comment de la liturgie, celle-ci revient toujours à la vie quotidienne : dans les rues, dans les bureaux, dans les moyens de transport… Et là, elle continue le dialogue avec Dieu : celui qui prie est comme un amoureux, qui porte toujours dans son cœur la personne aimée, où qu’il se trouve. En effet, tout est assumé dans ce dialogue avec Dieu : chaque joie devient un motif de louange, chaque épreuve est l’occasion d’une demande d’aide. La prière est toujours vivante dans la vie, comme un feu de braises, même quand la bouche ne

parle pas, mais le cœur parle. (…) A ce propos, le Catéchisme dit : « Nous apprenons à prier à certains moments en écoutant la Parole du Seigneur et en participant à son Mystère pascal, mais c’est en tout temps, dans les événements de chaque jour, que son Esprit nous est offert pour faire jaillir la prière. […] Le temps est entre les mains du Père ; c’est dans le présent que nous le rencontrons, ni hier ni demain, mais aujourd’hui. » (n° 2659). Aujourd’hui, je rencontre Dieu, il y a toujours l’aujourd’hui de la rencontre. »

Je termine en disant le « Notre Père… », m’arrêtant tout particulièrement sur la demande : « donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour… »

         Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Psaume 97

Comme plusieurs des psaumes avant et après celui-ci, le psaume 97 est un chant de louange, qui évoque la victoire de Dieu sur les agresseurs d’Israël (v. 1-3), à laquelle il associe tous les peuples (v. 4-6) et toute la création (v. 7-9) ; ainsi que l’établissement de son royaume de paix.

Dieu s’est rappelé sa fidélité et son amour (v.3) non seulement en faveur d’Israël mais aussi de la terre tout entière. Salut offert par miséricorde en Jésus-Christ, comme Sauveur et non comme juge…

Je prends un temps à l’écart. Je fais silence en moi, et me tourne vers le Seigneur. Je lui demande la grâce d’être attentif.e à sa présence, dans le cœur à cœur…

Je lis le psaume, plusieurs fois, en repérant les expressions, les mots répétés, en accueillant ce que ce poème exprime…

Cette grande joie me rejoint-elle ? Quel écho trouve-t-elle en moi ?

En ce mois de la création, à quoi m’invite cette louange ?

Quels mouvements intérieurs suscite-t-il ? Quel élan m’inspire-t-il ?

Je confie au Seigneur ce qui m’habite, dans la confiance…et lui demande de l’aide si j’en ressens le besoin…sûr.e qu’Il sait ce qui est bon pour moi…

Puis, en communion avec mes frères et sœurs, je m’adresse à Notre Père

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, Amen.