Entrée en Avent. Méditer sur l’attente

Je me dispose à la prière, me retirant à l’écart. En ce début d’Avent, je peux allumer une bougie et en contempler la flamme vacillante et fragile. Je respire lentement et ouvre l’oreille de mon cœur. Je demande au Seigneur de me donner la grâce de l’attente. Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Ce temps de l’Avent est, pour le croyant, temps de l’attente. Quel sens cela a-t-il pour moi ? Quelle fécondité de l’attente pour ma vie de foi ?

Je fais mémoire de situations quotidiennes où j’attends. Comment est-ce que je vis ces situations ? Patience ? Impatience ? Exaspération ? Résignation ? Lassitude ? Découragement ?…

Il peut être aussi des attentes douloureuses.

Je me remémore de pareils instants d’attente, où j’ai pu vivre l’angoisse, l’inquiétude…

Mais il est aussi des moments d’attente confiante, heureuse. Je me les remémore également.

Et moi, comment est-ce que j’aborde ce temps de l’Avent qui est temps de l’attente ? Quels mouvements est-ce que je perçois en moi ?

A mon tour, je m’imagine comme ce veilleur. Je suis dans la nuit, entouré de ténèbres, une obscurité qui peut m’insécuriser, m’inquiéter…Et pourtant, je sais que, selon le rythme de la nature, l’aube va venir. Cette certitude me rend fort, me donne patience, me rend attentif aux signes annonciateurs de la lumière qui vient…La promesse me tient dans l’Espérance.

Ainsi, le jour qui point me trouvera prêt, prêt à me lever, prêt à aller de l’avant, prêt à aller à la rencontre, prêt à agir, prêt à m’engager…

En ce premier dimanche de l’Avent, Matthieu nous redit :

Que puis-je envisager, pour ce temps de l’Avent, afin d’entretenir ma vigilance, pour ne pas vivre ces semaines dans une attente passive.

Je lis ce texte de Jean Debruynne, avant de m’adresser au Seigneur, dans un cœur à cœur.

Et je termine par le Notre Père, où, comme le guetteur veille l’aurore, je guette le Règne de Dieu : « Notre Père, que ton règne vienne… »

         Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Prier avec l’évangile du jour

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (21,1-4)

Ignaz Dullinger

Je me dispose à la prière, prenant un temps de silence pour me rendre disponible au Seigneur. Je ferme les yeux pour me mettre, au creux de mon intériorité, à Son écoute. Je demande au Seigneur la grâce de l’attention. Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Je lis le texte, en imaginant la scène. Jésus est au Temple, où il enseigne. Je vois la foule, le mouvement. J’entends la rumeur de ceux qui vont et viennent. J’entends aussi le bruit les offrandes, les pièces qui tombent dans le grand tronc, avec un bruit métallique. Puis je suis le regard de Jésus. D’abord les gens riches, un groupe sans doute reconnaissable à leurs vêtements de prix…Ils sont nombreux (« les gens riches »), et font preuve d’une générosité ostentatoire. (« leurs offrandes »).   Jésus arrête alors son regard sur une « veuve misérable », dont le veuvage est signifié par son vêtement.

Les veuves sont particulièrement démunies, puisqu’elles ne bénéficient plus du soutien de leur mari. La Bible appelle à de nombreuses reprises à « soutenir la veuve et l’orphelin ».  Les deux petites pièces de monnaie peuvent paraître dérisoires au regard des sommes importantes versées par les riches. Mais Jésus, dans sa déclaration, nous amène à déplacer notre jugement, à ne pas nous arrêter aux sommes versées, mais à la proportionnalité de l’engagement de chacun. « Cette veuve a mis plus que tous les autres… »

James Tissot

« Levant les yeux, il vit (…) il vit aussi… ». Au fil de l’évangile, Jésus est constamment attentif à celles et ceux qui l’entourent, et plus particulièrement attentif à ceux qui sont peu considérés, voire exclus. Et moi, sur quoi, sur qui est-ce que porte mon regard ? A quoi, à qui suis-je attentif ?

Le temps de l’avent est le temps des sollicitations de diverses associations. Comment est-ce que je perçois ces appels ? Quels sont les critères de discernement auxquels je recours pour décider des dons que je peux faire ?
 

« Elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle avait pour vivre. ». L’engagement de cette pauvre veuve est considérable. Et moi, comment est-ce que j’accueille la radicalité des appels évangéliques ?
 

Je relis le texte de l’évangile, et je m’entretiens avec le Seigneur, avec confiance. Je peux rendre grâce pour la générosité qui continue de s’exercer dans un environnement social qu’on dit individualiste, pour tant de bénévoles qui s’engagent dans les associations caritatives. Et je présente au Seigneur mon désir de donner, de m’engager, avec ses limites, peut-être.

         Je termine en disant : « Notre Père… ».

         Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Prier avec une cantilène biblique

 A l’origine, la cantilène est un court poème chanté. Plus récemment elle a été utilisée pour  accueillir la Parole de Dieu avec tout son être :  c’est la rythmo-catéchèse. Le geste, la mélodie et le rythme facilitent l’inscription dans la mémoire des récits bibliques.

« Ces paroles que je te donne resteront dans ton cœur »

La rythmo-catéchèse s’inspire des travaux du père jésuite Marcel JOUSSE (1886-1961), anthropologue et ethnologue, pionnier de l’oralité et de l’“anthropologie du geste”.Originaire de la Sarthe, Marcel Jousse s’est intéressé dès son plus jeune âge à la transmission orale, au balancement corporel et à la musique.

Il avait observé que des paysannes illettrées connaissaient par cœur des passages de l’Évangile entendus à la messe, qu’elles transmettaient à leurs enfants en les berçant et en chantant.

Nous proposons de prier avec une de ces cantilènes : « Il était le plus petit »

Nous commençons ce temps par un signe de croix, car nous sommes là au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

Et nous demandons au Seigneur de grandir dans une connaissance intérieure de Dieu, qui s’est fait petit pour rejoindre notre humanité.

J’écoute une première fois ce chant qui évoque le passage du choix de David comme roi d’Israël.

 Je  le reprends en chantant à mon tour les paroles.

Je regarde maintenant la vidéo qui met des gestes sur la mélodie

Je la regarde à nouveau en chantant et en intégrant la gestuelle de cette cantilène.

Je parle maintenant au Seigneur de ce que j’ai découvert.

Je Lui dis ce que provoque en moi cette préférence qu’il a  pour les plus petits.

Je lui adresse ma prière :peut-être une prière de louange pour ce qu’Il est … ou une action de grâce pour Jésus-Christ qui s’est identifié aux petits 

« En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Mt 25,40) ou encore une demande pour mieux vivre cette option préférentielle pour les pauvres que le pape Léon XIV appelle de ses vœux dans son exhortation apostolique « Dilexi te (« Je t’ai aimé ») :

« Dieu qui est pris de compassion pour la pauvreté et la faiblesse de l’humanité tout entière et qui, voulant relever et inaugurer un Règne de justice, de fraternité et de solidarité, a particulièrement à cœur ceux qui sont discriminés et opprimés, demandant à nous aussi, son Église, un choix décisif et radical en faveur des plus faibles. »

Je termine par un Notre Père

Prier avec des photos d’art: « Paix automnale »

En cet automne la nature nous comble de sa beauté et l’art du photographe s’emploie à la mettre en valeur. Nous vous proposons de prier avec l’une des photos présentées. Elles ont été réalisées en octobre et novembre de cette année dans les Tatras, la région de Sainte Croix et les Beskides en Pologne, par les photographes Janusz Wanczyk, Piotr Michalec, Krzysztof Baraniak.

Je choisis l’une d’elle et prends un temps de contemplation.

(sur un téléphone ou sur une tablette on peut agrandir la photo avec ses doigts. Sur le PC cliquer sur l’image)

Qu’est-ce que je ressens en moi?

Je repère les lignes, les oppositions, les couleurs, l’ombre et la lumière, leur masse, leur intensité,leur disposition les unes par rapport aux autres, la façon dont elles se complètent ou s’opposent.

Je repère les lignes verticales, horizontales, obliques ou courbes. Les traces de la vie humaine, leur proportion par rapport à l’ensemble.

Qu’est-ce qui me touche dans cette photo? Je laisse peu à peu monter en moi une émotion ou une pensée, issue de cette vision. Je l’identifie et j’accueille ce qui vient. J’entre dans le message spirituel qui s’en dégage.

Est-ce que je peux faire le lien avec un texte biblique, ou des paroles de l’Ecriture ou avec ma foi?

Je prends maintenant un temps de prière

Je me dispose pour ce temps de prière et fais silence en moi. Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen

Je demande la lumière de l’Esprit Saint et la grâce d’une vraie rencontre avec le Seigneur.

Je regarde à nouveau la photo que j’ai choisie et je relis le passage de l’Ecriture (Evangile, psaume …) qu’elle a évoqué. Je goûte ce moment d’écoute du Seigneur qui parle à travers l’Ecriture, mais aussi à travers ce qui est créé.

Qu’est-ce que je peux en faire? Je laisse venir ce qui fait sens pour moi aujourd’hui.

Après ce temps de silence et d’écoute, je m’adresse à Dieu, au Père, à Jésus-Christ ou à l’Esprit pour lui dire ce que j’ai découvert, pour le remercier ou lui demander pardon, pour lui présenter une demande ou intercéder pour quelqu’un.

Je peux prier avec le psaume 8

Méditer l’évangile du dimanche 9 novembre

La liturgie du dimanche 9 novembre nous donne d’entendre proclamer l’évangile de St Jean, où Jésus purifie le Temple. Je peux me préparer à l’eucharistie dominicale en méditant cet évangile.

Je me dispose à la prière, en m’installant dans le silence, offrant du temps au Seigneur.

Je me présente à Lui. Me voici, disponible. Je demande la grâce de me laisser surprendre par le Christ.

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

         Je lis le texte lentement.

El Greco
Breughel l’Ancien

Je me transporte, par l’imagination dans le cadre de ce récit. Je me représente le Temple, l’ampleur et le luxe du bâtiment récemment reconstruit par Hérode. J’y perçois l’agitation de la foule, du bétail nécessaire aux sacrifices, des changeurs permettant d’échanger la monnaie romaine en monnaie du Temple, pour acquérir les animaux. J’entends le bruit qui règne dans le sanctuaire.

Je vois alors Jésus agir, surpris, peut-être par sa violence. J’entends son indignation : « cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce. ».

Et j’imagine la réaction scandalisée du public présent, par ce qu’ils estiment sans doute comme un geste de profanation du lieu le plus sacré de leur vie religieuse. Je vois aussi les disciples déconcertés qui ne comprendront le geste de Jésus qu’après sa résurrection.

Alors que les autres évangélistes situent cet épisode à la fin de leur récit, peu de temps avant la passion, St Jean le place au début de son évangile, pour en faire le signe de sa mission, de la nouveauté qu’il apporte.

Nous restons, nous-aussi, légitimement attachés à nos lieux de culte. Quand est-ce que j’y entre ?        Que viens-je y chercher ? Quel sens ont-ils pour ma foi ?

J’écoute le dialogue entre Jésus et ses interlocuteurs juifs. La déclaration de Jésus leur paraît insensée, incompréhensible ? Et moi, y-a-t-il des paroles du Christ qui me déconcertent ? Lesquelles ? Comment est-ce que je réagis alors ?
 

Les disciples ont eu besoin de temps pour comprendre et intérioriser les paroles du Christ. Je peux faire mémoire de mon cheminement de disciple, de mes progrès dans la foi.

Le Temple que Jésus annonce rebâtir en trois jours est « le sanctuaire de son corps. ». Nous entendrons cet évangile avant la liturgie eucharistique qui nous donne de communier au corps du Christ. Je considère le mystère de l’eucharistie, me tenant humblement devant ce mystère, le mystère étant ce que l’homme n’a jamais fini de comprendre.

         Je relis l’évangile puis je prends le temps d’une conversation avec le Seigneur. Je lui confie mon chemin de foi, fait de lumière, et, parfois, d’incompréhensions. Je m’en remets à lui pour qu’il ne cesse de me faire progresser dans mon chemin de disciple.

         Par l’Esprit et le Christ qui a purifié la maison du Père, nous disons : « Notre Père… »

         Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Découvrir « Dilexi te » « Sur l’amour envers les pauvres »

Le Pape Leon XIV vient nous éveiller avec sa 1e exhortation: »Dilexi te » (Je t’ai aimé), écrite à quatre mains avec le Pape François, qui l’a commencée dans les mois qui ont précédé sa mort.

Découvrons quelques extraits de ce texte fort. Ce ne sont que quelques « graines » pour donner le goût de lire ce document très interpellant, en entier.

Je me dispose à lire calmement et en profondeur ces paroles et demande la grâce de me laisser toucher et rejoindre.

QUELQUES PAROLES INDISPENSABLES

5.Nous ne sommes pas dans le domaine de la bienfaisance, mais dans celui de la Révélation : le contact avec ceux qui n’ont ni pouvoir ni grandeur est une manière fondamentale de rencontrer le Seigneur de l’histoire. À travers les pauvres, Il a encore quelque chose à nous dire... 8.À ce sujet, il y a un texte de l’Écriture Sainte d’où il faut toujours repartir.Il s’agit de la révélation de Dieu à Moïse dans le buisson ardent : « J’ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte. J’ai entendu son cri devant ses oppresseurs ;

oui, je connais ses angoisses. Je suis descendu pour le délivrer […].Maintenant va, je t’envoie » (Ex, 7-8.10).. 9. La condition des pauvres est un cri qui, dans l’histoire de l’humanité, interpelle constamment notre vie, nos sociétés, nos systèmes politiques et économiques et, enfin et surtout, l’Église. Sur le visage meurtri des pauvres, nous voyons imprimée la souffrance des innocents et, par conséquent, la souffrance même du Christ.

le cri de la prière
  • « J’ai entendu son cri; je connais ses angoisses » dit Dieu à Moïse. Je peux me remémorer des événements où Dieu a entendu mon cri et où Il est venu me « délivrer » de mes angoisses et m’apporter la paix
  • je peux aussi m’interroger ; comment est-ce que j’entends le cri des personnes en souffrance et comment je m’efforce de connaître leur angoisse?

15. Même les chrétiens, en de nombreuses occasions, se laissent contaminer par des attitudes marquées par des idéologies mondaines ou par des orientations politiques et économiques qui conduisent à des généralisations injustes et à des conclusions trompeuses. Le fait que l’exercice de la charité soit méprisé ou ridiculisé,

comme s’il s’agissait d’une obsession de quelques-uns et non du coeur brûlant de la mission ecclésiale me fait penser qu’il faut toujours relire l’Évangile pour ne pas risquer de le remplacer par la mentalité mondaine. Il n’est pas possible d’oublier les pauvres si nous ne voulons pas sortir du courant vivant de l’Église qui jaillit de l’Évangile et féconde chaque moment de l’histoire.

Comment ces paroles me questionnent personnellement, dans ma vie personnelle et m’interrogent sur mon Eglise? Je demande la grâce de l’Esprit pour discerner.

DIEU CHOISIT LES PAUVRES

16. Dieu est amour miséricordieux et son projet d’amour, qui s’étend et se réalise dans l’histoire,consiste avant tout à descendre parmi nous afin de nous libérer de l’esclavage, des peurs, du péché et du pouvoir de la mort. Le regard miséricordieux et le coeur rempli d’amour, il s’est tourné vers ses créatures, prenant soin de leur condition humaine, et donc de leur pauvreté. 19. L’Évangile montre en effet que cette pauvreté touchait tous les aspects de la vie du Christ. Dès son entrée dans le monde, Jésus fait l’expérience des difficultés liées au rejet. L’évangéliste Luc, racontant l’arrivée à Bethléem de Joseph et de Marie, alors sur le point d’accoucher, observe avec regret : « Il n’y avait pas de place pour eux dans le logement » (Lc 2, 7)

Jésus naît dans d’humbles conditions ; dès sa naissance, il est couché dans une mangeoire ; et très tôt, pour le sauver de la mort, ses parents fuient en Égypte (cf.Mt 2, 13-15). Au début de sa vie publique, il est chassé de Nazareth […]Il n’y a pas de lieu accueillant, même pour sa mort : ils le conduisent hors de Jérusalem pour le crucifier (cf.Mc15, 22). C’est à cette condition que l’on peut résumer de manière claire la pauvreté de Jésus. Il s’agit de la même exclusion qui caractérise la définition des pauvres : ils sont les exclus de la société

Je prends le temps maintenant de contempler en imagination, avec ma mémoire, ces épisodes de la vie de Jésus. Et je peux les associer avec des scènes que je peux voir ou dont j’ai connaissance dans le monde où je vis et aussi tout près de moi. Quels sentiments m’habitent? Je me laisse interroger et toucher.

Arcabas – Fuite en Egypte

23. Je me demande souvent pourquoi, malgré cette clarté des Écritures à propos des pauvres, beaucoup continuent à penser qu’ils peuvent tranquillement les exclure de leurs préoccupations. Mais restons dans le domaine biblique et essayons de réfléchir à notre relation avec les derniers de la société, et à leur place fondamentale dans le peuple de Dieu.

UNE ÉGLISE POUR LES PAUVRES

36. l’Église « reconnaît l’image de son fondateur pauvre et souffrant,elle s’efforce de soulager leur misère et en eux c’est le Christ qu’elle veut servir ». Ayant en effet été appelée à se configurer aux derniers, en son sein « aucun doute ni aucune explication, qui affaiblissent ce message si clair, ne doivent subsister […]

Il faut affirmer sans détour qu’il existe un lien inséparable entre notre foi et les pauvres ». Nous en trouvons de nombreux témoignages tout au long de l’histoire bimillénaire des disciples de Jésus.

Giotto
El albanil borracho

UNE HISTOIRE QUI CONTINUE

97. Il incombe donc à tous les membres du Peuple de Dieu de faire entendre, même de différentes manières, une voix qui réveille, qui dénonce, qui s’expose même au risque de passer pour des “idiots”.[…] 98. La conversion spirituelle, l’intensité de l’amour de Dieu et du prochain, le zèle pour la justice et pour la paix, le sens évangélique des pauvres et de la pauvreté, sont requis de tous, et tout spécialement des pasteurs et des responsables. Le souci de la pureté de la foi ne va pas sans le souci d’apporter, par une vie théologale intégrale, la réponse d’un témoignage efficace de service du prochain, et tout particulièrement du pauvre et de l’opprimé

100. nécessité de considérer les communautés marginalisées comme des
sujets capables de créer leur propre culture, plutôt que comme des
objets de bienfaisance. Cela implique que ces communautés ont le droit de vivre l’Évangile, de célébrer et de communiquer la foi selon les valeurs présentes dans leurs cultures. L’expérience de la pauvreté leur donne la capacité de reconnaître des aspects de la réalité que d’autres ne réussissent pas à voir, et c’est pourquoi la société a besoin de les écouter. Il en va de même pour l’Église qui doit évaluer positivement leur manière “populaire” de vivre la foi. 112. Il convient de rappeler que la religion, en particulier la religion chrétienne, ne peut se limiter à la sphère privée comme si elle n’avait pas à se préoccuper des problèmes touchant la société civile et les événements qui intéressent les citoyens.

Ces paroles sont « bousculantes » ! Comment est-ce que je les accueille ? Quelle grâce de conversion dois-je demander ?

Je parle maintenant au Seigneur comme à un ami et lui partage mes désirs et aussi ce qui m’est difficile. Je lui exprime ma demande de pardon.Je lui confie tout ce qui m’habite.Je peux lui demander son aide. Il connaît ma pauvreté.

Et je termine en priant le Père.

Accueillir la grâce de l’amour de Dieu comme la femme adultère

Jean 8 ; 1-11 traduction, Bible Liturgique

« Dès l’aurore, Jésus retourna au Temple. Comme tout le peuple venait à lui, il s’assit et se mit à enseigner. Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu’on avait surprise en situation d’adultère. Ils la mettent au milieu, et disent à Jésus : « Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère.  Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, que dis-tu ? » Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus s’était baissé et, du doigt, il écrivait sur la terre. 

Comme on persistait à l’interroger, il se redressa et leur dit : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. » Il se baissa de nouveau et il écrivait sur la terre. Eux, après avoir entendu cela, s’en allaient un par un, en commençant par les plus âgés. Jésus resta seul avec la femme toujours là au milieu.  Il se redressa et lui demanda : « Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t’a condamnée ? » Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »

La scène se passe donc dans le temple. C’est le lieu du culte, de la prédication, de la transmission de la foi. Jésus y enseigne et y est reconnu comme « maître ». Les scribes et les pharisiens, ceux qui viennent le mettre au défi le nomme « Maître ».

Jésus est reconnu dans son autorité à travers son enseignement. La femme, elle, est réduite à son adultère, elle est humiliée, trainée, rabaissée au niveau de la terre, de l’ « humus ». D’ailleurs, elle ne porte même pas de nom. Le tribunal populaire est en place.

Nous sommes dans le temple lieu où la loi de Moïse est annoncée. Les scribes et les pharisiens connaissent la loi, ils citent la loi de Moïse. Mais que dit cette loi en vérité? Dans le Lévitique Ch. 20, verset 10, il est écrit : « Si un homme commet un adultère avec une femme mariée, s’il commet un adultère avec la femme de son prochain, l’homme et la femme adultères seront punis à mort ».

Mais ici, où est l’homme ? Cette femme n’a pas agi seule et cependant elle est seule à être ciblée. Cette femme n’est finalement qu’un objet pour tendre un piège à Jésus, pas pour respecter la loi, car Jésus commençait à être dangereux pour les autorités juives. Et Jésus le comprend bien. Alors il prend du recul par rapport à la loi et aux accusateurs. Il se donne un temps de réflexion. Jésus ne répond pas à la question que lui posent les pharisiens puisque cette question en cache en vérité une autre qui  n’est pas très honnête en fait … 

Alors Jésus s’abaisse, au niveau de la femme dans « son humus » et se met à écrire sur la terre.  Il se met à l’écart de ce tribunal populaire.

Mais ils insistent ces pharisiens. Ils n’ont peur de rien. Alors Jésus les renvoie à leur propre vie. Il utilise le mot « péché ». Jésus ne les place plus devant la loi, la loi de Moïse,  mais devant Dieu. « Que celui qui est sans péché …. »

Et pour la deuxième fois, Jésus s’incline. Il ne porte aucun regard sur la femme, par discrétion, par humanité. Comme le souligne le livre de la Sagesse, « Dieu ferme les yeux sur nos péchés pour que nous nous repentions ». (Sg 11,23)

Mais, qu’écrit-il ? Je fais un rapprochement avec les tables de la loi données à Moïse. Dans le décalogue, c’est Dieu qui écrit sur des tables de pierre sur le mont Sinaï. C’est Dieu qui écrit les 10 commandements  environ 1500 ans avant JC. Alors, si cette femme avait été jugée selon la loi que Dieu écrivit lui aussi avec son doigt, elle devait mourir.

Un silence pesant envahit la foule…  La parole de Jésus porte du fruit. Le procès se déplace. Les accusateurs deviennent des accusés. Sans mots les scribes et les pharisiens quittent le tribunal. Sans doute les plus âgés avaient plus de choses à se faire pardonner. La femme, elle,  est toujours là. Elle n’a pas bougé comme une chose. Aurait-elle pu partir ? Sans doute !

Pour la seconde fois Jésus se redresse. Pour la première fois dans la scène quelqu’un s’adresse à la femme. Elle n’est plus une chose mais une personne. « Femme, où sont ceux qui t’accusaient ? lui demande Jésus.  Personne ne t’a donc condamnée ? » Pour la première fois quelqu’un lui accorde le droit de parler. Elle répond : « Non Seigneur ! »

Jésus a décidé de sauver cette femme parce qu’il est venu pour sauver les pécheurs « Je ne suis pas venu pour les justes mais pour les pécheurs. ».  « Je ne suis pas venu abolir la loi mais l’accomplir ». La loi de Moïse vient d’être accomplie, changée par la loi de l’amour, par la loi de la grâce et de la foi. Cette femme a été sauvée par la grâce de l’amour de Dieu  parce que Jésus est venu porter tous les péchés du monde. Et cette fois c’est Jésus, le Christ qui vient écrire sur la terre une nouvelle loi devant la femme surprise en adultère. Jésus écrit sur la terre  avec son doigt avant de juger la femme : c’est une loi de pardon, c’est une loi d’amour.

Prier pour la mission de l’Église

La semaine du 12 au 19 octobre est la semaine missionnaire mondiale. Nous relisons des extraits du message du Pape François, qui, dans le cadre de l’année jubilaire, avait choisi le thème « Missionnaires de l’Espérance parmi les peuples. ».

Je me dispose à la prière, en me rendant attentif à ce que je perçois. Que vois-je dans le lieu que j’ai choisi pour ma prière, quels sons me parviennent…Je prends aussi conscience des préoccupations qui m’habitent. Puis je dépose le tout auprès du Seigneur, désireux de me rendre disponible. Je demande la grâce de me tenir dans l’Espérance.

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

         Je lis des extraits du message du Pape François.

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Pour la Journée mondiale des missions de l’Année jubilaire 2025, dont le message central est l’espérance (cf. Bulle Spes non confundit, n. 1), j’ai choisi cette devise : « Missionnaires de l’espérance parmi les peuples ». Elle rappelle à chaque chrétien et à l’Église, communauté des baptisés, la vocation fondamentale d’être, à la suite du Christ, des messagers et des bâtisseurs d’espérance. Je souhaite à tous un temps de grâce avec le Dieu fidèle qui nous a fait renaître dans le Christ ressuscité « pour une vivante espérance » (cf. 1 P 1)

À travers ses disciples, envoyés à tous les peuples et accompagnés mystiquement par Lui, le Seigneur Jésus poursuit son ministère d’espérance pour l’humanité. Il se penche encore sur chaque personne pauvre, affligée, désespérée et rongée par le mal, pour verser « sur ses plaies l’huile de la consolation et le vin de l’espérance » (Préface “Jésus le bon Samaritain”).

Face à l’urgence de la mission de l’espérance aujourd’hui, les disciples du Christ sont appelés en priorité à se former pour devenir des “artisans” d’espérance et des restaurateurs d’une humanité souvent distraite et malheureuse. À cette fin, il faut renouveler en nous la spiritualité pascale que nous vivons à chaque célébration eucharistique et surtout durant le Triduum pascal, centre et sommet de l’année liturgique.

Nous sommes baptisés dans la mort et la résurrection rédemptrice du Christ, dans la Pâque du Seigneur qui marque le printemps éternel de l’histoire. Nous sommes alors “des personnes du printemps”, avec un regard toujours rempli d’espérance à partager avec tous, parce que dans le Christ « nous croyons et savons que la mort et la haine ne sont pas les dernières paroles » sur l’existence humaine

Les missionnaires de l’espérance sont des hommes et des femmes de prière, parce que « la personne qui espère est une personne qui prie », comme le soulignait le vénérable Cardinal Van Thuan

Renouvelons donc la mission de l’espérance à partir de la prière, surtout celle faite de la Parole de Dieu et en particulier des Psaumes, qui sont une grande symphonie de prière dont le compositeur est l’Esprit Saint (cf. Catéchèse, 19 juin 2024). Les Psaumes nous éduquent à espérer dans l’adversité, à discerner les signes d’espérance et à avoir un constant désir “missionnaire” que Dieu soit loué par tous les peuples (cf. Ps 41, 12 ; 67, 4).

En priant, nous gardons allumée l’étincelle de l’espérance, allumée par Dieu en nous, pour qu’elle devienne un grand feu qui illumine et réchauffe tout autour, y compris par des actions et des gestes concrets inspirés de la prière.l

« Le Seigneur Jésus poursuit son ministère d’espérance pour l’humanité. Il se penche encore sur chaque personne pauvre… ». Je peux faire mémoire de récits évangéliques, où je contemple Jésus secourir diverses personnes vulnérables.

« Nous sommes alors “des personnes du printemps”, avec un regard toujours rempli d’espérance à partager avec tous ». Face aux tribulations du monde, aux difficultés que je perçois dans mon environnement proche, quels signes d’Espérance puis-je repérer ? Quels signes d’Espérance puis-je donner ? Je peux méditer deux haïkus japonais qui peuvent m’aider à devenir une « personne de printemps ». « Et pourtant, les cerisiers sont en fleur. » / « Je marche sur le toit de l’enfer et j’aperçois une fleur. »
 

« La personne qui espère est une personne qui prie ». Je considère ma prière. Quelle place y tient l’Espérance ?

Je prends un temps de dialogue avec le Seigneur. Je prie pour les situations difficiles dont je suis témoin.

Je lui confie les personnes fragiles que je connais. Je lui confie l’Église pour qu’elle travaille inlassablement à se faire artisan d’Espérance.

Je termine en disant la prière préparée pour la semaine missionnaire mondiale.

Ô Christ, notre Espérance,
en cette année de grâce jubilaire pour toute l’Église,
Tu nous appelles inlassablement
à nous mettre en chemin sur tes pas.
Rends-nous disponibles pour répondre à ton appel en tout lieu et toute circonstance.

Ô Christ, Consolateur,
Toi qui veilles sans cesse sur notre humanité
et ne souhaites oublier personne,
donne-nous un esprit de service et de compassion.

Que l’amour débordant de ton cœur nous rende proches
et attentionnés pour nos frères et sœurs, en particulier les
personnes isolées, blessées, fragilisées, les minorités ethniques
et nos frères chrétiens persécutés dans de nombreux pays.
Ô Christ, Source d’eau vive,
fais de nous des hommes et des femmes de prière
qui gardent allumée l’étincelle de l’espérance.
Donne-nous en particulier d’accueillir et d’accompagner
les catéchumènes dont la foi brûlante
est une bénédiction pour ton Église.

Ô Christ, Fils bien-aimé du Père,
que nos communautés chrétiennes puisent dans la grâce du Mystère Pascal et de tes Sacrements la force de l’Esprit Saint pour devenir à ta suite missionnaires de l’espérance parmi les peuples.
Amen

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.




Psaume 1

Heureux est l’homme qui met sa foi dans le Seigneur

Le psautier s’ouvre par une Béatitude : « Heureux est l’homme qui… » Aujourd’hui, nous sommes invités à prier avec ce psaume, méditation sur la vie de l’homme…

Je prends un temps à l’écart, dans le calme, et éloigne de moi les préoccupations de ce jour…je respire profondément, calmement et, faisant le signe de Croix, me tourne vers le Seigneur…

Que ce temps, Seigneur, soit un moment privilégié avec Toi, à ton écoute…éclaire mon cœur et mon esprit…

Je lis le psaume une première fois, attentif.ve à son sens, à sa structure, aux mots, aux tournures…

Deux chemins sont évoqués :

celui des pécheurs et celui des justes…sorte « d’alternative » : Heureux le juste qui n’entre pas… ne suit pas… ne siège pas avec les méchants…se plaît dans la loi du Seigneur, la murmure… Malheureux le méchant…le pécheur…celui qui ricane…

« Le Seigneur connaît le chemin des justes,
mais le chemin des méchants se perdra. » (v.6)

Deux images sont suscitées :

L’arbre, planté près d’un ruisseau, solide, enraciné dans la terre et l’eau, qui donne du fruit… La paille, reste de moisson, qui ne « fait pas le poids », abandonnée au vent qui la balaie…

Je relis le psaume en le murmurant, me laissant rejoindre par lui… Qu’est-ce que cela évoque pour moi ? Qu’est-ce qui me touche ? Ce qui a du goût pour moi ?Quels points de vigilance ? Quels appels ?

Quel est mon désir ? Est-ce que je veux mettre mes pas dans les siens ou suivre mes idoles ? Persévérer ou me laisser aller ? Que vais-je garder en mon cœur ?

Je parle au Seigneur de ce qui m’habite, comme à un ami… Je peux lui demander la grâce de son aide… « Le Seigneur connaît le chemin des justes… »

Puis je termine en union avec mes frères, en priant « Notre Père… »

Prier devant les gestes du potier

Je me mets en présence du Seigneur, lui qui est à l’origine de toutes choses. Le psalmiste le dit :

Je lui demande la lumière de son Esprit pour entrer davantage dans le mystère de ma relation au Père.

  • Je regarde d’abord cette boule de terre d’argile. Au creux de la main, elle est comme une masse informe. Mais elle détient en elle des potentialités, en particulier grâce à son élasticité. Comme l’argile dans la main du potier, nous sommes dans la main de Dieu, avec tout ce qui fait notre chair.

Je présente au Seigneur ce terreau qui est le mien : mon corps, mon hérédité, mon tempérament, mon histoire, mon environnement, mes capacités et mes limites… Je m’offre à lui avec tout ce que je suis.

Je regarde les mains du potier. Elles façonnent l’argile, à la fois  avec délicatesse et fermeté. Ceux qui ont fait l’expérience de travailler ainsi la terre savent ce que cela demande d’attention, d’écoute, de patience pour mener à bien ce modelage. Est-ce que cela évoque pour moi la manière dont le Seigneur me façonne à son image ?
 

Je fais mémoire de moments où j’ai senti l’amour du Seigneur, où je peux dire qu’il était à mes côtés… Je me souviens de paroles qui ont eu de l’importance pour l’orientation de ma vie… de scènes d’Evangile qui m’ont guidé.e… des attitudes du Christ qui m’ont attiré.e …

Je regarde maintenant le pot presque achevé. Je contemple la régularité de sa forme, la pureté de ses lignes, l’harmonie de ses courbes… Je considère son utilité.

Je prends conscience d’être crée par Dieu par amour; d’être appelé à me laisser façonner par lui, pour devenir une créature nouvelle, unifiée, harmonieuse… pour devenir fils ou fille de Dieu à l’image du Christ, le Fils bien-aimé.

Je regarde enfin l’atelier du potier avec toutes ses créations. Elles sont diverses de forme, de couleur…  Chaque pièce est unique ; chaque pièce a sa place spécifique ; chaque pièce a son utilité…

Je m’adresse au Seigneur pour lui dire ce que cette méditation suscite en moi. Dans la confiance, je mets des mots sur ce qui m’habite en vérité.

Et je termine en reprenant la prière des enfants de Dieu : Notre Père