Chorégraphie de Pina Bausch « Nelken »

J’offre au Seigneur ce temps de contemplation et lui demande  de m’accorder à lui.

Peut-être un sentiment de beauté et d’harmonie ?

Je regarde les divers éléments qui contribuent à cette impression : le cercle qui  représente une certaine forme de perfection de par sa symétrie et son absence d’aspérité, l’harmonie des couleurs diverses mais s’accordant avec le tapis de fleurs, la souplesse des corps, la fluidité des vêtements, l’unité dans les postures qui forme comme une couronne, les bras qui se rejoignent pour délimiter le cercle.

Je m’imagine maintenant participer à cette chorégraphie. Je n’ai plus cette impression d’ensemble. Je suis un des danseurs parmi d’autres. J’oublie l’apprentissage, les heures de travail qui ont précédé ce moment et je me laisse conduire par ce qu’a crée le chorégraphe, par la musique. Je m’accorde avec les autres et ressens l’unité qui circule entre nous. J’imagine la joie de danser, d’exprimer avec mon corps cette unité, cette harmonie tant désirée

Je me tourne maintenant vers Dieu qui est beauté et harmonie.

Est-ce que c’est Lui que je recherche ? De tout mon être ?

Quels moyens je mets en œuvre pour unifier ma vie ? Pour trouver une harmonie avec moi-même, avec les autres, avec la création, avec Dieu ?

Est-ce que je veux tout maîtriser ou pour décider, est-ce que je suis à l’écoute des autres, de la parole de Dieu, de l’Esprit Saint ? 

Est-ce que je me sens solidaire des autres et responsable de ma partition  à jouer ?

Ai-je connu des moments d’ajustement au Seigneur qui m’ont donné la joie et l’envie de danser ?

J’en parle au Seigneur : Je peux exprimer par un geste la prière qui me vient.

Je peux terminer ce temps en lisant les mots du psalmiste (ps 9A) qui désire danser pour Dieu :

« De tout mon cœur, Seigneur, je rendrai grâces,
Je dirai tes innombrables merveilles ;
Pour toi j’exulterai, je danserai,
Je fêterai ton nom, Dieu Très-Haut »

Je peux aussi écouter Madeleine Delbrel  parler de la danse de la vie.

Quelques notes à propos de « Nelken » de Pina Bausch:

et quelques extraits vidéo:

Prier devant la tapisserie du Christ en Gloire

Christ en Gloire, tapisserie du P.Ackermann
Eglise des Gets (Haute Savoie) par Fachimiar – wikipedia

Je me laisse attirer par ce qui est au centre de cette tapisserie : un homme portant des vêtements lumineux qui s’inscrit dans une mandorle rouge feu. Toute la lumière vient de ce centre et irradie toute la tapisserie dont le fond est sombre. Sur les contours de la mandorle de petites flammes propagent la lumière.

Je regarde l’homme : la position de son corps, les bras ouverts, forme une croix. Ses pieds, ses mains et son cœur sont marqués de flammes rouges en étoile, évoquant le sang qui jaillit de ses blessures.

Mais son vêtement jaune d’or illumine l’ensemble et l’homme est assis sur un trône. Au-dessus de lui, un cercle bleu contenant comme une étoile avec un oiseau de feu qui descend sur lui.

De son côté gauche sort une vigne.

Je regarde maintenant l’ensemble de la tapisserie et les différents éléments qui la composent.  Aux quatre coins, les symboles qui désignent les 4 évangélistes, l’aigle pour st Jean, le jeune homme pour st Mathieu, le lion de st Marc et le taureau de st Luc. Tous tournent la tête vers le Christ et portent ailes et auréoles.

La mandorle occupe l’espace entre le ciel parsemé d’étoiles  et les flots de la mer en bas de la tapisserie, faisant ainsi le lien entre ciel et terre.

Avec ces éléments, les animaux, les plantes que sont la vigne ou  l’olivier de chaque côté de la mandorle, c’est tout le cosmos qui est concerné par cette glorification.

Après cette contemplation, je parle au Seigneur de ce que cette oeuvre a suscité en moi

Je peux rendre grâces pour le salut donné en Jésus-Christ… Je peux supplier le Père en disant « Que ton règne vienne »… Je peux lui confier l’Eglise, chargée d’annoncer la Bonne Nouvelle …

Je peux demander au Seigneur de ne pas rester dans une position d’attente passive mais de contribuer, là où je suis, à l’avènement du Royaume… Je trouve les mots qui expriment ma prière.

Je  termine ce temps de prière en reprenant la préface du dimanche de Christ-Roi :

Vraiment, il est juste et bon, pour ta gloire et notre salut, de t’offrir notre action de grâces, toujours et en tout lieu, Seigneur, Père saint, Dieu éternel et tout-puissant.
Tu as consacré d’une onction d’allégresse ton Fils unique, Jésus-Christ, notre Seigneur, comme Prêtre éternel et Roi de l’univers.
Pour accomplir les mystères de notre Rédemption, il s’est offert lui-même sur l’autel de la croix en victime pure et pacifique.
Quand toutes les créatures auront été soumises à son pouvoir, il remettra aux mains de ta souveraine puissance le règne éternel et universel : règne de vie et de vérité, règne de grâce et de sainteté, règne de justice, d’amour et de paix.

Psaume 118

 J’ entre dans la prière en traçant sur moi le signe de la croix. –

 Je me dispose en faisant silence en moi et je me mets en présence du Seigneur : « Me voici devant toi, Seigneur, tel que je suis. »

Je demande au Seigneur la grâce d’entrer dans une relation d’amour avec lui en me laissant toucher par sa Parole.

 Je lis lentement le psaume en m’arrêtant sur les versets qui me touchent et en repérant les mots qui résonnent en moi.

Dans ce psaume, le psalmiste clame son amour pour la Parole de Dieu, qui est sûre et éternelle :

– Quelle place je donne à la lecture et à la méditation de cette Parole dans ma vie ?

– Quelle(s) Parole(s) de l’Évangile me touche(nt) particulièrement ? Me donne(nt) de la joie ? Habite(nt) mon cœur aujourd’hui ?

Le Seigneur me parle aussi à travers la parole de mes frères et sœurs :

– Je me remémore une parole reçue qui m’a particulièrement marqué et pour laquelle je veux rendre grâce au Seigneur.

– Inversement, à qui pourrais-je offrir une parole aujourd’hui ?( de consolation, de compassion, de gratitude, d’encouragement, de félicitation…) Je confie au Seigneur la personne à laquelle je pense, ainsi que la démarche que je souhaite faire auprès d’elle.

Après avoir médité le psaume à partir de ces quelques pistes, je rassemble mes pensées et je les confie au Seigneur avec confiance  et simplicité comme si je m’adressais à un ami.

Je peux achever ce temps par la prière du Notre Père et le chant « Que vive mon âme à te louer. »

Prier pour mettre ses talents au service

La liturgie de dimanche prochain nous fait entendre la parabole des talents. Dès ce début de semaine, nous commençons à la méditer.

Je prends le temps de me préparer à la rencontre du Seigneur. Je fais le signe de croix et cherche à m’installer confortablement pour me disposer à l’écoute de la Parole. Je me présente au seigneur tel que je suis, ce matin, en prenant conscience des dispositions qui m’habitent, des sentiments qui me traversent…

Suis-je disponible, ou préoccupé ? Suis-je en forme ou fatigué ? Suis-je dans la joie ou la tristesse ? Je demande au Seigneur de reconnaître et de mobiliser les talents reçus.

Je lis le texte de la parabole. Je la connais, bien sûr. Je m’efforce de repérer un élément, un détail auquel je ne suis pas attentif d’habitude.

Je contemple d’abord la figure du maître, cet homme -image de Dieu- qui donne sa confiance en même temps qu’il confie à chacun un bien important. (Un talent représente quinze années de salaire d’un ouvrier).

Image pixabay
Gérard Altmann

Je contemple ensuite les divers serviteurs, destinataires des talents, reçus « selon les capacités de chacun ». Cinq talents, deux talents, un talent…Il ne s’agit pas de se comparer, voire d’envier…Mais de reconnaître les talents reçus pour s’en réjouir.

Je me mets maintenant à la place des différents serviteurs. Que faire des talents reçus ? Comment en user ?

Pixabey. Image par Urszula

Pixabey. Image par LoggaWiggler

Je m’adresse maintenant au Seigneur, comme à ce maître confiant qui me donne des talents. Je rends grâce pour ce que j’ai reçu et demande au Seigneur son Esprit pour faire fructifier mes talents et les mettre au service de la construction du Royaume.

         Je termine en disant le Notre Père et clos ce temps de prière par un signe de croix.

Méditer sur nos liens

Je me mets à l’écart pour prendre du temps pour le Seigneur. Je prête attention aux bruits qui m’entourent, mais aussi à ce qui anime mon propre corps, battements de mon cœur, rythme de ma respiration. Je m’en détache progressivement, pour entrer dans le silence intérieur, où le Seigneur peut se rendre présent. Je demande la grâce d’être constamment en lien avec le Christ.

Je m’arrête quelques instants sur cette photo de cordes entremêlées, qui peut être image des multiples liens dont ma vie est tissée…

PublicDomainPictures Pixabay

Il est des liens qui relient, unissent, aident à la concorde. Mais il est aussi des liens qui enchaînent, empêchent, retiennent, aliènent.

« Je suis l’Éternel, votre Dieu, qui vous ai fait sortir du pays d’Égypte, qui vous ai tirés de la servitude ; j’ai brisé les liens de votre joug, et je vous ai fait marcher la tête levée. » (Lévitique, 26,13)

« Écoute-moi, ô éternel, car je suis ton serviteur, ton serviteur, fils de ta servante. Tu as détaché mes liens. » (Psaume 116,16)

Je contemple aussi, Pierre et Paul, dont les liens sont brisés alors qu’ils sont emprisonnés.

« Hérode allait le faire comparaître. Or, Pierre dormait, cette nuit-là, entre deux soldats ; il était attaché avec deux chaînes et des gardes étaient en faction devant la porte de la prison. Et voici que survint l’ange du Seigneur, et une lumière brilla dans la cellule. Il réveilla Pierre en le frappant au côté et dit : « Lève-toi vite. » Les chaînes lui tombèrent des mains. » (Actes, 12,6-7)

« Vers le milieu de la nuit, Paul et Silas priaient et chantaient les louanges de Dieu, et les autres détenus les écoutaient. Tout à coup, il y eut un violent tremblement de terre, qui secoua les fondations de la prison : à l’instant même, toutes les portes s’ouvrirent, et les liens de tous les détenus se détachèrent. » (Actes, 216, 25-26)

Photosforyou pixabay Photo de Engin Akyurt

Parmi les liens qui me font vivre, il est peut-être des liens fragilisés que j’ai à renforcer, à restaurer. Il en est d’autres solidement assurés.

Photo de Mo Eid Photo libre sur Freepik

         Il est aussi de ma responsabilité de tisser des liens pour le service de la solidarité. A la suite du Seigneur, je suis appelé à construire des ponts pour le service de la fraternité.

« Voici le jeûne auquel je prends plaisir : Détache les chaînes de la méchanceté, Dénoue les liens de la servitude, Renvoie libres les opprimés, Et que l’on rompe toute espèce de joug. » (Esaïe, 58,6)

« Je les tirerai avec des liens d’humanité, avec des cordages d’amour » (Osée, 11,4)

Je prends maintenant le temps d’une conversation avec le Seigneur, pour lui remettre ma vie, lui confier ce qui, dans ma vie a besoin d’être lié ou délié… « Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. » (Matthieu, 16, 19).

         M’inscrivant dans le lien filial que je veux garder au Père, je dis, pour terminer, « Notre Père… ». Je clos ce temps de prière en traçant sur moi le signe de la croix. Et en reprenant la prière de Saint François.

Fête de la Toussaint – Tous saints

En cette fête, l’Eglise nous donne à lire et à vivre l’évangile de Matthieu chap. 5 vers. 1-12a



    

Mont des Béatitudes-Israël- Sur le parvis (licence Wikimedia Commons)

Temps du silence et de la contemplation de ce texte que nous pouvons qualifier de « Beau programme pour une vie ! »

Dans sa lettre « Sans Jésus nous ne pouvons rien faire » le pape François nous dit :

« La mission, l’ « Eglise en sortie » ne constituent pas un programme à réaliser, une intention à concrétiser par un effort de volonté. C’est le Christ qui fait sortir l’Eglise d’elle-même. Dans sa mission d’annoncer l’évangile, vous vous mettez en mouvement

parce que l’Esprit Saint vous pousse et vous porte. Et quand vous arrivez, vous vous rendez compte qu’il est arrivé avant vous et vous attend. L’Esprit Saint du Seigneur est arrivé avant. Il devance pour vous préparer le chemin, et il est déjà à l’œuvre. »

Relisons ce texte de Matthieu en ayant ce regard proposé par le pape François.

Temps de découverte et de contemplation à travers ces béatitudes réécrites par le pape François.

Être pauvre de cœur, c’est cela la sainteté !

Savoir pleurer avec les autres, c’est cela la sainteté !

Réagir avec une humble douceur, c’est cela la sainteté !

Rechercher la justice avec faim et soif, c’est cela la sainteté !

Regarder et agir avec miséricorde, c’est cela la sainteté !

Garder le cœur pur de tout ce qui souille l’amour, c’est cela la sainteté !

Semer la paix autour de nous, c’est cela la sainteté !

Accepter chaque jour le chemin de l’Évangile même s’il nous crée des problèmes, c’est cela la sainteté ! !

Hymne

Le psaume du jour est le psaume 1 avec lequel nous avons prié le  jeudi 12 octobre, aussi nous vous proposons de prier aujourd’hui avec une hymne de la liturgie des heures.

La Tour du Pin — CNPL

Je fais silence en moi

Je lis et relis ce poème lentement, me laissant bercer par les mots. Je m’arrête sur telle ou telle expression. J’en goûte le chant. Je me laisse porter par les images.

Comme cet arbre aux couleurs d’automne qui flamboie dans le soleil.

Sans prononcer le moindre mot, de tout son être, il loue Dieu ; il est un hymne à sa gloire  et un chant pour son Nom.

Être.  Non pas faire… ou dire… ou paraître… Simplement être, vivre, être présent à la vie qui est donnée, donner à voir cette vie qui vient de Dieu. Rayonner de cette vie.

Je regarde la vie donnée dans tout ce qui est. Mystère de la vie qui traverse toute la création.

Je regarde particulièrement l’arbre, avec sa sève, ses racines cachées dans la terre qui le nourrissent, ses branches qui jouent avec le vent, ses oiseaux qui viennent s’y nicher ou chanter…

Trois impératifs à recevoir personnellement. D’abord celui de prendre soin de cette vie donnée ; la protéger, elle qui à la fois si forte et si fragile ; veiller sur ce bien précieux

Et ensuite la laisser s’exprimer, la laisser retentir comme un cri, la laisser chanter comme une musique, la laisser se diffuser comme une lumière…

Je regarde la vie autour de moi, en moi et j’en parle au Seigneur et laisse monter de mon cœur la prière qui me vient.

Je termine ce temps de prière en écoutant  l’ hymne chantée :

Prier avec l’Évangile du jour

Je me mets à l’écart, pour me préparer à la prière. Je me rends attentif au cadre dans lequel je m’installe. Si c’est un lieu familier, j’arrête mon regard sur les objets qui m’entourent, ayant, peut-être, perdu l’habitude de les voir, parce qu’ils sont mon environnement ordinaire. Je me rends sensible à ma respiration, sans la forcer. Et je dis « Seigneur, me voici », en traçant sur moi le signe de la croix. Je demande la grâce de savoir me percevoir mon vrai désir.

Je lis l’Évangile du jour.

Évangile selon St Luc, 12, 13-21

Bourges
Le riche visite ses greniers

J’entends d’abord le premier dialogue, où un interlocuteur demande à Jésus d’arbitrer une affaire d’héritage. Il s’adresse à lui, comme à un rabbi, effectivement chargé de régler des différends juridiques…Mais Jésus n’est pas un « rabbi » ordinaire, il se situe différemment, d’où son refus de répondre à la requête.

Je vois alors Jésus se tourner vers la foule, pour, à partir d’une demande singulière, inviter à regarder notre attitude devant l’avoir. « La vie de quelqu’un (…) ne dépend pas de l’abondance. ». Cette mise en garde de Jésus résonne aujourd’hui, dans notre société de consommation, qui veut croître en suscitant sans cesse l’avidité de posséder de nombreux biens.

J’écoute maintenant la parabole racontée par Jésus. Elle met en scène un riche débordé par l’abondance dans laquelle il vit. Il va chercher les moyens de thésauriser plus encore, pour ne vivre que dans le souci du confort et de la satiété. « Repose-toi, mange, bois, jouis de l’existence ».

Je suis maintenant sensible à la pointe de la parabole. Si nous pouvons chercher à tout posséder, la vie de nous appartient pas. Le Créateur, le maître de la vie, nous invite à « être riche en vue de Dieu ». Jésus, bien sûr, ne conteste

pas la justice à faire respecter dans la répartition d’un héritage, ni à contester qu’il soit légitime que chacun cherche à réunir les moyens d’une vie digne. Mais la parabole nous invite à déplacer la question, et à remettre notre vie quotidienne, dans la perspective du salut.

La suite de l’Évangile nous aide à prendre ce chemin dans la confiance. « Votre père sait ce dont vous avez besoin (…) Sois sans crainte, petit troupeau, car notre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume » (Luc, 12, 30 et 32).

Je m’adresse maintenant au Seigneur, comme un ami parle à un ami. Je peux lui confier les inquiétudes qui traversent mon quotidien, tout en lui demandant d’entretenir en moi la confiance dans la recherche du  Royaume, déjà là.

Je m’adresse à ce Père « qui sait ce dont j’ai besoin », en disant notre Père…en intériorisant plus précisément deux versets : « Que ton règne vienne » et « Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour ». Je termine en traçant sur moi le signe de la croix.

Heureuse, bienheureuse Marie,

Vierge allaitante – Eglise saint Martin de Metz

Je me rends disponible  pour entendre le Seigneur me parler ; je fais silence en moi et me dispose à voir et à écouter.

Je contemple cette sculpture en pierre polychrome du 16ème siècle.

Je regarde les lignes, les couleurs, les postures… Quelle impression d’ensemble ?

Je regarde plus attentivement le décor : le drapé des rideaux  ouverts sur une sorte d’alcôve, formant  comme un sas nous introduisant à l’intérieur – la couleur chaude du mur éclairé d’une lumière vive qui vient baigner toute la scène –  le drapé du lit qui semble occuper toute la place – la position des personnages, Marie allongée donnant le sein à l’enfant , ses bras enveloppant le nouveau-né qui lui aussi entoure sa mère de ses petits bras potelés – les animaux qui se tiennent au pied du berceau tressé…

Devant cette scène intime, qui donne à voir la douceur de l’amour maternel, qu’est-ce que je ressens ? Quelle expérience me vient à l’esprit ?

Peut-être ai-je envie de m’exclamer «  Heureuse celle qui t’a porté en elle, et dont les seins t’ont nourri ! »

«  Heureuse celle qui t’a porté en elle, et dont les seins t’ont nourri ! »  (Luc 11, 27)

Cette remarque, sous forme de béatitude, a été prononcée par une femme venue écouter Jésus, ce rabbi, qui parle  du Royaume de Dieu, de la prière, de la victoire sur le mal… C’est un homme qui parle avec autorité, qui guérit les malades… qui attire les foules.

J’imagine la foule venue écouter Jésus ; j’entends la voix de cette femme qui s’élève de son  milieu. Qu’est-ce qui la pousse à prendre ainsi la parole ?

Je laisse monter en  moi ma propre expérience : qu’est-ce qui provoque mon admiration ? Ai-je ressenti de la fierté devant un enfant qui grandit… qui réussit… ou quelqu’un qui me semble agir de manière juste… Qu’est-ce que j’ai exprimé alors ? Ai-je rendu grâce à Dieu ?

« Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent ! » (Lc 11, 28)

J’entends maintenant la réponse de Jésus, son interpellation.

Tous, nous sommes à la recherche d’une vie bonne. Mais Jésus nous dit de chercher d’abord le Royaume de Dieu. Et le trésor qui comble tous nos désirs, c’est Jésus, Parole du Père.

Comment est-ce que je réagis à cette béatitude que donne Jésus ? Ai-je déjà expérimenté cette joie profonde ? Dans quelles circonstances ? Quand la Parole me parle personnellement ?…  Quand j’ai le sentiment d’être accordé à l’Evangile ? …

Je parle au Seigneur de ce que cette contemplation a fait naître.

Je peux terminer ce temps en me tournant  vers Marie, celle que tous les âges disent bienheureuse. Bienheureuse d’avoir donné naissance au Fils de Dieu, bienheureuse d’avoir  écouté la Parole de Dieu et d’avoir répondu Oui à son appel, bienheureuse d’avoir gardé toutes ces choses  dans son cœur…

Elle nous montre le chemin. Je lui demande d’intercéder auprès de son Fils pour m’aider être fidèle à sa Parole.

contempler le Bon Samaritain

L’Évangile de ce jour nous invite à réécouter la parabole du Bon Samaritain, que Jésus raconte, suite à la question d’un docteur de la loi : « et qui donc est mon prochain ? »

Les Berruyers peuvent contempler le vitrail du déambulatoire de la cathédrale de Bourges. Nous nous arrêtons, aujourd’hui, devant le vitrail du Bon Samaritain de la cathédrale de Sens.

Je me mets à l’écart et trace lentement le signe de la croix sur mon corps, pour me rendre proche du Christ. Je lui demande la grâce d’intérioriser, de manière renouvelée, ce récit très connu, qui j’ai sans doute entendu, déjà, à de multiples reprises.

Comme à Bourges, le vitrail de la cathédrale de Sens se lit de haut en bas (alors que le sens de lecture habituelle des vitraux est de bas en haut). Comme à Bourges, également, les trois scènes centrales inscrites ici, dans un losange, mettent en scène la parabole, tandis que les pétales qui l’entourent commentent la parabole par d’autres scènes de l’Écriture : la faute originelle, en haut ; le serpent d’airain et le veau d’or, au centre ; la passion, en bas.

Je contemple successivement chacun de ces trois registres.

Le voyageur, sorti de la ville représentée en haut, se fait agresser sur le chemin. Ce blessé est la figure du Christ, descendu du ciel, de la Jérusalem céleste.

« Lui, de condition divine
Ne retint pas jalousement
Le rang qui l’égalait à Dieu (…)
S’étant comporté comme un homme, 
Il s’humilia plus encore, 
Obéissant jusqu’à la mort… » 
            Épître aux Philippiens, 2, 5-8

La figuration de la faute originelle décrit la survenue du mal dans notre humanité, ce mal, cette violence dont le Christ lui-même sera victime. Le Christ descend pour me rejoindre, quand je descends, je chute, attiré par les forces du mal.

Le prêtre et le lévite aperçoivent le blessé, sans s’arrêter et « passent de l’autre côté ». Image ancienne, de toujours, sans doute, de l’indifférence si souvent dénoncée par le Pape François.

Les scènes figurant le buisson ardent, le veau d’or, puis le serpent d’airain décrivent la tension entre la Révélation et les infidélités du peuple.

Le Bon Samaritain accompagne le blessé vers l’auberge. Le Bon Samaritain est figure du Christ qui prend sur lui nos propres blessures, ainsi que l’évoquent les scènes de la Passion.

Je m’arrête sur ces deux dernières images. Au moment de la chute, l’ange, de son épée, chasse Adam et Eve du Paradis. Au pied de la croix, l’ange range son épée au fourreau…Le salut offert par le Christ promet la défaite du mal et de la violence.

Je prends maintenant le temps de m’adresser au Seigneur, pour lui confier ceux auprès desquels je peux me faire « Bon Samaritain », et pour lui demander d’être pour moi, « Bon Samaritain. »

         Je termine en m’adressant au Père de miséricorde qui nous a envoyé son Fils : « Notre Père… ». Puis je trace sur moi le signe de croix.