Profiter des vacances pour se désencombrer

L’été est l’occasion de diverses brocantes, et autres bric-à-brac…Occasion de méditer sur la nécessité, peut-être, de faire un peu le vide, dans notre maison, dans notre intériorité, aussi.

Je trace sur moi le signe de croix, et peux dès l’ouverture de ma prière, m’adresser au Père qui donne vie, au Fils qui prend corps en moi, et au Saint Esprit qui nous tient en relation. J’évoque ainsi la croix du Seigneur, qui a consenti à tout quitter, à tout donner. Je demande au Seigneur la grâce de me désencombrer.

Jetant un coup d’œil sur ce stand d’une brocante estivale, je peux prendre le temps d’une visite imaginaire de ma cave, mon grenier, mes placards…Qu’est-ce que j’y ai remisé ? Que me rappellent ces objets divers, mis de côté, et pourtant conservés ?

De quels attachements sont-ils le signe ? Que serais-je prêt à abandonner ? S’ils portent trace d’un moment de la vie passée, ont-ils encore un sens pour le présent ? Sont-ils utiles pour rester ouverts à l’avenir ?

Je me mets maintenant à l’écoute de l’envoi par le Seigneur de ses apôtres. « N’emportez rien pour la route, ni bâton, ni sac, ni pain, ni argent. » (Luc, 9, 3). Une invitation, donc, à s’alléger pour se tenir en mouvement, à ne pas s’encombrer pour être, prioritairement, disponible à la rencontre.

La propension à garder, à conserver, peut  être due, aussi, au souci du lendemain, à une forme de prudence, de précaution…

L’évangile nous invite pourtant à la confiance. « Voyez les corbeaux : ils ne font ni semailles, ni moissons, ils n’ont ni greniers ni magasins, et Dieu les nourrit. Vous valez tellement plus que les oiseaux. (…) Voyez les lis : ils ne filent pas, ils ne tissent pas.

Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’était pas habillé comme l’un d’eux. Si Dieu habille ainsi l’herbe dans les champs, elle qui est là aujourd’hui et qui demain sera jetée au feu, il fera tellement plus pour vous, hommes de peu de foi. » (Luc, 12, 24 et 27-28).

Je ne suis sans doute pas seulement encombré d’objets. Je peux, intérieurement, être habité de souvenirs, de sentiments, de mouvements qui peuvent me peser et nuire à ma disponibilité.

Je termine ma prière en disant le Notre Père. Je peux m’arrêter sur le verset : « donne-nous notre pain de ce jour » …la demande de ce qui m’est simplement  nécessaire, aujourd’hui. Je fais le signe de croix.

Prier avec le psaume du jour

Ce psaume est un psaume de reconnaissance. C’est la prière que quelqu’un qui a été dans une situation périlleuse et s’est tourné vers le Seigneur. Le Seigneur l’a délivré, il lui rend grâces et invite à faire de même.

Je me mets en présence du Seigneur et j’écoute ce psaume.

Je bénirai le Seigneur en tout temps,
sa louange sans cesse à mes lèvres.
Je me glorifierai dans le Seigneur :
que les pauvres m’entendent et soient en fête !

Magnifiez avec moi le Seigneur,
exaltons tous ensemble son nom.
Je cherche le Seigneur, il me répond :
de toutes mes frayeurs, il me délivre.

Qui regarde vers lui resplendira,
sans ombre ni trouble au visage.
Un pauvre crie ; le Seigneur entend :
il le sauve de toutes ses angoisses.

L’ange du Seigneur campe alentour
pour libérer ceux qui le craignent.
Goûtez et voyez : le Seigneur est bon !
Heureux qui trouve en lui son refuge !

Saints du Seigneur, adorez-le :
rien ne manque à ceux qui le craignent.
Des riches ont tout perdu, ils ont faim ;
qui cherche le Seigneur ne manquera d’aucun bien.

Reprenant les mots du psalmiste, je peux faire un retour sur ma propre histoire.

« Un pauvre crie ; le Seigneur entend : il le sauve de toutes ses angoisses. »

« Un pauvre crie ; le Seigneur entend : il le sauve de toutes ses angoisses. »

Il  y a des moments où je me sens pauvre et vulnérable ; des moments d’angoisse. Je mets des mots sur ce qui me fait peur ? Qu’est-ce que je ressens comme un manque ?

« Je cherche le Seigneur, il me répond : de toutes mes frayeurs, il me délivre ».

Est-ce que j’en parle au Seigneur ? Est-ce que je crie vers lui ? Ai-je le sentiment d’avoir été entendu ? D’avoir été « délivré de mes frayeurs », « sauvé de mes angoisses », « libéré », comblé comme « ceux qui craignent » le Seigneur » ?

J’entends maintenant l’invitation du psalmiste à dire ma reconnaissance au Seigneur.

« Goûtez et voyez : le Seigneur est bon ! »
Bénir, louer, glorifier, magnifier, exalter, adorer…  des attitudes vis-à-vis de Dieu, des actions qui disent  la gratitude d’avoir vu et goûté la bonté du Seigneur. Des verbes à l’impératif et au pluriel.

Comment, à mon tour, puis-je rendre grâce ?  Je m’adresse au Seigneur par un geste, par une prière, par un chant pour lui dire merci du fond du cœur. Et si je ne peux pas entrer dans la louange, je lui  demande son aide.

 « Que ma bouche chante ta louange ! » Je termine en rejoignant d’autres par le chant :

Prier avec le Christ, visage d’un guide vers le Père. Portail central Cathédrale de Bourges.

Je me place devant la façade occidentale de la cathédrale qui offre 5 portails. Le portail central, le plus imposant, offre un magnifique tympan, celui du Jugement dernier.  Evocation à trois niveaux :

le 1er niveau évoque la résurrection des morts qui sortent de leurs tombeaux ; le niveau intermédiaire, l’archange st Michel pesant les âmes  et faisant le tri et le 3ème le Christ- juge, les bras ouverts, entourés des anges portant les instruments de la Passion. Au-dessus, une nombreuse assemblée est installée dans les six  cordons de voussures, formant tout une cour céleste.    

Je m’approche pour entrer et  m’arrête devant la statue du Christ qui se tient au trumeau du portail, (restaurée par Théophile Caudron au XIX ème siècle).

Je fais silence et contemple cette sculpture.

« Je suis la porte ; si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé, il ira et viendra et trouvera de quoi se nourrir. » (Jean 10,9)
 

Je considère cette parole. Jésus est le chemin qui nous mène à la plénitude auprès du  Père ; nous ne pouvons l’atteindre sans passer par Lui. Je m’interroge sur la place qu’a le Christ dans ma foi, dans ma prière.

C’est bien Jésus le Christ, celui qui a partagé notre humanité, qui est mort sur la croix et qui est ressuscité. « Le premier-né d’entre les morts » (Col 1,18).

«  En vérité, en vérité, je vous le dis, vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’Homme » (Jean 1,51)

Cette parole adressée à Nathanaël se réalise.  Par lui, avec lui et en lui les portes du ciel nous sont ouvertes.

Je considère le cœur de la foi chrétienne : Christ est ressuscité  et nous attendons sa venue dans la gloire. « Si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts donnera aussi vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous. » (Rm 8,11)

Comment est-ce que je reçois cette espérance chrétienne ? Comment je témoigne de la joie d’être sauvé en Christ ?

Je peux faire mémoire de la vie de Jésus à travers les scènes de l’Evangile : Jésus donne à voir cet amour de Dieu pour tout homme. Quels passages me reviennent ?

Est-ce que je prends le temps de contempler le Christ dans l’Evangile ? «… celui qui me voit, voit Celui qui m’a envoyé » (Jn 12, 45) : qu’est-ce cette contemplation me révèle de Dieu ?

Pour terminer ce temps de méditation, je m’adresse au Christ et laisse monter les mots qui me viennent. Action de grâces pour ce qu’il est, pour ce que j’aime en Lui et qui m’attire. Désir de lui ressembler.  Je peux reprendre le 1 er couplet du chant « Visages de Dieu » :

Visage du Père de tendresse,
Christ aujourd’hui, tu dis Dieu par ta vie ;
En toi son amour se manifeste,
Nous communions à la source infinie.
R/ Sur nos fronts, sur nos mains, dans nos cœurs,
Viens graver ton image, Seigneur :
Nous serons visages de Dieu,
Visages de Dieu !

Je peux aussi m’adresser au Père, lui rendre grâces pour nous avoir donné son Fils, l’Emmanuel, Dieu avec  nous. Et le louer en reprenant ce refrain de Taizé :

Laudate Dominum,
Laudate Dominum,
Omnes gentes, alleluia (bis)

« Venez à l’écart »

L’été nous invite à faire une pause pour se connecter à l’essentiel et se ressourcer spirituellement. Le temps des vacances offre en effet souvent du repos, du silence et du temps disponible pour faire une place au Seigneur au cœur d’un temps « à part ».

            Dans la Bible, il est souvent question de repos, qui est même un devoir  « Le 7ème jour sera un jour de repos complet » ( Exode 31,15). Dans Marc 6, 31 Jésus invite ses disciples au repos (« Venez à l’écart dans un lieu désert, et reposez-vous un peu. »)

Prions avec Mgr Marcel Perrier « Reposez-vous un peu, posez-vous à nouveau un peu devant Dieu » :

Je me mets en présence du Seigneur en faisant silence en moi et en lui demandant la grâce de tourner mon regard vers Lui, qui est Créateur de toutes choses et de qui nous recevons la vie.

Je lis lentement la prière en m’arrêtant sur les mots qui me touchent et en les méditant.

Voici quelques suggestions de points à partir des 4 axes de cette prière :

Se reposer devant soi : Je peux me retrouver moi-même en faisant mémoire de l’année scolaire ou des mois écoulés ( joies, difficultés, souvenirs…)

Est-ce que j’ai ressenti la présence du Seigneur pendant ces moments et si oui, comment ?
 

Se reposer devant la nature : Je me remémore des instants où en contemplant la nature, je me suis senti relié à la vie.

Je peux rendre grâce au Seigneur pour la Création.

Se reposer devant les autres : Je pense aux personnes que je vais rencontrer pendant cette période estivale ( famille, amis, nouvelles rencontres…)

Je confie au Seigneur mon désir de vivre avec elles d’authentiques moments de fraternité.
 

Se reposer devant Dieu : Je goûte pleinement la joie de vivre ce moment de cœur à cœur avec le Seigneur

et je lui demande la grâce de ressentir sa présence aimante et miséricordieuse tout au long de ces jours de repos.

 Je laisse monter ce qui me vient dans la prière et je l’exprime au Seigneur.

Je termine par la prière du Notre-Père ou une autre prière que je connais.

Dans les pas de st François

Dans ces moments de tension vécus dans notre pays, prenons le temps de la prière pour la PAIX ! Le pape François nous y invite ainsi, dans un texte pour une veillée de prière :

« Notre Foi chrétienne nous pousse à regarder la Croix. Comme je voudrais que pendant un moment tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté regardent la Croix ! On peut y lire la réponse de Dieu : là, à la violence on ne répond pas par la violence, à la mort, on ne répond pas par le langage de la mort.

Dans le silence de la Croix, se tait le bruit des armes et parle le langage de la réconciliation, du pardon, du dialogue, de la paix. Je voudrais demander au Seigneur, ce soir, que nous, chrétiens, frères des autres Religions, chaque homme et chaque femme de bonne volonté crient avec force : la violence et la guerre ne sont jamais la voie de la paix ! »

Et avec lui, mettons nos pas dans ceux de st François d’Assise.

  Nous nous tournons vers le Seigneur qui est présent et lui demandons son Esprit saint.                         

Tempera et or sur bois – artiste inconnu du XII ème siècle – Chapelle st Damien d’Assise

Regarder la croix

Je contemple le Crucifié, Jésus victime de la violence des hommes.

Je fais mémoire de sa Passion ; l’hostilité et l’abandon qu’il affronte ; son injuste condamnation ; je regarde ses mains et ses pieds, son sang versé. Sa vie, nul ne la prend mais c’est Lui qui la donne.

Je contemple le Christ ressuscité, son visage grave mais paisible ; ses bras sont grand-ouverts, comme pour rassembler l’humanité.

Jésus qui, avant de remettre son esprit entre les mains du Père, prie ainsi : « Père, pardonne car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23,34) est victorieux de la mort. Il montre un chemin de vie qui est confiance en Dieu, amour et pardon.

Reliquaire de saint François d’Assise- Louvre

Regarder François, artisan de paix

« Fratelli tutti » (Tous frères), écrivait saint François d’Assise, en s’adressant à tous ses frères et sœurs, pour leur proposer un mode de vie au goût d’Evangile…  saint François, qui se sentait frère du soleil, de la mer et du vent, se savait encore davantage uni à ceux qui étaient de sa propre chair…

Dans ce monde parsemé de tours de guet et de murs de protection, les villes étaient déchirées par des guerres sanglantes… Là François a reçu la vraie paix intérieure, s’est libéré de tout désir de suprématie sur les autres, s’est fait l’un des derniers et a cherché à vivre en harmonie avec tout le monde. » (cf Lettre encyclique « Fratelli tutti » 2020 n° 1-2-4)

 « Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix,
Là où est la haine, que je mette l’amour.
Là où est l’offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde, que je mette l’union.
Là où est l’erreur, que je mette la vérité.
Là où est le doute, que je mette la foi.
Là où est le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie.
O Seigneur, que je ne cherche pas tant à
être consolé qu’à consoler,
à être compris qu’à comprendre,
à être aimé qu’à aimer.
Car c’est en se donnant qu’on reçoit,
c’est en s’oubliant qu’on se retrouve,
c’est en pardonnant qu’on est pardonné,
c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie. »

Je termine par un Notre Père.

Méditer avec l’évangile du jour

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (8, 18-22)

Je me dispose à la prière, me retirant dans un endroit calme. Je dépose devant le Seigneur mes préoccupations, cherchant à faire silence en moi pour me rendre disponible à la Parole.

Je dis au Seigneur « me voici » et je lui demande la grâce d’être un disciple fidèle. Je trace sur moi le signe de croix.

Je lis le texte, à haute voix si je peux, sans me laisser troubler par la fin de cet évangile que je peux trouver dur.

Je lis le texte, à haute voix si je peux, sans me laisser troubler par la fin de cet évangile que je peux trouver dur.

Je lis le texte, à haute voix si je peux, sans me laisser troubler par la fin de cet évangile que je peux trouver dur.

…   Je médite sur ce qui, pour moi, peut-être « l’autre rive ». L’inconnu m’attire-t-il ? Est-ce que je le perçois, au contraire, comme un risque ? Aller vers l’inconnu suscite-t-il en moi des résistances ?

Je prends maintenant le temps d’appréhender l’attitude des deux interlocuteurs, et les réponses de Jésus.

Le scribe, très sûr de lui va s’affronter à la mise en garde de Jésus. Celui-ci insiste sur l’inconfort qui, peut-être, sera imposé au disciple. Se mettre à la suite de Jésus n’est pas de tout repos ! La sécurité n’est pas garantie ! Une autre façon d’appeler à la remise en cause de ses habitudes, à consentir à l’imprévu, à l’inattendu.

Et moi, y suis-je prêt ? Puis-je faire mémoire d’expériences qui ont pu me déstabiliser ? Ou, au contraire, d’événements, de rencontres qui m’ont ouvert à de nouveaux possibles ?

L’autre disciple pose une demande bien compréhensible, celle d’organiser les funérailles de son père, fidèlement au commandement : « honore ton père et ta mère, afin d’avoir longue vie sur la terre que te donne le Seigneur ton Dieu. » (Ex, 20, 12). La réponse du Christ peut être difficile à entendre.

Entendons, surtout, que l’appel du Christ à devenir disciple veut d’abord ouvrir à la vie. D’une façon peut-être un peu brutale, Jésus invite à bien réfléchir aux priorités que nous nous donnons. Et moi, que puis-je dire des priorités qui sont les miennes ? Quelle place est-ce que je donne au Christ dans ma vie ?

Après avoir relu cet évangile, je m’adresse au Seigneur comme un ami parle à un ami. Humblement, je lui présente mon chemin de disciple, avec ses joies et ses difficultés. Je peux lui confier l’été qui s’ouvre. Comment, dans mon légitime désir de repos, vais-je donner place au Christ ?  Peut-être cet été va-t-il m’entrainer vers « d’autres rives ». Je confie ces aventures au Seigneur.

Je dis maintenant le Notre Père, la prière que Jésus a laissée à des disciples. En le priant, je rends grâce pour la présence constante du Christ à mes côtés, dans mon chemin de disciple.

Je termine en faisant le signe de croix.

Aller à la rencontre de la beauté

Comme pour chaque temps de prière, avant de prier, je décide d’un moment, d’une durée, un lieu. Je me dispose devant le Seigneur, en prenant conscience de sa présence à mes côtés. Je lui dis ce qui me tient à coeur.

Je vais prier avec un morceau de musique. L’andante de la sonate pour piano n° 21 de Franz Schubert.

Dans ce monde agité, violent et bruyant je me pose et laisse la musique pénétrer en moi, m’habiter. Je laisse le temps ralentir et me retire un peu du bruit de ce monde.

J’écoute le morceau en entier. Même si je le connais bien, je l’écoute comme pour la première fois et me laisse saisir par des sonorités nouvelles.

Je vais à la rencontre de la beauté, je la contemple intérieurement et me laisse transporter. Elle est discrète et elle est un appel à habiter le monde autrement. Elle révèle en nous une capacité à nous rendre disponible au monde. (cf L. Devillairs « la splendeur du monde ») « Elle poursuit son chemin sans faiblir au milieu du chaos,pour « redresser le courage, rassembler les séparés, pacifier sans meurtrir » (Ph. Jacottet)

Puis, dans le silence, je fais mémoire de ce qui m’a touché.e: un son particulier, un rythme…je le laisse résonner en moi.

Je rends grâce pour la puissance de l’oeuvre d’art, pour la trace de l’humanité en l’Homme laissée par le compositeur, témoin de Dieu créateur. Et je partage au Seigneur ce qui m’habite.

J’écoute une deuxième fois cet andante de Schubert, en communiant à ce qui s’offre à moi, dans la simplicité de l’oeuvre..Elle pourrait être une mise à distance du monde, mais non elle ouvre à sa rencontre.Et grâce à ce rythme de vie ralenti, grâce au jeu de l’artiste, à l’équilibre de la composition,

je peux mettre de la distance avec moi-même et contempler le monde avec bienveillance, me libérer de notre volonté de maîtrise et me laisser habiter par la gratitude.. J’en demande la grâce au Seigneur.

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Turner

Comment je laisse Dieu faire du neuf dans ma vie ? Comment ma vie s’accorde-t-elle à la partition de Dieu ? Comment est-ce que je « trouve » Dieu dans cette vie qui m’entoure ?

Pour conclure ce temps de prière, je peux rendre grâce avec cet extrait du psaume 145

Alléluia ! Chante, ô mon âme, la louange du Seigneur ! +
Je veux louer le Seigneur tant que je vis,
chanter mes hymnes pour mon Dieu tant que je dure.

Une petite graine; joie, fraternité

Nous allons prier avec une vidéo. (Mettez-la en plein écran.)

  • Qu’ai-je vu ?
  • Qu’est-ce qui m’a frappé ?
  • Comment cela m’a-t-il frappé ?

Cela commence discrètement et modestement. Cela devient plus grand et plus clair. Cela s’avère irrésistible. Tous les hommes deviennent frères : le poème de Friedrich Schiller que Beethoven a inclus dans sa neuvième symphonie.

Freude, schöner Götterfunken,
Tochter aus Elysium!
Wir betreten feuertrunken,
Himmlische, Dein Heiligtum.

Deine Zauber binden wieder,
Was die Mode streng geteilt,
Alle Menschen werden Brüder,
Wo Dein sanfter Flügel weilt.
— Friedrich Schiller
Étincelle Ô joie divine,
jaillie de l'Elysium !
L'allégresse nous anime,
pour entrer dans ton royaume.

Par ta magie sont unanimes,
des peuples jadis divisés.
Là où ton aile repose,
règne la fraternité.

Soyons unis comme des frères,
d'un baiser au monde entier.
Amis ! Bâtissons une ère
de paix pour l'Humanité.
  1. Je regarde une première fois la vidéo.

Je me laisse toucher par ce qui se déroule. Quels sentiments, quelles émotions me traversent en regardant cette vidéo?
J’accueille ce qui vient en moi et je prends le temps de nommer ces sentiments… je parle à Dieu de ce que j’éprouve et je comprends avec lui pourquoi cela provoque en moi ces sentiments.

2. Je la regarde une seconde fois :

plus particulièrement les personnages : le 1er musicien, le second,  la foule , les enfants; ce qui se transmet entre les personnes; ce qui évolue … La joie qui se transmet .

Le Pape François évoque la joie et la foi: »Chers frères et sœurs, il est nécessaire de proclamer l’Evangile pour donner aux hommes et aux femmes d’aujourd’hui la joie de la foi. Mais cette annonce ne se fait pas d’abord par des mots, mais par un témoignage débordant d’amour gratuit, comme Dieu le fait avec nous. C’est une annonce qui demande à être incarnée dans un style de vie personnel et ecclésial capable de raviver le désir du Seigneur, d’insuffler l’espérance, de transmettre la confiance et la crédibilité. »

J’expérimente peut-être moi aussi cette richesse de l’autre, qui m’apporte ce qui me manquait, qui permet que ce que je vis ou ce que je fais, soit plus réussi encore que si j’avais été seul.

Je laisse revenir à mon esprit des visages et des noms de personnes autour de moi, qui me permettent de faire cette expérience d’être un membre d’un ensemble plus grand.

Et je peux revenir en pensée à la graine de moutarde, cette petite semence qui se transforme en don surabondant dont nous parle l’Evangile de ce jour :

Psaume 64

Il est beau de te louer, Dieu, dans Sion.

Ce psaume est un cantique d’actions de grâces composé peut-être à l’occasion d’une abondante récolte… Il célèbre trois des aspects sous lesquels nous apparaissent la puissance et la bonté de Dieu.

Les versets 2 à 5 parlent des bienfaits spirituels, spécialement du pardon et de la joie, trouvés auprès de Dieu. Les versets 6 à 9 célèbrent la puissance apaisante de Dieu au milieu des tempêtes.

La liturgie de ce jour nous propose les versets 10 à 14.

Le psalmiste contemple la campagne verdoyante et généreuse, image des biens dont le Seigneur nous comble…

Je me prépare à la rencontre en me mettant sous le regard de Dieu. Je me rends disponible pour me mettre à son écoute.

Je lui fais part de mon désir pour ce temps de prière.

Je lis et relis le psaume lentement, en étant attentif.ve aux images, au rythme, aux mots…

Par exemple à la répétition des verbes qui suggèrent l’abondance…

Tu visites…tu l’abreuves…tu la combles…tu arroses…tu détrempes…tu bénis…etc…

Ou des mots comme bienfaits…abondance…allégresse….

L’eau est largement évoquée… L’eau, source de vie… L’eau qui fait revivre le désert…

Je laisse venir à moi les images, les ressentis…ce qui me rejoint dans ma vie… A quoi cela m’invite-t-il ? De quoi puis-je faire mémoire ?

Je recueille ce qui monte en moi à la fin de ce temps de prière et j’en parle à Jésus, comme un ami parle à son ami…

Je peux terminer en chantant ma louange avec mes sœurs et frères dans le Seigneur :

Prier avec le retable du Buisson ardent de la cathédrale St Sauver d’Aix en Provence.

Le panneau central de ce retable offre une représentation très originale du Buisson ardent. Le retable est l’œuvre de Nicolas Froment, peintre avignonnais. Il fut réalisé en 1476. Au revers du panneau visible dans la cathédrale, l’artiste a représenté l’Annonciation.

Je me mets à l’écart pour prendre un temps de contemplation. Je fais silence et trace sur moi le signe de croix. Je dispose mon regard pour observer cette scène, interprétation très libre de la scène que je connais bien du buisson ardent. Je demande la grâce de percevoir la présence du Seigneur.

Je commence par relire l’épisode de l’Ancien Testament. (Exode, 3, 1-6)

Je repère, d’abord, ce qui est fidèle au texte biblique :  Moïse et son troupeau ; la montagne de Dieu, évoquée par un mont aride, le buisson, qui ne se consume pas suggéré par l’aube qui se lève, Moïse qui se déchausse, et, qui de sa main, se protège.

Puis je considère ce qui est original dans cette représentation, loin du texte biblique, mais qui prend sens dans notre foi chrétienne. Le peintre a ajouté au paysage biblique, une ville en arrière-plan, peut-être Avignon.

L’ange ne se trouve pas dans le buisson, mais évoque, debout, l’ange Gabriel de l’Annonciation, scène représentée au dos du retable. Le buisson n’est pas une chétive plante du désert, mais un majestueux figuier à douze troncs. Et le plus original tient, bien entendu, à la représentation de la vierge à l’enfant, dans le massif végétal.

Je médite, maintenant, sur ce que le peintre a voulu suggérer.

D’abord, le lien entre l’Ancien et le Nouveau Testament. L’ancienne alliance évoquée dans cette rencontre fondatrice entre Moïse et le Dieu de ses Pères. La Nouvelle Alliance inaugurée par la naissance du Christ.

Et moi, quelle place est-ce que je donne à l’Ancien Testament dans ma prière ? Comment, dans ma foi, est-ce que je me sens héritier d’une quête de Dieu qui traverse les siècles ?

Ensuite, la place de l’incarnation, inscrite dans l’histoire du peuple. La scène est inscrite dans un cadre représentant les rois de Juda. Les douze troncs du figuier évoquent les douze tribus d’Israël. Mais la ville, à l’arrière-plan, contemporaine du peintre, souligne que le message est toujours d’actualité.

Et moi, que puis-je dire du sens de l’incarnation dans ma vie concrète, dans nos villes d’aujourd’hui ?

Enfin, je considère l’aurore évoquée par le peintre, Jésus, jeune enfant sur les genoux de la vierge.

Et moi, suis-je, aujourd’hui, attentif à la nouveauté du message évangélique, cette Bonne Nouvelle ? Comment est-ce que je reçois cette nouvelle comme « bonne » pour moi, comment est-ce que je perçois la nouveauté de l’évangile ?

Avec Moïse, ressentant la crainte de Dieu, et devant l’enfant Jésus qui nous conduit au Père, je m’adresse au Seigneur, Tout Autre, « aux cieux » et pourtant si proche. Je peux lui demander de se rendre plus présent. Je peux lui confier celles et ceux qui ont besoin du soutien de sa présence.
 

Je termine en priant avec Saint François de Sales.

Je trace sur moi le signe de croix.