Aller à la rencontre de la beauté

Comme pour chaque temps de prière, avant de prier, je décide d’un moment, d’une durée, un lieu. Je me dispose devant le Seigneur, en prenant conscience de sa présence à mes côtés. Je lui dis ce qui me tient à coeur.

Je vais prier avec un morceau de musique. L’andante de la sonate pour piano n° 21 de Franz Schubert.

Dans ce monde agité, violent et bruyant je me pose et laisse la musique pénétrer en moi, m’habiter. Je laisse le temps ralentir et me retire un peu du bruit de ce monde.

J’écoute le morceau en entier. Même si je le connais bien, je l’écoute comme pour la première fois et me laisse saisir par des sonorités nouvelles.

Je vais à la rencontre de la beauté, je la contemple intérieurement et me laisse transporter. Elle est discrète et elle est un appel à habiter le monde autrement. Elle révèle en nous une capacité à nous rendre disponible au monde. (cf L. Devillairs « la splendeur du monde ») « Elle poursuit son chemin sans faiblir au milieu du chaos,pour « redresser le courage, rassembler les séparés, pacifier sans meurtrir » (Ph. Jacottet)

Puis, dans le silence, je fais mémoire de ce qui m’a touché.e: un son particulier, un rythme…je le laisse résonner en moi.

Je rends grâce pour la puissance de l’oeuvre d’art, pour la trace de l’humanité en l’Homme laissée par le compositeur, témoin de Dieu créateur. Et je partage au Seigneur ce qui m’habite.

J’écoute une deuxième fois cet andante de Schubert, en communiant à ce qui s’offre à moi, dans la simplicité de l’oeuvre..Elle pourrait être une mise à distance du monde, mais non elle ouvre à sa rencontre.Et grâce à ce rythme de vie ralenti, grâce au jeu de l’artiste, à l’équilibre de la composition,

je peux mettre de la distance avec moi-même et contempler le monde avec bienveillance, me libérer de notre volonté de maîtrise et me laisser habiter par la gratitude.. J’en demande la grâce au Seigneur.

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Turner

Comment je laisse Dieu faire du neuf dans ma vie ? Comment ma vie s’accorde-t-elle à la partition de Dieu ? Comment est-ce que je « trouve » Dieu dans cette vie qui m’entoure ?

Pour conclure ce temps de prière, je peux rendre grâce avec cet extrait du psaume 145

Alléluia ! Chante, ô mon âme, la louange du Seigneur ! +
Je veux louer le Seigneur tant que je vis,
chanter mes hymnes pour mon Dieu tant que je dure.

Psaume 30

Soyez forts, prenez courage,
vous tous qui espérez le Seigneur !
 

La liturgie nous propose aujourd’hui la fin du psaume 30. David, à qui ce psaume est attribué, crie sa détresse et demande à être délivré de ses ennemis. Le psaume se termine par une lounge au Seigneur, pour la protection qu’il accorde à ceux qui le craignent.

Je me mets à l’écart, disant au Seigneur « me voici ». Si je le peux et le souhaite, j’allume une bougie, signe de la présence du Seigneur à mes côtés. Je fais le signe de croix.

Je lis le psaume, lentement, m’arrêtant sur les expressions qui me rejoignent aujourd’hui.

« Qu’ils sont grands, tes bienfaits ! » ; « Tu combles ceux qui ont en toi leur refuge. ». « Le Seigneur veille sur les siens ».

Je prends le temps de faire mémoire de ce que je reçois du Seigneur.

« Intrigues des hommes » ; « langues méchantes » ; « qui se montre arrogant » …

Je peux confier au Seigneur, ce qui, aujourd’hui, peut me mettre mal à l’aise, me faire souffrir de la part d’autrui.

« Refuge » ; « au plus secret de ta face » ; « un lieu sûr » …

Je rends grâce pour la présence aimante du Seigneur à mes côtés.

« Ceux qui te craignent » ; « vous, ses fidèles » ; « le Seigneur veille sur les siens ». Le psaume 30 commence par un dialogue entre David et le Seigneur, à qui il adresse une demande personnelle. La fin du psaume ouvre au peuple des fidèles. David se sent pris, au sein de son peuple, dans la sollicitude du Seigneur.

Je considère comment je suis, moi-aussi, aidé par la communauté des croyants.

Je relis le psaume.

         Je peux aussi écouter le psaume, dans sa totalité.

Puis je termine en disant « Notre Père… », rendant grâce pour cette prière donnée par le Christ et partagée par tous ses disciples.

Je fais le signe de croix.

Une petite graine; joie, fraternité

Nous allons prier avec une vidéo. (Mettez-la en plein écran.)

  • Qu’ai-je vu ?
  • Qu’est-ce qui m’a frappé ?
  • Comment cela m’a-t-il frappé ?

Cela commence discrètement et modestement. Cela devient plus grand et plus clair. Cela s’avère irrésistible. Tous les hommes deviennent frères : le poème de Friedrich Schiller que Beethoven a inclus dans sa neuvième symphonie.

Freude, schöner Götterfunken,
Tochter aus Elysium!
Wir betreten feuertrunken,
Himmlische, Dein Heiligtum.

Deine Zauber binden wieder,
Was die Mode streng geteilt,
Alle Menschen werden Brüder,
Wo Dein sanfter Flügel weilt.
— Friedrich Schiller
Étincelle Ô joie divine,
jaillie de l'Elysium !
L'allégresse nous anime,
pour entrer dans ton royaume.

Par ta magie sont unanimes,
des peuples jadis divisés.
Là où ton aile repose,
règne la fraternité.

Soyons unis comme des frères,
d'un baiser au monde entier.
Amis ! Bâtissons une ère
de paix pour l'Humanité.
  1. Je regarde une première fois la vidéo.

Je me laisse toucher par ce qui se déroule. Quels sentiments, quelles émotions me traversent en regardant cette vidéo?
J’accueille ce qui vient en moi et je prends le temps de nommer ces sentiments… je parle à Dieu de ce que j’éprouve et je comprends avec lui pourquoi cela provoque en moi ces sentiments.

2. Je la regarde une seconde fois :

plus particulièrement les personnages : le 1er musicien, le second,  la foule , les enfants; ce qui se transmet entre les personnes; ce qui évolue … La joie qui se transmet .

Le Pape François évoque la joie et la foi: »Chers frères et sœurs, il est nécessaire de proclamer l’Evangile pour donner aux hommes et aux femmes d’aujourd’hui la joie de la foi. Mais cette annonce ne se fait pas d’abord par des mots, mais par un témoignage débordant d’amour gratuit, comme Dieu le fait avec nous. C’est une annonce qui demande à être incarnée dans un style de vie personnel et ecclésial capable de raviver le désir du Seigneur, d’insuffler l’espérance, de transmettre la confiance et la crédibilité. »

J’expérimente peut-être moi aussi cette richesse de l’autre, qui m’apporte ce qui me manquait, qui permet que ce que je vis ou ce que je fais, soit plus réussi encore que si j’avais été seul.

Je laisse revenir à mon esprit des visages et des noms de personnes autour de moi, qui me permettent de faire cette expérience d’être un membre d’un ensemble plus grand.

Et je peux revenir en pensée à la graine de moutarde, cette petite semence qui se transforme en don surabondant dont nous parle l’Evangile de ce jour :

Psaume 64

Il est beau de te louer, Dieu, dans Sion.

Ce psaume est un cantique d’actions de grâces composé peut-être à l’occasion d’une abondante récolte… Il célèbre trois des aspects sous lesquels nous apparaissent la puissance et la bonté de Dieu.

Les versets 2 à 5 parlent des bienfaits spirituels, spécialement du pardon et de la joie, trouvés auprès de Dieu. Les versets 6 à 9 célèbrent la puissance apaisante de Dieu au milieu des tempêtes.

La liturgie de ce jour nous propose les versets 10 à 14.

Le psalmiste contemple la campagne verdoyante et généreuse, image des biens dont le Seigneur nous comble…

Je me prépare à la rencontre en me mettant sous le regard de Dieu. Je me rends disponible pour me mettre à son écoute.

Je lui fais part de mon désir pour ce temps de prière.

Je lis et relis le psaume lentement, en étant attentif.ve aux images, au rythme, aux mots…

Par exemple à la répétition des verbes qui suggèrent l’abondance…

Tu visites…tu l’abreuves…tu la combles…tu arroses…tu détrempes…tu bénis…etc…

Ou des mots comme bienfaits…abondance…allégresse….

L’eau est largement évoquée… L’eau, source de vie… L’eau qui fait revivre le désert…

Je laisse venir à moi les images, les ressentis…ce qui me rejoint dans ma vie… A quoi cela m’invite-t-il ? De quoi puis-je faire mémoire ?

Je recueille ce qui monte en moi à la fin de ce temps de prière et j’en parle à Jésus, comme un ami parle à son ami…

Je peux terminer en chantant ma louange avec mes sœurs et frères dans le Seigneur :

Prier avec le retable du Buisson ardent de la cathédrale St Sauver d’Aix en Provence.

Le panneau central de ce retable offre une représentation très originale du Buisson ardent. Le retable est l’œuvre de Nicolas Froment, peintre avignonnais. Il fut réalisé en 1476. Au revers du panneau visible dans la cathédrale, l’artiste a représenté l’Annonciation.

Je me mets à l’écart pour prendre un temps de contemplation. Je fais silence et trace sur moi le signe de croix. Je dispose mon regard pour observer cette scène, interprétation très libre de la scène que je connais bien du buisson ardent. Je demande la grâce de percevoir la présence du Seigneur.

Je commence par relire l’épisode de l’Ancien Testament. (Exode, 3, 1-6)

Je repère, d’abord, ce qui est fidèle au texte biblique :  Moïse et son troupeau ; la montagne de Dieu, évoquée par un mont aride, le buisson, qui ne se consume pas suggéré par l’aube qui se lève, Moïse qui se déchausse, et, qui de sa main, se protège.

Puis je considère ce qui est original dans cette représentation, loin du texte biblique, mais qui prend sens dans notre foi chrétienne. Le peintre a ajouté au paysage biblique, une ville en arrière-plan, peut-être Avignon.

L’ange ne se trouve pas dans le buisson, mais évoque, debout, l’ange Gabriel de l’Annonciation, scène représentée au dos du retable. Le buisson n’est pas une chétive plante du désert, mais un majestueux figuier à douze troncs. Et le plus original tient, bien entendu, à la représentation de la vierge à l’enfant, dans le massif végétal.

Je médite, maintenant, sur ce que le peintre a voulu suggérer.

D’abord, le lien entre l’Ancien et le Nouveau Testament. L’ancienne alliance évoquée dans cette rencontre fondatrice entre Moïse et le Dieu de ses Pères. La Nouvelle Alliance inaugurée par la naissance du Christ.

Et moi, quelle place est-ce que je donne à l’Ancien Testament dans ma prière ? Comment, dans ma foi, est-ce que je me sens héritier d’une quête de Dieu qui traverse les siècles ?

Ensuite, la place de l’incarnation, inscrite dans l’histoire du peuple. La scène est inscrite dans un cadre représentant les rois de Juda. Les douze troncs du figuier évoquent les douze tribus d’Israël. Mais la ville, à l’arrière-plan, contemporaine du peintre, souligne que le message est toujours d’actualité.

Et moi, que puis-je dire du sens de l’incarnation dans ma vie concrète, dans nos villes d’aujourd’hui ?

Enfin, je considère l’aurore évoquée par le peintre, Jésus, jeune enfant sur les genoux de la vierge.

Et moi, suis-je, aujourd’hui, attentif à la nouveauté du message évangélique, cette Bonne Nouvelle ? Comment est-ce que je reçois cette nouvelle comme « bonne » pour moi, comment est-ce que je perçois la nouveauté de l’évangile ?

Avec Moïse, ressentant la crainte de Dieu, et devant l’enfant Jésus qui nous conduit au Père, je m’adresse au Seigneur, Tout Autre, « aux cieux » et pourtant si proche. Je peux lui demander de se rendre plus présent. Je peux lui confier celles et ceux qui ont besoin du soutien de sa présence.
 

Je termine en priant avec Saint François de Sales.

Je trace sur moi le signe de croix.
 

Psaume 24

Seigneur, enseigne-moi tes voies

Wassily Kandinsky – Kochel, rue droite (1909)

Ce psaume est une prière de supplication individuelle de quelqu’un qui s’adresse au Seigneur, avec une certaine intimité puisqu’il parle en « je » et s’adresse à Dieu en « tu ».

J’entre à mon tour dans la prière. Je me rends présent à ce Dieu qui m’écoute et  me parle au plus profond de moi-même… à ce Dieu qui veut me conduire à la plénitude de sa vie.

Les extraits choisis pour la liturgie disent quelque chose de Dieu :

« Il est le Dieu qui me sauve »… « II est droit, il est bon »… Des mots  sont associés à son action : « justice – amour et vérité – alliance »

Le psalmiste se sait pécheur et demande la sagesse.  Il cherche à être enseigné par le Seigneur, d’être guidé dans sa vie pour faire les bons choix. 
« enseigne-moi tes voies »… « fais-moi connaitre ta route »… « dirige-moi »… « enseigne-moi »… « lui qui montre aux pécheurs le chemin »… « il enseigne aux humbles son chemin »

Ma vie est faite de choix, petits ou grands.

Je fais mémoire de ce qui m’habite en ce moment et où j’ai besoin d’être éclairé.

Je peux élargir ma prière aux communautés auxquelles j’appartiens, à l’Eglise, au monde dans lequel je vis,  et demander que le Seigneur les guide sur le juste chemin.

Je reprends à mon compte les mots du psaume en pensant à chacun de ces lieux.

 Je m’adresse à la Trinité,

Au Père qui est le « Dieu qui  me sauve »,
Au Fils qui est « le chemin, la vérité et la vie » (Jean 14,6)
A l’Esprit Saint « que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses » (Jean 14,26)
Je lui demande sa lumière ; je lui demande d’avancer sur son chemin de vérité, d’humilité, et d’amour.

Je termine en prenant le refrain de Taizé : « Seigneur, tu gardes mon âme »

Saint-Sacrement

Rien de plus simple qu’un morceau de pain et qu’un verre de vin partagés entre amis. « Ceci est mon corps dit Jésus : il a choisi ce geste domestique pour signifier l’extraordinaire.

Ce dimanche 2 juin 2024, les catholiques célèbrent la fête du Saint-Sacrement, autrefois appelée « Fête Dieu ». Au centre de cette fête, c’est l’eucharistie et la présence réelle de Jésus Christ dans l’hostie consacrée. L’Hostie qui se trouve être un morceau de pain azyme, un héritage de la tradition juive.

Dans l’évangile, Jésus est parfois appelé Rabbi, c’est-à-dire maître. En tant que tel, entouré de ses disciples, il va faire comme dans toutes les familles juives depuis trois mille ans, il va partager le pain. A chaque fête on va effectivement faire une prière sur le vin et une prière sur le pain. « Béni sois-tu Eternel, Roi du monde qui a fait sortir le pain de la terre …. »

Voici quelques  extraits proposés par le pape François en cette occasion :

«L’Eucharistie est la réponse de Dieu à la faim la plus profonde du cœur humain, à la faim de la vraie vie. En elle, le Christ lui-même est réellement présent au milieu de nous pour nous nourrir, nous consoler et nous soutenir sur notre chemin». ….
 

Malel- Saint Sacrement de Pellevoisin

« L’Eucharistie est un  moyen de communion directe entre Dieu et l’homme, en l’associant au concept de la faim. …. »

Arcabas

«Elle nous soulève de notre confortable sédentarité, elle nous rappelle que nous ne sommes pas seulement des bouches à nourrir, mais que nous sommes aussi [les mains de Dieu] pour nourrir notre prochain. Il est maintenant urgent de prendre soin de ceux qui ont faim de nourriture et de dignité, de ceux qui ne travaillent pas et qui luttent pour s’en sortir. Et de le faire de manière concrète, comme est concret le Pain que Jésus nous donne».

«Nous avons besoin d’une vraie proximité, nous avons besoin de vraies chaînes de solidarité»,

«Jésus dans l’Eucharistie se rend proche de nous: ne laissons pas seuls ceux qui nous sont proches!».

Prions avec cette méditation proposée par « Catechèse par la Parole »

Psaume 99

Allez vers le Seigneur parmi les chants d’allégresse

Je me mets à l’écart pour me mettre à l’écoute du Seigneur. Je fais le signe de croix. Je dépose mes préoccupations du jour. Je fais silence en moi, attentif au mouvement régulier de ma respiration. Je demande la grâce de la joie.

Je lis le psaume à haute voix, attentif au verset qui me rejoint en cette journée.

Le psaume 99 est l’un des psaumes invitatoires qu’on peut dire à l’office des Laudes, pour nous entrainer au dynamisme de la prière. C’est un psaume qui invite à la joie. L’Église le priera régulièrement au fil de l’année jubilaire.

J’entends d’abord l’invitation du psalmiste à manifester ma joie, une joie vécue communautairement puisque le psaume est écrit au pluriel. Je laisse résonner les mots en moi : acclamez ; allégresse ; chants de joie ; louange…

Cette joie s’enracine dans la relation personnelle et proche au Seigneur. Joie de reconnaître le Seigneur comme notre Créateur : « il nous a fait ». Venez à lui, venez dans sa maison, dans sa demeure… « nous sommes à lui, nous, son peuple, son troupeau… ».

Avec le psalmiste, je m’appuie sur la joie qui m’habite pour faire acte de foi : le Seigneur est Dieu, le Seigneur est bon, éternel est son amour, sa fidélité demeure d’âge en âge.

Pour approfondir ma prière, je médite cet extrait de l’exhortation apostolique du Pape François, la joie et l’allégresse. (§124)

« Marie, qui a su découvrir la nouveauté que Jésus apportait, chantait : « Mon esprit tressaille de joie en Dieu mon sauveur » (Lc, 1,47) et Jésus lui-même « tressaillit de joie sous l’action de l’Esprit Saint » (Lc, 10, 21). Quand il passait, « la foule était dans la joie » (Lc, 13,17). Après sa résurrection, là où arrivaient les disciples, il y avait une « joie vive » (Ac, 8,8).

Jésus nous donne une assurance « vous serez triste, mais votre tristesse se changera en joie (…). Je vous verrai ce nouveau et votre cœur sera dans la joie, et votre joie, nul ne vous l’enlèvera. » (Jn, 16, 20-22). « Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète. » (Jn, 15,11)

Je prends un temps de dialogue avec le Seigneur, lui présentant ce qui fait, aujourd’hui ma joie, ou lui demandant de me tenir dans la joie, en dépit des difficultés que je peux traverser. Je lui confie tous ceux sur lesquels j’appelle la joie du Seigneur.

Je relis lentement le psaume, puis, en ces derniers jours de mai, je redis, avec Marie le Magnificat.

Je termine ce temps de prière par le signe de croix.

Avec l’icône de la Trinité d’Andrei Roublev

En cette fête de la Trinité, Geneviève Roux (soeur Xavière) nous propose de prier avec l’icône de la Trinité de Roublev.

Icône de la Trinité- Andrei Roublev – Musée Trétiakov – Moscou -15e siècle

Je regarde l’image

Trois grands personnages occupent l’espace de l’icône. Ils sont assis autour d’une table sur laquelle est posée une coupe. Derrière eux, une maison, un arbre et une montagne se détachent sur un ciel d’or. Chacun tient dans sa main un long bâton fin. Deux d’entre eux penchent la tête, le troisième tient droite la sienne. Leurs visages se ressemblent. Chacun porte une auréole et une paire d’ailes dorées qui les désignent comme des anges. Leurs vêtements allient le bleu roi, le rose, le vert et la pourpre. Il n’y a pas de perspective sinon inversée car les obliques de l’estrade sur laquelle ils sont assis sont tournées vers nous comme pour nous dire que ce qui est représenté là nous concerne.

En fait Roublev, un moine russe peintre d’icônes au 15ème siècle, représente ici la visite de trois voyageurs à Abraham près des chênes de Mambré dans la chaleur du jour (Gn 18, 1-14). Ils lui annoncent qu’il aura un fils et il comprend que ces trois hommes sont des anges,

messagers de Dieu. Ou même qu’il s’agit du Seigneur et de deux anges. Très vite le texte a été interprété par les pères de l’Église comme une visite de la Trinité : Dieu Père, Fils et Esprit. Et c’est cela que nous donne à voir Andrei Roublev.

L’ange du centre est sous le chêne de Mambré, mais c’est l’arbre de vie. Cet ange représente le Père dont tout procède. Il est vêtu d’une robe pourpre et d’un manteau bleu symboles de sa royauté sur l’univers. Son visage, tourné vers sa droite s’incline du même mouvement que les branches de l’arbre. Il regarde l’ange qui est à sa droite.

Lui est assis sous la tente de Mambré , devenue une maison d’or. Il est le Fils, venu en notre monde. Il écoute. Les courbes de son corps sont en forme d’accueil. De sa main droite il reproduit le geste de bénédiction du Père. Et il regarde l’ange de droite.

Celui-ci est assis sous la montagne, l’Horeb, la montagne prophétique où souffle l’Esprit. Il est l’Esprit et il regarde la table autour de laquelle tous les trois sont assis, et sur la table, la coupe

La table est dessinée comme un calice par les lignes intérieures des corps du Fils et de l’Esprit. Elle figure le monde, notre monde au centre de la communion de Dieu.
Dans la coupe est peint l’agneau du sacrifice. Symbole du Christ et de sa vie donnée.

Les trois personnages s’inscrivent dans un cercle. Dans ce cercle un mouvement incessant s’instaure : visage du Père tourné vers le Fils qui à son tour regarde l’Esprit qui, lui, s’incline vers la coupe en la désignant au Fils.

Et celui-ci acquiesce. : « Voici que je viens Seigneur, pour faire ta volonté » (Ps 39). Et dans ces regards nous contemplons l’échange d’amour qui est au cœur de la Trinité et dans lequel nous sommes saisis.

Je prie avec un chant

« Nul n’a jamais vu Dieu, nul ne sait qu’il est Père Mais Jésus nous l’a révélé Et l’homme apprend qu’il est aimé
Nul ne connaît le Fils, nul n’en sait le mystère, Mais les pauvres seront comblés Et l’homme apprend qu’il est aimé
Nul ne connaît son cœur, nul n’en sait la misère, Mais l’Esprit vient pour l’habiter et l’homme apprend qu’il est aimé.
Nul ne saurait unir Les enfants de la terre Mais l’amour veut tout rassembler Et l’homme apprend qu’il est aimé »

Et je rends grâce.

Merci à Geneviève Roux et à La Xavière . Découvrez son site: https://www.xavieres.org/

Psaume 48

Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux

Je prends un temps à l’écart…

Je suis invité.e à méditer ce psaume sapientiel…en union de prière avec toute l’Eglise…

Je fais silence en moi, et lis une première fois le psaume à voix haute, en le laissant résonner en moi…

Puis je le relis en silence, goûtant chaque verset, le laissant rejoindre ma vie…

J’en parle à Jésus comme un ami parle à son ami.

Puis je termine ce temps de prière en demandant : « Donne-moi seulement de t’aimer »