
Cette mosaïque de Ravenne illustre l’évangile de la guérison du paralytique, rapporté par les trois évangiles synoptiques. (Mt, 9, 1-8 ; Lc, 5, 17-26 ; Mc, 2, 1-12).
Le mosaïste met fidèlement en scène le moment de la guérison : « je le l’ordonne, dit Jésus au paralytique, lève-toi, prends ton grabat et va-t’en chez toi. ». Il se leva et aussitôt, prenant son grabat il sortit… » (Mc,2, 11-12).
Je prends un temps à l’écart, pour me rendre disponible au Seigneur. Je m’efforce de trouver le silence intérieur pour me mettre à l’écoute. Je demande au Seigneur de me rendre attentif à la vulnérabilité. Je fais le signe de croix.
Je commence par observer la mosaïque, tout en laissant résonner en moi, les versets de l’évangile. J’entends la voix ferme de Jésus qui s’adresse de façon déterminée à l’infirme. « Je te l’ordonne », sollicitant, par-là, la volonté de la personne. Il relève cet infirme, mais sans effacer magiquement son handicap, avec lequel il vit depuis des années.
Le paralytique va prendre son grabat, le porter et, en dépit, de cette charge, de ce handicap qui subsiste, va retrouver sa motricité. L’échange de regards entre Jésus et l’infirme souligne la force que donne la confiance. Le visage tourné vers Celui qui le sauve, le paralytique va de l’avant, part vers sa propre vie, à l’invitation du Christ : « va-t-en chez toi. ».
Je peux faire mémoire d’autres épisodes de l’évangile, où Jésus se montre sensible à la vulnérabilité, toujours désireux de rendre à chacun sa pleine humanité et sa pleine dignité.
Je m’arrête maintenant sur ma propre attitude devant les personnes porteuses d’un handicap. Qu’est-ce que je ressens : malaise, empathie, compassion, désir de m’engager pour les aider…Y-a-t-il quelque chose à convertir dans mon regard, mes attitudes ?
Les jeux paralympiques sont l’occasion d’assister à des compétitions entre personnes vulnérables qui ont trouvé la force de dépasser leur handicap, On entend des témoignages de combats, de résilience…
Je considère les évolutions dans l’accueil du handicap, les engagements de tant de militants, les efforts, également, des pouvoirs publics. Et je mesure aussi tout de qui reste à faire.
Suis-je prêt à participer à une plus grande prise de conscience ? Suis-je attentif à la prise en compte du handicap dans les divers programmes politiques ?
Même si j’ai la chance d’être valide et de disposer de toutes mes facultés, je suis nécessairement marqué de vulnérabilités.
Suis-je prêt à les nommer ? Comment est-ce que j’y consens ? Est-ce que j’ose les montrer ou est-ce que je m’emploie à les masquer ? Auprès de qui suis-je prêt à solliciter de l’aide ? Est-ce que j’ai recours à la prière ? Suis-je prêt à me présenter au Seigneur en lui disant : « Seigneur, prend pitié de moi. ».
Je prends maintenant le temps de m’adresser personnellement au Seigneur, dans un cœur-à-cœur. Je peux lui confier les personnes fragiles de mon entourage, lui demander de l’aide pour assumer mes propres vulnérabilités.
Je termine en disant cette prière du Pape François.
« Parmi les plus vulnérables d’entre nous, figurent les personnes en situation de handicap. Certaines d’entre elles souffrent d’un rejet fondé sur l’ignorance, sur des préjugés, ce qui les conduit à être marginalisées. Soutenons, avec les institutions civiles, leurs projets en leur donnant accès à l’éducation, à un emploi et à des espaces où exprimer leur créativité. Il faut des programmes et des initiatives qui réussissent l’inclusion. Nous avons surtout besoin de grands cœurs qui impliquent la volonté de les accompagner.
Nous devons changer un peu notre mentalité pour nous ouvrir aux contributions et aux talents de ces personnes aux capacités différentes, aussi bien dans la société que dans la vie de l’Église. Ainsi, créer une paroisse pleinement accessible ne signifie pas seulement supprimer les barrières physiques, mais également assumer le fait que nous devons cesser de parler d’eux » et commencer à parler de « nous ».
Prions afin que les personnes en situation de handicap bénéficient de l’attention de la société et que les institutions promeuvent des programmes d’inclusion pour leur participation active. »
Je fais le signe de croix.
















