Psaume 144, 1,2, 9-10.

Je décide d’un temps de prière et m’isole pour me mettre à l’écoute de la Parole. Je peux fermer les yeux, prendre conscience de ma respiration, de mon corps qui se détend et je me rends disponible au Seigneur. Traçant sur moi le signe de croix, je dis au Seigneur : « me voici. »

La liturgie du jour propose quelques versets du psaume 144, un hymne où les soldats du temps de David se préparaient à une bataille, ce qui explique le vocabulaire « militaire » : combat, bataille, forteresse, citadelle, bouclier, épée meurtrière…

Oublions ce contexte pour accueillir ce psaume dans notre quotidien d’aujourd’hui.

Je prends le temps de lire le psaume, lentement, de le laisser résonner en moi. Je peux m’arrêter sur une expression qui me touche, me rejoint, me déconcerte…

« Rocher, forteresse, citadelle, bouclier… ». Des expressions qui suggèrent la protection.

A quelles occasions suis-je amené à demander la protection du Seigneur ? De quels « ennemis » est-ce que je lui demande de me protéger ?

« Il m’entraine, il exerce mes mains, il me donne pouvoir… ». Le seigneur, « mon allié », ne fait pas à ma place.

Je considère comment le Seigneur a besoin de mon concours, de mon engagement.

L’extrait proposé ce jour commence par une bénédiction et se termine par la louange.

A mon tour, je bénis le Seigneur pour ses bienfaits, que je peux nommer.

Je prends maintenant un temps de conversation avec le Seigneur, dans la dynamique du psaume alternant première et seconde personne, un « je »et un « tu ». Dans cette rencontre intime, je peux confier au Seigneur mes combats d’aujourd’hui, Lui demander son aide, Lui rendre grâce pour sa présence.

         Je relis le psaume, puis prie le Notre Père.

         Je termine ce temps de prière en faisant le soigne de croix.

Confiance! Lève-toi! Il t’appelle.

Je me dispose, dans un temps ralenti, à prendre un moment donné au Seigneur.

Je prends une position confortable, je respire plusieurs fois doucement, profondément, je dépose ce qui me préoccupe dans les mains du Père et fais silence en moi.

Et je demande au Seigneur la grâce de me laisser rejoindre et toucher par ses paroles.

J’accueille avec simplicité de prier cet évangile très connu de la guérison de Bartimée, entendu hier, j’essaie de l’entendre différemment et de me laisser bousculer, dérouter .

Dans son message pour la fin de la seconde sessions du Synode sur la synodalité, le Pape François donne l’aveugle Bartimée dans l’évangile de Marc, à contempler.

« être une Eglise « à l’image de Bartimée« , ce mendiant aveugle, ce « rejeté de l’Evangile » assis au bord de la route qui, entendant Jésus, « se met à crier vers lui » puis à le suivre.

Comment j’accueille cette comparaison? Qu’est-ce que cela peut évoquer pour moi de mon Eglise ?

« Nous n’avons pas besoin d’une Eglise qui s’assoit et abandonne, mais d’une Eglise qui accueille le cri du monde et se salit les mains pour le servir »

Je peux être découragé.e ! Mais avec le Seigneur, je peux voir avec le coeur et être plus attentif.ve au cri du monde près de chez moi. Je réfléchis en moi-même.

Accueillons, à l’image de Bartimée, les orientations de l’Eglise: »Pas une Eglise assise, mais une Eglise debout.[..] Pas une Eglise aveugle, mais une Eglise éclairée par le Christ qui apporte aux autres la lumière de l’Evangile. Pas une Eglise statique, mais une Eglise missionnaire, qui marche avec le Seigneur sur les routes du monde.[…] Déposons le manteau de la résignation, confions notre cécité au Seigneur, levons-nous et portons la joie de l’Evangile sur les chemins du monde. »

Je me laisse mettre en mouvement par ce message. « AVEC le Seigneur« . Lui faire confiance, me lever car Il m’appelle ici, dans les petits gestes du quotidien. Je médite cet appel pour moi.

Je confie au Père mes désirs, mes découragements et lui demande son aide en priant avec François d’Assise.

Psaume 32

Toute la terre, Seigneur, est remplie de ton amour.

CREATOR: gd-jpeg v1.0 (using IJG JPEG v62), quality = 90

Je me mets en présence du Seigneur et je lui demande la grâce de demeurer sous son regard d’amour.

            Je prends le temps de lire ce psaume plusieurs fois, en laissant les mots résonner en moi. Je m’arrête sur l’une ou l’autre expression qui me touche et je la répète intérieurement ou à voix haute. Qu’est-ce qui me touche à cette première lecture ?

«  Criez de joie pour le Seigneur »

Une invitation à la louange : Le psalmiste me place dans l’attitude qui l’habite devant le Seigneur : une louange débordante. Et cette action de grâce qui monte de son cœur et s’exprime dans son chant, il la déploie dans toute la prière.Je suis invité(e) à le bénir pour ce qu’il est, pour qui il est.

 Et moi, quel est le nom que je donne à Dieu lorsque je le bénis ? Je laisse monter du fond de mon cœur ce nom que l’Esprit met en moi et je rends grâce au Seigneur. 

 « Dieu veille sur ceux qui le craignent. »

Un Dieu qui se fait proche : Le Seigneur connaît chaque être vivant. L’univers est rempli de son amour et il est proche de chacun. Pour autant, il ne contrôle pas, mais il observe, il veille. Et c’est là son projet, celui de son cœur : faire alliance avec l’humanité.

Est-ce que je suis parfois le témoin de ce Seigneur qui veille sur chaque être vivant ? Est-ce que parfois j’expérimente que sur moi aussi le Seigneur veille ?

« Elle est droite la parole du Seigneur »

Une Parole vivante : Le Dieu que je rencontre est un Dieu qui parle, et sa Parole fait des merveilles, crée tout l’univers, façonne l’humanité. Et cette Parole est une Parole d’autorité, qui réalise ce qu’elle dit, qui vient du cœur de Dieu, de ses entrailles.

Et moi, quel est l’effet de la Parole du Seigneur sur ma vie ? Qu’est-ce qu’elle produit ? Je demande au Seigneur la grâce de voir ce qui, dans ma vie, est un don qu’il me fait.

A la fin de ce temps, je parle à Jésus comme à un ami pour lui confier ce qui m’habite et je peux réciter le Notre Père ou une autre prière que je connais.

Se faire proche du Seigneur et du prochain par le sourire

La cathédrale de Reims est bien connue pour son ange au sourire…Lorsque la cathédrale a été bombardée lors du premier conflit mondial, la statue de l’ange a été décapitée et un journaliste titra : « Reims a perdu son sourire »

Et si, face à une actualité difficile, par une météo marquée par la grisaille, face, peut-être aussi, à des difficultés personnelles, je prenais résolument le parti du sourire.

Je me dispose à la prière en faisant taire en moi mes préoccupations du moment, en renonçant à toute forme d’agitation et je demande au Seigneur la grâce de la paix intérieure. Je fais le signe de croix.

Je prends le temps de contempler la figure rayonnante de l’ange.

Je regarde longuement les traits apaisés de son visage, l’harmonie de ses lignes, le regard confiant et le fin trait des lèvres souriantes. Un sourire qui rayonne, qui apaise.

Je m’efforce de partager la sérénité de cette figure. Je peux méditer sur ce visage restauré après les destructions de la guerre, signe de l’Espérance qui fait renaître.

J’évoque aussi des visages souriants que j’ai rencontrés et qui ont pu m’aider sur mon chemin, m’appeler à une rencontre, m’entraîner à une Espérance renouvelée dans la présence aimante du Seigneur.

« L’une des premières choses qui arrivent aux personnes qui se détachent de Dieu est que ce sont des personnes sans sourire. Peut-être sont-elles capables d’éclats de rire, elles en font l’un après l’autre, une blague, un éclat de rire… Mais il manque le sourire ! Seule l’espérance donne le sourire : c’est le sourire de l’espérance de trouver Dieu. » (Pape François, audience générale du 7 décembre 2016)

Regarder vers Dieu entraîne à sourire. « Qui regarde vers lui, resplendira sans ombre ni trouble au visage » dit le psalmiste (Psaume 33,6). Rappelons-nous aussi du sourire de Moïse descendant de la montagne où il a rencontré le Seigneur.

« Lorsque Moïse descendit de la montagne du Sinaï, ayant en mains les deux tables du Témoignage, il ne savait pas que son visage rayonnait de lumière depuis qu’il avait parlé avec le Seigneur. » (Exode, 34,29).

Et, au seuil de la cathédrale de Reims, l’ange au sourire nous invite nous aussi à aller sourire dans la Maison du Seigneur, dans la foi de sa présence aimante. « Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. »

 Je considère comment la prière peut m’aider à entrer dans une sérénité intérieure qui détend mon visage et le fait sourire.
 

S’adresser à quelqu’un en souriant ouvre à la rencontre, à la fraternité. Je peux me demander si je souris spontanément, si cela peut me demander des efforts devant certains, dans telle ou telle circonstance. Quels pas puis-je faire pour oser manifester plus de bonne humeur, pour ne pas refuser « l’aumône d’un sourire. »

Je prends maintenant le temps d’un cœur à cœur avec Dieu, lui rendant grâce pour toutes les occasions, les rencontres qui m’entrainent à sourire.

Je lui présente aussi les résistances qui peuvent m’habiter et m’empêcher de m’ouvrir à la vie. J’intercède aussi pour tous ceux que la vie prive de sourire.

Je termine en disant cette prière de Thomas More (1478-1535) que le Pape François recommande dans son livre « Dieu est jeune » (Mars 2024)

« Donne-moi une bonne digestion, Seigneur, et aussi quelque chose à digérer.
Donne-moi la santé du corps, avec la bonne humeur pour la garder au mieux,
Donne-moi une âme sainte, Seigneur, qui ait les yeux sur la beauté et la pureté, afin qu’elle ne s’épouvante pas en voyant le péché, mais qu’elle trouve dans Ta présence la voie pour redresser la situation.
Donne-moi une âme qui ignore l’ennui, le gémissement et le soupir, et ne permets pas que je me fasse trop de souci pour cette chose encombrante que j’appelle “moi”.
Seigneur, donne-moi l’humour, Concède-moi la grâce de comprendre la plaisanterie, pour que je tire quelque bonheur de cette vie et que j’en fasse profiter les autres. Ainsi soit-il ».

Je conclus ce temps de prière en faisant le signe de croix.

Psaume 97

Le Seigneur a fait connaître son salut. 

Chantez au Seigneur un chant nouveau,
car il a fait des merveilles ;
par son bras très saint, par sa main puissante,
il s’est assuré la victoire.

Le Seigneur a fait connaître sa victoire
et révélé sa justice aux nations ;
il s’est rappelé sa fidélité, son amour,
en faveur de la maison d’Israël.

La terre tout entière a vu
la victoire de notre Dieu.
Acclamez le Seigneur, terre entière,
sonnez, chantez, jouez !

Jouez pour le Seigneur sur la cithare,
sur la cithare et tous les instruments ;
au son de la trompette et du cor,
acclamez votre roi, le Seigneur !

La liturgie de ce jour nous propose un psaume de louange…

Je m’installe à l’écart et fais silence en moi…si je le peux, je m’imagine au sein de la foule des croyants, frères aînés dans la foi et chrétiens d’aujourd’hui…

Je me tourne vers le Seigneur et lui demande d’être disponible pour me mettre à son écoute…

Je lis le psaume une première fois…puis je le relis…lentement, en me laissant imprégner jusqu’à le faire mien…

Si je trouve du goût à un mot, une expression, je m’y arrête, sans me soucier d’aller plus loin…Que produisent-ils en moi ? A quoi m’invitent-ils ?

Je peux aussi m’aider de quelques points…

Le mot « victoire » est répété trois fois… victoire révélée au peuple choisi « en faveur de la maison d’Israël » et à toute l’humanité « aux nations (…) la terre tout entière »

Le mot « victoire » évoque le combat…

Puis-je faire mémoire de combats au cours desquels je me suis appuyé.e sur le Seigneur ?

« Sonnez…chantez…jouez…acclamez…il a fait des merveilles »

« …un chant nouveau »

Je peux évoquer les beautés de la Création… la présence du Seigneur au cœur de ma vie…

Ou regarder comment j’accueille la nouveauté…

A la fin de ce temps de prière, je recueille ce qui m’habite et j’en parle au Seigneur, comme à un ami…

Puis j’écoute ou je lis à nouveau le psaume et demande au Seigneur ce dont j’ai le plus besoin…

Zone de Texte:

Prier avec Thérèse d’Avila

Alors que nous nous apprêtons à fêter st Thérèse d’Avila, nous prions avec l’un de ces écrits.

Nous entrons dans la prière en reprenant le refrain de Taizé « Nada te turbe »

Que rien ne te trouble
Que rien ne t’effraie
Toute passe

Dieu reste le même
Patience
Atteint tout.

Qui a Dieu
Ne manque de rien
Dieu seul suffit.

Je lis une première fois, la prière de Thérèse d’Avila.

« Que rien ne te trouble, que rien ne t’épouvante, tout passe, Dieu ne change pas, la patience obtient tout ; celui qui possède Dieu ne manque de rien : Dieu seul suffit. Élève ta pensée, monte au ciel, ne t’angoisse de rien, que rien ne te trouble. Suis Jésus-Christ d’un grand cœur, et quoi qu’il arrive, que rien ne t’épouvante. Tu vois la gloire du monde ? C’est une vaine gloire ; il n’a rien de stable, tout passe. Aspire au céleste, qui dure toujours ; fidèle et riche en promesses, Dieu ne change pas.

Aime-Le comme Il le mérite, Bonté immense ; mais il n’y a pas d’amour de qualité sans la patience. Que confiance et foi vive maintiennent l’âme, celui qui croit et espère obtient tout. Même s’il se voit assailli par l’enfer, il déjouera ses faveurs, celui qui possède Dieu. Même si lui viennent abandons, croix, malheurs, si Dieu est son trésor, il ne manque de rien. Allez-vous-en donc, biens du monde ; allez-vous-en, vains bonheurs : même si l’on vient à tout perdre, Dieu seul suffit. Amen. »

Qu’est-ce qui me frappe ? Comment Dieu est-il qualifié ? Quels mots reviennent le plus souvent ?  Qu’est-ce ce texte provoque en moi ?

Je lis ce texte une deuxième fois.

« Que rien ne te trouble » 

J’entends cette interpellation. Comment est-ce que je la reçois ? Y a-t-il en ce moment dans ma vie quelque chose qui m’inquiète et me trouble ? Je laisse venir mes soucis, mes angoisses, mes difficultés, mes impatiences…  tout ce qui m’empêche de vivre pleinement.

Je me tourne vers Jésus-Christ, lui qui est vainqueur du mal et de la mort. Je me souviens de la parole qu’il adresse à ses disciples, effrayés de la voir marcher sur la mer  agitée : « Confiance, c’est moi ; n’ayez pas peur ! » (Mt 14, 27)

« il n’y a rien de stable, tout passe. Aspire au céleste, qui dure toujours »

Je considère les biens de ce monde, qu’est-ce qui est important pour m’aider à vivre ? Qu’est-ce qui me semble bon pour moi ? Y a-t-il des biens auxquels je suis particulièrement attaché et qui prennent trop de place dans ma vie ? Je prends conscience du côté éphémère de tous ces biens, et du fait qu’ils ne peuvent me combler vraiment

Je me tourne vers Jésus-Christ qui enseigne les foules sur la montagne : «  Ne vous amassez pas de trésors sur la terre, où les mites et les vers font tout disparaitre, où les voleurs percent les murs et dérobent. Mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où les mites et les vers ne font de ravages, où les voleurs ne percent ni ne dérobent. Car où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. » (Mt 6, 19-21)

« Si Dieu est son trésor, il ne manque de rien… Dieu seul suffit »

Je médite cette phrase. Et moi  où est mon trésor ? Quelle place je donne à Dieu ? Est-ce que je crois en sa « Bonté immense » ? Est-ce que je lui fais confiance et crois en ses promesses ? Est-il pour moi Celui que je cherche avant toutes choses?

Je me tourne vers Jésus-Christ qui, toute sa vie, a été ajusté à son Père et qui montre le chemin vers Lui. Après avoir parlé à la foule des oiseaux du ciel et des lys des champs, il dit : « Cherchez d’abord le Royaume et la justice de Dieu, et tout cela vous sera donné par surcroît. » (Mt 6,33)

Je prends maintenant un temps de silence pour laisser venir la prière qui monte de mon cœur. Je m’adresse au Seigneur.

Je termine ce temps de méditation en me confiant à l’intercession de Marie, elle qui a su rester dans la confiance ; elle qui a vécu dans la patience et l’espérance. Je vous salue Marie.

Notre Dame des Eaux – Nevers st Gildard

Cantique de Zacharie

Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, car il a visité son peuple.

Zacharie par Michel-Ange

La liturgie de ce jour nous propose un extrait du cantique de Zacharie, le benedictus. Je choisis un temps et un lieu pour prendre du temps avec le Seigneur. Je me rends attentif à ma respiration, sans la forcer. Ainsi je me rends disponible, corps et cœur, pour écouter la Parole. Je demande la grâce de la louange

Je fais le signe de croix et lis le texte du psaume, lentement.

Je commence par contempler la scène. Elisabeth vient de mettre au monde Jean Baptiste. Zacharie qui, au Temple, a douté de la promesse du Seigneur, vient d’accueillir l’enfant né de parents âgés et de lui donner son nom, Jean, « Dieu fait grâce ». Il retrouve alors la parole et entonne son cantique de louange et de bénédiction.

Je peux, à mon tour, faire mémoire d’un événement inattendu qui a suscité en moi joie et émerveillement.

Zacharie situe la naissance dans la longue histoire de l’alliance, « prophètes des temps anciens », « les pères », Abraham.

Et moi, comment ces personnages de l’histoire sainte aident, aujourd’hui, mon chemin de foi ? Je prends aussi le temps de parcourir ma propre histoire pour évoquer ceux qui ont été pour moi des repères importants dans mon chemin d’alliance avec le Seigneur.

L’extrait de la version liturgique de ce jour se termine par la mention du service aujourd’hui et demain « en sa présence ».

Je peux présenter au Seigneur le service que j’assume aujourd’hui et lui demander d’être présent à mes côtés.

Je termine ce temps de prière en choisissant résolument la louange. Contemplant la journée qui s’ouvre ou se termine, je rends grâce pour ce que la vie présente m’offre.

Je dis le Notre Père et trace sur moi le signe de croix.

Prier avec Jean-Sébastien Bach

Bach jeune à 30 ans, 1715, par Johann Ernst Rentsch

Jean Sébastien Bach, né en 1685 fut imprégné de la foi luthérienne. Sa vie durant il fut nourri de la lecture de la Bible; il avait une trèsimportante bibliothèque religieuse comportant davantage d’auteurs mystiques que dogmatiques, portant leur attention sur la vie subjective de la foi et dans la thématique des grands mystiques médiévaux que sont Bernard de Clairvaux, Catherine de Sienne, Maître Eckhart ou Jean Tauler.

Je me prépare à me laisser guider dans ma rencontre du Seigneur et prends le temps de me poser, prends plusieurs respirations profondes et fais silence en moi pour me disposer à la prière soutenue et nourrie par la musique

Bach inscrivait au début de ses partitions les initiales J.J.: »Jesu juva » c’est-à-dire: « Jésus, aide-moi! » ; la Parole de Dieu était sa nourriture et il a voulu par sa musique la faire comprendre.

Il signait aussi: « SDG: »Soli Deo Gloria« : « A Dieu seul la gloire », inspiré de Martin Luther. Il affirme que l’Esprit du Seigneur est à l’oeuvre et non lui .

Il a souvent exprimé sa louange au Seigneur, comme dans le choeur du Magnificat

Avant de l’écouter et de louer Dieu, je contemple, avec l’aide l’Esprit ces derniers jours. Pour quoi ai-je envie de rendre grâce et de chanter le Seigneur ? Tout ce que j’ai vécu pour la seule gloire de Dieu.

Sensible à la mystique du Moyen-Âge du début du XVIIes , l’union au Christ est pour Bach, une attirance mutuelle qu’il faut expérimenter sans cesse.Son rapport au Christ s’inscrit dans la théologie de la croix et de la Résurrection.

Comment cette relation au Christ trouve un écho dans ma vie spirituelle et dans mon quotidien ?Comment cela me bouscule ? me questionne ? Je médite cela en écoutant « Christus, der ist mein Leben » BWV 95 (Le Christ, toi qui es ma vie)

Christus, der ist mein Leben,
Christ, toi qui es ma vie,
...
Dem tu ich mich ergeben,
A toi je me donne corps et âme,
...
Denn ich weiß dies
Car je sais
Und glaub es ganz gewiss,
Et je crois fermement
Dass ich aus meinem Grabe
Que de mon tombeau
Ganz einen sichern Zugang zu dem Vater habe.
J'aurais un accès assuré au Père.
Mein Tod ist nur ein Schlaf.
Ma mort n'est qu'un sommeil

Dadurch der Leib, der hier von Sorgen abgenommen,
Grâce auquel le corps, délivré des tourments de cette terre,
Zur Ruhe kommen.
Est parvenu au repos.
Sucht nun ein Hirte sein verlornes Schaf,
Et si un berger cherche sa brebis perdue,
Wie sollte Jesus mich nicht wieder finden,
Comment Jésus ne saurait-il pas me retrouver,
Da er mein Haupt und ich sein Gliedmaß bin!
Puisqu'il est mon chef et que je suis un de ses membres!
So kann ich nun mit frohen Sinnen
C'est pourquoi je puis, d'un coeur réjoui,
Mein selig Auferstehn auf meinen Heiland gründen.
Fonder sur mon Sauveur ma bienheureuse résurrection.

Bach a connu l’épreuve terrible et la grande souffrance de perdre sa première femme et sept de ses enfants, il a souffert aussi d’élever et accompagner un enfant handicapé et a subi le chagrin à cause de la conduite désordonnée d’un de ses fils. Il a été un croyant qui supplie le Dieu de miséricorde.

J’ai peut-être, moi aussi, envie de crier vers le Seigneur. « Aus tiefer Not schrei ich zu dir« 

Mais avec confiance dans la consolation du Père qui nous aime et nous accompagne dans la souffrance, à l’exemple du Christ, demandons la grâce de pouvoir dire avec lui « non ma volonté, mais la tienne  » . « Alles nur nach Gottes Willen » (Tout selon la volonté de Dieu).

Alles nur nach Gottes Willen,
Qu'il en soit toujours selon la volonté de Dieu,
So bei Lust als Traurigkeit,
Dans la joie comme dans la peine,
So bei gut als böser Zeit.
Aux jours de bonheur comme dans les temps difficiles.
Gottes Wille soll mich stillen
Que la volonté de Dieu me comble
Bei Gewölk und Sonnenschein.
Aussi bien par ciel nuageux que par temps ensoleille !
Alles nur nach Gottes Willen!
Qu'il en soit toujours selon la volonté de Dieu !
Dies soll meine Losung sein.
Que telle soit ma devise !
Mit allem, was ich hab und bin,
Je m'en remets à Jésus
Will ich mich Jesu lassen,
De tout ce que j'ai et que je suis,
Kann gleich mein schwacher Geist und Sinn
Mon esprit et mon âme sont trop faibles
Des Höchsten Rat nicht fassen;
Pour pouvoir saisir les intentions et les conseils du Très-Haut ;
Er führe mich nur immer hin
Qu'il me conduise donc
Auf Dorn- und Rosenstraßen!
Sur les chemins jonchés d'épines ou de roses !

Je demande au Seigneur de m’éclairer dans ma vie quotidienne et de me donner la grâce de l’abandon.

En mars et avril 1750, Jean-Sébastien Bach fut opéré des yeux, mais ces opérations n’eurent aucun succès et il mourut des suites de ces interventions, le 28 juillet, après avoir communié au corps et au sang du Christ.






Devant ton trône, je vais comparaître
Ô Dieu, et je te prie humblement,
Ne détourne pas ta face pleine de grâce
De moi, qui suis pauvre pécheur

dernier prélude de "l'Autographe de Leipzig" 1750

Souvent, Bach a commenté l’attente de la mort: « ich bin vergnügt mit meinem Glücke » cantate BWV 84

Je me contente de mon bonheur,
celui que Dieu me réserve.
....
Et quand viendra le soir de ma vie,
que mon existence ici-bas touchera son terme,
Dieu me donnera le dernier sou
qui ouvre le ciel.
Oh! si, comme salaire de sa grâce,
il m'accorde ce don,
je n'ai besoin de rien d'autre.
Viens, douce heure de la mort
Fais que mon départ soit doux,
Säume nicht,
Ne tarde pas,
Letztes Licht,
Dernière lumière,
Dass ich meinen Heiland küsse.
Pour que je puisse embrasser mon Sauveur.
Mon vœu
Ist, den Heiland zu umfangen
Est d'embrasser mon Sauveur
Und bei Christo bald zu sein.
Et d'être bientôt avec le Christ.
...
Dans la douce joie du ciel.
Jesu, komm und nimm mich fort!
Jésus, viens et emporte-moi !
Vergnügte Ruh, beliebte Seelenlust,
Repos délicieux, plaisir recherché de l'âme,
Dich kann man nicht bei Höllensünden,
Tu ne peux pas être trouvé parmi les péchés de l'enfer,
Wohl aber Himmelseintracht finden;
Mais plutôt dans la concorde du paradis ;
Du stärkst allein die schwache Brust.
Toi seul renforce le cœur faible.
Drum sollen lauter Tugendgaben
Donc seuls les dons purs de la vertu
In meinem Herzen Wohnung haben.
Auront une place dans mon cœur.
Mir ekelt mehr zu leben,
Je suis dégoûté de vivre plus longtemps,
Drum nimm mich, Jesu, hin!
Aussi emporte-moi loin d'ici, Jésus !
Mir graut vor allen Sünden,
Je suis horrifié par tous les péchés,
Laß mich dies Wohnhaus finden,
Laisse-moi trouver cette habitation,
Wo selbst ich ruhig bin.
Où je pourrai être en paix.

Je me laisse toucher par ce détachement, cette foi profonde. Je parle au Seigneur de ce qui m’interroge, ce qui m’est difficile à accepter et je lui demande la grâce de comprendre et de m’abandonner à lui.

Je peux aussi prier en reprenant un des textes.

Je le loue pour les dons faits aux artistes, aux créateurs qui nous conduisent à lui par d’autres voies.

Psaume 26

Le psaume 26 est une supplication pleine de confiance. Il commence par une affirmation sur Dieu à qui le psalmiste adresse sa prière : « le Seigneur est ma lumière et mon salut »

Les versets choisis pour la liturgie sont un appel au secours. Mais dans sa prière, le psalmiste entend aussi des appels au fond de son cœur.

J’entre dans la prière en lisant le psaume :

« Ecoute, Seigneur, je t’appelle ! »

La prière peut être un cri vers Dieu, une succession de demandes à Celui qui peut sauver. Comme le psalmiste, il arrive que nous nous sentions faibles et démunis devant l’adversité.

Je peux à mon tour regarder ma vie et parler au Seigneur de mes difficultés, de ce qui m’inquiète et lui demander son aide, l’appeler, lui dire « Pitié ! Réponds-moi ! ».

« Mon cœur m’a redit ta parole : « Cherchez ma face. »

Dans sa prière, le psalmiste est aussi à l’écoute de ce qui se passe dans son cœur. Au fond de lui-même, il entend le Seigneur lui dire de chercher sa face. Et il répond : « C’est ta face, Seigneur, que je cherche »

A mon tour, je peux entendre cet appel et regarder à nouveau ma vie. Je repère les traces de la présence du Seigneur. Je regarde les moments vécus dans la paix et la joie. Je regarde ce qui a goût d’Evangile; je regarde ce qui me fait vivre et me donne de l’élan.  J’en rends grâces au Seigneur.

« J’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants. »

Le psalmiste termine sa prière dans  l’espérance. Il reprend confiance dans la présence de Dieu à ses côtés, un Dieu qui est bon et qui veut pour lui la vie.

A mon tour, je me tourne vers le Seigneur pour lui redire ma confiance. Les difficultés sont bien là mais je peux compter sur l’amour de Dieu qui donne force et courage pour les vivre.

Je m’adresse à lui en vérité et simplicité.

Je peux terminer ma prière en chantant : « le Seigneur est ma lumière et mon salut »

Prier dans la dynamique du dimanche pour les migrants

Au lendemain du dimanche des migrants, nous prions à partir d’extraits du message du pape François du 24 Mai, en vue de cette journée.

J’ouvre ce temps de prière en traçant sur moi le signe de la croix. Je fais mémoire de la vie donnée du Christ pour que nous ayons tous la vie en plénitude.

Dans ce monde tellement troublé par les événements internationaux et par l’instabilité politique dans notre pays, je prends un temps de calme, de paix intérieure et je demande au Seigneur la grâce du discernement.

Je lis, lentement, le texte du pape François.
 

Nous savons la question des migrations très sensible en France, comme dans bien des pays d’Europe. Je m’efforce d’accueillir ce texte loin des polémiques.

Je considère d’abord, ces migrants de tous les temps. Je peux me remémorer la sortie des Hébreux d’Égypte, puis des scènes d’actualité qui disent les difficultés de migrants aujourd’hui, peut-être des rencontres concrètes avec des migrants. Je prie alors le Seigneur qui libère « Je suis Yahvé ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison de servitude. » (Ex, 20,2)

Je prends ensuite le temps de m’interroger sur la façon dont je m’informe, au-delà des présentations souvent simplistes, sur la question des migrants ? Suis-je au clair sur les chiffres ? Est-ce que je me questionne sur l’origine des migrations ? N’ai-je pas tendance aux préjugés, à des généralisations abusives à partir de faits divers sordides ? Est-ce que cherche à connaître les capacités réalistes d’accueil de notre pays ?

« De nombreux migrants font l’expérience de Dieu comme compagnon de voyage ». Comment ma paroisse donne-t-elle place aux migrants ? Comment est-ce que je me situe face à des migrants d’autres religions, dans un esprit de dialogue ?

« Grâce à Lui, il y a des bons samaritains sur le chemin ». Je contemple toutes ces personnes – chrétiennes ou non- qui, individuellement ou en association, aident les migrants. Je rends grâce pour leur engagement.

« La rencontre avec le migrant, comme avec tout frère et sœur dans le besoin, est aussi une rencontre avec le Christ. ». Comment est-ce que, intérieurement, je m’efforce de voir dans l’autre fragile, le visage du Christ ?

Dans un cœur à cœur avec le Seigneur, je lui partage mes engagements, même modestes, mes résistances, peut-être. Je Lui confie les migrants et ceux qui se mettent à leur service. Je lui demande la grâce du discernement. Je prie pour que nos gouvernants cherchent les voies d’un accueil réaliste et néanmoins audacieux…

         Je termine en disant le Notre Père, avant de faire le signe de croix.