Cantique de Zacharie

Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, car il a visité son peuple.

Zacharie par Michel-Ange

La liturgie de ce jour nous propose un extrait du cantique de Zacharie, le benedictus. Je choisis un temps et un lieu pour prendre du temps avec le Seigneur. Je me rends attentif à ma respiration, sans la forcer. Ainsi je me rends disponible, corps et cœur, pour écouter la Parole. Je demande la grâce de la louange

Je fais le signe de croix et lis le texte du psaume, lentement.

Je commence par contempler la scène. Elisabeth vient de mettre au monde Jean Baptiste. Zacharie qui, au Temple, a douté de la promesse du Seigneur, vient d’accueillir l’enfant né de parents âgés et de lui donner son nom, Jean, « Dieu fait grâce ». Il retrouve alors la parole et entonne son cantique de louange et de bénédiction.

Je peux, à mon tour, faire mémoire d’un événement inattendu qui a suscité en moi joie et émerveillement.

Zacharie situe la naissance dans la longue histoire de l’alliance, « prophètes des temps anciens », « les pères », Abraham.

Et moi, comment ces personnages de l’histoire sainte aident, aujourd’hui, mon chemin de foi ? Je prends aussi le temps de parcourir ma propre histoire pour évoquer ceux qui ont été pour moi des repères importants dans mon chemin d’alliance avec le Seigneur.

L’extrait de la version liturgique de ce jour se termine par la mention du service aujourd’hui et demain « en sa présence ».

Je peux présenter au Seigneur le service que j’assume aujourd’hui et lui demander d’être présent à mes côtés.

Je termine ce temps de prière en choisissant résolument la louange. Contemplant la journée qui s’ouvre ou se termine, je rends grâce pour ce que la vie présente m’offre.

Je dis le Notre Père et trace sur moi le signe de croix.

Prier avec Jean-Sébastien Bach

Bach jeune à 30 ans, 1715, par Johann Ernst Rentsch

Jean Sébastien Bach, né en 1685 fut imprégné de la foi luthérienne. Sa vie durant il fut nourri de la lecture de la Bible; il avait une trèsimportante bibliothèque religieuse comportant davantage d’auteurs mystiques que dogmatiques, portant leur attention sur la vie subjective de la foi et dans la thématique des grands mystiques médiévaux que sont Bernard de Clairvaux, Catherine de Sienne, Maître Eckhart ou Jean Tauler.

Je me prépare à me laisser guider dans ma rencontre du Seigneur et prends le temps de me poser, prends plusieurs respirations profondes et fais silence en moi pour me disposer à la prière soutenue et nourrie par la musique

Bach inscrivait au début de ses partitions les initiales J.J.: »Jesu juva » c’est-à-dire: « Jésus, aide-moi! » ; la Parole de Dieu était sa nourriture et il a voulu par sa musique la faire comprendre.

Il signait aussi: « SDG: »Soli Deo Gloria« : « A Dieu seul la gloire », inspiré de Martin Luther. Il affirme que l’Esprit du Seigneur est à l’oeuvre et non lui .

Il a souvent exprimé sa louange au Seigneur, comme dans le choeur du Magnificat

Avant de l’écouter et de louer Dieu, je contemple, avec l’aide l’Esprit ces derniers jours. Pour quoi ai-je envie de rendre grâce et de chanter le Seigneur ? Tout ce que j’ai vécu pour la seule gloire de Dieu.

Sensible à la mystique du Moyen-Âge du début du XVIIes , l’union au Christ est pour Bach, une attirance mutuelle qu’il faut expérimenter sans cesse.Son rapport au Christ s’inscrit dans la théologie de la croix et de la Résurrection.

Comment cette relation au Christ trouve un écho dans ma vie spirituelle et dans mon quotidien ?Comment cela me bouscule ? me questionne ? Je médite cela en écoutant « Christus, der ist mein Leben » BWV 95 (Le Christ, toi qui es ma vie)

Christus, der ist mein Leben,
Christ, toi qui es ma vie,
...
Dem tu ich mich ergeben,
A toi je me donne corps et âme,
...
Denn ich weiß dies
Car je sais
Und glaub es ganz gewiss,
Et je crois fermement
Dass ich aus meinem Grabe
Que de mon tombeau
Ganz einen sichern Zugang zu dem Vater habe.
J'aurais un accès assuré au Père.
Mein Tod ist nur ein Schlaf.
Ma mort n'est qu'un sommeil

Dadurch der Leib, der hier von Sorgen abgenommen,
Grâce auquel le corps, délivré des tourments de cette terre,
Zur Ruhe kommen.
Est parvenu au repos.
Sucht nun ein Hirte sein verlornes Schaf,
Et si un berger cherche sa brebis perdue,
Wie sollte Jesus mich nicht wieder finden,
Comment Jésus ne saurait-il pas me retrouver,
Da er mein Haupt und ich sein Gliedmaß bin!
Puisqu'il est mon chef et que je suis un de ses membres!
So kann ich nun mit frohen Sinnen
C'est pourquoi je puis, d'un coeur réjoui,
Mein selig Auferstehn auf meinen Heiland gründen.
Fonder sur mon Sauveur ma bienheureuse résurrection.

Bach a connu l’épreuve terrible et la grande souffrance de perdre sa première femme et sept de ses enfants, il a souffert aussi d’élever et accompagner un enfant handicapé et a subi le chagrin à cause de la conduite désordonnée d’un de ses fils. Il a été un croyant qui supplie le Dieu de miséricorde.

J’ai peut-être, moi aussi, envie de crier vers le Seigneur. « Aus tiefer Not schrei ich zu dir« 

Mais avec confiance dans la consolation du Père qui nous aime et nous accompagne dans la souffrance, à l’exemple du Christ, demandons la grâce de pouvoir dire avec lui « non ma volonté, mais la tienne  » . « Alles nur nach Gottes Willen » (Tout selon la volonté de Dieu).

Alles nur nach Gottes Willen,
Qu'il en soit toujours selon la volonté de Dieu,
So bei Lust als Traurigkeit,
Dans la joie comme dans la peine,
So bei gut als böser Zeit.
Aux jours de bonheur comme dans les temps difficiles.
Gottes Wille soll mich stillen
Que la volonté de Dieu me comble
Bei Gewölk und Sonnenschein.
Aussi bien par ciel nuageux que par temps ensoleille !
Alles nur nach Gottes Willen!
Qu'il en soit toujours selon la volonté de Dieu !
Dies soll meine Losung sein.
Que telle soit ma devise !
Mit allem, was ich hab und bin,
Je m'en remets à Jésus
Will ich mich Jesu lassen,
De tout ce que j'ai et que je suis,
Kann gleich mein schwacher Geist und Sinn
Mon esprit et mon âme sont trop faibles
Des Höchsten Rat nicht fassen;
Pour pouvoir saisir les intentions et les conseils du Très-Haut ;
Er führe mich nur immer hin
Qu'il me conduise donc
Auf Dorn- und Rosenstraßen!
Sur les chemins jonchés d'épines ou de roses !

Je demande au Seigneur de m’éclairer dans ma vie quotidienne et de me donner la grâce de l’abandon.

En mars et avril 1750, Jean-Sébastien Bach fut opéré des yeux, mais ces opérations n’eurent aucun succès et il mourut des suites de ces interventions, le 28 juillet, après avoir communié au corps et au sang du Christ.






Devant ton trône, je vais comparaître
Ô Dieu, et je te prie humblement,
Ne détourne pas ta face pleine de grâce
De moi, qui suis pauvre pécheur

dernier prélude de "l'Autographe de Leipzig" 1750

Souvent, Bach a commenté l’attente de la mort: « ich bin vergnügt mit meinem Glücke » cantate BWV 84

Je me contente de mon bonheur,
celui que Dieu me réserve.
....
Et quand viendra le soir de ma vie,
que mon existence ici-bas touchera son terme,
Dieu me donnera le dernier sou
qui ouvre le ciel.
Oh! si, comme salaire de sa grâce,
il m'accorde ce don,
je n'ai besoin de rien d'autre.
Viens, douce heure de la mort
Fais que mon départ soit doux,
Säume nicht,
Ne tarde pas,
Letztes Licht,
Dernière lumière,
Dass ich meinen Heiland küsse.
Pour que je puisse embrasser mon Sauveur.
Mon vœu
Ist, den Heiland zu umfangen
Est d'embrasser mon Sauveur
Und bei Christo bald zu sein.
Et d'être bientôt avec le Christ.
...
Dans la douce joie du ciel.
Jesu, komm und nimm mich fort!
Jésus, viens et emporte-moi !
Vergnügte Ruh, beliebte Seelenlust,
Repos délicieux, plaisir recherché de l'âme,
Dich kann man nicht bei Höllensünden,
Tu ne peux pas être trouvé parmi les péchés de l'enfer,
Wohl aber Himmelseintracht finden;
Mais plutôt dans la concorde du paradis ;
Du stärkst allein die schwache Brust.
Toi seul renforce le cœur faible.
Drum sollen lauter Tugendgaben
Donc seuls les dons purs de la vertu
In meinem Herzen Wohnung haben.
Auront une place dans mon cœur.
Mir ekelt mehr zu leben,
Je suis dégoûté de vivre plus longtemps,
Drum nimm mich, Jesu, hin!
Aussi emporte-moi loin d'ici, Jésus !
Mir graut vor allen Sünden,
Je suis horrifié par tous les péchés,
Laß mich dies Wohnhaus finden,
Laisse-moi trouver cette habitation,
Wo selbst ich ruhig bin.
Où je pourrai être en paix.

Je me laisse toucher par ce détachement, cette foi profonde. Je parle au Seigneur de ce qui m’interroge, ce qui m’est difficile à accepter et je lui demande la grâce de comprendre et de m’abandonner à lui.

Je peux aussi prier en reprenant un des textes.

Je le loue pour les dons faits aux artistes, aux créateurs qui nous conduisent à lui par d’autres voies.

Psaume 26

Le psaume 26 est une supplication pleine de confiance. Il commence par une affirmation sur Dieu à qui le psalmiste adresse sa prière : « le Seigneur est ma lumière et mon salut »

Les versets choisis pour la liturgie sont un appel au secours. Mais dans sa prière, le psalmiste entend aussi des appels au fond de son cœur.

J’entre dans la prière en lisant le psaume :

« Ecoute, Seigneur, je t’appelle ! »

La prière peut être un cri vers Dieu, une succession de demandes à Celui qui peut sauver. Comme le psalmiste, il arrive que nous nous sentions faibles et démunis devant l’adversité.

Je peux à mon tour regarder ma vie et parler au Seigneur de mes difficultés, de ce qui m’inquiète et lui demander son aide, l’appeler, lui dire « Pitié ! Réponds-moi ! ».

« Mon cœur m’a redit ta parole : « Cherchez ma face. »

Dans sa prière, le psalmiste est aussi à l’écoute de ce qui se passe dans son cœur. Au fond de lui-même, il entend le Seigneur lui dire de chercher sa face. Et il répond : « C’est ta face, Seigneur, que je cherche »

A mon tour, je peux entendre cet appel et regarder à nouveau ma vie. Je repère les traces de la présence du Seigneur. Je regarde les moments vécus dans la paix et la joie. Je regarde ce qui a goût d’Evangile; je regarde ce qui me fait vivre et me donne de l’élan.  J’en rends grâces au Seigneur.

« J’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants. »

Le psalmiste termine sa prière dans  l’espérance. Il reprend confiance dans la présence de Dieu à ses côtés, un Dieu qui est bon et qui veut pour lui la vie.

A mon tour, je me tourne vers le Seigneur pour lui redire ma confiance. Les difficultés sont bien là mais je peux compter sur l’amour de Dieu qui donne force et courage pour les vivre.

Je m’adresse à lui en vérité et simplicité.

Je peux terminer ma prière en chantant : « le Seigneur est ma lumière et mon salut »

Prier dans la dynamique du dimanche pour les migrants

Au lendemain du dimanche des migrants, nous prions à partir d’extraits du message du pape François du 24 Mai, en vue de cette journée.

J’ouvre ce temps de prière en traçant sur moi le signe de la croix. Je fais mémoire de la vie donnée du Christ pour que nous ayons tous la vie en plénitude.

Dans ce monde tellement troublé par les événements internationaux et par l’instabilité politique dans notre pays, je prends un temps de calme, de paix intérieure et je demande au Seigneur la grâce du discernement.

Je lis, lentement, le texte du pape François.
 

Nous savons la question des migrations très sensible en France, comme dans bien des pays d’Europe. Je m’efforce d’accueillir ce texte loin des polémiques.

Je considère d’abord, ces migrants de tous les temps. Je peux me remémorer la sortie des Hébreux d’Égypte, puis des scènes d’actualité qui disent les difficultés de migrants aujourd’hui, peut-être des rencontres concrètes avec des migrants. Je prie alors le Seigneur qui libère « Je suis Yahvé ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison de servitude. » (Ex, 20,2)

Je prends ensuite le temps de m’interroger sur la façon dont je m’informe, au-delà des présentations souvent simplistes, sur la question des migrants ? Suis-je au clair sur les chiffres ? Est-ce que je me questionne sur l’origine des migrations ? N’ai-je pas tendance aux préjugés, à des généralisations abusives à partir de faits divers sordides ? Est-ce que cherche à connaître les capacités réalistes d’accueil de notre pays ?

« De nombreux migrants font l’expérience de Dieu comme compagnon de voyage ». Comment ma paroisse donne-t-elle place aux migrants ? Comment est-ce que je me situe face à des migrants d’autres religions, dans un esprit de dialogue ?

« Grâce à Lui, il y a des bons samaritains sur le chemin ». Je contemple toutes ces personnes – chrétiennes ou non- qui, individuellement ou en association, aident les migrants. Je rends grâce pour leur engagement.

« La rencontre avec le migrant, comme avec tout frère et sœur dans le besoin, est aussi une rencontre avec le Christ. ». Comment est-ce que, intérieurement, je m’efforce de voir dans l’autre fragile, le visage du Christ ?

Dans un cœur à cœur avec le Seigneur, je lui partage mes engagements, même modestes, mes résistances, peut-être. Je Lui confie les migrants et ceux qui se mettent à leur service. Je lui demande la grâce du discernement. Je prie pour que nos gouvernants cherchent les voies d’un accueil réaliste et néanmoins audacieux…

         Je termine en disant le Notre Père, avant de faire le signe de croix.

Psaume 89

« Apprends-nous…  Reviens …. Rassasie-nous …. »

Ce psaume  et un  psaume de désir. Relisons-le en le personnifiant :

« Apprends-moi la vraie mesure de mes jours :
que mon cœur pénètre la sagesse.
Reviens, Seigneur, pourquoi tarder ?
Ravise-toi par égard pour ton serviteur.

Rassasie-moi de ton amour au matin,
que je passe mes jours dans la joie et les chants.
Que vienne sur moi la douceur du Seigneur mon Dieu !
Consolide pour moi l’ouvrage de mes mains. »

«  Ton désir, voilà ma prière, et si ton désir est continuel, ta prière l’est aussi.

Ce n’est donc pas en vain que l’Apôtre a dit : « Priez sans cesse ! » (1Thess 5,17)

Mais aurons-nous toujours les genoux fléchis, le corps prosterné, les mains levées, parce que St Paul nous dit : « Priez sans cesse. » ?

Si c’est cela que nous appelons prière, je ne pense pas que nous puissions le faire sans interruption.

 Il y a une autre prière, intérieure et ininterrompue : le désir. Quoi que tu fasses, si tu désires le repos du ciel, tu ne cesses pas de prier. C’est pourquoi, si tu ne veux pas cesser de prier, ne cesse pas de désirer. Ton désir continuel sera comme un appel ininterrompu.

Si tu cesses d’aimer, tu tomberas dans le mutisme. Le mutisme du cœur, c’est le refroidissement de la charité ; le cri du cœur c’est la flamme de la charité.

Si ta charité demeure toujours, tu cries sans arrêt ; si tu cries sans arrêt, tu désires sans cesse,

Si tu désires, tu te souviendras du céleste repos et il importe que tu comprennes devant qui s’élève le soupir de ton cœur. »

 St Augustin

Prier avec une fresque de Giotto

Le Prêche aux oiseaux est la quinzième des vingt-huit scènes du cycle de fresques de la vie de st François visibles dans l’église supérieure de la basilique Saint-François d’Assise attribué à Giotto. Elle a probablement été réalisée entre 1295 et 1299.

C’est le premier biographe de st François, Thomas de Celano, qui raconte cette scène où François fit un sermon aux oiseaux.

Je me mets en présence de Dieu et fais le signe de la croix.

Je fais silence en moi et contemple cette œuvre de Giotto.

Je regarde le paysage, un paysage naturel dans les tons marron et bleu ; une ligne sépare le ciel  azur de la terre brune ; une colline occupe l’espace puis  et une bande de terre où se tiennent les personnages. De grands arbres s’élancent vers le ciel, leur feuillage  exubérant en prend la couleur. C’est un paysage familier aux couleurs de l’Ombrie.

Je regarde les personnages, deux moines, pieds nus, dont les robes de bure se fondent dans le paysage. C’est la tenue habituelle de ces frères qui suivent sont François et vont prêcher dans toute la région. Seule l’auréole de st François met une touche d’or qui illumine son visage.

François est représenté de profil ; son visage d’homme assez âgé reflète douceur et sagesse.  Il semble tout absorbé dans son dialogue avec les oiseaux. Légèrement penché vers eux, humblement, il s’adresse à eux et de sa main droite les bénit.

L’autre frère, légèrement en retrait,  par sa main levée marque son étonnement devant ce qui se passe. C’est que les  oiseaux, toutes sortes d’oiseaux, sont sagement alignés à terre, sauf un retardataire qui vole pour se joindre aux autres. Tournés vers le saint, Ils semblent très attentifs à son discours.

Je me laisse toucher par cette représentation. C’est une nouveauté dans la peinture de représenter ainsi la présence divine, la sainteté humaine, au sein de la réalité terrestre, un réalité toute ordinaire. Dieu, incarné, se révèle dans l’apparence ordinaire des êtres et des choses.

Je me laisse toucher par la simplicité, l’humilité de la scène. Par la fraternité de François avec toutes les créatures, comme par sa proximité avec les pauvres et les petits. Par sa bonté, sa douceur et la paix qu’il porte à chaque être vivant.

Je me laisse toucher par les oiseaux, créatures recevant tout de leur créateur.

Voilà une scène qui a goût d’Evangile.

L’on peut faire le lien avec l’Evangile de dimanche dernier :

Je parle au Seigneur de ce que cette contemplation a évoqué en moi.

Je peux rendre grâces pour la figure de st François …je peux, à sa suite, entrer dans la louange pour toute la création…. Je peux rendre grâces pour ce qui m’est donné…

Je peux aussi demande pardon pour tout ce qui abîme la nature, tous ce qui abîme la fraternité entre les êtres humains….pour ma part de responsabilité en cela. Je peux demander pardon pour mon goût des richesses, du spectaculaire…

Je peux demander au Seigneur son aide…Je peux lui demander de garder une âme d’enfant… de connaitre la paix et la joie qui viennent de Lui…

Je termine en m’associant au Cantique des créatures de st François d’Assise

Psaume 117

Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !

La liturgie nous propose aujourd’hui quelques versets du psaume 117. Appartenant à la section du hallel pascal, des hymnes de louange, dans la liturgie juive, il rend grâce à Dieu et exprime la confiance de celui qui, grâce à Dieu, est sorti de l’épreuve.

Je prends un temps de retrait et fais taire en moi les bruits du monde pour me rendre disponible à un temps d’écoute.

Par le signe de croix, je dis au Seigneur, « me voici », désireux de te suivre.

Je lis le psaume, à haute voix, si je le peux.

Je me rends attentif au jeu des personnes verbales employées…C’est d’abord le Peuple tout entier qui est concerné. « Rendez-grâce… » ; « Que le dise Israël… ». Puis le psalmiste évoque le bras du Seigneur, et s’exprime alors à la première personne « je ne mourrai pax, je vivrai. » La fin du texte est une adresse au Seigneur.

Le « je » du psalmiste s’adresse personnellement à Dieu. Ainsi le texte passe d’une prière collective à une expression personnelle de prière. Je peux, moi-aussi, considérer comment ma participation à l’Église, Peuple de Dieu, me permet d’entrer en relation personnelle avec le Seigneur.

L’intégralité du psaume exprime un dur combat contre des ennemis. La version liturgique de ce jour exprime simplement l’action de grâce pour le Seigneur, présent aux côtés de son disciple pour être puissance de salut. « Tu es pour moi le salut. » A mon tour, je peux faire mémoire d’une épreuve, d’un combat où j’ai mu mettre ma confiance dans le Seigneur et le sentir à mes côtés.

« Je vivrai pour annoncer les actions du Seigneur ». Celui qui est sauvé par le Seigneur met son énergie à rendre grâce.

Et moi, comment est-ce que je témoigne de la présence du Seigneur en moi, quels moyens est-ce que prends pour L’annoncer ?

Je relis le psaume en repérant l’expression qui me touche le plus aujourd’hui. Je peux, intérieurement, la redire plusieurs fois. Et à partir de ce mot, de cette expression, je m’adresse au Seigneur comme un ami parle à un ami.

Je termine en partageant l’action de grâce de Marie, dans le Magnificat.

Je fais le signe de croix.

TEMPS POUR LA CREATION

Année après année, depuis la publication de l’encyclique Laudato Si’ en 2015, septembre devient pour nous le mois de la Création. Alors que tout redémarre, il nous est proposé de faire halte et de rendre grâce pour la Création qui nous est donnée. L’intention de cette année nous appelle toutefois, en plus de l’intercession pour nos frères et nos sœurs, à faire un pas concret, aussi modeste soit-il, dans le respect de la Création. Il s’agit bien de nous « engager personnellement ».

En ce dimanche 15 septembre, Jésus nous pose  la question 

 « Pour vous qui suis-je ? » Marc 8, 29

Pierre ose la réponse : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! »

Mais c’est à nous aujourd’hui que la question est posée :

« Pour vous, pour toi, qui suis-je ? »

Nous avons tous nos  réponses toutes faites : « Dieu est Amour », « Dieu est la vie ». Mais si en ce mois de la création nous demandions à notre sœur la terre  qu’elle nous aide à formuler notre réponse

Alors, à l’occasion d’une promenade à la campagne, en forêt, au jardin public, notre jardin si nous avons la chance d’en avoir un, je me pose la question : « Qu’est ce que cette Création me dit de Dieu ? ». Alors,  le « Pour vous qui suis-je ? »  nous est posée par l’intermédiaire, d’une fleur, d’un paysage, d’une fourmi, d’un chemin  etc……

Nous pourrons alors chanter : « Que tes œuvres sont belles, que tes œuvres sont grandes… »

Et nous pourrons aussi prendre le temps d’écouter ce magnifique chant « Laudato Si » composé et chanté par Patrick RICHARD

C’est ta voix que j’écoute dans le vent, 
Ton souffle lorsque l’homme respire :
J’ai besoin de ta force et de ta sagesse.
Esprit de Dieu, donne à mes yeux de découvrir ta beauté,
Accorde à mes mains le respect des choses,
À mes oreilles d’écouter ta voix.
Donne-moi l’intelligence pour comprendre toute créature,
Enseigne-moi la leçon que recèle une simple feuille,
Fais-moi sentir ta sagesse renfermée dans une pierre.
Donne-moi ta force non pour m’opposer à mon frère,
mais pour lutter contre le véritable ennemi : moi-même ;
Fais-moi vaincre le mal par le bien que tu m’inspires.
Quand viendra l’heure, viens à ma rencontre :
Je voudrais te rendre grâce de m’avoir créé
et porter avec moi le souvenir de cette terre que j’aime. Amen

Prière pour notre terre – Pape François

Dieu Tout-Puissant qui es présent dans tout l’univers et dans la plus petite de tes créatures, 
Toi qui entoures de ta tendresse tout ce qui existe, répands sur nous la force de ton amour pour que nous protégions la vie et la beauté.
Inonde-nous de paix, pour que nous vivions comme frères et sœurs sans causer de dommages à personne.
Ô Dieu des pauvres, aide-nous à secourir les abandonnés et les oubliés de cette terre qui valent tant à tes yeux.
Guéris nos vies, pour que nous soyons des protecteurs du monde et non des prédateurs, pour que nous semions la beauté et non la pollution ni la destruction.
Touche les cœurs de ceux qui cherchent seulement des profits aux dépens de la terre et des pauvres.
Apprends-nous à découvrir la valeur de chaque chose, à contempler, émerveillés, à reconnaître que nous sommes profondément unis à toutes les créatures sur notre chemin vers ta lumière infinie.
Merci parce que tu es avec nous tous les jours. Soutiens-nous, nous t’en prions, dans notre lutte pour la justice, l’amour et la paix. Amen

Psaume 138

Conduis-moi, Seigneur, sur le chemin d’éternité

Ce psaume parle de la présence bienveillante de Dieu à nos côtés.

Le Seigneur

me connait mieux que moi-même. Il sait qui je suis ; il connait mes pensées et mon cœur. Et devant lui, je suis un « prodige » !

Je prends le temps de considérer qui je suis devant Dieu, créature devant son créateur. Je prends conscience à la fois de ma petitesse et de ma grandeur aux yeux de Dieu.  Est-ce que j’accepte cette place  et me comporte en créature 

Si « mes chemins sont familiers » pour le Seigneur, les « pensées de Dieu sont pour moi difficiles » (v17)).  Et il m’arrive de prendre « le chemin des idoles ».

Je prends conscience de ma difficulté à vivre de façon ajustée, à choisir ce qui est bon, à trouver le chemin de la vie et du bonheur.

Je parle au Seigneur de ce qui me trouble ou m’inquiète en ce moment ; je peux aussi lui confier mes décisions à prendre en ce début d’année scolaire.

J’implore  la présence de son Esprit Saint et reprend les mots du psalmiste : « conduis-moi sur le chemin d’éternité ».

Dans la confiance de la bienveillance de Dieu pour moi, je lui dis « Notre Père …

Contemplons Jésus « qui fait sa rentrée » …

En ce temps de rentrée scolaire, professionnelle, associative, nous nous arrêtons, dans l’Évangile de Luc, sur la première scène de son ministère public. Après les scènes de l’enfance, le baptême, puis les tentations au désert, Jésus commence à donner des signes de sa puissance en Galilée, sans que Luc n’en fasse le récit. « Jésus retourné en Galilée, avec la puissance de l’Esprit, et une rumeur se répandit sur lui dans toute la région à son sujet. » C’est à Nazareth que Jésus inaugure son enseignement…Il fait sa rentrée !

Je me rends disponible à la présence du Seigneur, par un signe de croix. Je prête attention à ma respiration, sans la forcer, pour me concentrer sur mon intériorité. Et, du creux de moi-même, je dis au Seigneur « me voici ». Je demande la grâce d’accueillir la présence de Jésus, aujourd’hui.

Je lis lentement, à haute voix, si c’est possible, cette page d’évangile. (Luc, 4, 16-30)

Je prends place dans la synagogue de Nazareth, en ce jour d’affluence puisque c’est le sabbat. Je vois ces habitants, qui, pour beaucoup connaissent Jésus. Je vois Jésus recevoir le rouleau du prophète Isaïe et je l’entends lire. Avec la foule qui se tient « les yeux fixés sur lui », j’écoute les premiers versets du chapitre 61 du livre d’Isaïe. Annonce de la Bonne nouvelle, par des actes de libération, et annonce d’une année jubilaire, comme le sera l’année 2025.

Dans la foule, toujours, j’entends cette forte affirmation de Jésus : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. » et je peux partager l’étonnement des auditeurs…

J’entends maintenant les propos provocateurs de Jésus qui vont entraîner l’indignation des villageois. Jésus annonce le salut pour tous, par l’évocation de deux personnes n’appartenant pas au peuple d’Israël : la veuve de Sarepta et Naaman le Syrien…

Je relis le texte, attentif à l’annonce du salut pour tous.

Dans un cœur à cœur avec le Seigneur, je m’efforce de donner à ma prière une dimension universelle. Je peux prier pour une Église plus accueillante à la diversité. Je peux aussi demander au Seigneur de me faire intimement vivre de sa présence dans l’aujourd’hui de chacun des jours de cette nouvelle année.

         Je termine par le Notre Père et trace sur moi le signe de croix.