A la lisière de l’été, nous prenons le temps de nous laisser toucher par la splendeur de la nature. Pour ce faire, nous contemplons des tapisseries de Dom Robert, moine bénédictin de l’abbaye d’En Calcat.
Un musée lui est consacré, à proximité de l’abbaye, à Sorrèze. Nous pouvons ainsi rendre grâce pour l’œuvre créatrice du Seigneur et la puissance créatrice des artistes, pour « les fruits de la terre et le travail de l’homme ».
Je me dispose à la prière, en choisissant de prendre du temps. Il nous arrive trop souvent de traverser notre environnement rapidement, avec indifférence, sans prendre le temps de regarder. Je veux faire halte, ouvrir tout mon être à la beauté, et ainsi rejoindre le Seigneur. Je demande la grâce de la disponibilité.
Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.


J’entre dans ces deux tapisseries, en « circulant » dans la profusion de la flore et de la faune. Des fleurs que je peux nommer, peut-être : coquelicots, ombellifères, nénuphar…D’autres qui me sont inconnues, mais qui disent la richesse de la création. La faune est aussi présente dans sa diversité : oiseaux, poissons, papillons, un chat…Je prends le temps de repérer les multiples détails, me laissant porter par la curiosité et l’émerveillement.

Dom Robert a aussi représenté quelques scènes bibliques. Nous nous arrêtons sur la Création. Je m’arrête sur le fond lumineux de la tapisserie, évoquant la lumière originelle…Je m’arrête sur la nature peuplée de toutes les plantes et les animaux, « créés selon leur espèce » …Je rends grâce pour la beauté du monde. « Et Dieu vit que cela était bon ».
Au centre de la Création, dans un cercle vert, évoquant l’Espérance, la création de l’homme à qui cette création est confiée. « Dieu prit l’homme et l’établit dans le jardin d’Eden pour le cultiver et le garder. » (Gn, 2, 15). Mais, dès l’origine, le serpent tentateur est présent…Tentation de « profiter », d’exploiter les dons dispensés plutôt que de les préserver. Je médite sur ma responsabilité vis-à-vis de la création.

Je m’arrête sur la représentation de la création de l’homme, tiré de la terre, comme le suggère les tons d’ocre…Adam, qui, dès l’origine, appartient à la terre dont il est tiré et au ciel, par le souffle divin qui l’anime.
L’artiste le représente ainsi une main tournée vers les cieux, une main tournée vers le sol.
Je considère maintenant la figure du Dieu Père et Créateur, représenté avec une certaine malice…Dieu est ici chez lui, représenté avec des pantoufles ! C’est chez lui, dans son intimité qu’il accueille l’homme. Il est aussi représenté comme un humble artisan, portant un tablier…
le même que revêtira le Christ lors du lavement des pieds…Je vois le regard attentif et chaleureux que le Père porte sur Adam qui vient au monde…J’examine ma relation au Seigneur.
La nature contribue donc à la révélation de Dieu. Notre monde peut l’oublier, ne voyant dans la planète et le monde vivant qu’un objet d’admiration, au mieux, des ressources à exploiter, au pire. Je relis une mise en garde du Livre de la Sagesse et médite ce texte, pour aujourd’hui
De nature, ils sont inconsistants, tous ces gens qui restent dans l’ignorance de Dieu : à partir de ce qu’ils voient de bon, ils n’ont pas été capables de connaître Celui qui est ; en examinant ses œuvres, ils n’ont pas reconnu l’Artisan.
Mais c’est le feu, le vent, la brise légère, la ronde des étoiles, la violence des flots, les luminaires du ciel gouvernant le cours du monde, qu’ils ont regardés comme des dieux. S’ils les ont pris pour des dieux, sous le charme de leur beauté, ils doivent savoir combien le Maître de ces choses leur est supérieur, car l’Auteur même de la beauté est leur créateur. Et si c’est leur puissance et leur efficacité qui les ont frappés, ils doivent comprendre, à partir de ces choses, combien est plus puissant Celui qui les a faites.
Car à travers la grandeur et la beauté des créatures, on peut contempler, par analogie, leur Auteur. Et pourtant, ces hommes ne méritent qu’un blâme léger ; car c’est peut-être en cherchant Dieu et voulant le trouver, qu’ils se sont égarés : plongés au milieu de ses œuvres, ils poursuivent leur recherche et se laissent prendre aux apparences : ce qui s’offre à leurs yeux est si beau !
Encore une fois, ils n’ont pas d’excuse. S’ils ont poussé la science à un degré tel qu’ils sont capables d’avoir une idée sur le cours éternel des choses, comment n’ont-ils pas découvert plus vite Celui qui en est le Maître ? (Livre de la Sagesse, 13,1-9)
Je prends maintenant le temps d’une conversation avec le Seigneur, « comme un ami parle à un ami », au creux de cette intimité présente dès la création d’Adam…Ma prière peut se faire action de grâces pour les dons dispensés, pour la bonté de Dieu au sein de l’acte créateur originel. Ma prière peut aussi se faire demande de pardon pour les blessures graves infligées aujourd’hui par l’humanité à notre maison commune.
Et je termine en m’adressant au Dieu Créateur, qui est Père : « Notre Père… »
Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.