En contemplant une oeuvre d’art

Quelques mots sur l’auteur: Marko Rupnik

Né le 28 novembre 1954 en Slovénie Marko Rupnik entre au noviciat des Jésuites.  Artiste créatif et inspiré il rejoint  Rome, pour le dialogue œcuménique avec l’Église orthodoxe. Le père Rupnik y développe et dirige un atelier de formation à la création de mosaïques religieuses dans une atmosphère de prière et de vie communautaire.

Proche du pape Jean-Paul II il est chargé de la rénovation artistique de la chapelle privée du pape. Cette œuvre magistrale de mosaïques bibliques couvrant murs et plafond le fait connaitre. C’est avec ses fresques qu’il tapissera la façade de la basilique du Rosaire à Lourdes,

Je me dispose à accueillir ce temps de rencontre avec le Seigneur; ralentir le temps, faire silence au fond de moi. Je demande la grâce de reconnaître la présence du Ressuscité aujourd’hui encore.

Je contemple cette oeuvre, je me laisse habiter par elle.

Un rappel avant : Nous sommes après la résurrection. Sur les bords du lac de Tibériade. Les apôtres sont allés à la pêche et n’ont rien pris.

Observons quelques couleurs. Il fait sombre dans cette barque. La barque elle-même, en bois foncé,  les vêtements. Pierre est enfoncé dans une mer sombre aussi. Seul Jésus est lumineux vêtement blanc,  avec des reflets dorés. Son auréole christique montre un Jésus ressuscité. Même les poissons  sur le rivage sont colorés contrairement à ceux du filet.

Il fait sombre. Les vêtements, les nombreux  poissons,  les regards aussi. Regards inquiets. On s’interroge. Regards sur Pierre. C’est peut-être moi dans ce bateau, l’Eglise, en marche avec ses doutes, ses interrogations, sa confiance, sa foi.

 Il y a aussi les gestes. Il faut le tenir ce filet. Il est lourd. Geste large de celui qui est au fond de la barque. Et puis ce geste de Paix que fait celui du milieu de la barque. « La Paix soit avec vous » leur avait dit Jésus alors qu’ils étaient verrouillés dans la maison.

Et moi, je me situe où dans cette barque ?

Il y a Pierre. Il tient le filet qui ne semble pas si lourd que ça. Ce sont les autres qui le tiennent fort. Il est dans une mer sombre un peu houleuse mais son regard reste fixé sur le maître. C’est sans doute ce qui allège sa tâche. Sa main est tendue dans un geste d’offrande. « Voici. » Par ce geste son poisson semble  lui-même transfiguré. Pierre est en première ligne. « C’est le Seigneur ! » lui a soufflé le disciple que Jésus aimait.

Qu’est-ce que cela éveille en moi ? Qu’est-ce que cela rejoint dans mon histoire ?

Il y a Jésus. Jésus ressuscité. Son pied porte encore la marque des clous. Son auréole en forme de croix, rouge du sang de la passion et de l’Esprit-Saint. Contemplons la ligne de son dos tout en courbe, tout en service, genou en terre, mains tendues à la fois pour recevoir, à la fois pour donner. Il a déjà préparé le pain et les poissons. Son regard est fixé sur Pierre. « M’aimes-tu lui dira-t-il quand il sera sur le rivage ?»

Et moi aussi, Jésus sur le rivage m’interroge. M’aimes-tu? Quelle est ma relation au Christ?

Cette mosaïque est pour nous aujourd’hui comme le sont toujours dans la bible les scènes de repas.  Elle est  scène eucharistique. Ici, les disciples vivent une eucharistie. Regardons Pierre il offre son poisson « fruit du travail des hommes ». Je remarque la couleur de son poisson. Fruit de ceux qui sont derrière lui. Fruit de toute l’humanité. C’est l’Eglise tout entière qui participe à cette offrande. C’est l’Eglise avec ses angoisses, ses peurs, sa confiance, son espérance, sa foi.  Une Eglise en chemin de sainteté. Voyez les auréoles autant celle du Christ est bien délimitée, colorée, celles des disciples sont en devenir. Mais déjà Jésus a préparé le pain et les poissons. « Venez, prenez et mangez en tous. » Observons ces deux gestes qui se croisent. Ces bras qui s’entrecroisent mais qui sont tout autant liés aux hommes par la main droite de Pierre qui reste accrochée au filet. Ces deux gestes qui se donnent. C’est bien se qui se passe au cours de nos messes dominicales. Nous apportons le fruit du travail des hommes et déjà, Jésus ressuscité se donne tout entier à nous.  C’est alors la vie de l’homme qui devient corps du Christ.

Et moi ? Quel est mon rapport avec l’eucharistie ? Est-elle le lieu où tout se mélange, la vie des hommes, ma vie et ma relation au Christ, à Dieu ? Est-elle nourriture indispensable pour ma vie spirituelle ?

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