prier avec l’Evangile

Duccio di Buoninsegna (XIIIe-XIVème siècle)

Luc 18, 35-43

Je lis l’Évangile de ce jour 

Alors que Jésus approchait de Jéricho, un aveugle mendiait, assis au bord de la route. Entendant la foule passer devant lui, il s’informa de ce qu’il y avait. On lui apprit que c’était Jésus le Nazaréen qui passait s’écria : « Jésus, fils de David, prends pitié de moi ! »
    Ceux qui marchaient en tête le rabrouaient pour le faire taire. Mais lui criait de plus belle : « Fils de David, prends pitié de moi ! »
    Jésus s’arrêta et il ordonna qu’on le lui amène. Quand il se fut approché, Jésus lui demanda : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » Il répondit : « Seigneur, que je retrouve la vue. »  Et Jésus lui dit : « Retrouve la vue ! Ta foi t’a sauvé. »
    À l’instant même, il retrouva la vue, et il suivait Jésus en rendant gloire à Dieu.
Et tout le peuple, voyant cela, adressa une louange à Dieu.

Puis je contemple ce tableau de la Renaissance.

Je m’arrête sur le décor. La ville impressionnante de Jéricho, murée derrière son appareil défensif. Les habitants sont absents, enfermés chez eux, sans doute, à l’image de leur indifférence.

Je regarde ensuite les deux représentations de l’aveugle.

Sa petite taille, au regard des autres personnages, dit sa petitesse. A droite, il est seul, tournant le dos à la ville, les yeux dirigés vers le ciel alors que Jésus arrive : « Jésus, fils de David, prends pitié de moi. ». Une main tournée vers le haut, l’autre vers le bas : il supplie Celui qu’il va bientôt appeler « Seigneur » de se pencher sur lui. Son bâton est au sol, signe de son immobilité contrainte par sa cécité.

Je le vois ensuite, appuyé sur son bâton, prêt à se remettre en route, tourné vers Jésus, qui va le restaurer sans sa pleine condition de personne humaine. Je suis le bras et la main de Jésus qui touche les yeux de l’aveugle, pour lui rendre la vue, qui touche notre fragilité pour nous en guérir. Le bâton à la main est aussi le bâton du disciple qui va suivre Jésus.

Je m’arrête sur Jésus au centre du tableau. Son regard attentif, tendu vers l’autre, tout au geste qui va réaliser la demande de l’aveugle « Seigneur que je retrouve la vue. ».  Je vois son auréole dorée, image de cette lumière qu’il va rendre à l’aveugle.

            Je vois enfin les disciples et la foule, toute tournée vers Jésus, dans l’étonnement et l’admiration.

Je me demande alors où je me situe 

Suis-je enfermé derrière des murs ? Suis-je parfois dans « l’incapacité de lever la tête pour reconnaître mon voisin » ? (Fratelli Tutti, n°16).

Suis-je l’aveugle, implorant la pitié du Seigneur ? Suis-je l’aveugle me laissant toucher par Jésus ?

Suis-je quelque part dans la foule, pris entre l’étonnement et l’admiration ?

Après avoir rassemblé ma prière, je me tourne vers le Père, par le Christ, lumière du monde, et dans l’Esprit,. « Notre Père… »

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