Avec Saint Jean-Baptiste

Aujourd’hui, l’Église nous invite à faire mémoire du martyre de saint Jean-Baptiste qui rendit à Dieu le témoignage suprême du sang en immolant son existence pour la vérité et la justice.

 Il fut en effet décapité sur l’ordre d’Hérode, à qui il avait osé dire qu’il n’était pas licite de garder auprès de lui la femme de son frère.

Saint Jean-Baptiste, inspiré par l’Esprit de Dieu, se retira au désert pour mieux conserver son innocence et cultiver les dons extraordinaires dont il avait été favorisé. Il y vécut, depuis son enfance jusqu’à trente ans, dans la pénitence, la prière et la contemplation. Sa trentième année, il parut dans le monde pour y prêcher la pénitence et donner le baptême, qui en était le signe, d’où lui est venu le nom de Baptiste ou Baptise

            Je me mets en présence du Seigneur et je lui demande la grâce de me laisser toucher par l’appel de Jean-Baptiste à la conversion et à l’accueil de la Bonne Nouvelle.

            Je prends le temps de contempler cette icône du Martyre de Saint Jean-Baptiste et je laisse venir ce qui attire plus particulièrement mon regard : les formes, les couleurs, les mouvements…

Je peux m’arrêter sur le visage de Jean-Baptiste, porteur de paix, de désir de justice et de vérité.

Qu’est-ce que cela me dit de mon propre désir de rechercher la paix et la justice dans ma vie ? Je peux faire mémoire de situations personnelles de conflit, de jalousie ou d’injustice que j’ai vécues : quelle a été mon attitude ? Je peux en parler au Seigneur.

Je peux aussi observer les mains de Jean-Baptiste et du Christ. Dans un même alignement, elles sont prêtes à se rejoindre, ce qui rappelle la grande dévotion du prophète envers le Christ.

Et moi, qu’en est-il de ma relation à Dieu ?  Est-ce que je lui exprime régulièrement ma confiance en lui et ma fidélité ?

En bas à droite, l’âme de Jean-Baptiste qui repose sur le cœur de Jésus peut nous rappeler le passage de la Bible  dans lequel Jean-Baptiste témoigne de l’identité de Jésus « Voici l’agneau de Dieu » (Jean, 1, 36)

Comment cette Parole résonne-t-elle en moi ? Est-ce que je témoigne de la présence du Christ dans ma vie ? Comment ?

Je peux terminer le temps de prière par cette hymne, dans l’action de grâce pour la vie de Saint Jean-Baptiste qui resta fidèle à sa mission jusqu’au bout.

Prophète du Très-Haut,
Tu n'es pas la Lumière
Mais son témoin.
Avant même de naître,
Tu la révèles :
Joie sans parole !

Tu cries dans le désert,
Tout un peuple se lève
Vers le Jourdain ;
Ton baptême réveille
La soif d'eau vive :
Proche est la Source !

Voici l'Agneau de Dieu,
Tes disciples le suivent,
Tu restes là ;
Mais ton âme jubile
Quand ils l'écoutent :
Noces du Verbe !

Plus libre que les rois,
Tu contestes ce monde
Sans infini.
Ton martyre dans l'ombre
Prévient l'aurore :
Christ est lumière !

Des vitraux en vacances, chapelle de Cadreuc

Ce qui frappe en entrant dans cette chapelle, c’est la clarté et la lumière. L’intérieur est sobre ; seuls quatre vitraux, deux de chaque côté, aux couleurs chatoyantes viennent l’illuminer.

création et réalisation Gilles Audoux –  2017

création et réalisation Gilles Audoux –  2017

Les couleurs sont vives, chaleureuses, lumineuses et il y a du mouvement. Les formes et les couleurs s’imbriquent et se côtoient formant un ensemble aux multiples facettes, complexe, d’où s’élance vers le haut un chemin qui va vers la lumière.

Regardons maintenant de plus près chaque vitrail qui porte un titre  et une phrase de l’Evangile et nous entraine ainsi dans l’histoire du salut.

LA CREATION

La Création

Le premier évoque les origines : « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre ».

Le bas du vitrail n’évoque-t-il pas le souffle de Dieu qui plane à la surface des eaux ?  Puis son oeuvre de séparation et d’organisation du chaos primordial avec la montée de la lumière ?

Je peux faire mémoire de l’exubérance, la diversité, l’ordonnancement de toute la création. Qu’est-ce qui me porte à l’admiration ?

Une invitation à  louer Celui qui est à l’origine de toutes choses.

L’Annonciation

Les tons bleus de ce vitrail évoquent Marie.  « Je suis la servante du Seigneur »

Quel est ce souffle qui vient la visiter au plus profond d’elle-même ? Qui la comble de grâces.  Irruption du messager du ciel qui l’enveloppe de sa lumière.

Je peux faire mémoire de ce ‘oui ‘ de Marie au projet de salut de Dieu pour l’humanité et de la naissance de son fils Jésus.

Une invitation à rendre grâces pour les moments où j’ai accueilli la Parole de Dieu et à voir comment cela a été source de vie, de recréation, de nouveau départ…

L’ANNONCIATION
LA PASSION

La Passion

C’est le rouge qui domine dans ce vitrail de la Passion. « Père entre tes mains, je remets mon esprit »

En  bas du vitrail, une masse brune évoque la terre, l’humanité que Jésus a partagée.  Avec ses moments de lumière, avec ses violences aussi. La croix surgit, rouge comme le sang répandu  mais aussi comme le feu de l’amour,  comme signe de vie. Au dessus de la croix, la lumière blanche inonde comme un tombeau vide de la clarté pascale.

Je peux faire mémoire de Jésus qui donne sa vie par amour et de sa résurrection. 

Et peut-être parler au Seigneur de moments où  sa présence m’a aidé à traverser des temps d’obscurités. Ou encore lui confier ce qui me fait mal.                                                         

L’envoi en mission

« De même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie ». Ce dernier vitrail propose, en son centre, un chemin. Celui du disciple ? Chemin lumineux qui semble se frayer un passage à travers la diversité des formes et des couleurs que prend la vie. Chemin qui monte vers une sorte de calice, offrande totale à la présence divine.

Où en suis-je sur ce chemin du disciple, envoyé pour témoigner de l’amour de Dieu ?

Une invitation à porter dans la prière ceux qui me sont proches, ceux qui souffrent, ceux qui  désespèrent…

L’ENVOI EN MISSION

Textes de Madeleine Delbrêl

Textes de Madeleine Delbrêl mis en voix par « Les Poètes en Berry » et intermèdes musicaux, Tania Faur à la flûte.

Soirée du 21 octobre 2021 à la Maison de la Parole

Présentation 1

Présentation suite

Partez dans votre journée

Partez dans votre journée sans idées fabriquées d’avance
et sans lassitude prévue,
sans projets sur Dieu,
sans souvenir sur lui,
sans bibliothèque,
à sa rencontre.
Partez sans carte de route pour le découvrir, sachant qu’il est sur le chemin et non au terme.
N’essayez pas de le trouver par des recettes originales: mais, laissez-vous trouver par lui dans la pauvreté d’une vie banale.
La monotonie est une pauvreté : acceptez-la.
Ne cherchez pas les beaux voyages imaginaires.
Que les variétés du Royaume de Dieu vous suffisent et vous réjouissent.

Le Bal de l’obéissance

C’est le 14 juillet.
Tout le monde va danser.
Partout, depuis des mois, des années, le monde danse.
Plus on y meurt, plus on y danse.
Vagues de guerres, vagues de bal.

II y a vraiment beaucoup de bruit.
Les gens sérieux sont couchés.
Les religieux récitent les matines de saint Henri, roi.
Et moi je pense
A l’autre roi,
Au roi David qui dansait devant l’Arche.

Car s’il y a beaucoup de saintes gens qui n’aiment pas danser,
Il y a beaucoup de saints qui ont eu besoin de danser,
Tant ils étaient heureux de vivre :
Sainte Thérèse avec ses castagnettes,
Saint Jean de la Croix avec un Enfant Jésus dans les bras,
Et saint François, devant le pape.
Si nous étions contents de vous, Seigneur,
Nous ne pourrions pas résister
A ce besoin de danser qui déferle sur le monde,
Et nous arriverions à deviner
Quelle danse il vous plaît de nous faire danser
En épousant les pas de votre Providence.

Car je pense que vous en avez peut-être assez
Des gens qui, toujours, parlent de vous servir avec des airs de
Capitaines,
De vous connaître avec des airs de professeurs,
De vous atteindre avec des règles de sport.
De vous aimer comme on s’aime dans un vieux ménage.

Un jour où vous aviez un peu envie d’autre chose,
Vous avez inventé saint François,
Et vous en avez fait votre jongleur.

A nous de nous laisser inventer
Pour être des gens joyeux qui dansent leur vie avec vous. Pour être un bon danseur, avec vous comme ailleurs, il ne faut
Pas savoir où cela mène.
Il faut suivre,
Être allègre,
Être léger,
Et surtout ne pas être raide.
Il ne faut pas vous demander d’explications
Sur les pas qu’il vous plaît de faire.
Il faut être comme un prolongement,
Agile et vivant de vous,
Et recevoir par vous la transmission du rythme de l’orchestre.
Il ne faut pas vouloir à tout prix avancer,
Mais accepter de tourner, d’aller de côté.
Il faut savoir s’arrêter et glisser au lieu de marcher.
Et cela ne serait que des pas imbéciles
Si la musique n’en faisait une harmonie,
Mais nous oublions la musique de votre esprit,
Et nous faisons de notre vie un exercice de gymnastique; 

Nous oublions que, dans vos bras, elle se danse,
Que votre Sainte Volonté
Est d’une inconcevable fantaisie,
Et qu’il n’est de monotonie et d’ennui
Que pour les vieilles âmes
Qui font tapisserie
Dans le bal joyeux de votre amour.

Seigneur, venez nous inviter.
Nous sommes prêts à vous danser cette course à faire,
Ces comptes, le dîner à préparer, cette veillée où l’on aura
Sommeil.

Nous sommes prêts à vous danser la danse du travail,
Celle de la chaleur, plus tard celle du froid.
Si certains airs sont souvent en mineur, nous ne vous dirons pas
Qu’ils sont tristes ;
Si d’autres nous essoufflent un peu, nous ne vous dirons pas
Qu’ils sont époumonants.
Et si des gens nous bousculent, nous le prendrons en riant,
Sachant bien que cela arrive toujours en dansant.

Seigneur, enseignez-nous la place
Que, dans ce roman éternel
Amorcé entre vous et nous,
Tient le bal singulier de notre obéissance.

Révélez-nous le grand orchestre de vos desseins,
Où ce que vous permettez
Jette des notes étranges
Dans la sérénité de ce que vous voulez.
Apprenez-nous à revêtir chaque jour
Notre condition humaine
Comme une robe de bal, qui nous fera aimer de vous
Tous ses détails comme d’indispensables bijoux.

Faites-nous vivre notre vie,
Non comme un jeu d’échecs où tout est calculé,
Non comme un match où tout est difficile,
Non comme un théorème qui nous casse la tête,
Mais comme une fête sans fin où votre rencontre se renouvelle,
Comme un bal,
Comme une danse,
Entre les bras de votre grâce,
Dans la musique universelle de l’amour.

Seigneur, venez nous inviter.

Nous autres gens des rues

intermède à la flûte par Tania Faur

Puisque vos paroles

Puisque vos paroles, ô mon Dieu,
Ne sont pas faites pour rester inertes dans nos livres ;

Mais pour nous posséder et courir le monde en nous ;
Permettez que ce feu de joie, allumé par vous, jadis, sur une montagne,
Que de cette leçon de bonheur, des étincelles nous mordent, nous investissent, nous envahissent ;
Faites que, habités par elles, comme des « flammèches dans les chaumes »,
Nous courions les rues de la ville, nous longions les vagues des foules,

Contagieux de la béatitude, contagieux de la joie.
Car nous en avons vraiment assez de tous ces crieurs de mauvaises nouvelles,
De tristes nouvelles !
Ils font tellement de bruit que votre parole à vous ne retentit plus.
Faîtes dans leur tintamarre éclater le silence palpitant de votre message.
Dans les cohues sans visage, faîtes passer notre joie recueillie,
Plus retentissante que les cris des crieurs de journaux,
Plus envahissante que la tristesse étale de la masse.
AMEN

Nos déserts
Quand on s'aime, on aime être ensemble
et quand on est ensemble on aime à se parler.
Quand on s'aime, il est ennuyeux
d'avoir toujours autour de soi beaucoup de gens.
Quand on s'aime, on aime écouter l'autre, tout seul,
sans d'autres voix qui viennent nous gêner.

C'est pourquoi ceux qui aiment Dieu
ont toujours chéri le désert
et c'est pourquoi à ceux qui l'aiment
Dieu ne peut pas le refuser.

Et je suis sûr, mon Dieu, que tu m'aimes
et que dans cette vie si encombrée,
touchée de tous côtés par la famille,
les amis et tous les autres,
îl ne peut être absent ce désert où l'on te rencontre.

On ne va jamais au désert sans traverser beaucoup de choses,
sans être fatigué par une longue route,
sans arracher ses yeux à ce qui est leur horizon de tous les temps.

Les déserts se gagnent, ils ne se donnent pas.
Les déserts de notre vie, nous ne les arracherions
au secret de nos heures humaines
qu'en violentant nos habitudes, nos paresses. C'est difficile,
mais essentiel à notre amour.
L’extase de nos volontés
Quand ceux que nous aimons
nous demandent quelque chose,
nous les remercions de nous le demander.

S’il vous plaisait, Seigneur, de nous demander
une seule chose dans toute notre vie,
nous en resterions émerveillés,
et d’avoir fait cette seule fois votre volonté
serait l’événement de notre destinée.

Mais, parce que chaque jour,
chaque heure, chaque minute,
vous mettez dans nos mains un tel honneur,
nous trouvons cela si naturel
que nous en sommes blasés,
que nous en sommes lassés.

Et pourtant, si nous comprenions
à quel point est impensable votre mystère,
nous resterions stupéfaits
de pouvoir savoir ces étincelles de votre vouloir
que sont nos minuscules devoirs.
Nous serions éblouis de connaître,
dans cette immense ténèbre qui nous revêt,
les innombrables,
les précises,
les personnelles
lumières de vos volontés.
Le jour où nous comprendrions cela,
nous irions dans la vie
comme des sortes de prophètes,
comme des voyants de vos petites providences,
comme des agents de vos interventions.
Rien ne serait médiocre,
car tout serait voulu par vous.
Rien ne serait trop lourd,
car tout aurait racine en vous.
Rien ne serait triste,
car tout serait voulu de vous.
Rien ne serait ennuyeux,
car tout serait amour de vous.

Nous sommes tous des prédestinés à l’extase,
tous appelés à sortir de nos pauvres combinaisons,
pour surgir, heure après heure, dans votre plan.
Nous ne sommes jamais
de lamentables laissés pour compte,
mais de bienheureux appelés,
appelés à savoir ce qu’il vous plaît de faire,
appelés à savoir ce que vous attendez
à chaque instant de nous :
des gens qui vous sont un peu nécessaires,
des gens dont les gestes manqueraient
si nous refusions de les faire.
La pelote de coton à repriser, la lettre à écrire,
l’enfant à lever, le mari à dérider,
la porte à ouvrir, le récepteur à décrocher,
la migraine à supporter :
autant de tremplins pour l’extase,
autant de ponts pour passer de notre pauvre,
de notre mauvaise volonté,
au rivage serein de votre bon plaisir.

Madeleine Delbrêl (1904-1964)
extraits de Alcide, coll. Livre de vie, Le Seuil, pp.89-91.

Vous nous avez conduits cette nuit
Vous nous avez conduits cette nuit dans ce café qui s’appelle « Le Clair de Lune ».
Vous aviez envie d’y être vous, en nous,
pendant quelques heures, cette nuit.
Vous avez eu envie de rencontrer à travers nos misérables apparences,
à travers nos yeux mal voyants,
à travers nos cœurs mal aimants,
tous ces gens
qui sont venus tuer le temps.
Et parce que vos yeux s’éveillent dans les nôtres,
parce que votre cœur s’ouvre dans notre cœur,
nous sentons notre faible amour
S’épanouir en nous comme une large rose,
S’approfondir comme un refuge immense et doux
pour tous ces gens dont la vie bat autour de nous.
Le café n’est plus alors un lieu profane,
ce coin de terre qui semblait vous tourner le dos.
Nous savons que, par vous, nous sommes devenus
la charnière de chair
la charnière de grâce
qui le force à tourner sur lui,
à s’orienter malgré lui
en pleine nuit,
vers le Père de toute vie.
En nous, le sacrement de votre amour s’opère.

Madeleine Delbrêl, La liturgie des sans office, tome 3 des œuvres complètes, p 64
                                                                          
Donne, ô Beauté

Donne ô Beauté la charité à tout mon être, et sois au sommet de moi-même Que toutes les forces de ma vie, chaque soir, reviennent vers toi. Dans les jours où je vois le monde comme un hôpital sans soleil, où toutes les infirmités et toutes les maladies s’étalent sur tant de moribonds qu’on n’entend plus respirer, quand j’avancerai dans les salles cherchant en vain dans ces yeux pleins de sang, de vin et d’or, un seul reflet de ta lumière, ô Beauté. Donne-moi ta charité pour que je baise l’empreinte de tes doigts indélébiles sur les âmes, sur la mienne comme sur la leur».  

(la Sainte Face du monde, Acte de charité – poème inédit 1928

Humour dans l’amour

Quand on sait ce que nous sommes,
il serait ridicule, vraiment, de n’avoir pas dans notre amour,
un peu d’humour. 
Car nous sommes d’assez comiques personnages. 
Mais mal disposés à rire de notre propre bouffonnerie.

Seigneur, je vous aime plus que tout… en général…
mais tellement plus que vous, dans cette petite minute qui passe, 
une cigarette anglaise… ou même gauloise !

Seigneur, je vous donne ma vie, toute ma vie… mais pas ce tout petit morceau
de vie, ces trois minutes où je n’ai tellement pas envie d’aller travailler.

Seigneur, vous gagner la ville, et la France et l’univers,
me consumer pour votre règne…
mais…mais ne pas écouter cette insupportable créature qui me raconte pour la centième fois ses minuscules ennuis.

Oui, nous sommes des héros de comédie bouffe et de cette comédie, il serait normal
que le premier public soit nous.

Mais là n’est pas le bout de l’histoire.

Quand on a découvert cet impayable comique,
quand on est parti d’un grand éclat de rire
en récapitulant la farce de sa vie, on est tenté de s’abandonner,
sans plus, 
à une carrière de clown pour laquelle après tout on semble assez doué. 
On serait volontiers tenté de penser que cela n’a pas grande importance
et qu’à côté 
des sublimes, 
des forts, 
des saints,

il y a place
pour des pitres et des guignols et qu’ils ne gênent guère Dieu.

Ce n’est certes pas très exaltant, mais ce n’est pas non plus
très fatigant et c’est encore un avantage.

C’est alors qu’il faut nous souvenir
que Dieu ne nous a pas créés pour de l’humour
mais pour cet amour éternel et terrible
dont il aime tout ce qu’il crée depuis toujours.
C’est alors qu’il nous faut l’accepter, cet amour
non plus pour en être le partenaire splendide et magnanime
mais le bénéficiaire
imbécile
sans charme
sans fidélité fondamentale.
Et dans cette aventure de la miséricorde,
il nous est demandé
de donner jusqu’à la corde ce que nous pouvons, 
il nous est demandé de rire quand ce don est raté,
sordide, impur,
mais il nous est demandé aussi
de nous émerveiller avec des larmes de reconnaissance
et de joie,
devant cet inépuisable trésor
qui du cœur de Dieu coule en nous.
A ce carrefour du rire et de la joie s’installera 
notre paix inconfusible ! 

Alcide  Madeleine Delbrêl, Ed du Seuil Paris, 1968, p.73-75


Petites  sentences extraites d’ « Alcide »

La dormition de la Vierge

La fête de la dormition de la Vierge est instituée en Orient, dès le VIème siècle. Dans les écrits du Nouveau Testament, la vierge est mentionnée une dernière fois lors de la Pentecôte. (Actes, 1,14). Les écrits apocryphes ont rapidement évoqué la fin de la vie terrestre de Marie. On y trouve toujours les éléments suivants. Un ange annonce à Marie sa mort, paisible et sereine, tel un endormissement. De là vient le terme « Dormition ». Pour y assister, les apôtres, en mission d’évangélisation dans le monde, sont amenés miraculeusement par des anges.

Au moment de l’endormissement de Marie dans sa mort, son âme quitte son corps. À cet instant, le Christ apparaît. Il prend dans ses bras l’âme de Marie, représentée sur les images par un bébé en signe de sa pureté. Il amène l’âme dans le Royaume de Dieu. Les apôtres célèbrent les obsèques de Marie. À la fin, les anges emmènent le corps de Marie au Paradis où son corps retrouve son âme.

         L’Église catholique, se fondant sur cette tradition, va progressivement instituer le dogme de l’Assomption, solennellement proclamé par le Pape Pie XII en 1950.

Je prends un temps de contemplation de cette icône, dans le silence, et je demande la grâce de me tourner vers le Christ, dans l’attente du salut.

         J’observe la composition de la scène, les différents plans, les personnages, le jeu des couleurs.

La scène se passe en extérieur, dans la ville, Jérusalem, sans doute, suggérée par l’architecture. Il ne s’agit pas d’une scène intimiste, mais d’un signe donné pour le monde.

Le premier plan horizontal évoque le monde terrestre. La couleur ocre rouge suggère la terre dont l’humanité est tirée. Les mains de la vierge sont cachées par son manteau rouge, couleur du sang qui évoque notre finitude.

Le second plan vertical inscrit le Christ dans une mandorle bleue, symbolisant le monde céleste, divin. La stature du Christ domine, centre de l’icône. Le Christ porte sur son côté gauche – côté du cœur- l’âme de Marie, représentée par un bébé emmailloté de blanc, symbole de pureté. Au sommet de l’icône, dans un cercle parfait porté par deux anges, l’âme de Marie rejoint son corps. Assomption de Marie, vie tout entière assumée, dans la grâce de la résurrection.

Les divers personnages suggèrent l’humanité rassemblée autour de Marie, figure de l’Église : Pierre à sa tête, Paul à ses pieds, d’autres apôtres portant une auréole, mais aussi, des hommes et des femmes, à notre image. Je me rends attentif aux attitudes de ces divers personnages : leur recueillement, leur émotion, la tendresse de leurs regards

Je me tourne alors vers le Seigneur, guidé par Marie.

« Je suis la servante du Seigneur ; qu’il m’advienne selon la parole. » (Luc, 1, 38)

« Sa mère gardait fidèlement toutes ces choses en son cœur. » (Luc, 2, 51)

                   Et moi ? Quelle place à la Parole, dans ma vie ? Quelle est ma fidélité dans sa fréquentation, sa méditation ?

« Tout ce qu’il vous dira, faites-le » (Jean, 1, 5)

Et moi ? Comment est-ce que je me tiens face à la volonté du Seigneur ?

Marie, désormais près de son fils, intercède pour nous.

Quels sont celles et ceux que je confie, aujourd’hui, à son intercession ?

Assomption chez les catholiques, dormition chez les orthodoxes…Marie est pour ces deux confessions chrétiennes, figure d’unité. Alors que l’Église orthodoxe connaît aujourd’hui bien des turbulences, je prie Marie pour la paix et l’unité.

Je peux terminer en disant cette prière du Père Léonce de Grandmaison, SJ (1868-1927)

Sainte Marie Mère de Dieu
gardez-moi un cœur d'enfant
pur et transparent
comme une source.
Obtenez-moi un cœur simple
qui ne savoure pas les tristesses.
Un cœur magnifique
à se donner,
tendre à la compassion.
Un cœur fidèle et généreux
qui n'oublie aucun bien
et ne tienne rancune
d'aucun mal.
Faites-moi un cœur doux
et humble
aimant sans demander
de retour,
joyeux de s'effacer
dans un autre cœur
devant votre divin Fils.


Prier avec « l’arbre d’or » de Dom Robert

Je fais silence en moi  et demande aide de l’Esprit Saint pour être totalement tourné vers le Seigneur, dans ce temps de prière.

Dom Robert (1907-1997) – Tapisserie L’arbre d’or – carton 1957

Je prends le temps de regarder cette tapisserie de Dom Robert

Je vois l’arbre étincelant qui se dresse, vigoureux. A partir d’un tronc commun,  3 branches s’élancent vers le haut ; elles portent un feuillage, à la fois  dense et léger qui s’est coloré d’or. Je contemple cette boule de lumière, avec ses multiples facettes, et pleine de vie.

Le feuillage de l’arbre  est parsemé de taches de couleur. En regardant de plus près, je peux voir toutes sortes d’oiseaux disséminés dans la ramure. Ils sont tous différents. A leur plumage, je peux même les reconnaitre : geai, pic vert, huppe, chardonneret… par l’imagination je peux entendre leurs chants divers… entendre les battements d’ailes,  le bruissement des feuilles …

Que provoque en moi cette contemplation ? A quelle prière m’invite-t-elle ? Action de grâces devant la richesse de la création, sa beauté, son harmonie, sa profusion ? Louange pour le créateur  de tout cela ? Prière pour respecter et préserver ce qui est donné ?…

Dans un 2ème temps je peux associer cette image à la parabole de la graine de moutarde que Jésus utilise pour parler du Royaume de Dieu.

« Le Royaume des cieux est comparable à un grain de moutarde qu’un homme prend et sème dans son champ. C’est bien la plus petite de toutes les semences ; mais quand elle a poussé, elle est la plus grande des plantes potagères : elle devient un arbre, si bien que les oiseaux du ciel viennent faire leurs nids dans ses branches. »Mt 13,31-32

Je peux contempler à nouveau l’arbre d’or, voir ce qu’est devenue la toute petite graine. Je peux m’émerveiller devant la  force de vie qu’elle contient, devant le mystère de la croissance.

 Et  je peux demander la grâce au Seigneur de me laisser enseigner sur  le Royaume de Dieu  et de le découvrir déjà là.

Qu’est-ce qui, pour moi,  est lumière dans notre monde d’aujourd’hui ? Qu’est-ce qui est harmonie et vie ?

Je fais mémoire de petits gestes porteurs d’un vivre ensemble, dans la diversité.  Je fais mémoire de ce qui discrètement crée des liens… construit la paix… donne de la joie…

J’en parle au Seigneur. Je rends grâce pour son Esprit à l’œuvre; pour ceux qui, dans le quotidien de leurs vies, apportent leur pierre au Royaume de Dieu. Je peux aussi demander pardon pour mon manque d’espérance, pour mon besoin de spectaculaire, pour tout ce qui entrave la venue de ce Règne. Je peux enfin lui confier la création tout entière et mes petits choix au quotidien pour qu’ils portent du fruit.

Je termine ma prière et reprends à mon compte la prière pour la terre du pape François

Prier à partir d’une estampe sur son chemin de vie

Hokusai – Le pont suspendu entre Hida et Etchu (deux villes d’une province située dans la grande île centrale du Japon).

Hokusaï (1760-1849) est l’un des maîtres de l’estampe japonaise. Au fil de nombreux voyages, il saisit paysages et scènes de la vie quotidienne.

Je m’installe confortablement pour le temps de la prière, demandant la grâce de demander la puissance du Seigneur.

         Cette scène met en scène la vie ordinaire, indépendamment de toute référence religieuse. Je prends le temps de l’observer :

Le paysage montagneux et aride. Quelques bouquetins broutent de maigres herbes.

L’horizon partagé entre un ciel azuré, des nuages blancs et une montagne noire qui apparaît comme menaçante

Le pont suspendu entre deux massifs, à une hauteur impressionnante, puisqu’on n’aperçoit que la cime des arbres.

Les deux personnages cherchant leur équilibre sur le pont fragile. Le premier est plus lourdement chargé

Je me mets maintenant à la place de l’un ou l’autre personnage, tout en méditant sur mon propre chemin et je m’ouvre à la prière.

Quels sont mes points d’appui, sur mon chemin de vie, à l’image de ce pont solidement arrimé aux monts qu’il relie ? Je peux me redire les paroles du psaume : « Sois pour moi le solide rocher qui m’accueille, l’endroit où je peux venir à tout moment (…) Oui, mon rocher, c’est toi, tu me protèges avec puissance. » (Psaume 70,3)

Sur mon chemin, qu’est-ce que je transporte, à l’image de l’un ou l’autre des deux personnages ? Que dois-je garder précieusement ? De quoi suis-le encombré, de quoi, peut-être, dois-je me débarrasser pour m’assurer un pas plus agile. Je réentends la Parole de Jésus qui envoie ses disciples sur la route : « Ne vous procurez ni or, ni argent, ni petite monnaie pour en garder sur vous ; ni sac pour la route, ni tunique de rechange, ni sandales, ni bâtons. » (Mt, 10 ; 9-10)

Ne pas compter sur mes propres sécurités me permet de demander l’aide du Seigneur et de m’appuyer sur sa force. Je médite les paroles de Paul : « Ma grâce te suffit, car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. » C’est donc très volontiers que je mettrai plutôt ma fierté dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ fasse en moi sa demeure. »  (2 Co, 12,9)

Je termine en disant la prière de St Ignace

« Prends, Seigneur, et reçois
Toute ma liberté, 
Ma mémoire, mon intelligence 
Et toute ma volonté.
Tout ce que j’ai et tout ce que je possède, 
C’est toi qui m’as tout donné à toi, Seigneur, je le rends
Tout est à toi, disposes-en selon ton entière volonté
Donne-moi seulement de t’aimer
Et donne-moi ta grâce, elle seule me suffit. »

Béatitudes pour le temps de vacances

Joseph Folliet (1903-1972), prêtre du Prado, sociologue et écrivain, fondateur de « la Vie Catholique illustrée », propose des Béatitudes pour le temps de vacances…

  Bienheureux ceux qui savent rire d'eux-mêmes,
ils n'ont pas fini de s'amuser.
Bienheureux ceux qui savent distinguer une montagne d'une taupinière, 
il leur sera épargné bien des tracas.
Bienheureux ceux qui sont capables de se reposer et de dormir sans chercher d'excuses : 
ils deviendront sages.

Bienheureux ceux qui savent se taire et écouter :
ils apprendront des choses nouvelles.
Bienheureux ceux qui sont assez intelligents pour ne pas se prendre au sérieux : 
ils seront appréciés de leur entourage.
Heureux êtes-vous si vous savez regarder sérieusement les petites choses, et paisiblement les choses sérieuses :
vous irez loin dans la vie.

Heureux êtes-vous si vous savez admirer un sourire et oublier une grimace : 
votre route sera ensoleillée.
Heureux êtes-vous si vous êtes capable de toujours interpréter avec bienveillance les attitudes d'autrui, même si les apparences sont contraires :
vous passerez pour des naïfs, mais la charité est à ce prix.

Bienheureux ceux qui pensent avant d’agir et qui prient avant de penser : 
ils éviteront bien des bêtises.
Heureux êtes-vous si vous savez vous taire et sourire même lorsque l’on vous coupe la parole, lorsque l’on vous contredit ou que l’on vous marche sur les pieds : 
l’Évangile commence à pénétrer votre cœur.

 

Bienheureux surtout si vous savez reconnaître le Seigneur en tous ceux que vous rencontrez : vous avez trouvé la vraie lumière,
vous avez trouvé la véritable sagesse.

Je prends un temps au calme, loin de l’agitation… Je m’installe confortablement, relâche les éventuelles tensions de mon corps, prends de profondes inspirations en fixant mon attention sur elles…

Je m’octroie ce temps de pause, en compagnie du Seigneur et lui demande la grâce d’un regard clairvoyant…

Je lis le texte une fois, puis le reprends, en m’arrêtant sur chaque « béatitude »… Parfois je peux m’y reconnaître, parfois en être bien loin, voire même m’y opposer… Pourquoi?… Peut-être ai-je le désir d’adhérer à l’une ou l’autre d’entre elles… Pendant ce temps de vacances, ou sur un plus long terme… Pourquoi?…

J’en parle avec le Seigneur, comme un ami avec son ami… Je peux aussi lui faire une demande particulière…

Je termine en m’adressant à Notre Père…

Pendant l’été, nourrir sa relation au Seigneur

Voici deux propositions de retraites en ligne, l’une animée par « Prie en Chemin », l’autre par « les soeurs Xavières », avec les liens pour y accéder.

  • Au cœur de l’été, Prie en Chemin vous propose de prendre un temps de pause pour (re)découvrir des temps de prière à la lumière de Saint Ignace de Loyola et de sa spiritualité !

du lundi 25 juillet et jusqu’au 31 juillet

  • faire une retraite spirituelle en 7 jours inspirée des Exercices spirituels de saint Ignace, animée par « les Xavières »

Prier avec des photos

Steve Mc Curry est un photographe américain, né à Philadelphie, en 1950.

Connu pour ses clichés de reporter de guerre, il a parcouru le monde entier. Il propose des clichés de combats, de destruction, mais il s’attarde aussi devant des paysages spectaculaires et sur des modes de vie menacés de disparaître.

Derrière l’instant saisi par l’appareil, il pénètre la profondeur d’un être. Il dit d’ailleurs de lui-même : « je suis un conteur visuel, pas un journaliste. ».

Voici deux photographies mettant en scène l’enfance et la jeunesse, rapportées d’Asie et d’Orient.

Je me dispose à la prière, prends le temps de faire silence en moi, m’extrais de mon environnement pour prendre le temps de la contemplation de ces deux photos

Je prends le temps d’observer ces deux photos, mettant en scène un adulte et un enfant. Je m’attarde sur les couleurs, les lignes de la composition, sur les visages et, notamment, sur les regards.

Un adulte dont on ne voit pas le visage a installé un jeune enfant sur un vélo.

  • Un adulte dont on ne voit qu’une partie du torse et les bras. Ses mains fermes tiennent le guidon.
  • L’enfant au regard profond, fixant l’horizon, curieux et interrogateur.
  • Le vélo dont on perçoit qu’il a déjà beaucoup servi, sur un chemin caillouteux et cahotant.
  • L’axe vertical du guidon, les trois triangles dessinés par le guidon, le tissus rouge et les bras de l’adulte donnent une grande stabilité à l’ensemble de la scène.
  • Le jeu des couleurs bleu, rouge et blanc confère à la scène un dynamisme

Un adulte solidement assis sur le sol accueille entre ses genoux un enfant endormi.

  • Les deux ovales du turban immaculé et des bras protecteurs enserrant l’enfant donnent à la scène beaucoup de sérénité.
  • La sérénité de la composition est accentuée par l’abandon confiant de l’enfant entre les jambes de son aîné.
  • La même couleur blanche des vêtements de l’adulte et de l’enfant suggère l’unité qui règne entre les deux personnages.
  • L’adulte, au visage buriné, à la barbe blanche, aux membres et mains noueux, qui disent une vie déjà avancée, une expérience déjà longue. Le regard, tout intérieur se fait méditation sur le chemin déjà parcouru et sur la promesse de l’avenir portée par l’enfant
  • L’enfant à la peau lisse, et aux cheveux noirs, évoque la santé, la vigueur pour affronter une vie non encore écrite, peut-être en train de se rêver

Deux images, donc, de la relation adulte / enfant…

Un adulte (un père ?) qui conduit l’enfant tout en le mettant devant lui, face à la route qui s’ouvre à lui. Il se fait présence sécurisante, mais le choix du photographe qui coupe le visage de l’adulte, suggère aussi une forme d’absence qui permet de donner toute sa place à l’enfant.

Un adulte (un père ? un grand-père) qui protège l’enfant, qui le garde pendant son sommeil. Ses mains le retiennent-elles, ou sont-elles prêtes à s’ouvrir pour que l’enfant choisisse son propre chemin ?

Ces deux images peuvent donner à penser sur la relation éducative, sur la nécessaire articulation entre la nécessité de protéger et la nécessité de préparer à l’autonomie.

Dans ma prière, maintenant, je contemple la relation d’alliance à laquelle Dieu m’invite.

Dieu qui nous conduit, comme un Père. « Tu l’as vu aussi dans le désert : le Seigneur ton Dieu t’a porté, comme un homme porte son fils, tout au long de la route que vous avez parcourue. » (Dt, 1, 31)

Dieu qui prend soin de nous comme une mère. « Est-ce qu’une femme peut oublier son petit enfant, ne pas chérir le fils de ses entrailles ? Même si elle pouvait l’oublier, moi, je ne t’oublierai pas. » (Isaïe, 49,15)

Dieu Créateur, qui, nous confie sa création pour que nous la gérions en toute liberté. Au 7ème jour, Il se repose…Il se repose aussi sur nous, les hommes et femmes, pour que nous devenions co-créateurs. « Dieu a créé l’homme comme la mer a fait les continents, en se retirant » (Hölderlin)

Je peux alors faire mémoire, dans ma relation au Seigneur, des moments où je me réfugie en lui, comme cet enfant abandonné entre les jambes de son aîné et des moments, où je me sens appelé à aller de l’avant, comme ce jeune enfant, sur la bicyclette, tout en restant relié. 

Je peux alors demander au Seigneur sa protection, ou lui confier une décision que je prends…

Pour terminer, je dis le début du psaume 70.

En toi, Seigneur, j'ai mon refuge : 
Garde-moi d'être humilié pour toujours.
 Dans ta justice, défends-moi, libère-moi, 
Tends l'oreille vers moi, et sauve-moi.
Sois le rocher qui m'accueille, toujours accessible ; 
 Tu as résolu de me sauver : ma forteresse et mon roc, c'est toi !
Mon Dieu, libère-moi des mains de l'impie, 
Des prises du fourbe et du violent.
Seigneur mon Dieu, tu es mon espérance, 
Mon appui dès ma jeunesse.
Toi, mon soutien dès avant ma naissance, 
Tu m'as choisi dès le ventre de ma mère ; 
Tu seras ma louange toujours !
Pour beaucoup, je fus comme un prodige ; 
Tu as été mon secours et ma force.
 Je n'avais que ta louange à la bouche, 
Tout le jour, ta splendeur.