Prier Notre-Dame

Il y a 5 ans, l’incendie ravageait Notre-Dame de Paris ;  puis ce fût le grand chantier de la restauration. Avec cette prière, c’est la réouverture qui était préparée.

Aujourd’hui alors que Notre-Dame de Paris renaît de ses cendres, nous rendons grâce à Dieu. Non seulement pour le savoir-faire de tous ceux qui ont travaillé à cette renaissance ; non seulement pour la beauté retrouvée ; mais aussi parce que cette cathédrale est à nouveau « signe d’espérance »… un « grand vaisseau qui mène à Dieu »… la maison où l’on peut « confier ses joies et ses peines à Celle qui a porté le Sauveur».

Ecoutons ce chant hommage à  Notre-Dame de Paris

Comme de nombreux pèlerins du monde entier, en  la fête de l’Immaculée conception, nous  nous tournons, à notre tour, vers Notre Dame.

Nous confions à son intercession ce qui fait notre vie :

Nous prions pour les évènements difficiles à vivre : les pays déchirés par la guerre… la situation politique de notre pays… l’Eglise avec ses abus et ses divisions… tous ceux qui souffrent autour de nous, à cause des deuils, de la maladie, de la violence ou de la pauvreté… Nous prions pour nos familles et tous nos proches… Nous  lui confions aussi nos joies : les moments heureux de rencontre…  les gestes de tendresse et de solidarité…  la beauté de la nature…  les joies de la création… les relations d’amour et d’amitié…

Puis nous nous tournons vers le Seigneur et  rendons grâce pour Marie,

Celle  qui a été « comblée de grâces »  et  qui a dit oui à la parole du Seigneur … Celle qui a porté et mis au monde Jésus,  le Sauveur… Celle qui est demeurée dans la confiance jusqu’au pied de la croix… Celle qui a accompagné l’Eglise naissante et est pour nous une mère.

Nous terminons en nous associant à la louange de Marie dans le Magnificat :

Prier pour savoir attendre

Le temps de l’avent est temps d’attente. Dans les ténèbres de l’hiver, nous sommes invités à veiller, à guetter la lumière qui vient et qui jaillira la nuit de Noël. Sachons vivre la patience. Nos villes vibrent déjà de lumières vives, de musiques fortes.

De black Friday en marchés de toutes sortes, une frénésie de consommation s’empare de la société. Vivre l’avent, c’est consentir à nous blottir dans l’obscurité, encore, à traverser le silence, à entretenir le désir plutôt que de chercher à posséder.

Je décide, aujourd’hui, de vivre un temps de prière, de retrait, de silence…de m’installer dans l’attente. Dans le lieu que j’ai choisi, je fais taire en moi le bruit et l’agitation et je demande au Seigneur la grâce de la patience. Je fais le signe de croix.

Cette attente, dans le silence, peut, parfois, être difficile, douloureuse…J’attends que Dieu me parle et je m’affronte à ce que je ressens comme un silence. Je peux faire mémoire de telles traversées dans ma vie spirituelle.

Je rejoins, dans cette expérience, beaucoup de croyants.

Ainsi ce religieux anonyme, qui partage le désert de sa prière : « Je suis devant le Seigneur comme une buche sèche. Je suis devant le feu brûlant de l’âtre, et pourtant…je ne prends pas… 

Considérons aussi la nuit de la foi de Mère Térésa. « Dieu me manque, me manque. C’est alors que j’ai le sentiment qu’il ne veut pas de moi, qu’il n’est pas là. Dieu ne veut pas de moi. ». Et encore : « J´éprouve que Dieu n´est pas Dieu, qu´Il n´existe pas vraiment. C´est en moi de terribles ténèbres. Comme si tout était mort, en moi, car tout est glacial (…)Tout le temps à sourire. Les Sœurs et les gens pensent que ma foi, mon espérance, mon amour me comblent en profondeur, et que l´intimité avec Dieu et l´union avec Sa volonté imprègnent mon cœur. Si seulement ils pouvaient savoir ».

Terminons ce premier temps, en vivant la confiance en Dieu comme François de Sales le suggère à une femme qu’il accompagne : « Vous ne faîtes rien, ce me dites-vous, en l’oraison. Mais qu’est-ce que vous y voudriez faire sinon ce que vous y faîtes, qui est de présenter et représenter à Dieu votre néant et votre misère ? C’est la plus belle harangue que nous fassent les mendiants que d’exposer à notre vue leurs ulcères et nécessités.

Mais quelquefois encore ne faîtes-vous rien de tout cela, comme vous me dites, mais vous demeurez là comme un fantôme et une statue. Eh bien, ce n’est pas peu que cela. Dans les palais des princes et des rois, on met des statues qui ne servent qu’à récréer la vue du prince : contentez-vous donc de servir de cela en la présence de Dieu, il animera cette statue quand il lui plaira ». SFS, Lettre à la présidente Brûlart, mars 1605)

Cette expérience du silence de Dieu, dans l’attente traverse aussi les psaumes. Jésus lui-même, à la croix, proclame le début du psaume 21 « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? », dont la suite des deux premiers versets dit : « Le salut est loin de moi, loin des mots que je rugis.

Mon Dieu, j’appelle tout le jour, et tu ne réponds pas ;  même la nuit, je n’ai pas de repos. » (Ps 21, 2-3). Mais Jésus, connaissant les psaumes par cœur, en dit aussi intimement la suite : « Tu m’as répondu ! Et je proclame ton nom devant mes frères, je te loue en pleine assemblée. » (Ps 21, 22-23)

Voilà bien le cœur de l’attente, patienter dans le silence, sûr que la parole ne manquera pas de sourdre, patienter dans la nuit, sûr que la lumière jaillira. A mon tour, je considère quelles paroles j’ai pu recevoir, comme une brise légère, quelle lueur, même modeste, peut venir m’éclairer.

Je me mets maintenant à l’écoute de la Parole de l’Évangile

« Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra. Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés.

Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous l’ayez demandé. » (Mt, 6, 6-8)

Je peux méditer sur la place, dans ma prière, de mes paroles et de l’écoute silencieuse. Est-ce que je crois que Dieu sait de quoi j’ai besoin, avant même que je lui demande ?

         J’offre au Seigneur ma prière de ce jour, un silence qui me déconcerte, m’éprouve, une lueur qui, déjà, m’éclaire et me donne de tenir dans l’espérance.

Pour terminer je dis cette prière du Père Robert Riber (1935-2013), prêtre strasbourgeois, poète et psychanalyste.

C'est l'Avent

Allume une braise dans ton cœur,
C’est l’Avent.
Tu verras, l’attente n’est pas vaine quand on espère quelqu’un.

Allume une flamme dans tes yeux,
C’est l’Avent.
Regarde autour de toi, on a soif de lumière et de paix.

Allume un feu dans tes mains,
C’est l’Avent.
Ouvre-les à ceux qui n’ont rien, ta tendresse est à bout de doigts.

Allume une étoile dans ton ciel,
C’est l’Avent.
Elle dira à ceux qui cherchent qu’il y a un sens à toute vie.

Allume un foyer en hiver,
C’est l’Avent.
Les transis du cœur et du corps viendront et il fera chaud au cœur du monde.
II suffit d’une seule braise, pour enflammer le monde, et réchauffer le cœur le plus froid.
Je fais le signe de croix.






Psaume 99

Heureux les invités au repas des noces de l’Agneau ! 

Acclamez le Seigneur, terre entière,
servez le Seigneur dans l’allégresse,
venez à lui avec des chants de joie !

Reconnaissez que le Seigneur est Dieu :
il nous a faits, et nous sommes à lui,
nous, son peuple, son troupeau.

Venez dans sa maison lui rendre grâce,
dans sa demeure chanter ses louanges ;
rendez-lui grâce et bénissez son nom !

Oui, le Seigneur est bon,
éternel est son amour,
sa fidélité demeure d’âge en âge.

Je lis doucement le psaume pour gouter intérieurement ce temps, temps pour célébrer et adorer le Seigneur dans la Joie, en chantant et même en dansant comme l’a fait David (2 Samuel 6.14).

Le Seigneur s’adresse au monde entier, nous sommes tous conviés à louer le Seigneur pour Sa bonté et surtout pour Sa personne, pour qui Il est. Le jour vient où toute la terre Le célébrera ainsi.

« Acclamez le Seigneur, terre entière,
servez le Seigneur dans l’allégresse,
venez à lui avec des chants de joie ! »

Mettre le Seigneur au cœur de ma vie, dans les évènements qui sortent de l’ordinaire mais aussi dans le quotidien … je sens et goûte cette Joie qui habite ma vie quand j’y associe le Seigneur. Je peux visualiser cette allégresse comme un bouquet de feux d’artifices (couleur, musique, bruit…)

« Reconnaissez que le Seigneur est Dieu :
il nous a faits, et nous sommes à lui,
nous, son peuple, son troupeau. »

Nous sommes Son peuple, Son troupeau …. Il est Notre Berger

Jésus nous dit en Jn 10, 14-16 :  «Moi, je suis le bon berger ; je connais mes brebis et mes brebis me connaissent, tout comme le Père me connaît et que je connais le Père. Je donne ma vie pour mes brebis. J’ai encore d’autres brebis qui ne sont pas de cet enclos. Celles-là aussi, il faut que je les amène ; elles écouteront ma voix, ainsi il n’y aura plus qu’un seul troupeau avec un seul berger »

Je goute intérieurement ce souci que le Seigneur me porte, je reconnais que tout vient de Lui…

« Venez dans sa maison lui rendre grâce,
dans sa demeure chanter ses louanges ;
rendez-lui grâce et bénissez son nom ! »

Le Seigneur nous aime en premier, gratuitement. Je me laisse porter par cet Amour reçu de Lui. Je laisse éclater ma Joie d’être accueilli par Lui, je Le remercie : SAINT EST SON NOM !

Oui, le Seigneur est bon,
éternel est son amour,
sa fidélité demeure d’âge en âge.

 Je sens et goute la Paix qui habite mon cœur : la fidélité du Seigneur demeure !

A chaque seconde de ma vie, Il est là, bien présent à mes côtés. Aucun moment de ma vie ne Lui est indifférent …

Je peux chanter …

R/ Bénissez Dieu, vous serviteurs de Dieu, 
Vous tous qui demeurez dans la maison de Dieu.
Levez les mains vers le Dieu trois fois Saint,
Proclamez qu’il est grand, que son Nom est puissant.

1. Oui je le sais, notre Seigneur est grand, Tout ce qu’il veut, sa main peut l’accomplir ; Du fond des mers, jusqu’au fond des abîmes, Depuis la terre jusqu’au plus haut du ciel !

2. Reconnaissez que le Seigneur est bon ! Il est fidèle en tout ce qu’il a fait. Je veux chanter la douceur de son Nom. Béni soit Dieu par toutes les nations !


« A la Sainte Catherine, tout bois prend racine ! »

En ce temps où la nature entre en sommeil, contemplons un arbre…

C’est un saule centenaire, planté au bord d’un petit canal de marais et qui vient d’être taillé…

Je m’installe à l’écart et fais silence en moi… Le Seigneur m’attend…

Je lui demande la grâce d’être pleinement à son écoute…

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit…

Solidement enraciné, tronc puissant, le saule, bien que taillé, « lance » haut ses branches vers le ciel…

Qu’est ce que cela peut évoquer pour moi ? Enracinement ? Elan ? Les deux ?

Les racines d’un arbre le maintiennent debout, lui permettent de résister aux tempêtes… elles contribuent à son existence, sa croissance…

Les arbres sont souvent évoqués dans la Bible et leur symbolisme est riche de sens…

De la lettre de St Paul aux Colossiens (2, 6-7) :

« (…) Menez donc votre vie dans le Christ Jésus, le Seigneur, tel que vous l’avez reçu. Soyez enracinés, édifiés en lui, restez fermes dans la foi, comme on vous l’a enseigné ; soyez débordants d’action de grâce (…) ».

C’est du Seigneur, de la connaissance de sa Parole, de la foi et de la confiance en son amour, que le chrétien puise vie, force et croissance pour Le suivre et résister aux « tempêtes » …

Et moi ? Où en suis-je de mon « enracinement » ? de ma familiarité avec la Parole ? de ma prière et de mon action de grâces ? de mes luttes pour marcher à la suite du Christ ?

Comment je respecte la terre et regarde vers Dieu ?

Quelle place en mon cœur pour la joie d’être aimé(e) de Dieu ?

Cette relecture, je la fais avec bienveillance… dans l’espérance… et je la confie au Seigneur…

Psaume 1

01 Heureux est l’homme qui n’entre pas au conseil des méchants, + qui ne suit pas le chemin des pécheurs, * ne siège pas avec ceux qui ricanent,

02 mais se plaît dans la loi du Seigneur et murmure sa loi jour et nuit !

03 Il est comme un arbre planté près d’un ruisseau, + qui donne du fruit en son temps, * et jamais son feuillage ne meurt ; tout ce qu’il entreprend réussira (…)

Avec confiance, je me tourne vers le Père : Notre Père…

Voici le roi !

En ce dernier dimanche de l’année liturgique, nous célébrons le Christ Roi de l’univers. Sa royauté n’a rien à voir avec celles de ce monde. Dans nos pays occidentaux, ce mot sonne mal à nos oreilles. Il évoque l’ancien régime avec ses honneurs, ses fastes, son pouvoir absolu. Mais quand nous fêtons le Christ Roi, nous voulons dire autre chose.

Christ Roi : Voici le Roi !
 

Il revendique d’être traité 
à l’égal de l’homme,
Il se dépouille lui-même
de sa puissance.
Il devient familier de sa souffrance.
Il prend la couronne humaine.

Le voici votre Roi : C’est un Seigneur d’humilité, c’est un serviteur !

Il sent l’étable et la paille,
il ne possède rien,
pas même un tombeau,
il donne tout
même son corps et son sang.

Le voici votre Roi : C’est un Seigneur de pauvreté !

Il se blesse à courir les ronces, 
après la brebis salie,
Il pleure la mort de son ami,
il enlève les péchés des cœurs
comme le vent
Efface les traces sur le sable,
Il se partage à tous les affamés,
Il ne juge pas, il pardonne,

Le voici votre roi : C’est un Seigneur de tendresse !

Il crie sous la douleur, 
il a peur des ténèbres
Il tombe, il est roulé sous la pierre,
il se relève, il passe dans la lumière.

Le voici votre Roi :Cest un Seigneur d’humanité, c’est un frère.


Dieu a inversé l’ordre des choses :
Dorénavant on ne mesure plus la grandeur
et l’importance de quelqu’un, à son pouvoir,

mais à sa capacité à servir !

Prier pour la paix

En ce jour du 11 novembre, prions pour la paix.

         Je me mets à l’écart, dans un endroit paisible, et m’efforce de trouver la paix en moi, pour me rendre disponible au Seigneur, en traçant sur moi le signe de croix. Je demande la grâce d’être artisan de paix.

En ce jour de commémoration, j’évoque tous les soldats qui ont donné leur vie pour défendre la paix. Peut-être puis-je faire mémoire d’un de mes ancêtres qui a été engagé dans un conflit.

Je m’unis à tous ceux qui se rendent devant un monument aux morts et qui, croyants ou non, par une minute de silence, rendent hommage aux combattants. Je prie aussi pour toutes les victimes des conflits d’aujourd’hui.

A Bourges, l’une des cloches de la cathédrale, Daniel Mathilde, porte les noms de tous les combattants morts au combat lors de la guerre de 1914-1918.

Tout en priant pour la paix, nous savons qu’elle est une tâche ardue pour notre humanité, qu’elle demande patience et persévérance, qu’elle mobilise l’effort des diplomates et des politiques. Mais, priant dans la confiance, nous pouvons aussi demander la paix pour nous-mêmes, attentif aux signes des temps, sensible à l’actualité, dans sombrer dans la désespérance. Mettons-nous à l’écoute de la Parole.

Dès l’Ancien Testament, dans un monde déjà gravement troublé, le prophète Isaïe annonce, de la part de Dieu, la survenue de la paix.

Et Saint Paul, dans l’épître aux Philippiens, nous invite à la confiance et à l’espérance.

Comment est-ce que je reçois ces paroles aujourd’hui ? Je peux, si cela est aidant, contempler ces diverses photos, pour chercher la paix.

La parole m’invite aussi à me faire artisan de paix.

Je regarde mon environnement immédiat et je considère comment je peux être artisan de paix. Un encouragement à prodiguer, une blessure à accueillir, un pardon à donner…

M’adressant alors au Seigneur, Prince de la Paix, comme un ami parle à un ami, je récapitule ma prière. Je prie aux intentions du monde, pour l’apaisement des conflits. Je confie au Seigneur mon désir de paix, les obstacles qui m’empêchent d’y accéder. Je présente au Seigneur ceux, qui, dans mon entourage, ont besoin d’être aidés à trouver la paix.

         Je termine ma prière en me tournant vers Marie, en disant les paroles de ce chant de Didier Guise.

Marie console-moi

1 – Je me tourne vers toi, Marie, Toi qui brilles dans la nuit, Et le monde est blessé, il attend la paix, je me tourne vers toi, Marie. Tu souris tendrement, tu es là. Marie, console-moi.

2 – Je me tourne vers toi, Marie, Le monde souffre dans la nuit, Le monde a si peur, il a besoin d’espoir, je me tourne vers toi, Marie. Tu souris tendrement, tu es là. Marie, entends nos voix.

3 – Je me tourne vers toi, Marie, Je me sens si démuni, Tellement de tristesse, tant d’âmes en détresse, je me tourne vers toi, Marie. Tu souris tendrement, tu es là. Marie, rassure-nous.

4 – Je me tourne vers toi, Marie, Je vois tous ceux qui te prient, Au creux de notre errance, un signe d’espérance, je reprends confiance, Marie. Tu souris dans la nuit, tu es là. Marie je te remercie.

5 – Je me tourne vers toi, Marie, Ta lumière nous guérit, Quand on se parle enfin, quand on revient de loin, et que tu nous bénis, Marie. Tu souris dans la nuit, tu es là. Marie je te remercie.

6 – Je me tourne vers toi, Marie, Toi qui brilles dans la nuit, Quand on sèche des larmes, qu’on dépose les armes et que tu nous bénis, Marie. Tu souris dans la nuit, tu es là.

Je dis Je vous salue Marie…et fais le signe de croix.

Prier au temps des passages de grues

Je me mets en prière en contemplant la nature.

En ce moment on peut entendre dans le ciel du Berry le cri particulier des grues. Elles passent,  par milliers, quittant les contrées de l’Europe du Nord  pour rejoindre le sud de l’Espagne  ou l’Afrique du Nord ; des terres où elles trouveront de quoi se nourrir pendant l’hiver. Quand vient ainsi le temps de la migration pour les grues, nous savons que nous allons doucement, au fil des jours qui déclinent, vers une saison plus hivernale.

Cette constatation peut évoquer une remarque de Jésus aux foules :

Je reçois cette interpellation de Jésus qui rejoint notre propre difficulté à lire les signes des temps, à reconnaitre dans ce qui se passe actuellement les signes du Royaume de Dieu qui est déjà là. La tentation est grande de ne voir que tout ce qui ne va pas.

Pourtant Jésus affirme que le Règne de Dieu est parmi nous. Il le compare à des petites choses du quotidien : « une graine de moutarde qu’un homme a jeté dans son jardin ou le levain qu’une femme a pris et enfoui dans trois mesures de farine » (Luc 13, 19. 21)

Je regarde ce quotidien. Je fais mémoire des faits, des gestes qui  construisent le Royaume de Dieu ; des faits et gestes tout simples qui sont au service du bien commun et portent en eux un potentiel de fécondité.

« J’aime voir la sainteté dans le patient peuple de Dieu : chez ces parents qui éduquent avec tant d’amour leurs enfants, chez ces hommes et ces femmes qui travaillent pour apporter le pain à la maison, chez les malades, chez les religieuses âgées qui continuent de sourire….c’est cela la sainteté « de la porte d’à côté ».

Exhortation apostolique « la joie et l’allégresse » n°7

Je rends grâce au Seigneur.  Pour ces signes du Règne de Dieu que je vois autour de moi. Alors que nous venons de fêter la Toussaint, je rends grâces aussi  pour la multitude des saints de tous les temps qui ont suivi Jésus et  apporté leur pierre à la construction de ce  Royaume.

J’observe à nouveau les vols de grues.

Ces oiseaux ne se déplacent pas seuls mais en colonie. Le vol en V leur permet d’économiser leur énergie pour parcourir les 2500 kms de leur périple. Avec ce positionnement à 45 degrés et en ajustant leurs battements d’ailes, ils bénéficient pleinement du tourbillon ascendant des mouvements des oiseaux qui les précèdent. Je médite cela.

Ce phénomène peut faire écho avec l’exhortation de ce jour de l’apôtre Paul aux Philippiens qui reprend le désir de Jésus, exprimé en Jn 17,21, « Que tous soient un »:

Je reçois cette interpellation à l’unité de l’apôtre Paul. Quels sont les groupes, les communautés,  auxquels j’appartiens ? Comment oeuvrons-nous ensemble, nous soutenant les uns les autres ? Quelles sont les personnes sur lesquelles je peux compter ? Quels sont les gestes d’entraide et de solidarité dont je suis témoin ?

« La communauté qui préserve les petits détails de l’amour, où les membres se protègent les uns les autres et créent un lieu ouvert et d’évangélisation, est le lieu de la présence du Ressuscité qui la sanctifie selon le projet du Père. »

Exhortation apostolique « la joie et l’allégresse » n°145

Je parle au Seigneur. Je lui rends grâce pour ceux qui sont à mes côtés sur le chemin.  Je prends conscience aussi  de ceux qui m’ont précédé et qui intercèdent pour moi.

Je demande pardon pour l’individualisme, l’égoïsme, l’indifférence… et confie à l’intercession de Marie et de tous les saints, ma prière pour un monde plus juste et plus fraternel.

Je termine ce temps en écoutant le chant : « Dieu nous a tous appelés »

Confiance! Lève-toi! Il t’appelle.

Je me dispose, dans un temps ralenti, à prendre un moment donné au Seigneur.

Je prends une position confortable, je respire plusieurs fois doucement, profondément, je dépose ce qui me préoccupe dans les mains du Père et fais silence en moi.

Et je demande au Seigneur la grâce de me laisser rejoindre et toucher par ses paroles.

J’accueille avec simplicité de prier cet évangile très connu de la guérison de Bartimée, entendu hier, j’essaie de l’entendre différemment et de me laisser bousculer, dérouter .

Dans son message pour la fin de la seconde sessions du Synode sur la synodalité, le Pape François donne l’aveugle Bartimée dans l’évangile de Marc, à contempler.

« être une Eglise « à l’image de Bartimée« , ce mendiant aveugle, ce « rejeté de l’Evangile » assis au bord de la route qui, entendant Jésus, « se met à crier vers lui » puis à le suivre.

Comment j’accueille cette comparaison? Qu’est-ce que cela peut évoquer pour moi de mon Eglise ?

« Nous n’avons pas besoin d’une Eglise qui s’assoit et abandonne, mais d’une Eglise qui accueille le cri du monde et se salit les mains pour le servir »

Je peux être découragé.e ! Mais avec le Seigneur, je peux voir avec le coeur et être plus attentif.ve au cri du monde près de chez moi. Je réfléchis en moi-même.

Accueillons, à l’image de Bartimée, les orientations de l’Eglise: »Pas une Eglise assise, mais une Eglise debout.[..] Pas une Eglise aveugle, mais une Eglise éclairée par le Christ qui apporte aux autres la lumière de l’Evangile. Pas une Eglise statique, mais une Eglise missionnaire, qui marche avec le Seigneur sur les routes du monde.[…] Déposons le manteau de la résignation, confions notre cécité au Seigneur, levons-nous et portons la joie de l’Evangile sur les chemins du monde. »

Je me laisse mettre en mouvement par ce message. « AVEC le Seigneur« . Lui faire confiance, me lever car Il m’appelle ici, dans les petits gestes du quotidien. Je médite cet appel pour moi.

Je confie au Père mes désirs, mes découragements et lui demande son aide en priant avec François d’Assise.

Se faire proche du Seigneur et du prochain par le sourire

La cathédrale de Reims est bien connue pour son ange au sourire…Lorsque la cathédrale a été bombardée lors du premier conflit mondial, la statue de l’ange a été décapitée et un journaliste titra : « Reims a perdu son sourire »

Et si, face à une actualité difficile, par une météo marquée par la grisaille, face, peut-être aussi, à des difficultés personnelles, je prenais résolument le parti du sourire.

Je me dispose à la prière en faisant taire en moi mes préoccupations du moment, en renonçant à toute forme d’agitation et je demande au Seigneur la grâce de la paix intérieure. Je fais le signe de croix.

Je prends le temps de contempler la figure rayonnante de l’ange.

Je regarde longuement les traits apaisés de son visage, l’harmonie de ses lignes, le regard confiant et le fin trait des lèvres souriantes. Un sourire qui rayonne, qui apaise.

Je m’efforce de partager la sérénité de cette figure. Je peux méditer sur ce visage restauré après les destructions de la guerre, signe de l’Espérance qui fait renaître.

J’évoque aussi des visages souriants que j’ai rencontrés et qui ont pu m’aider sur mon chemin, m’appeler à une rencontre, m’entraîner à une Espérance renouvelée dans la présence aimante du Seigneur.

« L’une des premières choses qui arrivent aux personnes qui se détachent de Dieu est que ce sont des personnes sans sourire. Peut-être sont-elles capables d’éclats de rire, elles en font l’un après l’autre, une blague, un éclat de rire… Mais il manque le sourire ! Seule l’espérance donne le sourire : c’est le sourire de l’espérance de trouver Dieu. » (Pape François, audience générale du 7 décembre 2016)

Regarder vers Dieu entraîne à sourire. « Qui regarde vers lui, resplendira sans ombre ni trouble au visage » dit le psalmiste (Psaume 33,6). Rappelons-nous aussi du sourire de Moïse descendant de la montagne où il a rencontré le Seigneur.

« Lorsque Moïse descendit de la montagne du Sinaï, ayant en mains les deux tables du Témoignage, il ne savait pas que son visage rayonnait de lumière depuis qu’il avait parlé avec le Seigneur. » (Exode, 34,29).

Et, au seuil de la cathédrale de Reims, l’ange au sourire nous invite nous aussi à aller sourire dans la Maison du Seigneur, dans la foi de sa présence aimante. « Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. »

 Je considère comment la prière peut m’aider à entrer dans une sérénité intérieure qui détend mon visage et le fait sourire.
 

S’adresser à quelqu’un en souriant ouvre à la rencontre, à la fraternité. Je peux me demander si je souris spontanément, si cela peut me demander des efforts devant certains, dans telle ou telle circonstance. Quels pas puis-je faire pour oser manifester plus de bonne humeur, pour ne pas refuser « l’aumône d’un sourire. »

Je prends maintenant le temps d’un cœur à cœur avec Dieu, lui rendant grâce pour toutes les occasions, les rencontres qui m’entrainent à sourire.

Je lui présente aussi les résistances qui peuvent m’habiter et m’empêcher de m’ouvrir à la vie. J’intercède aussi pour tous ceux que la vie prive de sourire.

Je termine en disant cette prière de Thomas More (1478-1535) que le Pape François recommande dans son livre « Dieu est jeune » (Mars 2024)

« Donne-moi une bonne digestion, Seigneur, et aussi quelque chose à digérer.
Donne-moi la santé du corps, avec la bonne humeur pour la garder au mieux,
Donne-moi une âme sainte, Seigneur, qui ait les yeux sur la beauté et la pureté, afin qu’elle ne s’épouvante pas en voyant le péché, mais qu’elle trouve dans Ta présence la voie pour redresser la situation.
Donne-moi une âme qui ignore l’ennui, le gémissement et le soupir, et ne permets pas que je me fasse trop de souci pour cette chose encombrante que j’appelle “moi”.
Seigneur, donne-moi l’humour, Concède-moi la grâce de comprendre la plaisanterie, pour que je tire quelque bonheur de cette vie et que j’en fasse profiter les autres. Ainsi soit-il ».

Je conclus ce temps de prière en faisant le signe de croix.

Prier avec Thérèse d’Avila

Alors que nous nous apprêtons à fêter st Thérèse d’Avila, nous prions avec l’un de ces écrits.

Nous entrons dans la prière en reprenant le refrain de Taizé « Nada te turbe »

Que rien ne te trouble
Que rien ne t’effraie
Toute passe

Dieu reste le même
Patience
Atteint tout.

Qui a Dieu
Ne manque de rien
Dieu seul suffit.

Je lis une première fois, la prière de Thérèse d’Avila.

« Que rien ne te trouble, que rien ne t’épouvante, tout passe, Dieu ne change pas, la patience obtient tout ; celui qui possède Dieu ne manque de rien : Dieu seul suffit. Élève ta pensée, monte au ciel, ne t’angoisse de rien, que rien ne te trouble. Suis Jésus-Christ d’un grand cœur, et quoi qu’il arrive, que rien ne t’épouvante. Tu vois la gloire du monde ? C’est une vaine gloire ; il n’a rien de stable, tout passe. Aspire au céleste, qui dure toujours ; fidèle et riche en promesses, Dieu ne change pas.

Aime-Le comme Il le mérite, Bonté immense ; mais il n’y a pas d’amour de qualité sans la patience. Que confiance et foi vive maintiennent l’âme, celui qui croit et espère obtient tout. Même s’il se voit assailli par l’enfer, il déjouera ses faveurs, celui qui possède Dieu. Même si lui viennent abandons, croix, malheurs, si Dieu est son trésor, il ne manque de rien. Allez-vous-en donc, biens du monde ; allez-vous-en, vains bonheurs : même si l’on vient à tout perdre, Dieu seul suffit. Amen. »

Qu’est-ce qui me frappe ? Comment Dieu est-il qualifié ? Quels mots reviennent le plus souvent ?  Qu’est-ce ce texte provoque en moi ?

Je lis ce texte une deuxième fois.

« Que rien ne te trouble » 

J’entends cette interpellation. Comment est-ce que je la reçois ? Y a-t-il en ce moment dans ma vie quelque chose qui m’inquiète et me trouble ? Je laisse venir mes soucis, mes angoisses, mes difficultés, mes impatiences…  tout ce qui m’empêche de vivre pleinement.

Je me tourne vers Jésus-Christ, lui qui est vainqueur du mal et de la mort. Je me souviens de la parole qu’il adresse à ses disciples, effrayés de la voir marcher sur la mer  agitée : « Confiance, c’est moi ; n’ayez pas peur ! » (Mt 14, 27)

« il n’y a rien de stable, tout passe. Aspire au céleste, qui dure toujours »

Je considère les biens de ce monde, qu’est-ce qui est important pour m’aider à vivre ? Qu’est-ce qui me semble bon pour moi ? Y a-t-il des biens auxquels je suis particulièrement attaché et qui prennent trop de place dans ma vie ? Je prends conscience du côté éphémère de tous ces biens, et du fait qu’ils ne peuvent me combler vraiment

Je me tourne vers Jésus-Christ qui enseigne les foules sur la montagne : «  Ne vous amassez pas de trésors sur la terre, où les mites et les vers font tout disparaitre, où les voleurs percent les murs et dérobent. Mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où les mites et les vers ne font de ravages, où les voleurs ne percent ni ne dérobent. Car où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. » (Mt 6, 19-21)

« Si Dieu est son trésor, il ne manque de rien… Dieu seul suffit »

Je médite cette phrase. Et moi  où est mon trésor ? Quelle place je donne à Dieu ? Est-ce que je crois en sa « Bonté immense » ? Est-ce que je lui fais confiance et crois en ses promesses ? Est-il pour moi Celui que je cherche avant toutes choses?

Je me tourne vers Jésus-Christ qui, toute sa vie, a été ajusté à son Père et qui montre le chemin vers Lui. Après avoir parlé à la foule des oiseaux du ciel et des lys des champs, il dit : « Cherchez d’abord le Royaume et la justice de Dieu, et tout cela vous sera donné par surcroît. » (Mt 6,33)

Je prends maintenant un temps de silence pour laisser venir la prière qui monte de mon cœur. Je m’adresse au Seigneur.

Je termine ce temps de méditation en me confiant à l’intercession de Marie, elle qui a su rester dans la confiance ; elle qui a vécu dans la patience et l’espérance. Je vous salue Marie.

Notre Dame des Eaux – Nevers st Gildard