Prier avec Ignace de Loyola

Ce vitrail d’une église de Cuba  relate la blessure d’Ignace de Loyola au siège de  Pampelune en mai 1521. Ce gentilhomme basque rêve alors de chevalerie et de  hauts faits d’arme mais le boulet  qui l’atteint à la jambe met fin à sa carrière.  Sa convalescence l’amène à lire des livres sur la vie des saints et sur la vie de Jésus. C’est le début de sa conversion.  Décidé à suivre le Christ, il prend la route et se retire à Manrèse où il vit une expérience spirituelle. Une expérience qu’il transcrira dans les Exercices Spirituels.

En ce 31 juillet, fête de st Ignace, prions avec un texte fondateur, qui est au commencement du cheminement  des Exercices et en donne l’esprit.

Je prends le temps de me disposer à la prière et de faire silence en moi.

Je lis une première fois ce texte en son entier.

Puis je le médite pas à pas

Considérer le fait que je  ne me donne pas la vie ; je la reçois de Dieu. Le louer, le  respecter et le servir me met dans une relation juste de créature à créateur et  m’apporte épanouissement et plénitude.

Est-ce que je suis en accord avec cela ? Quelle image ai-je de Dieu, un dieu qui veut pour moi la vie ?

Quel est mon désir ? Comment je réponds à l’amour premier du Seigneur ?

Me remettre en mémoire tout ce qui est « donné ». Comment je m’y rapporte ? Est-ce que je les reçois comme un don et ai-je tendance à me les accaparer ?

Tout ce crée est-il à sa juste place, c’est à dire au service de ma relation à Dieu ? Ou est-ce que je le recherche pour lui-même ? Où va ma préférence ?

Considérer comment je suis créé libre et capable de choisir. Toutes ces choses créées, je peux en user ou m’en dégager.

Je regarde ce que j’ai reçu (biens – relations- succès – engagements…).  Qu’est-ce qui est bon pour moi ? Qu’est-ce qui  sert ma juste relation à Dieu ? Qu’est-ce qui m’en détourne ?

Je parle au Seigneur. Je peux lui demander le discernement pour voir mes attachements désordonnés…  la grâce de grandir en liberté… de désirer ordonner mes choix en fonction de lui…

Je peux terminer ma prière en reprenant les mots de la prière d’offrande de st Ignace :

Le visiteur attendu – Arcabas

« Voici je me tiens à la porte et je frappe . Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui et je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi. » Ap 3,20

Au sein de ce temps estival, je m’installe un instant à l’écart… temps de silence, de calme, de retrait…temps de méditation…

Je demande au Seigneur la grâce d’une vraie rencontre avec Lui, en cœur à cœur…

Je regarde ce tableau d’Arcabas…

Une maison, deux personnages… l’un dedans, l’autre dehors…

Celui qui est dedans est assis, bras croisés …devant lui, une bougie allumée…l’ombre tient une grande place… Celui qui est dehors est lumineux…il paraît arriver à l’instant, les ailes encore déployées, tenant en sa main un rouleau…

il est grand, aussi grand que la maison… son regard passe au-delà de la porte…il frappe à cette porte délicatement, 3 petits coups semble-t-il, « matérialisés » par 3 points rouges…

Le personnage à l’intérieur semble relever la tête, comme s’il attendait cette visite…L’instant est comme suspendu…Va-t-il ouvrir la porte? Qu’est venu annoncer l’ange?

Je suis le personnage à l’intérieur de la maison

Dans quel état intérieur je me trouve aujourd’hui, dans cette période propice à une pause dans les activités… ? Quelles attentes m’habitent ? Quelles aspirations? De quoi ai-je besoin ? Qu’est-ce que j’attends ?  Et si quelqu’un vient frapper à ma porte… : qui serait-il ? Quel message, quelle bonne nouvelle je voudrais qu’il m’apporte? Alors, aux trois petits coups à la porte de ma maison, comment vais-je réagir ? 

Je peux aussi, si je le souhaite, lire cette prière et peut-être la méditer…

Entre donc, Seigneur !

Seigneur, tu sais bien que je suis en vacances,
et aujourd’hui, tu me déranges.
J'avais prévu bien autre chose que de t'accueillir
et de prendre du temps avec toi.
Mais peu importe pour toi,
car tu n'as ni agenda, ni contrainte de temps,
tu avais envie de frapper à la porte de ma vie,
et tu frappes, lourdement et avec insistance ...

Alors, entre donc, Seigneur, même si je ne suis pas prêt, entre!
Tu me déranges, Seigneur, mais c'est à chaque fois la même chose.
Tu viens de nuit, quand je ne t'attends pas,
et tu viens de jour quand je ne m'y attends pas.

Entre donc, Seigneur!
Je ne suis jamais prêt à te recevoir,
mais tu sais que je t'attends.
Je t'attends comme on attend un ami.
Finalement, c'est un peu te rencontrer qui me fait peur,
car tu me demandes toujours de donner quelque chose de ma vie.
Pour bâtir ton Royaume.
François Denis

Je peux confier ce qui m’habite au Seigneur, mon ami en qui j’ai toute confiance… Je peux aussi lui demander de m’éclairer… puis, avec Lui, me tourner vers le Père… Notre Père…

Prier au temps des moissons

La liturgie du dimanche 16 juillet a proposé des textes qui renvoient à des réalités rurales. En ce temps de la moisson, disposons-nous à accueillir ces textes, à les méditer et   tournons-nous vers la Trinité.

PSAUME 64

Tu visites la terre et tu l’abreuves,
tu la combles de richesses ;
les ruisseaux de Dieu regorgent d’eau,
tu prépares les moissons.

Ainsi, tu prépares la terre,
tu arroses les sillons ;
tu aplanis le sol, tu le détrempes sous les pluies,
tu bénis les semailles.
Tu couronnes une année de bienfaits,
sur ton passage, ruisselle l’abondance.
Au désert, les pâturages ruissellent,
les collines débordent d’allégresse.

Les herbages se parent de troupeaux
et les plaines se couvrent de blé.
Tout exulte et chante !

Dans un premier temps,  je lis ce psaume 

je peux contempler  la réalité qu’il évoque : les champs de blé prêts pour la récolte dans la campagne environnante.

Cette récolte est le fruit à la fois du travail des humains et de Dieu qui donne la croissance et la vie ;  et la vie en abondance.

Je redis tel ou tel verset… « tu combles la terre de richesses »… « tu prépares les moissons »… « tu bénis les semailles »… sur ton passage, ruisselle l’abondance »… « les plaines se couvrent de blé »

Je me tourne vers le Dieu créateur et je rends grâces pour ces fruits de la terre.« Tout exulte et chante ! » Avec le psalmiste, je loue le Créateur de toutes choses.

Lecture du livre du prophète Isaïe (Is 55, 10-11)

Ainsi parle le Seigneur : 
« La pluie et la neige qui descendent des cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, 
sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer, donnant la semence au semeur
et le pain à celui qui doit manger ;  
ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, 
sans avoir fait ce qui me plaît, sans avoir accompli sa mission. »

La 1ère lecture du prophète Isaïe fait un parallèle entre l’eau (pluie et neige) qui féconde la terre et la Parole de Dieu, qui agit au cœur de l’humanité. La parole de Dieu par excellence, c’est le Christ, Verbe de Dieu. Sa Parole nourrit, transforme, porte du fruit.

Je goûte cette Parole d’Isaïe porteuse d’espérance.

Je me tourne vers le Christ. Je peux lui rendre grâces, en prenant appui sur ce que je vois ou ce que je vis, pour sa présence salvatrice

Evangile  Matthieu 13, 3b-8

« Voici que le semeur sortit pour semer.
 Comme il semait, des grains sont tombés au bord du chemin, et les oiseaux sont venus tout manger.
 D’autres sont tombés sur le sol pierreux, où ils n’avaient pas beaucoup de terre ; ils ont levé aussitôt, parce que la terre était peu profonde. Le soleil s’étant levé, ils ont brûlé et, faute de racines, ils ont séché.
 D’autres sont tombés dans les ronces ; les ronces ont poussé et les ont étouffés.
 D’autres sont tombés dans la bonne terre, et ils ont donné du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. »

Si c’est Dieu qui donne l’abondance,  l’humain est appelé à collaborer à ce processus de vie. Dans la parabole du semeur, Jésus fait le parallèle entre les différentes terres et les manières de recevoir sa Parole.

Est-ce que je me mets à l’écoute de sa Parole ? Qu’est-ce qui m’aide à la comprendre ?

Je me tourne vers l’Esprit Saint. Je peux lui demander de me donner un cœur large et généreux  pour recevoir la Parole de Dieu et la mettre en pratique. Je peux lui demander de faire de moi une terre qui porte du fruit.

Je termine ce temps de prière en écoutant le chant « le semeur est sorti pour semer »

Une église sur ma route en Berry

Collégiale Saint Austregesile

Une belle église sur la route attire mon attention et m’incite à faire une pause. Lieu de prière personnelle ou communautaire depuis des siècles, je m’inscris dans cette chaîne et prends un temps spirituel .

J’éteins mon téléphone portable et le range. Je ferai des photos plus tard.

Puyferrand

Le portail est ouvert. Symboliquement il ouvre la voie qui conduit au salut. La porte est ouverte vers mon « sanctuaire » intime. J’entre et me dispose. Je me laisse apprivoiser par ce lieu. Je commence par regarder, me laisser toucher par l’atmosphère, les proportions, l’harmonie des couleurs, les teintes de la pierre, des vitraux, des fresques éventuellement, par la lumière qui naît petit à petit et se libère .

Je me pose et laisse le temps se ralentir et le silence se faire en moi.

Je me rappelle les paroles de l’Ecriture qui évoquent le temple, le Temple de Dieu . Peut-être Saint Paul dans sa 1e lettre aux Corinthiens (3,16) « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? »

Chalivoy-Milon

La voûte représente la voûte céleste et la nef est le vaisseau qui protège l’homme durant son périple, comme le navire qui protège les voyageurs des intempéries.

Je repère mes sentiments. Cette église m’invite-t-elle à regarder en haut ou en moi-même? Elle apaise ou dynamise ?

L’autel rappelle la Cène. La rencontre avec Dieu se fait dans l’intime.

Je réentends en moi et rumine cette phrase de St Paul. Je suis attiré.e par la lumière qui éclaire l’autel et le transept. Je reçois là, la grâce d’entretenir ce temple de Dieu en moi.

Je médite en moi sur ce que cela signifie dans ma vie au quotidien, quel appel, quel désir monte en moi ?

Allouis

Mehun sur Yèvre – Neuvy Saint Sépulchre – Châteaumeillant

Je regarde les vitraux ou les chapiteaux ou les fresques … Je choisis ce qui m’a le plus touché.e, je m’y arrête, je m’asseois et y reste un moment. J’essaie de me souvenir du passage biblique évoqué, des personnes, des actions. Comment peut-il me rejoindre dans ma vie ?

Plaimpied – Chalivoy Milon

Maintenant je prends un moment pour parler au Seigneur. Je peux le remercier et le louer pour la beauté de ce lieu, le calme et la paix et pour cette visite qui m’a fait du bien.

Je peux aussi le remercier pour tous ceux qui ont construit cette église.

Je le prie pour les chrétiens qui viennent y prier régulièrement et aussi pour les visiteurs, croyants ou non-croyants. Et je termine en union avec tous les chrétiens: Notre Père …

Brinay

Nourri.e et disponible pour faire vivre ce temple qui accueille la présence de Dieu en moi, je repasse la porte, vers l’extérieur, vers le monde , disciple du Christ .

Un été pour louer la Création

L’été offre, à beaucoup, plus de temps libre. La météo invite à sortir et à fréquenter plus la nature. Occasion de contempler un paysage, de redécouvrir son propre jardin, un parc public, un site naturel, près de chez soi, ou de découvrir des paysages nouveaux si l’on change de région…

Je prends un temps de contemplation dans un espace naturel que j’ai choisi. Après avoir fait le signe de croix, je demande au Seigneur la grâce de l’attention, par tous mes sens. Et j’ouvre l’oreille de mon cœur.

Je prends d’abord le temps de l’observation…

Je regarde les divers éléments composant l’espace devant lequel je me tiens. Je regarde leur forme, leur étagement…Je regarde les couleurs dans leur variété et leurs nuances. Je m’arrête sur la lumière, son intensité ou sa douceur, selon l’heure du jour…ou sur l’obscurité d’un ciel étoilé…

J’écoute les sons qui m’entourent, flux et reflux de la mer, bruissement dans les arbres d’une forêt, bruits furtifs d’un animal apeuré à la campagne, bourdonnement des insectes sur les fleurs du jardin. J’écoute aussi, quand c’est possible, le silence.

Je suis attentif aux odeurs. Les algues sur une plage, la mousse en forêt, les fleurs du jardin…

Je mobilise aussi le toucher. Je prends le temps de percevoir sur ma peau la chaleur du soleil, la brise du vent, une goutte de pluie…Et si je me déplace, je peux aussi toucher…Mettre ma main dans l’eau de l’océan ou d’un torrent, caresser l’écorce d’un arbre, froisser une feuille…

Je lis maintenant le texte du livre de la Sagesse. (13, 1-9)

De nature, ils sont inconsistants, tous ces gens qui restent dans l’ignorance de Dieu : à partir de ce qu’ils voient de bon, ils n’ont pas été capables de connaître Celui qui est ; en examinant ses œuvres, ils n’ont pas reconnu l’Artisan. Mais c’est le feu, le vent, la brise légère, la ronde des étoiles, la violence des flots, les luminaires du ciel gouvernant le cours du monde, qu’ils ont regardés comme des dieux. S’ils les ont pris pour des dieux, sous le charme de leur beauté, ils doivent savoir combien le Maître de ces choses leur est supérieur, car l’Auteur même de la beauté est leur créateur. Et si c’est leur puissance et leur efficacité qui les ont frappés, ils doivent comprendre, à partir de ces choses, combien est plus puissant Celui qui les a faites. Car à travers la grandeur et la beauté des créatures, on peut contempler, par analogie, leur Auteur. Et pourtant, ces hommes ne méritent qu’un blâme léger ; car c’est peut-être en cherchant Dieu et voulant le trouver, qu’ils se sont égarés : plongés au milieu de ses œuvres, ils poursuivent leur recherche et se laissent prendre aux apparences : ce qui s’offre à leurs yeux est si beau ! Encore une fois, ils n’ont pas d’excuse. S’ils ont poussé la science à un degré tel qu’ils sont capables d’avoir une idée sur le cours éternel des choses, comment n’ont-ils pas découvert plus vite Celui qui en est le Maître ?

J’entends l’appel à être sensible à ce qui m’est offert : beauté, puissance, grandeur, efficacité.

Mais j’entends aussi la nécessité de dépasser mes seules sensations pour contempler dans la nature l’œuvre du Créateur : « reconnaître l’artisan » ; « le maître de ces choses » ; « l’auteur même de la beauté est leur créateur » ; « à travers la grandeur et la beauté des créatures, on peut comprendre, par analogie leur auteur ».

J’entends enfin l’urgence (déjà affirmée dans un texte écrit il y a plus de 2000ans) de ne pas m’en tenir à la volonté de comprendre (« la science », « une idée ») pour accueillir la création comme un don de la toute-puissance d’amour de Dieu. Une démarche d’accueil et de respect de la Création, pour échapper à la tentation de l’exploitation de la nature par les conquêtes scientifiques.

Et moi, est-ce que je prends régulièrement le temps de contempler la nature, en dépassant l’émotion, pour entrer dans la contemplation du Seigneur et l’action de grâce.

Et moi, comment la contemplation de la nature m’aide-t-elle à prendre soin de la maison commune ?

Je m’adresse maintenant au Seigneur pour exprimer ma louange devant la Création, pour demander pardon pour tout ce qui atteint la vie de notre planète, pour Lui confier tous ceux qui travaillent à la défense de l’environnement.

Je termine en disant cet extrait de la prière du Pape François, qui clôture son encyclique Laudato Si’

Nous te louons, Père, avec toutes tes créatures,
qui sont sorties de ta main puissante.
Elles sont tiennes, et sont remplies de ta présence
comme de ta tendresse.
Loué sois-tu.

Fils de Dieu, Jésus,
toutes choses ont été créées par toi.
Tu t’es formé dans le sein maternel de Marie,
tu as fait partie de cette terre,
et tu as regardé ce monde avec des yeux humains.
Aujourd’hui tu es vivant en chaque créature
avec ta gloire de ressuscité.
Loué sois-tu.

Esprit-Saint, qui par ta lumière
orientes ce monde vers l’amour du Père
et accompagnes le gémissement de la création,
tu vis aussi dans nos cœurs
pour nous inciter au bien.
Loué sois-tu.
Ô Dieu, Un et Trine,

communauté sublime d’amour infini,
apprends-nous à te contempler
dans la beauté de l’univers,
où tout nous parle de toi.
Éveille notre louange et notre gratitude
pour chaque être que tu as créé.
Donne-nous la grâce
de nous sentir intimement unis à tout ce qui existe.

Je termine ce temps de prière en traçant sur moi le signe de la croix.

Prier en début d’été

 Voici le temps de l’été ! Certes, ce temps ne sera pas vécu de la même façon par tous,  mais tous nous pouvons  nous  tourner vers le Seigneur pour envisager ce temps qui nous est donné de vivre.

L’être humain, créé à l’image de Dieu, est un être de relation. Dans l’encyclique Laudato’ si, le pape François, prenant appui sur les textes bibliques, dit  que

 « l’existence humaine repose sur 3 relations fondamentales intimement liées : la relation avec Dieu, avec le prochain et avec la terre ». (n° 66)

Comment alors tirer profit de l’été pour revivifier ces 3 dimensions ?

Je me rends présent au Seigneur et lui demande la grâce de veiller à ces 3 relations.

La relation à la terre

Souvent l’été est propice à être davantage dans la nature. Je peux prendre le temps de la contempler dans sa beauté, dans sa diversité ; de m’émerveiller, de rendre grâce pour ce qui est donné.

Je peux louer le Créateur. « Tout l’univers matériel est un langage de l’amour de Dieu, de sa tendresse démesurée envers nous. » (n°84)

Je peux aussi me demander ce que je peux faire de plus pour préserver cette création.

La relation avec le prochain

D’abord je considère la relation à moi-même : de quoi ai-je besoin pour une vie plus harmonieuse : de repos ? D’activités physiques ? De laisser certaines habitudes ?… J’en parle au Seigneur.

Souvent l’été est propice aux retrouvailles, aux rencontres. Quelles sont les personnes que je vais voir cet été ? Je confie au Seigneur toutes ces relations familiales, amicales, de voisinage … Ceux qui ont besoin d’aide…  

Quelle relation aurait besoin d’être entretenue ?

Et si je vis la solitude, de qui puis-je me rendre plus proche ?

Quel point de vigilance, puis-je me donner pour que ces relations vécues cet été soient harmonieuses et fraternelles … pour qu’elles soient porteuses de vie ?

La relation à Dieu

L’été est souvent un temps de vacances : moins de contraintes, plus de temps. Un temps favorable au repos,  à l’intériorité, à la relation à Dieu.

Quelle place vais-je donner à la prière… à la contemplation … à la lecture spirituelle ?

Je termine en  lisant cette prière : Se reposer

« Jésus, tu nous dit : « Venez à l’écart, dans un lieu désert, et reposer-vous un peu. »
Ouf ! Quelle joie ! Notre guide, notre premier de cordée, nous invite au repos...
Le travail est de plus en plus technique. Les engagements sont de plus en plus prenants.
Nos agendas sont de plus en plus chargés. Notre idéal est de plus en plus pressant : il vaudrait mieux, il faudrait, il faudra bien....
Ouf ! Tu nous invites au repos !
Se re-poser devant soi-même : que deviens-tu ? Que veux-tu ? Que peux-tu ? Que décides-tu ?
Nous re-poser devant la nature, premier livre que tu as écrit avec le Père et le Saint-Esprit.
Par la nature, tu nous dis tant de choses sur la vie et les saisons, sur la sève et les floraisons, sur le soleil et les mûrissements, sur le temps des labours et le temps des moissons....
Nous re-poser devant les autres. Où en sont nos relations ? Où en est notre dialogue ?
Qu’est devenue notre joie d’être ensemble ?
Nous reposer devant Toi, nous re-poser devant Toi, le guide, le premier de cordée, le premier des ressuscités
Merci pour ce repos qui est consolation. Merci pour ce repos qui renouvelle notre espérance. Nous t’écoutons nous redire : « Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette le grain dans son champs : nuit et jour qu’il dorme ou qui il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi. Et dès que le grain le permet on y met la faucille, car c’est le temps de la moisson. »
Dieu créateur, Dieu re-créateur, sois loué pour ce temps de repos, pour ce temps de tourisme et de loisirs. Aide-nous à devenir tout neufs devant toi. Pour mieux servir ton œuvre de création.
Mgr Perrier

Marthe et Marie de Vermeer

Je me dispose à me mettre à l’écoute du Seigneur, en traçant sur moi le signe de croix. Je m’efforce de chasser mes préoccupations pour me rendre disponible à la Parole. Je demande la grâce de savoir me mettre au service.

Je relis l’évangile, illustré par le peintre Vermeer, la visite de Jésus chez Marthe et Marie.

« Chemin faisant, Jésus entra dans un village. Une femme nommée Marthe le reçut. Elle avait une sœur appelée Marie qui, s’étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Quant à Marthe, elle était accaparée par les multiples occupations du service.

Elle intervint et dit : « Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur m’ait laissé faire seule le service ? Dis-lui donc de m’aider. » Le Seigneur lui répondit : « Marthe, Marthe, tu te donnes du souci et tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée. » (Luc, 10, 38-42)

Je contemple maintenant le tableau de Vermeer, qui a choisi de représenter le dernier verset de cet évangile : « Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée. »

Vermeer, 1656.Jésus avec Marthe et Marie

La pièce où se déroule la scène est très sobrement représentée pour donner toute la place à la relation entre les trois personnages de la scène.

Marie est « assise aux pieds du Seigneur » conformément à l’Évangile. Son visage, reposant sur sa main, suggère l’écoute contemplative, fascinée par la présence du Christ et sa parole.  Le Christ est assis sur un fauteuil, signe de sa dignité, de sa majesté.  Marie est débout, en mouvement, en tenue de service comme l’indique son tablier.

Du centre du tableau sourd la lumière de la nappe immaculée, qui trouve un écho dans les manches de la chemise de Marie, et dans les foulards des deux femmes

Si la main du Christ désigne bien Marie, qui « a choisi la meilleure part », il adresse à Marthe un regard tout en douceur et en tendresse. Les deux femmes tournées vers le Christ manifestent deux façons de se tenir devant le Christ, dans l’écoute et le service.

Au milieu des trois personnages, le pain, dans un simple panier. Marie apporte sur la table, dont la nappe blanche évoque l’autel, « le fruit de la terre et du travail de l’homme. ». Se joue ici, subtilement, liturgie de la Parole et liturgie eucharistique.

Ainsi ce tableau se fait-il résumé de toute la vie chrétienne. Attention à la présence du Christ, attention à sa Parole à accueillir et méditer, place des sacrements et service.

Et moi, que puis-je dire de la façon dont s’articulent ces diverses dimensions dans ma vie de croyant ? Quelle place est-ce que je donne à l’écoute de la Parole ?

Quelle place tient l’eucharistie dans ma vie chrétienne ? Quelle place dans ma vie pour l’offrande et le don ? Quelle place donnée au service ?

Après avoir relu l’évangile de Luc, je me tourne vers le Seigneur, pour le contempler, comme Marie et pour converser avec lui, comme Marthe. Je lui parle de mon chemin de disciple, avec ses réussites et ses difficultés. Je lui confie celles et ceux qui ont besoin que je me mettre à leur service.

Je termine avec cette prière écrite à partir de St Jean Eudes, avant de tracer sur moi le signe de croix.

Jésus tu as affirmé : « … vous êtes des serviteurs inutiles. »
(Lc 17, 10)

Que cette parole est dure à entendre !
Faut-il donc que j’arrête mes engagements ?
Dois-je faire comme d’autres, baisser les bras dans mes services d’Église ?
Me serais-je trompé en m’investissant de manière si prenante ?
Donne-moi ton Esprit pour comprendre cette Parole.
C’est vrai, nous ne sommes rien par nous-mêmes,
et il nous est bon d’en prendre conscience :
tout ce que nous avons vient de toi.
Tout ce que nous pouvons faire pour toi
n’ajoute rien à ce que tu fais pour nous et en nous.
Donne-moi ta paix, Seigneur, pour que j’accueille ta parole.
Tout service est avant tout réponse à ton amour,
gratuit et non pas utile.
C’est toi qui le complètes et lui apportes sa part d’utilité.
Donne-moi, Seigneur, de mettre en œuvre tes dons,
et remplis mes actes de ton amour.

Psaume 127

Heureux qui craint le Seigneur
et marche selon ses voies !
Tu te nourriras du travail de tes mains :
Heureux es- tu ! À toi, le bonheur !

Ta femme sera dans ta maison
comme une vigne généreuse,
et tes fils, autour de la table,
comme des plants d’olivier.

Voilà comment sera béni
l’homme qui craint le Seigneur.
De Sion, que le Seigneur te bénisse !
Tu verras le bonheur de Jérusalem tous les jours de ta vie.

Le psaume proposé par la liturgie de ce jour appartient à un ensemble de quinze psaumes réunis sous le titre « cantiques des montées ». Il s’agit probablement des psaumes de louange chantés par les croyants de l’Ancien Testament lors des pèlerinages à Jérusalem, à l’occasion des grandes fêtes.

Je me mets à l’écart pour me rendre disponible à la Parole. Après m’être confortablement installé, je laisse aller ma respiration, sans la forcer,

sensible à l’air qui est pour moi don et source de vie. Je trace sur moi le signe de la croix. Je demande la grâce d’entrer dans la louange.

Je lis le psaume, lentement, m’installant comme destinataire de la parole du psalmiste qui, par-delà les siècles, s’adresse à moi…  « Tu te nourriras » ; « heureux es-tu » « ta femme » ; « tes fils » …

Je suis sensible aux expressions plusieurs fois répétées :

« Heureux qui craint le Seigneur » ; « Heureux es-tu ! A toi le bonheur » ; « le bonheur de Jérusalem ».

Et moi, dans ma vie, peut-être marquée de difficultés, quelles sont mes sources de bonheur ?

« Voilà comment sera béni… » ; « Que le Seigneur te bénisse ». Bénir, c’est dire du bien.

Et moi, est-ce que je prends conscience du bien que Dieu dît de moi, de l’estime qu’il a pour chacun.

« Heureux qui craint le seigneur » ; « L’homme qui craint le Seigneur ». Le terme de crainte, dans la Bible, ne désigne pas la peur, mais le respect et la confiance dans la puissance et l’amour du Seigneur. La crainte de Dieu nous rend réceptif à l’action de l’Esprit Saint.

Et moi, que puis-je dire, aujourd’hui, de ma relation au Seigneur ?

La seconde strophe de ce psaume rend grâce pour les dons que sont nos relations. Elles sont évoquées à travers ce qui est signe de vie dans la culture rurale d’Israël, la vigne et l’olivier.

Invitation pour moi, à contempler ce qui m’est donné par la profusion de la nature, et ma vie de relation, quel que soit mon état de vie.

Je me tourne maintenant vers le Seigneur et lui confie, dans une conversation, ce qui m’habite aujourd’hui. Je m’efforce à l’action de grâce. Je lui confie aussi les situations plus difficiles qui peuvent rendre plus âpre la perception du bonheur.

Je relis le psaume ou peux l’écouter.

Je termine ma prière en disant le Notre Père, et trace sur moi le signe de la croix.

Prier avec la Trinité miséricordieuse

Trinité miséricordieuse Céramique de sœur Caritas Müller

Alors que nous venons de célébrer le dimanche de la sainte Trinité, approchons ce mystère du Dieu Unique qui se révèle Père, Fils et Saint Esprit, à travers cette céramique.

Je regarde la céramique

3 cercles disent la présence divine. Ils sont excentrés et entourent un cercle central plus foncé

Dans ce cercle se trouve un être humain couché au sol, sa tête penchée sur le côté ; il semble faible, blessé, abandonné.

Les 3 personnes divines convergent vers lui.

Le Père debout se penche vers lui. Je regarde son attitude, la courbe de son corps, ses bras et ses mains qui enserrent, portent, embrassent cet être fragile, avec attention, délicatesse.

Quel passage d’Evangile, cela évoque-t-il pour moi ?

Le Fils à genoux s’abaisse. Il se place au ras du sol et saisit les pieds de l’homme, dont il s’approche comme pour les embrasser.

A quel épisode de la vie de Jésus, cela me fait-il penser ?

L’Esprit Saint, comme une colombe, comme un feu, vient d’en haut. Il  s’insert entre le père et le fils et fond sur l’homme, comme pour lui donner vie, pour l’inonder de sa force, de sa lumière, de son élan.

Dans la Bible, comment agit l’Esprit Saint ?

Après ce temps de contemplation, je me tourne vers les 3 personnes divines.

Je m’arrête sur chacune des personnes de la Trinité. Qui sont-elles pour moi ? Je peux m’appuyer sur les textes du dimanche de la Trinité.

Le Père

« Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité. »

Le Fils 

« Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.

L’Esprit-Saint

« Que la communion du Saint-Esprit soit avec vous »

Je termine ce temps,

en adressant ma prière tout à tour à chacune des personnes de la Trinité.

en écoutant le chant « Père adorable » 

en faisant sur moi le signe de croix : Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit