Marthe et Marie de Vermeer

Je me dispose à me mettre à l’écoute du Seigneur, en traçant sur moi le signe de croix. Je m’efforce de chasser mes préoccupations pour me rendre disponible à la Parole. Je demande la grâce de savoir me mettre au service.

Je relis l’évangile, illustré par le peintre Vermeer, la visite de Jésus chez Marthe et Marie.

« Chemin faisant, Jésus entra dans un village. Une femme nommée Marthe le reçut. Elle avait une sœur appelée Marie qui, s’étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Quant à Marthe, elle était accaparée par les multiples occupations du service.

Elle intervint et dit : « Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur m’ait laissé faire seule le service ? Dis-lui donc de m’aider. » Le Seigneur lui répondit : « Marthe, Marthe, tu te donnes du souci et tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée. » (Luc, 10, 38-42)

Je contemple maintenant le tableau de Vermeer, qui a choisi de représenter le dernier verset de cet évangile : « Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée. »

Vermeer, 1656.Jésus avec Marthe et Marie

La pièce où se déroule la scène est très sobrement représentée pour donner toute la place à la relation entre les trois personnages de la scène.

Marie est « assise aux pieds du Seigneur » conformément à l’Évangile. Son visage, reposant sur sa main, suggère l’écoute contemplative, fascinée par la présence du Christ et sa parole.  Le Christ est assis sur un fauteuil, signe de sa dignité, de sa majesté.  Marie est débout, en mouvement, en tenue de service comme l’indique son tablier.

Du centre du tableau sourd la lumière de la nappe immaculée, qui trouve un écho dans les manches de la chemise de Marie, et dans les foulards des deux femmes

Si la main du Christ désigne bien Marie, qui « a choisi la meilleure part », il adresse à Marthe un regard tout en douceur et en tendresse. Les deux femmes tournées vers le Christ manifestent deux façons de se tenir devant le Christ, dans l’écoute et le service.

Au milieu des trois personnages, le pain, dans un simple panier. Marie apporte sur la table, dont la nappe blanche évoque l’autel, « le fruit de la terre et du travail de l’homme. ». Se joue ici, subtilement, liturgie de la Parole et liturgie eucharistique.

Ainsi ce tableau se fait-il résumé de toute la vie chrétienne. Attention à la présence du Christ, attention à sa Parole à accueillir et méditer, place des sacrements et service.

Et moi, que puis-je dire de la façon dont s’articulent ces diverses dimensions dans ma vie de croyant ? Quelle place est-ce que je donne à l’écoute de la Parole ?

Quelle place tient l’eucharistie dans ma vie chrétienne ? Quelle place dans ma vie pour l’offrande et le don ? Quelle place donnée au service ?

Après avoir relu l’évangile de Luc, je me tourne vers le Seigneur, pour le contempler, comme Marie et pour converser avec lui, comme Marthe. Je lui parle de mon chemin de disciple, avec ses réussites et ses difficultés. Je lui confie celles et ceux qui ont besoin que je me mettre à leur service.

Je termine avec cette prière écrite à partir de St Jean Eudes, avant de tracer sur moi le signe de croix.

Jésus tu as affirmé : « … vous êtes des serviteurs inutiles. »
(Lc 17, 10)

Que cette parole est dure à entendre !
Faut-il donc que j’arrête mes engagements ?
Dois-je faire comme d’autres, baisser les bras dans mes services d’Église ?
Me serais-je trompé en m’investissant de manière si prenante ?
Donne-moi ton Esprit pour comprendre cette Parole.
C’est vrai, nous ne sommes rien par nous-mêmes,
et il nous est bon d’en prendre conscience :
tout ce que nous avons vient de toi.
Tout ce que nous pouvons faire pour toi
n’ajoute rien à ce que tu fais pour nous et en nous.
Donne-moi ta paix, Seigneur, pour que j’accueille ta parole.
Tout service est avant tout réponse à ton amour,
gratuit et non pas utile.
C’est toi qui le complètes et lui apportes sa part d’utilité.
Donne-moi, Seigneur, de mettre en œuvre tes dons,
et remplis mes actes de ton amour.

Psaume 127

Heureux qui craint le Seigneur
et marche selon ses voies !
Tu te nourriras du travail de tes mains :
Heureux es- tu ! À toi, le bonheur !

Ta femme sera dans ta maison
comme une vigne généreuse,
et tes fils, autour de la table,
comme des plants d’olivier.

Voilà comment sera béni
l’homme qui craint le Seigneur.
De Sion, que le Seigneur te bénisse !
Tu verras le bonheur de Jérusalem tous les jours de ta vie.

Le psaume proposé par la liturgie de ce jour appartient à un ensemble de quinze psaumes réunis sous le titre « cantiques des montées ». Il s’agit probablement des psaumes de louange chantés par les croyants de l’Ancien Testament lors des pèlerinages à Jérusalem, à l’occasion des grandes fêtes.

Je me mets à l’écart pour me rendre disponible à la Parole. Après m’être confortablement installé, je laisse aller ma respiration, sans la forcer,

sensible à l’air qui est pour moi don et source de vie. Je trace sur moi le signe de la croix. Je demande la grâce d’entrer dans la louange.

Je lis le psaume, lentement, m’installant comme destinataire de la parole du psalmiste qui, par-delà les siècles, s’adresse à moi…  « Tu te nourriras » ; « heureux es-tu » « ta femme » ; « tes fils » …

Je suis sensible aux expressions plusieurs fois répétées :

« Heureux qui craint le Seigneur » ; « Heureux es-tu ! A toi le bonheur » ; « le bonheur de Jérusalem ».

Et moi, dans ma vie, peut-être marquée de difficultés, quelles sont mes sources de bonheur ?

« Voilà comment sera béni… » ; « Que le Seigneur te bénisse ». Bénir, c’est dire du bien.

Et moi, est-ce que je prends conscience du bien que Dieu dît de moi, de l’estime qu’il a pour chacun.

« Heureux qui craint le seigneur » ; « L’homme qui craint le Seigneur ». Le terme de crainte, dans la Bible, ne désigne pas la peur, mais le respect et la confiance dans la puissance et l’amour du Seigneur. La crainte de Dieu nous rend réceptif à l’action de l’Esprit Saint.

Et moi, que puis-je dire, aujourd’hui, de ma relation au Seigneur ?

La seconde strophe de ce psaume rend grâce pour les dons que sont nos relations. Elles sont évoquées à travers ce qui est signe de vie dans la culture rurale d’Israël, la vigne et l’olivier.

Invitation pour moi, à contempler ce qui m’est donné par la profusion de la nature, et ma vie de relation, quel que soit mon état de vie.

Je me tourne maintenant vers le Seigneur et lui confie, dans une conversation, ce qui m’habite aujourd’hui. Je m’efforce à l’action de grâce. Je lui confie aussi les situations plus difficiles qui peuvent rendre plus âpre la perception du bonheur.

Je relis le psaume ou peux l’écouter.

Je termine ma prière en disant le Notre Père, et trace sur moi le signe de la croix.

Prier avec la Trinité miséricordieuse

Trinité miséricordieuse Céramique de sœur Caritas Müller

Alors que nous venons de célébrer le dimanche de la sainte Trinité, approchons ce mystère du Dieu Unique qui se révèle Père, Fils et Saint Esprit, à travers cette céramique.

Je regarde la céramique

3 cercles disent la présence divine. Ils sont excentrés et entourent un cercle central plus foncé

Dans ce cercle se trouve un être humain couché au sol, sa tête penchée sur le côté ; il semble faible, blessé, abandonné.

Les 3 personnes divines convergent vers lui.

Le Père debout se penche vers lui. Je regarde son attitude, la courbe de son corps, ses bras et ses mains qui enserrent, portent, embrassent cet être fragile, avec attention, délicatesse.

Quel passage d’Evangile, cela évoque-t-il pour moi ?

Le Fils à genoux s’abaisse. Il se place au ras du sol et saisit les pieds de l’homme, dont il s’approche comme pour les embrasser.

A quel épisode de la vie de Jésus, cela me fait-il penser ?

L’Esprit Saint, comme une colombe, comme un feu, vient d’en haut. Il  s’insert entre le père et le fils et fond sur l’homme, comme pour lui donner vie, pour l’inonder de sa force, de sa lumière, de son élan.

Dans la Bible, comment agit l’Esprit Saint ?

Après ce temps de contemplation, je me tourne vers les 3 personnes divines.

Je m’arrête sur chacune des personnes de la Trinité. Qui sont-elles pour moi ? Je peux m’appuyer sur les textes du dimanche de la Trinité.

Le Père

« Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité. »

Le Fils 

« Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.

L’Esprit-Saint

« Que la communion du Saint-Esprit soit avec vous »

Je termine ce temps,

en adressant ma prière tout à tour à chacune des personnes de la Trinité.

en écoutant le chant « Père adorable » 

en faisant sur moi le signe de croix : Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit

Pentecôte

Viens, Esprit Saint, en nos cœurs
et envoie du haut du ciel
un rayon de ta lumière.

Viens en nous, père des pauvres,
viens, dispensateur des dons,
viens, lumière de nos cœurs.

Consolateur souverain,
hôte très doux de nos âmes,
adoucissante fraîcheur.

Dans le labeur, le repos ;
dans la fièvre, la fraîcheur ;
dans les pleurs, le réconfort.

Ô lumière bienheureuse,
viens remplir jusqu’à l’intime
le cœur de tous tes fidèles.
Sans ta puissance divine,
il n’est rien en aucun homme,
rien qui ne soit perverti.

Lave ce qui est souillé,
baigne ce qui est aride,
guéris ce qui est blessé.

Assouplis ce qui est raide,
réchauffe ce qui est froid,
rends droit ce qui est faussé.

À tous ceux qui ont la foi
et qui en toi se confient
donne tes sept dons sacrés.

Donne mérite et vertu,
donne le salut final,
donne la joie éternelle. Amen

De l’Ascension à la Pentecôte

Acte des Apôtres, 2, 1-18

Quand arriva le jour de la Pentecôte, au terme des cinquante jours, ils se trouvaient réunis tous ensemble. Soudain un bruit survint du ciel comme un violent coup de vent : la maison où ils étaient assis en fut remplie tout entière. Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux. Tous furent remplis d’Esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit. Or, il y avait, résidant à Jérusalem, des Juifs religieux, venant de toutes les nations sous le ciel. Lorsque ceux-ci entendirent la voix qui retentissait, ils se rassemblèrent en foule. Ils étaient en pleine confusion parce que chacun d’eux entendait dans son propre dialecte ceux qui parlaient. Dans la stupéfaction et l’émerveillement, ils disaient : « Ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens ? Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans son propre dialecte, sa langue maternelle ?

Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, de la province du Pont et de celle d’Asie, de la Phrygie et de la Pamphylie, de l’Égypte et des contrées de Libye proches de Cyrène, Romains de passage, Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes, tous nous les entendons parler dans nos langues des merveilles de Dieu. » Ils étaient tous dans la stupéfaction et la perplexité, se disant l’un à l’autre : « Qu’est-ce que cela signifie ? » D’autres se moquaient et disaient : « Ils sont pleins de vin doux ! »

Alors Pierre, debout avec les onze autres Apôtres, éleva la voix et leur fit cette déclaration : « Vous, Juifs, et vous tous qui résidez à Jérusalem, sachez bien ceci, prêtez l’oreille à mes paroles. Non, ces gens-là ne sont pas ivres comme vous le supposez, car c’est seulement la troisième heure du jour. Mais ce qui arrive a été annoncé par le prophète Joël : il arrivera dans les derniers jours, dit Dieu, que je répandrai mon Esprit sur toute créature : vos fils et vos filles prophétiseront, vos jeunes gens auront des visions, et vos anciens auront des songes. Même sur mes serviteurs et sur mes servantes, je répandrai mon Esprit en ces jours-là, et ils prophétiseront.

Je me mets à l’écart dans un lieu où je me sens en paix, je dispose mon corps pour être détendu et j’ouvre les mains, pour accueillir Sa Parole.

Je demande la grâce de me laisser rejoindre par l’Esprit. Je trace sur moi le signe de croix.

Je lis le texte du récit de la Pentecôte dans les Actes des Apôtres et contemple le tympan de la basilique de Vezelay.

Je contemple d’abord la figure du Christ, qui semble s’élever, évocation de l’ascension. Un souffle semble animer sa tunique. La mandorle désigne la gloire du Christ. Désormais, il siège à la droite du Père. Ses bras ouverts évoquent la croix, et de ses mains ouvertes en signe de don, sourdent les rayons de l’Esprit.

L’Ascension, la croix et la Pentecôte sont liées dans un même mystère.

Le tympan de Vezelay tourne notre regard vers le Christ-centre…

Et moi, puis-je dire que le Christ est le centre de ma vie ?

Je m’arrête maintenant sur les figures des apôtres à droite et à gauche du Christ. Pierre (reconnaissable à ses clefs) est le premier à figurer à la droite du Christ. La Pentecôte est ainsi le début de l’Église. Les autres apôtres portent le livre de la Parole.

Certains se parlent deux à deux. Certains tournent leur regard vers le Christ, d’autres vers les différents peuples sculptés dans les caissons de la voussure supérieure. Encore assis, ils sont prêts, comme l’indiquent leurs pieds, à se lever et à partir

Et moi, que puis-je dire de mon enracinement en Christ et en sa Parole, et de mon engagement à aller rejoindre et annoncer ? Comment est-ce que l’Esprit me met en mouvement ?

Je regarde enfin tout ce qui entoure cette scène principale : évocation des peuples de la terre, qui, dans leurs langues, entendent les merveilles de Dieu. Un dernier demi-cercle est un zodiaque, présentant les travaux des champs. La vie chrétienne, dynamisée par l’Esprit, rejoint ainsi le quotidien. Christ est maître du temps et de l’espace et invite la création tout entière au salut.

Et moi, comment ma foi irrigue-t-elle mon quotidien ? Comment est-ce que je participe à l’annonce de la Parole ?

Je me tourne alors vers le Seigneur pour lui confier mon aujourd’hui, ma vie en Église, mes rencontres diverses dans notre monde si pluriel et si ouvert.

Je termine en priant l’adsumus sanctus spiritus, la prière que dirent les Pères conciliaires en ouverture de chaque session du Concile Vatican II.

Nous voici devant Toi, Esprit Saint ; 
En Ton Nom, nous sommes réunis. 
Toi notre seul conseiller, viens à nous, demeure avec nous, daigne habiter nos cœurs. 
Enseigne-nous vers quel but nous orienter ; montre-nous comment nous devons marcher ensemble. Nous qui sommes faibles et pécheurs, ne permets pas que nous provoquions le désordre. 
Fais en sorte, que l’ignorance ne nous entraîne pas sur une fausse route, ni que la partialité influence nos actes. 
Que nous trouvions en Toi notre unité, sans nous éloigner du chemin de la vérité et de la justice, en avançant ensemble vers la vie éternelle. 
Nous Te le demandons à Toi, qui agis en tout temps et en tout lieu, dans la communion du Père et du Fils, pour les siècles des siècles, Amen.

Je trace sur moi le signe de la croix.

Petite méditation sur l’Ascension

En cette fête, si chargée de joie et d’une nouvelle présence du Christ, Saint Augustin, en méditant ce mystère, nous porte en effet à la joie et à l’espérance.

Oui, saint Augustin a raison de nous garder aujourd’hui dans cette perspective de joie : « En venant dans ce monde, dit-il, il est sorti du Père sans abandonner le Père ; et il retourne au Père en laissant le monde, mais sans quitter le monde. »

L’Ascension, voilà l’irruption de l’humanité au « ciel », c’est-à-dire au plus profond de la Trinité. Nous avons besoin de ces sacrements, que vous allez enfin, pouvoir retrouver. De ces touchers sensibles, visibles qui sont les actions du Christ Prêtre.

Que le chrétien témoigne, plus que tout autre, que le corps est digne, puisqu’il a aussi vocation à la gloire ;

Que vos gestes, vos attitudes soient les signes d’une vie transfigurée.

Que votre sourire, vos mains soient des signes de ce que portent des âmes de chrétiens ressuscités ;

Que votre démarche dise aussi ce que vous êtes. Lorsque vous pourrez vous serrer la main, que ce ne soit pas un geste mondain et simplement « citoyen », mais le signe sensible de ce que les mains offrent de plus beau : l’amitié.

Que nos génuflexions soient de vrais signes d’adoration, où l’âme dit par son corps l’adoration.

Que le baiser des lèvres ne fasse pas mentir l’affection ou l’amour du cœur.

La flamme du cierge pascal est éteinte. Mais la lumière est éternelle : le Christ ressuscité rayonne comme l’Éternelle Lumière. En nous la lumière est intérieure. Et doit toujours brûler en nos âmes. Mais elle est aussi portée par vos vies corporelles. Pour être portée, oui. Pour rayonner. Pour donner la joie de Dieu.

Arcabas

Et pour continuer la méditation et l’éclairage sur la fête de l’Ascension du Seigneur, lisez l’homélie de Maurice Zundel :

Prier avec Marie

Vierge à l’enfant – Arcabas- Collection st Hugues de Biviers

Je contemple ce tableau.

Je regarde la mère et l’enfant, enveloppés dans un grand manteau bleu, couleur du ciel, couleur du divin.

Je regarde la proximité de leurs visages,  leurs yeux qui se tournent vers nous, les mains de Marie qui tiennent les pans du manteau dans un geste protecteur.

Je regarde la ville, aux couleurs de la terre qui occupe l’arrière-plan en bas.

Je regarde la forme dorée qui entoure Marie, comme d’une mandorle ; elle illumine le tableau et le ciel prend alors des couleurs orangées.

Je regarde les anges ; vaporeux et gracieux, ils posent sur sa tête une couronne d’or.

Je prends le temps de la prière.

Je me mets en présence du Seigneur et lui demande la grâce de me laisser enseigner par Marie pour vivre en disciple du Christ.

Une femme « bénie entre toutes les femmes »

Je contemple cette femme juive prénommée Myriam, une femme enracinée dans son pays, son temps, sa religion. Une femme ordinaire qui mène une vie simple et pieuse, fidèle à la Loi.Mais Dieu fait irruption dans sa vie.

Je me remémore la  salutation de l’ange et sa promesse; le oui de Marie  au projet de salut de Dieu.

« Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole » Lc 1, 38.

La voici mère de Jésus.

Et moi ? Comment je vis ma vie ordinaire ? Comment au cœur de ce quotidien, je me mets à l’écoute de la Parole de Dieu ? Comment j’y réponds ?

« Sainte Marie, mère de Dieu »

Je contemple cette femme pleine de tendresse. Je me remémore ce qu’elle a vécu : la naissance de Jésus, la fuite en Egypte puis la vie à Nazareth… son rôle de protection et d’éducation.

L’Evangile parle peu de Marie ; rien de spectaculaire, mais une vie humble.

En présence d’un mystère qui la dépasse, elle garde les choses dans son cœur.

« Sa mère gardait dans son cœur tous ces évènements » Luc 2,51.

Fidèle, Marie le demeure dans le silence quand son fils entre dans sa vie publique et jusqu’à la croix.

Et moi ? Quelle réaction devant l’inattendu ou l’incompréhensible ?  Est-ce que je garde confiance dans la Parole du Seigneur ?

Marie, couronnée dans le ciel

Sur la croix, en désignant à sa mère le disciple Jean, Jésus l’appelle à une nouvelle maternité.

« Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils » Jean 19,26.

Marie accompagne l’Eglise naissante.

Elevée dans la gloire du ciel, elle continue d’accompagner et de protéger de son amour maternel l’Eglise en marche.

Marie est notre Mère, nous pouvons confier à son intercession toutes nos prières.

Je peux prolonger cette méditation en écoutant le chant : « Marie, toute sainte »

Et terminer ce temps en m’appropriant la prière du pape François : « Marie, femme de l’écoute, ouvre nos oreilles » (31 mai 1013 à Rome)

« Marie, femme de l’écoute, ouvre nos oreilles : fais que nous sachions écouter la Parole de ton Fils Jésus entre les mille paroles de ce monde ; fais que nous sachions écouter la réalité dans laquelle nous vivons, chaque personne que nous rencontrons, en particulier celle qui est la plus pauvre, démunie, en difficulté.

Marie, femme de la décision, illumine notre esprit et notre cœur, pour que nous sachions obéir à la Parole de ton Fils Jésus, sans hésitations ; donne-nous le courage de la décision, de ne pas nous laisser entraîner pour que d’autres orientent notre vie.

Marie, femme de l’action, fais que nos mains et nos pieds aillent « en hâte » vers les autres, pour apporter la charité et l’amour de ton Fils Jésus, pour apporter, comme toi, dans le monde la lumière de l’Évangile. Amen. »

Psaume 88

Refrain: Ton amour, Seigneur, sans fin je le chante !

L’amour du Seigneur, sans fin je le chante ;
ta fidélité, je l’annonce d’âge en âge.
Je le dis : c’est un amour bâti pour toujours ;
ta fidélité est plus stable que les cieux. R

« Avec mon élu, j’ai fait une alliance,
j’ai juré à David, mon serviteur :
j’établirai ta dynastie pour toujours,
je te bâtis un trône pour la suite des âges. » R

« Il me dira : “Tu es mon Père,
mon Dieu, mon roc et mon salut !”
Sans fin je lui garderai mon amour,
mon alliance avec lui sera fidèle. » R	

Ce psaume, sans doute écrit pendant l’exil à Babylone, est une hymne à la fidélité aimante du Seigneur.

Je m’installe confortablement et je fais silence en moi.

Je me mets en présence du Seigneur « Me voici devant toi Seigneur, donne-moi la grâce d’être fidèle à ta promesse d’alliance. »

Je lis lentement le psaume  en m’arrêtant sur les répétitions des mots « fidélité », « amour » et « pour toujours » et sur les verbes « je le chante » et « je l’annonce ». Qu’est-ce que ces mots suscitent en moi ? Je peux répéter ceux qui me touchent plus particulièrement.

« Ta fidélité est plus stable que les cieux. » 

Dieu ne cesse de nous être fidèle. Sa fidélité me donne-t-elle la force de tenir ferme dans la foi ?

« Tu es mon Père, mon Dieu, mon roc et mon salut ! »

Comme le psalmiste, je peux clamer ma louange de mettre Dieu au cœur de ma vie et de me reposer sur lui dans la confiance.

 Je peux terminer ce temps par la prière du Notre Père.

Le vrai berger

Basilique St Clément, Rome

St Jean, 10, 11-18

En ce temps-là, Jésus déclara :« Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger, qui donne sa vie pour ses brebis. Le berger mercenaire n’est pas le pasteur, les brebis ne sont pas à lui :s’il voit venir le loup, il abandonne les brebis et s’enfuit ;le loup s’en empare et les disperse. Ce berger n’est qu’un mercenaire, et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui. Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît, et que je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis. J’ai encore d’autres brebis qui ne sont pas de cet enclos celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur. Voici pourquoi le Père m’aime : parce que je donne ma vie, pour la recevoir de nouveau. Nul ne peut me l’enlever : je la donne de moi-même.
J’ai le pouvoir de la donner, j’ai aussi le pouvoir de la recevoir de nouveau : voilà le commandement que j’ai reçu de mon Père. »

Je m’installe en silence. Je prends le temps de chercher, pour mon corps, la position propice au recueillement. Sans rien forcer, je suis le rythme de ma respiration, qui dit le rythme de la vie. Je trace sur moi le signe de la croix, signe des chrétiens rassemblés par le don de la vie du Seigneur sur la croix.

Je demande la grâce de savoir me donner

Je lis l’Évangile, lentement, me laissant rejoindre par le mot, l’expression qui me touche aujourd’hui.

Le texte évoque longuement les faux pasteurs. A l’époque de Jean, de nombreux personnages prétendaient être le messie…Aujourd’hui encore, nous pouvons nous laisser entrainer par des illusions, de faux prophètes…Qu’en est-il pour moi ? Tous mes attachements conduisent-ils au Christ ?

Le vrai pasteur connaît ses brebis et ses brebis le connaissent. Que puis-je dire de mon expérience intime d’une sincère relation au Seigneur ? Cette connaissance intime du Seigneur m’entraîne dans la communion trinitaire du Fils au Père. Que puis-je dire de ma relation à la Trinité, que nous allons bientôt fêter ?

Le texte évoque ensuite -au futur- la réalité d’un seul troupeau. Les divisions étaient nombreuses à l’époque de Jean. Elles sont encore multiples, aujourd’hui…Que fais-je pour favoriser l’unité ? A quelles attitudes, à quelles rencontres est-ce que je me sens invité ?

Le bon pasteur est celui qui donne librement sa vie. Quelle est la place du don dans ma vie ? Qu’est-ce que je donne ? A qui est-ce que je donne ?

Je m’adresse maintenant au Seigneur, dans une action de grâce pour le Bon Pasteur. Je lui demande d’être artisan d’unité et de savoir me donner. Je lui confie toutes mes intentions, mes intercessions de ce jour

Je termine par le Notre Père, prière du seul troupeau.

Je clos ce temps de prière en traçant à nouveau sur mon corps le signe de la croix, verticalité de l’enracinement dans la connaissance intime du Seigneur et horizontalité des bras ouverts pour se donner.