Psaume 105

Le veau d’or. Vitrail du Bon Samaritain
Cathédrale de Bourges.

La liturgie de ce jeudi 14 mars nous fait, au livre de l’Exode, le dialogue entre Moïse et Dieu, quand le peuple s’est fabriqué l’idole du veau d’or. Moïse intercède pour apaiser la colère de Dieu.

Le psaume 105 se fait l’écho de cet épisode de l’histoire du peuple.

Je me mets à l’écart pour me rendre disponible à la voix du psalmiste. Traçant sur moi le signe de la croix, je réponds à l’appel su Seigneur, désireux de venir à ma rencontre.

Je demande la grâce de me souvenir sans cesse de la miséricorde su Seigneur.

Je lis le psaume, lentement, me laissant rejoindre pour percevoir ce que cet épisode rappelé de l’histoire biblique peut me dire, à moi, aujourd’hui.

« Souviens-toi de moi, Seigneur, dans ta bienveillance pour ton peuple. ». Je me situe au sein d’un peuple, l’Église, et toute l’humanité. Mais dans ce peuple, le Seigneur considère chacun… « Souviens-toi de moi… ».

« Ils adorent un objet de métal, ils échangeaient ce qui était leur gloire pour l’image d’un taureau, d’un ruminant. ». Présent, passé se mêlent. Le culte des idoles est de toutes les époques.

« Ils oublient le Dieu qui les sauve ». Quand le psalmiste demande que le Seigneur se souvienne, il reconnaît aussi que nous pouvons oublier…

« Moïse, son élu, surgit sur la brèche, devant lui… ». Je rends grâce pour l’intercession de Moïse, et pour tous ceux qui se tiennent, dans l’intercession, « sur la brèche » des fractures, des conflits…

Je relis le psaume lentement.

Je prends alors un temps de dialogue personnel et intime, avec le Seigneur qui se souvient de moi. Je peux lui présenter, humblement, mes oublis, mes reniements, comme je peux aussi intercéder pour telle ou telle personne.

Je termine par le Notre Père et fais le signe de croix, en ce chemin de carême, où, bientôt nous célèbrerons la Passion.

Psaume 1

En ce début de carême ce psaume nous parle de chemin : « Le Seigneur connait le chemin des juste »

Je me dispose à prier avec le psaume de ce jour.

Je le dis doucement, lentement. Je laisse résonner en moi ces versets .

Quels mots, quels passages me questionnent, m’interpellent? En quoi me rejoignent-ils ?

Qu’est-ce que j’ai envie de dire au Seigneur, de lui demander?

Quels sont ceux qui me réjouissent ?

En quoi je peux louer le Seigneur ?

Alors qu’attendons-nous pour partir ?

N’attends pas 
qu’on frappe à ta porte,
pars,
oui, lève-toi, et pars,
parce que
partir signifie ouvrir tout grand sa porte
et laisser l’aventure
s’engouffrer
dans toutes nos lassitudes
nos hésitations.
Pars loin devant toi
ou pars au fond de ton jardin,
pars dans la solitude enfin trouvée,
ou dans l’ivresse du partage amical,
pars pour une heure
une journée
une année
mais surtout pars.
Et, en partant,
oublie de clore ta porte,
alors
à ton retour,
tu ne pourras plus la refermer :
la clématite fleurie de tes souvenirs
la maintiendra ouverte,
le soleil rayonnant de tes mille rencontres
réchauffera ta maison,
la lumière de l’amitié l’illuminera
l’envahira….
t’envahira toi-même.

Bon carême !

Psaume 118

Je choisis un endroit calme et confortable, un lieu où je ne serais pas parasité(e) par des sollicitations extérieures.

Je fais silence en moi, je me tourne vers le Seigneur et me dispose à Le rencontrer avec tout ce que je suis.

Je fais mon signe de croix.

Je lis doucement le psaume puis :

 Je laisse résonner les paroles du psaume « Toi, tu es bon, Tu fais du bien : apprends-moi tes commandements »

La question fut posé à Jésus pour le mettre à l’épreuve : « Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? ( Matthieu 22, 37-39)

Il a répondu :

L’appel que me lance Jésus est à la fois beau et exigeant. Je commence par lui demander une double grâce.

Qu’il me donne d’entendre cet appel à aimer dans toute sa radicalité. Qu’il me donne aussi de le recevoir avec douceur et patience face à mes limites.

C’est-à-dire d’un cœur qui n’est pas partagé, divisé.Y a-t-il dans mon cœur, dans ma tête des choses auxquelles je tiens, des choses que je ne peux pas réconcilier avec mon amour pour Dieu ? des choses qui m’égare ? Qu’est-ce que je veux en faire ?

Je peux me poser la question d’où je place le curseur dans ma vie, entre le soin raisonnable de moi-même et le service des autres ? Où en est cet équilibre, en suis-je satisfait ?

Je fais un petit bilan intérieur : comment est-ce que je me sens à la fin de cette prière ? Spontanément, qu’est-ce que j’en garde ? Je pars de ce tour d’horizon pour m’adresser à Jésus, pour lui dire ce que je désire, avec confiance et spontanéité.

Avec quelques jours de retard, méditons la Présentation au Temple

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (2, 22,40)

Je prends le temps de me disposer pour une rencontre avec le Seigneur et l’écoute de sa Parole. Je trace sur moi le signe de croix. Me rendant attentif à ma respiration, sans la forcer, je prends conscience à travers l’air que je respire que j’appartiens à l’humanité tout entière, à la Création. En même temps, je crois que dans la multitude, Dieu s’adresse à moi personnellement, dans une relation unique. Je demande la grâce de la consolation.

Je lis le texte d’évangile, et retrouve un épisode que je connais bien. Quarante jours après la naissance de Jésus, Joseph et Marie accomplissent les rites juifs : la purification de la femme qui a accouché et la présentation au Temple du premier né « consacré au Seigneur ».

Pas de prêtre pour recevoir Marie et Joseph, mais Syméon, un homme juif extérieur au service du Temple, qui vient, poussé par l’Esprit. Il va prononcer successivement un cantique et un oracle. Une vieille femme, la prophétesse Anne, loue le Seigneur.

Pour accueillir le texte, je m’aide du tableau de Fra Angelico

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J’observe le cadre : pas de représentation solennelle du Temple, mais, une relation entre des personnages, un échange de regards. Au-delà du cultuel se joue ici une reconnaissance intérieure du Christ.

Je m’arrête sur le choix des couleurs. Un fond rouge, la robe rouge de Marie et le nimbe crucifère rouge du Christ, en écho à l’oracle de Syméon qui annonce la Passion.

Les tons or des auréoles et des tuniques de Joseph et de Syméon (tunique or et verte, couleur de l’Espérance). Signe du Christ annoncé comme « lumière qui se révèle aux nations. »

Je contemple maintenant les personnages :

  • Tous les regards sont tournés vers Jésus.
  • Joseph, présentant les deux tourterelles qui vont être sacrifiées, conformément à la prescription du Livre du Lévitique. (12, 1-4). Le regard de Joseph dit la profondeur de son écoute de l’oracle de Syméon. Étonnement, peut-être saisissement.
  • Marie, qui tend les mains en un geste d’offrande. Elle fait don de son fils. Au sacrifice rituel prescrit par la Loi se substituera bientôt l’offrande par Jésus, de sa vie.
  • Syméon « qui reçut l’enfant dans ses bras ». L’intense échange de regards entre Syméon et Jésus souligne l’accomplissement de la promesse, pour Syméon qui sut reconnaître dans ce nouveau-né la consolation d’Israël.
  • Sur la droite, la prophétesse Anne qui contemple Jésus, prosternée.
  • Sur la gauche, St Dominique. Fra Angelico est dominicain. La figure du dominicain représente l’Église, dépositaire de la Nouvelle Alliance.

Je rends grâce pour la sérénité de cette scène. Sans rien occulter du drame de la Passion, le peintre nous invite à contempler Jésus consolation et lumière des nations.

Le texte met en présence deux vieillards, derniers représentants de l’Ancienne Alliance, reconnaissant dans le nouveau-né, le signe de la consolation, du salut et de la délivrance.

Jésus, annoncé comme Messie, est reconnu par Syméon comme « le salut que tu préparais à la face des peuples ».

Après l’accomplissement du rite, Joseph et Marie « retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth ».

  • Je prends maintenant le temps de m’adresser personnellement au Seigneur. Je peux lui rendre grâce pour les germes de nouveauté que je pressens aujourd’hui. Je peux lui présenter mes résistances à la nouveauté. Je prie pour ceux, qui ont aujourd’hui, besoin de connaître la délivrance.
  • Dans ma prière, je m’unis aux consacrés fêtés à l’occasion de la fête de la Présentation au Temple. Je prie le cantique de Syméon, dit chaque jour à l’office de complies, comme une expression privilégiée, à la fin du jour, de gratitude, de paix et d’espérance.
« Maintenant, ô Maître souverain,
tu peux laisser ton serviteur s’en aller
en paix, selon ta parole.
Car mes yeux ont vu le salut
que tu préparais à la face des peuples :
lumière qui se révèle aux nations
et donne gloire à ton peuple Israël. »

Je termine par le signe de croix.

Prier avec le quotidien vu par Vermeer

La laitière -Huile sur toile 45,5 x 41 cm- Johannes Vermeer – Delft – 1658

Je me dispose à prier en regardant ce tableau de Vermeer. Je prends le temps de la respiration et me rend disponible. Je peux demander la grâce au Seigneur de voir autrement ce qui fait mon quotidien.

Je regarde la femme qui est au centre du tableau ; elle est robuste et porte des habits de servante. Elle est là, dans un humble intérieur, toute absorbée par son activité. De ¾, la tête légèrement penchée, elle regarde le mince filet de lait qui coule de sa cruche et vers lequel converge aussi notre regard.

Ce qui frappe d’abord c’est peut-être la douce clarté qui inonde la pièce ; la lumière  qui arrive par la fenêtre à gauche illumine le mur du fond qui irradie la femme et les objets qui sont à l’intérieur. Lumière qui se reflète sur les parties plus claires : la coiffe de la femme ;  son buste et ses avant-bras, le filet de lait qui sort de la cruche, puis les morceaux de pain sur la table.

Je regarde les couleurs : le contraste entre le jaune du bustier et le bleu du tablier et du linge posé sur la table ;  et aussi  le passage entre ces 2 couleurs  qui se fait dans le vert du bas des manches retroussées et de la nappe.

Je regarde les accessoires qui tous évoquent la vie ordinaire: le panier et  le seau en laiton accrochés au mur à gauche ; la chaufferette au sol ainsi que les quelques carreaux de faïence de Delft en bas du mur ; les objets posés sur la table, une corbeille tressée, une cruche et un plat en terre cuite, un pot de faïence émaillée.

Je peux aussi penser à st Ignace de Loyola qui invite à « Chercher et trouver Dieu en toutes choses » ou encore à ste Bernadette : « Je ne vivrai pas un instant sans que je ne le passe en aimant. »

Ou encore à Madeleine Delbrêl qui a entendu l’appel à vivre l’Evangile dans la vie ordinaire : « nous pensons que faire de toutes petites choses pour Dieu nous le fait autant aimer que de faire de grandes actions. »

Je prends alors le temps de regarder ce qui fait ma vie, au fil de mes journées : les temps de repos, les déplacements, les activités choisies ou subies, les gestes du quotidien…

Quels sont les moments où je suis pleinement présent à ce que je fais ? Où je me sens à ma place,  ce qui me procure paix et plénitude ?

Quelles sont les activités qui me pèsent ? Puis-je dire pourquoi ? D’où vient cette insatisfaction ?

Comment je vis tout cela en relation avec le Seigneur ?

Je peux lui rendre grâces pour la vie donnée ; pour ce qui est bon pour moi ; ce qui a eu goût d’Evangile … Je peux lui confier mes difficultés ou mes questionnements ;  les personnes avec lesquelles je vis, je travaille ; le monde qui m’entoure…

Je peux aussi envisager la journée de demain et lui demander son aide pour telle ou telle activité ou lui demander  de vivre en sa présence ou encore  lui offrir tel ou tel travail…

Je termine en disant un Notre Père et en écoutant le chant : « Trouver dans ma vie ta présence ».

Qui est Saint Vincent, patron des vignerons ?

Il est fêté ce jour, 22 janvier, et de nombreuses manifestations festives ont lieu dans les régions viticoles.

Vincent est né à Huesca en Espagne au IIIème siècle, il fut ordonné diacre à Saragosse. Persécuté et torturé sur l’ordre de Dacien, préfet de la ville, Vincent est mis à mort à Valence en 304.

Les sermons prononcés par St Augustin à propos de Vincent se présentent, non pas comme des récits biographiques, mais plutôt comme des œuvres doctrinales.

L’auteur met ainsi  en avant des qualités morales vouées à l’édification des fidèles. Le nom du diacre, Vincentus, c’est-à-dire le victorieux, sert ici de socle à la prédication de St Augustin.

Tableau de Tomas GINER musée du Prado-1462-1466

Saint Vincent est vêtu de l’aube et de la dalmatique (vêtements du diacre), le livre de la Parole sur le cœur.  Une meule est attachée à son  cou, il foule un Maure de ses pieds  et porte la palme du martyre.

Prière à St Vincent :  prononcée par Monseigneur Turini à l’occasion de la St Vincent.

Néons sur Creuse-Brenne