Avec quelques jours de retard, méditons la Présentation au Temple

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (2, 22,40)

Je prends le temps de me disposer pour une rencontre avec le Seigneur et l’écoute de sa Parole. Je trace sur moi le signe de croix. Me rendant attentif à ma respiration, sans la forcer, je prends conscience à travers l’air que je respire que j’appartiens à l’humanité tout entière, à la Création. En même temps, je crois que dans la multitude, Dieu s’adresse à moi personnellement, dans une relation unique. Je demande la grâce de la consolation.

Je lis le texte d’évangile, et retrouve un épisode que je connais bien. Quarante jours après la naissance de Jésus, Joseph et Marie accomplissent les rites juifs : la purification de la femme qui a accouché et la présentation au Temple du premier né « consacré au Seigneur ».

Pas de prêtre pour recevoir Marie et Joseph, mais Syméon, un homme juif extérieur au service du Temple, qui vient, poussé par l’Esprit. Il va prononcer successivement un cantique et un oracle. Une vieille femme, la prophétesse Anne, loue le Seigneur.

Pour accueillir le texte, je m’aide du tableau de Fra Angelico

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J’observe le cadre : pas de représentation solennelle du Temple, mais, une relation entre des personnages, un échange de regards. Au-delà du cultuel se joue ici une reconnaissance intérieure du Christ.

Je m’arrête sur le choix des couleurs. Un fond rouge, la robe rouge de Marie et le nimbe crucifère rouge du Christ, en écho à l’oracle de Syméon qui annonce la Passion.

Les tons or des auréoles et des tuniques de Joseph et de Syméon (tunique or et verte, couleur de l’Espérance). Signe du Christ annoncé comme « lumière qui se révèle aux nations. »

Je contemple maintenant les personnages :

  • Tous les regards sont tournés vers Jésus.
  • Joseph, présentant les deux tourterelles qui vont être sacrifiées, conformément à la prescription du Livre du Lévitique. (12, 1-4). Le regard de Joseph dit la profondeur de son écoute de l’oracle de Syméon. Étonnement, peut-être saisissement.
  • Marie, qui tend les mains en un geste d’offrande. Elle fait don de son fils. Au sacrifice rituel prescrit par la Loi se substituera bientôt l’offrande par Jésus, de sa vie.
  • Syméon « qui reçut l’enfant dans ses bras ». L’intense échange de regards entre Syméon et Jésus souligne l’accomplissement de la promesse, pour Syméon qui sut reconnaître dans ce nouveau-né la consolation d’Israël.
  • Sur la droite, la prophétesse Anne qui contemple Jésus, prosternée.
  • Sur la gauche, St Dominique. Fra Angelico est dominicain. La figure du dominicain représente l’Église, dépositaire de la Nouvelle Alliance.

Je rends grâce pour la sérénité de cette scène. Sans rien occulter du drame de la Passion, le peintre nous invite à contempler Jésus consolation et lumière des nations.

Le texte met en présence deux vieillards, derniers représentants de l’Ancienne Alliance, reconnaissant dans le nouveau-né, le signe de la consolation, du salut et de la délivrance.

Jésus, annoncé comme Messie, est reconnu par Syméon comme « le salut que tu préparais à la face des peuples ».

Après l’accomplissement du rite, Joseph et Marie « retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth ».

  • Je prends maintenant le temps de m’adresser personnellement au Seigneur. Je peux lui rendre grâce pour les germes de nouveauté que je pressens aujourd’hui. Je peux lui présenter mes résistances à la nouveauté. Je prie pour ceux, qui ont aujourd’hui, besoin de connaître la délivrance.
  • Dans ma prière, je m’unis aux consacrés fêtés à l’occasion de la fête de la Présentation au Temple. Je prie le cantique de Syméon, dit chaque jour à l’office de complies, comme une expression privilégiée, à la fin du jour, de gratitude, de paix et d’espérance.
« Maintenant, ô Maître souverain,
tu peux laisser ton serviteur s’en aller
en paix, selon ta parole.
Car mes yeux ont vu le salut
que tu préparais à la face des peuples :
lumière qui se révèle aux nations
et donne gloire à ton peuple Israël. »

Je termine par le signe de croix.

Prier avec le quotidien vu par Vermeer

La laitière -Huile sur toile 45,5 x 41 cm- Johannes Vermeer – Delft – 1658

Je me dispose à prier en regardant ce tableau de Vermeer. Je prends le temps de la respiration et me rend disponible. Je peux demander la grâce au Seigneur de voir autrement ce qui fait mon quotidien.

Je regarde la femme qui est au centre du tableau ; elle est robuste et porte des habits de servante. Elle est là, dans un humble intérieur, toute absorbée par son activité. De ¾, la tête légèrement penchée, elle regarde le mince filet de lait qui coule de sa cruche et vers lequel converge aussi notre regard.

Ce qui frappe d’abord c’est peut-être la douce clarté qui inonde la pièce ; la lumière  qui arrive par la fenêtre à gauche illumine le mur du fond qui irradie la femme et les objets qui sont à l’intérieur. Lumière qui se reflète sur les parties plus claires : la coiffe de la femme ;  son buste et ses avant-bras, le filet de lait qui sort de la cruche, puis les morceaux de pain sur la table.

Je regarde les couleurs : le contraste entre le jaune du bustier et le bleu du tablier et du linge posé sur la table ;  et aussi  le passage entre ces 2 couleurs  qui se fait dans le vert du bas des manches retroussées et de la nappe.

Je regarde les accessoires qui tous évoquent la vie ordinaire: le panier et  le seau en laiton accrochés au mur à gauche ; la chaufferette au sol ainsi que les quelques carreaux de faïence de Delft en bas du mur ; les objets posés sur la table, une corbeille tressée, une cruche et un plat en terre cuite, un pot de faïence émaillée.

Je peux aussi penser à st Ignace de Loyola qui invite à « Chercher et trouver Dieu en toutes choses » ou encore à ste Bernadette : « Je ne vivrai pas un instant sans que je ne le passe en aimant. »

Ou encore à Madeleine Delbrêl qui a entendu l’appel à vivre l’Evangile dans la vie ordinaire : « nous pensons que faire de toutes petites choses pour Dieu nous le fait autant aimer que de faire de grandes actions. »

Je prends alors le temps de regarder ce qui fait ma vie, au fil de mes journées : les temps de repos, les déplacements, les activités choisies ou subies, les gestes du quotidien…

Quels sont les moments où je suis pleinement présent à ce que je fais ? Où je me sens à ma place,  ce qui me procure paix et plénitude ?

Quelles sont les activités qui me pèsent ? Puis-je dire pourquoi ? D’où vient cette insatisfaction ?

Comment je vis tout cela en relation avec le Seigneur ?

Je peux lui rendre grâces pour la vie donnée ; pour ce qui est bon pour moi ; ce qui a eu goût d’Evangile … Je peux lui confier mes difficultés ou mes questionnements ;  les personnes avec lesquelles je vis, je travaille ; le monde qui m’entoure…

Je peux aussi envisager la journée de demain et lui demander son aide pour telle ou telle activité ou lui demander  de vivre en sa présence ou encore  lui offrir tel ou tel travail…

Je termine en disant un Notre Père et en écoutant le chant : « Trouver dans ma vie ta présence ».

Qui est Saint Vincent, patron des vignerons ?

Il est fêté ce jour, 22 janvier, et de nombreuses manifestations festives ont lieu dans les régions viticoles.

Vincent est né à Huesca en Espagne au IIIème siècle, il fut ordonné diacre à Saragosse. Persécuté et torturé sur l’ordre de Dacien, préfet de la ville, Vincent est mis à mort à Valence en 304.

Les sermons prononcés par St Augustin à propos de Vincent se présentent, non pas comme des récits biographiques, mais plutôt comme des œuvres doctrinales.

L’auteur met ainsi  en avant des qualités morales vouées à l’édification des fidèles. Le nom du diacre, Vincentus, c’est-à-dire le victorieux, sert ici de socle à la prédication de St Augustin.

Tableau de Tomas GINER musée du Prado-1462-1466

Saint Vincent est vêtu de l’aube et de la dalmatique (vêtements du diacre), le livre de la Parole sur le cœur.  Une meule est attachée à son  cou, il foule un Maure de ses pieds  et porte la palme du martyre.

Prière à St Vincent :  prononcée par Monseigneur Turini à l’occasion de la St Vincent.

Néons sur Creuse-Brenne

Prier à partir d’une sculpture. Conversation d’Etienne

Etienne, né en 1952, est le fils du peintre Arcabas. Il travaille habituellement le bronze, en exploitant les diversités chromatiques de la patine. Ses œuvres, sont, pour une part, abstraites, mais toujours figuratives, prenant ainsi valeur de symbole.

Je m’installe à l’écart, dans le silence. Je m’efforce de quitter les bruits ambiants pour me rassembler en moi-même. Désireux de rencontrer le Seigneur, je fais le signe de croix. Je demande la grâce de la disponibilité à la rencontre et à la conversation.

Quelle impression d’ensemble est-ce que je ressens ?

Suis-je à l’aise devant ces figures stylisées ?

Qu’est-ce qui rapproche et distingue les deux personnages : attitude, expression… ?

Comment la lumière joue-t-elle sur la patine du bronze ?

Sculptés dans une matière lourde, ils se caractérisent néanmoins par une grâce aérienne, tenant dans un harmonieux équilibre.

Ces deux silhouettes se donnent à voir à travers leurs membres (bras, jambes, pieds) et à travers leur visage. Mais, simultanément, elles comportent une part de mystère, dans l’évidement de leur torse, siège du cœur, de l’intériorité, de cet espace sacré qui n’appartient qu’à chacun

Ces deux silhouettes ont des points communs, sont sculptées de la même matière, et pourtant sont bien différentes dans leurs postures.

Une posture qui dit l’ouverture, jambes écartées, main tournée vers son interlocuteur qui semble aider la voix à porter. Ce personnage parle.

Jambes croisées. Main tournée vers le bas, reposant sur le genou. Visage concentré.

Converser, c’est se tourner vers l’autre, dans le désir d’une rencontre, dans le désir de se rejoindre à travers une parole adressée, formulée par l’un, accueillie par l’autre.

Savons-nous, aujourd’hui, prendre ces temps privilégiés, faits de distance respectueuse, de délicatesse partagée, d’une expression respectueuse, d’une écoute attentive ?

« Se rapprocher, s’exprimer, s’écouter, se regarder, se connaître, essayer de se comprendre, chercher des points de contact, tout cela se résume dans le verbe dialoguer. Pour nous rencontrer et nous entraider, nous avons besoin de dialoguer. » (Pape François, Fratelli Tutti, n° 198)

M’identifiant au personnage de droite, je m’adresse au seigneur qui m’écoute. M’identifiant au personnage de gauche, j’écoute le Seigneur qui me parle.

Je peux rendre grâce des moments d’écoute où j’entre facilement en relation, je peux aussi confier  ce qui m’empêche d’être réceptif ou disponible.

Je confie au Seigneur ceux, qui, dans mon entourage ont besoin d’écoute.

Je termine ma prière en disant le Notre Père, cette prière que le Seigneur laisse à ses disciples lorsqu’ils lui demandent « Seigneur, apprends-nous à prier… » (Mt, 6, 1). Je fais le signe de croix ;

 Prier avec «  l’adoration des mages »

Adoration des mages sous la neige – Huile sur bois – Pierre Brueghel  le Jeune (1564-1638)

Pour ce temps de prière,  je me présente devant Dieu, tel que je suis. Je fais silence et demande au Seigneur, de mieux le connaitre  à travers la contemplation de  ce tableau.

D’abord, je prends place et  regarde

les lignes, la lumière, les couleurs ; puis je fais attention à ce qui est représenté ; je regarde les détails.

Comment je reçois ce tableau ? Qu’est-ce que cela m’évoque ? Qu’est-ce qui attire mon attention ? Le titre de ce tableau est « l’adoration des mages sous la neige » ; qu’est-ce qui me surprend ?

Je regarde l’ensemble de la scène représentée :

le paysage représenté, les maisons, la neige, les vêtements, les objets… Manifestement cette adoration des mages prend place, non pas à Bethléem  au début de notre ère, mais dans un village de la campagne flamande du 16ème siècle.

Que provoque en moi cette inculturation ? L’évènement, relaté dans l’Evangile en Matthieu 2,1-12, a-t-il du sens pour moi aujourd’hui ? Je peux imaginer ma façon de représenter cette scène dans notre société du 21ème  siècle.

Le mystère de l’Epiphanie

Comment  je reçois cette Bonne nouvelle ?

Je regarde maintenant les mages venus adorer l’enfant Jésus

La scène n’occupe qu’une petite place dans l’ensemble du tableau, en bas à gauche. Ici pas d’étoile mais une  lumière chaude qui  vient de la maison 

où se tient Marie portant l’enfant Jésus dans ses bras.  Deux des mages sont prosternés tandis que le 3ème s’avance en portant son offrande. Certains villageois les entourent et se tournent eux aussi vers l’enfant.

Que suscitent- en moi ces gestes d’adoration et d’offrande ? Qui est l’enfant Jésus pour moi ? Quelle attitude ai-je devant lui ? Ai-je quelque chose à lui offrir ?

Je regarde le reste du tableau

Il y a du monde sur cette place de village ! Certains regardent le cortège des chevaux parés de rouge,  qui accompagne les mages,

mais d’autres s’en vont ou vaquent à leurs occupations ; les uns coupent du bois, transportent des sacs, vont chercher de l’eau… C’est une scène de vie quotidienne. La visite des mages ne semble pas attirer leur attention.

Mystère de Dieu qui vient humblement partager la vie humaine. Mystère de ce Dieu qui choisit ce qui est petit, humble pour  se révéler, au risque de passer inaperçu.

Mystère de Dieu aussi qui se révèle à ceux qui scrutent le ciel et qui les guide par sa lumière.Et moi, qu’est-ce que je cherche ?  A quels  signes, je peux reconnaitre la présence de Dieu  au cœur de la vie ordinaire ?

Je m’adresse au Seigneur et lui dis ce que cette méditation a provoqué en moi. Je fais monter vers lui ma prière.

Je peux terminer ce temps en disant cette  prière de Pierre Charland (Prions en Eglise) :

Avec les trois sages d’Orient
Seigneur Jésus, ta naissance me comble de joie !
Avec les trois sages d’Orient, je viens me prosterner devant toi pour te dire mon émerveillement devant le don de ta vie.
En ce début d’année, je t’offre moi aussi un présent : celui de ma foi et de ma confiance.
Conduis-moi jusqu’à toi, comme l’a fait l’étoile pour les mages.
Garde-moi de la violence et du mensonge,
et inspire-moi une action de grâce pour la grandeur de ta Création.
Guide-moi par ta lumière et revêts-moi de ta paix.
Remplis mon cœur de ton Esprit et rends-le fidèle à ton Evangile.
Je veux construire avec toi un monde d’espérance et d’amour !

Prier avec la Sainte Famille

En ce temps où la liturgie nous fait contempler la Sainte Famille, nous prenons un temps de prière devant cette représentation de la fuite en Égypte, installée dans la verrière de la chapelle axiale de la cathédrale de Bourges. La verrière primitive, déjà consacrée à la vierge, fut détruite lors des guerres de religion. C’est donc là un vitrail de la Renaissance, influencée par la peinture.

Je me mets à l’écart, faisant silence en moi, pour me rendre disponible à la contemplation. Je demande la grâce de percevoir la proximité de Jésus. Et j’ouvre ce temps de prière en faisant le signe de croix.

J’observe d’abord la scène dans son ensemble pour me remémorer le contexte de cet épisode raconté par Matthieu (2, 13-18). J’aperçois, à l’arrière-plan, Bethléem qui la Sainte Famille doit quitter rapidement. Je repère, dans les cieux, les anges, présence et vigilance de Dieu sur l’aventure humaine de la Sainte Famille. Dans la partie haute, à droite, un détail emprunté aux évangiles apocryphes, la chute des idoles, pour bien souligner que Jésus est désormais le vrai Dieu. J’observe les couleurs, la terre brune, les cieux où l’azur voisine avec le gris des nuages.

Évocation du mystère de l’incarnation, qui unit la terre et le ciel, en Jésus vrai homme et vrai Dieu. Et la végétation verte, signe d’espérance, qui encadre ce tableau : arbres à droite et à gauche, herbes au premier plan. Et je m’arrête une première fois sur les personnages : Marie et Jésus sur un cheval (le maître-verrier a sans doute considéré que le messie ne pouvait pas monter sur un âne !!), et Joseph.

La Sainte Famille en chemin, comme Jésus sera, dans son ministère constamment sur les routes.

Je centre maintenant mon regard sur Marie et Jésus. Tendresse d’une mère pour son enfant. Confiance sereine de l’enfant dans les bras de sa mère.

Magnifique évocation de l’affection chaleureuse dont a besoin toute personne humaine. Cette proximité de Jésus et de Marie m’est offerte. Jésus m’invite à une même intimité.

Je me tourne vers la figure de Joseph. Son pas l’emmène vers l’avant, vers l’inconnu, sans doute, mais son regard fixe Marie et Jésus.

Dans un cœur à cœur avec Dieu, je rends grâce pour ce que la Sainte Famille nous dit de la relation d’amour entre les hommes, et avec Dieu. Je confie ma famille au Seigneur. Je prie pour les familles éprouvées.

Je peux terminer en disant la prière par laquelle le pape François termine son exhortation apostolique Amoris Laetitia, la Joie de l’amour.

Jésus, Marie et Joseph
en vous, nous contemplons la splendeur de l’amour vrai,
en toute confiance nous nous adressons à vous.
Sainte Famille de Nazareth,
fais aussi de nos familles
un lieu de communion et un cénacle de prière, d’authentiques écoles de l’Évangile
et de petites Églises domestiques.
Sainte Famille de Nazareth,
que plus jamais il n’y ait dans les familles
des scènes de violence, d’isolement et de division ;
que celui qui a été blessé ou scandalisé soit, bientôt, consolé et guéri.
Sainte Famille de Nazareth,
fais prendre conscience à tous
du caractère sacré et inviolable de la famille, de sa beauté́ dans le projet de Dieu.
Jésus, Marie et Joseph, Écoutez, exaucez notre prière Amen !

Me souvenant que l’enfant Jésus est aussi celui qui, sur la croix, apporte le salut au monde, je trace sur moi le signe de croix.

Prier avec la Vierge en attente

Santon Gonzague Marseille

Je me dispose à prendre un temps de prière. Je m’installe et fais silence.  Je me mets à l’écoute du Seigneur qui est présent.

Je regarde le santon d’une femme  enceinte

Je médite sur l’expérience d’attendre un enfant.

 Le temps de la grossesse, un temps d’attente, avec sa part de crainte devant l’inconnu ; avec surtout cette espérance pour l’avenir. La vie est là, qui nous dépasse ; l’enfant à naître, blotti dans le corps de la femme,  va devenir  un être vivant à part entière, porteur de tous les possibles.

Je médite ce mystère de la vie. Je me tourne vers le Seigneur, qui est source de toute vie. Je rends grâces pour la participation à cette transmission de la vie, pour l’attente pleine d’espérance, pour la vigilance, les préparatifs, pour la joie qu’elle procure.

Je regarde maintenant  le santon comme celui de Marie attendant l’enfant Jésus

J’imagine ce qu’elle a vécu : l’expérience humaine d’attendre un enfant  et aussi celle d’avoir été choisie par Dieu  pour enfanter le « Fils du Très Haut ». Mystère de cette future naissance qui la dépasse. J’imagine ses questionnements et la joie de la promesse.

Je me tourne vers le Seigneur et lui rendre grâces pour la venue de son Fils, à un moment de l’histoire, pour partager notre humanité. Je prends conscience de l’inouï  de cet évènement. Avec tous ceux qui sont en attente, je me prépare à fêter cet évènement

Je regarde la crèche, qui fait mémoire  de cet évènement qui s’est passé il y a plus de 2000 ans.

Et maintenant ? Je mets des mots sur ce que j’attends à mon tour. En quoi la venue de cet enfant est encore pour moi porteuse de joie et  d’espérance ?

Avec tout ce que je porte en moi, les joies et les peines, les questions et les espoirs,  je laisse monter ma prière à l’une ou l’autre personne de la Trinité :

Avec Marie, qui a vécu l’attente, je peux écouter le chant : « Nous étions en attente »


Et chanter un « Je vous salue Marie »


Psaume 144

Je me prépare à la rencontre et m’installe à l’écart, confortablement.

Je prends une inspiration profonde et me tourne vers le Seigneur… Il m’attend… Je me mets à son écoute, et lui demande de m’aider à entrer pleinement dans la prière…

Je lis le psaume une première fois…

Ce psaume est prié chaque jour par les juifs. C’est un psaume de louange et de bénédiction, qui exprime la confiance. Il n’est pas une prière intime de dialogue cœur à cœur, mais il énumère tous les exploits, tous les bienfaits de Dieu pour toutes les générations…

Le psalmiste est envahi par son désir de rendre gloire à Dieu, en communion avec tous… de témoigner de ce Dieu qui a fait alliance avec son peuple, un Dieu fidèle, Dieu Roi, mais aussi Père de tous, qui met sa puissance au service de son amour sans mesure…un amour qui englobe le temps, l’espace, l’humanité, moi aujourd’hui, chacun, hier et demain…

Je relis le psaume plusieurs fois, à voix basse et/ou à voix haute, comme je le souhaite…

Je me laisse toucher par les mots, les expressions, l’émerveillement du psalmiste…

Je peux faire mémoire de l’Histoire du Salut… de mon histoire… chercher et trouver Dieu à l’œuvre en tout et en tous, hier et aujourd’hui…

Je confie au Seigneur tout ce qui m’habite, comme à un ami…

Puis, avec l’immense foule des chrétiens et Jésus lui-même, m’adresser à Notre Père

Méditer l’évangile du jour

Je me mets à l’écart, pour me présenter devant le Seigneur. En traçant sur moi le signe de croix. Je considère mon propre corps fait de matière partagée avec l’ensemble du monde créé. Je me sens solidaire de tout ce qui m’environne, de l’écosystème. Puis je m’arrête sur ma respiration, sans la forcer…Je suis attentif à ce souffle reçu, donné qui m’anime. Je rends grâce de la vie qui m’habite.

         Je demande la grâce d’accueillir toujours de nouveaux possibles.

Je lis lentement cette page d’évangile :

Je perçois la scène à travers le cadre, les personnages. Une maison de Galilée, les murs blancs et le patio protégé du soleil par un toit de tuiles. Je vois la foule qui presse Jésus et qui le rend inaccessible au paralytique.

J’observe le comportement résolu de ceux qui portent la civière.

Je les vois escalader le mur, écarter les tuiles et descendre la civière. J’imagine les sentiments du paralytique, régulièrement exclu, mais désormais, grâce à la solidarité de ses compagnons, mis en présence directe de Jésus

J’entends alors les paroles libératrices de Jésus…Je suis témoin des pensées qui traversent les responsables religieux présents, plus attentifs à des spéculations théologiques, qu’à l’attention à donner à une personne vulnérable.

J’entends alors la réaction de Jésus, puis cette parole devenue proverbiale : « je te le dis, lève-toi, prends ta civière et marche. ».

Puis je vois le paralytique animé de l’énergie donnée par la parole de Jésus se lever et repartir chez lui, en portant sa civière. Je l’entends rendre grâce, et je partage l’émerveillement de l’auditoire, dans la « crainte » devant la puissance de Jésus, Christ, Fils de Dieu.

Je médite sur quelques points de ce texte très riche :

La solidarité des compagnons du paralytique, qui croient en la puissance de Jésus. « Voyant leur foi… », Jésus va agir. Le paralytique est ainsi porté par la foi de son entourage.

« Homme, tes péchés te sont pardonnés ». Avant d’opérer une guérison physique, Jésus restaure l’unité spirituelle du paralytique, lui propose la réconciliation.

« Lève-toi, prends ta civière et retourne dans ta maison. ». Le miracle opéré par Jésus n’efface pas la vulnérabilité. Le paralytique emporte sa civière, qui fait partie de sa vie, de son expérience. En dépit de cette vulnérabilité, il peut se lever et marcher, pour continuer son chemin dans la vie qui est la sienne, « dans sa maison ».

Je prends maintenant le temps d’un dialogue intime et personnel avec le Seigneur. Quelles vulnérabilités est-ce que je présente au Seigneur ? De quoi puis-je rendre grâce ? De qui suis-je appelé à me faire compagnon pour l’aider à poursuivre son chemin ?

Je termine en disant « Notre Père… » et termine ce temps de prière par le signe de croix.

Entrer en Avent

Veilleurs, bénissez Dieu, dans la nuit; Il nous donne sa paix , élevez les main, dans la nuit, bénissez sans fin !
Dans le silence, faites monter en vos coeurs la joie, la louange !
Gardez vos lampes allumées pour le retour de Dieu, notre maïtre.
Dans la confiance, présentez au Seigneur, votre encens, vos prières.

Veilleurs, bénissez Dieu !

Le Seigneur est déjà là, présent, dans notre vie, dans ma vie . Dans quelle mesure je prends le temps de le reconnaïtre ? De faire monter vers lui ma prière de louange ?

Peut-être puis-je faire de ce chemin d’Avent, un chemin pour revivifier mon désir de l’accueillir, de lui permettre de naïtre, de renaïtre dans ma vie, de ma laisser faire par son Esprit et être, à sa suite, davantage un « instrument de paix » et un témoin d’espérance. C’est peut-être la grâce que je peux demander. « Seigneur, c’est toi notre Père. Nous sommes l’argile, c »est toi qui nous façonnes » (Isaïe)

Me disposer à contempler, donc à ralentir, à me poser, à faire silence, pour lui faire de la place et être disponible à son rendez-vous.

C. Monet- La Pie (Wikipédia)

Demander la grâce de la patience, consentir à la lenteur et guetter la vie . » aucun don de grâce ne vous manque, à vous qui attendez de voir se révéler notre Seigneur Jésus-Christ. C’est lui qui vous fera tenir fermement jusqu’au bout » (1 Co 1,3-9)

Demander la grâce d’attendre, avec confiance, en contemplant Marie.« Dieu est fidèle, lui qui vous a appelés à vivre en communion avec son Fils. » (1 Co 1, 3-9)

Eglise Saint Julien – Brioude. Pierre Taillefer- DRAC Auvergne- Freepik

Nous pouvons conclure notre temps de méditation en priant avec l’hymne de ce dimanche matin.

Dieu est à l’œuvre en cet âge,
Ces temps sont les derniers.
Dieu est à l’œuvre en cet âge,
Son Jour va se lever !
Ne doutons pas du Jour qui vient,
La nuit touche à sa fin.
Et l’Éclat du Seigneur remplira l’univers
Mieux que l’eau ne couvre les mers !

Quelle est la tâche des hommes
Que Dieu vient rassembler,
Afin de bâtir le Royaume
Du prince de la Paix ?
Que peut-on faire pour hâter
Ce jour tant espéré
Où l’Éclat du Seigneur remplira l’univers
Mieux que l’eau ne couvre les mers ?

Pour que ce jour ne nous perde,
Ce jour comme un voleur,
Ne dormons pas aux ténèbres,
Veillons dans le Seigneur.
Comme l’éclair part du Levant
Et va jusqu’au Couchant,
Il viendra dans sa gloire au-dessus des nuées,
Le Seigneur qui est Dieu d’amour.
Que notre marche s’éclaire
Au signe de Jésus !
Lui seul peut sauver notre terre
Où l’homme n’aime plus.
Il faut défendre l’exploité,
Ouvrir au prisonnier,
Et l’Éclat du Seigneur remplira l’univers
Mieux que l’eau ne couvre les mers !

Dieu est amour pour son peuple,
Il aime pardonner.
Dieu est amour pour son peuple,
Il veut sa liberté.
Ne doutons pas du jour qui vient,
La nuit touche à sa fin.
Déchirons notre cœur, revenons au Seigneur,
Car il est le Dieu qui revient.
Didier Rimaud