Alors que le temps de Pâques va bientôt se terminer, nous vous proposons de prier à partir d’un texte d’Edouard O’Neill s.j., décédé le mois dernier : « Pâques : la foi qui redécouvre la vie »
Je me dispose à la prière et fais silence.
Je me tourne vers le Seigneur et lui demande de grandir dans la foi.
Je lis une première fois le texte.
PÂQUES : LA FOI QUI REDÉCOUVRE LA VIE
Quels mots m’ont arrêté ? Qu’est-ce qui me rejoint ? Qu’est-ce qui me semble demander réflexion ?
Je relis pas à pas le texte et prends le temps de méditer les phrases une à une.
Je prends le temps de regarder ma vie et le monde qui m’entoure. Je demande de les voir avec les yeux de la foi. Je peux reprendre les mots d’Edouard O’Neill : « La grâce nous soit faite de voir sous un autre jour ce que nous connaissons trop bien. »
Qu’est-ce qui me semble prometteur, porteur d’avenir ? Qu’est-ce qui paraissait sans issue et qui maintenant s’éclaire ? Qu’est-ce qui pour moi prend sens ? Quels évènements, petits ou grands sont pour moi des éclats de résurrection ?
J’en parle au Seigneur et laisse monter la prière qui me vient.
Puis je termine en reprenant les paroles du chant « Marche avec nous ».
Racontez à tous les peuples les merveilles du Seigneur !
Chantez au Seigneur un chant nouveau, chantez au Seigneur, terre entière, chantez au Seigneur et bénissez son nom !
De jour en jour, proclamez son salut, racontez à tous les peuples sa gloire, à toutes les nations ses merveilles !
Allez dire aux nations : « Le Seigneur est roi ! » Le monde, inébranlable, tient bon. Il gouverne les peuples avec droiture.
Je me mets à l’écart, désireux de prendre un temps avec le Seigneur. Je fais le signe de croix et je demande la grâce de trouver l’audace d’annoncer.
Je lis le psaume, lentement…Je suis sensible aux impératifs : je suis bien le destinataire de ces paroles, en même temps que toute la communauté de croyants.
Je suis attentif à l’insistance du psalmiste sur l’invitation forte à partager les merveilles du Seigneur : chantez, proclamez, racontez, allez dire…Je considère comment, aujourd’hui, il peut être difficile pour un chrétien de partager publiquement sa foi. Et moi, est-ce que j’ose annoncer la Bonne Nouvelle ?
« Chantez au Seigneur un chant nouveau ». En ce temps pascal, je suis invité à renouveler ma foi à la source de la résurrection.
Je médite la façon dont j’accueille l’inouï de la résurrection.
« Terre entière » ; « tous les peuples » ; « toutes les nations » …Le psalmiste nous ouvre à l’universel d’une présence de Dieu à tous.
Je prends le temps de contempler le monde entier, aujourd’hui, à qui s’adresse la Parole de Dieu.
« Le monde inébranlable tient bon » …Le psalmiste voit dans la stabilité de l’univers la fidélité de Dieu Créateur.
Comment est-ce que j’accueille cette Parole, aujourd’hui, quand notre planète est menacée.
Je termine en relisant le psaume, que je peux aussi écouter chanté.
Aujourd’hui, lundi 29 avril, nous fêtons Sainte Catherine De Sienne ( 1347-1380), dominicaine, mystique ardente et militante de la sainteté de l’Église. Toute son existence sera marquée par la prière et la pénitence pour la sainteté de L’Église. Elle se veut l’épouse du Christ. Pour cette mission, elle se fera itinérante, rassemblant autour d’elle une fraternité complète : frères, sœurs et laïcs. A la source d’un tel engagement se trouve la mystique de la flamme d’amour. Sa vie est toute cachée dans les blessures du Christ crucifié. Elle ressent, dans l’intime de son cœur et de sa foi, les drames de l’Église et de la Société de son temps qui continuent à crucifier le Christ. Elle a été proclamée docteur de l’Église en 1970 par Paul VI et co-patronne de l’Europe par Jean-Paul II en 1999.
Dans sa prière intitulée nous voyons la lumière dans talumière, Ste Catherine De Sienne nous dévoile que Dieu reste notre unique et véritable lumière.
Dieu éternel, nous voyons la lumière dans ta lumière Répands-la donc, cette lumière, je t’en supplie, sur toute créature raisonnable. Rends la lumière aux aveugles, afin que dans ta lumière ils connaissent la vérité et t’aiment. Je te prie aussi pour tous ceux que tu m’as donnés à aimer avec prédilection, avec une particulière sollicitude. Éclaire-les de ta lumière, purifie-les de toute imperfection, en sorte qu’ils travaillent vraiment dans ton jardin dont tu les as faits ouvriers. Seigneur, j’ai péché, aie pitié de moi ! Incompréhensible, éternelle Trinité, donne-moi ta douce bénédiction.
Je me mets dans un endroit calme et dans une position confortable qui puisse m’aider à faire silence en moi pour accueillir la présence de Dieu.
J’entre dans la prière par un signe de croix, je me mets en présence du Seigneur et je lui demande la grâce d’être éclairée par sa lumière.
Je lis la prière lentement, je m’arrête là où je trouve de l’intérêt, du goût et je répète la ou les phrases qui me touchent.
Je prends le temps de me confier au Seigneur en lui parlant comme à un ami.
Foujita est né au Japon, et s’installe à Paris à deux reprises, de 1913 à 1928, puis, après un séjour au Japon et de nombreux voyages, de 1950 à sa mort.
Je me mets à l’écart, pour prendre le temps de la contemplation. Je m’installe confortablement, attentif à ma respiration.
Je m’efforce de me détacher de mes préoccupations du moment et, tout en faisant le signe de croix, je demande la grâce d’habiter mon intériorité.
J’observe longuement ce tableau. Je m’arrête à sa composition, au jeu des couleurs, et je nomme chacun des objets de cette nature morte. Me laissant guider par le nom donné par le peintre à ce tableau, « mon intérieur », je m’interroge sur le choix des objets représentés, et sur leur symbolisme. Le peintre se rend présent par ses lunettes bien reconnaissables.
La maie sombre, massive, se détachant sur le fond blanc, à l’image d’une vie intérieure où le sombre peut le disputer au lumineux.
Différents objets qui suggèrent les quatre éléments. Les sabots, pour arpenter la terre. Le parapluie et le verre qui évoquent l’eau. La lampe à pétrole, image du feu quand la pipe est signe d’air. La vie intérieure m’ouvre à Dieu, en me reliant à la totalité de la création.
La figurine féminine, sur la droite, évoque-t-elle une présence, l’aspiration à une rencontre, une relation… ?
Au centre du tableau, le réveil, disant l’écoulement du temps…dans l’ambiguïté d’un cadran deux fois parcouru en une journée. Approchons-nous de quatre heures du matin, vers une journée encore à venir, ou sommes-nous proches de quatre heures de l’après-midi, où la journée est déjà bien entamée ? Le temps qui se déroule est aussi évoqué par la corbeille de pelotes de fils de diverses couleurs. Le domino figuré sur le pot contenant la pipe évoque aussi le jeu, le hasard…La vie intérieure se situe dans une histoire, connaît des « moments » différents, et cherche à les relier dans une relecture.
Une « nature morte » et pourtant la suggestion d’un délicat mouvement. Les sabots, comme abandonnés précipitamment et prêts à reprendre la marche, le pétrole à moitié consumé, le torchon, comme animé par un souffle léger. La vie intérieure, en retrait, sans être indifférente au mouvement du monde.
Et moi, que puis-je dire de ma vie intérieure, aujourd’hui ? :
Quelle est sa couleur ? Est-elle marquée d’obscurité ou de lumière ? Je remets cette journée au Seigneur. « Dieu dit : que la lumière soit et la lumière fut. » (Gn, 1,3)
Comment ma vie intérieure me permet-elle d’être au monde, d’habiter dans la paix ici et maintenant, au sein de la culture et du temps qui me sont donnés. Je confie au Seigneur le monde qui m’entoure. « Ils bâtiront des maisons et les habiteront ; ils planteront des vignes et en mangeront le fruit. » (Is, 65,21)
Comment est-ce que je perçois, habitant mon intériorité, la présence du Seigneur ? « Et après ce feu, le murmure d’une brise légère.
Aussitôt qu’il l’entendit, Élie se couvrit le visage avec son manteau, il sortit et se tint à l’entrée de la caverne. » (1R, 19, 12-13)
Je peux maintenant tenter de réaliser le « tableau mental », la nature morte de ma vie intérieure. Quel cadre est-ce que je choisis ? Quels sont les objets que je convoque ?
Je m’adresse maintenant au Seigneur, lui ouvrant mon intériorité pour qu’il en fasse sa demeure.
Je termine en disant cette prière du Cardinal Newman
« Seigneur Jésus, inonde-moi de ton Esprit et de ta Vie. Prends possession de tout mon être pour que ma vie ne soit qu’un reflet de la tienne. Rayonne à travers moi, habite en moi, et tous ceux que je rencontrerai pourront sentir ta Présence auprès de moi. En me regardant, ils ne verront plus que toi seul, Seigneur ! Demeure en moi et alors je pourrai, comme toi, rayonner, au point d’être à mon tour une lumière pour les autres, lumière, Seigneur, qui émanera complètement de toi. C’est toi qui, à travers moi, illumineras les autres. Ainsi ma vie deviendra une louange à ta gloire, la louange que tu préfères, en te faisant rayonner sur ceux qui nous entourent. Par la plénitude éclatante de l’amour que te porte mon cœur. Amen. »
Je conclus, en traçant sur moi le signe de la croix.
Je dispose de 20 mn et je les offre au Seigneur pour le rencontrer. Ce temps de prière peut se vivre en marchant dans la campagne environnante, en s’installant dans un jardin ou devant l’écran en regardant ces quelques photos. Car la création peut être un chemin vers Dieu
J’en marque le début en faisant le signe de croix et je dis au Seigneur ce que je cherche :
voir, à travers cette nature qui revit, ce qui est porteur d’avenir autour de moi.
Je prends le temps de contempler, avec mes 5 sens, la vie qui explose dans la nature en cette période de l’année.
Le vert tendre des jeunes pousses… les fleurs des arbres fruitiers… les fleurs des champs… les bourgeons… le chant des oiseaux… les agneaux dans les prés… les insectes qui sortent de leur hivernage…
Je prends conscience de la vie qui renaît après un temps de sommeil. J’en mesure la force, l’abondance. Je considère combien ce renouveau est prometteur et portera son fruit en son temps. Je prends conscience de cette même vie qui circule dans mon corps et dans tous les êtres vivants.
J’en rends grâce au Seigneur source de la vie.
J’élargis maintenant mon regard sur ce qui a fait mon quotidien ces derniers jours. Je regarde les petits gestes, les rencontres, les paroles données ou reçues qui ont été dans le sens de la vie : une naissance… une parole qui a redonné confiance… une marque d’affection…
un lien recréé après un long silence… un geste de partage … une attention aux petits… à la planète… Je laisse venir à ma mémoire ces petits faits qui passent inaperçus et qui pourtant sont porteurs de vie. Je prends conscience de ce qu’ils construisent.
J’en rends grâce au Seigneur qui est à l’œuvre dans les cœurs pour tisser des liens fraternels.
J’élargis encore mon regard et contemple le monde qui m’entoure. Dans ces temps qui sont les nôtres, là où se vivent des changements, qu’est-ce qui me semble aller vers plus de vie ?
Qu’est-ce qui me semble porteur d’espérance ou qu’est-ce qui au contraire m’inquiète ou m’attriste ? Je laisse venir les questions de société qui m’habitent et suscitent en moi des mouvements.
J’en parle au Seigneur. Je lui demande la grâce de voir les évènements tels qu’ils sont pour lui ? Je peux rendre grâce pour ce qui manifeste une foi élémentaire en la vie. Je peux intercéder pour les situations dramatiques. Je peux demander au Seigneur de m’éclairer sur ce qui en moi demande conversion ou action.
Je termine ce temps de prière en disant le Cantique des créatures de st François
Très Haut, tout puissant et bon Seigneur, à toi louange, gloire, honneur, et toute bénédiction ; à toi seul ils conviennent, O Très-Haut, et nul homme n’est digne de te nommer. Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures, spécialement messire frère Soleil, par qui tu nous donnes le jour, la lumière ; il est beau, rayonnant d’une grande splendeur, et de toi, le Très Haut, il nous offre le symbole. Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur Lune et les étoiles : dans le ciel tu les as formées, claires, précieuses et belles. Loué sois-tu, mon Seigneur, pour frère Vent, et pour l’air et pour les nuages, pour l’azur calme et tous les temps : grâce à eux tu maintiens en vie toutes les créatures. Loué sois-tu, Seigneur, pour notre sœur Eau, qui est très utile et très humble, précieuse et chaste. Loué sois-tu, mon Seigneur, pour frère Feu, par qui tu éclaires la nuit : il est beau et joyeux, indomptable et fort. Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la Terre, qui nous porte et nous nourrit, qui produit la diversité des fruits, avec les fleurs diaprées et les herbes.
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour ceux qui pardonnent par amour pour toi ; qui supportent épreuves et maladies : heureux s’ils conservent la paix, car par toi, le Très Haut, ils seront couronnés. Loué sois-tu, mon Seigneur, pour notre sœur la Mort corporelle à qui nul homme vivant ne peut échapper. Malheur à ceux qui meurent en péché mortel ; heureux ceux qu’elle surprendra faisant ta volonté, car la seconde mort ne pourra leur nuire. Louez et bénissez mon Seigneur, rendez-lui grâce et servez-le en toute humilité.
Encore dans le temps pascal, temps de la joie et de la lumière, je prends le temps, avec l’aide de l’Esprit, de contempler ma semaine pour y lire la présence du Père, du Christ ressuscité, et pourquoi pas en marchant dans la nature.
D’abord je me détends, prends une grande respiration, lentement et profondément et je dépose dans les mains du Seigneur tout ce qui s’agite en moi, je laisse le calme s’installer en moi. Je lui demande la grâce d’une mémoire vraie, qui saura discerner sa présence dans ma vie.
Je peux partir et marcher tranquillement à mon rythme .
MERCI
Au cours de la marche, jour par jour, je visualise la semaine qui s’est écoulée, je passe plus de temps à contempler les moments qui me paraissent importants.J’évoque des souvenirs pour lesquels j’aimerais remercier Dieu: un événement, une personne, une relation, une surprise où j’ai pu reconnaître son amour pour moi. Je laisse monter en moi la gratitude pour ces moments.
Je lui dis une parole, je peux reprendre un refrain pour exprimer mon merci.
PARDON
Au fil de la marche, j’évoque maintenant des moments où j’ai pu me laisser entraîner par mes peurs, mon ressentiment, l’anxiété ou l’envie, ou j’ai peut-être été dominé par un sentiment négatif, où j’ai fait de la peine à quelqu’un. J’imagine que Dieu regarde avec moi cet événement. Et je demande au Seigneur de me pardonner ou de me guérir. Je ressens la manière dont son amour me relève.
J’exprime ma demande de pardon par une parole, un chant, un verset de psaume .
S’IL TE PLAIT
Et maintenant en continuant ma marche, j’évoque les situations qui appellent une aide de Dieu, je lui demande de me montrer une attitude ou une action que je pourrais mettre en place et lui demande son aide et me repose dans la confiance.
J’exprime librement un « s’il te plait » par une parole, un chant, un extrait de l’Ecriture, un verset de psaume.
Enfin je remercie le Seigneur pour ce temps, je peux choisir une prière de l’Eglise et chanter : Marche avec moi. Au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit.
En ce temps-là, quand les femmes eurent entendu les paroles de l’ange, vite, elles quittèrent le tombeau, remplies à la fois de crainte et d’une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle à ses disciples. Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit : « Je vous salue. » Elles s’approchèrent, lui saisirent les pieds et se prosternèrent devant lui. Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. » Tandis qu’elles étaient en chemin, quelques-uns des gardes allèrent en ville annoncer aux grands prêtres tout ce qui s’était passé. Ceux-ci, après s’être réunis avec les anciens et avoir tenu conseil, donnèrent aux soldats une forte somme en disant : « Voici ce que vous direz : “Ses disciples sont venus voler le corps, la nuit pendant que nous dormions.” Et si tout cela vient aux oreilles du gouverneur, nous lui expliquerons la chose, et nous vous éviterons tout ennui. » Les soldats prirent l’argent et suivirent les instructions. Et cette explication s’est propagée chez les Juifs jusqu’à aujourd’hui.
Je me dispose à la rencontre du Seigneur. A la sortie du triduum pascal, où j’ai vécu des temps communautaires, déployant une ample liturgie, je reviens à la prière personnelle, plus dépouillée. Et je me présente humblement devant le Ressuscité. Je demande au Seigneur la grâce de me faire témoin de sa résurrection. J’ouvre de temps d’intimité avec le Seigneur, en traçant sur moi le signe de croix.
Je m’arrête sur l’empressement des femmes venues au tombeau. « Vite, elles quittèrent le tombeau. » / « elles coururent porter la nouvelle… ». Nous venons de vivre la Pâques du Christ. Nous avons vu la lumière faire reculer les ténèbres. Nous avons accueilli le Ressuscité. Nous avons repris, dans nos églises, le chant de l’alléluia, « louez Dieu »
…Et moi, est-ce que je me sens aussi empressé que ces femmes venues au tombeau de porter la Bonne Nouvelle, de me faire disciple-missionnaire ?
J’entends maintenant le Christ s’adresser aux femmes sur la route. Il leur répète l’appel de l’ange au tombeau : « allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. ». Une rencontre personnelle qui dit que les femmes ne répondent pas à la demande d’une institution, c’est le Christ en personne qui les envoie vers leurs frères. Jésus appelle à retourner dans la Galilée, le cadre de vie ordinaire des disciples, dans une province « carrefour des nations »
Et moi, quelle est ma Galilée d’aujourd’hui ? Quels sont les lieux où je peux témoigner ? A qui annoncer la Bonne Nouvelle ?
La fin de l’Évangile nous fait quitter l’environnement des disciples, pour nous entraîner vers le conseil des grands prêtres. Il peut être facile d’opposer la foi spontanée des femmes au tombeau aux résistances des responsables religieux juifs, qui refusent la nouveauté inouïe de la résurrection. Mais ne condamnons pas trop vite. Nous pouvons connaître, en nous-même, ces divisions.
Et moi, où en est ma foi en la résurrection ? Dans l’environnement laïc et sécularisé qui est le nôtre, sommes-nous désireux d’annoncer la Bonne Nouvelle, ou m’arrive-t-il de privilégier le silence parce qu’ainsi, comme les grands prêtres, nous « éviterons tout ennui. »
Je prends maintenant le temps d’un dialogue personnel avec le Seigneur. Je le prie pour tous ceux, qui, dans mon entourage, sont dans l’attente d’un signe de résurrection. Je peux demander au Seigneur l’audace de porter la Bonne Nouvelle.
Je termine en disant « Notre Père… ». Je peux m’arrêter plus longuement sur « que ton nom soit sanctifié (…) que ton règne vienne », pour devenir, plus encore, artisan de la diffusion de la Bonne Nouvelle et de la préparation du Royaume. Je fais le signe de croix.
A Monestiés, dans le Tarn, la chapelle saint Jacques abrite un groupe statuaire extraordinaire, daté de la fin du 15è siècle : vingt personnages grandeur nature représentent trois scènes de la Passion du Christ. Geneviève Roux, xavière, et Catherine Geoffroy nous en propose une contemplation magnifique, accompagnée de plusieurs hymnes monastiques.
Vitrail de la Passion – cathédrale de Bourges vers 1205-1214
Jn 13, 1-15
Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer, Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu, se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ; puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture.
Il arrive donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? » Jésus lui répondit : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. » Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. » Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, mais non pas tous. » Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : « Vous n’êtes pas tous purs. » Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ? Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous.
Le vitrail de la Passion, dans la cathédrale de Bourges, se trouve dans le déambulatoire.Comme la plupart des vitraux du XIII ème siècle, il se « lit » de bas en haut et de la gauche vers la droite.Sur la 3ème « ligne » : à gauche, la Cène ; à droite, le lavement des pieds.
Je lis une ou deux fois l’évangile…
Je demande au Seigneur d’ouvrir mon cœur pour recevoir ce qu’Il veut me dire…
Je regarde la scène …
Le disciple auquel Jésus lave les pieds, Pierre, est au centre du médaillon…Jésus occupe une moitié, en face des disciples « spectateurs » qui occupent l’autre…
Qu’est-ce que cela évoque pour moi ?
Je fais silence en moi, et me dispose à méditer devant cette scène…
Je regarde les attitudes, les expressions…
Jésus, penché, visage serein, tout entier à son action, plein de douceur et de respect…
Pierre regarde Jésus… une main tient son vêtement relevé, l’autre bras est levé et montre sa tête (v.9) …
Les autres disciples groupés, regardent la scène… regards effarés, presque choqués… deux d’entre eux échangent un regard interrogateur…
Jésus, « Maître et Seigneur », assure la tâche réservée aux esclaves…Il se fait serviteur, humblement… La hiérarchie est renversée… Par ce geste, Jésus bouleverse toutes les représentations de Dieu, toutes les idées de puissance que chacun des disciples avait sans doute en tête…
Et pour moi ? Quel visage a Dieu ? En qui je crois ? Quel est mon regard sur la puissance de Dieu ? Comment je la comprends ?
Jésus lave mes pieds à moi aussi… en ai-je bien conscience ? quel sentiment cela fait-il naître en moi ? Comment accueillir ce Dieu à mes pieds ? Comment lui parler ?
Je regarde Jésus, son geste, signe de l’amour infini et miséricordieux du Père pour chacun d’entre nous…
« C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. » (Jn 13, 15) Le Seigneur nous envoie porter au monde son amour, inconditionnellement, fraternellement… Jésus fait de son geste ce jour-là la source de tous nos gestes d’amour pour les autres… de nos gestes faits même à ceux qui nous trahissent
Je regarde mes lieux de vie, mon entourage, mes rencontres…
Peut-être ai-je été témoin de cet amour offert au nom du Christ ?
Et moi ? Comment suis-je appelé.e à faire de même ? Quel regard je porte sur l’autre ? Y vois-je Jésus lui-même ? Quelle place je lui laisse ?
» … heureux êtes-vous, si vous le faites. » (Jn 13,17)
J’écoute Jésus qui nous parle…
Et je lui confie ce qui m’habite… je lui parle, comme un ami parle à un ami, Lui qui m’a montré jusqu’où va l’amour, Lui qui m’aime… je peux lui demander de l’aide… lui dire merci… lui demander pardon… lui dire que je l’aime…