
Louange à toi, Jésus transfiguré !

Louange à toi, Jésus transfiguré !
Nous vous proposons chaque lundi des 5 semaines de Carême, des pistes de méditation et de prière.


Heureux est l’homme
qui n’entre pas au conseil des méchants,
qui ne suit pas le chemin des pécheurs,
ne siège pas avec ceux qui ricanent,
mais se plaît dans la loi du Seigneur
et murmure sa loi jour et nuit !
Il est comme un arbre
planté près d’un ruisseau,
qui donne du fruit en son temps,
et jamais son feuillage ne meurt ;
tout ce qu’il entreprend réussira.
Tel n’est pas le sort des méchants.
Mais ils sont comme la paille
balayée par le vent.
Le Seigneur connaît le chemin des justes,
mais le chemin des méchants se perdra.
En ce début de carême ce psaume nous parle de chemin : « Le Seigneur connait le chemin des juste »
Je me dispose à prier avec le psaume de ce jour.
Je le dis doucement, lentement. Je laisse résonner en moi ces versets .
Quels mots, quels passages me questionnent, m’interpellent? En quoi me rejoignent-ils ?
Qu’est-ce que j’ai envie de dire au Seigneur, de lui demander?
Quels sont ceux qui me réjouissent ?
En quoi je peux louer le Seigneur ?
Alors qu’attendons-nous pour partir ?
N’attends pas
qu’on frappe à ta porte,
pars,
oui, lève-toi, et pars,
parce que
partir signifie ouvrir tout grand sa porte
et laisser l’aventure
s’engouffrer
dans toutes nos lassitudes
nos hésitations.
Pars loin devant toi
ou pars au fond de ton jardin,
pars dans la solitude enfin trouvée,
ou dans l’ivresse du partage amical,
pars pour une heure
une journée
une année
mais surtout pars.
Et, en partant,
oublie de clore ta porte,
alors
à ton retour,
tu ne pourras plus la refermer :
la clématite fleurie de tes souvenirs
la maintiendra ouverte,
le soleil rayonnant de tes mille rencontres
réchauffera ta maison,
la lumière de l’amitié l’illuminera
l’envahira….
t’envahira toi-même.

Bon carême !

Avant d’avoir souffert, je m’égarais ;
maintenant, j’observe tes ordres.
Toi, tu es bon, tu fais du bien :
apprends-moi tes commandements.
C’est pour mon bien que j’ai souffert,
ainsi, ai-je appris tes commandements.
Mon bonheur, c’est la loi de ta bouche,
plus qu’un monceau d’or ou d’argent.
Seigneur, je le sais, tes décisions sont justes ;
tu es fidèle quand tu m’éprouves.
Que j’aie pour consolation ton amour
selon tes promesses à ton serviteur !
Je choisis un endroit calme et confortable, un lieu où je ne serais pas parasité(e) par des sollicitations extérieures.
Je fais silence en moi, je me tourne vers le Seigneur et me dispose à Le rencontrer avec tout ce que je suis.
Je fais mon signe de croix.
Je lis doucement le psaume puis :
Je laisse résonner les paroles du psaume « Toi, tu es bon, Tu fais du bien : apprends-moi tes commandements »
La question fut posé à Jésus pour le mettre à l’épreuve : « Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? ( Matthieu 22, 37-39)
Il a répondu :
« Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. « C’est le premier et le plus grand commandement. « Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même »
L’appel que me lance Jésus est à la fois beau et exigeant. Je commence par lui demander une double grâce.
Qu’il me donne d’entendre cet appel à aimer dans toute sa radicalité. Qu’il me donne aussi de le recevoir avec douceur et patience face à mes limites.
“Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée”.
C’est-à-dire d’un cœur qui n’est pas partagé, divisé.Y a-t-il dans mon cœur, dans ma tête des choses auxquelles je tiens, des choses que je ne peux pas réconcilier avec mon amour pour Dieu ? des choses qui m’égare ? Qu’est-ce que je veux en faire ?
“Tu aimeras ton prochain comme toi-même”.
Je peux me poser la question d’où je place le curseur dans ma vie, entre le soin raisonnable de moi-même et le service des autres ? Où en est cet équilibre, en suis-je satisfait ?
Je fais un petit bilan intérieur : comment est-ce que je me sens à la fin de cette prière ? Spontanément, qu’est-ce que j’en garde ? Je pars de ce tour d’horizon pour m’adresser à Jésus, pour lui dire ce que je désire, avec confiance et spontanéité.
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (2, 22,40)
Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification,
les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur,
selon ce qui est écrit dans la Loi :Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur. Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur :un couple de tourterelles ou deux petites colombes. Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur. Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple. Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait, Syméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant :« Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. »
Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qui était dit de lui. Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère :« Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction– et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. »
Il y avait aussi une femme prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Elle était très avancée en âge ; après sept ans de mariage, demeurée veuve, elle était arrivée à l’âge de 84 ans. Elle ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière. Survenant à cette heure même, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.
Lorsqu’ils eurent achevé tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth.
L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.
Je prends le temps de me disposer pour une rencontre avec le Seigneur et l’écoute de sa Parole. Je trace sur moi le signe de croix. Me rendant attentif à ma respiration, sans la forcer, je prends conscience à travers l’air que je respire que j’appartiens à l’humanité tout entière, à la Création. En même temps, je crois que dans la multitude, Dieu s’adresse à moi personnellement, dans une relation unique. Je demande la grâce de la consolation.
Je lis le texte d’évangile, et retrouve un épisode que je connais bien. Quarante jours après la naissance de Jésus, Joseph et Marie accomplissent les rites juifs : la purification de la femme qui a accouché et la présentation au Temple du premier né « consacré au Seigneur ».
Pas de prêtre pour recevoir Marie et Joseph, mais Syméon, un homme juif extérieur au service du Temple, qui vient, poussé par l’Esprit. Il va prononcer successivement un cantique et un oracle. Une vieille femme, la prophétesse Anne, loue le Seigneur.
Pour accueillir le texte, je m’aide du tableau de Fra Angelico

J’observe le cadre : pas de représentation solennelle du Temple, mais, une relation entre des personnages, un échange de regards. Au-delà du cultuel se joue ici une reconnaissance intérieure du Christ.
Je m’arrête sur le choix des couleurs. Un fond rouge, la robe rouge de Marie et le nimbe crucifère rouge du Christ, en écho à l’oracle de Syméon qui annonce la Passion.
Les tons or des auréoles et des tuniques de Joseph et de Syméon (tunique or et verte, couleur de l’Espérance). Signe du Christ annoncé comme « lumière qui se révèle aux nations. »
Je contemple maintenant les personnages :
Je rends grâce pour la sérénité de cette scène. Sans rien occulter du drame de la Passion, le peintre nous invite à contempler Jésus consolation et lumière des nations.
Le texte met en présence deux vieillards, derniers représentants de l’Ancienne Alliance, reconnaissant dans le nouveau-né, le signe de la consolation, du salut et de la délivrance.
Et moi, dans une Église deux fois millénaire, comment suis-je attentif à la nouveauté de la Bonne Nouvelle ?
Jésus, annoncé comme Messie, est reconnu par Syméon comme « le salut que tu préparais à la face des peuples ».
Et moi, dans le monde troublé que nous vivons, comment est-ce que je comprends le salut apporté par le Christ ?
Après l’accomplissement du rite, Joseph et Marie « retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth ».
Et moi, comment s’articule, dans ma vie, ma pratique religieuse et me vie ordinaire ?
« Maintenant, ô Maître souverain,
tu peux laisser ton serviteur s’en aller
en paix, selon ta parole.
Car mes yeux ont vu le salut
que tu préparais à la face des peuples :
lumière qui se révèle aux nations
et donne gloire à ton peuple Israël. »
Je termine par le signe de croix.

Je me dispose à prier en regardant ce tableau de Vermeer. Je prends le temps de la respiration et me rend disponible. Je peux demander la grâce au Seigneur de voir autrement ce qui fait mon quotidien.
Je prends le temps de contempler le tableau.
Je regarde la femme qui est au centre du tableau ; elle est robuste et porte des habits de servante. Elle est là, dans un humble intérieur, toute absorbée par son activité. De ¾, la tête légèrement penchée, elle regarde le mince filet de lait qui coule de sa cruche et vers lequel converge aussi notre regard.
Ce qui frappe d’abord c’est peut-être la douce clarté qui inonde la pièce ; la lumière qui arrive par la fenêtre à gauche illumine le mur du fond qui irradie la femme et les objets qui sont à l’intérieur. Lumière qui se reflète sur les parties plus claires : la coiffe de la femme ; son buste et ses avant-bras, le filet de lait qui sort de la cruche, puis les morceaux de pain sur la table.
Je regarde les couleurs : le contraste entre le jaune du bustier et le bleu du tablier et du linge posé sur la table ; et aussi le passage entre ces 2 couleurs qui se fait dans le vert du bas des manches retroussées et de la nappe.
Je regarde les accessoires qui tous évoquent la vie ordinaire: le panier et le seau en laiton accrochés au mur à gauche ; la chaufferette au sol ainsi que les quelques carreaux de faïence de Delft en bas du mur ; les objets posés sur la table, une corbeille tressée, une cruche et un plat en terre cuite, un pot de faïence émaillée.
Que m’évoque cette scène d’intérieur ? Quelle atmosphère s’en dégage-t-elle ? N’est-ce pas le caractère calme et paisible d’un instant suspendu, celui du geste d’une cuisinière occupée à son travail domestique ?
Je me souviens de la phrase de St Paul : « …quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu » (1 Co 10,31)
Je peux aussi penser à st Ignace de Loyola qui invite à « Chercher et trouver Dieu en toutes choses » ou encore à ste Bernadette : « Je ne vivrai pas un instant sans que je ne le passe en aimant. »
Ou encore à Madeleine Delbrêl qui a entendu l’appel à vivre l’Evangile dans la vie ordinaire : « nous pensons que faire de toutes petites choses pour Dieu nous le fait autant aimer que de faire de grandes actions. »
Je prends alors le temps de regarder ce qui fait ma vie, au fil de mes journées : les temps de repos, les déplacements, les activités choisies ou subies, les gestes du quotidien…
Quels sont les moments où je suis pleinement présent à ce que je fais ? Où je me sens à ma place, ce qui me procure paix et plénitude ?
Quelles sont les activités qui me pèsent ? Puis-je dire pourquoi ? D’où vient cette insatisfaction ?
Comment je vis tout cela en relation avec le Seigneur ?
Je lui adresse ma prière
Je peux lui rendre grâces pour la vie donnée ; pour ce qui est bon pour moi ; ce qui a eu goût d’Evangile … Je peux lui confier mes difficultés ou mes questionnements ; les personnes avec lesquelles je vis, je travaille ; le monde qui m’entoure…
Je peux aussi envisager la journée de demain et lui demander son aide pour telle ou telle activité ou lui demander de vivre en sa présence ou encore lui offrir tel ou tel travail…
Je termine en disant un Notre Père et en écoutant le chant : « Trouver dans ma vie ta présence ».
Il est fêté ce jour, 22 janvier, et de nombreuses manifestations festives ont lieu dans les régions viticoles.
Vincent est né à Huesca en Espagne au IIIème siècle, il fut ordonné diacre à Saragosse. Persécuté et torturé sur l’ordre de Dacien, préfet de la ville, Vincent est mis à mort à Valence en 304.
Les sermons prononcés par St Augustin à propos de Vincent se présentent, non pas comme des récits biographiques, mais plutôt comme des œuvres doctrinales.
L’auteur met ainsi en avant des qualités morales vouées à l’édification des fidèles. Le nom du diacre, Vincentus, c’est-à-dire le victorieux, sert ici de socle à la prédication de St Augustin.
« La foi vient de nous faire assister à un spectacle magnifique ; nous avons vu Vincent partout vainqueur.
Il a vaincu dans ses paroles
Il a vaincu au milieu des tourments
Il a vaincu en confessant
Il a vaincu en souffrant
Il a vaincu au milieu des flammes
Il a vaincu plongé dans les flots
Enfin il a vaincu quand on l’a torturé
Il a vaincu quand il est mort.
Lorsqu’on jetait de la barque au milieu de la mer son corps ennobli par les trophées du Christ victorieux, il disait en silence : « On nous y jette, mais nous ne périssons pas ».

Saint Vincent est vêtu de l’aube et de la dalmatique (vêtements du diacre), le livre de la Parole sur le cœur. Une meule est attachée à son cou, il foule un Maure de ses pieds et porte la palme du martyre.
Prière à St Vincent : prononcée par Monseigneur Turini à l’occasion de la St Vincent.
Saint Vincent, patron des vignerons, que le bon soleil se lève sur tous ceux que nous aimons, comme sur nos vignes!
Que la joie inonde notre monde comme la douce pluie irrigue notre cœur et quelque l’orage gronde, obtiens-nous humour et pardon.
Saint Vincent toi qui était diacre, c'est-à-dire « serviteur » tourne nos regards vers les plus pauvres, permets que d’autres hommes se mettent à leur tour au service des hommes pour leur plus grand bien matériel et spirituel!
Saint Vincent, toi qui as refusé de trahir ta foi, prie pour que nos incertitudes deviennent convictions et que nos convictions nous rapprochent de la foi.
St Vincent, toi qui as tant souffert, permets que le tiran se transforme en apôtre, que le violent s’attendrisse, qu’aucune souffrance ne soit inutile.
Obtiens que jamais nous ne blessions ni nos amis, ni nos ennemis!
Avec l’aide de St Vincent qui a supporté de souffrir pour sa foi, Seigneur fortifie-nous dans les épreuves
Avec l’aide de St Vincent qui a accepté de mourir pour sa foi, Seigneur donne-nous le sens de la vraie liberté!



Etienne, né en 1952, est le fils du peintre Arcabas. Il travaille habituellement le bronze, en exploitant les diversités chromatiques de la patine. Ses œuvres, sont, pour une part, abstraites, mais toujours figuratives, prenant ainsi valeur de symbole.
Je m’installe à l’écart, dans le silence. Je m’efforce de quitter les bruits ambiants pour me rassembler en moi-même. Désireux de rencontrer le Seigneur, je fais le signe de croix. Je demande la grâce de la disponibilité à la rencontre et à la conversation.
Je prends le temps de contempler cette œuvre.
Quelle impression d’ensemble est-ce que je ressens ?
Suis-je à l’aise devant ces figures stylisées ?
Qu’est-ce qui rapproche et distingue les deux personnages : attitude, expression… ?
Comment la lumière joue-t-elle sur la patine du bronze ?
Je m’arrête maintenant sur le groupe de ces deux silhouettes :
Sculptés dans une matière lourde, ils se caractérisent néanmoins par une grâce aérienne, tenant dans un harmonieux équilibre.
Je médite sur ce qui, dans ma vie, peut me retenir dans la pesanteur, et sur ce qui me permet d’évoluer, de me mouvoir, d’aller à la rencontre. Je rends grâce sur la liberté que me donne mon propre corps.
Ces deux silhouettes se donnent à voir à travers leurs membres (bras, jambes, pieds) et à travers leur visage. Mais, simultanément, elles comportent une part de mystère, dans l’évidement de leur torse, siège du cœur, de l’intériorité, de cet espace sacré qui n’appartient qu’à chacun
Je médite sur ce que je révèle habituellement de moi-même et sur ce que je garde au sein de mon intimité.
Ces deux silhouettes ont des points communs, sont sculptées de la même matière, et pourtant sont bien différentes dans leurs postures.
Je prends le temps de contempler l’espace qui les sépare, lieu de l’altérité. Je médite sur l’humanité commune qui me rapproche de toute personne humaine, et sur ce qui me distingue dans mon individualité.
Je regarde maintenant plus précisément le personnage de droite.

Une posture qui dit l’ouverture, jambes écartées, main tournée vers son interlocuteur qui semble aider la voix à porter. Ce personnage parle.
Je médite sur ma façon dont je prends la parole.
Je regarde enfin plus précisément le personnage de gauche.

Jambes croisées. Main tournée vers le bas, reposant sur le genou. Visage concentré.
Je médite sur la façon dont j’écoute.
Converser, c’est se tourner vers l’autre, dans le désir d’une rencontre, dans le désir de se rejoindre à travers une parole adressée, formulée par l’un, accueillie par l’autre.
Savons-nous, aujourd’hui, prendre ces temps privilégiés, faits de distance respectueuse, de délicatesse partagée, d’une expression respectueuse, d’une écoute attentive ?
« Se rapprocher, s’exprimer, s’écouter, se regarder, se connaître, essayer de se comprendre, chercher des points de contact, tout cela se résume dans le verbe dialoguer. Pour nous rencontrer et nous entraider, nous avons besoin de dialoguer. » (Pape François, Fratelli Tutti, n° 198)
Devant cette sculpture, j’entre en dialogue avec le Seigneur.
M’identifiant au personnage de droite, je m’adresse au seigneur qui m’écoute. M’identifiant au personnage de gauche, j’écoute le Seigneur qui me parle.
Je peux rendre grâce des moments d’écoute où j’entre facilement en relation, je peux aussi confier ce qui m’empêche d’être réceptif ou disponible.
Je confie au Seigneur ceux, qui, dans mon entourage ont besoin d’écoute.
Je termine ma prière en disant le Notre Père, cette prière que le Seigneur laisse à ses disciples lorsqu’ils lui demandent « Seigneur, apprends-nous à prier… » (Mt, 6, 1). Je fais le signe de croix ;

Pour ce temps de prière, je me présente devant Dieu, tel que je suis. Je fais silence et demande au Seigneur, de mieux le connaitre à travers la contemplation de ce tableau.
D’abord, je prends place et regarde:
les lignes, la lumière, les couleurs ; puis je fais attention à ce qui est représenté ; je regarde les détails.
Comment je reçois ce tableau ? Qu’est-ce que cela m’évoque ? Qu’est-ce qui attire mon attention ? Le titre de ce tableau est « l’adoration des mages sous la neige » ; qu’est-ce qui me surprend ?
Je regarde l’ensemble de la scène représentée :
le paysage représenté, les maisons, la neige, les vêtements, les objets… Manifestement cette adoration des mages prend place, non pas à Bethléem au début de notre ère, mais dans un village de la campagne flamande du 16ème siècle.
Que provoque en moi cette inculturation ? L’évènement, relaté dans l’Evangile en Matthieu 2,1-12, a-t-il du sens pour moi aujourd’hui ? Je peux imaginer ma façon de représenter cette scène dans notre société du 21ème siècle.
Le mystère de l’Epiphanie
« c’est que toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Evangile. » (Ep 3,6).
Comment je reçois cette Bonne nouvelle ?
Je regarde maintenant les mages venus adorer l’enfant Jésus

La scène n’occupe qu’une petite place dans l’ensemble du tableau, en bas à gauche. Ici pas d’étoile mais une lumière chaude qui vient de la maison
où se tient Marie portant l’enfant Jésus dans ses bras. Deux des mages sont prosternés tandis que le 3ème s’avance en portant son offrande. Certains villageois les entourent et se tournent eux aussi vers l’enfant.
« Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie. Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrir leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe. » Mt 2, 10-11
Que suscitent- en moi ces gestes d’adoration et d’offrande ? Qui est l’enfant Jésus pour moi ? Quelle attitude ai-je devant lui ? Ai-je quelque chose à lui offrir ?
Je regarde le reste du tableau
Il y a du monde sur cette place de village ! Certains regardent le cortège des chevaux parés de rouge, qui accompagne les mages,


mais d’autres s’en vont ou vaquent à leurs occupations ; les uns coupent du bois, transportent des sacs, vont chercher de l’eau… C’est une scène de vie quotidienne. La visite des mages ne semble pas attirer leur attention.

Mystère de Dieu qui vient humblement partager la vie humaine. Mystère de ce Dieu qui choisit ce qui est petit, humble pour se révéler, au risque de passer inaperçu.
« Et toi Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël » Mt 2, 6 citant l’Ancien Testament.
Mystère de Dieu aussi qui se révèle à ceux qui scrutent le ciel et qui les guide par sa lumière.Et moi, qu’est-ce que je cherche ? A quels signes, je peux reconnaitre la présence de Dieu au cœur de la vie ordinaire ?
Je m’adresse au Seigneur et lui dis ce que cette méditation a provoqué en moi. Je fais monter vers lui ma prière.
Je peux terminer ce temps en disant cette prière de Pierre Charland (Prions en Eglise) :
Avec les trois sages d’Orient
Seigneur Jésus, ta naissance me comble de joie !
Avec les trois sages d’Orient, je viens me prosterner devant toi pour te dire mon émerveillement devant le don de ta vie.
En ce début d’année, je t’offre moi aussi un présent : celui de ma foi et de ma confiance.
Conduis-moi jusqu’à toi, comme l’a fait l’étoile pour les mages.
Garde-moi de la violence et du mensonge,
et inspire-moi une action de grâce pour la grandeur de ta Création.
Guide-moi par ta lumière et revêts-moi de ta paix.
Remplis mon cœur de ton Esprit et rends-le fidèle à ton Evangile.
Je veux construire avec toi un monde d’espérance et d’amour !
En ce temps où la liturgie nous fait contempler la Sainte Famille, nous prenons un temps de prière devant cette représentation de la fuite en Égypte, installée dans la verrière de la chapelle axiale de la cathédrale de Bourges. La verrière primitive, déjà consacrée à la vierge, fut détruite lors des guerres de religion. C’est donc là un vitrail de la Renaissance, influencée par la peinture.

Je me mets à l’écart, faisant silence en moi, pour me rendre disponible à la contemplation. Je demande la grâce de percevoir la proximité de Jésus. Et j’ouvre ce temps de prière en faisant le signe de croix.
J’observe d’abord la scène dans son ensemble pour me remémorer le contexte de cet épisode raconté par Matthieu (2, 13-18). J’aperçois, à l’arrière-plan, Bethléem qui la Sainte Famille doit quitter rapidement. Je repère, dans les cieux, les anges, présence et vigilance de Dieu sur l’aventure humaine de la Sainte Famille. Dans la partie haute, à droite, un détail emprunté aux évangiles apocryphes, la chute des idoles, pour bien souligner que Jésus est désormais le vrai Dieu. J’observe les couleurs, la terre brune, les cieux où l’azur voisine avec le gris des nuages.
Évocation du mystère de l’incarnation, qui unit la terre et le ciel, en Jésus vrai homme et vrai Dieu. Et la végétation verte, signe d’espérance, qui encadre ce tableau : arbres à droite et à gauche, herbes au premier plan. Et je m’arrête une première fois sur les personnages : Marie et Jésus sur un cheval (le maître-verrier a sans doute considéré que le messie ne pouvait pas monter sur un âne !!), et Joseph.
La Sainte Famille en chemin, comme Jésus sera, dans son ministère constamment sur les routes.
Et moi, où en suis-je de mon chemin. En ce début d’année, que puis-je dire de ma route suivie en 2023 ? Quelles balises est-ce que je souhaite me donner pour 2024 ?

Je centre maintenant mon regard sur Marie et Jésus. Tendresse d’une mère pour son enfant. Confiance sereine de l’enfant dans les bras de sa mère.
Magnifique évocation de l’affection chaleureuse dont a besoin toute personne humaine. Cette proximité de Jésus et de Marie m’est offerte. Jésus m’invite à une même intimité.
Et moi, que puis-je dire de ma relation à Jésus ? Puis-je faire mémoire de moments où je ressens cette proximité ? Dois-je confier au Seigneur d’autres moments, où je le sens plutôt distant, voire absent ?

Je me tourne vers la figure de Joseph. Son pas l’emmène vers l’avant, vers l’inconnu, sans doute, mais son regard fixe Marie et Jésus.
Et moi, que puis-dire de ma façon de marcher ? Comment suis-je prêt à accueillir l’inattendu ? Est-ce que je reste attaché au Christ ?
Dans un cœur à cœur avec Dieu, je rends grâce pour ce que la Sainte Famille nous dit de la relation d’amour entre les hommes, et avec Dieu. Je confie ma famille au Seigneur. Je prie pour les familles éprouvées.
Je peux terminer en disant la prière par laquelle le pape François termine son exhortation apostolique Amoris Laetitia, la Joie de l’amour.
Jésus, Marie et Joseph
en vous, nous contemplons la splendeur de l’amour vrai,
en toute confiance nous nous adressons à vous.
Sainte Famille de Nazareth,
fais aussi de nos familles
un lieu de communion et un cénacle de prière, d’authentiques écoles de l’Évangile
et de petites Églises domestiques.
Sainte Famille de Nazareth,
que plus jamais il n’y ait dans les familles
des scènes de violence, d’isolement et de division ;
que celui qui a été blessé ou scandalisé soit, bientôt, consolé et guéri.
Sainte Famille de Nazareth,
fais prendre conscience à tous
du caractère sacré et inviolable de la famille, de sa beauté́ dans le projet de Dieu.
Jésus, Marie et Joseph, Écoutez, exaucez notre prière Amen !
Me souvenant que l’enfant Jésus est aussi celui qui, sur la croix, apporte le salut au monde, je trace sur moi le signe de croix.