Contemplation pour la semaine Sainte – chapelle St Jacques (Monestiés, 81)

A Monestiés, dans le Tarn, la chapelle saint Jacques abrite un groupe statuaire extraordinaire, daté de la fin du 15è siècle : vingt personnages grandeur nature représentent trois scènes de la Passion du Christ. Geneviève Roux, xavière, et Catherine Geoffroy nous en propose une contemplation magnifique, accompagnée de plusieurs hymnes monastiques.

Prier en contemplant un vitrail

Vitrail de la Passion – cathédrale de Bourges
vers 1205-1214

Jn 13, 1-15

Le vitrail de la Passion, dans la cathédrale de Bourges, se trouve dans le déambulatoire.Comme la plupart des vitraux du XIII ème siècle, il se « lit » de bas en haut et de la gauche vers la droite.Sur la 3ème « ligne » : à gauche, la Cène ; à droite, le lavement des pieds.

Je lis une ou deux fois l’évangile

Je demande au Seigneur d’ouvrir mon cœur pour recevoir ce qu’Il veut me dire…

Je regarde la scène

Le disciple auquel Jésus lave les pieds, Pierre, est au centre du médaillon…Jésus occupe une moitié, en face des disciples « spectateurs » qui occupent l’autre…

Je fais silence en moi, et me dispose à méditer devant cette scène…

Je regarde les attitudes, les expressions…

Jésus, penché, visage serein, tout entier à son action, plein de douceur et de respect…

Pierre regarde Jésus… une main tient son vêtement relevé, l’autre bras est levé et montre sa tête (v.9) …

Les autres disciples groupés, regardent la scène… regards effarés, presque choqués… deux d’entre eux échangent un regard interrogateur…

Jésus, « Maître et Seigneur », assure la tâche réservée aux esclaves…Il se fait serviteur, humblement… La hiérarchie est renversée… Par ce geste, Jésus bouleverse toutes les représentations de Dieu, toutes les idées de puissance que chacun des disciples avait sans doute en tête…

Je regarde Jésus, son geste, signe de l’amour infini et miséricordieux du Père pour chacun d’entre nous…

« C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. » (Jn 13, 15) Le Seigneur nous envoie porter au monde son amour, inconditionnellement, fraternellement… Jésus fait de son geste ce jour-là la source de tous nos gestes d’amour pour les autres… de nos gestes faits même à ceux qui nous trahissent

 » … heureux êtes-vous, si vous le faites. » (Jn 13,17)

Puis, avec Lui, m’adresser à Notre Père…

Psaume 105

Le veau d’or. Vitrail du Bon Samaritain
Cathédrale de Bourges.

La liturgie de ce jeudi 14 mars nous fait, au livre de l’Exode, le dialogue entre Moïse et Dieu, quand le peuple s’est fabriqué l’idole du veau d’or. Moïse intercède pour apaiser la colère de Dieu.

Le psaume 105 se fait l’écho de cet épisode de l’histoire du peuple.

Je me mets à l’écart pour me rendre disponible à la voix du psalmiste. Traçant sur moi le signe de la croix, je réponds à l’appel su Seigneur, désireux de venir à ma rencontre.

Je demande la grâce de me souvenir sans cesse de la miséricorde su Seigneur.

Je lis le psaume, lentement, me laissant rejoindre pour percevoir ce que cet épisode rappelé de l’histoire biblique peut me dire, à moi, aujourd’hui.

« Souviens-toi de moi, Seigneur, dans ta bienveillance pour ton peuple. ». Je me situe au sein d’un peuple, l’Église, et toute l’humanité. Mais dans ce peuple, le Seigneur considère chacun… « Souviens-toi de moi… ».

« Ils adorent un objet de métal, ils échangeaient ce qui était leur gloire pour l’image d’un taureau, d’un ruminant. ». Présent, passé se mêlent. Le culte des idoles est de toutes les époques.

« Ils oublient le Dieu qui les sauve ». Quand le psalmiste demande que le Seigneur se souvienne, il reconnaît aussi que nous pouvons oublier…

« Moïse, son élu, surgit sur la brèche, devant lui… ». Je rends grâce pour l’intercession de Moïse, et pour tous ceux qui se tiennent, dans l’intercession, « sur la brèche » des fractures, des conflits…

Je relis le psaume lentement.

Je prends alors un temps de dialogue personnel et intime, avec le Seigneur qui se souvient de moi. Je peux lui présenter, humblement, mes oublis, mes reniements, comme je peux aussi intercéder pour telle ou telle personne.

Je termine par le Notre Père et fais le signe de croix, en ce chemin de carême, où, bientôt nous célèbrerons la Passion.

Psaume 1

En ce début de carême ce psaume nous parle de chemin : « Le Seigneur connait le chemin des juste »

Je me dispose à prier avec le psaume de ce jour.

Je le dis doucement, lentement. Je laisse résonner en moi ces versets .

Quels mots, quels passages me questionnent, m’interpellent? En quoi me rejoignent-ils ?

Qu’est-ce que j’ai envie de dire au Seigneur, de lui demander?

Quels sont ceux qui me réjouissent ?

En quoi je peux louer le Seigneur ?

Alors qu’attendons-nous pour partir ?

N’attends pas 
qu’on frappe à ta porte,
pars,
oui, lève-toi, et pars,
parce que
partir signifie ouvrir tout grand sa porte
et laisser l’aventure
s’engouffrer
dans toutes nos lassitudes
nos hésitations.
Pars loin devant toi
ou pars au fond de ton jardin,
pars dans la solitude enfin trouvée,
ou dans l’ivresse du partage amical,
pars pour une heure
une journée
une année
mais surtout pars.
Et, en partant,
oublie de clore ta porte,
alors
à ton retour,
tu ne pourras plus la refermer :
la clématite fleurie de tes souvenirs
la maintiendra ouverte,
le soleil rayonnant de tes mille rencontres
réchauffera ta maison,
la lumière de l’amitié l’illuminera
l’envahira….
t’envahira toi-même.

Bon carême !

Psaume 118

Je choisis un endroit calme et confortable, un lieu où je ne serais pas parasité(e) par des sollicitations extérieures.

Je fais silence en moi, je me tourne vers le Seigneur et me dispose à Le rencontrer avec tout ce que je suis.

Je fais mon signe de croix.

Je lis doucement le psaume puis :

 Je laisse résonner les paroles du psaume « Toi, tu es bon, Tu fais du bien : apprends-moi tes commandements »

La question fut posé à Jésus pour le mettre à l’épreuve : « Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? ( Matthieu 22, 37-39)

Il a répondu :

L’appel que me lance Jésus est à la fois beau et exigeant. Je commence par lui demander une double grâce.

Qu’il me donne d’entendre cet appel à aimer dans toute sa radicalité. Qu’il me donne aussi de le recevoir avec douceur et patience face à mes limites.

C’est-à-dire d’un cœur qui n’est pas partagé, divisé.Y a-t-il dans mon cœur, dans ma tête des choses auxquelles je tiens, des choses que je ne peux pas réconcilier avec mon amour pour Dieu ? des choses qui m’égare ? Qu’est-ce que je veux en faire ?

Je peux me poser la question d’où je place le curseur dans ma vie, entre le soin raisonnable de moi-même et le service des autres ? Où en est cet équilibre, en suis-je satisfait ?

Je fais un petit bilan intérieur : comment est-ce que je me sens à la fin de cette prière ? Spontanément, qu’est-ce que j’en garde ? Je pars de ce tour d’horizon pour m’adresser à Jésus, pour lui dire ce que je désire, avec confiance et spontanéité.