A Monestiés, dans le Tarn, la chapelle saint Jacques abrite un groupe statuaire extraordinaire, daté de la fin du 15è siècle : vingt personnages grandeur nature représentent trois scènes de la Passion du Christ. Geneviève Roux, xavière, et Catherine Geoffroy nous en propose une contemplation magnifique, accompagnée de plusieurs hymnes monastiques.
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Prier en contemplant un vitrail

vers 1205-1214
Jn 13, 1-15
Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer, Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu, se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ; puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture.
Il arrive donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? » Jésus lui répondit : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. » Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. » Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, mais non pas tous. » Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : « Vous n’êtes pas tous purs. » Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ? Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous.
Le vitrail de la Passion, dans la cathédrale de Bourges, se trouve dans le déambulatoire.Comme la plupart des vitraux du XIII ème siècle, il se « lit » de bas en haut et de la gauche vers la droite.Sur la 3ème « ligne » : à gauche, la Cène ; à droite, le lavement des pieds.
Je lis une ou deux fois l’évangile…
Je demande au Seigneur d’ouvrir mon cœur pour recevoir ce qu’Il veut me dire…
Je regarde la scène …
Le disciple auquel Jésus lave les pieds, Pierre, est au centre du médaillon…Jésus occupe une moitié, en face des disciples « spectateurs » qui occupent l’autre…
Qu’est-ce que cela évoque pour moi ?
Je fais silence en moi, et me dispose à méditer devant cette scène…
Je regarde les attitudes, les expressions…
Jésus, penché, visage serein, tout entier à son action, plein de douceur et de respect…
Pierre regarde Jésus… une main tient son vêtement relevé, l’autre bras est levé et montre sa tête (v.9) …
Les autres disciples groupés, regardent la scène… regards effarés, presque choqués… deux d’entre eux échangent un regard interrogateur…
Jésus, « Maître et Seigneur », assure la tâche réservée aux esclaves…Il se fait serviteur, humblement… La hiérarchie est renversée… Par ce geste, Jésus bouleverse toutes les représentations de Dieu, toutes les idées de puissance que chacun des disciples avait sans doute en tête…
Et pour moi ? Quel visage a Dieu ? En qui je crois ? Quel est mon regard sur la puissance de Dieu ? Comment je la comprends ?
Jésus lave mes pieds à moi aussi… en ai-je bien conscience ? quel sentiment cela fait-il naître en moi ? Comment accueillir ce Dieu à mes pieds ? Comment lui parler ?
Je regarde Jésus, son geste, signe de l’amour infini et miséricordieux du Père pour chacun d’entre nous…
« C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. » (Jn 13, 15) Le Seigneur nous envoie porter au monde son amour, inconditionnellement, fraternellement… Jésus fait de son geste ce jour-là la source de tous nos gestes d’amour pour les autres… de nos gestes faits même à ceux qui nous trahissent
Je regarde mes lieux de vie, mon entourage, mes rencontres…
Peut-être ai-je été témoin de cet amour offert au nom du Christ ?
Et moi ? Comment suis-je appelé.e à faire de même ? Quel regard je porte sur l’autre ? Y vois-je Jésus lui-même ? Quelle place je lui laisse ?
» … heureux êtes-vous, si vous le faites. » (Jn 13,17)
J’écoute Jésus qui nous parle…
Et je lui confie ce qui m’habite… je lui parle, comme un ami parle à un ami, Lui qui m’a montré jusqu’où va l’amour, Lui qui m’aime… je peux lui demander de l’aide… lui dire merci… lui demander pardon… lui dire que je l’aime…
Puis, avec Lui, m’adresser à Notre Père…
« A travers le désert, Dieu nous guide vers la liberté » 5e semaine Carême
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Psaume 105
R/ Souviens-toi de nous, Seigneur,
dans ta bienveillance pour ton peuple.
Souviens-toi de moi, Seigneur,
dans ta bienveillance pour ton peuple.
Avec nos pères, nous avons péché,
nous avons failli et renié.
À l’Horeb ils fabriquent un veau,
ils adorent un objet en métal :
ils échangeaient ce qui était leur gloire
pour l’image d’un taureau, d’un ruminant.
Ils oublient le Dieu qui les sauve,
qui a fait des prodiges en Égypte,
des miracles au pays de Cham,
des actions terrifiantes sur la mer Rouge.
Dieu a décidé de les détruire.
C’est alors que Moïse, son élu,
surgit sur la brèche, devant lui,
pour empêcher que sa fureur les extermine.

Cathédrale de Bourges.
La liturgie de ce jeudi 14 mars nous fait, au livre de l’Exode, le dialogue entre Moïse et Dieu, quand le peuple s’est fabriqué l’idole du veau d’or. Moïse intercède pour apaiser la colère de Dieu.
Le psaume 105 se fait l’écho de cet épisode de l’histoire du peuple.
Je me mets à l’écart pour me rendre disponible à la voix du psalmiste. Traçant sur moi le signe de la croix, je réponds à l’appel su Seigneur, désireux de venir à ma rencontre.
Je demande la grâce de me souvenir sans cesse de la miséricorde su Seigneur.
Je lis le psaume, lentement, me laissant rejoindre pour percevoir ce que cet épisode rappelé de l’histoire biblique peut me dire, à moi, aujourd’hui.
« Souviens-toi de moi, Seigneur, dans ta bienveillance pour ton peuple. ». Je me situe au sein d’un peuple, l’Église, et toute l’humanité. Mais dans ce peuple, le Seigneur considère chacun… « Souviens-toi de moi… ».
Je considère ma relation personnelle au Seigneur. Je médite sur le désir qu’a le Seigneur de se rendre présent à chacun.
« Ils adorent un objet de métal, ils échangeaient ce qui était leur gloire pour l’image d’un taureau, d’un ruminant. ». Présent, passé se mêlent. Le culte des idoles est de toutes les époques.
Je m’arrête, en ce temps de carême, sur des attachements peut-être superficiels, sur des envies peut-être dérisoires, me détournant de l’essentiel. Quelles sont les idoles dont j’ai à me libérer ?
« Ils oublient le Dieu qui les sauve ». Quand le psalmiste demande que le Seigneur se souvienne, il reconnaît aussi que nous pouvons oublier…
Et moi, suis-je fidèle au Seigneur ? M’arrive-t-il de l’oublier ? En marche vers Pâques, qu’est-ce que je perçois du salut que Dieu m’offre par la médiation du Christ ?
« Moïse, son élu, surgit sur la brèche, devant lui… ». Je rends grâce pour l’intercession de Moïse, et pour tous ceux qui se tiennent, dans l’intercession, « sur la brèche » des fractures, des conflits…
Et moi, aujourd’hui, pour qui est-ce que je me sens appelé à intercéder ?
Je relis le psaume lentement.
Je prends alors un temps de dialogue personnel et intime, avec le Seigneur qui se souvient de moi. Je peux lui présenter, humblement, mes oublis, mes reniements, comme je peux aussi intercéder pour telle ou telle personne.
Je termine par le Notre Père et fais le signe de croix, en ce chemin de carême, où, bientôt nous célèbrerons la Passion.
« A travers le désert, Dieu nous guide vers la liberté » 4e semaine Carême

Laissons-nous envelopper par la miséricorde de Dieu
« A travers le désert, Dieu nous guide vers la liberté » 3e semaine Carême

« A travers le désert, Dieu nous guide vers la liberté » 2e semaine Carême

Louange à toi, Jésus transfiguré !
« A travers le désert, Dieu nous guide vers la liberté » 1e semaine Carême
Nous vous proposons chaque lundi des 5 semaines de Carême, des pistes de méditation et de prière.

Psaume 1

Heureux est l’homme
qui n’entre pas au conseil des méchants,
qui ne suit pas le chemin des pécheurs,
ne siège pas avec ceux qui ricanent,
mais se plaît dans la loi du Seigneur
et murmure sa loi jour et nuit !
Il est comme un arbre
planté près d’un ruisseau,
qui donne du fruit en son temps,
et jamais son feuillage ne meurt ;
tout ce qu’il entreprend réussira.
Tel n’est pas le sort des méchants.
Mais ils sont comme la paille
balayée par le vent.
Le Seigneur connaît le chemin des justes,
mais le chemin des méchants se perdra.
En ce début de carême ce psaume nous parle de chemin : « Le Seigneur connait le chemin des juste »
Je me dispose à prier avec le psaume de ce jour.
Je le dis doucement, lentement. Je laisse résonner en moi ces versets .
Quels mots, quels passages me questionnent, m’interpellent? En quoi me rejoignent-ils ?
Qu’est-ce que j’ai envie de dire au Seigneur, de lui demander?
Quels sont ceux qui me réjouissent ?
En quoi je peux louer le Seigneur ?
Alors qu’attendons-nous pour partir ?
N’attends pas
qu’on frappe à ta porte,
pars,
oui, lève-toi, et pars,
parce que
partir signifie ouvrir tout grand sa porte
et laisser l’aventure
s’engouffrer
dans toutes nos lassitudes
nos hésitations.
Pars loin devant toi
ou pars au fond de ton jardin,
pars dans la solitude enfin trouvée,
ou dans l’ivresse du partage amical,
pars pour une heure
une journée
une année
mais surtout pars.
Et, en partant,
oublie de clore ta porte,
alors
à ton retour,
tu ne pourras plus la refermer :
la clématite fleurie de tes souvenirs
la maintiendra ouverte,
le soleil rayonnant de tes mille rencontres
réchauffera ta maison,
la lumière de l’amitié l’illuminera
l’envahira….
t’envahira toi-même.

Bon carême !
Psaume 118

Avant d’avoir souffert, je m’égarais ;
maintenant, j’observe tes ordres.
Toi, tu es bon, tu fais du bien :
apprends-moi tes commandements.
C’est pour mon bien que j’ai souffert,
ainsi, ai-je appris tes commandements.
Mon bonheur, c’est la loi de ta bouche,
plus qu’un monceau d’or ou d’argent.
Seigneur, je le sais, tes décisions sont justes ;
tu es fidèle quand tu m’éprouves.
Que j’aie pour consolation ton amour
selon tes promesses à ton serviteur !
Je choisis un endroit calme et confortable, un lieu où je ne serais pas parasité(e) par des sollicitations extérieures.
Je fais silence en moi, je me tourne vers le Seigneur et me dispose à Le rencontrer avec tout ce que je suis.
Je fais mon signe de croix.
Je lis doucement le psaume puis :
Je laisse résonner les paroles du psaume « Toi, tu es bon, Tu fais du bien : apprends-moi tes commandements »
La question fut posé à Jésus pour le mettre à l’épreuve : « Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? ( Matthieu 22, 37-39)
Il a répondu :
« Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. « C’est le premier et le plus grand commandement. « Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même »
L’appel que me lance Jésus est à la fois beau et exigeant. Je commence par lui demander une double grâce.
Qu’il me donne d’entendre cet appel à aimer dans toute sa radicalité. Qu’il me donne aussi de le recevoir avec douceur et patience face à mes limites.
“Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée”.
C’est-à-dire d’un cœur qui n’est pas partagé, divisé.Y a-t-il dans mon cœur, dans ma tête des choses auxquelles je tiens, des choses que je ne peux pas réconcilier avec mon amour pour Dieu ? des choses qui m’égare ? Qu’est-ce que je veux en faire ?
“Tu aimeras ton prochain comme toi-même”.
Je peux me poser la question d’où je place le curseur dans ma vie, entre le soin raisonnable de moi-même et le service des autres ? Où en est cet équilibre, en suis-je satisfait ?
Je fais un petit bilan intérieur : comment est-ce que je me sens à la fin de cette prière ? Spontanément, qu’est-ce que j’en garde ? Je pars de ce tour d’horizon pour m’adresser à Jésus, pour lui dire ce que je désire, avec confiance et spontanéité.