Psaume 1

En ce début de carême ce psaume nous parle de chemin : « Le Seigneur connait le chemin des juste »

Je me dispose à prier avec le psaume de ce jour.

Je le dis doucement, lentement. Je laisse résonner en moi ces versets .

Quels mots, quels passages me questionnent, m’interpellent? En quoi me rejoignent-ils ?

Qu’est-ce que j’ai envie de dire au Seigneur, de lui demander?

Quels sont ceux qui me réjouissent ?

En quoi je peux louer le Seigneur ?

Alors qu’attendons-nous pour partir ?

N’attends pas 
qu’on frappe à ta porte,
pars,
oui, lève-toi, et pars,
parce que
partir signifie ouvrir tout grand sa porte
et laisser l’aventure
s’engouffrer
dans toutes nos lassitudes
nos hésitations.
Pars loin devant toi
ou pars au fond de ton jardin,
pars dans la solitude enfin trouvée,
ou dans l’ivresse du partage amical,
pars pour une heure
une journée
une année
mais surtout pars.
Et, en partant,
oublie de clore ta porte,
alors
à ton retour,
tu ne pourras plus la refermer :
la clématite fleurie de tes souvenirs
la maintiendra ouverte,
le soleil rayonnant de tes mille rencontres
réchauffera ta maison,
la lumière de l’amitié l’illuminera
l’envahira….
t’envahira toi-même.

Bon carême !

Psaume 118

Je choisis un endroit calme et confortable, un lieu où je ne serais pas parasité(e) par des sollicitations extérieures.

Je fais silence en moi, je me tourne vers le Seigneur et me dispose à Le rencontrer avec tout ce que je suis.

Je fais mon signe de croix.

Je lis doucement le psaume puis :

 Je laisse résonner les paroles du psaume « Toi, tu es bon, Tu fais du bien : apprends-moi tes commandements »

La question fut posé à Jésus pour le mettre à l’épreuve : « Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? ( Matthieu 22, 37-39)

Il a répondu :

L’appel que me lance Jésus est à la fois beau et exigeant. Je commence par lui demander une double grâce.

Qu’il me donne d’entendre cet appel à aimer dans toute sa radicalité. Qu’il me donne aussi de le recevoir avec douceur et patience face à mes limites.

C’est-à-dire d’un cœur qui n’est pas partagé, divisé.Y a-t-il dans mon cœur, dans ma tête des choses auxquelles je tiens, des choses que je ne peux pas réconcilier avec mon amour pour Dieu ? des choses qui m’égare ? Qu’est-ce que je veux en faire ?

Je peux me poser la question d’où je place le curseur dans ma vie, entre le soin raisonnable de moi-même et le service des autres ? Où en est cet équilibre, en suis-je satisfait ?

Je fais un petit bilan intérieur : comment est-ce que je me sens à la fin de cette prière ? Spontanément, qu’est-ce que j’en garde ? Je pars de ce tour d’horizon pour m’adresser à Jésus, pour lui dire ce que je désire, avec confiance et spontanéité.

Avec quelques jours de retard, méditons la Présentation au Temple

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (2, 22,40)

Je prends le temps de me disposer pour une rencontre avec le Seigneur et l’écoute de sa Parole. Je trace sur moi le signe de croix. Me rendant attentif à ma respiration, sans la forcer, je prends conscience à travers l’air que je respire que j’appartiens à l’humanité tout entière, à la Création. En même temps, je crois que dans la multitude, Dieu s’adresse à moi personnellement, dans une relation unique. Je demande la grâce de la consolation.

Je lis le texte d’évangile, et retrouve un épisode que je connais bien. Quarante jours après la naissance de Jésus, Joseph et Marie accomplissent les rites juifs : la purification de la femme qui a accouché et la présentation au Temple du premier né « consacré au Seigneur ».

Pas de prêtre pour recevoir Marie et Joseph, mais Syméon, un homme juif extérieur au service du Temple, qui vient, poussé par l’Esprit. Il va prononcer successivement un cantique et un oracle. Une vieille femme, la prophétesse Anne, loue le Seigneur.

Pour accueillir le texte, je m’aide du tableau de Fra Angelico

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J’observe le cadre : pas de représentation solennelle du Temple, mais, une relation entre des personnages, un échange de regards. Au-delà du cultuel se joue ici une reconnaissance intérieure du Christ.

Je m’arrête sur le choix des couleurs. Un fond rouge, la robe rouge de Marie et le nimbe crucifère rouge du Christ, en écho à l’oracle de Syméon qui annonce la Passion.

Les tons or des auréoles et des tuniques de Joseph et de Syméon (tunique or et verte, couleur de l’Espérance). Signe du Christ annoncé comme « lumière qui se révèle aux nations. »

Je contemple maintenant les personnages :

  • Tous les regards sont tournés vers Jésus.
  • Joseph, présentant les deux tourterelles qui vont être sacrifiées, conformément à la prescription du Livre du Lévitique. (12, 1-4). Le regard de Joseph dit la profondeur de son écoute de l’oracle de Syméon. Étonnement, peut-être saisissement.
  • Marie, qui tend les mains en un geste d’offrande. Elle fait don de son fils. Au sacrifice rituel prescrit par la Loi se substituera bientôt l’offrande par Jésus, de sa vie.
  • Syméon « qui reçut l’enfant dans ses bras ». L’intense échange de regards entre Syméon et Jésus souligne l’accomplissement de la promesse, pour Syméon qui sut reconnaître dans ce nouveau-né la consolation d’Israël.
  • Sur la droite, la prophétesse Anne qui contemple Jésus, prosternée.
  • Sur la gauche, St Dominique. Fra Angelico est dominicain. La figure du dominicain représente l’Église, dépositaire de la Nouvelle Alliance.

Je rends grâce pour la sérénité de cette scène. Sans rien occulter du drame de la Passion, le peintre nous invite à contempler Jésus consolation et lumière des nations.

Le texte met en présence deux vieillards, derniers représentants de l’Ancienne Alliance, reconnaissant dans le nouveau-né, le signe de la consolation, du salut et de la délivrance.

Jésus, annoncé comme Messie, est reconnu par Syméon comme « le salut que tu préparais à la face des peuples ».

Après l’accomplissement du rite, Joseph et Marie « retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth ».

  • Je prends maintenant le temps de m’adresser personnellement au Seigneur. Je peux lui rendre grâce pour les germes de nouveauté que je pressens aujourd’hui. Je peux lui présenter mes résistances à la nouveauté. Je prie pour ceux, qui ont aujourd’hui, besoin de connaître la délivrance.
  • Dans ma prière, je m’unis aux consacrés fêtés à l’occasion de la fête de la Présentation au Temple. Je prie le cantique de Syméon, dit chaque jour à l’office de complies, comme une expression privilégiée, à la fin du jour, de gratitude, de paix et d’espérance.
« Maintenant, ô Maître souverain,
tu peux laisser ton serviteur s’en aller
en paix, selon ta parole.
Car mes yeux ont vu le salut
que tu préparais à la face des peuples :
lumière qui se révèle aux nations
et donne gloire à ton peuple Israël. »

Je termine par le signe de croix.

Prier avec le quotidien vu par Vermeer

La laitière -Huile sur toile 45,5 x 41 cm- Johannes Vermeer – Delft – 1658

Je me dispose à prier en regardant ce tableau de Vermeer. Je prends le temps de la respiration et me rend disponible. Je peux demander la grâce au Seigneur de voir autrement ce qui fait mon quotidien.

Je regarde la femme qui est au centre du tableau ; elle est robuste et porte des habits de servante. Elle est là, dans un humble intérieur, toute absorbée par son activité. De ¾, la tête légèrement penchée, elle regarde le mince filet de lait qui coule de sa cruche et vers lequel converge aussi notre regard.

Ce qui frappe d’abord c’est peut-être la douce clarté qui inonde la pièce ; la lumière  qui arrive par la fenêtre à gauche illumine le mur du fond qui irradie la femme et les objets qui sont à l’intérieur. Lumière qui se reflète sur les parties plus claires : la coiffe de la femme ;  son buste et ses avant-bras, le filet de lait qui sort de la cruche, puis les morceaux de pain sur la table.

Je regarde les couleurs : le contraste entre le jaune du bustier et le bleu du tablier et du linge posé sur la table ;  et aussi  le passage entre ces 2 couleurs  qui se fait dans le vert du bas des manches retroussées et de la nappe.

Je regarde les accessoires qui tous évoquent la vie ordinaire: le panier et  le seau en laiton accrochés au mur à gauche ; la chaufferette au sol ainsi que les quelques carreaux de faïence de Delft en bas du mur ; les objets posés sur la table, une corbeille tressée, une cruche et un plat en terre cuite, un pot de faïence émaillée.

Je peux aussi penser à st Ignace de Loyola qui invite à « Chercher et trouver Dieu en toutes choses » ou encore à ste Bernadette : « Je ne vivrai pas un instant sans que je ne le passe en aimant. »

Ou encore à Madeleine Delbrêl qui a entendu l’appel à vivre l’Evangile dans la vie ordinaire : « nous pensons que faire de toutes petites choses pour Dieu nous le fait autant aimer que de faire de grandes actions. »

Je prends alors le temps de regarder ce qui fait ma vie, au fil de mes journées : les temps de repos, les déplacements, les activités choisies ou subies, les gestes du quotidien…

Quels sont les moments où je suis pleinement présent à ce que je fais ? Où je me sens à ma place,  ce qui me procure paix et plénitude ?

Quelles sont les activités qui me pèsent ? Puis-je dire pourquoi ? D’où vient cette insatisfaction ?

Comment je vis tout cela en relation avec le Seigneur ?

Je peux lui rendre grâces pour la vie donnée ; pour ce qui est bon pour moi ; ce qui a eu goût d’Evangile … Je peux lui confier mes difficultés ou mes questionnements ;  les personnes avec lesquelles je vis, je travaille ; le monde qui m’entoure…

Je peux aussi envisager la journée de demain et lui demander son aide pour telle ou telle activité ou lui demander  de vivre en sa présence ou encore  lui offrir tel ou tel travail…

Je termine en disant un Notre Père et en écoutant le chant : « Trouver dans ma vie ta présence ».

Qui est Saint Vincent, patron des vignerons ?

Il est fêté ce jour, 22 janvier, et de nombreuses manifestations festives ont lieu dans les régions viticoles.

Vincent est né à Huesca en Espagne au IIIème siècle, il fut ordonné diacre à Saragosse. Persécuté et torturé sur l’ordre de Dacien, préfet de la ville, Vincent est mis à mort à Valence en 304.

Les sermons prononcés par St Augustin à propos de Vincent se présentent, non pas comme des récits biographiques, mais plutôt comme des œuvres doctrinales.

L’auteur met ainsi  en avant des qualités morales vouées à l’édification des fidèles. Le nom du diacre, Vincentus, c’est-à-dire le victorieux, sert ici de socle à la prédication de St Augustin.

Tableau de Tomas GINER musée du Prado-1462-1466

Saint Vincent est vêtu de l’aube et de la dalmatique (vêtements du diacre), le livre de la Parole sur le cœur.  Une meule est attachée à son  cou, il foule un Maure de ses pieds  et porte la palme du martyre.

Prière à St Vincent :  prononcée par Monseigneur Turini à l’occasion de la St Vincent.

Néons sur Creuse-Brenne

Prier à partir d’une sculpture. Conversation d’Etienne

Etienne, né en 1952, est le fils du peintre Arcabas. Il travaille habituellement le bronze, en exploitant les diversités chromatiques de la patine. Ses œuvres, sont, pour une part, abstraites, mais toujours figuratives, prenant ainsi valeur de symbole.

Je m’installe à l’écart, dans le silence. Je m’efforce de quitter les bruits ambiants pour me rassembler en moi-même. Désireux de rencontrer le Seigneur, je fais le signe de croix. Je demande la grâce de la disponibilité à la rencontre et à la conversation.

Quelle impression d’ensemble est-ce que je ressens ?

Suis-je à l’aise devant ces figures stylisées ?

Qu’est-ce qui rapproche et distingue les deux personnages : attitude, expression… ?

Comment la lumière joue-t-elle sur la patine du bronze ?

Sculptés dans une matière lourde, ils se caractérisent néanmoins par une grâce aérienne, tenant dans un harmonieux équilibre.

Ces deux silhouettes se donnent à voir à travers leurs membres (bras, jambes, pieds) et à travers leur visage. Mais, simultanément, elles comportent une part de mystère, dans l’évidement de leur torse, siège du cœur, de l’intériorité, de cet espace sacré qui n’appartient qu’à chacun

Ces deux silhouettes ont des points communs, sont sculptées de la même matière, et pourtant sont bien différentes dans leurs postures.

Une posture qui dit l’ouverture, jambes écartées, main tournée vers son interlocuteur qui semble aider la voix à porter. Ce personnage parle.

Jambes croisées. Main tournée vers le bas, reposant sur le genou. Visage concentré.

Converser, c’est se tourner vers l’autre, dans le désir d’une rencontre, dans le désir de se rejoindre à travers une parole adressée, formulée par l’un, accueillie par l’autre.

Savons-nous, aujourd’hui, prendre ces temps privilégiés, faits de distance respectueuse, de délicatesse partagée, d’une expression respectueuse, d’une écoute attentive ?

« Se rapprocher, s’exprimer, s’écouter, se regarder, se connaître, essayer de se comprendre, chercher des points de contact, tout cela se résume dans le verbe dialoguer. Pour nous rencontrer et nous entraider, nous avons besoin de dialoguer. » (Pape François, Fratelli Tutti, n° 198)

M’identifiant au personnage de droite, je m’adresse au seigneur qui m’écoute. M’identifiant au personnage de gauche, j’écoute le Seigneur qui me parle.

Je peux rendre grâce des moments d’écoute où j’entre facilement en relation, je peux aussi confier  ce qui m’empêche d’être réceptif ou disponible.

Je confie au Seigneur ceux, qui, dans mon entourage ont besoin d’écoute.

Je termine ma prière en disant le Notre Père, cette prière que le Seigneur laisse à ses disciples lorsqu’ils lui demandent « Seigneur, apprends-nous à prier… » (Mt, 6, 1). Je fais le signe de croix ;

 Prier avec «  l’adoration des mages »

Adoration des mages sous la neige – Huile sur bois – Pierre Brueghel  le Jeune (1564-1638)

Pour ce temps de prière,  je me présente devant Dieu, tel que je suis. Je fais silence et demande au Seigneur, de mieux le connaitre  à travers la contemplation de  ce tableau.

D’abord, je prends place et  regarde

les lignes, la lumière, les couleurs ; puis je fais attention à ce qui est représenté ; je regarde les détails.

Comment je reçois ce tableau ? Qu’est-ce que cela m’évoque ? Qu’est-ce qui attire mon attention ? Le titre de ce tableau est « l’adoration des mages sous la neige » ; qu’est-ce qui me surprend ?

Je regarde l’ensemble de la scène représentée :

le paysage représenté, les maisons, la neige, les vêtements, les objets… Manifestement cette adoration des mages prend place, non pas à Bethléem  au début de notre ère, mais dans un village de la campagne flamande du 16ème siècle.

Que provoque en moi cette inculturation ? L’évènement, relaté dans l’Evangile en Matthieu 2,1-12, a-t-il du sens pour moi aujourd’hui ? Je peux imaginer ma façon de représenter cette scène dans notre société du 21ème  siècle.

Le mystère de l’Epiphanie

Comment  je reçois cette Bonne nouvelle ?

Je regarde maintenant les mages venus adorer l’enfant Jésus

La scène n’occupe qu’une petite place dans l’ensemble du tableau, en bas à gauche. Ici pas d’étoile mais une  lumière chaude qui  vient de la maison 

où se tient Marie portant l’enfant Jésus dans ses bras.  Deux des mages sont prosternés tandis que le 3ème s’avance en portant son offrande. Certains villageois les entourent et se tournent eux aussi vers l’enfant.

Que suscitent- en moi ces gestes d’adoration et d’offrande ? Qui est l’enfant Jésus pour moi ? Quelle attitude ai-je devant lui ? Ai-je quelque chose à lui offrir ?

Je regarde le reste du tableau

Il y a du monde sur cette place de village ! Certains regardent le cortège des chevaux parés de rouge,  qui accompagne les mages,

mais d’autres s’en vont ou vaquent à leurs occupations ; les uns coupent du bois, transportent des sacs, vont chercher de l’eau… C’est une scène de vie quotidienne. La visite des mages ne semble pas attirer leur attention.

Mystère de Dieu qui vient humblement partager la vie humaine. Mystère de ce Dieu qui choisit ce qui est petit, humble pour  se révéler, au risque de passer inaperçu.

Mystère de Dieu aussi qui se révèle à ceux qui scrutent le ciel et qui les guide par sa lumière.Et moi, qu’est-ce que je cherche ?  A quels  signes, je peux reconnaitre la présence de Dieu  au cœur de la vie ordinaire ?

Je m’adresse au Seigneur et lui dis ce que cette méditation a provoqué en moi. Je fais monter vers lui ma prière.

Je peux terminer ce temps en disant cette  prière de Pierre Charland (Prions en Eglise) :

Avec les trois sages d’Orient
Seigneur Jésus, ta naissance me comble de joie !
Avec les trois sages d’Orient, je viens me prosterner devant toi pour te dire mon émerveillement devant le don de ta vie.
En ce début d’année, je t’offre moi aussi un présent : celui de ma foi et de ma confiance.
Conduis-moi jusqu’à toi, comme l’a fait l’étoile pour les mages.
Garde-moi de la violence et du mensonge,
et inspire-moi une action de grâce pour la grandeur de ta Création.
Guide-moi par ta lumière et revêts-moi de ta paix.
Remplis mon cœur de ton Esprit et rends-le fidèle à ton Evangile.
Je veux construire avec toi un monde d’espérance et d’amour !

Prier avec la Sainte Famille

En ce temps où la liturgie nous fait contempler la Sainte Famille, nous prenons un temps de prière devant cette représentation de la fuite en Égypte, installée dans la verrière de la chapelle axiale de la cathédrale de Bourges. La verrière primitive, déjà consacrée à la vierge, fut détruite lors des guerres de religion. C’est donc là un vitrail de la Renaissance, influencée par la peinture.

Je me mets à l’écart, faisant silence en moi, pour me rendre disponible à la contemplation. Je demande la grâce de percevoir la proximité de Jésus. Et j’ouvre ce temps de prière en faisant le signe de croix.

J’observe d’abord la scène dans son ensemble pour me remémorer le contexte de cet épisode raconté par Matthieu (2, 13-18). J’aperçois, à l’arrière-plan, Bethléem qui la Sainte Famille doit quitter rapidement. Je repère, dans les cieux, les anges, présence et vigilance de Dieu sur l’aventure humaine de la Sainte Famille. Dans la partie haute, à droite, un détail emprunté aux évangiles apocryphes, la chute des idoles, pour bien souligner que Jésus est désormais le vrai Dieu. J’observe les couleurs, la terre brune, les cieux où l’azur voisine avec le gris des nuages.

Évocation du mystère de l’incarnation, qui unit la terre et le ciel, en Jésus vrai homme et vrai Dieu. Et la végétation verte, signe d’espérance, qui encadre ce tableau : arbres à droite et à gauche, herbes au premier plan. Et je m’arrête une première fois sur les personnages : Marie et Jésus sur un cheval (le maître-verrier a sans doute considéré que le messie ne pouvait pas monter sur un âne !!), et Joseph.

La Sainte Famille en chemin, comme Jésus sera, dans son ministère constamment sur les routes.

Je centre maintenant mon regard sur Marie et Jésus. Tendresse d’une mère pour son enfant. Confiance sereine de l’enfant dans les bras de sa mère.

Magnifique évocation de l’affection chaleureuse dont a besoin toute personne humaine. Cette proximité de Jésus et de Marie m’est offerte. Jésus m’invite à une même intimité.

Je me tourne vers la figure de Joseph. Son pas l’emmène vers l’avant, vers l’inconnu, sans doute, mais son regard fixe Marie et Jésus.

Dans un cœur à cœur avec Dieu, je rends grâce pour ce que la Sainte Famille nous dit de la relation d’amour entre les hommes, et avec Dieu. Je confie ma famille au Seigneur. Je prie pour les familles éprouvées.

Je peux terminer en disant la prière par laquelle le pape François termine son exhortation apostolique Amoris Laetitia, la Joie de l’amour.

Jésus, Marie et Joseph
en vous, nous contemplons la splendeur de l’amour vrai,
en toute confiance nous nous adressons à vous.
Sainte Famille de Nazareth,
fais aussi de nos familles
un lieu de communion et un cénacle de prière, d’authentiques écoles de l’Évangile
et de petites Églises domestiques.
Sainte Famille de Nazareth,
que plus jamais il n’y ait dans les familles
des scènes de violence, d’isolement et de division ;
que celui qui a été blessé ou scandalisé soit, bientôt, consolé et guéri.
Sainte Famille de Nazareth,
fais prendre conscience à tous
du caractère sacré et inviolable de la famille, de sa beauté́ dans le projet de Dieu.
Jésus, Marie et Joseph, Écoutez, exaucez notre prière Amen !

Me souvenant que l’enfant Jésus est aussi celui qui, sur la croix, apporte le salut au monde, je trace sur moi le signe de croix.