
(Liturgie des Heures – Intercession) Contemplons avec respect le corps de Jésus déposé de la croix et mis au sépulcre.
Ô Christ Sauveur, comme le grain tombé en terre, tu as connu le tombeau :
prends-nous dans le mystère de ta mort.
Ô Christ enseveli, ta mère a veillé dans la foi :
fais-nous participer à son espérance.
Ô Christ, nouvel Adam, tu es descendu aux enfers pour délivrer les justes :
entraîne à la vie ceux que le Père t’a donnés.
Ô Christ vivant, nous avons plongé avec toi dans l’eau et le feu :
fais-nous remonter de la mort à la vie.
Homélie fameuse du 4ème siècle, attribuée à l’évêque Épiphane pour la Samedi Saint
Que se passe-t-il ? Aujourd’hui, grand silence sur la terre ; grand silence et grande solitude parce que le Roi dort. Dieu s’est endormi dans la chair, il est allé réveiller ceux qui dormaient depuis des siècles. Il va chercher Adam, notre premier Père, la brebis perdue. Il veut visiter tous ceux qui sont assis dans les ténèbres, à l’ombre de la mort.
Descendons donc avec lui pour voir l’Alliance entre Dieu et les hommes. Là se trouve Adam, le premier Père, et comme premier créé, enterré plus profondément que tous les condamnés. Là se trouve Abel, le premier mort, et figure du Christ tué par ses frères. Là se trouve Noé, figure du Christ, qui construisit la grande arche de Dieu, l’Église. Là se trouve Abraham, un père pour le Christ, qui mit sa foi en Dieu sans rien retenir. Là demeure Moïse, qui annonçait la loi du Christ. Là se trouvent tous les prophètes. Et l’un d’entre eux s’écrie : Du ventre de l’enfer, entends mon cri ! Et un autre : Fais briller sur nous ta face et nous serons sauvés…
Mais, comme le Seigneur pénétrait dans les lieux inférieurs, Adam entendit ses pas. Il reconnut la voix de celui qui cheminait dans les allées de la mort. Et le Seigneur entra, muni de la croix, l’arme de sa victoire. Et lui ayant saisi la main, il lui dit : Éveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera. Je suis ton Dieu, qui pour toi suis devenu ton Fils. Lève-toi, toi qui dormais, car je ne t’ai pas créé pour que tu restes enchaîné dans l’enfer. Lève-toi, l’œuvre de mes mains, toi qui fus créé à mon image. Lève-toi et partons d’ici, car tu es en moi et je suis en toi.
Vois les crachats sur mon visage, vois les soufflets sur mes joues : je les ai subis pour rétablir en mon image ta beauté détruite. Vois la flagellation sur mon dos : je l’ai subie pour éloigner de tes épaules le fardeau de tes péchés. Vois mes mains qui furent clouées au bois, à cause de toi qui autrefois as péché en tendant la main vers le bois.
Lève-toi et partons d’ici, de la mort à la vie, de la corruption à l’immortalité. Levez-vous, partons d’ici et allons de la douleur à la joie, de la prison à la Jérusalem céleste, des chaînes à la liberté, de la terre au ciel. Mon Père céleste attend la brebis perdue, la salle des noces est préparée, le Royaume des Cieux qui existait avant tous les siècles vous attend.
Entrons maintenant en prière avec cette méditation.
Que ma prière vienne jusqu’à toi.





































