Souviens-toi de nous, Seigneur,dans ta bienveillance pour ton peuple.
Souviens-toi de moi, Seigneur, dans ta bienveillance pour ton peuple. Avec nos pères, nous avons péché, nous avons failli et renié.
À l’Horeb ils fabriquent un veau, ils adorent un objet en métal : ils échangeaient ce qui était leur gloire pour l’image d’un taureau, d’un ruminant.
Ils oublient le Dieu qui les sauve, qui a fait des prodiges en Égypte, des miracles au pays de Cham, des actions terrifiantes sur la mer Rouge.
Dieu a décidé de les détruire. C’est alors que Moïse, son élu, surgit sur la brèche, devant lui, pour empêcher que sa fureur les extermine.
Ce psaume retrace certains épisodes de l’histoire israélite, dont le priant se sent solidaire. Ces versets retracent notamment la traversée du désert.
Je m’installe à l’écart, fais silence en moi autant que possible, et demande au Seigneur la grâce de le rencontrer en vérité…
Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.
Je lis le psaume une première fois, lentement, laissant les images suscitées apparaître…faisant mémoire de cette histoire de mes frères aînés dans la foi…
Puis je le relis…
Souviens-toi de moi, Seigneur, dans ta bienveillance pour ton peuple. Avec nos pères, nous avons péché, nous avons failli et renié.
Comme le psalmiste, je m’inscris dans un peuple…
Est-ce que je me sens solidaire de l’Eglise, Corps du Christ ? Quel est mon regard sur elle, sur son histoire ?
Ce psaume souligne la responsabilité du peuple dans une histoire qui a un double aspect : l’œuvre de la grâce de Dieu nous conduit vers le Salut, au-delà des obstacles et des difficultés ; mais notre marche est ralentie par nos détours et nos faux pas…
Et moi ? Où en suis-je dans cette marche ? Quels faux pas puis-je repérer ? Suis-je attentif.ve à la présence du Seigneur dans ma vie ?
En particulier, pendant cette traversée du désert que représente le Carême, que puis-je convertir davantage ? Où en suis-je avec le sacrement de réconciliation ?
Dans la confiance, je confie au Seigneur ce qui m’habite : mes interrogations, mon désir, mon action de grâce, ma demande de pardon…
Je rejoins toute l’Église en disant la prière que le Christ nous a laissée : « Notre Père… »
En cette année jubilaire, l’Eglise invite à se rendre en pèlerinage à Rome ; à se mettre en marche, à prendre le chemin… afin de nourrir et fortifier l’espérance, « compagne irremplaçable qui laisse entrevoir le but : la rencontre avec le Seigneur Jésus. »
Nous prions aujourd’hui en prenant appui sur les aquarelles d’Olivier Jochyms et sur des extraits du § 5 de « L’espérance ne déçoit pas » du pape François.
Nous entrons dans ce temps de prière en nous posant et en faisant silence. Le Seigneur est présent. Nous nous tournons vers Lui et nous lui demandons la grâce de désirer entrer dans la démarche jubilaire. An nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.
Aquarelle Olivier Jochyms
« Ce n’est pas un hasard si le pèlerinage est un élément fondamental de tout événement jubilaire. Se mettre en marche est caractéristique de celui qui va à la recherche du sens de la vie. Le pèlerinage à pied est très propice à la redécouverte de la valeur du silence, de l’effort, de l’essentiel. »
Si j’ai déjà l’expérience du pèlerinage, je me remémore ce que j’ai vécu. Qu’est ce que cela m’a apporté ? Quelles ont été mes découvertes ? Ai-je le désir de reprendre le chemin ?
Si je ne peux marcher, quelle démarche pourrais-je entreprendre pour prendre du recul et revenir à l’essentiel ? Qu’est ce qui serait bon pour moi, pour raviver mon espérance ? En quel lieu me rendre, quel temps fort vivre, pour me ressourcer ?
Aquarelle Olivier Jochyms
« Transiter d’un pays à l’autre comme si les frontières étaient abolies, passer d’une ville à une autre dans la contemplation de la création et des œuvres d’art, permettra de tirer profit des expériences et des cultures diverses pour porter en soi la beauté qui, harmonisée par la prière, conduit à remercier Dieu pour les merveilles qu’Il a accomplies. »
Je reviens sur mon expérience de pèlerinage : quelle place a eu la nature lors de ma pérégrination ? A-t-elle été source d’action de grâces ? Ai-je traversé des lieux dont la beauté m’a porté, des paysages mais aussi des œuvres d’art bâties par ceux qui m’ont précédé.
Si je n’ai pas marché, je prends le temps d’évoquer des lieux qui sont porteurs pour moi. Lieux où la beauté de la création me rejoint – Lieux qui font partie de notre patrimoine et qui m’apaisent, me portent à la prière ou m’émerveillent.
Aquarelle Olivier Jochyms
Les églises jubilaires, le long des itinéraires et dans l’Urbs, seront des oasis de spiritualité où l’on pourra se rafraîchir sur le chemin de la foi et s’abreuver aux sources de l’espérance, avant tout en s’approchant du sacrement de la réconciliation, point de départ irremplaçable d’un véritable chemin de conversion.
Rome, lieu de pèlerinage mais aussi de nombreuses églises jubilaires, cathédrales, basiliques, sanctuaires…
Qu’est-ce qui peut être pour moi, une oasis de spiritualité où il fait bon s’abreuver ? Un lieu où je peux goûter à la joie d’être pardonné ?
Car l’espérance repose sur la foi en un dieu de miséricorde et sur la foi que rien ne pourra nous séparer de l’amour du Christ. « J’en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les anges ni les Principautés célestes, ni le présent ni l’avenir, ni les Puissances, ni les hauteurs, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur » Rm 8, 38-39
Après ce temps de méditation, je m’adresse au Seigneur. Quelle parole me vient : un merci, un cri de louange ? Un désir, une demande… ? Je lui parle en toute confiance.
En cette veille de l’Annonciation, retournons sur les pas de Marie, vers le sanctuaire marial de la colline de Sion en Lorraine.
Sur le chemin de ronde, nous attend un chemin de Croix…
Ce « Chemin de Croix » a été réalisé en 1952 et rénové en 1970 par frère Willi Gunschmann, ancien prisonnier allemand devenu Oblat de Marie Immaculée et qui a désiré rester en France pour travailler à la réconciliation des peuples allemand et français. Signe concret du pardon réalisé, témoin de la fraternité avec d’autres européens avant l’heure, frère Willi a signé à Sion, les premières lignes vivantes d’un nouveau traité de Paix.
Ce parcours ne suit pas les 14 stations traditionnelles. Il invite plutôt à une méditation plus personnelle… Les symboles écrits dans le verre et le béton sont là pour nous y aider.
Je me dispose à accueillir ce temps de méditation.
Je m’installe à l’écart, fais silence en moi et me mets en marche sur le chemin proposé….
1.M’ouvrir à ce chemin La parole du psaume « Aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur » ouvre ce chemin, celui de ma vie…à la suite du Christ…
Rester attentif.ve, éveillé.e…car ce que Dieu veut me dire en Jésus son Bien-aimé, ne peut s’entendre que si je reste le cœur ouvert. Le don de la vie du Fils ne se peut comprendre que si je suis réceptif.ve et accueillant.e.
2-Ton serviteur écoute Mains ouvertes en signe d’offrande, de disponibilité : » Me voici Seigneur « .
Être prêt comme Samuel qui, à l’appel du Seigneur, répond : » Parle Seigneur, ton serviteur écoute… » Être prêt pour vivre et bâtir la paix, celle qui dure, celle que Dieu peut donner… Suis-je bien volontaire pour ce travail ?
3-Le poids du péché te courbe Une personne à genoux, doublée de son ombre et qui tourne le dos à la lumière… L’ombre de nos mauvais penchants qui nous courbent et nous empêchent de regarder plus loin, plus haut, dans la bonne direction……qui tordent et faussent toutes nos relations entre nous, entre pays et cultures différentes. Ces ombres pesantes qui ont fait trébucher Jésus, et qui obscurcissent notre propre chemin vers notre Père Aimant
4-Relève-toi quand même Au-dessus du soleil levant, symbole de la vie nouvelle à venir, nous lisons le OUI de l’espérance et de la confiance.
« Oui je me lèverai… » pour vivre et construire un monde de paix et de fraternité. Oui je crois que c’est possible, malgré tout ! Oui je sais que notre quête du bonheur n’est jamais finie… Oui je sais que pour Dieu, rien n’est jamais perdu !
5-Prends ta croix Une croix cassée, des débris de verre…pour nous rappeler que notre chemin vers la Paix de Dieu est rude.
La route vers la Paix (réconciliation et pardon), n’est pas dans les plaines paisibles mais sur les hauteurs caillouteuses, difficiles à atteindre. Nous savons bien que les mille chemins de la Paix ne sont pas aisés à tracer ! Nous savons bien que le « Suis-moi » de Jésus n’est pas une autoroute !
6-Mais tu es libre Deux triangles qui crachent le feu, tournés vers le bas (avions de chasse en piqué) qui sèment la violence, la ruine et la mort… Tous les bombardements d’hier et d’aujourd’hui, qui fauchent du haut du ciel pour une moisson de haine… Tout ça pour quoi ? « Tout est en toi »… le bon comme le pire !
En face de cette violence, la colombe de la Paix qui s’élève : les aspirations de tout homme, dont le cœur est habité de bonté et d’amour, qui ne demandent qu’à s’épanouir. Oui, c’est vrai, « tout est en toi », mais encore faut-il « choisir »…
7-De rêver ou de servir D ans notre recherche de la Paix, il nous arrive de nous décourager ou de nous endormir parce que ça tarde, parce que le changement des mentalités est trop long et trop lent, parce que nous nous lassons à cause de peu de résultats immédiats…Tel est le symbole de la couronne d’épines : Jésus porte toute souffrance et il ira, par amour, jusqu’au bout, sans reculer… Ce n’est pas le moment de lâcher, d’abandonner, de s’endormir !
Si lui démissionne, alors qui pourra tenir ? « Persévérance » n’est peut-être plus un mot à la mode, mais il reste tellement nécessaire dans notre marche vers la Paix !
8-Pour accomplir ta vie Trois mots seulement. Trois vérités de base indispensables pour rendre possible l’existence de toute communauté…
Pardon et Paix qui sont des manifestations concrètes de l’Amour… et réciproquement : l’Amour qui est à la racine du Pardon et de la Paix. Et pourtant…notre fierté mal comprise qui n’a pas l’audace d’accorder le pardon… certaines de nos communautés qui meurent parce qu’elles ne sont pas prêtes à pardonner… La Paix est enfouie au fond de nos cœurs ; il suffirait de si peu parfois pour la faire naître !
9-Sur les traces du Christ Comme des traces de pas… mais à côté des miennes, il y a celles de Jésus. Ensanglantées. Toute marche vers un monde de Paix ne peut se faire sans renoncements, sans concessions, sans compromis.
Mettre mes pas dans ceux du Seigneur Jésus, je sais où cela me conduit…mon bonheur n’est-ce pas de m’approcher de la Vie ? Mes pas chancelants vers entente et fraternité, sont-ils bien dans les traces des pas de Jésus ?
10-Un marteau, trois clous… C’est ici que nous ont conduit les traces de pas. La croix est là, signe de l’Amour jusqu’à la fin.
Et nous entendons ce reproche de Dieu par la bouche du prophète : »O mon peuple que j’aime, pourquoi ? » pourquoi m’avoir fait tant de mal ? pourquoi t’être détourné de moi ? pourquoi avoir gaspillé mon amour ? pourquoi avoir inventé ces millions de croix dont tu as chargé tes frères et sœurs en humanité ?
11- Tout vient de lui Le soleil, les étoiles, les montagnes, la terre et l’eau : le monde est donné en partage, mais il ne nous appartient pas. Nous ne pouvons en disposer n’importe comment ; nous n’en sommes que les gérants pour nos enfants et les futures générations.
Alors, qu’en avons-nous fait ?
« Je t’ai tout donné » dit le Seigneur, pour ton bonheur, pour celui des autres…
Que fais-tu avec tout ça ?
12-De l’abîme de son cœur Un cœur flamboyant, brûlant d’Amour. C’est ici que tout Homme se retrouve seul avec Dieu, face à face, cœur à cœur… »Dieu est Amour » et il n’est que cela.
C’est ce que Jésus a voulu nous montrer jusqu’au bout, jusqu’à l’extrême. Ne l’avons-nous pas encore compris ? « Nous sommes enfants de Dieu, parce que Lui, nous a aimés le premier (St Jean) ». Celui qui m’a rendu la vie, m’invite et m’attend. C’est en son cœur grand ouvert, que je peux puiser la force d’aimer…
13-La mère des douleurs Avec son fils mort sur ses genoux…la mère juive et ses millions d’enfants torturés, balayés par la haine et la folie…
Certes la douleur de Marie est grande, mais tant et tant de mères ont souffert et souffrent autant qu’elle… Jérusalem n’est pas la capitale de la souffrance ! Sur les genoux de Marie, aujourd’hui : tous les crucifiés de notre monde…. « Femme, voici tes enfants ! »
14-Et maintenant, que feras-tu ? Avant de retourner chez nous, écoutons encore cette question : « Homme, qu’as-tu fait de lui ? »
Ce n’est pas une accusation, c’est une interpellation. Dieu n’accuse pas, mais nous réveille par sa Parole qui nous taraude. « Qu’as-tu fait de Lui ? » Lui, elle, c’est Jésus, c’est mon voisin, du village proche ou de l’autre côté de la frontière…Lui, c’est mon frère et ma sœur, c’est l’étranger qui vient pour la fraternité et la réconciliation… c’est celui qui a besoin de moi… Et maintenant, que feras-tu de l’Homme ?
Après ce temps de méditation, je confie ce qui m’habite au Seigneur et laisse monter ma prière, avec mes mots…
Prière pour la Paix…le pardon…pour que s’apaise la violence… pour tous ceux qui souffrent…pour un monde plus juste et plus fraternel…
Heureux est l’homme qui met sa foi dans le Seigneur.
Heureux est l’homme qui n’entre pas au conseil des méchants, qui ne suit pas le chemin des pécheurs, ne siège pas avec ceux qui ricanent, mais se plaît dans la loi du Seigneur et murmure sa loi jour et nuit !
Il est comme un arbre planté près d’un ruisseau, qui donne du fruit en son temps, et jamais son feuillage ne meurt ; tout ce qu’il entreprend réussira. Tel n’est pas le sort des méchants.
Mais ils sont comme la paille balayée par le vent. Le Seigneur connaît le chemin des justes, mais le chemin des méchants se perdra.
Ce psaume met en contraste les voies des justes et des méchants. Il pose les fondations de la sagesse biblique, encourageant les croyants à choisir la voie de la justice et de la méditation de la loi divine pour une vie prospère et bénie.
Pour cela le psaume 1 décrit deux chemins distincts : celui des justes et celui des méchants.
Le psaume commence par une béatitude, “Heureux l’homme”, indiquant la voie du bonheur et de la bénédiction. Le juste est comparé à un arbre planté près d’un cours d’eau, symbolisant une vie nourrie et prospère grâce à une connexion constante avec la loi de Dieu. Cette image évoque stabilité, croissance et fructification.
En revanche, les méchants sont comparés à la paille que le vent dissipe, illustrant une existence instable et dénuée de substance.
En ce temps de carême ce psaume nous est donné afin de mettre l’accent sur l’importance de méditer la loi de l’Éternel “jour et nuit”, soulignant ainsi l’engagement continu et profond à la vie spirituelle
Le corps a toute sa place dans la vie spirituelle. Alors que la philosophie grecque méprisait le corps, la tradition biblique respecte le corps. Dieu qui, après la Création de l’Homme, dit que « cela est très bon » a pris notre humanité et s’est incarné, conférant par là une profonde dignité au corps.
« Le Verbe s’est fait chair ». (Jean, 1,14). Jésus, dans ses rencontres, a beaucoup pris soin du corps, rendant la vue ou l’ouïe, restaurant chez des infirmes la capacité à mouvoir leur corps, guérissant les lépreux de leurs plaies… Et si je priais avec tout mon corps ?
Je me dispose à la prière, en installant confortablement mon corps. Je peux, mentalement, parcourir mes différents membres, les différentes parties de mon corps, désireux de me rendre disponible au Seigneur. Je demande au Seigneur d’habiter pleinement mon corps pour entrer en relation avec le monde, les autres et Dieu. Et c’est sur mon corps, mon front, ma poitrine et chacune de mes épaules que je trace le signe de croix.
Je lis maintenant un extrait de l’épître de la première épître de Paul aux Corinthiens, où il contemple le corps.
Le corps humain se compose non pas d’un seul, mais de plusieurs membres. Le pied aurait beau dire : « Je ne suis pas la main, donc je ne fais pas partie du corps », il fait cependant partie du corps. L’oreille aurait beau dire : « Je ne suis pas l’œil, donc je ne fais pas partie du corps », elle fait cependant partie du corps. Si, dans le corps, il n’y avait que les yeux, comment pourrait-on entendre ? S’il n’y avait que les oreilles, comment pourrait-on sentir les odeurs ? Mais, dans le corps, Dieu a disposé les différents membres comme il l’a voulu. S’il n’y avait en tout qu’un seul membre, comment cela ferait-il un corps ?
En fait, il y a plusieurs membres, et un seul corps. L’œil ne peut pas dire à la main : « Je n’ai pas besoin de toi » ; la tête ne peut pas dire aux pieds : « Je n’ai pas besoin de vous ». (1Co, 12, 14-21)
Comme Paul, je prends le temps de m’émerveiller des possibilités que m’offrent mon corps, mes sens pour entrer en relation avec le monde, les autres et Dieu lui-même.
Je peux rendre grâce, et le faire à haute voix, pour mieux prendre conscience du don de la parole qui m’est donné. Un souffle intérieur qui vibre grâce aux cordes vocales, puis que mes lèvres émettent. « Seigneur ! ouvre mes lèvres, Et ma bouche publiera ta louange. » (Psaume 51,15)
Je m’arrête maintenant sur les diverses parties de mon corps évoquées par Paul
Le pied. J’exerce une légère pression sur la plante de mes pieds. Je perçois ainsi comment je suis relié à la terre. Je considère comment ils me permettent de tenir en équilibre, mais aussi de me déplacer pour découvrir le monde, aller à la rencontre. « Comme ils sont beaux sur les montagnes, les pas du messager, celui qui annonce la paix, qui porte la bonne nouvelle, qui annonce le salut. » (Isaïe, 52, 7). Vers qui, aujourd’hui, mes pas peuvent-ils me porter ?
La main. Ma main qui me permet de créer, de saisir, de toucher, d’entrer en contact en serrant la main, de donner…Je regarde, dans l’évangile, Jésus qui prend par la main pour relever. « S’étant approché, il la fit lever en lui prenant la main (…) » (Mc, 1,31). « Il la saisit par la main, et lui dit : Talitha koumi, ce qui signifie : Jeune fille, lève-toi, je te le dis. » (Mc, 5, 41). A quoi, aujourd’hui, puis-je employer mes mains ?
L’oreille. Je prends le temps d’écouter mon environnement. Tel bruit dans la maison, tel son extérieur. Je peux aussi écouter le silence. Je me mets, intérieurement, à l’écoute de la Parole.
L’œil. J’arrête mon regard sur ce qui m’entoure. Un lieu quotidien, sans doute, que je ne regarde plus, pris dans la routine. Et je regarde, aussi, intérieurement, celles et ceux qui me sont proches, des réalités du monde, peut-être plus lointaines. Je me rends attentif aux signes des temps. Revenant à la Parole, je mobilise mes yeux et mon oreille pour accueillir le Seigneur. « Mais heureux sont vos yeux, parce qu’ils voient, et vos oreilles, parce qu’elles entendent ! Je vous le dis en vérité, beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu. » (Matthieu, 13, 16-17). Sur quoi, sur qui, aujourd’hui, j’ai à faire porter mon regard et mon écoute ?
Dans la diversité de mes membres complémentaires, je n’ai, rappelle St Paul, qu’un seul corps. J’ai à travailler à son unité. Je peux considérer comment je m’unifie en considérant, à l’invitation du Pape François, dans sa dernière encyclique, mon cœur.
« Dans ce monde liquide, il est nécessaire de parler à nouveau du cœur, d’indiquer le lieu où toute personne, quelle que soit sa catégorie et sa condition, fait sa synthèse ; là où l’être concret trouve la source et la racine de toutes ses autres forces, convictions, passions et choix. » (Dilexit nos n°9). Et moi, aujourd’hui, qu’est-ce qui m’unifie ?
Je termine ce temps de prière en m’adressant au Seigneur, lui présentant, ce qu’à travers les forces de mon corps, je peux aujourd’hui lui offrir, offrir à mes frères. Je peux aussi partager mes résistances à me donner, me rappelant que je peux faire partie d’un peuple « à la nuque raide. » (Ex, 33,5).
Quand je crie vers toi, Seigneur, tu réponds à mon appel.
De tout mon cœur, Seigneur, je te rends grâce : tu as entendu les paroles de ma bouche. Je te chante en présence des anges, vers ton temple sacré, je me prosterne.
Je rends grâce à ton nom pour ton amour et ta vérité, car tu élèves, au-dessus de tout, ton nom et ta parole. Le jour où tu répondis à mon appel, tu fis grandir en mon âme la force.
Ta droite me rend vainqueur. Le Seigneur fait tout pour moi ! Seigneur, éternel est ton amour : n’arrête pas l’œuvre de tes mains.
Je me dispose à la rencontre du Seigneur, déposant devant Lui, que je sais déjà présent, à m’attendre, mes préoccupations de ce jour. Je crée, par le silence, cet espace intérieur, en moi, où le Seigneur puisse se faire entendre comme une « brise légère ». Je demande au Seigneur la grâce de la louange.
Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.
Je lis le psaume du jour, premier d’une série de huit psaumes attribués à David.
Je peux d’abord faire mémoire de ce que l’Écriture me dit du roi David, éclairant ses motivations de rendre grâce.
Son onction par le prophète Samuel, alors qu’il n’est pas le plus vaillant de sa fratrie.
Sa joie de s’installer à Jérusalem et d’y conduire l’arche d’alliance devant laquelle il danse.
Sa gratitude pour le pardon du Seigneur, après qu’il ait courtisé Bethsabée et fait périe son mari Urie…
…
A mon tour, je peux évoquer les motifs de rendre grâce, ce jour, au seigneur
« Vers ton temple sacré, je me prosterne ».
J’intériorise cette prière, qui vient, cette semaine, après avoir entendu, dans l’évangile de dimanche dernier, l’invitation du diable à Jésus, de se prosterner devant lui. Et moi, sur mon chemin de carême, quels moyens vais-je prendre pour « me ranger du côté » du Seigneur ?
« Le jour où tu répondis à mon appel » / « Quand je crie vers toi, Seigneur, tu réponds à mon appel. ».
Je considère maintenant ma prière. Quels sont les appels que j’adresse au Seigneur. Je sais que la prière n’est pas un acte magique où j’obtiendrais, rapidement, ce que je réclame. Pourtant je crois que le Seigneur est là et me répond. Comment, dans la foi, est-ce que je vis ce dialogue ?
« Tu fis grandir en mon âme la force. Ta droite me rend vainqueur. ».
Je peux examiner mes insuffisances, mes faiblesses, les combats, peut-être que j’ai à mener. Est-ce que je perçois la force du Seigneur à mes côtés ?
Je relis maintenant l’ensemble du psaume, et prends le temps de m’adresser au Seigneur dans un dialogue confiant. Je peux lui rendre grâce, comme je peux lui présenter ce qui, aujourd’hui, gène en moi l’expression de la louange. J’intercède aussi pour ceux, qui, aujourd’hui, ont besoin de recevoir la force du Seigneur.
Je rejoins toute l’Église en disant la prière que le Christ nous a laissée. « Notre Père… »
Les grues ont repris le chemin du nord, les oiseaux célèbrent le lever du jour, un frémissement de vie traverse la nature… Voici venu le temps de se pencher sur la terre…
Je m’installe confortablement au gré de mes possibilités : vers une fenêtre qui ouvre sur le jardin…près d’une plante d’intérieur…ou je ferme les yeux et j’imagine un jardin, la campagne
Je respire lentement et profondément…je me rends disponible au Seigneur et lui demande la grâce d’être attentif.ve à sa Parole…
Je regarde l’image… des mains qui, telles une coupe, portent de la terre…
Geste simple, humble…geste de celui qui reçoit, mais aussi de celui qui donne…de celui qui travaille la terre…
J’écoute ce que dit le livre de la Genèse(Gn 1, 27-29) :
27 Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme.28 Dieu les bénit et leur dit : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la. Soyez les maîtres des poissons de la mer, des oiseaux du ciel, et de tous les animaux qui vont et viennent sur la terre. »29 Dieu dit encore : « Je vous donne toute plante qui porte sa semence sur toute la surface de la terre, et tout arbre dont le fruit porte sa semence : telle sera votre nourriture.
Je contemple cette terre, don précieux de Dieu…Elle est notre maison, et nous relie à notre Créateur qui l’a confiée à l’humanité toute entière…
Qu’est-ce que cela signifie pour moi aujourd’hui ? Quelle est ma « relation » avec cette terre, reçue de Dieu ? est-ce que je me sens responsable de sa sauvegarde ? est-ce que je m’en donne concrètement les moyens ?
La terre qui donne sa nourriture…fruit de la semence et du travail de l’Homme…
Que signifie pour moi « travailler la terre », donner du fruit, dans le contexte de ma vie quotidienne ? Dans mon jardin, dans mon foyer, dans ma profession, dans ma paroisse etc… en quoi je contribue à prendre soin de la Création… de mes frères et sœurs en humanité ?
Mt 13, 3-9:03 Il leur dit beaucoup de choses en paraboles : « Voici que le semeur sortit pour semer.04 Comme il semait, des grains sont tombés au bord du chemin, et les oiseaux sont venus tout manger.05 D’autres sont tombés sur le sol pierreux, où ils n’avaient pas beaucoup de terre ; ils ont levé aussitôt, parce que la terre était peu profonde.06 Le soleil s’étant levé, ils ont brûlé et, faute de racines, ils ont séché.07 D’autres sont tombés dans les ronces ; les ronces ont poussé et les ont étouffés.08 D’autres sont tombés dans la bonne terre, et ils ont donné du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un.09 Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »
En ce début de Carême, comment pourrais-je « fertiliser la terre de mon cœur » pour recevoir la Parole de Dieu et donner davantage de fruit ?
J’en parle au Seigneur, comme un ami avec son ami… et je l’écoute dans la confiance et l’espérance…
Je peux conclure ce temps de méditation avec cette « Prière pour notre terre » du Pape François qui conclut son encyclique « Laudato Si ».
Dieu Tout-Puissant qui es présent dans tout l’univers et dans la plus petite de tes créatures, Toi qui entoures de ta tendresse tout ce qui existe, répands sur nous la force de ton amour pour que nous protégions la vie et la beauté. Inonde-nous de paix, pour que nous vivions comme frères et sœurs sans causer de dommages à personne. Ô Dieu des pauvres, aide-nous à secourir les abandonnés et les oubliés de cette terre qui valent tant à tes yeux. Guéris nos vies, pour que nous soyons des protecteurs du monde et non des prédateurs, pour que nous semions la beauté et non la pollution ni la destruction. Touche les cœurs de ceux qui cherchent seulement des profits aux dépens de la terre et des pauvres. Apprends-nous à découvrir la valeur de chaque chose, à contempler, émerveillés, à reconnaître que nous sommes profondément unis à toutes les créatures sur notre chemin vers ta lumière infinie. Merci parce que tu es avec nous tous les jours. Soutiens-nous, nous t’en prions, dans notre lutte pour la justice, l’amour et la paix. Amen
Heureux est l’homme qui met sa foi dans le Seigneur
Je fais silence et me tourne vers le Seigneur. Je lui demande son aide pour tirer profit de ce temps d’écoute de la Parole.
Je lis lentement le psaume de ce jour.
Heureux est l’homme qui n’entre pas au conseil des méchants, qui ne suit pas le chemin des pécheurs, ne siège pas avec ceux qui ricanent, mais se plaît dans la loi du Seigneur et murmure sa loi jour et nuit !
Il est comme un arbre planté près d’un ruisseau, qui donne du fruit en son temps, et jamais son feuillage ne meurt ; tout ce qu’il entreprend réussira. Tel n’est pas le sort des méchants.
Mais ils sont comme la paille balayée par le vent. Le Seigneur connaît le chemin des justes, mais le chemin des méchants se perdra.
« Heureux ! » : le livre des psaumes s’ouvre avec cette béatitude :« Heureux l’homme qui se plait dans la loi du Seigneur »
Je m’arrête sur ces mots.
Est-ce que le Seigneur est, pour moi, un Dieu qui veut le bonheur et la vie ? Sa Parole est-elle pour moi une parole de vie ?
Les paroles de ce psaume rejoignent-elles mon expérience ? Je fais mémoire de moments de bonheur et je regarde ce qui les as provoqués. Je fais mémoire des moments où je me suis senti en harmonie avec la loi du Seigneur ; qu’ai-je éprouvé alors ?
« Il est comme un arbre planté près d’un ruisseau »
Le psalmiste compare cet homme à un arbre qui tire sa vitalité de l’eau qu’il reçoit. Grâce à cette source, il est bien vert et donne du fruit.
Je fais mémoire des personnes que je connais qui sont bien vivants et rayonnent sur leur entourage… de groupes ou d’associations qui portent du fruit. Quelle est la source de leur vitalité ?
Il est des moments où moi aussi j’ai donné le meilleur de moi-même… qu’est-ce qui m’animait alors ? En ai-je ressenti de la joie ?
Je prends le temps de l’action de grâces
« Le Seigneur connaît le chemin des justes, mais le chemin des méchants se perdra ».
Ce psaume nous place devant un choix. Prendrons-nous « le chemin des justes » ou « le chemin des méchants » ? Choisirons-nous ce qui conduit à la vie ?
Alors que nous venons d’entrer en Carême, nous pouvons décider d’un moyen concret pour nous engager sur le chemin que nous a montré le Christ.
Nous pouvons faire nôtre cette prière :
« Dieu qui aimes les hommes, tu veux qu’ils soient heureux ! Donne-leur d’aimer ta loi d’amour : qu’ils se plaisent à suivre le Christ, le seul chemin qui ne se perde pas ; qu’ils portent en lui un fruit qui demeure ; qu’ils se tiennent près de lui au jour du Jugement ». Amen
Michel Gérard, Sans titre. Musée St Roch, Issoudun
Je prends un temps où je décide de vivre un « cœur à cœur » avec le Seigneur. Je me mets à l’écart pour descendre en moi-même, habiter mon intériorité et ouvrir mon cœur au Seigneur. Je demande la grâce de pouvoir faire l’unité en moi. Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.
Je regarde
Je me mets face à cette œuvre « sans titre ».
Je m’arrête, d’abord, à mon impression première : suis-je indifférent ? suis-je intéressé ? suis-je agressé ? …
Je prends maintenant le temps de regarder cette création, dans son détail :
Un volume compartimenté par des plaques anguleuses. Certains compartiments sont vides.
La tête « éclatée » d’un être humain : boîte crânienne partagée ; œil, bouche et nez amputés…
Je peux chercher à recomposer cette figure dans son intégrité, mais me rends compte que ce n’est pas possible…Les « pièces du puzzle » ne s’assemblent pas…
Je repère, dans le coin gauche de la création un sablier, dont le contenu s’est entièrement écoulé dans le logement inférieur, comme si le temps avait fini de s’écouler.
J’interprète
Je considère maintenant le sens possible de cette création…Un être humain incapable de trouver son unité qui nous présente un visage fragmenté, un être humain qui voit le temps s’écouler sans pouvoir donner cohérence et sens à sa vie. Dans son encyclique Dilexit nos, le pape François évoque « l’histoire personnelle, qui semble fragmentée en mille morceaux. ».
Parabole pour notre temps, où l’accélération continue fait, parfois ou souvent, de la vie une succession d’instants sans lien. « L’homme contemporain est souvent perturbé, divisé, presque privé d’un principe intérieur qui crée l’unité et l’harmonie de son être et de son agir. » (Dilexit nos, n°9)
Je lis quelques phrases du pape François
Je relis maintenant quelques phrases de la récente encyclique du Pape François, qui rappelle que le cœur est le lieu unificateur de la personne. Le cœur, et non la tête, comme dans l’oeuvre que nous venons d’examiner…
« C’est ainsi que nous voyons depuis l’antiquité l’importance de considérer l’être humain non pas comme une somme de diverses facultés, mais comme un ensemble âme-corps avec un centre unificateur qui donne à tout ce que vit la personne un sens et une orientation. » (N°3)
« Le cœur est également capable d’unifier et d’harmoniser l’histoire personnelle, qui semble fragmentée en mille morceaux mais où tout peut avoir un sens. C’est ce que l’Évangile exprime avec Marie qui regardait avec le cœur. Elle savait dialoguer avec les expériences conservées en y réfléchissant dans son cœur, en leur donnant du temps, les méditant et les conservant intérieurement pour se souvenir. Dans l’Évangile, la meilleure expression de ce que pense le cœur est représentée par les deux passages de saint Luc qui nous disent que Marie
« gardait (syneterei) toutes ces choses, les méditant (symballousa) dans son cœur » (cf. Lc 2, 19 ; cf. 2, 51). Le verbe symballein (d’où le terme “symbole”) signifie méditer, unir deux choses dans son esprit, et aussi s’examiner soi-même, réfléchir, dialoguer avec soi-même. En Lc 2, 51 dieterei signifie “conserver avec soin”, et ce qu’elle conservait n’était pas seulement “la scène” qu’elle voyait, mais aussi ce qu’elle ne comprenait pas encore, mais qui était présent et vivant dans l’attente de tout rassembler dans son cœur. » (N°19)
« C’est dans le cœur et par le cœur que s’accomplit le processus d’unification subtil et intense en vertu duquel l’homme reconnaît Dieu et, en même se reconnaît lui-même, reconnaît son origine, sa profondeur et son accomplissement dans l’appel à l’amour. » (Pape François, Tout est à l’amour)
A mon tour, je considère ma vie
Je prends conscience des différentes facettes de ma vie : vie personnelle, familiale, associative, ecclésiale, sociale…Ces différentes facettes sont-elles des « compartiments étanches », ou sont-elles unifiées ?
Si j’en ai le temps, je peux regarder le fil de la vie que j’ai menée jusqu’à aujourd’hui. Est-ce que je perçois des ruptures ? est-ce ce que je perçois une continuité ? Est-ce que je perçois une progression ?
Et je me tourne vers le Seigneur dans un cœur à cœur, lui demandant de m’aider à faire l’unité en moi
Je peux redire quelques versets du psaume de ce dimanche qui nous invite à vivre l’unité de notre être en habitant la maison du Seigneur.
Le juste grandira comme un palmier, il poussera comme un cèdre du Liban ; planté dans les parvis du Seigneur, il grandira dans la maison de notre Dieu. Vieillissant, il fructifie encore, il garde sa sève et sa verdeur (Ps 91)
Et je termine…
Avec le pape François, qui nous présente Marie comme celle qui vit l’unification intérieure (« Quant à Marie, elle conservait avec soin toutes ces choses, les méditant dans son cœur »), je prie Marie d’intercéder pour ma recherche d’unification. « Je vous salue Marie… »