Psaume 49

Le Dieu des dieux, le Seigneur,
parle et convoque la terre
du soleil levant jusqu’au soleil couchant.
De Sion, belle entre toutes, Dieu resplendit.
« Assemblez, devant moi, mes fidèles,
eux qui scellent d’un sacrifice mon alliance.
Et les cieux proclament sa justice :
oui, le juge, c’est Dieu !
« Offre à Dieu le sacrifice d’action de grâce,
accomplis tes vœux envers le Très-Haut.
Invoque-moi au jour de détresse :
je te délivrerai, et tu me rendras gloire. »

Aujourd’hui, chantons ce psaume

Muriel Leroy

Prier avec une cantilène biblique

 A l’origine, la cantilène est un court poème chanté. Plus récemment elle a été utilisée pour  accueillir la Parole de Dieu avec tout son être :  c’est la rythmo-catéchèse. Le geste, la mélodie et le rythme facilitent l’inscription dans la mémoire des récits bibliques.

« Ces paroles que je te donne resteront dans ton cœur »

La rythmo-catéchèse s’inspire des travaux du père jésuite Marcel JOUSSE (1886-1961), anthropologue et ethnologue, pionnier de l’oralité et de l’“anthropologie du geste”.Originaire de la Sarthe, Marcel Jousse s’est intéressé dès son plus jeune âge à la transmission orale, au balancement corporel et à la musique.

Il avait observé que des paysannes illettrées connaissaient par cœur des passages de l’Évangile entendus à la messe, qu’elles transmettaient à leurs enfants en les berçant et en chantant.

Nous proposons de prier avec une de ces cantilènes : « Il était le plus petit »

Nous commençons ce temps par un signe de croix, car nous sommes là au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

Et nous demandons au Seigneur de grandir dans une connaissance intérieure de Dieu, qui s’est fait petit pour rejoindre notre humanité.

J’écoute une première fois ce chant qui évoque le passage du choix de David comme roi d’Israël.

 Je  le reprends en chantant à mon tour les paroles.

Je regarde maintenant la vidéo qui met des gestes sur la mélodie

Je la regarde à nouveau en chantant et en intégrant la gestuelle de cette cantilène.

Je parle maintenant au Seigneur de ce que j’ai découvert.

Je Lui dis ce que provoque en moi cette préférence qu’il a  pour les plus petits.

Je lui adresse ma prière :peut-être une prière de louange pour ce qu’Il est … ou une action de grâce pour Jésus-Christ qui s’est identifié aux petits 

« En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Mt 25,40) ou encore une demande pour mieux vivre cette option préférentielle pour les pauvres que le pape Léon XIV appelle de ses vœux dans son exhortation apostolique « Dilexi te (« Je t’ai aimé ») :

« Dieu qui est pris de compassion pour la pauvreté et la faiblesse de l’humanité tout entière et qui, voulant relever et inaugurer un Règne de justice, de fraternité et de solidarité, a particulièrement à cœur ceux qui sont discriminés et opprimés, demandant à nous aussi, son Église, un choix décisif et radical en faveur des plus faibles. »

Je termine par un Notre Père

Psaume 118

La liturgie de ce jour nous propose quelques versets du très long psaume 118

Pour toujours, ta parole, Seigneur.

Pour toujours, ta parole, Seigneur,
se dresse dans les cieux.
Ta fidélité demeure d’âge en âge,
la terre que tu fixas tient bon

Jusqu’à ce jour, le monde tient par tes décisions :
toute chose est ta servante.
Déchiffrer ta parole illumine
et les simples comprennent

Pour ton serviteur que ton visage s’illumine :
apprends-moi tes commandements.
Que je vive et que mon âme te loue !
Tes décisions me soient en aide !


Je décide de prendre un temps de cœur à cœur avec le Seigneur, tout en rejoignant la prière de l’Église. Je choisis un lieu silencieux où je me sens bien et me rends disponible : « Viens Seigneur, ton Serviteur écoute. »

Je demande la grâce de l’assiduité à la Parole. Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

            Je lis le psaume lentement et me laisse rejoindre par une expression, un verset…

« Pour toujours », « d’âge en âge » …dans le monde d’accélération et d’incertitudes qui est le nôtre, je rends grâce de la fidélité du Seigneur.

La Parole est une parole vivante, portée par la personne du Christ. « Ton visage s’illumine ». Comment la Parole est lampe sur ma route. J’écoute le « Verbe fait chair » et je contemple Celui qui est « Lumière né de la Lumière. »

« Déchiffrer ta parole illumine ».

Je fais mémoire d’une Parole entendue, « déchiffrée », méditée seul ou en groupe et je rends grâce pour la fécondité de la Parole.

            Je relis le psaume et dis « Notre Père », demandant « le pain de ce jour », demandant d’être nourri du pain de la Parole.

            Au nom du Père, du Fils et du Saint esprit.

Prier avec des photos d’art: « Paix automnale »

En cet automne la nature nous comble de sa beauté et l’art du photographe s’emploie à la mettre en valeur. Nous vous proposons de prier avec l’une des photos présentées. Elles ont été réalisées en octobre et novembre de cette année dans les Tatras, la région de Sainte Croix et les Beskides en Pologne, par les photographes Janusz Wanczyk, Piotr Michalec, Krzysztof Baraniak.

Je choisis l’une d’elle et prends un temps de contemplation.

(sur un téléphone ou sur une tablette on peut agrandir la photo avec ses doigts. Sur le PC cliquer sur l’image)

Qu’est-ce que je ressens en moi?

Je repère les lignes, les oppositions, les couleurs, l’ombre et la lumière, leur masse, leur intensité,leur disposition les unes par rapport aux autres, la façon dont elles se complètent ou s’opposent.

Je repère les lignes verticales, horizontales, obliques ou courbes. Les traces de la vie humaine, leur proportion par rapport à l’ensemble.

Qu’est-ce qui me touche dans cette photo? Je laisse peu à peu monter en moi une émotion ou une pensée, issue de cette vision. Je l’identifie et j’accueille ce qui vient. J’entre dans le message spirituel qui s’en dégage.

Est-ce que je peux faire le lien avec un texte biblique, ou des paroles de l’Ecriture ou avec ma foi?

Je prends maintenant un temps de prière

Je me dispose pour ce temps de prière et fais silence en moi. Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen

Je demande la lumière de l’Esprit Saint et la grâce d’une vraie rencontre avec le Seigneur.

Je regarde à nouveau la photo que j’ai choisie et je relis le passage de l’Ecriture (Evangile, psaume …) qu’elle a évoqué. Je goûte ce moment d’écoute du Seigneur qui parle à travers l’Ecriture, mais aussi à travers ce qui est créé.

Qu’est-ce que je peux en faire? Je laisse venir ce qui fait sens pour moi aujourd’hui.

Après ce temps de silence et d’écoute, je m’adresse à Dieu, au Père, à Jésus-Christ ou à l’Esprit pour lui dire ce que j’ai découvert, pour le remercier ou lui demander pardon, pour lui présenter une demande ou intercéder pour quelqu’un.

Je peux prier avec le psaume 8

Psaume 26

« Le Seigneur est le rempart de ma vie » v 1

Ce psaume, dans son entier, est une prière de supplication de quelqu’un engagé dans un combat. Mais c’est une supplication pleine de confiance. Les versets choisis pour la liturgie de ce jour en témoignent. Prions avec chacune des strophes.

  • « De qui aurais-je crainte ? Devant qui tremblerais-je ? »

Je prends le temps de me poser en vérité devant le Seigneur, avec  tout ce qui m’habite aujourd’hui ; je mets des mots sur  mes peurs, mes angoisses, mes combats, ce qui m’entrave, mes adversaires, tout ce qui est pour moi une menace.

Et je me tourne vers le Seigneur qui m’entends et peut me délivrer, Lui qui est lumière, rempart, salut. Je lui demande son aide.

  • « J’ai demandé une chose au Seigneur, la seule que je cherche »

Dans sa détresse, le psalmiste fait une demande au Seigneur : recevoir ce qu’il cherche.

A mon tour, je mets des mots sur mon désir. Là où j’en suis aujourd’hui, qu’aimerais-je recevoir de la part du Seigneur ? Qu’est-ce que je cherche vraiment ?

J’entends la demande du psalmiste : « habiter la maison du Seigneur », pour l’« admirer »  et « s’attacher à son temple ». Elle est toute tournée vers le Seigneur. Ce qu’il cherche d’abord c’est sa face, sa présence.

Comment est-ce que je reçois cette demande ? Rejoint-elle la mienne ? J’en parle au Seigneur.

  • « Espère le Seigneur, sois fort et prends courage »

Ce verset semble être comme la réponse entendue par le priant, une parole d’espoir et d’encouragement.

Je l’entends pour moi-même. Je demande force, courage et espérance. En cette fin d’année jubilaire, « Pèlerins d’espérance », je redis ma foi au Christ, vainqueur du mal et de la mort. Et je termine ce temps en disant la prière du Jubilé.

Père céleste,
En ton fils Jésus-Christ, notre frère,
Tu nous as donné la foi,
Et tu as répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint, la flamme de la charité
Qu’elles réveillent en nous la bienheureuse espérance de l’avènement de ton Royaume.

Que ta grâce nous transforme,
Pour que nous puissions faire fructifier les semences de l’Évangile,
Qui feront grandir l’humanité et la création tout entière,
Dans l’attente confiante des cieux nouveaux et de la terre nouvelle,
Lorsque les puissances du mal seront vaincues,
Et ta gloire manifestée pour toujours.

Que la grâce du Jubilé,
Qui fait de nous des Pèlerins d’Espérance,
Ravive en nous l’aspiration aux biens célestes
Et répande sur le monde entier la joie et la paix
De notre Rédempteur.
À toi, Dieu béni dans l’éternité,
La louange et la gloire pour les siècles des siècles. Amen

Méditer l’évangile du dimanche 9 novembre

La liturgie du dimanche 9 novembre nous donne d’entendre proclamer l’évangile de St Jean, où Jésus purifie le Temple. Je peux me préparer à l’eucharistie dominicale en méditant cet évangile.

Je me dispose à la prière, en m’installant dans le silence, offrant du temps au Seigneur.

Je me présente à Lui. Me voici, disponible. Je demande la grâce de me laisser surprendre par le Christ.

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

         Je lis le texte lentement.

El Greco
Breughel l’Ancien

Je me transporte, par l’imagination dans le cadre de ce récit. Je me représente le Temple, l’ampleur et le luxe du bâtiment récemment reconstruit par Hérode. J’y perçois l’agitation de la foule, du bétail nécessaire aux sacrifices, des changeurs permettant d’échanger la monnaie romaine en monnaie du Temple, pour acquérir les animaux. J’entends le bruit qui règne dans le sanctuaire.

Je vois alors Jésus agir, surpris, peut-être par sa violence. J’entends son indignation : « cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce. ».

Et j’imagine la réaction scandalisée du public présent, par ce qu’ils estiment sans doute comme un geste de profanation du lieu le plus sacré de leur vie religieuse. Je vois aussi les disciples déconcertés qui ne comprendront le geste de Jésus qu’après sa résurrection.

Alors que les autres évangélistes situent cet épisode à la fin de leur récit, peu de temps avant la passion, St Jean le place au début de son évangile, pour en faire le signe de sa mission, de la nouveauté qu’il apporte.

Nous restons, nous-aussi, légitimement attachés à nos lieux de culte. Quand est-ce que j’y entre ?        Que viens-je y chercher ? Quel sens ont-ils pour ma foi ?

J’écoute le dialogue entre Jésus et ses interlocuteurs juifs. La déclaration de Jésus leur paraît insensée, incompréhensible ? Et moi, y-a-t-il des paroles du Christ qui me déconcertent ? Lesquelles ? Comment est-ce que je réagis alors ?
 

Les disciples ont eu besoin de temps pour comprendre et intérioriser les paroles du Christ. Je peux faire mémoire de mon cheminement de disciple, de mes progrès dans la foi.

Le Temple que Jésus annonce rebâtir en trois jours est « le sanctuaire de son corps. ». Nous entendrons cet évangile avant la liturgie eucharistique qui nous donne de communier au corps du Christ. Je considère le mystère de l’eucharistie, me tenant humblement devant ce mystère, le mystère étant ce que l’homme n’a jamais fini de comprendre.

         Je relis l’évangile puis je prends le temps d’une conversation avec le Seigneur. Je lui confie mon chemin de foi, fait de lumière, et, parfois, d’incompréhensions. Je m’en remets à lui pour qu’il ne cesse de me faire progresser dans mon chemin de disciple.

         Par l’Esprit et le Christ qui a purifié la maison du Père, nous disons : « Notre Père… »

         Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Psaume 108

Aide-moi, Seigneur mon Dieu: sauve-moi par ton amour !

Je commence par me préparer à ce rendez-vous avec le Seigneur. La prière est un moment de joie, car elle est rencontre du Seigneur.Je prends rien que pour lui, un peu de temps. La prière entretient ma fidélité à celui à qui j’ai donné ma foi. Laissant toutes ces préoccupations qui m’envahissent si vite, je me pose, je me repose sur Dieu seul. Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Je lis et relis tranquillement, lentement, ces versets du psaume 108 en les faisant miennes

Berna

délivre-moi.
Vois, je suis pauvre et malheureux ;
au fond de moi, mon cœur est blessé.

Je contemple ma vie, mes relations, mes pensées, les événements de ma vie, ma vie spirituelles et présente au Seigneur ce qui me rend triste et sombre.

ton amour est fidèle […] sauve-moi, par ton amour

Où en suis-je de ma confiance en l’amour miséricordieux du Seigneur? Je me remémore des consolations, des pardons reçus; signes que le Seigneur a déjà été plein de compassion pour moi.

il se tient à la droite du pauvre

Je regarde Jésus dans les évangiles; les nombreuses personnes pauvres et malades sur son chemin, comment il les accueille, les écoute et les guérit

À pleine voix, je rendrai grâce au Seigneur,
je le louerai parmi la multitude,

Comme l’un des 10 lépreux ou comme Bartimée je pourrai louer le Seigneur et témoigner de son amour.

Je relis lentement ce psaume, le chuchote, répète plusieurs fois les versets qui me rejoignent. J’en fais ma prière vers le Seigneur.

Je lui confie maintenant ce qui m’habite, ce qui m’est difficile, l’aide dont j’ai besoin, je lui confie des êtres chers en souffrance, je rends grâce…

Et je peux conclure en priant ce chant de Taizé: »Retourne, mon âme à ton repos »

Découvrir « Dilexi te » « Sur l’amour envers les pauvres »

Le Pape Leon XIV vient nous éveiller avec sa 1e exhortation: »Dilexi te » (Je t’ai aimé), écrite à quatre mains avec le Pape François, qui l’a commencée dans les mois qui ont précédé sa mort.

Découvrons quelques extraits de ce texte fort. Ce ne sont que quelques « graines » pour donner le goût de lire ce document très interpellant, en entier.

Je me dispose à lire calmement et en profondeur ces paroles et demande la grâce de me laisser toucher et rejoindre.

QUELQUES PAROLES INDISPENSABLES

5.Nous ne sommes pas dans le domaine de la bienfaisance, mais dans celui de la Révélation : le contact avec ceux qui n’ont ni pouvoir ni grandeur est une manière fondamentale de rencontrer le Seigneur de l’histoire. À travers les pauvres, Il a encore quelque chose à nous dire... 8.À ce sujet, il y a un texte de l’Écriture Sainte d’où il faut toujours repartir.Il s’agit de la révélation de Dieu à Moïse dans le buisson ardent : « J’ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte. J’ai entendu son cri devant ses oppresseurs ;

oui, je connais ses angoisses. Je suis descendu pour le délivrer […].Maintenant va, je t’envoie » (Ex, 7-8.10).. 9. La condition des pauvres est un cri qui, dans l’histoire de l’humanité, interpelle constamment notre vie, nos sociétés, nos systèmes politiques et économiques et, enfin et surtout, l’Église. Sur le visage meurtri des pauvres, nous voyons imprimée la souffrance des innocents et, par conséquent, la souffrance même du Christ.

le cri de la prière
  • « J’ai entendu son cri; je connais ses angoisses » dit Dieu à Moïse. Je peux me remémorer des événements où Dieu a entendu mon cri et où Il est venu me « délivrer » de mes angoisses et m’apporter la paix
  • je peux aussi m’interroger ; comment est-ce que j’entends le cri des personnes en souffrance et comment je m’efforce de connaître leur angoisse?

15. Même les chrétiens, en de nombreuses occasions, se laissent contaminer par des attitudes marquées par des idéologies mondaines ou par des orientations politiques et économiques qui conduisent à des généralisations injustes et à des conclusions trompeuses. Le fait que l’exercice de la charité soit méprisé ou ridiculisé,

comme s’il s’agissait d’une obsession de quelques-uns et non du coeur brûlant de la mission ecclésiale me fait penser qu’il faut toujours relire l’Évangile pour ne pas risquer de le remplacer par la mentalité mondaine. Il n’est pas possible d’oublier les pauvres si nous ne voulons pas sortir du courant vivant de l’Église qui jaillit de l’Évangile et féconde chaque moment de l’histoire.

Comment ces paroles me questionnent personnellement, dans ma vie personnelle et m’interrogent sur mon Eglise? Je demande la grâce de l’Esprit pour discerner.

DIEU CHOISIT LES PAUVRES

16. Dieu est amour miséricordieux et son projet d’amour, qui s’étend et se réalise dans l’histoire,consiste avant tout à descendre parmi nous afin de nous libérer de l’esclavage, des peurs, du péché et du pouvoir de la mort. Le regard miséricordieux et le coeur rempli d’amour, il s’est tourné vers ses créatures, prenant soin de leur condition humaine, et donc de leur pauvreté. 19. L’Évangile montre en effet que cette pauvreté touchait tous les aspects de la vie du Christ. Dès son entrée dans le monde, Jésus fait l’expérience des difficultés liées au rejet. L’évangéliste Luc, racontant l’arrivée à Bethléem de Joseph et de Marie, alors sur le point d’accoucher, observe avec regret : « Il n’y avait pas de place pour eux dans le logement » (Lc 2, 7)

Jésus naît dans d’humbles conditions ; dès sa naissance, il est couché dans une mangeoire ; et très tôt, pour le sauver de la mort, ses parents fuient en Égypte (cf.Mt 2, 13-15). Au début de sa vie publique, il est chassé de Nazareth […]Il n’y a pas de lieu accueillant, même pour sa mort : ils le conduisent hors de Jérusalem pour le crucifier (cf.Mc15, 22). C’est à cette condition que l’on peut résumer de manière claire la pauvreté de Jésus. Il s’agit de la même exclusion qui caractérise la définition des pauvres : ils sont les exclus de la société

Je prends le temps maintenant de contempler en imagination, avec ma mémoire, ces épisodes de la vie de Jésus. Et je peux les associer avec des scènes que je peux voir ou dont j’ai connaissance dans le monde où je vis et aussi tout près de moi. Quels sentiments m’habitent? Je me laisse interroger et toucher.

Arcabas – Fuite en Egypte

23. Je me demande souvent pourquoi, malgré cette clarté des Écritures à propos des pauvres, beaucoup continuent à penser qu’ils peuvent tranquillement les exclure de leurs préoccupations. Mais restons dans le domaine biblique et essayons de réfléchir à notre relation avec les derniers de la société, et à leur place fondamentale dans le peuple de Dieu.

UNE ÉGLISE POUR LES PAUVRES

36. l’Église « reconnaît l’image de son fondateur pauvre et souffrant,elle s’efforce de soulager leur misère et en eux c’est le Christ qu’elle veut servir ». Ayant en effet été appelée à se configurer aux derniers, en son sein « aucun doute ni aucune explication, qui affaiblissent ce message si clair, ne doivent subsister […]

Il faut affirmer sans détour qu’il existe un lien inséparable entre notre foi et les pauvres ». Nous en trouvons de nombreux témoignages tout au long de l’histoire bimillénaire des disciples de Jésus.

Giotto
El albanil borracho

UNE HISTOIRE QUI CONTINUE

97. Il incombe donc à tous les membres du Peuple de Dieu de faire entendre, même de différentes manières, une voix qui réveille, qui dénonce, qui s’expose même au risque de passer pour des “idiots”.[…] 98. La conversion spirituelle, l’intensité de l’amour de Dieu et du prochain, le zèle pour la justice et pour la paix, le sens évangélique des pauvres et de la pauvreté, sont requis de tous, et tout spécialement des pasteurs et des responsables. Le souci de la pureté de la foi ne va pas sans le souci d’apporter, par une vie théologale intégrale, la réponse d’un témoignage efficace de service du prochain, et tout particulièrement du pauvre et de l’opprimé

100. nécessité de considérer les communautés marginalisées comme des
sujets capables de créer leur propre culture, plutôt que comme des
objets de bienfaisance. Cela implique que ces communautés ont le droit de vivre l’Évangile, de célébrer et de communiquer la foi selon les valeurs présentes dans leurs cultures. L’expérience de la pauvreté leur donne la capacité de reconnaître des aspects de la réalité que d’autres ne réussissent pas à voir, et c’est pourquoi la société a besoin de les écouter. Il en va de même pour l’Église qui doit évaluer positivement leur manière “populaire” de vivre la foi. 112. Il convient de rappeler que la religion, en particulier la religion chrétienne, ne peut se limiter à la sphère privée comme si elle n’avait pas à se préoccuper des problèmes touchant la société civile et les événements qui intéressent les citoyens.

Ces paroles sont « bousculantes » ! Comment est-ce que je les accueille ? Quelle grâce de conversion dois-je demander ?

Je parle maintenant au Seigneur comme à un ami et lui partage mes désirs et aussi ce qui m’est difficile. Je lui exprime ma demande de pardon.Je lui confie tout ce qui m’habite.Je peux lui demander son aide. Il connaît ma pauvreté.

Et je termine en priant le Père.

Psaume 1

Heureux est l’homme qui met sa foi dans le Seigneur

Le grand livre de prière qu’est le Psautier, au cœur de la Bible, s’ouvre par une méditation sur la vie de l’homme. Il décrit le bonheur de ceux qui marchent à la suite du Christ.

Je m’installe confortablement et je me mets en présence du Seigneur : Seigneur, donne-moi la grâce de te suivre et de me détourner de ce qui m ‘éloigne de toi. Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Je lis le psaume lentement, en m’arrêtant sur les mots qui me touchent pour les laisser peu à peu m’imprégner.

 « Heureux est l’homme » : Je médite cette béatitude qui ouvre le psaume en contemplant les deux chemins opposés qui sont proposés : Celui des pêcheurs ( « méchants », « pêcheurs », « ceux qui ricanent », « ne pas « suivre », ni « siéger avec ») et celui des justes ( se plaire dans la loi du Seigneur et la murmurer.)

 « Heureux est l’homme » : Je médite cette béatitude qui ouvre le psaume en contemplant les deux chemins opposés qui sont proposés : Celui des pêcheurs ( « méchants », « pêcheurs », « ceux qui ricanent », « ne pas « suivre », ni « siéger avec ») et celui des justes ( se plaire dans la loi du Seigneur et la murmurer.)

Je peux goûter les deux images :

* « Il est comme un arbre planté près d’un ruisseau » : cette comparaison avec l’arbre évoque la solidité, la fécondité, la stabilité et la croissance. Elle peut symboliser notre enracinement dans le Christ.

Quels sont les points d’ancrage dans ma vie sur lesquels je peux m’appuyer ?

* « ils sont comme la paille balayée par le vent ? » : cette comparaison avec la paille évoque la légèreté, ce qui est éphémère et ne porte pas de fruit.

Qu’est-ce qui manque de solidité dans ma vie ? De quels attachements superficiels puis-je demander au Seigneur de me libérer ?

Pour terminer , je peux prier le psaume en m’adressant au Seigneur sous forme de demande :Seigneur, que je me plaise dans ta loi, que je sois comme un arbre planté près d’un ruisseau, que je me tienne près de toi sur le chemin des justes, et que je cherche à te suivre.

Puis je dis le Notre Père.

Accueillir la grâce de l’amour de Dieu comme la femme adultère

Jean 8 ; 1-11 traduction, Bible Liturgique

« Dès l’aurore, Jésus retourna au Temple. Comme tout le peuple venait à lui, il s’assit et se mit à enseigner. Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu’on avait surprise en situation d’adultère. Ils la mettent au milieu, et disent à Jésus : « Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère.  Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, que dis-tu ? » Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus s’était baissé et, du doigt, il écrivait sur la terre. 

Comme on persistait à l’interroger, il se redressa et leur dit : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. » Il se baissa de nouveau et il écrivait sur la terre. Eux, après avoir entendu cela, s’en allaient un par un, en commençant par les plus âgés. Jésus resta seul avec la femme toujours là au milieu.  Il se redressa et lui demanda : « Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t’a condamnée ? » Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »

La scène se passe donc dans le temple. C’est le lieu du culte, de la prédication, de la transmission de la foi. Jésus y enseigne et y est reconnu comme « maître ». Les scribes et les pharisiens, ceux qui viennent le mettre au défi le nomme « Maître ».

Jésus est reconnu dans son autorité à travers son enseignement. La femme, elle, est réduite à son adultère, elle est humiliée, trainée, rabaissée au niveau de la terre, de l’ « humus ». D’ailleurs, elle ne porte même pas de nom. Le tribunal populaire est en place.

Nous sommes dans le temple lieu où la loi de Moïse est annoncée. Les scribes et les pharisiens connaissent la loi, ils citent la loi de Moïse. Mais que dit cette loi en vérité? Dans le Lévitique Ch. 20, verset 10, il est écrit : « Si un homme commet un adultère avec une femme mariée, s’il commet un adultère avec la femme de son prochain, l’homme et la femme adultères seront punis à mort ».

Mais ici, où est l’homme ? Cette femme n’a pas agi seule et cependant elle est seule à être ciblée. Cette femme n’est finalement qu’un objet pour tendre un piège à Jésus, pas pour respecter la loi, car Jésus commençait à être dangereux pour les autorités juives. Et Jésus le comprend bien. Alors il prend du recul par rapport à la loi et aux accusateurs. Il se donne un temps de réflexion. Jésus ne répond pas à la question que lui posent les pharisiens puisque cette question en cache en vérité une autre qui  n’est pas très honnête en fait … 

Alors Jésus s’abaisse, au niveau de la femme dans « son humus » et se met à écrire sur la terre.  Il se met à l’écart de ce tribunal populaire.

Mais ils insistent ces pharisiens. Ils n’ont peur de rien. Alors Jésus les renvoie à leur propre vie. Il utilise le mot « péché ». Jésus ne les place plus devant la loi, la loi de Moïse,  mais devant Dieu. « Que celui qui est sans péché …. »

Et pour la deuxième fois, Jésus s’incline. Il ne porte aucun regard sur la femme, par discrétion, par humanité. Comme le souligne le livre de la Sagesse, « Dieu ferme les yeux sur nos péchés pour que nous nous repentions ». (Sg 11,23)

Mais, qu’écrit-il ? Je fais un rapprochement avec les tables de la loi données à Moïse. Dans le décalogue, c’est Dieu qui écrit sur des tables de pierre sur le mont Sinaï. C’est Dieu qui écrit les 10 commandements  environ 1500 ans avant JC. Alors, si cette femme avait été jugée selon la loi que Dieu écrivit lui aussi avec son doigt, elle devait mourir.

Un silence pesant envahit la foule…  La parole de Jésus porte du fruit. Le procès se déplace. Les accusateurs deviennent des accusés. Sans mots les scribes et les pharisiens quittent le tribunal. Sans doute les plus âgés avaient plus de choses à se faire pardonner. La femme, elle,  est toujours là. Elle n’a pas bougé comme une chose. Aurait-elle pu partir ? Sans doute !

Pour la seconde fois Jésus se redresse. Pour la première fois dans la scène quelqu’un s’adresse à la femme. Elle n’est plus une chose mais une personne. « Femme, où sont ceux qui t’accusaient ? lui demande Jésus.  Personne ne t’a donc condamnée ? » Pour la première fois quelqu’un lui accorde le droit de parler. Elle répond : « Non Seigneur ! »

Jésus a décidé de sauver cette femme parce qu’il est venu pour sauver les pécheurs « Je ne suis pas venu pour les justes mais pour les pécheurs. ».  « Je ne suis pas venu abolir la loi mais l’accomplir ». La loi de Moïse vient d’être accomplie, changée par la loi de l’amour, par la loi de la grâce et de la foi. Cette femme a été sauvée par la grâce de l’amour de Dieu  parce que Jésus est venu porter tous les péchés du monde. Et cette fois c’est Jésus, le Christ qui vient écrire sur la terre une nouvelle loi devant la femme surprise en adultère. Jésus écrit sur la terre  avec son doigt avant de juger la femme : c’est une loi de pardon, c’est une loi d’amour.