Prier autour du sel…

Je cherche un lieu favorable à la prière et m’y installe confortablement. Après avoir trouvé la position qui me convienne, je fais, mentalement, le tour des différents membres de mon corps, pour les détendre. Puis je dis au Seigneur : « me voici ». Je demande la grâce de la disponibilité à la Parole.

         Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Aujourd’hui, je fais mémoire de l’appel du Christ à nous faire « sel de la terre ». Matthieu, Marc et Luc rapportent la parole de Jésus sur le sel.

L’Ancien Testament fait, à de nombreuses reprise, mention du sel. Auprès de la mer morte, il peut être associé à la stérilité du désert « terre salée où nul n’habite » (Jr, 17,6). Mais le sel est aussi associé à des rites de purification. Ainsi les offrandes doivent-elles être salées. « Tu saleras toute oblation et tu ne manqueras pas de mettre sur ton oblation le sel de l’alliance de ton Dieu. » (Lv, 2,13).

On notera l’expression « sel de l’alliance ». C’est que le sel a la propriété de conserver et qu’une alliance de sel est marquée de la durée. On trouve, par exemple, dans le livre des nombres : « c’est là une alliance éternelle par le sel devant Yahvé, pour toi et pou ta descendance avec toi. » (Nb, 18,19)

Je relis maintenant les paroles de Jésus sur le sel, rapportées par les trois évangiles synoptiques.

« Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel devient fade, comment lui rendre de la saveur ? Il ne vaut plus rien : on le jette dehors et il est piétiné par les gens. » (Matthieu, 5, 13)
 

« C’est une bonne chose que le sel ; mais s’il cesse d’être du sel, avec quoi allez-vous lui rendre sa saveur ? Ayez du sel en vous-mêmes, et vivez en paix entre vous. » (Marc, 9,50)

« C’est une bonne chose que le sel ; mais si le sel lui-même se dénature, avec quoi lui rendra-t-on sa saveur ? Il ne peut servir ni pour la terre, ni pour le fumier : on le jette dehors ! Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! » (Luc, 14, 34-35)

Je prends le temps d’intérioriser ces trois textes, attentif à leurs similitudes et à leurs différences.

« Vous êtes le sel de la terre » / « Ayez du sel en vous-même ». Jésus s’adresse à moi, comme à son disciple. Comment est-ce que je reçois cet appel ? Le sel est un exhausteur de goût…Je considère comment je peux mieux goûter le monde qui est le mien, comment je peux révéler ce goût à autrui.
 

« Si le sel devient fade, comment lui rendre sa saveur ? » / « S’il cesse d’être du sel avec quoi allez-vous lui rendre sa saveur ? » / « si le sel se dénature, avec quoi lui rendra-t-on sa saveur » …Les trois évangélistes évoquent, par cette image, le risque pour le disciple de perdre de son acuité pour être présent au monde…

Une allusion, peut-être, au sel de l’alliance, à garder précieusement. J’examine les moyens que je peux prendre pour entretenir le goût de Dieu en moi et le désir de le transmettre.

« Ayez du sel en vous-même et vivez en paix entre vous. ». Marc est le seul à articuler la paix à l’évocation du sel. « L’alliance de sel » avec Dieu doit se manifester par la paix, la recherche d’alliance entre les hommes. Je médite cela.

Dans un colloque avec le Seigneur, lui parlant comme un ami parle à un ami, je rends grâce pour les occasions où je peux me sentir « sel de la terre », je confie les moments où ma vie peut me paraître plus fade. J’intercède aussi pour ceux qui peuvent manquer du goût de vivre…

         Je termine en disant « Notre Père… ». Lorsque je prononce « donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour », je prie pour que le pain que je reçois soit assaisonné du « sel de l’alliance. »

         Au nom du Père, du Fils et du Saint esprit.

Venir à la source, pour tisser des liens

Prenons un temps de prière en contemplant le décor préparé pour ce rassemblement.

Je me mets en présence de Dieu et lui demande de m’enseigner intérieurement.

Je fais silence et regarde ce décor. Qu’est-ce qui me frappe ?

  • Je regarde les 3 cercles. Qu’est-ce que cela m’évoque ?  

Ces cercles sont lumineux, dynamiques et éclairent un fond noir ponctué de rayons bleus. Le cercle représente le tout fini et infini, l’unité et le multiple, le plein et la perfection comme l’est le Créateur de l’Univers. Ici 3 cercles  comme les 3 personnes de la Trinité ?

Voilà la source. Notre Dieu est relation, à la fois UN et Trine.

Je médite cela.

  • Je regarde le cercle central.

Il est composé d’une variété de tissus tissés ensemble. Des couleurs lumineuses s’enchevêtrent laissant quelques vides où le fond noir apparait. C’est ainsi que se dessine la silhouette du Christ en croix. Elle est  centrale, noire auréolée d’or. Passion – Résurrection.

C’est le Christ mort et ressuscité qui montre le chemin, lui qui est le Vie, venu dans le tissu de notre humanité par amour ;  cherchant à tisser des liens avec chacun.

Je fais mémoire de Jésus dans les évangiles et dans ma vie.

  • Je regarde le chemin qui traverse les cercles

Voilà à nouveau un tissage de rubans aux différentes couleurs, à l’image de notre humanité si diverse.

Je regarde l’écheveau de rubans et m’attarde sur la diversité du monde dans lequel nous vivons. Diversité de langues, de cultures, d’histoires, de dons, d’opinions… une diversité qui est si difficile à vivre et à accepter.

Puis je regarde les rubans tressés  harmonieusement,  qui forment comme un  chemin.

J’entends l’appel de l’Eglise à la culture du dialogue, l’appel à se rencontrer et à tisser des liens, l’urgence de travailler ainsi  à la paix, modestement, humblement, laborieusement comme des artisans qui sans cesse remettent l’ouvrage sur le métier.

Je regarde ma propre vie : quels sont les liens qui me font vivre ? Quels sont ceux qui laissent à désirer ? Qui pourrait davantage rencontrer ?

J’adresse les mots qui me viennent à l’une des 3 personnes de la Trinité.

Je termine en écoutant le chant : « Artisans de paix »

Prier avec un cœur d’enfant

Je me dispose à un temps de prière. Après avoir choisi un lieu calme et propice, je cherche à m’abstraire de mon environnement, pour me faire tout disponible au Seigneur. Je prends le temps d’être attentif à ma respiration. Sans la forcer, j’inspire et j’expire lentement, attentif à la vie qui m’est donnée. Je demande au Seigneur la grâce de retrouver un cœur d’enfant.

Je prends d’abord le temps d’observer trois clichés de Robert Doisneau (qui fait actuellement l’objet d’une exposition au musée Maillol, à Paris). Les deux premiers clichés sont datés de 1956, le troisième de 1960.

Je suis d’abord sensible au cadre : la rue banale d’un quartier ordinaire, la façade grisâtre d’une façade percée d’une fenêtre mal entretenue…Et dans cet environnement peu séduisant, je m’arrête sur les deux enfants du premier plan. Je considère leur capacité à faire vivre un moment de fantaisie, de poésie, peut-être, le temps d’un équilibre précaire. Inversant l’habituelle façon de se tenir en marchant sur les mains,

ils donnent à cette scène quotidienne une grâce particulière. Avec les trois enfants qui s’arrêtent pour regarder les deux « acrobates », je prends le temps de contempler…Je peux aussi faire mémoire de souvenirs d’enfance : mon goût du jeu, la recherche de la limite, la découverte des possibilités de mon corps…Et je retiens : l’enfance qui cherche un équilibre, sans cesse remis en question, qui marche de façon incertaine mais résolue entre terre et ciel…
 

Devant cette autre photo (Calcul mental, 1956), je reconnais le cadre de l’école ancienne. Le pupitre de bois, percé de son encrier, dont le bord est maculé de tant d’encre renversée. Aujourd’hui, les classes ont bien entendu évolué, mais les activités sont restées les mêmes…Je suis sensible à la concentration de ce jeune garçon.

Appuyé sur son pupitre, sans se servir des jetons bien disposés, il a les yeux tournés vers ce qu’il a déjà mémorisé, il pointe le doigt vers le résultat à atteindre. Ce qu’il sait déjà peut l’aider à résoudre un problème nouveau. Là-encore, je peux faire mémoire de souvenirs de mon propre apprentissage. Et je retiens : l’enfance qui veut progresser, qui s’efforce de donner place à la concentration, à l’intériorisation pour progresser…

Cette photo est un peu plus récente (1960) et évoque les changements urbains considérables de l’après-guerre, consécutifs à l’exode rural. Image d’un monde en profonde mutation : quelques caravanes et roulottes disent l’arrivée mal préparée de nouveaux habitants que la ville va s’efforcer de loger dans des bâtiments collectifs. Les immeubles donnent l’impression d’être inhabités,

vides…image impressionnante d’une moderne Babel. Et, au premier plan deux enfants…Curieux ? Perdus ? Déconcertés ? Que fixent-ils ? Ils ont l’air bien petits dans cet espace, mais, pourtant ils sont la vie…Je peux faire mémoire de souvenirs où j’ai pu avoir l’impression que le monde était bien grand pour moi. Et je retiens : l’enfance comme promesse, dans un environnement parfois difficile, voire hostile…

L’évangile donne, à plusieurs reprises, place aux enfants. Les jeunes enfants étaient, dans la culture du temps, peu considérés. Ils ne maîtrisaient pas correctement la parole, apparaissaient comme capricieux…La société les marginalisait, (Voir, dans le texte de Matthieu, comment « les disciples les écartèrent vivement ») dans l’attente de « l’âge de raison ». Or Jésus les accueille, invitant, paradoxalement les disciples à se « faire enfant », et promettant le Royaume à ceux qui leur ressemblent.

Je considère l’approche de Jésus :

L’enfant est dépendant de ses parents, confiant en eux…

Ne suis-je pas invité à m’abandonner moi-aussi au Père, comme un enfant confiant ?

L’enfant est disponible, exempt encore de certitudes, curieux de la nouveauté, ouvert et prêt à l’inattendu.

Ne suis-je pas invité à quitter sans cesse mes habitudes, mes préjugés pour accueillir sans retenue l’incessante nouveauté de la Parole ?

L’enfant, le « tout-petit », est d’abord disponible à la relation.

Ne suis-je pas invité à vivre avant tout la relation, plutôt que de m’arrêter à mes réussites ou mes échecs ?

Je prends maintenant un temps pour converser avec le Seigneur, comme un fils confiant parle à son Père. Je peux lui demander, au fil de cet été, de me redonner un esprit d’enfance.

   Et comme un enfant bien aimé, à qui le Royaume est promis, je dis : « Notre Père… »

Béni sois tu pour l’eau !

A chaque fois, je prends le temps et je me dispose à accueillir le Seigneur qui me rejoint dans mon quotidien: été, chaleur. Je fais silence en moi, respire plusieurs fois lentement et profondément. Je ferme les yeux et imagine la fraîcheur de l’eau dans laquelle je plonge mes pieds échauffés. Je m’apaise et peux louer le Seigneur pour ce don de l’eau bienfaisante .

Je me laisse apaiser par le bruit de l’eau

Loué sois-Tu Seigneur pour l’eau pure et si claire
Qui reflète l’azur, l’étoile au fond du puits
Cadeau d’Amour du ciel qui traverse la terre
Pour apaiser nos soifs et répandre la vie





Elle fait penser à Toi qui passas chez les hommes
Pour guérir, purifier et nous désaltérer
En te donnant à nous comme une eau pure et bonne
Qui imprègne nos vies d’amour et de bonté.

Je prends un moment pour laisser monter en moi des images du Christ des Evangiles, qui purifie, guérit et désaltère, qui me touchent particulièrement. Je les laisse me rejoindre et inspirer ma vie.

Loué sois-Tu pour l’eau si humble et disponible
Qu’elle ne reçoit jamais que pour tout donner.
Qui, dans sa modestie, devient presque invisible.
Quand la lumière du jour s’en vient la traverser.


Seigneur, fais que nos vies soient aussi accueillantes
Et aussi généreuses pour savoir partager.
Qu’elles deviennent à leur tour tellement transparentes,
Que ta lumière divine les fasse scintiller.

Je fais mienne cette prière; et contemple les jours qui viennent avec toutes les rencontres que je vais vivre, prévues ou imprévues. J’exprime ma demande au Seigneur.

Loué sois-Tu, Seigneur, pour l’eau des mers profondes
Qui engloutit le mal comme une pollution
Qui lave, purifie la misère du monde,
Change la mort en vie, refait la création.


Tu en as fait pour nous l’image du baptême,
Océan de ta mort où se noie le péché
Mais d’où l’on sort nouveaux, vivant comme Toi-même
De la vie de Celui qui T’a ressuscité.

La situation de notre terre, guerres, violences, rejet de l’autre , tout ce mal à l’oeuvre atteint chacun de nous profondément; ta Création que l’on méprise et détruit. Oui, engloutis le mal et purifie-nous de ces gestes de mort; recrée-nous pour changer la mort en vie, dans chacun de nos paroles et nos gestes.

Loué sois-Tu, Mon Dieu, pour les eaux primitives
Que Tu as séparées dans le deuxième jour
Pour faire surgir la terre et les êtres qui vivent
Par ton souffle de vie qui planait tout autour.

Loué sois-Tu encore pour la source si bonne
Ouverte par Moïse dans le cœur du rocher,
Image de ton Fils qui, pour l’amour des hommes,
Versa l’eau et le sang de son cœur transpercé.

Loué sois-Tu pour l’eau de l’accueil, de la fête,
Pour celle qu’Abraham aux trois anges a servie,
Pour celle de Cana qui changea d’étiquette.
Celle dont Tu as lavé les pieds de Tes amis.

Et merci plus encore pour la Source d’Eau Vive
Que Tu nous as promise au puits de Samarie.
Pour le fleuve de vie qui arrose les rives
De la Jérusalem Nouvelle en Paradis.

Dans un deuxième temps, je peux considérer l’importance créatrice symbolique qui est donnée à l’eau dans la Bible, dans l’Ancien Testament déjà.L’eau est source de vie et fait revivre l’esprit.L’eau tombe du ciel, féconde la terre après l’avoir purifiée. Il en est de même de la Parole de Dieu qui vient du ciel, purifie et féconde. Le salut que Dieu apporte à son peuple est symbolisé par l’eau : le Seigneur fait couler de l’eau, ou jaillir des sources dans le désert. Le Seigneur va désaltérer les assoiffés : la soif représente l’exil, l’oppression, et l’eau la libération, le bonheur.l’eau deviendra symbole de la Parole de Dieu et de l’Esprit de Dieu.

Je demande la grâce de la confiance en ce Dieu, Père, compatissant, qui veut nous libérer du mal, nous purifier et aussi la grâce du courage de faire les premiers pas.

Nous pouvons relire des extraits de l’Evangile de Jean (Jn 4, 10 . 14 ..) où Jésus demande à boire à une Samaritaine au puits de Jacob:

Sieger Köder

Cette scène peut aussi m’évoquer une des dernières paroles du Christ en croix! « J’ai soif »

Ne me demande t-il pas à boire, à moi aussi ? Maintenant ? Comment j’accepte de répondre à sa demande? De quelle eau vive ai-je soif ? Quel désert en moi est à irriguer? Je demande au Seigneur d’augmenter en moi cette soif, de m’éclairer . Je peux aussi faire mémoire d’événements où le Seigneur m’a fait revivre et je peux le louer.

Et pour conclure je peux prier avec le psaume 103

A lire pendant l’été 

« Paysan de Dieu » de Frère François CASSINGENA-TREVEDY

Abbaye St Martin de Ligugé

François s’est retiré au cœur de l’Auvergne après des décennies de vie monacale en abbaye bénédictine de Ligugé. A la suite de Madeleine Delbrel  des années 1930, frère François nous révèle aujourd’hui  son intime conviction, qu’il y a équivalence entre le temps ordinaire des tâches les plus humbles  et le temps liturgique  qui élève l’âme par ses rites et ses chants.

Ci-joint,  quelques lignes glanées au fil des ma lecture 

Prier le psaume 105

Je me dispose à la prière, cherchant un endroit frais, favorable au repos dans le Seigneur. Je fais silence en moi pour rejoindre la parole du psalmiste, proclamée aujourd’hui dans l’Église universelle. Je demande la grâce de la louange et de l’action ce grâce.

            Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Je lis le psaume, lentement et je m’arrête sur le verset, l’expression qui me rejoint le plus, aujourd’hui.

Rendez grâce au Seigneur : il est bon !

Rendez grâce au Seigneur : il est bon !
Éternel est son amour !
Qui dira les hauts faits du Seigneur,
qui célébrera ses louanges ?

Heureux qui pratique la justice,
qui observe le droit en tout temps !
Souviens-toi de moi, Seigneur,
dans ta bienveillance pour ton peuple.

Toi qui le sauves, visite-moi :
que je voie le bonheur de tes élus ;
que j’aie part à la joie de ton peuple,
à la fierté de ton héritage.

Le Psaume commence en faisant appel à une communauté, présente par le « vous » (« Rendez-grâce »), ou par des formulations générales. (« Qui dira… » ; « Heureux qui… »). Nous prenons conscience que notre prière personnelle s’inscrit toujours dans la prière du peuple des croyants.

.  Je considère cette unité, cette fraternité dans la prière qui rassemble les communautés, proches et lointaines. Je considère mon appartenance au Peuple de Dieu, par-delà le temps et l’espace.

Puis le psalmiste prend la parole en son nom propre, formule des demandes. (« Souviens-toi de moi » ; « visite-moi » ; « que je voie » ; « que j’ai part »). J’examine, comment, au sein d’une multitude, j’ai une relation personnelle au Seigneur.

Je m’arrête à la foi du psalmiste, sûr de la bienveillance du Seigneur qui appelle au bonheur et veut notre joie.

Quels mouvements ces termes provoquent-ils en moi ? Au creux de la démarche jubilaire qui nous invite à nous faire pèlerins d’Espérance, éprouvons-nous une « espérance qui ne déçoit pas » et en témoignons-nous ?

Je relis le psaume, en intériorisant la louange du psalmiste et ses demandes.

Je prends maintenant le temps d’un colloque avec le Seigneur. Je lui présente ce qui fait, aujourd’hui, mon bonheur et ma joie, ou, peut-être, ce qui m’éloigne de ce bonheur et de cette joie.

Je lui confie ceux qui, dans mon entourage, connaissent des épreuves. Je prie aussi aux intentions du monde où la folie des hommes éloigne les perspectives de bonheur.

           

            Je termine en disant Notre Père. Au nom du Père, du Fils ou du Saint Esprit.

Fête du Sacré-Coeur

Basilique du Sacré Cœur de Paray-Le-Monial

Vendredi 27 juin, nous célébrerons la solennité du Sacré Cœur de Jésus

La tradition du « Sacré Cœur » trouve son origine avec l’apôtre saint Jean, qui a vu le cœur transpercé de Jésus sur la croix : « Un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau. »

Elle a pris davantage d’ampleur avec sainte Marguerite-Marie Alacoque et le jésuite Saint Claude La Colombière, à Paray-le-Monial à partir de 1673.  Marguerite-Marie écrit à ce propos : « Jésus me fit voir qu’il fallait honorer le cœur de Dieu sous la figure de ce cœur de chair, dont il voulait l’image être exposée. »

Au début de ce temps de prière, tournons-nous vers Jésus, vrai homme et vrai Dieu, pour connaître son cœur à jamais ouvert sur le monde, pour l’aimer et le suivre davantage.

« Je suis doux et humble de cœur. » ( Mt 11,29)
 

Jésus parle ouvertement de son cœur, doux et humble, quand il dit : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. » Jésus a un cœur qui aime jusqu’au bout : il a pitié, pardonne et soulage. Il exulte de joie, prie et mange avec des exclus. Il annonce un royaume d’amour, de paix et de joie pour tous. Son cœur guérit les blessures, remet debout.

Un instant, je contemple la manière de faire du Seigneur et lui demande la grâce d’adoucir mon cœur et de m’apprendre à aimer comme lui.
 

Puis, je peux répéter lentement :

Jésus, doux et humble de cœur, rends mon cœur semblable au tien.                                         Cœur Sacré de Jésus, j’ai confiance en toi et je t’aime.

« Comme un berger, il porte ses agneaux sur son cœur »  (Prophète Is 40,10)

L’image du berger parcourt toute la Bible pour parler du cœur de Dieu : le Seigneur conduit son Peuple et prend soin de lui. Il guide, rassure, mène vers les eaux tranquilles et fait revivre. Jésus se présente comme le bon pasteur, le vrai berger, qui donne sa vie pour ses brebis.

Un instant je contemple Jésus, le vrai berger. Je l’écoute m’appeler par mon nom. Je le regarde prendre soin des plus faibles au travers de mes frères et sœurs en humanité. 

Puis, je peux répéter lentement :

Jésus, doux et humble de cœur, rends mon cœur semblable au tien.
Cœur Sacré de Jésus, j’ai confiance en toi et je t’aime.

« Heureux les pauvres de coeur, le Royaume des cieux est à eux. » ( Mt 5,3)

Au cours d’un de ses enseignement à ses disciples, Jésus leur apprend à vivre selon  cette béatitude. Il les invite à donner du goût aux choses de la terre, à aimer les ennemis, à prier Dieu qu’il appelle « père », à choisir la bienveillance avec chacun. Jésus nous appelle à avoir un cœur large et généreux.

Lentement je redis cette béatitude, ce chemin de bonheur que me propose Jésus : ‘Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux’. Qu’est ce qui me détourne de cette pauvreté qui donne la vie ? Quel est mon vrai trésor, celui qui me conduit vers la vraie joie ?

Puis je peux répéter lentement :

Jésus, doux et humble de cœur, rends mon cœur semblable au tien
Cœur Sacré de Jésus, j’ai confiance en toi et je t’aime.

Pour terminer ce temps de prière, je rassemble mes pensées et je m’adresse à Jésus, comme un ami parle à son ami. Je lui demande de faire grandir en moi un attachement à son cœur, à sa manière de parler, de regarder, de vivre et de prendre soin de mon prochain.

Prière de Saint Claude La Colombière

Jésus, tu es le seul et le véritable Ami.
Tu prends part à mes maux, tu t’en charges,
tu as le secret de me les tourner en bien.
Je te trouve toujours et en tout lieu ; tu ne t’éloignes jamais.
Tu m’écoutes avec bonté lorsque je te raconte mes découragements
et tu ne manques jamais de les adoucir.
Tu ne t’ennuies jamais de m’entendre.
Tu supportes mes défauts avec une patience admirable.
Ô Jésus, accorde-moi de vouloir revenir vers toi
afin que je sois tout à toi, pour le temps et pour l’éternité.

Psaume  110  

Illustration logarithmique de l’univers observable
Paolo Carlos Budassi

Je me mets à l’écart pour être à l’écoute du Seigneur.

Je lis une première fois puis relis le psaume du jour.

Quels mots ont du goût pour moi ? Je m’y arrête.

Murillo 1617-1682 – Séville

Je contemple Jésus, le Juste par excellence, et ses œuvres, telles qu’elles sont rapportées dans l’Evangile. Je fais mémoire de ses gestes de tendresse, de compassion, de salut. Quelle action retient particulièrement mon attention ?

J’en rends grâce et loue le Seigneur pour cela.

Je regarde ce qui fait ma vie et la vie des femmes et des hommes autour de moi. Qu’est-ce que je vois qui me porte à l’action de grâces et la louange ? Qu’est-ce qui me parle de la présence de Dieu et de son action dans le monde d’aujourd’hui ?

J’en rends grâces. Avec quels mots, pourrais-je rendre gloire au Seigneur ?

Je termine ma prière en écoutant le chant : « Ad majorem Dei gloriam » : Pour la plus grande gloire de Dieu !

Prier sur une œuvre de Fanny Ferré

Le palais Jacques Cœur de Bourges propose actuellement une exposition de la sculptrice Fanny Ferré. ( jusqu’au 5 octobre). Nous nous arrêtons sur la scène présentée dans la cour du palais, évoquant le départ de migrants.

Je me dispose à un moment de prière. Je me retire pour un moment de silence, désireux de me tourner vers le Seigneur. « Seigneur, me voici ». Je demande la grâce de l’attention à l’autre. Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Je contemple d’abord, calmement, l’œuvre, attentif aux personnages, à leur expression. Détermination. Épuisement. Intériorisation. Regard tourné vers les cieux. Crainte. Expression de révolte.

Je m’arrête aussi sur les vestiges d’une vie passée, les poteries, la vannerie, les animaux domestiques : cheval, cochon, volaille, chien…Traces d’une vie rurale que les personnages quittent.

Je considère maintenant le cadre dans lequel l’œuvre est exposée : le palais Jacques Cœur. La stabilité d’un monument qui a traversé les siècles, face au mouvement erratique de la migration. La solidité de la pierre qui se fait l’écrin d’une œuvre fragile de poterie. Une maison, où une famille était installée. Le linteau d’une des portes représente la vie domestique, près d’une cheminée, d’un foyer…

Et le hasard de la programmation fait que l’exposition a lieu en même temps que des travaux. Les barrières dd chantier ne peuvent pas ne pas évoquer tant de barrières, de murs construits pour arrêter les mouvements de migration.

Dans un premier temps, je fais mémoire des déplacements que j’ai pu connaître, dans ma propre vie, ou qu’ont pu connaître mes ascendants. Même si je n’ai pas vécu, à proprement parler, une « migration », j’ai sans doute expérimenté un départ, la nécessité de m’adapter à un nouvel environnement…

A quels abandons cela m’a-t-il conduit ? Quels mouvements m’ont-ils alors traversé ? Quelles perspectives nouvelles ont-elles pu s’ouvrir ?

Dans un second temps, je prends la mesure des phénomènes migratoires contemporains, que les raisons en soient économiques, politiques ou climatiques.

Que puis-je dire de mes réactions ? Ma compassion, mes craintes, mes éventuels engagements ?

Dans un troisième temps, je considère les Écritures. Je me souviens ce cette prière juive, dans le Deutéronome. « Mon père était un araméen errant qui descendit en Égypte » (Dt, 26,5).

Je me souviens aussi de l’appel fait à Abraham : « quitte ton pays. » (Gn, 12,1). Et j’entends Jésus nous dire : « le Fils de l’homme, lui, n’a pas où reposer sa tête. » (Mt, 8,20)

Je m’adresse maintenant au Seigneur, comme un ami parle à un ami. Je peux lui dire mon goût / mes craintes du changement, mon désir de m’installer…Je peux lui confier tous les migrants de notre temps.

En pensant aux épreuves des migrants aujourd’hui, je prie avec les mots de St Paul :

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Psaume 84

La gloire du Seigneur habitera notre terre

Je prends un temps à l’écart…

Je me prépare à rencontrer le Seigneur, en communion avec toute l’Eglise… Je peux faire mémoire de la foule des croyants qui ont prié avec ce psaume…

Je m’installe, respire profondément et trace sur moi le signe de la Croix…

Je peux demander une grâce au Seigneur…
 

Je lis le psaume lentement, une première fois.

Composé sans doute après le retour d’exil à Babylone, ce psaume balance entre espérance et attente, confiance et incertitude.

Les v 2-4 font mémoire du pardon de Dieu.

Les v 5-7 demandent la miséricorde divine

Les v 8-10 appellent à la confiance, à l’écoute de la Parole

Les v 11-14 disent le temps de l’espérance

Je relis le psaume en étant attentif.e aux mots, aux images utilisées, aux demandes exprimées. Je reste sur ce qui me parle, sans me soucier d’aller plus loin.
 

Le verbe « revenir » est employé cinq fois, dans des mouvements différents…

Le sujet de ce psaume est le pardon de Dieu… le Dieu juste condamne le péché, tout péché, mais le Dieu d’amour pardonne au pécheur…

Il nous rappelle l’importance de la mémoire des actions passées de Dieu pour nourrir notre foi en ses promesses futures…

Je peux faire mémoire de l’action de Dieu dans ma vie passée et présente, de son pardon, du don de sa grâce…

J’en parle à Jésus, comme un ami se confie à son ami…

Et je redis ma confiance au Père, dans la paix et la joie de l’Esprit Saint : « Notre Père… »