Une église sur ma route en Berry

Collégiale Saint Austregesile

Une belle église sur la route attire mon attention et m’incite à faire une pause. Lieu de prière personnelle ou communautaire depuis des siècles, je m’inscris dans cette chaîne et prends un temps spirituel .

J’éteins mon téléphone portable et le range. Je ferai des photos plus tard.

Puyferrand

Le portail est ouvert. Symboliquement il ouvre la voie qui conduit au salut. La porte est ouverte vers mon « sanctuaire » intime. J’entre et me dispose. Je me laisse apprivoiser par ce lieu. Je commence par regarder, me laisser toucher par l’atmosphère, les proportions, l’harmonie des couleurs, les teintes de la pierre, des vitraux, des fresques éventuellement, par la lumière qui naît petit à petit et se libère .

Je me pose et laisse le temps se ralentir et le silence se faire en moi.

Je me rappelle les paroles de l’Ecriture qui évoquent le temple, le Temple de Dieu . Peut-être Saint Paul dans sa 1e lettre aux Corinthiens (3,16) « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? »

Chalivoy-Milon

La voûte représente la voûte céleste et la nef est le vaisseau qui protège l’homme durant son périple, comme le navire qui protège les voyageurs des intempéries.

Je repère mes sentiments. Cette église m’invite-t-elle à regarder en haut ou en moi-même? Elle apaise ou dynamise ?

L’autel rappelle la Cène. La rencontre avec Dieu se fait dans l’intime.

Je réentends en moi et rumine cette phrase de St Paul. Je suis attiré.e par la lumière qui éclaire l’autel et le transept. Je reçois là, la grâce d’entretenir ce temple de Dieu en moi.

Je médite en moi sur ce que cela signifie dans ma vie au quotidien, quel appel, quel désir monte en moi ?

Allouis

Mehun sur Yèvre – Neuvy Saint Sépulchre – Châteaumeillant

Je regarde les vitraux ou les chapiteaux ou les fresques … Je choisis ce qui m’a le plus touché.e, je m’y arrête, je m’asseois et y reste un moment. J’essaie de me souvenir du passage biblique évoqué, des personnes, des actions. Comment peut-il me rejoindre dans ma vie ?

Plaimpied – Chalivoy Milon

Maintenant je prends un moment pour parler au Seigneur. Je peux le remercier et le louer pour la beauté de ce lieu, le calme et la paix et pour cette visite qui m’a fait du bien.

Je peux aussi le remercier pour tous ceux qui ont construit cette église.

Je le prie pour les chrétiens qui viennent y prier régulièrement et aussi pour les visiteurs, croyants ou non-croyants. Et je termine en union avec tous les chrétiens: Notre Père …

Brinay

Nourri.e et disponible pour faire vivre ce temple qui accueille la présence de Dieu en moi, je repasse la porte, vers l’extérieur, vers le monde , disciple du Christ .

Psaume 116

J’aime le Seigneur :
il entend le cri de ma prière ;
il incline vers moi son oreille :
toute ma vie, je l’invoquerai.

J’étais pris dans les filets de la mort,
 retenu dans les liens de l’abîme,
j’éprouvais la tristesse et l’angoisse ;
j’ai invoqué le nom du Seigneur :
« Seigneur, je t’en prie, délivre-moi ! »
Le Seigneur est justice et pitié,
notre Dieu est tendresse.
Le Seigneur défend les petits :
j’étais faible, il m’a sauvé.

Il a sauvé mon âme de la mort,
gardé mes yeux des larmes
    et mes pieds du faux pas.
Je marcherai en présence du Seigneur
sur la terre des vivants.

Je commence mon temps de prière en traçant sur moi le signe de la croix et je me mets en présence du Seigneur « Me voici devant toi Seigneur. Je te remercie de m’accueillir tel que je suis. »

Je peux lui demander la grâce d’entrer dans sa confiance et d’en vivre pour cette journée.

Je prends le temps de lire ce psaume lentement et je peux souligner les mots qui me touchent ou me questionnent.

Pistes de méditation 

« J’aime le Seigneur. »

Le psalmiste commence sa prière en clamant sa gratitude et son amour pour Dieu. Il nous partage son expérience d’être rejoint par lui. Je peux demander au Seigneur de m’accorder cette proximité avec lui et lui rendre grâce pour sa présence dans ma vie.

 «  Le Seigneur est justice, tendresse, pitié, défend les petits, m’ a sauvé. »

Le psalmiste poursuit en  évoquant ce que Dieu est pour lui, à savoir celui qui le sauve et le délivre dans les moments difficiles. Je peux faire mémoire de ma propre expérience de Dieu en nommant les mots qui disent qui est Dieu pour moi.

  «  Je marcherai en présence du Seigneur sur la terre des vivants. »

Le psalmiste termine sa prière en en nous partageant son espérance d’une présence quotidienne de Dieu auprès de lui. Et moi, quelle est mon Espérance ? Quels moyens je mets en œuvre pour cheminer pas à pas et dans la confiance auprès du Seigneur ?

A l’issue de ce temps de méditation, je rassemble mes pensées et je peux confier au Seigneur ce qui m’habite dans un cœur à cœur avec lui.

 Je peux terminer par la prière du Notre Père et par le chant de Taizé Retourne mon âme à ton repos :

Un été pour louer la Création

L’été offre, à beaucoup, plus de temps libre. La météo invite à sortir et à fréquenter plus la nature. Occasion de contempler un paysage, de redécouvrir son propre jardin, un parc public, un site naturel, près de chez soi, ou de découvrir des paysages nouveaux si l’on change de région…

Je prends un temps de contemplation dans un espace naturel que j’ai choisi. Après avoir fait le signe de croix, je demande au Seigneur la grâce de l’attention, par tous mes sens. Et j’ouvre l’oreille de mon cœur.

Je prends d’abord le temps de l’observation…

Je regarde les divers éléments composant l’espace devant lequel je me tiens. Je regarde leur forme, leur étagement…Je regarde les couleurs dans leur variété et leurs nuances. Je m’arrête sur la lumière, son intensité ou sa douceur, selon l’heure du jour…ou sur l’obscurité d’un ciel étoilé…

J’écoute les sons qui m’entourent, flux et reflux de la mer, bruissement dans les arbres d’une forêt, bruits furtifs d’un animal apeuré à la campagne, bourdonnement des insectes sur les fleurs du jardin. J’écoute aussi, quand c’est possible, le silence.

Je suis attentif aux odeurs. Les algues sur une plage, la mousse en forêt, les fleurs du jardin…

Je mobilise aussi le toucher. Je prends le temps de percevoir sur ma peau la chaleur du soleil, la brise du vent, une goutte de pluie…Et si je me déplace, je peux aussi toucher…Mettre ma main dans l’eau de l’océan ou d’un torrent, caresser l’écorce d’un arbre, froisser une feuille…

Je lis maintenant le texte du livre de la Sagesse. (13, 1-9)

De nature, ils sont inconsistants, tous ces gens qui restent dans l’ignorance de Dieu : à partir de ce qu’ils voient de bon, ils n’ont pas été capables de connaître Celui qui est ; en examinant ses œuvres, ils n’ont pas reconnu l’Artisan. Mais c’est le feu, le vent, la brise légère, la ronde des étoiles, la violence des flots, les luminaires du ciel gouvernant le cours du monde, qu’ils ont regardés comme des dieux. S’ils les ont pris pour des dieux, sous le charme de leur beauté, ils doivent savoir combien le Maître de ces choses leur est supérieur, car l’Auteur même de la beauté est leur créateur. Et si c’est leur puissance et leur efficacité qui les ont frappés, ils doivent comprendre, à partir de ces choses, combien est plus puissant Celui qui les a faites. Car à travers la grandeur et la beauté des créatures, on peut contempler, par analogie, leur Auteur. Et pourtant, ces hommes ne méritent qu’un blâme léger ; car c’est peut-être en cherchant Dieu et voulant le trouver, qu’ils se sont égarés : plongés au milieu de ses œuvres, ils poursuivent leur recherche et se laissent prendre aux apparences : ce qui s’offre à leurs yeux est si beau ! Encore une fois, ils n’ont pas d’excuse. S’ils ont poussé la science à un degré tel qu’ils sont capables d’avoir une idée sur le cours éternel des choses, comment n’ont-ils pas découvert plus vite Celui qui en est le Maître ?

J’entends l’appel à être sensible à ce qui m’est offert : beauté, puissance, grandeur, efficacité.

Mais j’entends aussi la nécessité de dépasser mes seules sensations pour contempler dans la nature l’œuvre du Créateur : « reconnaître l’artisan » ; « le maître de ces choses » ; « l’auteur même de la beauté est leur créateur » ; « à travers la grandeur et la beauté des créatures, on peut comprendre, par analogie leur auteur ».

J’entends enfin l’urgence (déjà affirmée dans un texte écrit il y a plus de 2000ans) de ne pas m’en tenir à la volonté de comprendre (« la science », « une idée ») pour accueillir la création comme un don de la toute-puissance d’amour de Dieu. Une démarche d’accueil et de respect de la Création, pour échapper à la tentation de l’exploitation de la nature par les conquêtes scientifiques.

Et moi, est-ce que je prends régulièrement le temps de contempler la nature, en dépassant l’émotion, pour entrer dans la contemplation du Seigneur et l’action de grâce.

Et moi, comment la contemplation de la nature m’aide-t-elle à prendre soin de la maison commune ?

Je m’adresse maintenant au Seigneur pour exprimer ma louange devant la Création, pour demander pardon pour tout ce qui atteint la vie de notre planète, pour Lui confier tous ceux qui travaillent à la défense de l’environnement.

Je termine en disant cet extrait de la prière du Pape François, qui clôture son encyclique Laudato Si’

Nous te louons, Père, avec toutes tes créatures,
qui sont sorties de ta main puissante.
Elles sont tiennes, et sont remplies de ta présence
comme de ta tendresse.
Loué sois-tu.

Fils de Dieu, Jésus,
toutes choses ont été créées par toi.
Tu t’es formé dans le sein maternel de Marie,
tu as fait partie de cette terre,
et tu as regardé ce monde avec des yeux humains.
Aujourd’hui tu es vivant en chaque créature
avec ta gloire de ressuscité.
Loué sois-tu.

Esprit-Saint, qui par ta lumière
orientes ce monde vers l’amour du Père
et accompagnes le gémissement de la création,
tu vis aussi dans nos cœurs
pour nous inciter au bien.
Loué sois-tu.
Ô Dieu, Un et Trine,

communauté sublime d’amour infini,
apprends-nous à te contempler
dans la beauté de l’univers,
où tout nous parle de toi.
Éveille notre louange et notre gratitude
pour chaque être que tu as créé.
Donne-nous la grâce
de nous sentir intimement unis à tout ce qui existe.

Je termine ce temps de prière en traçant sur moi le signe de la croix.

Psaume 18

Le psaume 18 comporte deux parties distinctes: les versets 2 à 7 (psaume 18A), hymne de louange sur le thème de la création, et les versets 8 à 15 (psaume 18B) psaume de sagesse sur le thème de la loi du Seigneur.

La liturgie de ce jour, où l’Eglise fête St Pierre et St Paul, nous propose l’hymne:

Les cieux proclament la gloire de Dieu,
le firmament raconte l’ouvrage de ses mains.
Le jour au jour en livre le récit
et la nuit à la nuit en donne connaissance.

Pas de paroles dans ce récit,
pas de voix qui s’entende ;
mais sur toute la terre en paraît le message
et la nouvelle, aux limites du monde.
Là, se trouve la demeure du soleil :
tel un époux, il paraît hors de sa tente,
il s'élance en conquérant joyeux.

Il paraît où commence le ciel,
il s'en va jusqu'où le ciel s'achève :
rien n'échappe à son ardeur

Je m’installe confortablement, au calme et si je le peux à l’extérieur, dans un jardin ou à proximité…

"Seigneur, ouvre mes lèvres,
et ma bouche publiera ta louange !"

J’écoute le psaume… puis je le lis lentement autant de fois que désiré…

Je repère les mots, les expressions qui me parlent…

(Les cieux, le firmament, le ciel, le soleil, toute la terre, le jour, la nuit )

Le psalmiste contemple la création, dans son immensité…

Il y perçoit le silence:  » pas de paroles, pas de voix qui s’entendent « …

Et pourtant, dans ce silence, l’œuvre de Dieu, (l’ouvrage de ses mains ), dit la gloire du Créateur: ( proclament, raconte, récit, connaissance, message, nouvelle )

Dieu nous a donné le monde pour que nous puissions connaître sa gloire et la chanter…

Je peux, à mon tour et avec mes mots, confier au Seigneur ma louange, mon merci ou ma demande…

https://drive.google.com/file/d/1XEfHwxjDiuQ3I2O0g1tLQpxKCiOn2ZCB/view

Je termine ce temps de prière par le Notre Père… Puis, en union avec toute l’Eglise:

" Bénissons le Seigneur !
Nous rendons grâce à Dieu. "

Prier en début d’été

 Voici le temps de l’été ! Certes, ce temps ne sera pas vécu de la même façon par tous,  mais tous nous pouvons  nous  tourner vers le Seigneur pour envisager ce temps qui nous est donné de vivre.

L’être humain, créé à l’image de Dieu, est un être de relation. Dans l’encyclique Laudato’ si, le pape François, prenant appui sur les textes bibliques, dit  que

 « l’existence humaine repose sur 3 relations fondamentales intimement liées : la relation avec Dieu, avec le prochain et avec la terre ». (n° 66)

Comment alors tirer profit de l’été pour revivifier ces 3 dimensions ?

Je me rends présent au Seigneur et lui demande la grâce de veiller à ces 3 relations.

La relation à la terre

Souvent l’été est propice à être davantage dans la nature. Je peux prendre le temps de la contempler dans sa beauté, dans sa diversité ; de m’émerveiller, de rendre grâce pour ce qui est donné.

Je peux louer le Créateur. « Tout l’univers matériel est un langage de l’amour de Dieu, de sa tendresse démesurée envers nous. » (n°84)

Je peux aussi me demander ce que je peux faire de plus pour préserver cette création.

La relation avec le prochain

D’abord je considère la relation à moi-même : de quoi ai-je besoin pour une vie plus harmonieuse : de repos ? D’activités physiques ? De laisser certaines habitudes ?… J’en parle au Seigneur.

Souvent l’été est propice aux retrouvailles, aux rencontres. Quelles sont les personnes que je vais voir cet été ? Je confie au Seigneur toutes ces relations familiales, amicales, de voisinage … Ceux qui ont besoin d’aide…  

Quelle relation aurait besoin d’être entretenue ?

Et si je vis la solitude, de qui puis-je me rendre plus proche ?

Quel point de vigilance, puis-je me donner pour que ces relations vécues cet été soient harmonieuses et fraternelles … pour qu’elles soient porteuses de vie ?

La relation à Dieu

L’été est souvent un temps de vacances : moins de contraintes, plus de temps. Un temps favorable au repos,  à l’intériorité, à la relation à Dieu.

Quelle place vais-je donner à la prière… à la contemplation … à la lecture spirituelle ?

Je termine en  lisant cette prière : Se reposer

« Jésus, tu nous dit : « Venez à l’écart, dans un lieu désert, et reposer-vous un peu. »
Ouf ! Quelle joie ! Notre guide, notre premier de cordée, nous invite au repos...
Le travail est de plus en plus technique. Les engagements sont de plus en plus prenants.
Nos agendas sont de plus en plus chargés. Notre idéal est de plus en plus pressant : il vaudrait mieux, il faudrait, il faudra bien....
Ouf ! Tu nous invites au repos !
Se re-poser devant soi-même : que deviens-tu ? Que veux-tu ? Que peux-tu ? Que décides-tu ?
Nous re-poser devant la nature, premier livre que tu as écrit avec le Père et le Saint-Esprit.
Par la nature, tu nous dis tant de choses sur la vie et les saisons, sur la sève et les floraisons, sur le soleil et les mûrissements, sur le temps des labours et le temps des moissons....
Nous re-poser devant les autres. Où en sont nos relations ? Où en est notre dialogue ?
Qu’est devenue notre joie d’être ensemble ?
Nous reposer devant Toi, nous re-poser devant Toi, le guide, le premier de cordée, le premier des ressuscités
Merci pour ce repos qui est consolation. Merci pour ce repos qui renouvelle notre espérance. Nous t’écoutons nous redire : « Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette le grain dans son champs : nuit et jour qu’il dorme ou qui il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi. Et dès que le grain le permet on y met la faucille, car c’est le temps de la moisson. »
Dieu créateur, Dieu re-créateur, sois loué pour ce temps de repos, pour ce temps de tourisme et de loisirs. Aide-nous à devenir tout neufs devant toi. Pour mieux servir ton œuvre de création.
Mgr Perrier

Psaume 110

Au début de ce temps de prière, je me dispose avec mon corps . Je prends plusieurs longues inspirations pour m’enraciner dans le moment présent et faire silence en moi. Je dépose dans les mains du Seigneur mes préoccupations et les lui confie.Au nom du Père et du Fils et du saint-Esprit.

Je lis lentement le psaume, en m’arrêtant sur quelques mots. Je les laisse résonner en moi, rejoindre ma vie.

De tout cœur je rendrai grâce au Seigneur
dans l’assemblée, parmi les justes.
Grandes sont les œuvres du Seigneur ;
tous ceux qui les aiment s’en instruisent.

Noblesse et beauté dans ses actions :
à jamais se maintiendra sa justice.
De ses merveilles il a laissé un mémorial ;
le Seigneur est tendresse et pitié.

Justesse et sûreté, les œuvres de ses mains,
sécurité, toutes ses lois,
établies pour toujours et à jamais,
accomplies avec droiture et sûreté !

Ernst Barlach – der singende Mann

Je regarde cet homme qui met tout son coeur à chanter. Et je prends le temps de contempler les jours passés; je demande l’aide de l’Esprit pour repérer tout ce qui touche mon coeur et ce pour quoi je peux rendre grâce.

Les oeuvres du Seigneur me redonnent vie, elles me mettent en mouvement et m’ouvrent l’âme et le coeur . Je me laisse inspirer, éclairer par elles.

Autour de moi, des femmes, des hommes témoignent de la « noblesse et de la beauté » des actions du Seigneur. Je me laisse habiter par la joie et paix de cette contemplation. Et moi aussi, avec confiance, car le Seigneur m’aime, je peux donner généreusement ce qu’il a semé en moi. Comme nous dit Paul dans sa 2e lettre aux Corinthiens « ..il vous donne toute grâce en abondance… afin que vous ayez en abondance de quoi faire toute sorte de bien. »(2Cor 9, 8). Le Seigneur me fait collaborer à ses oeuvres et je peux le chanter de tout mon coeur. En disant: »Notre Père.. »

Diony’s Voice interprète BABA YETU ( Musique Christopher Tin – « Notre Père » adapté en swahili par Chris Kiagiri – Concert Diony’s Krismas du 17 décembre 2022 à la Basilique-Cathédrale de Saint-Denis .

Association Diony’s Voice – Association loi 1901 Regroupe des étudiants et jeunes professionnels autour du répertoire des chants africains, des spirituals et du gospel. Le groupe permet à des jeunes d’accéder à une culture musicale sous la direction d’une professionnelle de la musique, de se créer un réseau amical et professionnel sur le territoire dionysien et francilien et leur offre de participer à des actions solidaires pour élargir leur horizons dans leur vie de jeunes adultes.

Marthe et Marie de Vermeer

Je me dispose à me mettre à l’écoute du Seigneur, en traçant sur moi le signe de croix. Je m’efforce de chasser mes préoccupations pour me rendre disponible à la Parole. Je demande la grâce de savoir me mettre au service.

Je relis l’évangile, illustré par le peintre Vermeer, la visite de Jésus chez Marthe et Marie.

« Chemin faisant, Jésus entra dans un village. Une femme nommée Marthe le reçut. Elle avait une sœur appelée Marie qui, s’étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Quant à Marthe, elle était accaparée par les multiples occupations du service.

Elle intervint et dit : « Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur m’ait laissé faire seule le service ? Dis-lui donc de m’aider. » Le Seigneur lui répondit : « Marthe, Marthe, tu te donnes du souci et tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée. » (Luc, 10, 38-42)

Je contemple maintenant le tableau de Vermeer, qui a choisi de représenter le dernier verset de cet évangile : « Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée. »

Vermeer, 1656.Jésus avec Marthe et Marie

La pièce où se déroule la scène est très sobrement représentée pour donner toute la place à la relation entre les trois personnages de la scène.

Marie est « assise aux pieds du Seigneur » conformément à l’Évangile. Son visage, reposant sur sa main, suggère l’écoute contemplative, fascinée par la présence du Christ et sa parole.  Le Christ est assis sur un fauteuil, signe de sa dignité, de sa majesté.  Marie est débout, en mouvement, en tenue de service comme l’indique son tablier.

Du centre du tableau sourd la lumière de la nappe immaculée, qui trouve un écho dans les manches de la chemise de Marie, et dans les foulards des deux femmes

Si la main du Christ désigne bien Marie, qui « a choisi la meilleure part », il adresse à Marthe un regard tout en douceur et en tendresse. Les deux femmes tournées vers le Christ manifestent deux façons de se tenir devant le Christ, dans l’écoute et le service.

Au milieu des trois personnages, le pain, dans un simple panier. Marie apporte sur la table, dont la nappe blanche évoque l’autel, « le fruit de la terre et du travail de l’homme. ». Se joue ici, subtilement, liturgie de la Parole et liturgie eucharistique.

Ainsi ce tableau se fait-il résumé de toute la vie chrétienne. Attention à la présence du Christ, attention à sa Parole à accueillir et méditer, place des sacrements et service.

Et moi, que puis-je dire de la façon dont s’articulent ces diverses dimensions dans ma vie de croyant ? Quelle place est-ce que je donne à l’écoute de la Parole ?

Quelle place tient l’eucharistie dans ma vie chrétienne ? Quelle place dans ma vie pour l’offrande et le don ? Quelle place donnée au service ?

Après avoir relu l’évangile de Luc, je me tourne vers le Seigneur, pour le contempler, comme Marie et pour converser avec lui, comme Marthe. Je lui parle de mon chemin de disciple, avec ses réussites et ses difficultés. Je lui confie celles et ceux qui ont besoin que je me mettre à leur service.

Je termine avec cette prière écrite à partir de St Jean Eudes, avant de tracer sur moi le signe de croix.

Jésus tu as affirmé : « … vous êtes des serviteurs inutiles. »
(Lc 17, 10)

Que cette parole est dure à entendre !
Faut-il donc que j’arrête mes engagements ?
Dois-je faire comme d’autres, baisser les bras dans mes services d’Église ?
Me serais-je trompé en m’investissant de manière si prenante ?
Donne-moi ton Esprit pour comprendre cette Parole.
C’est vrai, nous ne sommes rien par nous-mêmes,
et il nous est bon d’en prendre conscience :
tout ce que nous avons vient de toi.
Tout ce que nous pouvons faire pour toi
n’ajoute rien à ce que tu fais pour nous et en nous.
Donne-moi ta paix, Seigneur, pour que j’accueille ta parole.
Tout service est avant tout réponse à ton amour,
gratuit et non pas utile.
C’est toi qui le complètes et lui apportes sa part d’utilité.
Donne-moi, Seigneur, de mettre en œuvre tes dons,
et remplis mes actes de ton amour.

Psaume 127

Heureux qui craint le Seigneur
et marche selon ses voies !
Tu te nourriras du travail de tes mains :
Heureux es- tu ! À toi, le bonheur !

Ta femme sera dans ta maison
comme une vigne généreuse,
et tes fils, autour de la table,
comme des plants d’olivier.

Voilà comment sera béni
l’homme qui craint le Seigneur.
De Sion, que le Seigneur te bénisse !
Tu verras le bonheur de Jérusalem tous les jours de ta vie.

Le psaume proposé par la liturgie de ce jour appartient à un ensemble de quinze psaumes réunis sous le titre « cantiques des montées ». Il s’agit probablement des psaumes de louange chantés par les croyants de l’Ancien Testament lors des pèlerinages à Jérusalem, à l’occasion des grandes fêtes.

Je me mets à l’écart pour me rendre disponible à la Parole. Après m’être confortablement installé, je laisse aller ma respiration, sans la forcer,

sensible à l’air qui est pour moi don et source de vie. Je trace sur moi le signe de la croix. Je demande la grâce d’entrer dans la louange.

Je lis le psaume, lentement, m’installant comme destinataire de la parole du psalmiste qui, par-delà les siècles, s’adresse à moi…  « Tu te nourriras » ; « heureux es-tu » « ta femme » ; « tes fils » …

Je suis sensible aux expressions plusieurs fois répétées :

« Heureux qui craint le Seigneur » ; « Heureux es-tu ! A toi le bonheur » ; « le bonheur de Jérusalem ».

Et moi, dans ma vie, peut-être marquée de difficultés, quelles sont mes sources de bonheur ?

« Voilà comment sera béni… » ; « Que le Seigneur te bénisse ». Bénir, c’est dire du bien.

Et moi, est-ce que je prends conscience du bien que Dieu dît de moi, de l’estime qu’il a pour chacun.

« Heureux qui craint le seigneur » ; « L’homme qui craint le Seigneur ». Le terme de crainte, dans la Bible, ne désigne pas la peur, mais le respect et la confiance dans la puissance et l’amour du Seigneur. La crainte de Dieu nous rend réceptif à l’action de l’Esprit Saint.

Et moi, que puis-je dire, aujourd’hui, de ma relation au Seigneur ?

La seconde strophe de ce psaume rend grâce pour les dons que sont nos relations. Elles sont évoquées à travers ce qui est signe de vie dans la culture rurale d’Israël, la vigne et l’olivier.

Invitation pour moi, à contempler ce qui m’est donné par la profusion de la nature, et ma vie de relation, quel que soit mon état de vie.

Je me tourne maintenant vers le Seigneur et lui confie, dans une conversation, ce qui m’habite aujourd’hui. Je m’efforce à l’action de grâce. Je lui confie aussi les situations plus difficiles qui peuvent rendre plus âpre la perception du bonheur.

Je relis le psaume ou peux l’écouter.

Je termine ma prière en disant le Notre Père, et trace sur moi le signe de la croix.