Pour toujours, ta parole, Seigneur,
se dresse dans les cieux.
Ta fidélité demeure d’âge en âge,
la terre que tu fixas tient bon. R
Jusqu’à ce jour, le monde tient par tes décisions :
toute chose est ta servante.
Déchiffrer ta parole illumine,
et les simples comprennent. R
Pour ton serviteur que ton visage s’illumine :
apprends-moi tes commandements.
Que je vive et que mon âme te loue !
Tes décisions me soient en aide ! R
J’ entre dans la prière en traçant sur moi le signe de la croix. –
Je me dispose en faisant silence en moi et je me mets en présence du Seigneur : « Me voici devant toi, Seigneur, tel que je suis. »
Je demande au Seigneur la grâce d’entrer dans une relation d’amour avec lui en me laissant toucher par sa Parole.
Je lis lentement le psaume en m’arrêtant sur les versets qui me touchent et en repérant les mots qui résonnent en moi.
Dans ce psaume, le psalmiste clame son amour pour la Parole de Dieu, qui est sûre et éternelle :
– Quelle place je donne à la lecture et à la méditation de cette Parole dans ma vie ?
– Quelle(s) Parole(s) de l’Évangile me touche(nt) particulièrement ? Me donne(nt) de la joie ? Habite(nt) mon cœur aujourd’hui ?
Le Seigneur me parle aussi à travers la parole de mes frères et sœurs :
– Je me remémore une parole reçue qui m’a particulièrement marqué et pour laquelle je veux rendre grâce au Seigneur.
– Inversement, à qui pourrais-je offrir une parole aujourd’hui ?( de consolation, de compassion, de gratitude, d’encouragement, de félicitation…) Je confie au Seigneur la personne à laquelle je pense, ainsi que la démarche que je souhaite faire auprès d’elle.
Après avoir médité le psaume à partir de ces quelques pistes, je rassemble mes pensées et je les confie au Seigneur avec confiance et simplicité comme si je m’adressais à un ami.
Je peux achever ce temps par la prière du Notre Père et le chant « Que vive mon âme à te louer. »
La liturgie de dimanche prochain nous fait entendre la parabole des talents. Dès ce début de semaine, nous commençons à la méditer.
Je prends le temps de me préparer à la rencontre du Seigneur. Je fais le signe de croix et cherche à m’installer confortablement pour me disposer à l’écoute de la Parole. Je me présente au seigneur tel que je suis, ce matin, en prenant conscience des dispositions qui m’habitent, des sentiments qui me traversent…
Suis-je disponible, ou préoccupé ? Suis-je en forme ou fatigué ? Suis-je dans la joie ou la tristesse ? Je demande au Seigneur de reconnaître et de mobiliser les talents reçus.
Je lis le texte de la parabole. Je la connais, bien sûr. Je m’efforce de repérer un élément, un détail auquel je ne suis pas attentif d’habitude.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : « C’est comme un homme qui partait en voyage : il appela ses serviteurs et leur confia ses biens. À l’un il remit une somme de cinq talents, à un autre deux talents, au troisième un seul talent, à chacun selon ses capacités. Puis il partit. Aussitôt, celui qui avait reçu les cinq talents s’en alla pour les faire valoir et en gagna cinq autres. De même, celui qui avait reçu deux talents en gagna deux autres. Mais celui qui n’en avait reçu qu’un alla creuser la terre et cacha l’argent de son maître.
Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint et il leur demanda des comptes. Celui qui avait reçu cinq talents s’approcha, présenta cinq autres talents et dit : ‘Seigneur, tu m’as confié cinq talents ; voilà, j’en ai gagné cinq autres.’ Son maître lui déclara : ‘Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.’
Celui qui avait reçu deux talents s’approcha aussi et dit : ‘Seigneur, tu m’as confié deux talents ; voilà, j’en ai gagné deux autres.’ Son maître lui déclara : ‘Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.’
Celui qui avait reçu un seul talent s’approcha aussi et dit : ‘Seigneur, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes là où tu n’as pas semé, tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain. J’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre. Le voici. Tu as ce qui t’appartient.’ Son maître lui répliqua : ‘Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé, que je ramasse le grain là où je ne l’ai pas répandu. Alors, il fallait placer mon argent à la banque ; et, à mon retour, je l’aurais retrouvé avec les intérêts. Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui en a dix. À celui qui a, on donnera encore, et il sera dans l’abondance ; mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a. Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dans les ténèbres extérieures ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents !’ »
Je contemple d’abord la figure du maître, cet homme -image de Dieu- qui donne sa confiance en même temps qu’il confie à chacun un bien important. (Un talent représente quinze années de salaire d’un ouvrier).
Et moi, sais-je faire une telle confiance ? Est-ce que je m’en remets aussi simplement à la responsabilité d’autrui ?
Image pixabay Gérard Altmann
Je contemple ensuite les divers serviteurs, destinataires des talents, reçus « selon les capacités de chacun ». Cinq talents, deux talents, un talent…Il ne s’agit pas de se comparer, voire d’envier…Mais de reconnaître les talents reçus pour s’en réjouir.
Et moi, sans fausse modestie ni vanité, quels talents est-ce que je me reconnais ? De quels talents puis-je rendre grâce ?
Je me mets maintenant à la place des différents serviteurs. Que faire des talents reçus ? Comment en user ?
Et, moi, suis-je prêt à les faire fructifier ? Est-ce que je les laisse dépérir ? Face aux responsabilités qui peuvent m’être confiées, quelles sont mes craintes ? A quelle audace, à quelle prise de risque suis-je prêt ?
Pixabey. Image par Urszula
Pixabey. Image par LoggaWiggler
La fin de la parabole met en scène un jugement…distinguant ceux qui ont travaillé à l’avènement du Royaume, et qui sont invités à « entrer dans la joie du Seigneur », de ceux qui n’ont rien engagé, rien risqué pour l’avènement du Royaume, et qui sont alors relégués « dans les ténèbres extérieures ».
Ne nous arrêtons pas sur ce jugement qui peut paraître sévère et brutal. Entendons surtout que le maître, le seigneur, attend de nous que nous sachions nous engager avec les talents, les ressources qui sont les nôtres, sans nous réfugier dans la crainte, une excessive prudence qui peuvent conduire à l’impuissance, voire à la résignation.
Et moi, dans ce monde porteur de tant d’attentes, comment est-ce que je me situe ? A quelles occasions suis-je proche des deux premiers serviteurs ? Quelles sont les occasions où je risque d’être un « serviteur mauvais et paresseux » ?
Je m’adresse maintenant au Seigneur, comme à ce maître confiant qui me donne des talents. Je rends grâce pour ce que j’ai reçu et demande au Seigneur son Esprit pour faire fructifier mes talents et les mettre au service de la construction du Royaume.
Je termine en disant le Notre Père et clos ce temps de prière par un signe de croix.
Je me prépare à rencontrer le Seigneur ; je fais silence et prends conscience de sa présence.
Je demande la grâce d’être sans crainte et de garder confiance en son amour toujours offert.
Je lis lentement ce psaume
Dieu est pour nous refuge et force,
secours dans la détresse, toujours offert.
Nous serons sans crainte si la terre est secouée,
si les montagnes s’effondrent au creux de la mer.
R/ Il est avec nous, le Seigneur de l’univers ;
citadelle pour nous, le Dieu de Jacob !
Le Fleuve, ses bras réjouissent la ville de Dieu,
la plus sainte des demeures du Très-Haut.
Dieu s’y tient : elle est inébranlable ;
quand renaît le matin, Dieu la secourt.
R/ Il est avec nous, le Seigneur de l’univers ;
citadelle pour nous, le Dieu de Jacob !
Venez et voyez les actes du Seigneur,
Il détruit la guerre jusqu’au bout du monde.
R/ Il est avec nous, le Seigneur de l’univers ;
citadelle pour nous, le Dieu de Jacob !
Le Seigneur est comparé à une citadelle, à un refuge, une force, un secours dans la détresse
Je peux entendre ces mots pour moi, personnellement : peut-être « ma terre est-elle secouée » par une situation difficile à vivre ?
Comment cette parole du psalmiste me rejoint-elle ? Le Seigneur est-il cette « citadelle » sur laquelle je peux compter ? Une présence qui me redonne confiance ? J’en parle au Seigneur.
Je peux entendre ces mots pour l’Eglise, peuple de Dieu : « La ville de Dieu…Dieu s’y tient : elle est inébranlable ».
Je considère la réalité de ce qui se vit dans l’Eglise, du plus proche au plus lointain. Est-ce que je garde l’espérance dans le secours du Seigneur ? Je laisse monter la prière qui me vient.
Je peux entendre ces mots pour l’humanité : « il détruit la guerre jusqu’au bout du monde ». L’actualité nous met devant l’atrocité de la guerre, avec son lot de violences et de souffrances.
Je peux adresser au Seigneur ma supplication pour que vienne son règne de paix. Je peux lui confier toutes les victimes.
Je me mets à l’écart pour prendre du temps pour le Seigneur. Je prête attention aux bruits qui m’entourent, mais aussi à ce qui anime mon propre corps, battements de mon cœur, rythme de ma respiration. Je m’en détache progressivement, pour entrer dans le silence intérieur, où le Seigneur peut se rendre présent. Je demande la grâce d’être constamment en lien avec le Christ.
Je m’arrête quelques instants sur cette photo de cordes entremêlées, qui peut être image des multiples liens dont ma vie est tissée…
Je prends le temps d’évoquer tous ces liens, liens amicaux, liens professionnels, liens familiaux, liens en Église, liens au Seigneur…
PublicDomainPictures Pixabay
Il est des liens qui relient, unissent, aident à la concorde. Mais il est aussi des liens qui enchaînent, empêchent, retiennent, aliènent.
Je m’interroge pour repérer si j’ai l’expérience de tels liens. Et je fais mémoire du Seigneur, qui, tout au long de la Révélation, vient nous libérer des liens d’oppression.
« Je suis l’Éternel, votre Dieu, qui vous ai fait sortir du pays d’Égypte, qui vous ai tirés de la servitude ; j’ai brisé les liens de votre joug, et je vous ai fait marcher la tête levée. » (Lévitique, 26,13)
« Écoute-moi, ô éternel, car je suis ton serviteur, ton serviteur, fils de ta servante. Tu as détaché mes liens. » (Psaume 116,16)
Je contemple aussi, Pierre et Paul, dont les liens sont brisés alors qu’ils sont emprisonnés.
« Hérode allait le faire comparaître. Or, Pierre dormait, cette nuit-là, entre deux soldats ; il était attaché avec deux chaînes et des gardes étaient en faction devant la porte de la prison.Et voici que survint l’ange du Seigneur, et une lumière brilla dans la cellule. Il réveilla Pierre en le frappant au côté et dit : « Lève-toi vite. » Les chaînes lui tombèrent des mains. » (Actes, 12,6-7)
« Vers le milieu de la nuit, Paul et Silas priaient et chantaient les louanges de Dieu, et les autres détenus les écoutaient. Tout à coup, il y eut un violent tremblement de terre, qui secoua les fondations de la prison : à l’instant même, toutes les portes s’ouvrirent, et les liens de tous les détenus se détachèrent. » (Actes, 216, 25-26)
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Parmi les liens qui me font vivre, il est peut-être des liens fragilisés que j’ai à renforcer, à restaurer. Il en est d’autres solidement assurés.
Je rends grâce pour les liens fermes qui m’aident à vivre. Je demande de l’aide pour conforter, réparer des liens qui se distendent.
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Il est aussi de ma responsabilité de tisser des liens pour le service de la solidarité. A la suite du Seigneur, je suis appelé à construire des ponts pour le service de la fraternité.
« Voici le jeûne auquel je prends plaisir : Détache les chaînes de la méchanceté, Dénoue les liens de la servitude, Renvoie libres les opprimés, Et que l’on rompe toute espèce de joug. » (Esaïe, 58,6)
« Je les tirerai avec des liens d’humanité, avec des cordages d’amour » (Osée, 11,4)
Et moi, à quelles solidarités est-ce que je me sens appelé ? Quels sont mes engagements ? Quels sont mes éventuels manques ou refus.
Je prends maintenant le temps d’une conversation avec le Seigneur, pour lui remettre ma vie, lui confier ce qui, dans ma vie a besoin d’être lié ou délié… « Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. » (Matthieu, 16, 19).
M’inscrivant dans le lien filial que je veux garder au Père, je dis, pour terminer, « Notre Père… ». Je clos ce temps de prière en traçant sur moi le signe de la croix. Et en reprenant la prière de Saint François.
Le Seigneur est ma lumière et mon salut ;
de qui aurais-je crainte ?
Le Seigneur est le rempart de ma vie ;
devant qui tremblerais-je ?
J’ai demandé une chose au Seigneur,
la seule que je cherche :
habiter la maison du Seigneur
tous les jours de ma vie,
pour admirer le Seigneur dans sa beauté
et m’attacher à son temple.
Écoute, Seigneur, je t’appelle !
Pitié ! Réponds-moi !
Mon cœur m’a redit ta parole :
« Cherchez ma face. »
C’est ta face, Seigneur, que je cherche :
ne me cache pas ta face.
Mais j’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants.
« Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ; espère le Seigneur. »
Je prends un temps à l’écart, et m’installe confortablement…
Je respire profondément et calmement, et fais silence en moi…
Je peux demander une grâce au Seigneur, et peut-être, en ce jour de commémoration des fidèles défunts, suis-je en communion avec ceux que j’ai connu, aimé et qui sont partis vers le Père…
Je lis le psaume plusieurs fois…le laissant résonner en moi…
Prière d’action de grâce (v. 1), d’intercession (v. 7, 9a), de confiance (v. 13, 14) …
De quoi puis-je rendre grâce au Seigneur ? dans ma vie familiale ? professionnelle ? amicale ? Comment est-Il lumière, salut, rempart ?
Lorsque je l’appelle, dans la tristesse, le doute ou le sentiment de son absence, suis-je sûr.e de sa réponse ? Quelle place je lui donne ?
Je fais mémoire de tout cela, et en parle au Seigneur…
Je peux aussi écouter le psaume, avant de m’adresser à « Notre Père… »
En cette fête, l’Eglise nous donne à lire et à vivre l’évangile de Matthieu chap. 5 vers. 1-12a
En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui. Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait :
« Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.
Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage.
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.
Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.
Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux !
Mont des Béatitudes-Israël- Sur le parvis (licence Wikimedia Commons)
Temps du silence et de la contemplation de ce texte que nous pouvons qualifier de « Beau programme pour une vie ! »
Dans sa lettre « Sans Jésus nous ne pouvons rien faire » le pape François nous dit :
« La mission, l’ « Eglise en sortie » ne constituent pas un programme à réaliser, une intention à concrétiser par un effort de volonté. C’est le Christ qui fait sortir l’Eglise d’elle-même. Dans sa mission d’annoncer l’évangile, vous vous mettez en mouvement
parce que l’Esprit Saint vous pousse et vous porte. Et quand vous arrivez, vous vous rendez compte qu’il est arrivé avant vous et vous attend. L’Esprit Saint du Seigneur est arrivé avant. Il devance pour vous préparer le chemin, et il est déjà à l’œuvre. »
Relisons ce texte de Matthieu en ayant ce regard proposé par le pape François.
Temps de découverte et de contemplation à travers ces béatitudes réécrites par le pape François.
Être pauvre de cœur, c’est cela la sainteté !
Savoir pleurer avec les autres, c’est cela la sainteté !
Réagir avec une humble douceur, c’est cela la sainteté !
Rechercher la justice avec faim et soif, c’est cela la sainteté !
Regarder et agir avec miséricorde, c’est cela la sainteté !
Garder le cœur pur de tout ce qui souille l’amour, c’est cela la sainteté !
Semer la paix autour de nous, c’est cela la sainteté !
Accepter chaque jour le chemin de l’Évangile même s’il nous crée des problèmes, c’est cela la sainteté ! !
Le psaume du jour est le psaume 1 avec lequel nous avons prié le jeudi 12 octobre, aussi nous vous proposons de prier aujourd’hui avec une hymne de la liturgie des heures.
HYMNE : EN TOUTE VIE LE SILENCE DIT DIEU
La Tour du Pin — CNPL
En toute vie le silence dit Dieu,
Tout ce qui est tressaille d'être à lui !
Soyez la voix du silence en travail,
Couvez la vie, c'est elle qui loue Dieu !
Pas un seul mot, et pourtant c'est son Nom
Que tout sécrète et presse de chanter :
N'avez-vous pas un monde immense en vous ?
Soyez son cri, et vous aurez tout dit.
Il suffit d'être, et vous vous entendrez
Rendre la grâce d'être et de bénir ;
Vous serez pris dans l'hymne d'univers,
Vous avez tout en vous pour adorer.
Car vous avez l'hiver et le printemps,
Vous êtes l'arbre en sommeil et en fleurs ;
Jouez pour Dieu des branches et du vent,
Jouez pour Dieu des racines cachées.
Arbres humains, jouez de vos oiseaux,
Jouez pour Lui des étoiles du ciel
Qui sans parole expriment la clarté ;
Jouez aussi des anges qui voient Dieu
Je fais silence en moi
Je lis et relis ce poème lentement, me laissant bercer par les mots. Je m’arrête sur telle ou telle expression. J’en goûte le chant. Je me laisse porter par les images.
« En toute vie, le silence dit Dieu »
Je prends le temps de contempler tout ce qui est, tout ce qui vit, tout ce qui est créé.
Comme cet arbre aux couleurs d’automne qui flamboie dans le soleil.
Sans prononcer le moindre mot, de tout son être, il loue Dieu ; il est un hymne à sa gloire et un chant pour son Nom.
« Il suffit d’être »
Être. Non pas faire… ou dire… ou paraître… Simplement être, vivre, être présent à la vie qui est donnée, donner à voir cette vie qui vient de Dieu. Rayonner de cette vie.
Je regarde la vie donnée dans tout ce qui est. Mystère de la vie qui traverse toute la création.
Je regarde particulièrement l’arbre, avec sa sève, ses racines cachées dans la terre qui le nourrissent, ses branches qui jouent avec le vent, ses oiseaux qui viennent s’y nicher ou chanter…
« Couvez la vie… Soyez son cri…Jouez pour Dieu »
Trois impératifs à recevoir personnellement. D’abord celui de prendre soin de cette vie donnée ; la protéger, elle qui à la fois si forte et si fragile ; veiller sur ce bien précieux
Et ensuite la laisser s’exprimer, la laisser retentir comme un cri, la laisser chanter comme une musique, la laisser se diffuser comme une lumière…
Je regarde la vie autour de moi, en moi et j’en parle au Seigneur et laisse monter de mon cœur la prière qui me vient.
Je termine ce temps de prière en écoutant l’ hymne chantée :
Je me mets à l’écart, pour me préparer à la prière. Je me rends attentif au cadre dans lequel je m’installe. Si c’est un lieu familier, j’arrête mon regard sur les objets qui m’entourent, ayant, peut-être, perdu l’habitude de les voir, parce qu’ils sont mon environnement ordinaire. Je me rends sensible à ma respiration, sans la forcer. Et je dis « Seigneur, me voici », en traçant sur moi le signe de la croix. Je demande la grâce de savoir me percevoir mon vrai désir.
Je lis l’Évangile du jour.
Évangile selon St Luc, 12, 13-21
En ce temps-là,du milieu de la foule, quelqu’un demanda à Jésus : « Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage. » Jésus lui répondit : « Homme, qui donc m’a établi pour être votre juge ou l’arbitre de vos partages ? » Puis, s’adressant à tous : « Gardez-vous bien de toute avidité, car la vie de quelqu’un, même dans l’abondance, ne dépend pas de ce qu’il possède. » Et il leur dit cette parabole : « Il y avait un homme riche, dont le domaine avait bien rapporté. Il se demandait : “Que vais-je faire ? Car je n’ai pas de place pour mettre ma récolte.” Puis il se dit : “Voici ce que je vais faire : je vais démolir mes greniers, j’en construirai de plus grands et j’y mettrai tout mon blé et tous mes biens. Alors je me dirai à moi-même : Te voilà donc avec de nombreux biens à ta disposition, pour de nombreuses années. Repose-toi, mange, bois, jouis de l’existence.” Mais Dieu lui dit : “Tu es fou : cette nuit même, on va te redemander ta vie. Et ce que tu auras accumulé, qui l’aura ?” Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d’être riche en vue de Dieu. »
Bourges Le riche visite ses greniers
J’entends d’abord le premier dialogue, où un interlocuteur demande à Jésus d’arbitrer une affaire d’héritage. Il s’adresse à lui, comme à un rabbi, effectivement chargé de régler des différends juridiques…Mais Jésus n’est pas un « rabbi » ordinaire, il se situe différemment, d’où son refus de répondre à la requête.
Et moi, que puis-je dire de ma prière ? Comment est-ce que je considère ce Jésus à qui je m’adresse ?
Je vois alors Jésus se tourner vers la foule, pour, à partir d’une demande singulière, inviter à regarder notre attitude devant l’avoir. « La vie de quelqu’un (…) ne dépend pas de l’abondance. ». Cette mise en garde de Jésus résonne aujourd’hui, dans notre société de consommation, qui veut croître en suscitant sans cesse l’avidité de posséder de nombreux biens.
Et moi, que puis-je dire de mes envies de posséder ? Comment est-ce que je cède ou résiste aux sollicitations commerciales incessantes ? A quels critères de discernement est-ce que je recours ?
J’écoute maintenant la parabole racontée par Jésus. Elle met en scène un riche débordé par l’abondance dans laquelle il vit. Il va chercher les moyens de thésauriser plus encore, pour ne vivre que dans le souci du confort et de la satiété. « Repose-toi, mange, bois, jouis de l’existence ».
Quels mouvements suscite en moi ce portrait ?
Je suis maintenant sensible à la pointe de la parabole. Si nous pouvons chercher à tout posséder, la vie de nous appartient pas. Le Créateur, le maître de la vie, nous invite à « être riche en vue de Dieu ». Jésus, bien sûr, ne conteste
pas la justice à faire respecter dans la répartition d’un héritage, ni à contester qu’il soit légitime que chacun cherche à réunir les moyens d’une vie digne. Mais la parabole nous invite à déplacer la question, et à remettre notre vie quotidienne, dans la perspective du salut.
Et moi que puis-je dire de mon désir profond ? Y-a-t-il, en moi, des intentions à purifier ?
La suite de l’Évangile nous aide à prendre ce chemin dans la confiance. « Votre père sait ce dont vous avez besoin (…) Sois sans crainte, petit troupeau, car notre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume » (Luc, 12, 30 et 32).
Je m’adresse maintenant au Seigneur, comme un ami parle à un ami. Je peux lui confier les inquiétudes qui traversent mon quotidien, tout en lui demandant d’entretenir en moi la confiance dans la recherche du Royaume, déjà là.
Je m’adresse à ce Père « qui sait ce dont j’ai besoin », en disant notre Père…en intériorisant plus précisément deux versets : « Que ton règne vienne » et « Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour ». Je termine en traçant sur moi le signe de la croix.
Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur,
Seigneur, écoute mon appel !
Que ton oreille se fasse attentive
au cri de ma prière !
Si tu retiens les fautes, Seigneur,
Seigneur, qui subsistera ?
Mais près de toi se trouve le pardon
pour que l’homme te craigne.
J’espère le Seigneur de toute mon âme ;
je l’espère, et j’attends sa parole.
Mon âme attend le Seigneur
plus qu’un veilleur ne guette l’aurore.
Psaumes, paroles des hommes vers Dieu. Je me dispose à faire mienne la prière de ce jour avec la multitude des priants. Lentement je fais le signe de la croix sur moi. Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.
« Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur… » « mon appel.. » « le cri de ma prière »
Ces paroles peuvent résonner face à ce que vit le monde, à ce que je vis. Je te dépose, Seigneur, ma grande peine et mon immense tristesse devant tant de souffrances . Toi aussi, homme de douleurs, tu vis avec nous, avec moi.Viens au secours de nos faiblesses!
« Près de toi se trouve le pardon »
Tu es un Dieu de miséricorde et de compassion. Pardonne nos indifférences, notre manque de bienveillance, de solidarité et de fraternité tant nous avons de mal à sortir de nos égoïsmes. Je le médite pour moi.
« J’espère le Seigneur.. » « J’attends sa parole.. » « guette l’aurore »
Oui, donne-nous, donne-moi cette grâce de la confiance en ta présence à nos côtés, pour nous soutenir à travers les épreuves. Donne-nous aussi la grâce de persévérer à être des témoins de ton amour .Où m’appelles-tu ?
Je prends un moment pour parler au Seigneur, lui demander une grâce, le remercier . Et je peux terminer en priant avec ce chant.
Je me rends disponible pour entendre le Seigneur me parler ; je fais silence en moi et me dispose à voir et à écouter.
Je contemple cette sculpture en pierre polychrome du 16ème siècle.
Je regarde les lignes, les couleurs, les postures… Quelle impression d’ensemble ?
Je regarde plus attentivement le décor : le drapé des rideaux ouverts sur une sorte d’alcôve, formant comme un sas nous introduisant à l’intérieur – la couleur chaude du mur éclairé d’une lumière vive qui vient baigner toute la scène – le drapé du lit qui semble occuper toute la place – la position des personnages, Marie allongée donnant le sein à l’enfant , ses bras enveloppant le nouveau-né qui lui aussi entoure sa mère de ses petits bras potelés – les animaux qui se tiennent au pied du berceau tressé…
Devant cette scène intime, qui donne à voir la douceur de l’amour maternel, qu’est-ce que je ressens ? Quelle expérience me vient à l’esprit ?
Peut-être ai-je envie de m’exclamer « Heureuse celle qui t’a porté en elle, et dont les seins t’ont nourri ! »
« Heureuse celle qui t’a porté en elle, et dont les seins t’ont nourri ! » (Luc 11, 27)
Cette remarque, sous forme de béatitude, a été prononcée par une femme venue écouter Jésus, ce rabbi, qui parle du Royaume de Dieu, de la prière, de la victoire sur le mal… C’est un homme qui parle avec autorité, qui guérit les malades… qui attire les foules.
J’imagine la foule venue écouter Jésus ; j’entends la voix de cette femme qui s’élève de son milieu. Qu’est-ce qui la pousse à prendre ainsi la parole ?
Je laisse monter en moi ma propre expérience : qu’est-ce qui provoque mon admiration ? Ai-je ressenti de la fierté devant un enfant qui grandit… qui réussit… ou quelqu’un qui me semble agir de manière juste… Qu’est-ce que j’ai exprimé alors ? Ai-je rendu grâce à Dieu ?
« Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent ! » (Lc 11, 28)
J’entends maintenant la réponse de Jésus, son interpellation.
Tous, nous sommes à la recherche d’une vie bonne. Mais Jésus nous dit de chercher d’abord le Royaume de Dieu. Et le trésor qui comble tous nos désirs, c’est Jésus, Parole du Père.
Comment est-ce que je réagis à cette béatitude que donne Jésus ? Ai-je déjà expérimenté cette joie profonde ? Dans quelles circonstances ? Quand la Parole me parle personnellement ?… Quand j’ai le sentiment d’être accordé à l’Evangile ? …
Je parle au Seigneur de ce que cette contemplation a fait naître.
Je peux terminer ce temps en me tournant vers Marie, celle que tous les âges disent bienheureuse. Bienheureuse d’avoir donné naissance au Fils de Dieu, bienheureuse d’avoir écouté la Parole de Dieu et d’avoir répondu Oui à son appel, bienheureuse d’avoir gardé toutes ces choses dans son cœur…
Elle nous montre le chemin. Je lui demande d’intercéder auprès de son Fils pour m’aider être fidèle à sa Parole.